Sur le Toit

Auteur : Dramaaa

Traduction de l'espagnol : Dimitrova

CHAPITRE 3

« Je le mérite. »

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Le matin suivant, Bulma se réveilla bien reposée mais très tard. Elle ouvrit les yeux et étira son corps comme si elle avait dormi cent jours. Elle eut du mal à se redresser mais quand elle y parvint, la photo de Yamcha tomba par terre. Elle la ramassa et la contempla à nouveau. Elle ne se souvenait pas avoir dormi en la tenant. La colère qu'elle ressentait envers elle-même reprit de plus belle. Il serait bientôt de retour et il lui pardonnerait. "Ce que j'ai fait lui donnera l'occasion de me prouver son amour, il faudra qu'il me pardonne." Qui mieux qu'elle pouvait tourner la situation à son propre avantage ? Il la connaissait, il savait qu'elle se laissait facilement emporter par ses émotions. "Il n'a pas intérêt à me critiquer pour ça car je sais bien qu'il adore mon côté imprévisible !" Cette fois, elle redirigea son colère contre lui. Elle reposa la photo à sa place et elle jeta un coup d'œil autour d'elle pour se situer. Immédiatement, elle se leva pour aller prendre une douche à la salle de bains.

Sous la douche, elle se mit à repenser à tout ce qui s'était passé la veille, l'arrivée des Nameks chez elle et comment Végéta s'était obstiné à vouloir dormir dans la chambre de gravité. "Quelle fichue tête de mule, ce Saïyen...", se dit-elle en se savonnant. Une fureur monumentale l'envahit en réalisant qu'il était facilement parvenu à ses fins. "La prochaine fois, Bulma... il faudra que tu te méfies !" Elle n'aimait pas perdre, même pas une stupide discussion. Mais ensuite, elle lui avait apporté un matelas. Il était son invité après tout. "Ah, Yamcha avait raison finalement, c'est moi qui crée mes propres problèmes..." Elle sortit de la baignoire, s'habilla rapidement, se réjouissant du contact des vêtements propres et descendit à la cuisine, sa brosse à la main.

Les assiettes et les plateaux de la veille s'y trouvaient encore, mais cette fois, complètement vides. Quelqu'un avait l'air d'avoir fini les restes du jour précédent et Bulma devina qui s'en était chargé.

« Bonjour papa ! » Son père était à quatre pattes sous la table. "Que fais-tu là-dessous ? » Elle ouvrit le frigo pour se chercher quelque chose à manger.

« Ah, bonjour ma fille ! » Il se remit debout. « Je cherchais la balle de Tama, je ne la vois pas dans tout ce désordre. Ce n'est plus une heure pour prendre ton petit-déjeuner, il est midi passé. », lui dit-il, en regardant autour de lui. La balle devait se trouver par là.

« Quoi ? Ce n'est pas possible ! », s'exclama Bulma en regardant l'horloge de la cuisine. « Midi vingt ? Combien d'heures ai-je dormi ? » Elle n'en revenait pas. Elle fit le compte, incrédule : « J'ai dormi quinze heures ! » Elle s'assit sur la chaise, les yeux écarquillés, abandonnant sa brosse sur la table.

« C'est normal, Bulma, le voyage a été long... Ah, la voilà ! » Il avait trouvé le jouet de son chat sous le réfrigérateur.

« Quinze heures... », murmura sa fille en buvant un jus de raisin.

« Ce qui est étonnant, c'est plutôt la conduite de ton ami, le Saïyen. », reprit son père qui maintenant semblait chercher autre chose.

« Quoi ? » Cette remarque la fit revenir à la réalité. « Ce n'est pas mon ami. Je t'ai déjà dit que je l'ai invité juste parce qu'il nous a aidés sur Namek. » Elle prit un biscuit qui restait sur un plat au centre de la table.

« Eh bien, quand je suis descendu, vers sept heures, il s'entraînait déjà dans la chambre de gravité et d'après ce que j'ai pu voir dans la cuisine, il avait déjà fini les restes, ce qui veut dire qu'il avait déjeuné avant... Mais où est passé ce chat ? » Une fois encore, il se baissa pour tout de suite relever la tête au dessus de la table pour que sa fille le voie. « De ton vaisseau, il sortait des éclairs jaunes, Bulma... Pffioum ! Paam ! », son père faisait de grands gestes et ses petites yeux derrière ses lunettes de métal s'illuminaient. On aurait cru un enfant qui racontait une histoire de guerre. « On aurait dit que la maison allait s'écrouler ! », conclut-il, amusé, en sortant entièrement de dessous la table tout en disant : « Pas étonnant qu'il ait cassé la chambre de gravité... »

« Il a cassé la chambre de gravité ? » La jeune femme faillit s'étrangler avec le biscuit. « Comment ça il l'a cassée ? »

« Eh bien... », commença à expliquer son père depuis le sol. « On n'a pas beaucoup parlé, il m'a juste dit qu'il l'avait montée à 150G. »

« Cent cinquante ! », s'écria-t-elle, indignée. « Mais Goku n'a jamais dépassé les cent ! Cet homme est un imbécile ! » Elle regarda de côté en croisant les bras.

« Je ne suis pas entré dans le vaisseau pour évaluer les dégâts mais vu de l'extérieur, je lui ai dit que je mettrais environ deux semaines à le réparer... Et il s'est envolé ! Il avait l'air dégoûté... » M. Brief se mit à rire, amusé.

« J'espère qu'il ne t'a pas insulté. Il t'a dit quelque chose ? », demanda Bulma, furieuse.

Mais son père ne répondait pas.

- Papa...

« Hein ? » Il revint à lui-même sous la table. « Ah non, il ne m'a rien dit. Il est juste parti... Tama ! Tama ! Où es-tu ? »

« Papa... »

A nouveau, un silence.

« Papa ! », s'écria Bulma pour que son père lui prête attention.

« Je t'écoute, ma fille, je t'écoute... » Il leva la tête pour la voir.

« Ne t'inquiète pas pour la chambre de gravité, je la réparerai. C'est à moi de m'occuper de Végéta, d'accord ? », affirma-t-elle avec sérieux.

« Comme tu voudras, ma fille, mais ça ne me dérangeait pas... » Il plongea à nouveau la tête sous le meuble.

« C'est à moi de le faire. », insista la scientifique. Elle ne voulait pas voir ses parents près de ce psychopathe. « Tu n'as pas vu un matelas dehors ? », demanda-t-elle, changeant de sujet.

« Quoi ? Un matelas ? Dehors ? » M. Brief sembla mettre du temps à digérer la question.

« Oui, dans le jardin. Tu l'as vu ? » La jeune femme ne se rendait pas compte de l'étrangeté de sa question.

