Sur le Toit

Auteur : Dramaaa

Traduction de l'espagnol : Dimitrova

CHAPITRE 5

"Je regardais juste les étoiles."

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«Il ne pense qu'à se battre ! Qu'à se battre ! », répétait en boucle Chichi en marchant de long en large dans le salon des Brief.

« Tu sais comment est Goku... », essaya de la consoler Krilin, assis à la table en prenant un petit gâteau.

« Il ne pense qu'à se battre ! Qu'à se battre ! », répétait sans cesse la mère de Gohan.

« Chichi, tu savais déjà avant de l'épouser comment il est, c'est un Saïyen, il ne pense qu'à s'améliorer constam... » Mais il ne put enfourner le gâteau dans sa bouche.

« Tais-toi, nain ! », cria Chichi, en frappant le petit guerrier sur la tête, le faisant presque tomber de sa chaise, sa tartelette s'écrasant sur son visage plat. « Et arrête de te goinfrer de gâteaux ! Tu as oublié les bonnes manières depuis que tu es mort ? » Elle semblait vouloir le tuer encore une fois par ses cris.

« C'est vrai, Krilin, tu manges autant que Végéta ! », ajouta d'un ton amusé Monsieur Brief en tournant sa cuillère dans son café.

« C'est que la mort m'a creusé l'appétit... », tenta de se justifier le jovial petit homme en s'essuyant avec une serviette.

« Il ne pense qu'à se battre ! Qu'à se battre ! »

« Et qu'as-tu fait pendant que tu étais mort ? », demanda Oolong, en se disputant un petit gâteau avec Tortue Géniale.

« J'ai fait la queue... », répondit-il avec désintérêt, mais il revint au commentaire du scientifique : « Vous avez dit Végéta ? », demanda-t-il en levant les yeux du plateau pour la première fois. « Je me demande où se trouve et ce que devient ce cruel Prince des Saïyens depuis tout ce temps... »

« Faire la queue ? », demanda Oolong, en tirant vers lui le gâteau, hors d'atteinte du vieux maître.

« Il ne pense qu'à se battre ! Qu'à se battre ! »

« Le cruel prince des Saïyens ? » La mère de Bulma entrait dans le salon avec une troisième infusion calmante pour Chichi. Elle ne se lassait jamais d'avoir des invités à la maison et à cet instant, avec les amis de sa fille, elle se sentait euphorique. « Qui est le cruel Prince des Saïyens ? »

« Végéta, apparemment... », répondit son mari en prenant un morceau de gâteau et en le donnant à Tama.

« Oooooohhh ! » Elle en renversa presque l'infusion sur la mère de Son Gohan, ce qui empira son humeur. « C'est un prince ! Le beau Végéta est un prince ! » Et elle se mit à sauter de joie en battant des mains.

Le Maître Roshi, enchanté de voir Madame Brief bondir, ajouta : « C'est que Krilin ne sait pas que Végéta est resté ici ces derniers mois... Saute, ma jolie, saute ! » Et il s'approcha dangereusement de la mère de Bulma.

« Commeeeent ? » Cette fois, oui, le petit guerrier en tomba à la renverse.

« Vé... Vé... Végéta... ? », commença-t-il à balbutier en se relevant. « Vé... Végéta est resté ici ? A Capsule Corporation ? »

« C'est un garçon charmant et si timide... », ajouta la blonde avant de se rectifier immédiatement : « Que dis-je, garçon, un prince ! » Et pour le plus grand plaisir de Tortue Génial, elle recommença à sautiller. Avant qu'il ne puisse atteindre la blonde, il reçut en pleine tête la tasse d'infusion de Chichi :

« Reste tranquille, vieux pervers ! », lui cria-t-elle. « Et après certains s'étonnent que j'empêche mon fils d'aller sur cette île... », mais elle reprit le monologue répétitif qu'elle scandait depuis qu'elle était entrée dans la maison : « Il ne pense qu'à se battre ! Qu'à se battre ! »

« Vé... Végéta ? Ti... timide ? Cha... charmant ? », Krilin n'en croyait pas ses oreilles !

« C'est vrai que même moi, je croyais notre fin proche avec ce monstre sur notre planète... » Oolong s'écarta enfin des gâteaux. « Mais en réalité, il ne s'est rien passé pendant son séjour ici... » Il retourna son regard sur la table couverte de douceurs.

« Mais... mais pourquoi ? » Krilin était assez remis du choc pour s'asseoir. « Il vous a obligés à l'héberger ? Ce maudit prince est d'une arrogance... » Pour lui, la réponse était évidente.

« Non, non, même pas. », répondit Monsieur Brief en prenant une cigarette entre ses lèvres. « C'est Bulma qui l'a invité et il a accepté. » Et il alluma tranquillement sa cigarette.

« Quoooiii ? » Cette fois, le cri d'étonnement du guerrier fut accompagné par celui de Puar, qui regardait fixement par la fenêtre mais se tourna en écoutant cela.

« Qui veut encore du thé ? »

« Il ne pense qu'à se battre ! Qu'à se battre ! »

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L'atterrissage fut un désastre. Le vaisseau traversa comme un météore l'atmosphère de cette planète verte et il se rappela à qui il le devait, se sentant incapable de gérer les commandes :

« Maudite femme ! Même pas capable de régler un bon système de décélération ! », cria-t-il en appuyant, paniqué, les boutons de navigation qui clignotaient sans cesse.

Enfin, après quelques secousses, il tomba sur ce qui semblait être de la boue. Après avoir détaché son harnais de sécurité, il fixa son regard sur les indicateurs d'analyse du milieu.

"Air respirable bien que chargé en CO2. Aucune évolution de forme de vie intelligente. Bien. Ça devrait faire l'affaire." Il sortit pour résoudre le problème qui l'avait obligé à faire cet arrêt avant sa destination seulement deux jours après être parti de la Terre. Son habituelle expression dédaigneuse s'accentua quand il inspira l'air de cette planète. Il examina autour de lui avant de sauter sur le sol humide qui couvrit ses bottes d'une sorte de mousse stagnante. Il pensa à s'en aller d'ici, à changer de cap mais il n'avait pas de temps à perdre et il décida qu'il se contenterait de ça. "Des plantes. Que des plantes.", se dit-il avec mauvaise humeur.

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« Bulma, sérieusement, tu ferais mieux de me lâcher, tu vas t'enrhumer... »

« Non, je ne te lâcherai pas. », lui dit-elle, butée, agrippée à son cou et assise sur ses genoux.

« Cela fait une heure qu'on est comme ça et je suis encore trempé et... » Il réfléchit avant de poursuivre mais son estomac le tenaillait tellement qu'il avoua finalement : « Et j'ai très faim... » Il la regarda dans les yeux, implorant sa pitié.

Bulma, qui après dix secondes d'incertitude, l'avait serrée dans ses bras, obligeant tous ceux qui étaient présents à s'éloigner pour leur laisser un peu d'intimité, grogna devant la demande du guerrier et lâcha enfin son cou : « Des fois, tu ressembles trop à Goku, Yamcha. »

Ce commentaire, dans la situation présente, était loin d'être un compliment. Elle se leva pour lui permettre de se lever.

« Allons, Bulma... », tenta-t-il de l'apaiser. « En plus, Puar nous regarde par la fenêtre... »

« Je m'en fiche que ton chat nous regarde ! » s'exclama-t-elle, vexée, en lui tournant le dos. « Ils ne t'ont rien donné à manger au ciel ? »

« En fait, je n'ai pas eu le temps de le savoir parce que dès que la bataille Namek s'est terminée, ils m'ont envoyé ailleurs faire la queue... » Et il ajouta : « Viens, entrons, d'accord ? » Et il la prit par la taille en les dirigeant tous deux vers la cuisine.

