Sur le Toit

Auteur : Dramaaa

Traduction de l'espagnol : Dimitrova

CHAPITRE 4

"D'une ambiance insolite aux premiers marchés"

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« Tu as vu le journal d'aujourd'hui ? », demanda sa mère en cuisinant.

Mais sa fille ne lui répondit pas. Tout à servant à boire, elle était bien trop absorbée à ne pas quitter des yeux le Saïyen qui avait pris place à côté d'elle. "C'est tous les jours pareil.", pensait Bulma en l'observant. "Il revient de l'entraînement, trempé de sueur et affamé, on dirait qu'il va se jeter sur la nourriture... et puis rien."

« Bulma, tu as vu le journal ? », insista Madame Brief.

« Ah non. », répondit la jeune femme, « Je ne sais pas où il peut être. » Et elle se rassit à côté du guerrier.

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Végéta, les bras croisés et assis au fond de sa chaise, examinait, sans lever sa tête baissée, Mme Brief préparer le repas et sa fille assise à sa droite. Tous deux attendaient à table leur repas de midi. Le prince ne bougeait pas un muscle, seuls ses yeux allaient d'une femme à l'autre. Chaque jour, à l'heure du déjeuner, les saphirs de la jeune femme le fixaient effrontément pendant qu'il surveillait les allers et venues des assiettes qui leur étaient destinées. Et tous les jours, le même échange de paroles :

« Que regardes-tu, humaine ? »

« Rien, et toi ? », répondit la scientifique avec une insolence qui lui fit fermer à demi les yeux pour se retenir de lui envoyer une gifle. De telles réponses obligeaient Végéta à se forcer à penser encore à Kakarot, l'unique raison pour laquelle il ne dévastait pas cet endroit maudit et ses habitants, car c'était bien à cause de lui qu'il était ici et qu'il devait supporter cette terrienne.

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Mais cette fois, Bulma voulu le titiller un peu pour voir si elle parviendrait à lui arracher la raison pour laquelle il attendait avant de manger.

« Est-ce que tes manières royales te reviennent uniquement avant de manger et est-ce pour cela que tu attends que nous soyons tous à table ? », lui demanda-t-elle avec un sourire ironique.

Végéta tourna lentement la tête vers elle. Il ne supportait pas son insolence. Il était là depuis un mois et heureusement, il la voyait relativement peu, juste à l'heure du déjeuner et les rares fois où ils s'étaient croisés dans le couloir ou le jardin. Toujours à le défier de ses yeux bleus, toujours à l'affût de ses moindres faits et gestes. Quelques fois, en s'entraînant la nuit hors de la chambre de gravité, loin de ces gêneurs de Nameks et de tout terrien, il avait levé les yeux et l'avait découverte sur le balcon de sa chambre, en train de l'observer avec audace et effronterie, le défiant du regard. Maintenant, à cette insinuation sur son éducation royale, il ne pouvait se retenir de lui répondre mais Madame Brief le devança, le faisant renoncer à sa première intention :

« Des manières royales ? », voulut-elle savoir pendant qu'elle servait une portion de riz à sa fille.

« Oublie ça, maman, j'exagérai. », répondit Bulma en prenant un morceau de fromage sur la montagne de plats qui couvrait la table. Végéta en prit cinq portions et les enfourna dans sa bouche.

« Tu ne devrais pas être aussi pointilleuse avec lui, ma chérie. », lui suggéra sa mère en posant son assiette devant elle.

« Notre cher invité est timide, n'est-ce pas mon beau ? » Végéta ne la regarda même pas. Il ne s'intéressait qu'à Bulma et au saladier de riz que sa mère avait posé devant la jeune femme. « Mais tu as raison, il attend toujours que tu commences avant de manger, comme c'est charmant ! »

« Oui, c'est charmant... », confirma Bulma toujours avec la même ironie que précédemment et elle prit une tranche de pain pour accompagner le repas. Végéta prit cette fois la corbeille de pain toute entière et la mit près de lui.

« Eh ! Laisses-en pour les autres ! », lui cria-t-elle en se levant et en allongeant le bras pour remettre la corbeille à sa place. Le Saïyen saisit le panier et le mit hors d'atteinte de la scientifique.

« Allons, Bulma, tu n'arrêtes pas de l'embêter ! », reprit sa mère amusée. « Tiens, toute une baguette pour toi, ma fille, et voici ton assiette, Végéta. » Elle ajouta en la posant sur la table : « Je vous laisse, je mangerai avec ton père dans les bureaux, d'accord ? Tu programmeras les robots pour qu'ils débarrassent. A plus tard... » Et elle s'en fut d'un pas vif et joyeux.

Végéta lâcha la corbeille où il l'avait mise antérieurement et regarda la scientifique en souriant de côté. Il ne supportait pas cette femme blonde aussi pénible et bavarde que sa fille, mais il la trouvait amusante dans ces moments où elle lui donnait raison et réduisait au désespoir l'insolente scientifique.

La jeune femme aux cheveux bleus commença à manger et le guerrier l'imita, dévorant l'immense assiette de riz qu'il avait sous les yeux depuis une éternité lui semblait-il. Au bout de quelques minutes pendant lesquelles seul le bruit des couverts se fit entendre et alors que le prince pensait déjà à la tranquillité que cette planète pouvait offrir quand personne ne disait de bêtises autour de lui, Bulma parla :

« Je dois te faire une analyse de sang. », dit-elle avant de boire de l'eau.

Végéta ne répondit pas. Il avalait du pain, enfournant d'autres tranches dans sa bouche.

« Il faut que je te la fasse, tu pourrais avoir rapporté une maladie bizarre de là-bas et je ne peux pas laisser... »

Le Saïyen se leva de sa chaise et sans la regarder, il sortit dans le jardin en direction de sa chambre de gravité.

Bulma se leva de sa chaise extrêmement irritée. « Ne me laisse pas plantée là, je te parle ! », dit-elle en le poursuivant à travers la roseraie. Les Nameks qui étaient sur les lieux s'enfuirent en courant pour fuir la scène qu'ils savaient proche.

Le Saïyen continua son chemin en l'ignorant.

« Tu devras m'écouter que tu le veuilles ou non ! », lui cria Bulma accélérant le pas. « Tu vis ici depuis un mois et nous avons tous passé un examen ! Je ne peux pas te laisser nous contaminer avec quelque chose de bizarre que tu aurais pu nous rapporter de l'espace ! » Elle s'approcha encore plus, se mettant à sa hauteur. « Tu m'écoutes, malpoli ! »

Et elle lui prit le bras. C'était la première fois qu'elle le touchait.

« Ne recommence jamais à me toucher, misérable terrienne ! » Végéta s'était retourné dès qu'il avait senti le contact.

Son cri fut salvateur. Bulma en resta paralysée et lâcha, comme par réflexe, le bras du guerrier. Pendant une seconde, son regard glacé et sombre se planta dans ses yeux à elle. Le prince se retourna et repartit à pas rapides. La jeune femme se ressaisit du choc de ces yeux noirs, hiératiques et emplis d'une immense colère. Mais il aurait fallu bien plus que le cri du démon lui-même pour la décourager. Elle recommença à poursuivre le Saïyen qui montait déjà la rampe de la chambre de gravité.

« Tu crois pouvoir m'intimider, moi ? Bulma Brief ? »

Mais le guerrier ferma la porte, laissant Bulma les mains sur les hanches se maudire pour la énième fois de ne pas avoir mis de bouton extérieur pour ouvrir la porte du vaisseau.

« Tu ne devrais pas lui crier dessus. », entendit-elle derrière elle. Elle sut qui c'était.

« Ah, Piccolo, enfin tu te montres ! » Et elle se souvint que cela faisait plusieurs semaines qu'elle ne l'avait pas vu. Sa colère revint :

« On peut savoir où tu étais ? » Cette fois, c'est devant lui qu'elle se tenait les mains sur les hanches.

« Un jour, il explosera. Tu devrais être plus prudente. », lui conseilla-t-il, ignorant sa question.

« Je ne le perds pas de vue. », fit remarquer Bulma avec sérieux en retournant sur ses pas en direction de la cuisine. Elle ne supportait pas qu'on lui conseille d'être prudente. Elle avait passé sa vie à se l'entendre dire par tout le monde.

« C'est bien le problème... », dit Piccolo derrière elle.

La scientifique s'arrêta net. « Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu ne t'es pas montré depuis tout ce temps ! »

« Ce n'est pas parce que tu ne me vois pas que je ne suis pas là. » Cette réponse la fit soupirer et lever les yeux au ciel. « Je te dis seulement que tu ne devrais pas l'approcher autant. Ce Saïyen ne peut rien apporter de bon. »

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Avec cette réponse, il faisait passer un message à Bulma qu'elle capta instantanément : avec ses cris et son emportement, elle les mettait tous en danger, voire pire. Cela lui parut intolérable. « Eh bien, que je sache, depuis son arrivée, il n'a rien fait de mal, non ? »

"C'est vrai.", pensa Piccolo. Pourquoi Végéta n'avait-il rien fait depuis son arrivée sur Terre ? Cela faisait un mois qu'il se posait la question et pour le Namek, il était évident qu'il y avait une très bonne raison qui l'empêchait d'agir en véritable mercenaire et connaissant le mode de fonctionnement du prince des Saïyens, cela devait être très alambiqué. Pendant un mois entier, il n'avait rien fait d'extraordinaire, il s'entraînait, mangeait et dormait. Il fronça les sourcils, exprimant son incertitude. « Fais en sorte de ne pas le provoquer. », dit-il enfin.

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La scientifique se retourna, donnant à entendre que la discussion était close. « Je te l'ai déjà dit : j'ai tout sous contrôle. » Et elle entra dans la maison pour programmer les robots.

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Cette nuit-là, Bulma était encore vexée par l'insolence de Végéta. Pendant la soirée, elle décida qu'elle ne laisserait pas passer un jour de plus sans le convaincre d'accepter cette analyse de sang. Cela faisait des jours qu'elle y pensait et puisqu'elle avait abordé le sujet pendant le repas, elle clorait l'affaire le jour-même. Quand elle l'entendit monter les escaliers, elle sortit dans le couloir pour l'affronter.

« Tu dois faire cette analyse. », lui dit-elle en lui barrant la route.

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Végéta la regarda. Bulma trouva qu'il avait l'air exténué. Il essaya de l'éviter mais elle se mit à nouveau en travers de son chemin. Il soupira, hocha la tête d'un air moqueur et la poussa brusquement de la main, la faisant presque tomber, afin d'entrer dans sa chambre. Il ferma la porte et commença à se déshabiller.

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« Il faut que tu le fasses. », lui dit la jeune femme du seuil de la porte maintenant ouverte.

« Sors de ma chambre ! », lui ordonna le Saïyen toujours sans la regarder et en posant ses gants sur une chaise. Dès son arrivée, le premier jour, il avait su que cette porte sans serrure lui causerait des ennuis.

« Tu as peut-être une maladie sans le savoir. », insinua-t-elle en l'observant.

« Si j'ai une maladie, c'est mon problème, humaine. », rétorqua-t-il en enlevant ses bottes assis sur le lit.

« Oui, mais si tu en as une... » Elle s'arrêta de parler pour s'avancer de quelques pas à l'intérieur. Il leva les yeux en voyant entrer cette femme insolente pour la première fois dans sa chambre. Il était évident qu'elle ne comprenait pas à quel point il détestait qu'on le dérange et surtout dans des lieux qui étaient les siens, comme la chambre de gravité ou sa chambre.