« Hmm... Laisse-moi réfléchir... » Son père leva les yeux au plafond quelques secondes. « Non, je n'ai vu aucun matelas dehors. » Il était habitué aux questions bizarres de sa fille.

Un sourire se dessina sur le visage de Bulma. « Alors il l'a utilisé en fin de compte... », murmura-t-elle, triomphante. « Et les Nameks ? », demanda-t-elle. Le scientifique n'avait pas l'air de l'entendre de là-dessous. « Papa... », l'appela-t-elle en vain. « Papaaa... » Cette fois, ce fut elle qui glissa la tête sous la table. Son père était complètement absorbé par la recherche de son chat. « Papa ! », l'appela-t-elle plus fort, parvenant à l'arracher à son monde intérieur.

« Ah oui... » Son père réagit en se levant et elle se redressa à nouveau sur sa chaise. « Certains jouent avec les animaux, d'autres sont avec ta mère pour apprendre à chanter et ceux qui restent regardent la télévision. »

« Ils apprennent à chanter ? » La jeune femme allait devoir s'habituer à ce que sa maison devienne encore plus extravagante qu'auparavant.

« Écoute, Bulma, si tu vois Tama, apporte-le-moi au laboratoire, d'accord ? Il faut que je retourne à mon travail. », dit-il en se dirigeant vers la sortie.

« Tu ne vas pas au bureau ? », demanda sa fille en se servant un autre verre de jus de fruit.

« Pas cette semaine. Je crois que nous avons bien assez de bazar ici, tu ne crois pas ? » Il lui sourit et sortit en direction de son laboratoire. En traversant le jardin, il esquiva au passage quelques nouveaux arrivants qui le saluèrent avec un sourire sincère.

o-o-o-o


« Maman... » Elle appelait sa mère depuis la porte de la cuisine qui donnait sur le jardin. Mme Brief était en train d'aligner un groupe de ses hôtes exactement comme la veille : en trois files et ils se laissaient rapidement placer. Ils avaient l'air concentrés et prêts à obéir à la femme blonde qui les dirigeait.

« Oh, ma petite chérie ! Tu t'es enfin réveillée ! », s'exclama-t-elle avec émotion en venant vers elle. « Tu ne trouves pas ça merveilleux d'avoir autant d'invités aussi aimables ? Quel dommage qu'ils ne mangent pas mais pour le reste ils sont divins ! »

« Oui. », répondit Bulma souriant en se rendant compte que sa mère n'était pas si loin que ça de la vérité. « Ce sont des êtres presque divins... » Et elle les observa pendant qu'ils changeaient une fois ou plus de place dans le chœur

« Eh dis-moi, ma petite chérie, où est mon invité préféré ? », demanda-t-elle en joignant les mains et fermant encore plus les yeux.

« Ben, je ne sais pas, je ne l'ai pas encore vu. », répondit la jeune femme.

« Oh, tu aurais dû le voir ce matin, ma chérie. Il volait dans les airs à l'intérieur de ce vaisseau que tu as construit. Il est vraiment fort, n'est-ce pas ? »

« Et comment sais-tu qu'il volait, maman ? », demanda la scientifique en fronçant les sourcils.

« Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller jeter un coup d'œil à son entraînement.

Bulma fit une sale tête.

« Mais ma fille, ne sois pas jalouse, c'était juste un petit coup d'œil de rien du tout... »

"Génial !", pensa Bulma, "je me mets en colère pour sa propre sécurité et elle croit que je suis jalouse."

« Je ne suis pas jalouse, maman, c'est juste que je ne veux pas que tu... » Elle réfléchit quelques secondes. Elle ne voulait pas que sa mère sache que c'était dangereux. Elle n'avait pas à le savoir. Cela lui vaudrait des ennuis et beaucoup de questions désagréables de sa part. « ...que tu passes trop près de lui quand il s'entraîne. », préféra-t-elle dire, et elle poursuivit : « C'est un entraînement très dur et risqué. Ils sont plus forts que nous alors il pourrait arriver... » Ici, elle respira profondément. « ... qu'il te blesse accidentellement si tu passes trop près. Alors s'il te plaît, garde tes distances. », lui suggéra-t-elle plus comme un ordre que comme un simple conseil.

« Oh, ma fille, ce que tu peux être sérieuse parfois... » Sa mère essayait de minimiser l'importance de ce qui venait d'être dit. « Et vous avez bien dormi ? »

Ce pluriel donna la chair de poule à Bulma : « Comment ça, "vous" ? »

« Ma petite chérie, je ne t'ai pas vue arriver avec Yamcha, je t'ai vue avec cet homme si viril, alors j'ai supposé que... »

La jeune femme soupira en levant les yeux au ciel, elle se cacha le visage d'une main et hocha la tête. « Maman... », commença-t-elle mais sa mère poursuivait avec sa théorie :

« Et ensuite, je vous ai vus dans la cuisine vous disputer comme si vous étiez très intimes, tu vois...

« Maman... » Bulma continuait à secouer la tête.

« ...je ne te le reproche pas, tu sais. Il est si mystérieux et séduisant... »

-« ..Maman... »

« ... et cela fait si longtemps que je n'ai pas vu ton petit ami que j'ai pensé que tu l'avais laissé pour cet autre guerrier si athlétique... »

« ...Maman... »

« ...et j'ai beaucoup d'estime pour Yamcha, c'est pour cela que je préfère ne pas me mêler de tes affaires... »

« ...Maman ! », explosa enfin Bulma sans retenue. Les Nameks, qui écoutaient bien malgré eux la conversation, s'étaient déjà préparés en se bouchant les oreilles.

« Je t'écoute, ma chérie, je t'écoute. », l'encouragea la blonde sans s'étonner le moins du monde du cri de Bulma.

« Maman. » Elle essaya de se calmer un peu en respirant à fond. « Yamcha, mon petit ami que j'aime, reviendra dans quelques mois, ne t'inquiète pas pour lui. Nous sommes toujours ensemble... Et arrête d'insinuer des choses pareilles ! » Elle ne pouvait plus se contenir et de ses oreilles jaillissaient de grands jets de fumée. « Mais vous ne parlez jamais ensemble, Papa et toi ? »

« D'accord, ma petite fille, d'accord... » Sa mère essayait de la calmer sans se départir de son étrange sourire. « Ton père et moi avons passé toute la soirée d'hier avec les maneks...

« Les Nameks ! », corrigea sa fille.

