Coucou !
Ca y est. Oral blanc de français : done. Et puis c'est les vacances -enfin-.
Je vais pouvoir être un peu plus présente. ;)
Donc, je tiens à remercier mes reviewers: Orlane Sayan, Don-Jul ainsi que les anonymes et les lecteurs fantômes.
Et puis encore merci a Mlle Lucifer qui corrige cette fiction. :)
Bonne lecture.
Musique - Carina Round, For Everything a Reason
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CHAPITRE CINQUIEME
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Liens du Sang
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Octobre 96
Un calvaire. Elle a vécu un véritable calvaire. Ces dernières semaines avaient été plus qu'éprouvantes et elle peut sentir la pression monter en elle. Bientôt, elle va finir pas imploser. Ses amis n'ont pas compris pourquoi elle ne voulait pas qu'on lui souhaite un bon anniversaire. Un bon anniversaire, vraiment ? Dans ces conditions, elle leur a clairement fait comprendre qu'elle ne voulait simplement pas entendre parler de la moindre fête surprise, du moindre cadeau, de la moindre attention particulière. Ils ont tous rechigné, mais elle ne leur a pas laissé le choix.
Il n'y a que Harry qui n'a rien dit. Rien. Ni au sujet de sa crise de larmes, ni au sujet de ce refus de fêter son anniversaire. Par respect, sans doute. A vrai dire, ils ne se sont presque pas parlés depuis ce fameux soir où il l'avait raccompagnée dans la tour des Gryffondors alors qu'elle était effondrée. Il n'a pas cherché à savoir pourquoi. Intérieurement, Hermione lui en est profondément reconnaissante.
Et, si Harry ne pose aucune question, elle peut voir toute l'interrogation dans le regard de ses amis. Elle se sent si mal de devoir leur cacher la vérité. Mais que peut-elle faire d'autre ? Qui la croirait ? Personne. C'est tellement absurde qu'elle-même a du mal à y croire. Pour elle, il n'y avait jamais eu que Louise et Jean Granger. Personne d'autre. Même s'ils ne sont pas ses parents biologiques, ils restent ses parents. Elle est convaincue, désormais, que la famille n'est pas une question de sang. La famille est un tout. L'amour. La présence. L'éducation. Le bonheur. La générosité. Or, sa famille biologique ne lui avait jamais rien offert de tel.
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« - Bonsoir, Mademoiselle Granger. –il est dans son siège, comme à son habitude, elle n'est même plus tétanisée lorsqu'elle entre dans son bureau.-»
Elle l'a revu deux fois depuis son anniversaire. Il ne cesse pas de la tarauder de questions concernant son état. Est-elle en colère ? Abattue ? Agressive ? A vrai dire, elle est lasse. Lasse de toute cette mascarade qui prend lentement forme. Lasse de ne pas avoir de réponses à ses questions. Lasse de devoir faire semblant d'aller bien. Elle s'assoit en silence. Elle a l'impression de revivre la même journée infiniment.
« - Bonsoir. répond-elle simplement. »
« - Comment allez-vous ? »
Mal. Suspendue à dix mètres du sol sans jamais pouvoir atterrir. Elle se demande quand la chute prendra finalement fin. Elle a le sentiment de ne pas se connaître elle-même. Lorsqu'elle croise son reflet dans le miroir, elle ne reconnaît plus celle qui lui fait face. Combien de choses encore ignore-t-elle ? Désire-t-elle seulement en savoir plus ? C'est ce doute constant qui la brûle à l'intérieur. Cette hésitation entre le désire de savoir enfin qui elle est et cette peur de découvrir la vérité. Mais ça, elle ne le dira pas.
« - Bien, monsieur. »
« - Bien. dit-il pensivement. Il est temps que vous en appreniez plus sur votre famille biologique. »
« - Je ne veux pas les connaître. répond-elle. Mes parents sont ceux qui m'ont élevée et aimée. »
« - Pourtant, il faut que je vous parle d'eux. Vous devez tout savoir. Et, même si les réponses viendront avec le temps, vous n'aurez pas d'autre choix que d'accepter la vérité. »
Elle sent poindre une pointe de colère en elle. Cela lui arrive de plus en plus fréquemment. Cette sorte d'effusion de sang en elle. Elle met ça sur le compte de la fatigue et du surmenage. Elle se contente de faire taire cette bouffée de mécontentement. Ça passera avec le temps. Quand les choses iront mieux et que cette histoire sera finie elle respirera à nouveau. Elle hoche la tête en signe d'acceptation. Il veut lui donner la vérité, qu'il le fasse. Pour elle, cela ne changera rien de plus à sa situation.