« Combien de fois ? », lui demanda Bulma en l'arrêtant brusquement. Elle n'allait pas si facilement le laisser lui échapper à l'intérieur avec ses amis. Elle voulait entendre encore le nombre de fois où elle lui avait manqué.

« Combien de fois ? » Mais Yamcha ne semblait pas avoir suivi.

Elle soupira et il comprit enfin et se rattrapa en souriant . « Ah, toutes... »

« Toutes les quoi ? » Elle voulait qu'il termine sa phrase. Elle ne comprenait pas comment il avait pu ne pas saisir alors qu'elle l'avait taquiné avec ça pendant une bonne quinzaine de minutes.

« Tu m'as manqué tout le temps. » Et il l'embrassa avant de reprendre son chemin vers la porte de la maison. Au passage, il fut intercepté :

« Il ne pense qu'à se battre ! Qu'à se battre ! » La femme de Goku sortit comme une flèche de la porte principale l'ébranlant avec une telle force qu'elle la mit presque en pièces. « Son Gohan ! Viens ici tout de suite ! »

« Tu t'en vas déjà, Chichi ? », lui demanda Bulma sans lâcher son amoureux et totalement immunisée contre les cris de l'ancienne lutteuse.

« Bien sûr que je m'en vais ! Je ne vais pas laisser mon fils avec cette bande d'obsédés ! », cria-t-elle en se tournant pour que ceux qui restaient à l'intérieur entendent bien ses derniers mots.

« Son Gohan ! »

Même les Nameks les plus éloignés s'étaient bouchés les oreilles en écoutant son cri. Son fils apparut avec Dendé sur la bicyclette de Monsieur Brief :

« Maman, je ne peux pas rester un peu avec Dendé ? » Il avait les yeux baissés à terre et faisait jouer ses petits doigts, espérant la clémence de sa terrible mère.

« Pas question ! », lui répondit-elle. « Demain, tu devras étudier beaucoup. Nous avons assez perdu de temps avec... »

« Chichi, », l'interrompit la scientifique, « Son Gohan peut venir quand il le désire. Cela lui ferait du bien d'avoir un ami, en plus, il n'a pas vu Dendé depuis Namek. »

« Il n'en est pas question ! », répéta-t-elle, décidée. « S'il n'est pas venu ici avant c'est parce que cet homme terrible se trouvait dans les parages, et maintenant, il doit se concentrer encore plus sur ses études. Les examens sont très proches... Rentrons, Son Gohan ! Allez, au revoir ! » Et elle s'éloigna avec son fils, qui, attristé, faisait des signes d'adieu de la main et regardait le petit Namek qui lui renvoyait un regard identique.

Cet homme terrible. Quand Bulma l'entendit, elle en eut la chair de poule. "Comment vais je lui raconter ? », se demandait-elle. Avec l'émotion des retrouvailles, elle n'avait pas pensé à Végéta. Elle se souvint de la dernière fois qu'elle l'avait vu avant ce matin et c'était la nuit précédente, sur le toit de la maison, défiant et hautain, comme toujours. Quant au vol du vaisseau spatial, elle n'avait même pas eu le temps d'y penser alors qu'elle venait juste d'apprendre que Goku était quelque part dans l'espace. Ce n'était tout simplement pas le moment de penser au prince et à sa soif de vengeance. Apparemment, par chance, son distrait petit ami n'avait pas remarqué le commentaire de la femme de Goku. Il faudrait qu'elle prévienne ses amis de ne rien lui dire car c'était quelque chose qu'elle seule devait expliquer. "Mais comment ?", se demanda-t-elle.

« Bulma ? », l'appela Yamcha depuis la porte.

« Oui, oui, j'arrive... » Et elle entra dans la résidence en lui adressant un immense sourire. Elle essayait de cacher son inquiétude grandissante devant l'inévitable explication qu'elle devrait fournir à son petit ami.

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Dans l'espace et son immensité, il s'était toujours senti chez lui. Ses milliers de galaxies, divisées en quatre zones pour des raisons pratiques de hiérarchie divine, étaient sa demeure et les guerres pour le contrôle de l'Univers, son habitat naturel. Ce qui lui était étranger, c'était de rester sur une planète isolée qui n'intéressait aucune famille influente. Dès qu'il avait entendu de la bouche du Dragon Sacré que Kakarot restait de sa propre volonté sur une planète loin de La Terre, il n'avait pas hésité une seconde. Il était allé à son vaisseau et avait quitté enfin cette planète d'inutiles. Il savait parfaitement où aller pour débusquer le troisième classe et ainsi pouvoir se venger de l'affront qu'il lui avait fait en vainquant Freezer à sa place, à la place du Prince des Saïyens.

Après être entré dans la chambre de gravité ce jour-là, la première chose qu'il avait faite, avait été d'indiquer sa destination dans le contrôleur de vol. Un mois terrestre de voyage avant d'arriver à Coldizza, constellation pauvre rattachée à l'Empire, assez proche du pouvoir central de Freezer mais pas assez pour que Végéta y soit reconnu. Une de ces planètes servant habituellement au ravitaillement des vaisseaux impériaux, lui permettrait de rassembler des informations. Il n'aurait qu'à y passer inaperçu, parler peu, ce qui ne devrait pas lui être difficile. Être aux aguets et observer. Il ignorait quel état dominait actuellement l'Univers depuis la chute du Lézard alors il devrait être plus prudent que jamais.

Il garda les yeux fermés. Il semblait concentré. Il n'avait pas augmenté beaucoup la pression pour que le vaisseau ne consomme pas trop d'énergie. Les trois fight-robots tournaient autour de lui, dans l'air hyper-comprimé de la chambre. Quand il entendit la première attaque lancée par les machines, il sauta pour contrattaquer. Au moment où il lança sa première boule d'énergie suivie après par plusieurs autres, un cri assourdissant jaillit de ses entrailles : « Kakaroooottt ! »

A des milliers de kilomètres, sur ce fameux globe d'inutiles, une riche héritière, prétentieuse et trop gâtée, fumait une cigarette et regardait les étoiles depuis le grand balcon de sa chambre.

« Bulma ? » On l'appelait de l'intérieur. Elle s'arracha à ses pensées et sourit. Elle retourna à sa chambre pour serrer encore une fois dans ses bras son petit ami qui était revenu à la vie.

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« Tu resteras ici. »

« Je t'ai déjà dit oui mais... »

« Il n'y a pas de mais, tu resteras ici et tu chercheras un travail. »

« Bulma, je viens de ressusciter et j'ai besoin de me reposer... »

« Cela fait trois semaines que tu te reposes, Yamcha ! » Elle s'était levée de la chaise longue pour que son petit ami, dans la piscine, lui prête attention. « Tu dois trouver un emploi ! Tu ne peux pas continuer à faire des allers-et-retours entre ici et Kame House ! Même Krilin s'est trouvé un travail ! Et tu es infiniment plus beau que lui ! » Elle remit ses lunettes de soleil et s'étendit à nouveau sur le ventre.

Devant un tel raisonnement, le guerrier ne put que rire. Sa copine était toujours aussi frivole et têtue. Même les pires malheurs et une armée de Saïyens assoiffés de destruction comme ceux qui étaient venus sur Terre, ne pouvaient la faire changer. Elle s'était mis en tête qu'il devait trouver un travail mais elle ne se rendait pas compte qu'il était un combattant. Au début, il avait incriminé le manque d'exercice physique dans les emplois qu'elle lui avait trouvés mais quand il était devenu joueur de baseball, il s'était rendu compte que ce n'était pas l'exercice qui lui manquait mais la lutte.

Madame Brief les rejoignit portant un plateau avec un pichet de thé glacé et deux verres.