« ...eh bien, elle pourrait à tout moment s'extérioriser et te rendre malade. », lui dit la scientifique en souriant.

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Le guerrier comprit sa tactique. « Cela resterait mon problème. » Il se leva et commença à enlever son uniforme.

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Bulma l'observait toujours et commençait à se sentir mal à l'aise en voyant qu'il continuait à se déshabiller. « Les Nameks ont apporté des bactéries très étranges que nous sommes encore en train d'étudier alors nous devons tous... » Et elle s'interrompit, horrifiée, pour se couvrir les yeux et détourna la tête. « Mais qu'est-ce que tu fais ? »

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A sa question, Végéta leva le regard et la vit les mains sur les yeux. « On peut savoir ce qui t'arrive, terrienne ? Ne me dis pas que tu n'as jamais vu un homme nu ? » Il baissa entièrement son uniforme, le sortit par les pieds et se dressa devant elle. A voir comment elle vivait chez elle, jamais il n'aurait imaginé qu'elle soit une femme pudique.

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« Bien sûr que si, imbécile ! C'est juste qu'ici sur la Terre nous n'avons pas l'habitude de nous mettre comme ça quand nous parlons à des étrangers ! »

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Végéta soupira. "Maudits humains pudibonds !", pensa-t-il. « Que disais-tu à propos des Nameks ? » La discussion avait commencé à l'intéresser quand elle les avait mentionnés. Rien que d'imaginer qu'il pouvait avoir attrapé un parasite de ces êtres répugnants, il en avait la chair de poule.

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« Tu t'es couvert ? », lui demanda-t-elle avec toujours la main sur le visage.

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Le Saïyen soupira de nouveau. Il se dit que s'il voulait en savoir plus sur les bactéries de ces bestioles vertes, il serait bien obligé de se couvrir avec quelque chose pour qu'elle arrête ce comportement ridicule. "La guerre ne laisse aucune place pour la pudeur.", pensa-t-il en tirant vers lui le drap du lit. Il s'en recouvrit tout en trouvant tout cela inutile et absurde.

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« C'est bon ? », demanda Bulma en écartant légèrement les doigts et regardant à la dérobée. Elle ôta enfin sa main et demanda amusée : « Pourquoi t'es-tu couvert entièrement ? »

« Explique-toi, humaine assommante ! », dit-il sans savoir ce qu'il y avait de si drôle. La chose qui l'irritait le plus était sans aucun doute qu'on rie de lui.

« C'est juste qu'ici les hommes se couvrent seulement... Bah, aucune importance ! », et elle s'assit sur le lit sans remarquer qu'il était sur le point d'exploser en la voyant s'asseoir tranquillement là où il dormait. « Comme je te le disais, les Nameks sont porteurs de nouvelles bactéries que nous sommes en train d'analyser et nous ne connaissons pas leurs caractéristiques... » Elle se tourna alors vers lui. « Tu es peut-être porteur d'un nouveau germe de Namek... »

« Je ne les ai pas fréquentés. », objecta le prince.

« Oui, mais comme tu le sais sûrement, ces organismes peuvent voler très loin, Végéta... »

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Elle attendait la réponse du Saïyen qui semblait pensif devant ses arguments. Elle lui mentait. Ils n'avaient trouvé aucune bactérie maligne dans le sang complexe des extraterrestres verts ; mais qui pouvait dire que Végéta ne portait pas quelque chose venant d'une des nombreuses planètes qu'il avait envahies ? Il fallait s'en assurer pour éviter la contamination. En l'observant là, dans la chambre, si sérieux avec les bras croisés et le drap sur les épaules, elle réalisa avec étonnement que c'était la première fois qu'elle ne le voyait pas comme un sanguinaire guerrier de l'espace, ce qu'il était, mais comme son invité de l'espace, une description adéquate également.

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« A dix-huit heures. Demain. J'irai à ton laboratoire. », dit-il enfin avant d'aller vers sa salle de bain.

« A dix-neuf heures. », objecta-t-elle.

« A dix-huit. », répéta-t-il.

« Dix-huit heures trente, Végéta, j'ai des choses à faire avant je ne crois pas que... »

« A dix-huit heures ! », s'écria-t-il en se retournant et en remarquant qu'elle était toujours assise. « Tu comptes rester ici ? »

Elle commença à lui répondre : « Même si c'est ta chambre, c'est ma maison ici et... » Quand elle vit qu'il commençait à lâcher le drap pour le jeter sur le lit, elle rectifia : « Bon, ça va... J'y vais. » Et elle fila comme une flèche en fermant la porte derrière elle.

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Le Saïyen sortit de la douche et ramassa son uniforme pour le laver dans la baignoire, une habitude qu'il avait prise depuis qu'il vivait là. Quand il revint et se laissa tomber sur le lit pour dormir, il inspira à fond et une moue de dégoût apparut sur son visage. Il se leva et jeta toutes les couvertures et la couette par terre. Le lit sentait l'odeur de Bulma.

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Chaque matin en se levant, Monsieur Brief observait le même rituel : il ouvrait les yeux, embrassait sa femme endormie à ses côtés, chaussait ses lunettes posées sur la table de nuit, faisait sa toilette, juchait Tama sur son épaule et descendait déjeuner. Tous les jours, un délicieux petit-déjeuner l'attendait sur la table et tous les jours, il lisait le journal à voix haute à son chat, lui commentant les dernières nouvelles, pendant que les robots ménagers le servaient et s'activaient à travers toute la pièce.

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Et tous les jours, depuis l'arrivée des extraterrestres deux semaines auparavant, il avait un nouveau compagnon dans la cuisine en plus de son chat.

« Ah, Végéta, mon garçon, bonjour ! », le saluait le scientifique plongé dans son journal. Il recevait toujours la même réponse du guerrier, une espèce de souffle court, un genre de "hmpf". Dès la première fois qu'il l'entendit, le scientifique en déduisit que c'était la façon de saluer de cet homme extrêmement timide et il interpréta son mutisme absolu à table comme une autre preuve de sa grande réserve. Il se dit que finalement, Végéta était un extraterrestre qui d'après sa fille avait eu un passé très mouvementé et qu'il devait se sentir épuisé de se retrouver dans un environnement aussi nouveau. Une fois assis, monsieur Brief se concentrait tout simplement sur son journal et sur Tama sans jamais faire attention à Végéta qui suivait chacun de ses mouvements au petit déjeuner, l'imitant et se servant des mêmes plats que lui.

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« Je ne sais pas comment je ferai. », disait Bulma en conduisant. « Je ne pourrai jamais survivre au milieu de tous ces papiers ennuyeux et ces problèmes administratifs, comment mon père le supporte-t-il ? », s'exclama-t-elle en rentrant la voiture dans le garage. Elle sortit, l'encapsula et la mit dans son sac à main. Depuis qu'elle était sortie du bureau central de Capsule Corporation elle se demandait comment elle, une aventurière née et avide de connaissances comme personne pourrait se convertir en maître de l'empire familial sans mourir d'ennui. Récemment, Monsieur Brief insistait pour que sa fille l'accompagne plus souvent aux conseils d'administration et qu'elle passe moins de temps dans le laboratoire, même si cela leur en coûtait. Elle insistait sur le fait qu'elle était un génie des sciences mais que vraiment elle s'ennuyait souverainement dans les bureaux. Elle voulait parcourir le monde, explorer, découvrir de nouveaux mystères, faire plus de recherches, créer et inventer. Elle avait tellement de projets dans la tête qu'elle ne pouvait pas s'imaginer réussir à supporter ces associés barbants et ces secrétaires toujours en train de faire des ragots sur elle et son petit ami... Elle sourit en repensant à Yamcha. Elle pourrait le voir dans très peu de temps.

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« Mais ces greluches ne le verront pas ! », cria-t-elle quand l'image des secrétaires lui revint à l'esprit. Cela ne la dérangeait pas que d'autres femmes admirent son petit ami, ce qu'elle ne supportait pas c'est qu'il se laisse autant regarder par elles. Sans aucun doute, son cher Yamcha avait changé depuis leur première rencontre. Il était plus sûr de lui, plus fort et il avait pu s'intégrer dans la société sans problème. Il était toujours aussi charmant, le problème c'est qu'il était devenu trop charmant avec les autres femmes. Ce qui au début avait paru amusant à Bulma s'était déjà transformé en quelque chose d'énervant. La scientifique pensait toujours à tout ça en traversant le jardin en direction de son laboratoire. Quelques Nameks la saluèrent en souriant, toujours en s'inclinant, toujours si serviables et polis, mais elle les ignora perdue dans ses pensées en imaginant son petit ami avec une autre femme au ciel ou là où il était. Elle vit sa mère sortir de la cuisine comme une fusée.

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« Où vas-tu, maman ? », demanda-t-elle.

« Bonsoir ma fille ! », la salua sa mère sans même s'arrêter. « Je file voir mon feuilleton dans la salle des Manuks. »

Cela ne manquait pas. Depuis quelques semaines, sa mère et un groupe d'extraterrestres se réunissaient après six heures du soir pour voir un absurde feuilleton du nom de Cœur brisé. Elle s'arrêta, regarda la chambre de gravité et la vit ouverte. Elle réalisa pourquoi et se précipita vers son laboratoire. "Comment ai-je pu oublier !"

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Quand elle entra, à moitié suffoquée par son sprint, elle le vit debout de dos en train d'observer un des ordinateurs.

« Tu es en retard. », dit-il sans se retourner.

« Qu'est-ce que tu as fait ? Tu as touché quelque chose ? Comment es-tu entré ? », lui bredouilla-t-elle tout en s'approchant de lui les pieds endoloris par les talons hauts qu'elle avait mis pour aller dans les bureaux.

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Végéta se tourna enfin et s'appuya contre une chaise, en posant les mains sur le dossier. « Vous avez une technologie encore plus attardée que je ne le croyais. » Et il observa comment elle se penchait près de lui vers l'ordinateur.

« Tu as touché quelque chose ? », lui demanda-t-elle vérifiant que tout était en ordre.

« Si j'avais voulu toucher quelque chose, aurais-tu pu m'en empêcher comme cette porte a pu m'empêcher d'entrer ? », demanda-t-il, narquois, tout en connaissant la réponse d'avance.

Bulma leva les yeux vers lui. « Je n'aime pas qu'on touche à mes affaires. » Elle continua de tout examiner attentivement en se demandant pourquoi les alarmes de sécurité ne s'étaient pas mises en route.

« Tu as des robots qui touchent ton désordre toute la journée, femme. », lui rappela Végéta.

« Ce n'est pas pareil. », le corrigea Bulma retournant ses yeux sur l'écran. « Ici, personne n'entre à part mon père et moi." Et elle ajouta en posant son regard bleu sur lui. « Et en plus, tu n'es pas un simple robot ! »

« Allons, humaine, ni toi ni moi n'allons y passer la journée. » Le prince s'était redressé et la regardait maintenant, les bras croisés.

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Bulma réagit en se relevant également. « Tu as raison, assieds-toi ici pendant que je vais chercher les instruments médicaux. » Et elle lui désigna la chaise contre laquelle il s'était appuyé auparavant.