« - Je comprends que vous soyez réticente à l'idée d'en apprendre plus sur votre famille, mais sans ces informations, il vous manquera des choses essentielles à la compréhension de votre propre histoire. dit-il alors qu'elle acquiesce. –il marque une pause interminable.-. Vos parents biologiques étaient Ysolde et Alaric MacCorbett. »
« - Étaient ? »
« - Malheureusement, ils sont décédés. »
Elle ne ressent rien à l'annonce de la mort de ses parents biologiques. Ça devrait l'atteindre, lui faire ressentir quelque chose. Mais rien ne se produit en elle. Elle est calme, paisible. Elle n'est plus angoissée, elle est juste profondément apaisée. Peut-être qu'au fond ça la soulage. Jamais elle n'aurait voulu les rencontrer. Après tout, ils l'ont abandonnée.
« - J'aimerais comprendre, professeur. Vous avez évoqué l'existence d'une prophétie me concernant. Quel rapport cela a-t-il avec mes parents naturels ? »
Albus se lève et se dirige vers sa gauche. Elle le suit du regard, la colère pointant une nouvelle fois en elle. Elle déteste lorsqu'il fait cela. Et cette colère, c'est une vague qui la happe, un tourbillon qui l'emporte. Il fait voleter un récipient jusque sur le bureau. Hermione lance un regard dédaigneux à l'objet devant elle. Ce qui lui semblait être un récipient n'en est pas un. Elle ne saurait dire de quoi il s'agit. A l'intérieur, un liquide lisse et transparent lui renvoie son reflet. Elle détourne les yeux. Elle ne supporte plus de se voir. Albus verse le contenu d'une fiole dans le liquide. Un long filet noir s'agite.
« - Voici la Pensine. Il vous suffit de plonger votre tête dedans. »
Elle scrute une nouvelle fois l'objet du regard. Elle sait à quoi sert une Pensine pour l'avoir lu dans un livre. Mais elle n'avait jamais eu l'opportunité d'en voir une. Elle inspire profondément alors que sa colère se calme lentement pour se transforme en ennui. Et puis elle plonge dans la Pensine.
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Novembre 79
Le silence règne dans la ruelle sombre dénuée de vie. Seul le bruissement des feuilles sur le sol encore humide trouble le calme oppressant. Une forte odeur de pluie fraîche et de bitume mouillé emplis l'air, le rendant lourd. Dans le ciel, la lune, cachée derrière quelques nuages gris, brille d'un éclat terne et mort. Un brouillard léger s'élève de la route craquelée, enlaçant la nuit dans ses bras pâles.
Un craquement se fait entendre, presque aussitôt suivi d'un second. Et le silence reprend ses droits, s'abattant lourdement sur la ruelle. Des bruits de pas se rapprochent, et, finalement, deux silhouettes fendent le brouillard blanc.
La première silhouette est trop élancée pour être celle d'un homme. La femme avance dans la rue, ses talons claquant contre l'asphalte, le bruit de ses pas se répercutant partout autour d'eux. La femme est vêtue d'une longue cape noire qui valse et ondule dans son dos avec une grâce étrange. Un tailleur noir couvre ses jambes blanches et galbées jusqu'aux genoux. Elle maintient sa tête baissée, cachée par sa capuche noire. Dans ses bras, un nourrisson dort. D'un geste presque incontrôlé, la femme caresse machinalement le front de l'enfant du bout de ses doigts gantés.
A ses côtés, un homme marche en silence, le regard assombri par la nuit. Il porte une cape sombre, lui aussi, mais son visage est découvert dévoilant ses traits durs témoignant de son tempérament de feu. Son nez droits, ses lèvres fines, presque pincées le rendent sévère, presque menaçant. Quelques mèches brunes de ses cheveux bouclés s'égarent sur son front, adoucissant partiellement l'amertume qui règne dans son regard d'un bleu étrangement profond. Ses yeux brillent d'une lueur indescriptible, ils captent le moindre filet de lumière. Elle vient s'éparpille dans ses iris, faisant briller les paillettes vertes qui s'y trouvent.
Le nourrisson bouge dans les bras de sa mère. Il est emmitouflé dans une couverture carmin. Il frotte ses yeux avec ses petites mains. Puis il s'apaise, arrachant un soupir à sa mère. Elle ralentit le pas, observant l'enfant. Cet enfant, c'est son fardeau et celui de toute une génération. D'un geste de la main, elle fait glisser la capuche sur ses épaules, dévoilant son visage.
De grosses boucles ambrées tombent jusqu'au milieu de son dos. Elle lève ses yeux chocolat sur l'homme avant de porter son regard au loin. Ses traits doux lui donnent un air aristocratique. Un air de beauté froide et mystique. Son nez légèrement recourbé, ses lèvres fines, rehaussées d'un rouge à lèvres carmin contrastant avec la pâleur extrême de sa peau... Et dans ses yeux s'attarde l'ombre d'un espoir déchu. L'ombre de la déchéance.