« Coucou, mes tourtereaux ! »

Entendre sa voix fit reprendre à Bulma l'attitude précautionneuse qu'elle avait depuis que Yamcha avait ressuscité. Elle n'avait pas encore pu raconter à son petit ami que le Prince des Saïyens, celui-là même qui avait ordonné sa mise à mort, avait été hébergé ici avec eux. Elle ne savait tout simplement pas comment le lui dire et elle croyait naïvement que le moment n'était pas encore venu. Ses amis guerriers semblaient avoir compris parfaitement sa menace s'ils parlaient plus que de raison parce que Yamcha revenait toujours de bonne humeur de l'île de Tortue Géniale. Dans ses moments-là, elle remerciait l'habituelle étourderie de son petit ami, une caractéristique qui la désespérait généralement. Bien sûr, chaque fois que sa mère apparaissait, elle qui ne savait garder aucun secret, Bulma craignait d'être découverte. Elle avait bien demandé à ses parents de ne rien dire à Yamcha au sujet de Végéta mais sa mère l'avait encore compris comme un secret de cœur, s'imaginant que sa fille courrait deux lièvres à la fois et n'arrivait pas à choisir entre les deux candidats. Devant cette fausse interprétation, Bulma ne pouvait que faire en sorte que son petit ami et ses parents se voient le moins possible, une chose difficile au début s'il vivait chez eux, mais Yamcha passait beaucoup de temps chez Tortue Géniale, un fait qui, d'un autre côté, exaspérait la scientifique partagée entre son désir de l'avoir près d'elle et en même temps sa volonté de le tenir éloigné de ses parents.

La jeune femme se redressa pour s'asseoir avec une nervosité qui fit se précipiter ses paroles :

« Bonjour Maman ! Pose-le là, merci. Tu ne devrais pas aller voir ton feuilleton avec les Nameks ? » Et elle s'absorba dans la contemplation de son verre.

« Oh oui, ma chérie, j'y vais. J'avais juste peur que vous attrapiez une insolation. » Elle se redressa après avoir laissé le plateau sur la petite table et se tourna vers le petit ami de sa fille : « Yamcha, mon petit, tu ne viens pas prendre un peu de thé glacé ? » Et elle resta plantée là à attendre qu'il sorte de la piscine.

Yamcha comprit que tout ce que voulait la mère de Bulma était de le voir sortir de l'eau. Il sourit devant la hardiesse de la blonde et d'un salto, montra son corps de guerrier ruisselant.

« Merci beaucoup, Madame Brief. » Et il prit un verre de thé rafraîchissant avec un grand sourire.

« Relaxe, mon beau, c'est juste ma mère. » Bulma, avec cette affirmation froide et apathique qu'elle lui avait lancée sans même le regarder, avait réussi à faire disparaître le stupide sourire du visage balafré de son petit ami. Oui, c'était juste sa mère qui passait son temps à faire d'innocentes coquetteries à de beaux jeunes hommes, mais le guerrier, avant ou après sa résurrection, agissait toujours de la sorte quand une femme le flattait.

Madame Brief, avec son éternel sourire, commenta : - Oh, ma petite, ne sois pas jalouse... »

Mais la jeune femme lâcha son verre, se leva de la chaise longue et plongea dans la piscine, les laissant tous deux debout, se regardant l'un l'autre déconcertés et souriants : Yamcha par gêne et la blonde, parce qu'elle ne savait rien faire d'autre.

« Elle est de plus mauvaise humeur que pendant le séjour de Végéta chez nous... », dit, amusée, Madame Brief en la regardant nager. Elle ne se rendit pas compte de l'impact que sa phrase produisit sur le guerrier, qui après quelques instants à continuer à sourire, sembla assimiler ce qu'il avait entendu parce qu'il ouvrit de grands yeux et faillit presque laisser tomber son verre.

« Comment ? Qu'est-ce que vous dites ? » On aurait dit qu'il n'avait pas bien compris les paroles qu'il venait d'entendre.

« Comment ? Végéta était ici ? Végéta, le cruel prin... prince des Saïyens ? »

« Qu'est-ce que vous avez tous à dire que le Prince est cruel ! », lança-t-elle, joyeusement. Elle avait décidé de l'appeler le Prince quand elle avait su son titre. « Il a juste volé un vaisseau spatial ! » Elle regarda le ciel radieux, pensive, avant d'ajouter : « Par conséquent, je crois que je l'appellerai dorénavant le Voleur du Vaisseau. » Et avec son étrange rire insouciant, elle s'en retourna vers la cuisine.

« Bulma ! » Yamcha réagit enfin en se penchant au bord de la piscine et en appelant sa petite amie qui nageait encore pour essayer de se calmer. Son visage trahissait son inquiétude.

« Bulma ! » Il l'appela encore une fois.

Enfin, elle réagit en interrompant sa brasse. D'un seul coup d'oeil, elle sut que quelque chose allait mal. Elle comprit immédiatement et se reprocha à elle-même d'avoir été découverte : vexée, elle avait laissé seuls sa mère et Yamcha. "Merde !", pensa-t-elle, "Je le savais ! Je le savais ! Comment ai-je pu être aussi bête ?"

« Végéta est resté ici ? Il a habité avec vous ? », lui demanda-t-il avec impatience.

La scientifique sut qu'il n'y avait plus d'échappatoire : « Yamcha, je... » Mais elle ne savait pas par où commencer à s'expliquer. « Je ne sais pas pourquoi je l'ai invité, je me suis laissée porter par la joie ambian... »

"Je ne sais pas pourquoi je l'ai invité." Cette phrase résonna dans sa tête comme une tornade en furie. Qu'est-ce que cela signifiait ? Que sa petite amie avait invité l'homme responsable de sa mort ? Que contre toute logique, non pas humaine mais universelle, ce maudit Prince des Saïyens n'avait pas eu à obliger cette famille à l'héberger ? "Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible !", se dit-il en essayant de se calmer. Pourtant, il se redressa et ne put s'empêcher de crier : « Tu l'as invité ? » Son air de stupeur devant la nouvelle en disait long.

Bulma s'arrêta net dans son explication. Elle comprit que, quel qu'ait été le thème de leur brève et regrettable conversation, sa mère et lui n'avaient pas abordé le fait qu'elle avait été à l'origine de l'invitation du Saïyen. Elle comprit qu'elle avait donné l'information trop tôt et commis une bourde. Elle ne pouvait plus faire marche arrière. Elle agrippa l'échelle pour sortir à toute vitesse de la piscine. Il était hors de lui : « Il ne vous a pas obligés à lui donner asile, à lui offrir le gîte et le couvert ? Il... »

« Si, si, si, si... » Elle lui prit les bras avec fermeté. Elle se raccrocha inutilement un instant à cette idée : que Végéta les y avait obligés. « Il nous a obligés ! Il nous a tous obligés ! Il disait qu'il voulait être notre maître et il est très convainquant ce maudit Saïyen, non ? Tu n'imagines pas comme ça a été dur pour nous ! » Elle voulut continuer ce mensonge absurde. Elle voulait revenir en arrière et être sincère mais elle savait que la vérité allait les faire souffrir l'un comme l'autre : « Il nous donnait des ordres constamment : plus de nourriture, répare la chambre de gravité... » A ce moment-là, elle essaya d'imiter la voix rauque du Saïyen et même en se rendant compte du ridicule de son imitation, elle voulut continuer mais il l'interrompit :

« Ah oui ? Il vous y a obligés, n'est-ce pas ? » Et voilà ce qu'elle avait devant elle : l'air d'innocence absolue de son petit ami. Il lui semblait incroyable que Yamcha puisse avaler que le Prince des Saïyens, surtout lui, aurait pu l'obliger à faire quelque chose contre son gré. Elle renonça et préféra jeter l'éponge ici, après quatre semaines de tension, et donner les explications tant attendues et méritées :

« Non, Yamcha. » Elle baissa les yeux, honteuse. « Je l'ai invité. » Elle savait ce qui l'attendait : d'abord des doutes, puis des reproches.

« Quoi ? C'est toi qui l'as invité ? Chez toi ? Toi ? » Il était pétrifié, essayant de se faire à cette idée grotesque.