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Le Saïyen prit place et elle revint avec un plateau qui semblait avoir été préparé à l'avance. Elle avait enfilé la blouse qu'il lui avait vue quelques jours plus tôt et elle s'était attaché les cheveux. Végéta fut rassuré en remarquant que tous les instruments médicaux étaient scellés hermétiquement dans des sachets transparents, ce qui signifiait que personne ne les avait touchés avant. Bulma s'assit à côté de lui positionnant sa chaise en sens contraire à celle du guerrier et un petit sourire lui monta aux lèvres en préparant la seringue et les cotons, toujours sous le regard attentif du prince.

« Je vais devoir te toucher... », le prévint-elle, moqueuse. « ...mais je vais mettre des gants. »

Le prince l'observait imperturbable. Il n'arrivait pas à croire qu'elle ose plaisanter de cela après leur rencontre de la veille où il lui avait crié dessus et où elle s'était écartée.

« Relève ta manche et tend le bras. », lui ordonna-t-elle. Le Saïyen étira sans problème le tissus de sa tenue de combat sans cesser de l'étudier. Bulma observa le bras du guerrier, toutes ses cicatrices, et elle se dit qu'il allait être compliqué de trouver où piquer dans tous ces muscles.

« Je vais devoir te serrer le bras avec cet élastique pour mieux voir tes veines. » Alors qu'elle tendait la main pour prendre l'élastique, le prince lui lança :

« Arrête avec ces bêtises. » Et il serra le poing faisant ressortir toutes les veines de son bras.

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Bulma ouvrit de grands yeux surpris. « Ça alors ! Maintenant, j'ai de quoi piquer... » Et elle posa ses mains sur la peau tannée et dure du guerrier non sans ajouter avant : « Cela peut faire mal... » et elle lui fit un clin d'œil. Végéta fronça les sourcils devant cette nouvelle moquerie. La jeune femme planta l'aiguille, la guidant pour aspirer le sang. « Tu savais que Goku détestait les piqûres ? »

« Kakarot est un idiot. », dit-il avec mépris en examinant ses cheveux bleus, la seule chose d'elle qu'il pouvait voir depuis qu'elle s'était inclinée sur son bras.

« Tout le monde déteste quelque chose irrationnellement. Tu n'as aucune phobie ? », continua-t-elle ignorant l'insulte envers son ami.

« Si, des humains. », répondit-il sans détourner le regard.

« Très drôle. », reprit-elle et elle réalisa soudain qu'il n'avait pas l'habitude de plaisanter. Elle leva la tête, tendit le bras pour prendre un peu de coton, l'appuya sur la piqûre avant d'extraire l'aiguille. Elle le regarda à nouveau et vit qu'il avait les yeux fixés sur l'écran. « Qu'est-ce que tu regardes ? », demanda-t-elle.

« C'est de l'écriture terrienne ? » Le Saïyen plissait les yeux pour mieux examiner les symboles.

« Oui, des lettres et des chiffres. »

« Je connais les chiffres. », corrigea le Saïyen.

« Ah oui ? » Elle était en train de poser correctement le tube avec l'échantillon de sang.

« Je suis venu à six heures, non ? » Par là, il voulait dire qu'il avait appris à lire les symboles d'une pendule. « Les chiffres sont pratiquement identiques dans toutes les galaxies, seule leur écriture change. Partout, on mesure le temps. »

La jeune femme sourit, satisfaite. "Il est intelligent.", se dit-elle. Elle voulut reprendre la conversation à propos du texte de l'ordinateur. « Ce n'est que le brouillon d'un projet. » Et elle ajouta : « Pose ton doigt ici. »

Il baissa le regard une seconde pour savoir exactement où elle voulait en venir avec cet ordre. « Pour quoi faire ? », lui demanda-t-il.

« Pour tenir le coton. », expliqua la jeune femme aux cheveux bleus. « Je te mettrai un petit pansement pour que ça cicatrise. » Et avant même, qu'elle ne se tourne vers le plateau, Végéta répondit :

« Ne dis pas de bêtise. Ce n'est qu'une petite piqûre, c'est déjà cicatrisé. » Et il retourna son attention sur le moniteur de l'ordinateur laissant tomber le coton par terre.

« Mais cela contient de l'alcool pour désinfecter et... Bah ! Tant pis ! » Bulma se leva pour ranger la prise de sang.

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Le guerrier baissa la manche de son uniforme et rapprocha la chaise de la table sur laquelle était posé l'ordinateur. La jeune femme lui jetait un coup d'œil de temps en temps en rangeant. « Comment se fait-il que tu portes toujours ce vieil uniforme et non les vêtements que nous t'avons achetés ? » Mais Végéta était trop occupé à étudier l'écran de l'ordinateur. « Et qu'as-tu fait du matelas, hein ? », ajouta-t-elle en plissant le front.

« Lis cette première ligne. », demanda le Saïyen, au lieu de répondre.

« Que je lise ? Comment ça ? » La jeune femme s'était approchée pour savoir à quoi il faisait référence.

« Que se passe-t-il, humaine, tu es soudainement devenue plus bête ? », lui demanda-t-il, la regardant à nouveau dans les yeux. « Je t'ai demandé de lire ceci. » Et il indiqua l'écran.

« Je m'appelle Bulma ! Et ne m'insulte pas ! »

Le prince soupira. Cette conversation était beaucoup trop longue à son goût et pour couronner le tout, elle recommençait à crier. « Lis ! », vociféra-t-il, pour reprendre le dessus.

Bulma était sur le point de lui répondre mais elle réfléchit qu'elle pouvait peut-être tirer profit de tout ceci. « Très bien. », dit-elle. « Mais avant, tu dois faire un marché avec moi. »

« Un marché ? », le prince fronça les sourcils, méfiant, et fixa ses yeux bleus comme le ciel de ce monde. « Je ne fais pas de marché. » Et c'était vrai. Dans sa vie passée de simple soldat de Freezer, jamais il n'avait eu la possibilité d'en faire et même s'il en avait eu l'occasion, jamais il n'avait estimé quiconque d'une condition et catégorie dignes d'en conclure un avec lui. Mais cette fois, c'était différent : cette femme, cette maudite femme indomptable et extrême, connaissait peut-être le secret de la transformation en super-Saïyen, la destinée à laquelle il avait voué sa vie, pour laquelle il s'était toujours entraîné durement, pour laquelle il n'avait jamais failli, la clef qui lui aurait permis de vaincre Freezer, à la place de Kakarot.

« Bien, alors je ne lirai pas. » La scientifique croisa les bras avec dignité, très sûre de sa décision.

Végéta soupira encore plus fort, cette fois en baissant la tête vers le sol, signe évident de son exaspération. "Kakarot...", se rappela-t-il pour ne pas désintégrer cette femme étrange qui osait le défier dès qu'elle le pouvait. S'il voulait avancer dans sa recherche sur le secret du simple troisième classe et esquiver les pièges des humains, il fallait qu'il apprenne à lire la langue de cette misérable planète. Il devait accepter l'accord gênant qu'on lui proposait. « Qu'est-ce que tu veux ? », lui demanda-t-il presque en murmurant.

Elle sourit, satisfaite, et se retourna pour le regarder bien en face : « Je veux que tu répondes à trois questions. »

« Une. », reprit vite le Saïyen. Cette insolente parviendrait à ses fins mais il savait négocier.

« Deux », corrigea la jeune femme, tentant sa chance.

« Deux, mais je choisirai celles auxquelles je répondrai. », affirma le prince.

Bulma l'observa dubitative pendant quelques secondes avant de laisser éclater un franc sourire qui illumina tout son visage. « D'accord. » Elle avait fini par accepter ses conditions. Elle se mit à marcher de long en large tout en parlant : « Les questions sont... » et elle se tourna vers le Saïyen en levant l'index : « La première est logique. Pourquoi veux-tu que je lise un simple projet d'ingénierie ? » Le prince sourit à moitié. Cela ne le dérangeait pas de répondre à cette question. Remarquant la réaction du Saïyen, Bulma continua comme si de rien n'était en levant le deuxième doigt de la main : « Deux. Pourquoi attends-tu que les autres mangent avant de commencer toi-même ? Nous te dégoûtons ? Tu n'as pas confiance en... » mais elle fut interrompue par Végéta :

« Ce sont deux questions en une mais pour balayer tes doutes : Oui, vous me dégoûtez. » Il se relaxa en appuya les fesses contre le bord supérieur de la chaise, posant ses mains de chaque côté. Il attendait avidement la dernière question parce qu'il devinait de quoi il pouvait s'agir.

Bulma le regarda et cette fois, ce fut elle qui fronça les sourcils. Elle avait rendue la partie trop facile à cet insolent et elle s'en fit le reproche intérieurement. Malgré tout, elle leva le troisième doigt : « Et trois. Qu'as-tu fait de ce maudit matelas ? » Cette dernière question, elle la hurla presque en mettant ses mains sur chacune de ses hanches. Ce n'était pas qu'elle s'en préoccupait mais elle ne le voyait nulle part, elle avait même examiné minutieusement l'entrée du vaisseau pour voir si elle trouvait des indices qui indiqueraient qu'il l'avait désintégré mais elle n'avait rien trouvé. En plus, le Saïyen se montrait évasif à propos de ce ridicule matelas et elle ne comprenait pas pourquoi.

Végéta tourna la tête sur le côté. Cela avait été drôle, il devait l'admettre. Cette femelle dérisoire avait réussi à le faire rire intérieurement avec son obsession pour ce banal objet. Il se redressa et croisa les bras. « Ridicule humaine... », lui dit-il en s'approchant. Il ne s'était pas rendu compte jusqu'à maintenant qu'avec des chaussures de cette hauteur, elle était plus grande que lui.

« Et alors ? », lui demanda la jeune femme en levant le menton.

« Je voudrais savoir lire la langue terrienne. Un projet de terriens n'a aucun intérêt pour moi. », répondit le prince. Bulma leva les sourcils avec une évidente expression de surprise. Le Saïyen se retourna. « Et maintenant, lis. »

La scientifique s'indigna en écartant les bras : « Mais tu n'as répondu qu'à une question ! »

« A deux, tu m'as demandé si vous me dégoûtiez et je t'ai répondu oui. » Et il s'assit face à l'ordinateur.

« Mais c'était la suite d'une question plus longue ! », s'exclama-t-elle en s'approchant de lui.

« Je t'ai répondu, j'ai respecté le marché. », dit-il découragé. « Lis. », lui ordonna-t-il à nouveau en montrant l'écran.

« Tu attends avant de manger parce que tu crois que nous allons t'empoisonner, c'est ça ? »

« Laisse la paranoïa à ta mère et lis. », répondit sèchement le Saïyen.

Bulma soupira, cependant elle se dit qu'elle avait réussi à ce que l'orgueilleux Prince des Saïyen fasse un marché avec elle, membre d'une race qu'il détestait, c'était déjà tout un triomphe. Elle s'en auto-persuada et s'assit aux côtés du guerrier.

« Je lis jusqu'où ? »

« La première ligne. », répondit Végéta.

La jeune femme focalisa ses yeux sur l'ordinateur. « Bien... », commença-t-elle, « ici, il est écrit : L'ordinateur analyse les mesures du laser et des capteurs que possèdent le véhicule, et si l'appareil est grand on équipe d'un anneau de sonars... » Là se terminait la première ligne.