« Bref, avec les extraterrestres et nous n'avons pas pu parler beaucoup surtout qu'ils étaient si polis que cela me gênait de les questionner. », s'excusa la mère. « Et aujourd'hui, nous avons à peine pu nous voir avec tout ce qui se passe ici... » Elle se tourna pour jeter un coup d'œil à sa chorale. « J'arrive tout de suite ! », les prévint-elle en leur faisant signe.

« T'ont-ils dit s'il leur manquait quelque chose ? »

« Non, non, non. » Sa mère fit également non de la tête. « Ils ont l'air enchantés, tu ne trouves pas ? » Et elle fit pivoter Bulma pour qu'elle se rende compte par elle-même. Beaucoup d'entre eux riaient avec les animaux tandis que d'autres étudiaient avec curiosité les clubs de golf de son père. Près de la piscine se trouvait un groupe concentré à jouer aux cartes pendant que d'autres se promenaient tout simplement.

« Incroyable, c'est comme s'ils s'étaient adaptés à merveille dès le premier jour. »

« Et ils ont dormi très tard alors je suppose qu'ils ont trouvé les lits confortables. », ajouta Mme Brief. La plupart d'entre eux se sont réveillés en entendant l'explosion du vaisseau... Bulma ! Comment as-tu fait pour ne pas te réveiller avec un bruit pareil ? Ton père et moi avons cru que la maison allait s'écrouler ! », s'exclama-t-elle, amusée.

« Oui, Papa m'en a déjà parlé. »

« Mais qu'il est fort, cet homme... »

« Maman... »

« D'accord, ma chérie, je ne dirai plus un mot sur lui. » Et elle lui fit un clin d'œil complice en s'éloignant pour rejoindre sa chorale.

Bulma poussa juste un soupir agacé et la suivit en changeant de sujet. « Maman, tu pourrais programmer les robots pour moi ? Il faut qu'ils rangent ma chambre et la cuisine. On dirait qu'un ouragan est passé par ici. »

« D'accord, ne t'inquiète pas, je vais rentrer les programmer... » - Sa mère ne semblait pas l'avoir écoutée. « Non, non et non... », commença-t-elle à dire aux Nameks. « Vous, le monsieur vert d'en haut... Non ! L'autre monsieur vert, oui , vous. Je vous ai dit que vous deviez rester dans cette rangée car vous avez une voix grave et vous ferez une très bonne basse dans le chœur..

« Maman... » Bulma la suivit. « J'ai beaucoup de choses à faire aujourd'hui... »

« Vous allez être le meilleur chœur de la ville ! » Non, sa mère n'avait pas écouté.

« Maman ! », lui cria-t-elle pour la faire revenir sur terre.

« Oui, oui. Ranger ta chambre et la cuisine. Aucun soucis, ma fille, j'ai entendu... »

« Qu'ils changent les draps de mon lit mais sans les parf... »

« Très bien, concentrons-nous, messieurs. Je veux entendre la rangée d'en haut. Répétez avec moi :

« Mi mi mi mi mi mi mi mi ! »

« Mi mi mi mi mi mi mi mi ! »

« Parfait, parfait ! » Mme Brief en bondissait d'émotion. « Bulma, tu as entendu cette merveille ? »

Mais Bulma n'était déjà plus là.

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« Excusez-moi. » Bulma s'était approchée de deux Nameks qui se promenaient tranquillement dans le jardin.

« Oui, bonjour... », dit l'un d'entre eux un peu nerveux.

« Cela vous dérangerait de dire à vos amis qu'il faudrait qu'ils passent à mon laboratoire vers trois heures ? J'aimerais faire un bilan médical à chacun d'entre vous. »

« Non, bien sûr. Ne vous inquiétez pas, Mademoiselle Brief. A trois heures, nous serons tous devant votre laboratoire. », répondit-il poliment en inclinant la tête.

« Par groupe de dix. Comme ça, vous n'aurez pas à attendre pour rien. D'accord ? » La jeune femme leur sourit.

« Très bien, en groupe de trois à dix heures... Non ! En groupe de dix à partir de trois heures » , se corrigea-t-il, gêné.

« Parfait, et appelez-moi juste Bulma, s'il vous plaît. Il n'y a que dans les bureaux de ma famille qu'on m'appelle Mademoiselle Bulma. Chez moi, je ne laisserai personne m'appeler comme ça, c'est trop bizarre. Vous ne trouvez pas ? Vous êtes nos invités. », affirma-t-elle en souriant.

Le Namek paraissait plus détendu. « D'accord, 'juste Bulma'. Je voudrais encore vous remercier pour... »

« Bulma » , corrigea la scientifique. « Et vous n'avez pas à me remercier, je vous assure. Toute ma famille est enchantée de vous accueillir. »

Les deux Nameks sourirent de nouveau. L'hospitalité de cette famille était digne d'admiration. Ils attendaient qu'elle mette un point final à la conversation mais elle ne disait rien, elle continuait à les regarder. Ils se sentirent à nouveau nerveux car ils ne savaient pas quoi faire. Bulma, pour sa part, était très tranquille mais elle hésitait à leur poser une question, et après quelques secondes absurdes elle s'exprima :

« Écoutez, je voudrais vous demander quelque chose... »

« Ils levèrent les sourcils et leurs antennes s'inclinèrent vers elle, signe qu'ils l'écoutaient.

« Végéta vous a-t-il dérangés ? Vous a-t-il dit quelque chose qui vous ait... disons, intimidés ?

« Eh bien... », répondit le Namek le plus grand, « il n'a pas besoin de parler pour nous intimider. »

L'autre précisa : « Non, il ne nous a pas adressé la parole. Il y a un moment, il est sorti de ce vaisseau et il nous a regardés. Certains ont cru à son regard qu'il allait nous agresser mais il a parlé avec votre père et après... il s'est envolé. »

« Il s'est envolé ?', dit Bulma, pensive.

« Oui, il s'est envolé. », confirma le plus grand des deux. Un silence pénible se fit à nouveau. Les extraterrestres se regardèrent, inquiets.

« Et dans quelle direction est-il parti ? », demanda encore la scientifique.

« Par là. » Comme un seul homme, ils montrèrent la direction de leurs antennes et de leurs deux mains.

« Vers l'ouest, ah ? » La scientifique scruta le ciel dans la direction indiquée.

« Oui, vers l'ouest » , ajoutèrent-ils en même temps. A nouveau, ils échangèrent des regards nerveux.

« Très bien ! », s'exclama Bulma, les surprenant alors qu'ils étaient sur la défensive. « Au revoir et merci. » Elle leur sourit et se dirigea vers le vaisseau. Elle avait du pain sur la planche et pas de temps à perdre en bavardage. Les Nameks soupirèrent de soulagement et revinrent sur leur pas. Cette femme les mettait mal à l'aise. C'était plus fort qu'eux. Exactement comme le Saïyen.