« Oui. », répondit-elle, les yeux toujours au sol. Elle aurait préféré qu'il lui crie dessus plutôt qu'il reste ainsi, médusé.

« Mais comment as-tu pu être aussi bête et inconsciente ! », vociféra enfin le guerrier.

« Écoute ! » Bulma avait commis une erreur mais elle ne laisserait personne l'insulter, surtout pas son petit ami qui pouvait douter de beaucoup de choses mais certainement pas de son intelligence : « Si j'avais fait exprès, ce ne serait pas de l'inconscience, non ? » Et elle croisa les bras, vexée.

Yamcha, étourdi un instant par sa rhétorique qui lui parut compliquée et inutile, retourna dans le vif du sujet : « Mais tu ne te rends pas compte que c'est ce prince diabolique qui m'a tué, moi, ton copain ? »

Cela provoqua le retour en force du sentiment de culpabilité chez la scientifique : « Je... Je suis désolée, mon amour, je crois que je me suis laissée entraîner par... »

« Tu t'es laissée entraîner ? » Il se retourna encore plus perturbé et leva les bras avec un geste d'incompréhension. La jeune femme le laissa continuer à lui crier dessus. Elle le méritait. Il avait tout à fait le droit de crier à cet instant : « Tu as mis toute ta famille en danger, Bulma ! Le monde entier ! Et sans parler que ce monstre m'a tué, moi ! » Il se montra du doigt, furieux avant de remettre ses mains sur ses hanches, les yeux à terre. Il poussa un profond soupir.

« Tout ce que je peux dire, c'est que je suis désolée, Yamcha, je n'ai aucune excuse. Je l'ai invité et il est resté. Il ne s'est rien passé. », reprit-elle en s'approchant de lui. « Il n'a rien fait, je te jure, il n'a frappé personne, il s'entraînait juste dans... »

« Je m'en vais. », déclara-t-il en ramassant sa chemise et en l'enfilant en vitesse.

« Mais Yamcha, il faut qu'on parle, je dois te... » Ses paroles restèrent en suspens car le guerrier prit son envol au dessus du jardin.

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"Neuf mille neuf cent quatre-vingt dix-sept, neuf mille neuf cent quatre-vingt dix-huit, neuf mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf, dix mille."

Il se releva du sol d'un rapide salto. Il regarda autour de lui et vit les robots de combat détruits, leurs pièces dispersées dans tout le vaisseau. Il soupira de colère. Il croyait avoir tout nettoyé. Il n'aimait pas le désordre et encore moins dans son vaisseau. Cela faisait plus d'une semaine qu'il cohabitait avec ces maudites carcasses de robots et pire encore, il avait dû cesser d'augmenter la gravité de la chambre parce que cela consommait trop de carburant. "Humains attardés... ", pensa-t-il en se dirigeant vers le panneau de contrôle. "Encore une semaine terrestre avant d'arriver à Coldizza". S'il se référait à la pendule encastrée dans le mur et qui indiquait six heures vingt, cela faisait plus de dix heures qu'il n'avait rien mangé. Il se pencha et ouvrit une caisse. Il en sortit un tas de plantes et pour les dévorer, il se jeta sur le matelas qu'il avait récupéré du toit de la maison où il avait séjourné sur la Terre. Il essaya de dormir un peu tout en réfléchissant aux derniers mouvements de combat qu'il avait pratiqués.

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« Six heures vingt... » dit-elle tout haut d'une voix triste en levant les yeux vers l'horloge du laboratoire, déjà épuisée après tout ce temps passé à se concentrer sur son ordinateur. Elle éteignit la lumière et sortit par la porte. Elle attendit que le système de sécurité s'enclenche mais elle n'entendit rien. "Malédiction !", pensa-t-elle en se dirigeant vers la maison pour chercher son père. "Je le lui ai répété mille fois mais c'est comme si je ne lui avais rien dit !"

« Bulma ! Bulma, ma chérie ! » Sa mère la sortit de ses pensées. « Yamcha t'appelle sur ton portable ! »

Elle accéléra le pas. Cela faisait une semaine que Yamcha était parti de chez elle, furieux et depuis, il refusait ses appels. Et juste maintenant qu'il voulait lui parler, elle avait oublié son portable dans la cuisine. Elle arriva, essoufflée, et arracha le téléphone des mains de sa mère, qui, pour ne pas changer, lui souriait, enchantée, avant de retourner s'asseoir près de son mari, indifférent à la scène et absorbé par la lecture de son journal. Depuis quelques temps, le journal avait mystérieusement cessé de disparaître.

Elle toussota avant de parler. « Oui, Yamcha ? »

« Eh... Bonjour Bulma ! Comment vas-tu ? » Il semblait nerveux et inhabituellement amical depuis leur dernière séparation dans le jardin.

« Bien, bien, je travaillais et j'avais laissé mon portable dans la cuisine... »

« Avec ta brosse à cheveux ! », lui signala sa mère, contente, en levant l'objet du crime de la table.

« Maman, arrête d'écouter les conversations qui ne te regarde pas ! », répondit la jeune femme, gênée. « Désolée, Yamcha, je sors dans le jardin pour avoir un peu d'intimité. » Ce qu'elle fit. « Yamcha, j'ai dû t'appeler plus de cent fois, tu verras, je voulais m'excuser enco... »

« Oh non, ne t'excuse pas, Bulma, c'est du passé. » Et il poussa un petit rire nerveux.

« Comment ? », s'étonna-t-elle, mais elle rectifia rapidement, elle n'allait pas laisser à son petit ami, qui semblait joyeux, la chance d'oublier ce qu'il venait de dire. Elle toussa à nouveau : « Bien, on dirait qu'enfin tu as décidé d'être raisonnable. » Elle se reprit, redevenant aussi orgueilleuse que toujours.

« Oui, enfin... » Un nouveau petit rire, suspect aux oreilles de la jeune femme, jaillit du téléphone. « J'ai réfléchi et je crois que si tu l'as fait c'est que tu avais une bonne raison, non ? » Bulma fit la grimace en pensant que cette affirmation n'était pas du tout certaine. Son petit ami, n'entendant aucune réponse, s'enhardit à aborder la deuxième raison de son appel : « Ça te dirait qu'on aille manger quelque part ensemble ? »

« Oui, bien sûr ! », répondit immédiatement et avec effusion la jeune femme, ce qui attira sur elle tous les regards des Nameks qui étaient en train de prendre soin des plantes. « A huit heures ? Tu viens me prendre ? »

« D'accord, à huit heures alors. », confirma son petit ami avant d'ajouter : « Et Bulma... »

« Oui ? », demanda-t-elle.

« Je t'aime. » Et il raccrocha le téléphone.

Portée par l'émotion, la jeune femme se jeta sur le premier Namek qui passait à sa portée pour le serrer dans ses bras avec effusion. En entrant dans la maison, elle se demanda pour quelle raison son petit ami avait décidé d'oublier qu'elle et sa famille avait donné asile à Végéta. Ses questions s'envolèrent quand elle se rendit compte que cela faisait des semaines qu'elle ne sortait plus s'acheter des vêtements et qu'elle n'avait plus rien de nouveau à étrenner pour cette soirée.

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« Que prendrez-vous ? »

« De l'eau. », répondit-il sans lever les yeux.