Végéta se tourna pour la regarder. « Répète-la. »

Bulma souffla et répéta : « L'ordinateur analyse les mesures du laser et des capteurs que possèdent le véhicule, et si l'appareil est grand on équipe d'un anneau de sonars... » A ce moment, ce fut elle qui se tourna pour l'observer et elle se rendit compte qu'il examinait sa bouche.

« Encore une fois. », exigea-t-il sans quitter des yeux les lèvres de la jeune femme.

Cette fois, Bulma prononça la phrase sans regarder l'écran, observant à la dérobée le Saïyen, qui, pendant qu'elle parlait, remuait les lèvres en l'imitant en silence.

« Bien, c'est assez facile, c'est bien ce que je pensais. », commenta le prince en se retournant vers le moniteur. Elle l'écoutait attentivement. Elle trouvait intéressant de voir comment un être de l'espace essayait d'apprendre sa langue maternelle.

« C'est facile ? », se demanda Bulma.

« Vous n'utilisez pas de geste corporel pour communiquer entre vous, vous vous exprimez seulement avec des mots. Cela rend les choses plus simples. »

La jeune femme, à qui l'on avait souvent reproché d'utiliser trop de gestes en parlant, trouva cela amusant mais elle le laissa poursuivre son explication.

« Ce sont les symboles de votre langue ? » Il lui montra les mots sur l'écran.

« Oui, ce sont des lettres. », lui répondit-elle, suspendue à ses paroles.

« Et celles-ci sont celles qui prédominent dans les mots terriens, les plus fréquentes, non ? » Il lui montra un E, un O, un A, un U et un I.

« Des voyelles. », conclut Bulma.

« Ah. », dit-il en s'approchant de l'ordinateur. « Et le reste s'y ajoute. Il n'y a pas de mot sans elles à ce que je vois. Bien. » Il se renfonça dans sa chaise. « Lis tout ça. » Il désigna le paragraphe entier en bougeant l'index.

La scientifique était grandement impressionnée mais préféra attendre avant de parler et le laisser continuer avec ses suppositions. « L'ordinateur analyse les mesures du laser et des capteurs que possèdent le véhicule, et si l'appareil est grand on équipe d'un anneau de sonars et d'infrarouges toute la longueur de la carrosserie de la machine pour obtenir une détection complète des obstacles. Avec toutes ces informations, le robot construit une carte de l'environnement et est capable le de déplacer et d'en faire un nettoyage complet sans besoin de conducteur. » Tu veux que je le répète ? », demanda-t-elle au guerrier.

« Oui. », lui répondit-il en se retournant pour observer ses lèvres.

Bulma commençait à se sentir nerveuse qu'il lui regarde la bouche avec autant de concentration, mais malgré tout, elle répéta le phrase qu'elle avait retenue sans problème, également tournée vers lui pour l'observer. « L'ordinateur analyse les mesures du laser et des capteurs que possèdent le véhicule, et si l'appareil est grand on équipe d'un anneau de sonars et d'infrarouges toute la longueur de la carrosserie de la machine pour obtenir une détection complète des obstacles. Avec toutes ces informations, le robot construit une carte de l'environnement et est capable de déplacer et de faire un nettoyage complet sans besoin de conducteur. »

« Continue. », exigea-t-il sans une once de gêne.

« Comment ? », lui demanda-t-elle un peu perdue pendant un instant.

« Lis la suite. », ordonna le Saïyen fixant à nouveau les yeux sur sa bouche.

La jeune femme toussa, leva les yeux sur l'écran et lut : « Ils sont équipés de plusieurs dispositifs internes comme des capteurs et des caméras, pour inspecter la structure et réaliser d'autres tâches qui actuellement sont prises en charge par des êtres humains et qui présentent de grands risques pour l'intégrité physique des personnes. » Du coin de l'œil, elle vit comment sa tête se tournait de l'écran à ses lèvres et vice versa. Elle continua : "Même si pour l'instant, ces robots fonctionnent connectés à un générateur central, nous travaillons pour implanter dans chacun d'entre eux, un microprocesseur et une source d'énergie, pour augmenter leur autonomie et permettre le contrôle à distance et parvenir à ... Arrête de regarder ma bouche ! » Elle s'interrompit et s'éloigna.

« Et maintenant, qu'est-ce qu'il t'arrive, femme ! » Il se leva de sa chaise comme elle. « Je me concentre sur la prononciation de ces lettres ! », expliqua-t-il en se levant et serrant le poing. Cette humaine était folle. Elle se comportait dans toutes les situations comme personne d'autre. Effrontée, braillarde, exaspérante et surtout, très agressive. « Ça suffit ! Je m'en vais ! », et il se dirigea vers la porte.

Il laissa la jeune femme aux cheveux bleus assise et pensive éteindre l'ordinateur. Le guerrier l'avait rendue nerveuse à observer ses lèvres avec autant de minutie pendant qu'elle prononçait le texte.


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"Maudit Namek !", pensa Végéta, à l'intérieur du vaisseau, en faisant des mouvements d'assouplissement, "Un jour, j'en aurai assez de tes intrigues et de tes yeux toujours à surveiller tous mes faits et gestes." Visiblement, il faisait allusion à Piccolo, qui ne cessait de monter la garde que lorsqu'il méditait près du lac.

Il se redressa pour regarder par un des hublots un groupe d'êtres verts en train de chanter sous la direction de la femme blonde. "Encore avec cette stupide chanson." Il avait rarement écouté de la musique, seulement quelques trompettes martiales au palais de Freezer annonçant l'arrivée de l'empereur et quelques mélodies dans quelques-uns des taudis de l'espace où il avait souvent mis les pieds. Pourtant, depuis qu'il était arrivé sur cette planète, la musique le poursuivait.

De loin, il vit arriver l'humaine aux cheveux bleus qui saluait les Nameks qui prenaient soin des fleurs du jardin. Il ne l'avait pas vue depuis plusieurs jours mais pour son désagrément, il l'avait entendue, oui. Plus exactement sa bruyante présence s'était imposée à lui. « Cette femme bizarre fait tout en musique ! », s'exclama-t-il, ennuyé. « Elle se réveille avec de la musique, se douche avec de la musique et elle fabrique même le repas en musique. » A ce moment, il se renfrogna avec une répugnance absolue au souvenir de la fois où il avait goûté le déjeuner qu'elle avait préparé et où il avait dû être constamment sur ses gardes. Il s'était habitué à la nourriture de la femme blonde ou des robots mais celle que lui avait fait goûter la femme aux cheveux bleus lui avait presque donné la nausée. "Je suis en train de trop m'habituer.", se reprocha-t-il en se souvenant des morceaux de viande crue qu'il dévorait à même le sol il y a peu. De fait, il ne sortait quasiment plus en expédition à travers la planète comme il l'avait fait les deux premières semaines. De toute façon, tout ce qui l'intéressait et ce pour quoi il était resté dans ce monde isolé que ne convoitait aucune famille de l'univers, se trouvait dans cette maison.

Il s'approcha du panneau de contrôle pour indiquer la gravité à laquelle il s'entrainerait, non sans d'abord fermer du pied la caisse où il conservait les journaux qu'il volait dans la résidence. Cent soixante dix de pression. Il appuya le bouton et raidit tout son corps pour le préparer à la douleur. Rien. Il frappa à nouveau les chiffres. Rien. « Merde ! », cria-t-il en frappant du poing sur le panneau, le cabossant. Il sortit, prêt à tuer la première personne qui se trouverait sur son chemin.

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Pendant les cinq semaines suivant l'arrivée des extraterrestres, Bulma dut passer presque toutes ses journées dans les bureaux, se mettant au courant des derniers mouvements boursiers de l'entreprise. Son père ne le lui avait pas ordonné mais il avait juste suggéré qu'un jour ce grand empire serait le sien et qu'elle devait prendre les rênes et faire de son mieux, ce qui signifiait pour Bulma qu'elle devait être la meilleure puisqu'elle était la meilleure en tout. Bien qu'elle trouvât la tâche ennuyeuse, il fallait qu'elle s'y mette. C'est ainsi que pendant presque cinq semaines, elle ne rentra chez elle qu'à la nuit tombée. En arrivant, chaque fois, elle harcelait ses parents de questions sur leur journée avec les extraterrestres. Les Nameks ne l'inquiétaient déjà plus car ils semblaient confortablement installés dans la résidence, contrairement à Végéta. Elle craignait que le mercenaire qui était en lui ne sorte au grand jour pendant qu'elle était à l'extérieur. Elle ne se le pardonnerait jamais si ses parents subissaient un jour l'attaque du prince en son absence. Le volcan du guerrier pouvait exploser à tout moment et elle aurait préféré qu'il s'en prenne à elle avant quiconque de son entourage. Pourtant, à sa grande surprise, la vraie nature du Saïyen n'avait toujours pas fait son apparition. Oui, il était arrivé qu'une fois ou deux, il insulte un Namek distrait qu'il avait croisé sur son chemin mais jamais, jamais il n'avait dit quoi que ce soit de grossier à ses parents. Encore moins à sa mère, à laquelle il ne s'adressait jamais, surtout pas en présence de Bulma.

« Ma chérie ! »

« Bonjour, Maman. », la salua Bulma laissant derrière elle les Nameks qui s'occupaient du jardin et avec lesquels elle avait entamé la conversation. « Comment vas-tu ? », lui demanda-t-elle.

« Oh. », s'exclama sa mère, « Je suis absolument fascinée par nos invités. As-tu vu comme ils prennent soin du jardin ? » Et elle se tourna pour contempler l'immensité verte qui s'étendait sous ses yeux, verte comme les plantes et verte comme la peau de ses invités qui méticuleusement arrangeaient les grimpantes et attachaient les rosiers.

« Maman, il faut que je te le demande, tu ne profites pas d'eux, au moins ? »

« Voyons, ma fille, comment peux-tu penser ça de moi ? » Elle semblait davantage amusée par la question plutôt que vexée.

« Ils s'amusent tout simplement. Tu ne vois pas comme ils ont l'air heureux ? » Et c'était vrai. Ils semblaient enchantés d'être ici à travailler sans relâche. Le plus étonnant pour la jeune femme était qu'elle ne savait jamais ce que pensait sa mère, à part sur un seul sujet pour lequel sa mère était claire comme de l'eau de source.

« Et le reste ? », demanda Bulma.

« Végéta s'entraîne là-bas dedans comme d'habitude, ma chérie. », dit-elle en respirant une fleur et en désignant la chambre de gravité. Pour cela, sa mère était prévisible : elle était persuadée que quand sa fille lui demandait des nouvelles des extraterrestres, celle-ci voulait des nouvelles de Végéta, ce qui était vrai mais pas pour les raisons que sa mère s'était mises en tête. Bulma savait le combat perdu d'avance, alors elle la laissa poursuivre :

« Je ne l'ai pas vu depuis ce matin, quand je suis descendue plus tôt déjeuner avec ton père, il était là comme toujours. »

La scientifique se tourna vers elle pour lui prêter toute son attention : « Comment ça, 'comme toujours' ? »

Madame Brief se redressa, étonnée : « Ma chérie, il déjeune avec ton père depuis son arrivée... », lui expliqua-t-elle.

« Commeeeent ? », la jeune femme n'arrivait pas à y croire. « Et comment se fait-il que je ne l'ai jamais su ? »

« Ah, mon Dieu... » Sa mère plissa encore plus fort les yeux, « si tu veux déjeuner avec lui, tu n'as qu'à te lever un peu plus tôt... »

Bulma inspira une bouffée d'air pour retenir le hurlement qu'elle se sentait prête à expulser de ses entrailles.