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De l'extérieur, on aurait dit que le vaisseau était déformé, comme un ballon dans lequel on aurait insufflé trop d'air pour sa capacité. Bulma poussa un soupir furieux en montant la rampe d'accès et sa colère augmenta encore quand elle entra. Le panneau de contrôle était détruit, il fumait encore et toutes les vitres de protection des compteurs avaient éclaté comme si l'explosion était partie de l'intérieur. Elle jeta un coup d'œil au sol et vit la trousse à pharmacie ouverte. Étrangement, le matelas n'était nulle part en vue et cela l'intrigua. Elle sortit la caisse à outils de son caisson et se mit au travail.

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« Eh, Charlie ! T'es sûr que c'est par là que tu disais avoir vu beaucoup d'ours ? Moi, tout ce que je vois, ce sont de ridicules petits écureuils ! » L'homme gros et grisonnant se frayait un passage dans la forêt d'une main et tenait dans l'autre un fusil pointé vers le sol.

« Patience, ils vont venir, il faut juste qu'on évite de faire du bruit. Je t'ai dit qu'hier... »

« Bah ! J'en ai marre d'attendre accroupi derrière un rocher. », se plaignit le plus âgé. « Si on avançait un peu, on verrait peut-être des traces qui prouvent qu'il y en a dans les alentours. Tu es militaire, tu devrais savoir ces choses-là... » Il regarda derrière lui en remarquant que son ami s'était figé sur place... « Qu'est-ce que tu fous ? Qu'est-ce qu'il y a ? », lui demanda-t-il en chuchotant.

« Tu entends ça ? » Le plus jeune des deux avait enlevé sa casquette verte de militaire et restait immobile pour mieux entendre. « Je crois que c'est de l'eau... »

« De l'eau ? »

« Viens, suis-moi. » Et il prit la tête en se dirigeant vers où semblait provenir le bruit. Au bout de quelques mètres, « Oui, c'est sûr il y a de l'eau... » Et il rit. « Nous allons enfin pouvoir remplir nos gourdes, Suro ! », lui cria-t-il fou de joie retenant sa casquette de la main tout en courant.

« Il était temps ! Finalement, cette virée ne nous réservait pas que des déceptions ! », fit remarquer l'homme grisonnant en accélérant le pas.

Charlie était toujours en tête et il lança d'un ton moqueur par dessus son épaule : « Arrête de faire ton râleur, Suro ! Après, on cherchera la voiture. Je t'ai déjà dit qu'hier avec ton frère, on a eu de la veine dans cette forêt, alors aujourd'hui ça ne pouvait pas être aussi... » En regardant à nouveau devant lui, il vit un étrange objet qui pendait d'une branche. Il s'arrêta brusquement. C'était creux, blanc et doré et on aurait dit que c'était brisé. « Qu'est-ce que c'est ? » Il le souleva du canon de son fusil pour l'inspecter.

« Lâchez mon armure. », dit une voix sur sa gauche. Il sursauta mais garda son calme.

« Eh ! Qui es-tu ? » Suro tenait déjà en joue le propriétaire de la voix. C'était un homme pas très grand, avec des cheveux dressés sur la tête à la manière d'une flamme. Le plus étrange était qu'il était nu et ne semblait pas en être incommodé.

Charlie, qui avait connu plusieurs guerres, n'était pas facile à intimider mais cet homme-là, nu et les bras croisés, avait quelque chose à glacer le sang. Il avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part.

« Baisse ton arme, Suro. » , finit-il par dire sans quitter des yeux l'inconnu. En tant que capitaine, il savait quand donner l'ordre de battre en retrait.

« Mais qu'est-ce que tu dis, mec ! Tu ne vas pas te laisser intimider par un type à poil ! », protesta l'homme grisonnant.

« Suro... non ! » Mais il était déjà trop tard. Il entendit juste le cri de son ami qui venait de disparaître dans les airs en faisant s'envoler au passage un groupe d'oiseaux qui s'éloignèrent étourdis. L'étrange personnage regardait le ciel avec une moitié de sourire aux lèvres. Charlie ne comprit pas ce qu'il avait fait. Il n'avait rien eu le temps de voir, juste Suro se faire aspirer vers le haut. L'homme nu tourna la tête vers lui. Il inspira fort en fermant les yeux et un demi-sourire réapparut sur son visage. Charlie sut qu'il n'avait qu'une chose à faire. Il ramassa l'armure et la remit là où elle était suspendue. Il se retourna en priant que cet être horrible ne lui fasse aucun mal.

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« Bulma ? »

La scientifique leva la tête du panneau de contrôle. « Ah, bonjour Piccolo, comment vont Son Gohan et Chichi ? », demanda-t-elle en se replongeant dans cet océan de câbles.

« Bien. » C'est tout ce que le Namek répondit. « Où est Végéta ? »

« Ah, il est parti il y a une semaine environ et n'est toujours pas rentré. Tu me passes la pince ? »

L'homme vert croisa les bras en remarquant la nonchalance de la jeune femme. Si Végéta se promenait seul de par le monde, il créerait sûrement beaucoup de problèmes à plus d'un terrien. « Et ce fin renard a diminué son énergie pour que nous ne le retrouvions pas. », grogna-t-il avec irritation.

« Piccolo... », l'appela la scientifique toujours plongée dans ses câbles en levant la main derrière elle pour recevoir le précieux outil. « La pince... »

Mais Piccolo était déjà parti. Bulma soupira vexée. « Avec leur stupide manie de s'envoler... Il aurait quand même pu me passer la pince ! »

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Végéta retourna au bord de la rivière. Il jeta un coup d'œil autour de lui. Il laissa l'armure par terre et s'aspergea le visage avec de l'eau fraîche. Il se leva et chercha parmi la végétation quelques feuilles pour se laver. Il en choisit des grandes dont l'envers était rugueux et qui, de plus, sentaient bon. Il les testa sur sa main pour voir si elles étaient dangereuses et attendit leur effet. Au bout d'un moment, il ne sentait toujours rien, ni brûlure, ni gêne particulière. "Elles feront l'affaire.", se dit-il.

Il s'en frictionna vigoureusement tout le corps. Alors qu'il volait à la recherche d'un lieu calme et isolé comme celui-ci, il avait essayé de se rappeler la dernière fois qu'il avait pris un bain. Il en avait été incapable et maintenant non plus il ne s'en souvenait pas. Même après son arrivée dans cette maison dotée de tout le confort, il ne s'était pas lavé. Sur l'une des planètes sur lesquelles Nappa et lui s'étaient arrêtés lors de leur voyage vers la Terre, il avait pu s'asperger d'un peu d'eau avant de la détruire mais ça n'était pas un vrai bain. "Dans la propriété de cette famille de fous, je suis sûr qu'ils ont de grandes baignoires et de l'eau chaude.", pensa-t-il avec rancœur en s'avançant dans la rivière.