Le patron regarda avec méfiance cet étranger qui s'était assis à la table du recoin le plus sombre de son bar. Il revint avec un récipient d'eau. « Vous désirez manger quelque chose ? Nous avons de la viande d'ussuru, un animal de notre région qui... »

« Servez-moi ce que vous avez. », l'interrompit dédaigneusement le prince. Il se dit qu'il résoudrait le problème du paiement de la nourriture plus tard et il espérait que cette viande ne serait pas verte. Il souhaitait ardemment planter ses dents dans n'importe quoi qui ne soit pas de cette couleur. Cela faisait plus de trois mois qu'il mangeait des plantes et même si ce n'était pas la première antre perdue dans l' immensité de Colizza dans laquelle il cherchait des informations, il avait jusque là contenu sa faim car il n'avait pas d'argent pour s'offrir quoi que ce soit. Maintenant qu'il était l'être le plus puissant de l'univers après Kakarot, il ne pouvait pas faire ce qu'il voulait, il fallait d'abord qu'il retrouve ce maudit basse classe. Et s'il voulait s'informer, il fallait qu'il se mêle aux autres et n'attire pas l'attention, car il était possible qu'on le reconnaisse dans ces parages. Avant tout, il fallait connaître qui détenait le pouvoir sur l'Univers, afin de savoir qui il devrait affronter après avoir vaincu Kakarot.

L'aubergiste, un être gros et marron avec des épines en guise de cheveux, l'observait avec encore plus de méfiance. Pour lui, il était évident que cet homme était un déserteur de l'armée impériale. Il était seul et avait une cuirasse brisée. Il voulut lui demander de le payer d'avance mais il rejeta l'idée quand il entendit un certain nombre de voix d'hommes qui entraient. C'était des guerriers de l'Empire, de race Lidts, des habitués du bar. « Ah, messieurs, bienvenue ! », s'exclama-t-il, en se déridant et en abandonnant son air méfiant. Son visage s'éclaira d'un franc sourire.

Les guerriers, au nombre de cinq, ne lui prêtèrent pas attention et continuèrent à vociférer exaltés et riant de leurs derniers exploits sur une planète perdue, ignorant qu'ils étaient observés depuis le coin sombre.

"Des militaires de Freezer. Enfin. Intéressant. Ils n'ont pas l'air d'être au courant de la mort du lézard.", se dit Végéta. Cela ne l'étonna pas outre mesure qu'il existait encore des soldats en mission car il avait passé lui-même de longues périodes sans contact avec le cœur de l'empire pendant qu'il accomplissait son travail d'extermination, allant et revenant d'une planète à envahir. Le Général était mort mais le temps que la nouvelle parvienne à tout le monde, il fallait que tombent les précédentes pièces de domino. Et le pouvoir, dans l'Univers mettait beaucoup de temps à s'effriter entièrement. Même s'il y avait toujours l'infime chance de tomber sur quelqu'un de sa connaissance, cette fois, ce n'était pas le cas. Ils n'étaient tous que de simples recrues, sauf un. Il pouvait le distinguer à sa tenue. Soudain, on lui boucha la vue :

« Tu ne trouves pas qu'il fait trop sombre, ici ? » Il leva les yeux pour voir qui osait le déranger. Une femelle petite à la peau grise le dévisageait.

Elle était sexy, bien proportionnée, anatomiquement compatible avec lui et, visiblement une prostituée, une répugnante et vulgaire grue comme toutes celles qui pullulaient dans ce genre de planète qui ne servait qu'au repos des soldats et au ravitaillement des vaisseaux. Il n'aurait pas besoin de vérifier les marques à son poignet pour connaître l'évidence. Après un instant à l'observer, le prince plissa les yeux et lui ordonna : « Ôte-toi de ma vue et laisse-moi tranquille. » Il voulait se débarrasser de cette engeancele plus vite possible. Il attendit qu'elle s'exécute mais elle n'obéit qu'au premier de ses ordres car elle s'assit à côté de lui. Végéta grogna en se voyant gêné dans l'unique tâche qui l'avait amené à fouler le sol de cette antre. En voyant apparaître les sbires de Freezer, il s'était crû chanceux et maintenant cette prostituée venait l'importuner alors qu'il cherchait à entendre quelque chose. Il ne pouvait pas l'éliminer car cela attirerait trop l'attention des soldats et pour couronner le tout, elle était du genre insistante.

« Tu ne vas prendre que de l'eau ? », lui susurra-t-elle, s'approchant dangereusement de lui. Végéta s'écarta en la regardant du coin de l'œil. Jamais il n'avait prêté attention à aucune des nombreuses prostituées qui l'avaient approché dans toutes les occasions où il avait dû mettre les pieds dans de tels lieux, alors il n'allait pas commencer par celle-ci, même si cela faisait deux ans qu'il se passait de sexe. Ces questions ne l'intéressaient pas maintenant et encore moins avec une femme qui échangeait du plaisir contre de l'argent. « Je t'ai vu entrer. Tu as l'air fatigué et je... »

« Écoute-moi, catin. » Il regardait la femme du coin de l'œil et murmura presque de sa voix grave : « Si tu ne disparais pas de ma vue... » A ce moment-là, il vérifia que personne autour d'eux ne prêtait attention à la scène avec cette prostituée, et pour son déplaisir, le patron de l'antre ne le quittait pas des yeux. Malgré tout, il poursuivit sa menace, reprenant depuis le début : « Si tu ne disparais pas de ma vue, j'arracherai les entrailles de ton corps gris et avant que tu meures, je te les ferai bouffer, compris ? » Et il recentra ses yeux noirs sur le groupe de recrues. Il aurait voulu lui crier qu'il était le Prince des Saïyens et qu'il l'avait déjà fait et qu'il était prêt à le refaire sans hésiter, comme il l'avait répété à plus d'une de sa condition, mais pourtant il se retint au nom de l'objectif pour lequel il parcourait l'Espace.

Elle ouvrit de grands yeux. Il y avait une telle assurance dans cette voix qu'elle le crût sur parole. Elle se leva, partagée entre l'irritation et l'effroi et s'éloigna de lui pour se centrer sur ceux qui, à son avis, étaient des hommes bien moins appétissants que ce dangereux salaud.

L'aubergiste ne put rien entendre à travers le bruit que faisaient les militaires avides de blagues et de rires après la bataille. Il se calma en voyant, après ce bref échange, la prostituée simplement s'éloigner. Il retourna son attention sur les officiers.

« Je ne vous ai pas vus laisser votre vaisseau près du fournisseur de carburant, messieurs. », fit-il remarquer.

« Nous l'avons laissé en dehors avec d'autres soldats », répondit négligemment l'un d'entre eux, « nous sommes juste venu pour manger. »

« Oui. », ajouta un autre. « Nous voulons vite retourner au quartier général, n'est-ce pas, vous autres ? »

Un rire sourd, comme un souffle, surgit du coin obscur, mais personne n'y fit attention et la conversation continua de plus belle :

« Oui, vivement qu'on me paye pour cette mission, j'irai passer du bon temps par ici à découvrir de nouveaux mondes. » Et il rit suivi par les éclats de rire stupides des autres, qui comprenaient ce qu'il voulait dire par 'découvrir'.

Le prince dut contenir sa colère en serrant les poings pour ne pas se lever et pulvériser le simple soldat pour les paroles qu'il venait de proférer. Avant la mort de Freezer, les choses commençaient déjà à changer dans l'Univers et Végéta le savait. Le lézard se voyait menacé par les autres familles du cosmos, exactement comme avec les Saïyens, et les soldats, conscients de cela, ne luttaient plus pour la gloire mais pour l'argent, l'unique et principale motivation qui semblait avoir commencé à peser sur les décisions de tous. Ils n'ignoraient pas que même si leur Empereur était le plus fort et qu'une alliance des familles serait inutile contre lui, il n'était pas immortel. Ils avaient jeté au loin l'honneur et la soif d'une grande bataille. Le prince en rejetait la faute sur la faiblesse des autres races. Il ne restait plus de Saïyen dans l'espace. Ce maudit Freezer, motivé par des sentiments aussi misérables que la convoitise et l'avarice, avait fait exploser sa planète, laissant l'Univers sans guerriers Saïyens, les seuls à posséder les attributs génétiques pour régner puisqu'ils étaient les plus forts et que pendant des siècles, ils avaient cherché à perfectionner leur espèce, ne gardant que les meilleurs. Le lézard avait lutté pour les Boules de Cristal en quête d'immortalité et de pouvoir absolu mais, ce qui le motivait n'était rien d'autre que la peur d'être détrôné, raison pour laquelle il avait détruit Vegetaseï. Et Végéta savait tout cela : tant d'années à traiter directement avec cet être répugnant doté d'une queue lui avaient fait comprendre que s'il était l'être le plus fort du cosmos, il n'était pas digne de le dominer. Le destin, qui s'était toujours joué de Végéta en lui montrant son visage le plus injuste et en l'obligeant toute sa vie à rester auprès de cette bête immonde, avait été par contre des plus aimables avec ladite bête du moins jusqu'à ce que cette dernière ne croise la route de Kakarot et ne meure. Et Végéta n'avait pas été celui qui lui avait donné le coup de grâce. A nouveau, le destin avait été cruel avec le Prince des Saïyens.