Elle soupira et préféra changer de sujet. « Et ta chorale, ça avance ? »

« Ohhh ! Je suis émerveillée par leurs facilités pour le chant ! », réagit la blonde avec émotion en joignant les mains. « Tu veux les entendre ? » Elle se positionna face au groupe d'extraterrestres qui échauffaient leurs voix.

« Non, merci, je suis fatiguée après toute cette comptabilité, ces actions et le reste... » Et elle essaya de s'en retourner à la maison mais sa mère la saisit par derrière.

« Allez, mon poussin, juste une minute. » Et elle la planta à côté d'elle, l'obligeant à écouter le chœur.

« En plus, c'est une très belle chanson ! », précisa sa mère en lui faisant un clin d'œil. Bulma poussa un profond soupir mais décida d'obéir pour en finir le plus vite possible.

Elle prit sa baguette sur la table de jardin. « Allons-y, messieurs. Un, deux, trois... »

"Bésame, bésame mucho. Como si fuera esta noche la última vez..."

La scientifique leva haut les sourcils en signe de stupéfaction. Elle avait écouté les répétitions du chœur de sa mère le premier mois, mais elle n'avait pas remarqué de progrès visible jusqu'à ce jour et là, à son grand étonnement, ils se débrouillaient plutôt bien. Madame Brief lui sourit enchantée en remarquant la surprise de sa fille et elle continua à diriger les Nameks de sa baguette de chef d'orchestre.

"Bésame, bésame mucho. Qué tengo miedo a perderte, perderte después..."

« Eh, toi, humaine ! », entendit-elle derrière elle. Elle sut immédiatement qui l'appelait ainsi.

« Qu'est-ce que tu veux encore ? », hurla-t-elle, furieuse, en se tournant les mains sur les hanches. « Tu ne vois pas que je suis occupée ? »

"Quiero tenerte muy cerca, mirarme en tus ojos, verte junto a mí..."

« Je m'en moque que tu sois occupée ou pas ! », cria-t-il en s'approchant. « Ma chambre de gravité est en panne ! Viens la réparer ! », cria-t-il en s'arrêtant à quelques mètres de la chorale, sans même les regarder.

« Tout d'abord, c'est ma chambre de gravité, compris ? Ma chambre de gravité ! », répondit Bulma.

Quelques Nameks s'arrêtèrent de chanter mais Madame Brief, qui les dirigeait toujours malgré les vociférations de sa fille et de Végéta, commença à les encourager à ne pas s'arrêter en exagérant les mouvements de sa baguette, et eux, apeurés et perplexes, se regardant les uns les autres en chantant, comprirent qu'ils devaient continuer.

"Piensa que tal vez mañana yo ya estaré lejos, muy lejos de ti..."

« Viens réparer la chambre tout de suite, terrienne ! Je dois continuer mon entraînement ! »

"Bésame, bésame mucho, como si fuera esta noche la última vez..."

« Tu l'as cassée ? Tu ne sais pas te contrôler ? » Elle se dirigea vers le vaisseau à la suite du prince. Tous les deux marchaient vite, irrités et fatigués à la fois.

"Bésame, bésame mucho, que tengo miedo a perderte, perderte después..."

« Ne marche pas si vite ! », lui demanda Bulma.

« Et toi, ne traîne pas ! », lui répondit-il en la regardant du coin de l'œil marcher derrière lui .

« Je ne traîne pas, je te laisse juste passer devant! »

Végéta tourna la tête pour regarder droit devant lui, une moue de dégoût sur le visage.

En entrant dans le vaisseau, ils laissèrent derrière eux les échos de la chorale.

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« Tu l'as montée à cent soixante dix ? », s'exclama Bulma qui n'arrivait pas à croire ce qu'indiquaient les indicateurs de pression.

« Ce stupide tas de ferraille ne supporte rien. » Végéta était derrière elle, les bras croisés, à observer ses mouvements.

« Pourtant tu n'en sors pas de ce stupide tas de ferraille... », fit remarquer la jeune femme en enlevant ses chaussures à talons et en se mettant à tapoter les boutons du panneau de contrôle.

« Tout plutôt que de subir la présence des êtres qui habitent ici. » Lui aussi savait se montrer méprisant. La jeune femme parut ne pas l'entendre. « Tu pourras la réparer ? », lui demanda-t-il, impatient.

Bulma se retourna pour lui répondre : « Bien sûr que oui. », dit-elle comme s'il s'agissait d'une évidence. « J'ai juste besoin de ma caisse à outils. » Et elle se baissa pour la chercher parmi les caisses. « Tu ne devrais pas lui en demander autant, elle n'est pas conçue pour de telles pressions. »

« Améliore-la alors. », lui suggéra-t-il, inquiet. Il ne supportait pas de devoir traiter autant avec cette humaine. Il réalisa qu'elle était la seule avec qui il traitait et maudit sa malchance que la clef de ce monde détestable, dans lequel il avait dû s'exiler, soit justement cette femme bizarre.

« Pour cela, tu devrais arrêter de t'entraîner à l'intérieur pendant au moins une semaine... Mais où est cette maudite caisse à outils ? »

« Pas question. », répondit sèchement le prince.

« Alors ne la force pas trop si tu ne veux pas... Tiens, qu'est-ce que ça fait ici, ça ? » Elle se releva perplexe, des journaux à la main.

Végéta se tourna et en la voyant avec les journaux qu'il avait volés, il se se sentit découvert. « Arrête de te distraire et répare cette machine une fois pour toutes ! », lui cria-t-il pour détourner son attention.

« Ces journaux sont postérieurs à ton arrivée sur la Terre... » Bulma ne sortait pas de son étonnement et réfléchissait sur la raison de leur présence ici.

Le prince commença à s'approcher de la jeune femme, prêt à brûler d'un rayon d'énergie ces stupides papiers qui l'avaient trahi, afin de mettre un point final aux suppositions qui, il le savait, étaient en train de se former dans la tête de la femme aux cheveux turquoise.

« Tu les lis, n'est-ce pas ? » Elle leva ses yeux bleus vers Végéta qui s'arrêta net. Cette terrienne insolente recommençait à lui sourire. Il se sentit abasourdi et il détestait qu'on lui fasse éprouver cette sensation. « Ce n'est pas le contenu qui t'intéresse, non ? », reprit la scientifique, « Tu attends que quelqu'un les lise à voix haute, comme le fait mon père tous les matins, pour ensuite les lire et améliorer ta lecture. »

Végéta leva le menton en l'étudiant. Elle était futée, aucun doute là-dessus, plus intelligente que la majorité de ceux qu'il avait croisés dans sa maudite vie. « Tu es très rusée pour certaines choses mais très lente pour d'autres, humaine. », dit le Saïyen après quelques secondes. « Répare ce maudit vaisseau et va-t-en une bonne fois pour toutes. » Il voulait clore le sujet sur le champ.

Bulma croisa les bras. « Je le ferai... », annonça-t-elle, « mais avant, tu devras me lire une ligne. »

« Même pas en rêve. », répondit le prince, imperturbable. Il était hors de question qu'il se mette à l'épreuve devant quiconque, encore moins devant cette femme bizarre.

La réponse de la scientifique ne se fit pas attendre : « Si tu lis cette ligne, je te réparerai ça en une demi-heure et je te construirai des robots capables de lutter contre toi pour que tu puisses perfectionner ton entrainement. » Et elle lui indiqua le titre d'un des journaux. Elle était vraiment curieuse de vérifier si, depuis leur dernière rencontre au laboratoire, cette brute de Saïyen avait appris seule à lire la langue des terriens. En le voyant persister dans son refus, elle tenta une autre approche. « J'en avais construits pour Goku et il avait adoré. » Elle se rendit compte à l'instant qu'elle avait visé juste avec ce mensonge car Végéta leva immédiatement les yeux vers elle.

« Tu es en train de me dire que Kakarot s'est entraîné dans cette pièce avec des robots que tu avais construits ? », demanda-t-il, plongeant ses yeux noirs dans les siens. Enfin, sa patience allait porter ses fruits. Ceci pouvait bien être une des clefs de sa transformation en super-guerrier.

« Oui. », mentit-elle. Tout était faux. Ces robots n'avaient jamais existé. « Et je suis sûre qu'ils l'ont rendu plus fort parce qu'ils étaient faits dans un alliage d'acier avec... » Elle ne put terminer sa fausse explication car le guerrier lui arracha le journal des mains et lu d'un trait.

« Sa majesté le Roi du Monde a inauguré un nouvel hôpital dans la Cité du Nord. » Il lui jeta le journal à la figure et se retourna avant d'ajouter en sortant : « Tu as trois jours. »

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La réparation du condensateur du vaisseau ne lui prit que dix minutes, mais elle ne monta pas la limite de la gravité à plus de deux cents. Elle remit ses chaussures à talons et, en descendant la rampe, elle trébucha et tomba face contre terre dans le jardin.

« Ma petite fille, tout va bien ? », demanda son père qui sortait du laboratoire.

« Oui, parfaitement. », répondit-elle en se relevant de fort mauvaise humeur. Quelques Nameks qui venaient l'aider s'arrêtèrent en la voyant se redresser seule. Honteuse, Bulma les ignora et continua droit vers la maison pour prendre un bain avant de se mettre au travail pour créer les robots sur lesquels elle avait menti à Végéta. Elle devrait donner le meilleur d'elle-même pour tenir sa parole car elle ne savait pas par où commencer.

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Le soleil commençait à baisser sur les montagnes. Il prenait son temps, les caressant de sa lumière. Plusieurs nuages semblaient vouloir l'accompagner en changeant leur gamme de couleur et une nuée d'oiseaux se dirigeait vers eux, transformant ce paysage en un cadre idéal à la sérénité de l'âme. Sur le toit de l'un des bâtiments de la résidence des Briefs, un prince sans royaume, allongé sur un vieux matelas, avait depuis longtemps renoncé à chercher cette paix, au point que cette quiétude le faisait juste se sentir ridiculement pensif. Étrangement, il montait là presque tous les jours, se perdant dans ses souvenirs de mercenaire. Parfois, il se surprenait même à entrevoir dans son esprit quelques lueurs de son enfance sur Vegetaseï, de ses ciels rouges. La lumière de cette stupide planète semblait vouloir égaler en beauté le firmament carmin de son monde natal. Il se sentait mal à l'aise et écœuré. Il se redressa en un mouvement rapide et d'un salto se retrouva dans le jardin.

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Il faisait déjà nuit quand il sortit de la chambre de gravité pour rentrer dans la maison, épuisé après autant d'exercices. Par chance, l'humaine avait tenu sa parole et réparé le dysfonctionnement. En traversant le jardin, il remarqua que la lumière du laboratoire était allumée, ce qui, depuis qu'il vivait ici, n'était jamais arrivé. Cette famille s'occupait de cet endroit comme s'il s'agissait d'un lieu sacré et même leur étourdie de fille y évitait toute négligence. Cela éveilla sa curiosité, il poussa la porte et entra.