L'eau de la rivière était claire, transparente mais elle était trop froide, même pour lui. Malgré tout, il s'avança jusqu'en son milieu et s'immergea un peu. Il pouvait voir les poissons nager entre ses jambes et d'un mouvement brusque, il en attrapa un, qui se débattit dans ses mains. Il sourit. Cela faisait déjà deux semaines qu'il avait quitté la maison et ce serait le dernier animal cru qu'il mangerait. Il rentrerait aujourd'hui.

Pendant quatorze jours terrestres, il avait inspecté cette planète d'incapables et n'y avait croisé que des insectes. La planète Terre était agréable car elle fournissait facilement de la nourriture, l'air était respirable et il n'y avait pas de changement brusque de température. Malgré sa pauvreté en richesses naturelles et sa surpopulation en humains, cette planète était un bon endroit qui pourrait être revendu à une riche famille de l'univers. Avant de partir, il devrait supprimer les terriens. Une planète gagnait en valeur si elle était vide de ses habitants d'origine. Il laisserait les animaux car on voyait bien qu'ils étaient pour beaucoup dans la beauté des lieux.

Il mordit dans le poisson qui se débattait encore. Il n'aurait plus à manger d'autres êtres vivants ni à les cuisiner comme il avait dû le faire dans les nombreuses planètes misérables qu'il avait "visitées". Il se souvint de la faim. Il se souvint du froid qui accompagnait tant d'expéditions. Il se souvint de l'angoisse qu'il ressentait en revenant au cœur de l'empire de Freezer après chaque mission. Il se souvint du dégoût de ne trouver aucun guerrier capable de lui faire face ne serait-ce qu'une minute, et aussi comment il se sentait misérable de ne pas pouvoir vaincre le Lézard.

Tout cela était terminé. Il avait décidé qu'il pouvait profiter des ces stupides arriérés qui l'avaient pris pour invité et les laisser lui préparer cette cuisine délicieuse qu'il avait pu goûter deux fois. Ces deux semaines à étudier la planète avaient suffi pour qu'il se rende compte que ce qu'on lui offrait dans la propriété des terriens qui l'hébergeaient n'était pas si mal s'il devait rester dans ce monde en attendant que le 'troisième classe' soit ressuscité. Faibles humains ! Cette maison serait la sienne. La planète entière pourrait lui appartenir. Personne ne pouvait l'en empêcher, même pas ce Namek.

« Malédiction ! Je ne peux pas le faire ! Imbécile de Kakarot ! », remarqua-t-il en frappant l'eau. S'il voulait se venger, il devrait l'attendre avec ces gens désagréables. Cela faisait déjà une douzaine de nuits qu'il passait à la merci des intempéries, dans différents lieux éloignés de la minable civilisation humaine. Il était parti car rester là-bas sans chambre de gravité pour s'entraîner aurait été une véritable torture. S'il voulait découvrir le secret de la transformation en super-guerrier, il faudrait qu'il retourne là-bas avec eux, à l'affût du moindre indice. S'il voulait s'entraîner et le dépasser, quel meilleur endroit que cette résidence avec la chambre de gravité et la technologie qu'avait utilisées ce crétin ? Il se souvint du supplice qu'il avait ressenti ce premier matin, quatorze jours auparavant, sous une gravité de cent cinquante G, et comment la frustration de ne presque pas pouvoir voler l'avait fait exploser de colère et détruire la chambre. Il marmonna entre ses dents et plongea à nouveau dans l'eau. Après quelques brasses, il remarqua que son corps se refroidissait trop. Il sortit pour se réchauffer au soleil.

Ce monde était étrange. Il n'en faisait pas partie mais malgré tout ,il était évident que ses habitants pourraient lui rendre la vie plus facile. "Je le mérite.", se dit-il. "Il faut juste que je contienne la répulsion que je ressens pour eux. Pourquoi refuser ce qu'ils me proposent sans même que j'aie à le demander? Mais il n'est pas question que je dorme avec ces répugnants êtres verts à l'air stupide." Il dormirait dans une des chambres de la famille, la meilleure de toutes, comme il se doit. C'était clair comme l'eau de la rivière devant lui. Oui, il monterait à l'étage et se logerait dans la chambre qui lui plairait. Il grimaça en pensant à cette femme bruyante qui ferait tout son possible pour l'empêcher de profiter de ce dont il avait été privé injustement pendant si longtemps. Elle avait décidé pour une raison absurde passée dans sa tête aux cheveux bleu clair, qu'il devait dormir avec les Nameks. Comment avait-elle pu imaginer qu'il accepterait ?

Son uniforme devait déjà être sec. Il s'approcha du rocher où il l'avait étendu et après vérification, il l'enfila, ainsi que l'armure et s'éleva dans les airs.

En dessous, à l'orée de la forêt, un petit écureuil jouait avec une casquette militaire maintenant sans propriétaire.

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« Bulma, ma chérie, tu as programmé les robots de cet étage ce matin ? » Madame Brief finissait de débarrasser les quelques assiettes que son mari et elle avaient utilisées.

Sa fille s'assit et appuya son corps sur la table, tournant la tête vers sa mère. « J'en ai marre ! », s'exclama-t-elle ignorant la question. « Il est déjà huit heures passées ? »

« Huit heures dix, ma puce. Tu es très sale, tu devrais te doucher avant de manger. Le poisson est presque prêt. »

« Je me doucherai plus tard. », répondit sa fille.

« Tiens, ma chérie. » Sa mère lui tendit sa brosse à cheveux.

« D'où l'as-tu sortie ? »

« Tu l'as encore laissée ici ce matin. », rétorqua la blonde. « En entrant dans la cuisine, je suis tombée sur un des robots qui tournait sur lui-même comme un fou, ne sachant pas qu'en faire parce qu'il ne pouvait pas la monter dans ta chambre. Cette manie de te brosser les cheveux dans la cuisine n'est pas très distinguée, chérie. »

« Ah, zut, j'avais oublié que je l'avais descendue. », s'excusa la jeune femme en la prenant et la laissant sur le meuble. « Je devrais les améliorer, leur permettre de monter les escaliers par exemple, qu'en dis-tu ? »

« Aux brosses à cheveux ? », demanda Madame Brief distraite, en arrangeant les fleurs d'un vase.