« Voici votre viande. » Le serveur l'arracha à ses funestes pensées en posant sur la table une assiette fumante de nourriture avant de s'en retourner servir les soldats. Quand Végéta vit l'assiette, il poussa un soupir. Apparemment, la viande d'ussuru était bien verte.

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« Bulma, ma petite ! Nous allons commencer sans toi ! » Sa mère lui criait par l'interphone de se dépêcher. Bulma, qui avait passé la journée confinée dans le laboratoire, se sentit un peu perdue en écoutant la voix de sa génitrice mais en quelques secondes, elle avait saisi : «La répétition générale ! » Elle sortit, claqua violemment la porte et se dirigea vers le jardin.

Sa mère était assise dans la première rangée de sièges blancs, entourée de Nameks qui semblaient nerveux. Son mari était dans un coin en train de fumer, Tama sur l'épaule, attendant le début de la représentation. Dendé et Son Gohan, qui s'échappait des griffes de sa mère dès qu'il pouvait pour jouer avec le petit Namek, s'enthousiasmaient déjà pour ce qu'on allait leur présenter. Devant eux, une estrade d'un mètre de haut et sur celle-ci, quelques extraterrestres portaient des costumes d'une époque lointaine décrite dans l'œuvre d'un grand écrivain.

« Ma petite fille ! Tu arrives pile au bon moment ! », l'applaudit la blonde, émue. Bulma s'installa près de son père qui leva les sourcils dans un geste de complicité, lui signifiant que lui non plus ne comprenait rien à ce qui se préparait. Au milieu de toute cette agitation, son père lui dit :

« Nous aurions dû mettre un récepteur de communication dans le vaisseau comme nous l'avions fait pour celui de Goku. »

La jeune femme ne comprit pas de quoi il parlait et le fit savoir par un regard dubitatif. Son cher père, toujours distrait et insouciant, la prenait à nouveau au dépourvu avec quelque chose hors de contexte.

Monsieur Brief essaya de préciser : « Apparemment ton ami Végéta est... »

« Ce n'est pas mon ami, papa. », l'interrompit-elle.

« Bon, alors ça ne t'intéresse pas de savoir où il est, n'est-ce pas ? », lui demanda le scientifique sans quitter des yeux la bruyante troupe de Nameks costumés.

« Toi aussi, tu t'y mets, papa ? » Elle lui posa la question en se tournant vers lui. C'était déjà assez pénible comme ça d'avoir à supporter les insinuations de sa mère sans qu'en plus son père se prenne également au jeu.

Son père ne cilla même pas : « Je ne vois pas ce que tu veux dire, ma fille, je demandais juste si cela t'intéressait de savoir où se trouve la chambre de gravité sur laquelle tu as travaillé avec tant d'amour. » Il restait imperturbable à regarder avec intérêt le spectacle sur le point de commencer.

« Ah, le vaisseau. », réagit Bulma. C'était vrai que souvent, son père, d'habitude si réservé, réussissait à la surprendre et elle ne savait pas s'il était vraiment distrait ou si au contraire, il se rendait compte de tout. « Je me demande ce que ce fou aura fait avec le vaisseau... », affirma Bulma, très sûre d'elle, tournant son regard en colère dans la même direction que son père.

Monsieur Brief caressait son chat et indifférent, il ajouta pour finir : « Oui, il faut être vraiment fou pour aller jusqu'aux confins de la galaxie de l'Est... »

"La galaxie de l'Est ?", se demanda la jeune femme. « Comment n'y ai-je pas pensé avant ! Le radar ! Le détecteur installé dans la chambre ! », s'exclama-t-elle en regardant son père avec un grand sourire et elle essaya de retourner à son laboratoire mais sa blonde mère la remarqua :

« Ma chérie ! Où vas-tu ? », lui dit-elle. « Nous sommes sur le point de commencer. » Et elle s'en retourna vers la scène pendant que Bulma rejoignait son poste, se reprochant intérieurement sa trop grande curiosité. "Qu'est-ce que ce givré aura fait avec mon vaisseau ?"

« Bien, messieurs, veuillez lever le rideau ! », cria sa mère pour que les Nameks évacuent la scène, n'y laissant que deux d'entre eux, portant des épées et des boucliers, l'air concentrés. Et ainsi commença la représentation :

Namek 1 : - Fi ! ne m'en parle pas. Je suis fort contrarié que toi, Iago, qui as usé de ma bourse, comme si les cordons t'appartenaient, tu aies eu connaissance de cela.

Namek 2. - Tudieu ! mais vous ne voulez pas m'entendre. Si jamais j'ai songé à pareille chose, exécrez-moi.

Namek 1 : - Tu m'as dit que tu le haïssais.

Namek 2 : - Méprisez-moi, si ce n'est pas vrai. Trois grands de la Cité vont en personne, pour qu'il me fasse son lieutenant, le solliciter, chapeau bas ; et, foi d'homme ! je sais mon prix, je ne mérite pas un grade moindre. Mais lui, entiché de son orgueil et de ses idées, répond évasivement, et, dans un jargon ridicule, bourré de termes de guerre, il éconduit mes protecteurs. En vérité, dit-il, j'ai déjà choisi mon officier. Et quel est cet officier ? Morbleu ! c'est un grand calculateur, un Michel Cassio, un Florentin, un garçon presque condamné à la vie d'une jolie femme, qui n'a jamais rangé en bataille un escadron, et qui ne connaît pas mieux la manœuvre qu'une donzelle! Ne possédant que la théorie des bouquins, sur laquelle des robins bavards peuvent disserter aussi magistralement que lui. Un babil sans pratique est tout ce qu'il a de militaire. N'importe ! à lui la préférence !

Et moi, qui, sous les yeux de l'autre, ai fait mes preuves à Rhodes,à Chypre et dans maints pays chrétiens et païens, il faut que je reste en panne et que je sois dépassé par un teneur de livres, un faiseur d'additions ! C'est lui, au moment venu, qu'on doit faire lieutenant ; et moi, je reste l'enseigne (titre que Dieu bénisse !) de Sa Seigneurie more.

Namek 1 : - Par le ciel ! j'eusse préféré être son bourreau.

Namek 2 : - Pas de remède à cela ! c'est la plaie du service. L'avancement se fait par apostille et par faveur, et non d'après la vieille gradation, qui fait du second l'héritier du premier. Maintenant, monsieur, jugez vous-même si je suis engagé par de justes raisons à aimer le More. (1)

C'était la première scène du premier acte de Othello, une pièce sur laquelle ils s'exerçaient depuis plus de deux mois sous la direction de Madame Brief et qu'ils présenteraient le lendemain, avant d'invoquer le dragon sacré et de repartir chez eux.