Ce sont eux, qu'elle voit sans qu'ils ne se rendent compte de sa présence. Ce sont eux, Ysold et Alaric MacCorbett. Hermione les suit alors qu'ils s'éloignent. Dans la ruelle, la lumière d'un réverbère clignote trois fois avant de s'éteindre et il en va de même pour tous les autres réverbères de la rue. Elle s'arrête lorsqu'elle reconnaît Albus, quelques mètres plus loin. Elle s'approche encore un peu. Il n'a pas vieilli. Il est le même que celui qu'elle connaît. Ysolde et Alaric vont à sa rencontre.
« - Elle sera en sécurité ? demande Ysolde d'une voix profonde et aiguë. »
« - Oui. »
C'est bref. C'est simple. Ysolde acquiesce et dépose l'enfant qu'elle tient dans les bras d'Albus. Hermione ne perçoit aucun chagrin, aucun regret, ni aucun remords. Juste du soulagement. Malgré elle, cette vision attise la flamme de colère qui l'anime. Elle sait que le nourrisson n'est autre qu'elle-même. Elle fulmine en silence. Elle ne pourrait rien y faire de toute manière. C'est un souvenir. Alaric tend ensuite un objet enroulé dans un tissu écarlate. Elle est happée subitement par une force qui la dépasse. Le paysage se brouille et tout disparaît.
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Lorsqu'elle retrouve ses esprits, la colère est trop forte, trop puissante. Ça la brûle de l'intérieur. Ça la consume et la blesse. Elle jette un regard sombre à Albus. Elle est furieuse. Et pourtant, elle ne sait pas ce qui la prend. Jamais elle n'avait ressenti pareille chose. Jamais la colère n'avait été si forte en elle. Elle voudrait hurler. Elle voudrait déverser sa rage et sa peine. Elle brûle. Albus la regarde avec un air circonspect.
« - Calmez-vous, mademoiselle Granger. dit-il. Tout va bien. »
Foutaises.
« - Vous êtes en sécurité. Il n'y a aucune raison de ressentir cette colère. »
Mensonges.
« - Vous saviez ! Depuis le début ! Vous saviez tout ! Et vous ne m'avez rien dit. Vous n'avez même pas cherché à m'informer une seule fois. Combien de choses me cache-t-on encore ? hurle-t-elle. »
« - Calmez-vous, s'il vous plaît. intime-t-il, ferme. »
Une inspiration saccadée et brûlante puis elle explose de rage.
« - Me calmer ? Me calmer ? vocifère-t-elle en se levant brusquement, manquant de renverser son siège, alors que sa voix dérape dans les aigus. Mais pour l'amour de Merlin, qui suis-je ? Je ne supporte plus de jouer à ce jeu. Je ne peux plus, je ne veux plus, subir les affres de cette angoisse et de cette peur qui me consument. »
« - Nous pouvons résoudre cela ensemble. Souvenez-vous, vous devez me faire confiance. Calmez-vous. »
« - Je veux des réponses ! »
Sa voix se brise et un violent mal de tête s'empare d'elle. Ça la frappe de plein fouet et elle se pli en deux sous les assauts de la douleur. Et toujours la voix d'Albus qui résonne en elle. Calmez-vous, calmez-vous, calmez-vous… Et bientôt, la douleur obstrue son champ de vision. Elle se laisse glisser et tombe à genoux au sol. Elle hurle désormais. Ce qui l'entoure n'existe plus. Elle s'écroule sur le sol, son flanc droit se heurtant au carrelage dur. Ses poumons sont en feu d'avoir trop criés. Un liquide chaud coule de son nez et le goût du sang emplit sa bouche. Il lui semble entendre un bruit de verre qui se brise. Et puis elle sombre alors que la douleur l'emporte.
Ahaha ! Alors, si je peux vous donner un conseil, faites très très attention aux détails. Même le plus petit des détails. Si j'ai écrit quelque chose, c'est que ça aura un certain impact sur le reste de la fiction. ;)
Donc, pour revenir à ce chapitre... On découvre les parents biologiques d'Hermione. Ils ont l'air de deux blocs de glaces. x) Mais c'est plus complexe que ça... Et puis notre Hermione nationale pète littéralement les plombs. Alors, crise de nerfs due au choc ou est-ce quelque chose d'autre... ? N'hésitez pas à me faire part de vos idées. Je suis curieuse de savoir ce que vous imaginez. :)
Si vous êtes en vacances, profitez-en bien et reposez-vous. :)
Bisous,
Mel'.
PS: Chez moi, il neige. Et vous ?