« Aux robots, maman, aux robots. » Ses parents ne faisaient pas attention à ce qu'elle disait. Il fallait qu'elle s'y résigne. Elle préféra changer de sujet. « J'ai faim, je n'ai pas mangé depuis que je me suis levée... »

« Ohhh. », s'exclama la blonde en se tournant vers le four. « Regarde le joli loup de mer que j'ai préparé pour toi. » Et elle l'encouragea de la main à se lever de sa chaise et à jeter un œil à la plaque de cuisson.

« Mais il y a huit poissons ! »; s'exclama Bulma en criant presque.

« Bien sûr, ma fille. » Sa mère avait l'air amusée par la surprise de la jeune femme et elle lui expliqua ce qui pour elle était l'évidence même. « Un pour toi et sept pour Végéta. »

« C'est tous les jours pareil... », se plaignit la scientifique. « Maman, Végéta est absent depuis deux semaines et toi, tu continues à cuisiner pour lui ? Ce soir aussi, Papa m'a dit qu'il ne l'avait pas vu... »

« Ne t'inquiète pas, ma chérie. Il reviendra. »

« Je ne suis pas inquiète ! » Cette fois, Bulma avait vraiment crié. « Je disais juste que... bah ! laisse tomber ! » Et elle s'étala à nouveau à moitié sur la grande table. Comment faire comprendre à cette femme blonde, qui était censée lui avoir donné le jour, qu'elle ne s'inquiétait pas pour Végéta mais de ce qu'il pouvait faire dans la maison ? Elle aurait aimé pouvoir le lui dire sans l'effrayer mais elle ne voyait pas comment. Elle soupira. « Et papa ? », demanda-t-elle changeant à nouveau de sujet.

« Ton père est allé prendre sa douche. », dit-elle en sortant des bouteilles d'eau du réfrigérateur. « Il m'a dit qu'il voulait lire en haut et j'irai le rejoindre bientôt... Oh, Végéta ! Mon petit ! Tu es revenu ! »

Bulma se redressa et regarda vers la porte. Le prince se tenait là, silencieux, à l'observer avant de centrer son regard sur le plateau de poissons situé à côté de madame Brief. Il avait l'air fatigué et écœuré. Propre aussi.

« Nous étions inquiets pour toi, surtout ma fille. »

« Maman ! », un nouveau soupir. « Comment est-ce que je peux te le faire comprendre ! Comment ! »

« J'ai faim. », déclara le Saïyen en traversant la cuisine et s'asseyant au bout de la table.

« Tu pourrais au moins dire bonjour. », fit remarquer sèchement Bulma. Il la regarda à nouveau, impassible. « Qu'est-ce que tu as fait ces deux dernières semaines, hein ? Tu trouves ça correct de disparaître de la maison où tu es hébergé sans rien dire à personne ? » L'expression indifférente de Végéta fit place à de la contrariété.

« Bulma, ma chérie, tu as passé je ne sais combien de temps à la recherche des tes boules de cristal quand tu étais petite fille et personne ne te le reproche... » Même en la grondant, elle gardait le sourire.

« C'était différent. Maman, il est un invité. », tenta de se justifier la scientifique recentrant ses yeux sur le Saïyen.

« Et comme tout invité, il a le droit à son souper... » Sa mère déposa une énorme assiette devant le prince et se tourna pour préparer le repas de sa fille. La jeune femme lut dans ses yeux noirs le désir de dévorer le plat. Alors qu'elle imaginait qu'il se jetterait immédiatement sur son assiette, il fit exactement le contraire. Il se recula dans sa chaise les bras croisés.

"Qu'est-ce qui lui prend ?", se demanda Bulma. Le prince ne quittait pas sa mère des yeux alors qu'elle préparait son poisson et Bulma ne se gênait pas pour l'observer. "Pourquoi ne s'est-il pas jeté sur la nourriture ? Et pourquoi a-t-il l'air d'étudier chaque geste de ma mère ?" Madame Brief n'arrêtait pas de bavarder au sujet des progrès de sa chorale et de la peine qu'elle avait de ne pas compter Piccolo dans son effectif parce qu'il possédait sûrement une très grande voix. C'est du moins ce qu'elle supposait. « Oh, Végéta, si tu pouvais les écouter ! Ils chantent comme des anges ! Et nous avons un répertoire ! Ma fille m'a expliqué que personne ne doit savoir que nous donnons asile à autant d'extraterrestres alors je ne pourrai les inscrire à aucun concours. Quel dommage ! », s'exclama la blonde.

Quand elle eût terminé de préparer l'assiette de sa fille et qu'elle s'approcha pour la poser sous son nez, Végéta relâcha ses bras et prit les couverts pendant que madame Brief sortait de la cuisine.

Ce n'est que lorsqu'il vit Bulma commencer à manger qu'il fit de même, oui, mais à un rythme différent. En mangeant, à aucun moment il n'éleva la vue mais il était conscient que les yeux célestes de la scientifique ne le quittaient pas. Quand Bulma eut fini son assiette, le guerrier l'avait déjà précédé avec la sienne six fois plus remplie. Ils s'observèrent.

« Qu'est-ce que tu as fait du matelas ? »

Végéta sourit en coin. « Tu ne devrais pas te promener seule la nuit. », dit-il avec ironie, évitant de répondre. « Ce n'est pas prudent. »

« Je t'ai déjà dit que tu ne me faisais pas peur. », rappela la jeune femme. On aurait dit qu'elle savait à quel point ces paroles blessaient le prince.

« Si je ne te fais pas peur, pourquoi refuses-tu que je dorme à l'étage ? » Son demi-sourire semblait s'éterniser.

« Ce n'est pas parce que j'ai peur. Si tu voulais me faire quelque chose, ce ne sont pas de simples murs qui t'en empêcheraient, n'est-ce pas ? »

Végéta partit d'un éclat de rire étouffé, presque un soupir : « C'est évident. » Il reprit sa posture avec les bras croisés, s'appuyant au fond la chaise, le corps agité. Bulma remarqua comme ses muscles saillaient encore plus à travers le tissus noir. « Alors, pourquoi voulais-tu que je dorme dehors avec les Nameks, humaine ? »

« Bulma. », corrigea la jeune femme aux cheveux bleus. « Mon nom est Bulma et nous avons décidé de tous vous loger un peu plus loin. » Elle se leva de sa chaise et se dirigea vers le réfrigérateur. Végéta ne la quittait pas du regard. Il avait compris depuis le début qu'elle l'avait étudié, comme il le faisait lui-même à présent. La scientifique se rassit, posant sur la table un pot de glace et deux cuillères. Elle prit la sienne et commença à manger. A nouveau, silence et analyse.

« Je vais monter et je vais choisir... », commença à dire Végéta.