Une lumière fixe provenant d'une lampe illuminait l'espace métallique et tombait directement sur la chevelure de la scientifique qui s'était endormie sur le clavier de son ordinateur. Végéta s'approcha et vit qu'elle était entourée de centaines d'ébauches sur lesquelles elle travaillait. Il avança plus près pour lire ce qui était inscrit sur leur entête. "Robots. Chambre de Gravité. Végéta. Etude 1" Il retourna son attention sur la jeune femme qui dormait placidement la bouche entrouverte. Elle ronflait même. S'approchant encore, il respira son odeur. « Femme bizarre... », murmura-t-il. Il se redressa et revint sur ses pas.

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Au terme des trois jours convenus, il trouva à l'intérieur de la chambre de gravité, deux étranges engins circulaires avec des pointes effilées à leurs extrémités accompagnés d'un livre d'instructions. Dessus, était accroché un mot. Il le prit pour voir ce qui était écrit. Tu pourras le lire, pas vrai ? , disait la missive. Il dinstingua une espèce de gribouillage qui ressemblait à un visage tirant la langue. Il froissa le papier, ouvrit la porte de la chambre et le jeta dans le jardin, touchant un Namek en pleine tête, ce dernier se demandant bien d'où provenait le projectile.

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"Hmm... Il déjeune avec mon père, sûrement pour l'écouter et mémoriser quand il lit les nouvelles du journal et pour les autres repas, il mange ici avec nous, mais jamais il ne mange seul." Bulma commençait à y voir plus clair : ce guerrier têtu s'imaginait que sa mère voulait l'empoisonner. "Bien.", récapitula-t-elle, "il doit penser que cela vient de nous deux, même si sûrement il me suspecte davantage qu'elle. Je crois qu'il s'est rendu compte qu'il n'a rien à craindre d'elle, mais pourquoi de moi ? Je fais tout ce qu'il me demande sans discuter..." Elle recommença à l'observer, dégoûtée.

« Bien, je vous laisse, les enfants, à plus tard... » La maîtresse de maison sortit par la porte arborant son éternel sourire. Aucun d'eux ne répondit, pas même sa fille, absorbée toute entière par sa lutte intérieure.

Végéta fixa son regard sur la scientifique et leurs yeux se rencontrèrent. Il semblait impassible, imperturbable, mais Bulma vit qu'il serrait si fort ses couverts que sa main tremblait. L'étonnant était qu'il ne les avait pas encore brisés. Méfiants, tous deux froncèrent les sourcils en même temps toujours en s'observant. La jeune femme porta un morceau de viande à sa bouche et nota comme le Saïyen se tourna d'un millimètre pour l'étudier encore plus. Il avait l'air désespéré. Sa faim le trahissait. "Il ne s'imagine quand même pas que nous cherchons à le tuer... ", se demanda-t-elle presque sûre de sa supposition. Avant de mettre la fourchette dans sa bouche pour la savourer, elle s'arrêta net et baissa les couverts à nouveau sur l'assiette avec le morceau de nourriture intact. Végéta se redressa de mauvaise humeur et il semblait sur le point de parler quand Bulma reprit sa fourchette pour l'approcher de sa bouche encore une fois, le faisant reprendre sa posture d'examinateur méticuleux. Encore une fois, la scientifique baissa le bras juste avant de l'introduire dans sa bouche. Végéta ferma les yeux à moitié. Encore une fois mais plus rapidement, Bulma répéta son manège : en haut vers la bouche, en bas sur l'assiette. Finalement, la situation devint intenable et ils dévoilèrent leurs pensées :

« Ahhh ! Mange, enquiquineuse ! »

« Tu crois que nous allons t'empoisonner ! »

Tous les deux s'étaient levés et, furieux, appuyaient leurs mains à plat sur la table. Pendant quelques secondes, il s'analysèrent, leurs yeux lançant des éclairs. Ils se redressèrent, croisant les bras, en même temps. On aurait dit qu'ils étaient synchronisés. Bulma prit la parole en premier.

« Comment oses-tu penser que nous allons t'empoisonner, idiot ? »

« Idiot ? J'ai tué ton petit ami, juré de me venger dans une lutte à mort contre ton ami Kakarot et toi tu m'invites chez toi... Qui est l'idiot, ici, femme ? »

« Je ne sais pas quel genre de vie tu as mené, Végéta, mais il existe quelque chose qui s'appelle la gentillesse et qui... »

« La gentillesse ? »

« Oui, la gentillesse ! », cria-t-elle, « C'est quelque chose qui nait de la bonté des gens ! »

« Ne me fais pas rire, humaine. La bonté ? », Végéta se retint de rire.

« Arrête de répéter ce que je dis ! », hurla Bulma, exaspérée.

« Et toi, arrête d'essayer de m'avoir ! Tu dois avoir un plan. Personne... » A ce moment-là, il s'approcha d'elle. « Personne n'est aussi stupide. » Il étudia son visage à la recherche de quelque chose qui la trahirait mais il ne vit qu'une lueur de doute dans son regard. Ses yeux étaient extrêmement bleus. « Hmm... ou si ? », hésita-t-il vraiment. Elle paraissait vexée et il ignorait si c'était parce qu'il avait deviné ses intentions ou si elle cherchait à se défendre de l'insulte de s'être faite traiter d'idiote pour l'avoir accueilli sans plan de vengeance.

Ensuite, elle se reprit, sachant comment sortir victorieuse de cette impasse.

« Désolée de te décevoir mais je ne suis pas aussi intelligente que tu le crois... », ajouta Bulma en s'asseyant de nouveau à la table. Végéta vit une moue moqueuse apparaître sur le visage de la scientifique. Il comprit sa signification. Cette réplique avait un sous-entendu retors. C'était un piège : s'il la croyait bête mais qu'elle avait réellement un plan, maintenant elle le niait avec ce "je ne suis pas aussi intelligente que tu le crois" et s'il la croyait intelligente mais que tout était faux et qu'elle était vraiment bête, il devrait se risquer à manger dans son assiette pour le lui prouver. Il était surpris. Cette humaine savait jouer à ce jeu-là. Et pour compliquer davantage les choses, Bulma commença à manger calmement sa part, le défiant du regard sans perdre son air moqueur.

« Tu te crois très intelligente, pas vrai ? » A peine eut-il prononcé cette phrase, qu'il réalisa son erreur. Il savait qu'elle allait se faire un plaisir de répondre.

« Je viens de te dire que non. » Et cette fois, son sourire s'agrandit. Elle porta un morceau de viande à sa bouche. Elle se délectait vraiment de la situation : ce Saïyen, orgueilleux à l'extrême, elle le tenait à sa merci avec son jeu de paroles et d'insinuations qui dépassait largement les autres occasions où elle avait pu discuter avec lui.

Végéta savait que maintenant, la balle était dans son camp. S'il s'asseyait et mangeait son assiette, il pouvait s'écrouler empoisonné et elle l'aurait bien eu. Sortir par la porte sans manger signifierait qu'il la considérait intelligente. "Que se passe-t-il ici ?" Il trouva la solution : il s'assit à sa place et arbora son caractéristique demi-sourire. « Viens ici. », lui dit-il, en lui faisant signe d'approcher à l'aide de deux doigts de sa main.

Bulma éclata de rire : « Que dis-tu ? »

« Que se passe-t-il humaine ? Tu n'es plus si gentille ? Je suis ton invité et je te demande de venir près de moi. » « C'est ton tour, femme. »

Elle capta la situation instantanément : si elle le rejoignait et goûtait son assiette comme il le voulait, elle lui prouverait qu'elle était gentille et bête, sans aucun plan de vengeance ni rien à cacher, par contre si elle n'y allait pas, c'est qu'elle tramait quelque chose contre lui, exactement comme le prince l'avait insinué au début, ce qui la ferait paraître encore plus bête pour s'être faite découvrir. "Mais pourquoi ne comprend-t-il pas que nous ne sommes pas comme lui ? Maudit Saïyen !" Elle tâcha de ne pas avoir l'air d'hésiter et décida qu'il était libre de penser ce qu'il voulait. L'ambiance était en train de devenir étrange. Il y avait quelque chose dans l'air depuis qu'ils avaient commencé à discuter qui déformait l'idée que face à elle se tenait un mercenaire de l'espace et non un homme séduisant qui la provoquait, comme elle le découvrait sous ses yeux. "Que se passe-t-il ?" Elle toussa. Elle était gênée de trahir sa nervosité par cette quinte de toux et ennuyée encore plus que le guerrier pense avoir gagné. Elle prit volontairement un ton blasé : « Je suis gentille, c'est juste que je n'aime pas les efforts inutiles. »

« Tu n'es pas gentille, tu es juste lâche. », lui asséna le guerrier en croisant les bras. Il voulait la pousser à bout et il avait appris à le faire ces dernières semaines.

« Tu n'arriveras pas à tes fins avec cette tactique, je ne veux pas venir près de toi. » Et elle recommença à manger.

Végéta sourit intérieurement en la voyant se démasquer aussi vite, Il réfléchit quelques instant et changea de tactique pour la surprendre. Il savait ce qu'il devait faire pour la convaincre une fois pour toutes : « Que veux-tu en échange ? » S'il avait appris quelque chose durant les mois qu'il avait passés ici, c'est qu'en plus d'être rusée et pénible, Bulma aimait conclure des marchés.

Cette question la prit au dépourvu. "Le prince des guerriers de l'espace me demande un pacte sans même que je lui propose ? Il doit vraiment en avoir marre de surveiller constamment la nourriture.", se dit-elle. Si ce soir, elle lui prouvait que son assiette, qu'il avait apparemment perdue de vue à un moment ou un autre, renforçant sa méfiance, n'avait pas été empoisonnée, elle obtiendrait quelque chose de lui. Elle n'hésita pas une seconde : « Je veux que tu arrêtes de menacer et insulter tous ceux qui vivent ici. »

Végéta inspira lentement, gonflant ses pectoraux.

« Y compris les Nameks. », ajouta Bulma. « Surtout eux. », insista-t-elle. Elle voulait protéger ses hôtes verts, puisque d'après ce qu'elle savait, Végéta n'avait encore rien dit de désagréable à ses parents.

Le Saïyen souffla profondément. Il regarda son assiette, prit un morceau avec sa fourchette, se retourna et appuyant son coude sur la table, il dit : « Marché conclu. Maintenant, viens par là. »

Après quelques secondes d'indécision, Bulma se leva de sa chaise et s'approcha lentement de lui. Elle remarqua ses yeux noirs fixés sur elle, qui, pendant un instant presque imperceptible, se baissèrent pour la parcourir entière. Elle sentit sa nervosité augmenter à l'intérieur et craignit que le prince ne le perçoive également. Pendant ce court trajet, alors que se formait sur le visage de Végéta, un demi-sourire narquois, elle se rendit compte que non seulement il y prenait du plaisir mais que de manière masochiste, elle aussi. Elle se sentit misérable. Elle tira la chaise et s'assit, exagérant sa moue de dégoût.

« Ouvre la bouche. », lui ordonna le Saïyen de sa voix profonde. Voir cette femme autoritaire et insolente aussi soumise lui plaisait beaucoup trop. Trop pour une simple terrienne qu'il aurait pu annihiler en un millième de seconde. Il remarqua une ambiance insolite dans tout ça qu'il avait rarement ressentie dans sa vie. Bien sûr, il respecterait le marché qu'il avait passé avec elle. Aussi insignifiante que puisse être cette humaine aux cheveux bleus, il était, lui, le Prince héritier du trône de Vegetaseï et n'importe quel accord était valide pour lui, même celui-ci, à plus forte raison quand il en retirait autant de profit. Mais en aucune manière, il n'allait cesser de contrôler la nourriture qu'on lui servait. Il tiendrait sa parole jusqu'au bout mais rien ne l'assurait qu'elle en ferait autant, même si jusqu'à présent elle avait respecté leurs deux précédents marchés.