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Il s'abrita dans l'un des immenses cratères de cette planète aride pour attendre l'arrivée de tous les soldats Lidts. Il avait décidé que ses mois d'efforts à rester dans l'ombre n'apportaient pas le résultat escompté. Après avoir dû s'éclipser discrètement de tavernes aussi miteuses que la précédente, raser les murs pour ne pas attirer l'attention et avoir dû supporter des gêneurs exaspérants et inutiles, le Prince des Saïyens clorait l'affaire par la voie rapide. Et il était un expert de la voie rapide. S'il fallait qu'il les tuent, il considérait qu'il valait mieux les prendre tous en même temps et ne pas avoir à attendre qu'il en arrive d'autres, un gâchis inutile d'énergie. Il garderait pour la fin celui qui semblait être le chef du bataillon, un des hommes qui étaient dans le taudis malodorant. Si l'un d'entre eux était au courant de l'existence d'un Saïyen, ce devrait être lui. Les autres, étaient de trop. Au moment où ils se mirent enfin en rangs pour embarquer dans le vaisseau, Végéta fit son apparition en les mettant en pièces. Ils ne purent distinguer qu'une ombre à travers la fumée du désastre. Le temps qu'ils se rendent compte de ce qui leur arrivait, l'ombre les aveugla pulvérisant nombre d'entre eux en un clin d'œil, les autres s'écroulèrent dispersés sur le cratère, gravement blessés, attendant une mort certaine.

Végéta, content de se retrouver au milieu de tant de destruction, s'approcha du chef qui, maculé de sang et immobilisé par la douleur, observait le coupable avançant sur lui, ses yeux noirs opaques et plein d'une furie qu'il venait à peine de déchaîner.

« Dis-moi, vermine, aurais-tu vu un Saïyen sur une de tes planètes ? » Il alla droit à la question essentielle. Il avait déjà perdu assez de temps avec ces soldats de classe infiniment plus basse que la sienne.

Il toussa avant de parler : « Saïyen ? Mais ils sont tous morts ! », essaya-t-il de crier.

Végéta rit sous cape : « Eh bien, tu en as un devant toi qui cherche celui qui en a fini avec Freezer. »

« Quoi ? L'Empereur est mort ? » Cette fois, oui, il cria en crachant du sang. Ce qu'il entendait ne pouvait être vrai. Il faisait sûrement un cauchemar.

« Répond-moi, crétin, tu n'as vu personne par là-bas ? »

« Freezer n'a pas pu être assassiné, il est l'être le plus fort de tous l'... »

« Tu vas continuer à le vénérer même au moment de ta mort des mains d'un Saïyen ? »

« Non ! », cria le militaire perdu dans ses lamentations. « Aucun singe de l'espace n'a pu en être capable ! Et l'Empereur ne peut pas être mort ! Non ! »

Le prince comprit qu'il n'en tirerait plus rien d'intéressant à par la confirmation qu'ils ignoraient la mort du lézard. Il l'empêcha de poursuivre en le soulevant par son armure brisée : « Tais-toi, répugnant soldat de pacotille ! Je ne suis pas là pour perdre mon temps avec des mourants ! », lui cria-t-il au visage.

« Le Grand Freezer est mort de la main d'un Saïyen ! Mais pas le bon Saïyen... » Le lâchant, il s'écarta de lui avec son particulier demi-sourire : « Salue-le de la part du Prince de cette race quand vous vous croiserez en enfer ! »

Le soldat fit mine de crier mais trop tard. Un rayon d'énergie lui pulvérisa le cœur traversant son corps de part en part.

Alors qu'il s'éloignait du paysage dantesque qu'il avait créé, il décida qu'il devait abandonner son projet de voyager dans la constellation voisine de Coldizza et s'avancer un peu plus dans l'Empire. Il gravit la pente du cratère en direction de son vaisseau en maudissant encore Kakarot quand, soudain, il détecta une grande puissance qui le mit en alerte et lui fit tourner la tête vers l'Est. « Tu es là ! » Tous ces mois de recherche et de questions sans réponse semblaient enfin avoir porté leurs fruits. Il monta dans son vaisseau et mit le cap sur l'énergie qu'il avait ressentie.

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« Mais ça va être ennuyeux à mourir, Bulma... », objecta Yamcha, tentant de la convaincre.

« Il ne s'agit pas de s'ennuyer ou pas ! Il s'agit de trouver un travail ! » Son cri fit se retourner vers eux tout le restaurant.

« Cela ne fait qu'un mois que nous avons empêché la tentative de domination de Garlick et...

« Des prétextes ! Tu ne concrétises jamais ce que tu aimes ! Tu veux créer une académie de lutte ? Fais-le ! Je te la finance ! », reprit la scientifique sachant déjà la réponse. Elle respira à fond pour se calmer. « C'est toujours la même chose avec toi, Yamcha. », continua-t-elle en se forçant à esquisser un sourire aimable. « Je veux juste que tu fasses tes preuves dans un poste hors de la surveillance de Capsule Corporation, je t'ai déjà dit que nous sommes en train de remodeler notre sécurité... »

« Mais je vais m'y ennuyer à mourir, mon amour... » Il ne voulait même pas s'imaginer avec un stupide uniforme kaki assis devant des caméras de surveillance. « Quant à l'académie de lutte, on verra plus tard, non ? »

« Alors qu'est-ce que tu comptes faire ? » Encore une fois, elle ne pouvait plus se contenir.

« Ne te mets pas en colère, Bulma, ces derniers temps tu es très irascible et je ne comprends pas pourquoi. » A nouveau, un sourire nerveux apparut sur son visage dirigé à tous ceux qui étaient autour d'eux et qui regardaient ébahis ce couple qui n'arrêtait pas de se disputer.

« Pourquoi ? Pourquoi ? » La jeune femme lâcha les couverts pour appuyer ses coudes sur la table. Elle devait et voulait se concentrer sur ce qu'elle allait dire car son petit ami ne comprenait rien.

« Tu ne travailles plus depuis que tu as arrêté le base-ball, et cela fait une éternité ! » Encore une fois, des regards gênés entre leurs voisins de table et à nouveau, Yamcha, essaya de dissimuler son malaise sous un rire inquiet. « Et arrête de rire ! », grogna-t-elle, avant de s'emparer des couverts comme si elle allait le poignarder avec pour effacer l'air jovial du visage du guerrier.

Son petit ami comprit, qu'encore une fois, ils devraient quitter un lieu public s'il ne voulait pas qu'elle ne monte un numéro encore plus impressionnant. « Que dirais-tu si on s'en allait, hein ? Je vais aux toilettes. Je t'attendrai à la sortie. » Et il se leva, fuyant à toutes jambes les foudres de sa petite amie en colère.

"Génial", pensa Bulma, "maintenant il s'en va et c'est à moi de payer le repas. Ce n'est pas la première fois. » Alors qu'elle payait la note, elle trouva que Yamcha mettait trop de temps et elle se souvint qu'il lui avait dit qu'il l'attendait à la porte du restaurant. Elle se dirigea là-bas et sa colère augmenta en intensité quand elle le vit en pleine discussion animée avec une jeune blonde.

« Oui, j'ai joué en ligue professionnelle il n'y a pas longtemps... », put-elle entendre le guerrier répondre.

« Tu n'es pas de ceux qui passent inaperçus avec ton physique et ces cicatrices si visibles. », dit la jeune fille avec insistance. « Dès que je t'ai vu, j'ai su que je te connaissais... »

« Yamcha ! »

Le temps qu'il se rende compte, il vit la jeune femme rouge de colère : « Mon amour ! », s'exclama-t-il nerveux. « Je t'attendais. » Et il s'éloigna de la blonde pour prendre sa petite amie par la taille mais elle ne se laissa pas faire et continua à marcher vers la voiture. « Mais, Bulma... »

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"Où peut-il bien être ? Où ?", se répétait Végéta en faisant des flexions. "J'ai cru le sentir vers l'Est mais j'ai ratissé tous les coins de cette galaxie et... rien !" Il voulut lancer un rayon laser pour marquer son désespoir mais au dernier moment, il rejeta l'idée en réalisant qu'il était à l'intérieur du vaisseau et que cela pourrait le percer. Il donna un coup de pied à une des caisses et se força à respirer profondément. De la caisse tomba une pile de vieux journaux. Avec une moue de dégoût, il se pencha pour les ramasser et les remettre à leur place quand il vit une photo qui attira son attention accompagnée de lettres qu'il put lire : "La prochaine nomination de Bulma Brief à l'assemblée générale de Capsule Corporation propulse au zénith le titre de la compagnie."