« Tu ne dormiras pas à l'étage. », l'interrompit sèchement la jeune femme. Il était évident que le Saïyen voulait garder la conversation centrée sur les chambres de l'étage dans la ferme intention d'en occuper une à côté des leurs. Elle décida de trancher dans le vif avec cette phrase catégorique. Elle l'avait invité chez elle, oui, elle avait commis une gaffe, mais elle n'avait jamais précisé à quel endroit de la maison. Plus il serait loin de ses parents, mieux cela serait, même si aucun mur n'empêcherait le prince des Saïyens de leur faire du mal si l'envie lui en prenait. Et pour l'instant, il semblait que non. "Pourquoi est-il revenu ?", s'interrogea-t-elle. "Apparemment, il n'a rayé aucune ville de la carte, ni tué des milliers de personnes pendant son absence, sinon on l'aurait su."

Le prince était immobile comme une statue. "Elle vient de me couper la parole ?" Il n'en revenait pas. "Elle vient de m'interrompre et de me donner un ordre ? Elle vient de m'interrompre, de me donner un ordre et en plus elle s'amuse tranquillement avec sa cuillère dans cette mixture ?" Intérieurement, il maudit pour la énième fois Kakarot à cause de qui il devait supporter cette femme insolente qui avait deviné ses intentions. Il se retint de la tuer sur le champ pour son audace tout comme il avait dû se retenir d'attaquer Freezer et il rit de la comparaison. Il faudrait qu'il l'évite le plus possible car il n'était pas sûr d'arriver à la supporter pendant tout le temps qu'il devrait rester ici. Bulma leva les yeux vers lui en entendant son rire mauvais.

« Tu crois que je te demande la permission, prétentieuse ? Je t'informe juste de ma décision, stupide humaine. Sinon, comment comptes-tu m'empêcher de me choisir une chambre ? »

« Ne m'insulte pas. », répliqua la scientifique en lâchant la cuillère.

« Dis-moi, comment vas-tu m'en empêcher, faible terrienne ? » Il se pencha vers elle.

« Je ne suis pas aussi forte que toi mais je sais que la force ne fait pas tout, prince. », lui assura-t-elle en voulait paraître confiante. En vérité, elle n'avait pas la moindre idée de comment l'empêcher de prendre une chambre mais elle avait encore quelques heures pour y réfléchir avant qu'il soit l'heure de dormir. "Pourquoi ne l'a-t-il pas fait le premier jour ?" Le guerrier allait lui donner plus de fils à retordre qu'elle ne l'avait cru au début.

Végéta parut amusé par l'avertissement de Bulma. Cela l'intrigua même extrêmement. Il se dit qu'il serait divertissant de voir comment elle comptait s'en sortir pour lui faire réaliser ensuite qu'il n'y avait rien à faire contre lui. Dans une autre situation, il n'aurait pas hésité à monter et à lui prouver que personne ne pouvait s'opposer à lui, surtout maintenant qu'il n'avait plus d'adversaire, mais cette femme aux cheveux couleur de l'océan de la Terre, avec son orgueil de se savoir intelligente, faisait en sorte que la situation ne soit pas commune. "Femme bizarre", pensa-t-il intérieurement.

A nouveau, ils se dévisageaient. Tous les deux avaient les bras appuyés sur la table. Cette fois, ce fut Bulma qui rompit le silence :

« Tu es propre. », fit-elle remarquer en l'examinant.

« Pas toi. », rétorqua le Saïyen avec sarcasme.

« Comment oses-tu ? », cria la jeune femme, furieuse, lâchant la cuillère sur la boîte. Végéta ne sourcilla pas. « Pour ton information, j'ai terminé de régler les paramètres de cette maudite chambre de gravité que tu as détruite avant de partir ! C'est pour ça que je suis couverte de cambouis, idiot ! »

Le prince se dressa sur ses pieds en entendant l'insulte et il était sur le point de crier encore plus fort qu'elle quand il fut devancé :

« C'est vrai, mon petit Végéta, elle a passé la semaine à réparer ce vaisseau spatial... » Mme Brief apparut à la porte juste à ce moment. « Mais ce n'est pas la peine de crier, ma fille, et encore moins de sortir de tels qualificatifs. » Elle ouvrit le réfrigérateur pour en sortir deux ramequins de crème.

"Elle a réparé la chambre de gravité seule ? Sans le vieux ? Et en une semaine ?" Le Saïyen tourna le regard vers la femme aux cheveux bleus.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Surpris parce qu'effectivement je suis intelligente en plus d'être belle ? », demanda-t-elle en remarquant son air incrédule.

« Plutôt par ta médiocrité. », répondit le Saïyen en parcourant du regard le corps de Bulma pour lui faire comprendre que son aspect était horrible.

« Ecoute, pour une fois que tu es propre, je ne vais pas permettre... », commença-t-elle à dire en croisant les bras.

Une nouvelle interruption : « A ce sujet, je dois lui donner raison, ma petite chérie, tu devrais vite aller prendre un bain. Le chemisier que tu portes est fichu, mon cœur... » Et elle ajouta : « Et comment peux-tu vouloir le laisser dormir avec les Manuks ? Ils sont tellement différents ! Non, non, non et non ! Il n'en est pas question ! »

« Les Nameks, maman ! Et tu as encore écouté aux portes ! » Sa colère était dirigée contre sa mère.

Madame Brief ne nia même pas : « Juste la première partie, ma bichette, après je suis montée voir ton père et on a eu envie de quelque chose à grignoter. » Elle continua comme si de rien n'était : « Il dormira en haut, dans la chambre à côté de la tienne. Je monte tout de suite programmer les robots de l'étage pour qu'ils te la préparent ! » Et elle sortit comme une fusée, rayonnante de joie, emportant ses deux crèmes et ses deux cuillères à l'étage. « Et tu lui montreras sa chambre, chérie ! Et n'oublie pas ta brosse à cheveux ! », dit-elle du haut de l'escalier.

Bulma en resta sans voix tandis que Végéta arborait un demi-sourire. Il était arrivé à ses fins.

« Un jour, tu me raconteras comment tu pensais m'en empêcher... en supposant que tu aies eu un plan, bien entendu... », lui dit le Saïyen en empruntant la porte du jardin. Il se rendit directement à la chambre de gravité.