« Ouvre la bouche. », lui répéta-t-il en approchant l'ustensile de ses lèvres. Il remarqua, sans quitter des yeux ses lèvres fermées, que sa poitrine montait et baissait avec véhémence. Elle était tendue. Il avait réussi à la rendre nerveuse mais pas comme il l'avait espéré depuis le début : elle était agitée mais n'avait pas peur. L'insolite s'accentuait encore plus, surtout depuis qu'il la tenait plus près. Il allait réagir quand elle ouvrit la bouche et s'approcha de la fourchette. Instinctivement, il entrouvrit les lèvres, imitant son geste.

« Vous avez aimé ma cuisine ? » La mère de la jeune femme venait de réapparaitre dans la cuisine. « Oups ! J'ai interrompu quelque chose ? », demanda-t-elle, stupéfaite, en voyant Bulma se lever brusquement de la chaise alors que Végéta restait figé dans la même posture, avec la fourchette toujours suspendue dans le vide, là où se trouvait précédemment la jeune femme. Son caractéristique froncement de sourcil était encore plus prononcé. Quelque chose venait de se passer, dans ce court intervalle de temps, qui avait fait que cette terrienne sauvage s'était laissée dominer une seconde par lui, et ce n'était pas seulement pour conclure le marché car elle aurait très bien pu prendre la fourchette et manger elle-même. Mais elle ne l'avait pas fait.

« C'était délicieux, maman... », répondit sa fille.

« Oh ! », s'exclama horrifiée Mme Brief en apercevant l'assiette intacte du guerrier. « Tu n'as pas aimé, Végéta ? » Le prince tourna vers elle son regard inexpressif. Il était presque ennuyé qu'elle soit revenue et il dût faire un effort pour se rappeler quand elle était partie. « Ne me dis pas que cela manquait de sel ? » Elle prit une fourchette et goûta un des morceaux de viande de son assiette. Végéta lança à la scientifique un demi-sourire de victoire qui la vexa souverainement. « C'est froid, mais si tu veux, je te le réchauffe... »

« Non, maman, laisse, je m'en charge... », l'interrompit Bulma, en s'approchant de l'assiette du Saïyen. Quand elle la prit, elle murmura au guerrier : « Sauvé par ma mère, et ça fait déjà deux fois depuis que tu vis ici. Qui l'eût cru ? » C'était sa façon sarcastique de lui rappeler qu'il n'avait pas gagné honnêtement cette bataille dialectique et qu'elle se souvenait de l'incident des chambres. Le prince n'eut pas l'air gêné.

« Ce n'est pas toi qui as mangé en fin de compte, terrienne. », lui signala-t-il.

« J'allais le faire, je remplissais le contrat. Maintenant, j'attends juste que tu fasses de même. »

« De quoi parlez-vous ? », demanda, derrière eux, Madame Brief, intéressée.

« De rien, maman. Nous allons monter, tu veux bien ? », lui dit-elle en la prenant par le bras. Elle s'arrêta un instant : « Végéta, quand tu entendras sonner une sorte de clochette, ça voudra dire que le four aura terminé de réchauffer ta viande. Sers-toi toi-même. Tu sauras te débrouiller, n'est-ce pas ? Tu es intelligent... », lui lança-t-elle, sarcastique, à charge pour lui de capter son ironie. Elle se retourna pour savoir s'il l'avait écoutée et elle rencontra ses yeux qui ne l'avaient pas quittée de leur ligne de mire. Tant qu'elle n'eut pas disparu au bras de sa mère après un ultime clin d'œil, il ne retourna pas à table.

« Ma chérie, que se passait-il en bas ? », questionna la blonde pendant qu'elles montaient les escaliers.

« Rien, maman, que peut-il se passer ? Cet homme est un vrai casse-pied. » Et elle continua jusqu'à sa chambre sans remarquer le sourire malicieux de sa mère.

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« Ma petite fille ! », s'écria madame Brief de loin.

« Où allez-vous ? », demanda le jeune femme en traversant le jardin en direction de la cuisine. Elle avait passé tout le matin dans le laboratoire et en sortant, elle était tombée sur ses parents qui se dirigeaient vers la grille séparant la maison du reste de la rue.

« Je vais manger avec ton père dans un nouveau restaurant ! Nous vous avons laissé à toi et à Végéta de la viande à la sauce tomate ! A plus tard ! » Et elle sortit par le portail principal de la maison jusqu'à la voiture qui les attendait sur le trottoir.

"Ça alors !", pensa Bulma, "Je vais encore devoir manger seule avec lui, quelle galère !"

Depuis deux mois, elle avait à peine échangé quelques mots avec le Saïyen. Personne n'adressait la parole à l'autre même quand ils se rencontraient dans les couloirs de la maison la nuit ou dans le jardin. Une fois seulement, ils s'étaient croisés dans le couloir alors qu'elle sortait de sa chambre et qu'il entrait dans la sienne et la scientifique lui avait dit que ses échantillons de sang étaient sains. Il lui avait répondu en fermant la porte de sa chambre. Malgré tout, l'affaire n'était pas close. Bulma s'était rendue compte que Végéta s'obstinait à penser qu'on allait l'empoisonner car il n'avait rien changé à son rituel pendant le déjeuner et si la scientifique lui faisait une remarque, il continuait à manger en l'ignorant. Le prince, de son côté, poursuivait son épuisant entraînement, poussant au maximum la chambre de gravité jusqu'à presque deux cents de pression. La jeune femme avait décidé qu'elle ferait mieux d'y installer une caméra pour savoir jusqu'où ce Saïyen exigeait de lui-même car elle devinait qu'il finirait par la mettre en pièces. Malheureusement, le travail dans les bureaux et le laboratoire l'absorbaient tellement qu'elle n'en avait pas encore eu le temps.

En entrant dans la cuisine, elle essaya de se souvenir de la dernière fois qu'elle était allée faire des courses. Les robots ménagers préparaient la table en faisant mille petits allers-retours de part et d'autre. Elle était plongée dans ses pensées quand elle entendit le cri de Piccolo, provenant de dehors :

« Végéta, lâche-le ! »

Son sang ne fit qu'un tour et elle sortit en courant dans le jardin. Ce qu'elle vit la figea sur place. Végéta tenait Dendé par le col de son vêtement et d'un bras l'avait soulevé du sol, laissant le pauvre Namek, terrorisé et confus, le regarder avec désespoir.

« Comment oses-tu me toucher ! Insecte vert ! », lui cria le prince hors de lui.

Les autres Nameks s'étaient attroupés comme elle dans le jardin et regardaient la scène, stupéfaits.

« S'il vous plaît, pardonnez-moi, pardonnez-moi... », répétait Dendé au bord des larmes.

Bulma ne réagissait pas. Elle ignorait ce qui s'était passé là-dehors. Il semblait que finalement l'inévitable était en train de se produire, ce que tous attendaient : que le volcan du guerrier entre en éruption. Et il l'avait fait contre le petit Namek.

« Personne n'a le droit de toucher le Prince des Saïyen, compris ? Personne ! »

« Lâche-le ! », répéta Piccolo qui s'était approché d'eux, enlevant son étrange couvre-chef.

« Tu crois peut-être que tu es de taille, vermine ! », lui lança Végéta, amusé, en le voyant s'approcher du coin de l'œil. Il ne lâchait toujours pas Dendé qui continuait à se débattre pour s'échapper de sa prise.

« Je ne suis pas de taille... », répondit Piccolo, « mais tu devras d'abord me le prouver. » Et il se mit en posture de combat.

« Ça suffit ! », hurla Bulma, les déconcertant tous. Elle les rejoignit à grands pas et se planta à côté du Saïyen avec l'air étonnamment calme. « Végéta... », dit-elle sans crier, cette fois. « Dans la cuisine, il y a un un succulent plat de viande à la sauce tomate qui t'attend. Tu aimes la sauce tomate, n'est-ce pas ? »

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Tout le monde retenait son souffle. Le Saïyen, sans lâcher Dendé, la regardait avec les sourcils froncés. Au grand étonnement de Piccolo qui était tout près, il semblait pensif. La scientifique continua : « Ta viande va refroidir et tu vas devoir la réchauffer comme la dernière fois, tu te souviens ? » Végéta plissa encore plus le front. « Suis-moi à l'intérieur et viens manger, d'accord ? »

Des secondes interminables s'écoulèrent pendant lesquelles on n'entendait plus que les efforts de Dendé toujours suspendu en l'air au bout du bras de Végéta. Soudain, ce dernier, après un soupir bref pour bien indiquer son indifférence, jeta l'enfant à terre avec mépris pour le plus grand soulagement de tous. Il fit volte-face et entra dans la maison.

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Après quelques instants de confusion, quelques Nameks s'approchèrent de leur petit congénère qui respirait vite et essayait de se remettre de sa frayeur. Bulma, qui comme tout le monde avait observé le Saïyen entrer dans la cuisine, se tourna vers Piccolo qui ramassait son couvre-chef sur le sol :

« On peut savoir ce qui s'est passé ici ? » Elle n'arborait plus l'air serein avec lequel elle avait parlé avec Végéta mais semblait extrêmement contrariée.

« Ce fou de Saïyen s'est évanoui dans le jardin après son entraînement et Dendé est allé lui porter secours... », commença à expliquer le Namek, regardant la porte de la cuisine comme si Végéta pouvait l'entendre. On aurait dit qu'il le souhaitait vraiment.

« Et toi, où étais-tu, hein ? », lui demanda la jeune femme. « Que je sache, tu es toujours en train d'espionner par ici. »

Cela mit Piccolo hors de lui, comme s'il ne se sentait pas déjà extrêmement vexé par cette allusion à son inutilité ! « J'étais en tain de méditer ! C'est ce que je fais ! Méditer ! » Il ne voulait pas paraître ridicule mais il le fut.

« N'importe quoi ! », lui répondit Bulma. « Et que ce soit la dernière fois que tu manques de te battre dans mon jardin ! Tu m'as entendue ? » Et elle se retourna pour rentrer dans sa maison laissant un Piccolo boudeur prendre son envol pour s'éloigner d'ici. Maintenant, oui, il avait besoin de méditer. En s'éloignant, il ne put s'empêcher de se demander pourquoi l'énergie de Végéta avait légèrement augmenté quand Bulma s'était adressée à lui mais contrairement à ce qu'il avait supposé en remarquant cette élévation de Ki, le Saïyen avait lâché Dendé. Peut-être que ce que la scientifique lui avait répété mille fois était vrai, qu'elle le tenait sous contrôle. Quelque chose s'était passé, quelque chose que lui, toujours à veiller dans l'ombre, n'avait pas perçu.

Quand Bulma entra dans la cuisine, elle s'imaginait y retrouver Végéta, assis les bras croisés, en train de contenir son envie de dévorer tout ce qui était sur la table et attendant son arrivéee et son premier coup de fourchette pour commencer à manger. Ces deux derniers mois, après l'épisode de la cuisine, elle avait pu se rendre compte que le prince n'en avait pas fini avec son obsession que l'on cherchait à l'empoisonner puisqu'il continuait toujours le même manège à l'heure du déjeuner. Et c'était ainsi : en arrivant elle le trouva qui l'attendait mais au lieu d'être assis, il était debout.