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"Impertinente !", pensa le Saïyen en sortant. Qui aurait pu prédire que cette femelle blonde insupportable le ferait parvenir à ses fins ? Il est vrai que pendant un instant, il avait été intrigué par le plan de la femme bizarre, même s'il était pratiquement sûr qu'elle n'en avait aucun. "Ou peut-être que si ?", se demanda-t-il. Deux rencontres avec elle avaient suffi pour se rendre compte qu'elle était futée, bien plus que la moyenne terrestre, intelligente même, sans parler du reste. "Nous allons voir les changements qu'elle a faits ici..."Et il s'approcha du panneau de contrôle. Il monta la gravité jusqu'à cent cinquante G de gravité et les lumières rouges de sécurité s'intensifièrent. Son corps réagit en tremblant. « Malédiction ! », blasphéma-t-il. Il s'était entraîné loin d'ici et il avait oublié la terrible douleur que l'on ressentait sous cette pression. Son cœur commença à battre plus rapidement pour compenser le surpoids de son sang. Il décida qu'il ferait des assouplissements et essayerait de se maintenir dans les airs le plus de temps possible pour répéter ses derniers mouvements. Après avoir volé toute la journée pour retourner à cette maison, il ne voulait pas trop forcer son corps et la machine. « Concentre-toi ! », s'ordonna-t-il à voix haute. Et il commença ses exercices.

Deux heures plus tard, il sortit trempé de sueur. Tout était silencieux et obscur, ce qui ne posait aucun problème à un Saïyen aux sens plus affinés que la plupart des humains, même s'il savait que les Nameks lui étaient supérieurs dans ce domaine. Il entra par la porte de la cuisine et monta les escaliers. Si la chambre qu'ils lui avaient choisie ne lui plaisait pas, il en prendrait une autre plus adaptée à son statut. Il alluma la lumière du couloir.

« J'espère pour toi que tu n'as pas encore détruit la chambre de gravité. » En haut de l'escalier l'attendait Bulma.

« Il vaudrait mieux pour toi que ce tas de ferrailles supporte ma force. » Il se campa devant elle.

La scientifique fronça les sourcils et réfléchit à une réponse mais cela faisait une heure qu'elle restait réveillée à l'attendre pour mettre un point final à cette formalité pénible, lui indiquer la chambre où il pourrait se reposer. « Suis-moi. »

Quelques mètres plus loin, elle s'arrêta devant une porte qu'elle ouvrit avec l'intention d'entrer. Végéta la devança et lui ferma la porte au nez. La jeune femme donna un coup de pied dans la porte. « Imbécile ! », cria-t-elle.

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Il était trop épuisé pour répondre à son insulte, même s'il dût résister à la tentation de se retourner et de lui rendre la pareille. Il regarda autour de lui et il ne ressentit aucun dégoût. L'espace où il se trouvait était d'un blanc immaculé. Il s'étonna en essayant de se souvenir où il avait vu quelque chose d'aussi blanc auparavant. "Dans les terres du nord de ce monde, oui, tout était blanc." Mais il ne se souvenait de rien d'antérieur. Une énorme fenêtre avec d'immenses rideaux toujours dans la même couleur occupait presque tout le mur en face. A sa gauche, une porte, une armoire et à côté, un meuble avec des tiroirs. Il les inspecta et découvrit à sa grande surprise qu'ils étaient plein de vêtements, de ces grotesques vêtements terriens avec des étiquettes couvertes d'inscriptions en calligraphie terrienne. Sur le meuble à tiroirs se trouvait un étrange objet rectangulaire de grande dimension. Il pouvait voir son reflet dedans mais cela ne ressemblait pas à un miroir. Il se tourna pour examiner le lit, qui disputait la vedette à la fenêtre. Il lui parut aussi irrésistible que la délicieuse cuisine de la maison. Il était immense. Il s'approcha et posa sa main dessus. Il remarqua qu'il était moelleux et que le tissus qui le recouvrait était doux et de la même couleur que la pièce. Deux oreillers le couronnaient. Il sourit avec regret. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas vu d'oreiller que pour la première et sans doute la dernière fois, il pensa que cette maison n'était pas si mal. Il se redressa et regarda son reflet dans le gigantesque miroir accroché au mur au dessus du lit. Il s'examina. Il était effectivement propre mais une douche ne lui ferait pas de mal. A peine eut-il commencé à se déshabiller qu'il entendit un bruit provenant de la porte à côté des meubles. "Comment se fait-il que je n'ai rien remarqué ? Les satanées énergies de ces gens sont si minuscules !" Il était déjà posté près de la porte prêt à attaquer quiconque était à l'intérieur quand la porte s'ouvrit.

« Végéta. Prince des Saïyens. Danger. Danger. Danger. »

Un petit androïde de forme ovale, portant deux serviettes, était près de l'entrée de la salle de bains. Végéta, qui l'empêchait de sortir, se baissa pour l'étudier. « Et toi, qui es-tu ? », murmura-t-il.

« Danger. Danger. Danger. », répéta le robot, son voyant rouge clignotant sans cesse. Il voulait sortir de là mais l'imposant corps du Saïyen était planté sur son chemin, alors il se mit à tourner sur lui-même cherchant une autre porte de sortie. « Danger. Danger. Danger. » On aurait dit qu'il avait été programmé pour le reconnaître et pour l'éviter s'il le croisait. Végéta devina qui en était l'auteur. "Maudite femme bizarre !" D'un rayon d'énergie, il le foudroya.

« Danger. Danger. Daaangeeeer. »

Enfin, son voyant rouge s'éteignit et des morceaux de ferraille s'éparpillèrent sur le sol à côté des serviettes, qu'il ramassa et posa sur le lavabo. Du pied, il dégagea les restes du robot, les laissant dans l'entrée de sa nouvelle chambre. Il revint sur ses pas vers la salle de bains. Elle n'était pas très grande. Un lavabo avec un autre miroir, il en conclut que l'apparence était d'importance vitale pour les habitants de cette planète. Cela signifiait qu'ils n'étaient pas si différents de lui, il repoussa l'idée immédiatement. Il devait accepter qu'objectivement, les terriens étaient assez semblables aux Saïyens en apparence, et à ce qu'il avait compris, physiologiquement compatibles. Il recommença à s'observer, étudiant son visage sous plusieurs angles. Il ne se rappelait plus de son âge, ni même de sa date de naissance. Il avait été dans tant de planètes avec différentes façons de compter le temps qu'il n'aurait même plus pu faire le calcul. Il avait toujours suivi le calendrier de Vegetaseï mais il avait fini par oublier il y a longtemps. Il finit d'enlever son uniforme et vit le WC et finalement la baignoire au bout de la pièce. Il remarqua deux points, un bleu et un rouge, et il ne lui fut pas difficile d'en déduire que le rouge était celui qui l'intéressait. Il entra, ferma la porte transparente qui séparait la baignoire du reste de la pièce et appuya le bouton rouge à fond. Immédiatement, d'en haut jaillit de l'eau chaude et il sentit que depuis qu'il était sortit de l'enfer, jamais il n'en avait été aussi éloigné.

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