Elle fit mine de parler, visiblement pour lui reprocher ce qui venait de se passer dans le jardin mais il ne lui en laissa pas le temps. Elle ne le vit pas arriver.

« Tu crois que c'est un jeu ? » Végéta lui avait saisi le visage avant même qu'elle puisse réagir. Le Saïyen avait un bras en extension et lui serrait fort les joues.

« De... de quoi tu parles ? », demanda Bulma, déconcertée. Il ne la serrait pas trop fort, juste assez pour qu'elle ne puisse pas bouger la tête.

« Tu te crois très intelligente, n'est-ce pas, humaine insolente ? Avec toutes tes plaisanteries, tes sarcasmes, et tes clins d'œil ! Tu crois que c'est un jeu, pas vrai ? », répéta-t-il en souriant de côté. Il semblait qu'enfin elle était en train de comprendre qu'il était le Prince des Saïyens, la race de guerrier la plus puissante de l'univers. Depuis leur arrivée de Namek, il avait désiré voir la peur dans ces yeux bleus et pendant un instant, on aurait dit qu'il y avait réussi. Mais juste un instant.

« Lâche-moi, maudit singe ! », lui cria la jeune femme, furieuse, essayant de se dégager de cet étau.

« Tu crois pouvoir me donner des ordres ? » Il l'approcha de lui en pliant le bras, la forçant à bouger.

« Tu crois que parce que j'ai fait un stupide marché, tu vas arriver à tes fins, hein ? Tu n'es qu'une femme, une stupide femme... » Maintenant, il l'inspectait de près.

« Tu t'en veux de m'avoir écoutée, Végéta ? » Elle avait beau avoir la tête serrée dans sa poigne de fer et être incapable de l'en empêcher, elle se montrait toujours aussi agressive et cela déstabilisa le guerrier, qui même ainsi ne pouvait la dominer. Voyant le dépit dans ses yeux noirs elle continua : « Tu t'en veux d'avoir tenu ta parole dans un marché conclu avec une humaine ? » Pour Bulma, il était évident qu'il avait respecté leur accord et que maintenant cela le révoltait.

« Ne dis pas de bêtise, misérable démente ! Tu ne vois pas que je peux te tuer à tout moment ? », lui demanda-t-il cherchant de la terreur dans son regard.

« Je n'ai pas peur ! », cria Bulma encore plus fort.

« Aaaaaahhhhh ! », le Saïyen rugit, furieux et la traîna jusqu'au mur, la maintenant toujours par le visage. La scientifique s'agrippa à son bras, aux muscles durs comme du métal, pour qu'il la lâche. Le choc contre le mur lui provoqua plus de surprise que de douleur. Il ne réussirait pas à l'intimider. S'il n'avait pas pu le faire avant, il n'y réussirait pas maintenant.

« Tu ne peux pas me tuer. », lui murmura-t-elle, ses yeux couleur saphir toujours plantés dans les siens. Elle vit une lueur de doute passer dans ses yeux noirs qu'il tenta de camoufler en souriant :

« Tu en es bien sûre, insolente ? »

« Tu crois que je ne me suis pas rendue compte, Végéta ? » Elle le regarda intensément. Cela ne changea rien à sa moue de dégoût mais il resta muet plissant encore plus le front.

Bulma n'allait pas s'arrêter maintenant. Il avait essayé de l'intimider et de la terroriser et maintenant elle était impossible à arrêter. Elle commença à s'expliquer en un flot rapide de paroles : « Tu vis ici depuis trois mois et tu n'as levé la main sur personne. Tu aurais pu tous nous tuer depuis le début mais tu ne l'as pas fait ! », s'exclama-t-elle bien fort. « Je ne sais pas exactement pourquoi, mais tu ne l'as pas fait alors pourquoi le ferais-tu maintenant, hein ? », lui lança-t-elle, intensifiant son regard toujours sans lâcher le bras du guerrier. « C'est à cause de Goku, n'est-ce pas ? », lui demanda-t-elle. « C'est parce que tu crois qu'en restant ici et seulement ici tu pourras le dépasser. Ce n'est pas parce que tu l'attends pour le défier... »

Il avait presque lâché le visage de la jeune femme en l'écoutant, emporté par les vérités qu'elle débitait les unes après les autres, mais il resserra son étau, même un peu plus fort, quand elle termina sa phrase : « ... c'est parce que tu doutes d'y arriver. »

« Jamais ! », cria Végéta, furieux. « Je n'ai jamais douté que je vaincrai Kakarot ! » A l'instant, il projeta son corps sur celui de Bulma.

« Lâche-moi ! », recommença à crier Bulma.

« Et qui te dis que je ne peux pas te faire du mal, hein ? » Le guerrier semblait avoir recouvré sa colère du début, après les quelques instants d'incertitude pendant lesquels la scientifique avait énoncé ses suppositions. « Alors insolente ? », il la tenait prisonnière contre le mur. « J'ai déjà le vaisseau dans lequel il s'est entraîné, j'ai les robots avec lesquels il s'est entraîné, alors dis-moi ! Qu'est-ce qui m'empêche de vraiment pouvoir te tuer maintenant ? » Il ne lui faisait pas de mal, il savait qu'il ne pouvait pas se le permettre car même avec les robots et le vaisseau, ce ne serait pas suffisant pour vaincre le troisième classe. Il la tenait juste prisonnière, immobile. Cette femme bizarre à l'odeur étrange devait le craindre.

« Ils tombent en panne. », répondit-elle comme indifférente à son étreinte. Il leva les sourcils, relâchant son front. Il ne s'attendait pas à ça. Bulma considéra que c'était le moment d'en finir avec cette situation. « Si tout ce que tu veux, c'est t'entraîner, fais-le, entraîne-toi jusqu'à la mort si tu veux, Végéta, je m'en fiche. Laisse tout le monde en paix et je te ferai tous les robots que tu voudras et j'augmenterai la gravité de la chambre jusqu'à sa limite mais ne touche plus jamais personne de ceux qui habitent ici. » Et elle conclut : « Moi, y compris. »

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Et voilà. Un autre marché. Il s'approcha à nouveau pour la sentir de près. Quelques secondes d'incertitude s'écoulèrent, puis il s'écarta et la lâcha, démontrant par là qu'il acceptait. « Femme bizarre... », murmura-t-il. Encore une fois, il n'avait pas réussi avec elle, même en lui démontrant toute sa brutalité. Et pire encore, toutes les phrases qu'elle avait prononcées les unes après les autres étaient vraies. Tout était vrai. A travers son comportement, il avait confirmé tous ses soupçons. Cet affrontement était censé lui permettre de prouver sa supériorité mais, encore une fois, elle le tenait à sa merci, et le pire de tout c'est qu'il n'y pouvait rien.

« Cette fois, tu devras tenir ta parole, prince... »

En entendant le ton ironique de sa phrase, il eut envie de remettre les mains sur elle, mais cette fois autour de son cou. « Ne tente pas ta chance, humaine... », murmura-t-il lentement.

Bulma ignora ses paroles et commença à marcher pour le dépasser quand il la saisit par le bras avec force. A nouveau, leurs regards se rencontrèrent.

« Quoi ? », lui demanda-t-elle comme en le défiant. Elle sentit comme les yeux noirs parcouraient tout son visage. Elle ne savait pas ce qu'elle allait pouvoir faire. Après ça, elle s'attendait à tout.

« J'ai respecté le marché. », répondit Végéta simplement.

Elle fronça les sourcils sans comprendre ce qu'il voulait dire.

« J'ai lâché l'enfant Namek. », ajouta-t-il comme explication. Et il la libéra de l'étau de son bras, la laissant poursuivre son chemin jusqu'à la table.

Ils s'assirent et mangèrent comme toujours en silence, comme pour se prouver que pour eux rien n'avait changé mais conscients tous les deux que c'était faux. Bulma se leva la première, programma les robots pour qu'ils débarrassent la table et juste avant de sortir par la porte, elle ajouta sans le regarder :

« Ne sous-estime plus jamais une femme. »

Végéta leva les yeux et la vit sortir dans le jardin.

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Le soir même, au milieu de son entraînement, le Saïyen s'arrêta dans ses exercices, baissa les yeux au sol et soupira. Il venait de se rendre compte que, pour la première fois, il avait déjeuné sans la suivre, sans vérifier si la nourriture était empoisonnée.

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C'était le soir précédent le cent trentième jour, le jour où l'on pourrait à nouveau invoquer le Dragon Sacré. On avait décidé de donner une fête d'adieu en l'honneur des Nameks qui, reconnaissants pour l'accueil qu'ils avaient reçu des Brief, voulaient les informer de leur décision unanime d'attendre que les humains aient exaucés leurs vœux car cela leur était égal de rester encore une année Namek de plus avant de s'installer sur une nouvelle planète, à condition que la famille qui les hébergeait accepte de les garder ici avec eux. Madame Brief avait réunit la chorale dans le jardin, le lieu choisi pour la fête. La majorité des invités étaient dispersés avec leur verre d'eau à la main, occupés à discuter entre eux. Quelques-uns s'amusaient en regardant Dendé qui avait réussi à apprendre à monter sur la bicyclette de Monsieur Brief, lequel souriait, satisfait, bien que le petit ait bien du mal à atteindre les pédales.

Bulma, après avoir ri et bavardé avec ces extraterrestres pendant un bon moment, préféra s'éloigner de toute cette agitation pour fumer une cigarette seule, en admirant la nuit qui tombait. Elle pensa à Yamcha et au fait qu'enfin, demain, elle l'aurait auprès d'elle. Elle voulait le revoir et lui dire à quel point il lui avait manqué. Quelques étoiles nocturnes scintillaient déjà quand le chœur d'extraterrestres entonna sa chanson fétiche, toujours guidé par son indestructible mère.

"Besame, besame mucho,
como si fuera esta noche la ultima vez.."

Bulma leva les yeux vers le ciel, et une silhouette tout près attira son attention. Sur le toit de sa maison se tenait Végéta debout et de profil qui l'observait hautainement. A cette distance, la jeune femme pouvait remarquer qu'il la fixait du regard.

"Bésame, bésame mucho
que tengo miedo a perderte
perderte después…."

Elle baissa les yeux, éteignit sa cigarette, et retourna se mêler à ses invités au jardin.

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NdT :

(1) "Bésame mucho", chanson composée par la mexicaine Consuelo Velázquez. Tous droits réservés (C).

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Et voilà, un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous a plu ! (Moi, c'est un chapitre que j'adore, on se demande pourquoi... ^^)

Merci pour toutes ces bonnes critiques, ça m'encourage à continuer à manier mon lourd dictionnaire et je traduis toujours vos avis à l'auteur Dramaaa.

Le chapitre 21 de En el Techo est sorti en espagnol et c'était vraiment impressionnant de tension psychologique entre Végéta et Trunks mais cela fait 50 pages Word. Je me demande si je n'ai pas vu un peu trop gros... Vous croyez que j'aurai terminé fin novembre ?

Voilà comment s'occupe une future maman forcée au canapé... Snif... (Le tricot, c'est pas mon truc...^^)

Allez, j'essaie de cibler 7 à 10 jours pour le prochain chapitre, légèrement plus court.

Bisous, et merci de laisser un petit mot avec vos impressions ! ^_^

Dimitrova (la traductrice)