Il regarda à nouveau le portrait. On y voyait la femme aux cheveux turquoise souriante, assise les jambes croisées sur la table de son bureau. Il étudia pendant quelques secondes la photographie et ensuite, détruisit le journal d'un petit rayon d'énergie surgi de son index. Il regarda l'horloge. Il était douze heures cinq, heure terrestre, mais il ne savait pas s'il s'agissait de la nuit ou du jour.

« Que fais-tu ici ? », entendit-elle derrière elle.

« Je fume juste une cigarette. », répondit la jeune femme.

- Tu fais toujours la même chose, ma chérie. » Il s'approcha pour poser ses mains sur ses épaules et s'inclina pour lui donner un baiser dans le cou. « Tu te lèves au milieu de la nuit et tu sors sur le balcon. »

« Je regardais juste les étoiles. », répondit-elle avec sérieux en tirant une bouffée de sa cigarette.

« Tu pensais à Goku, n'est-ce pas ? », lui demanda Yamcha en se plaçant devant elle et en s'appuyant sur la rambarde du balcon.

Bulma soupira, retournant ses yeux sur l'immensité de la nuit. « Parfois. », répondit-elle sans le regarder. « D'autres fois, j'imagine comment ce serait de vivre en s'aventurant dans toutes ces planètes inconnues. »

« Tu n'en as pas eu assez avec Namek ? », lui demanda son petit ami, amusé.

Pourtant elle ne changea pas son expression sévère. « Bien sûr que non. » Elle se rendit compte de la brusquerie de sa réponse et changea sa moue en sourire : « Et toi, tu n'en as pas eu assez pour cette nuit et c'est pour ça que tu es sorti me chercher ? », lui lança-t-elle avec une attitude coquine. « Tu sais comme je suis : j'aime les défis et les choses difficiles. » Et elle se leva de la chaise dans laquelle était assise pour lui donner un baiser.

Il lui répondit par une caresse avant de tout de suite se diriger vers l'intérieur de la chambre. « Ne tarde pas trop, il est minuit cinq. » Il se retourna quelques secondes pour observer comme son regard se perdait à nouveau parmi toutes les étoiles beaucoup plus brillantes depuis la disparition de la lune. Faute de se retourner, Bulma ne put pas remarquer l'éclair de jalousie qu'exprimaient les yeux de Yamcha. Quand celui-ci entra dans le lit, il murmura avec amertume : « Goku... »

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« Maudit Kakarot ! Misérable ! »

C'était la troisième fois que cela lui arrivait : il sentait l'énergie du guerrier qu'il recherchait et quand il arrivait sur la planète d'où provenait la puissance, elle disparaissait. C'était son énergie. De cela, il n'avait aucun doute, de même en arrivant sur les lieux où il l'avait senti, il ne doutait pas qu'une force supérieure l'y avait précédé car les destructions occasionnées, la perfection des traces dans le sol de ces mondes, absolument circulaires, témoignaient qu'une puissance dévastatrice s'y était déchaînée.

Il monta dans son vaisseau et s'assit devant les manettes de commandement. Il croisa les bras et ferma les yeux en se concentrant. Il était déjà fatigué de parcourir l'Univers en vain et en plus il lui restait peu de combustible. Il ne pouvait que s'aventurer encore plus loin dans les tentacules de l'Empire, pénétrer plus en avant et demander au premier qu'il croiserait. "Bande d'incapables !", pensa-t-il. "Comment ne peuvent-ils pas remarquer l'existence de quelqu'un d'aussi puissant qui pourrait les massacrer en un clin d'œil ?", se demanda-t-il, incrédule. Pourtant, un doute qui l'assaillait de temps à autre revint à son esprit : comment se faisait-il que Kakarot, si puissant, ne les anéantisse pas tous et ne prenne pas le pouvoir sur l'Univers ? Il trouvait plausible comme explication qu'il était un Saïyen et qu'il ne souhaitait que combattre. Les Saïyens avaient la guerre dans le sang, un sang modifié et perfectionné pendant des siècles uniquement pour le combat. Il découlait de son raisonnement que lui, et seulement lui, était le Prince de cette race, le summum de son espèce, et qu'il n'y avait que lui pour obtenir la gloire de gouverner tout le cosmos. "Tu appartiens à la race la plus puissante de l'Univers, un jour, tu deviendras le Roi des Saïyens." Ces paroles, son père les avait prononcées peu avant qu'il soit enrôlé par Freezer et elles lui revenaient à l'esprit bien plus souvent qu'il ne le souhaitait.

Il regarda à nouveau le compteur de carburant. "Une dernière incursion, encore plus à l'intérieur.", se concéda-t-il avant de froncer les sourcils quand une pensée qui l'horrifiait lui revint : "Si je ne le trouve pas maintenant, je devrai retourner sur La Terre."

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« Et dites-moi, docteur Maish, cet implant est équivalent à l'ancien en terme d'efficacité ? »

« Je t'ai déjà dit de ne pas t'inquiéter, Bulma, », recommença à expliquer le médecin pour la quinzième fois, « il dure plus longtemps, un an, mais il est aussi efficace. » Et il se prépara à le lui placer dans l'avant-bras.

« Et il n'a pas d'effets secondaires ? J'ai entendu dire que si je continuais à l'utiliser, après, ce sera compliqué pour être enceinte. »

Le docteur soupira de nouveau. Sa patiente aux cheveux turquoise n'avait pas arrêté de poser mille questions depuis son arrivée à sa consultation. Elle était l'éminente scientifique Bulma Brief, qu'il respectait et aimait car elle était la fille de son ami malgré le fait indéniable qu'elle était exaspérante.

« Non, il n'a pas d'effet secondaire. Si tu souhaites mener une grossesse, tu auras juste à venir ici et je te l'enlèverai moi-même. » Il leva la manche de son chemisier pour le lui injecter.

« Et si je souhaite l'enlever, il n'y aura pas de problème ? »

« Non, aucun, je te l'assure. » Il regarda la seringue, fatigué par tant de questions répétitives.

« Et mon petit ami n'a plus à utiliser... ? » Mais elle s'arrêta soudain pour s'exclamer : « Aïe ! »

« Désolé, ma petite Bulma, mais apparemment, il est plus grand que le précédent. » Le docteur Maish lui avait incrusté l'implant dans le bras avec plus de force que d'habitude. Bulma put voir sur son visage un soupçon de moquerie et se demanda si la piqûre plus douloureuse avait été intentionnelle ou non.

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Après plusieurs semaines de voyage, il put enfin l'apercevoir. Même vue d'aussi près, la ceinture de Hurukla avait toujours la forme qui lui avait donné son nom. Une succession d'astres et de planètes lui donnait la forme d'une ellipse. Il se souvint de la dernière fois qu'il y avait été pour une réunion de colonels de l'Empire, de détestables lèche-bottes de Freezer qu'il aurait pu anéantir sans même penser à une attaque particulière mais il ne pouvait rien faire car le lézard le lui aurait fait payer. Il détestait aller à ces réunions. Freezer ne perdait jamais une occasion de lui rappeler qu'il n'était qu'un simple soldat à ses ordres, pourtant, le despote aimait se faire accompagner par lui et par Nappa pour étaler son pouvoir aux yeux de tous : il possédait le Prince des Saïyens lui-même dans ses rangs. Rien que d'y penser, cela lui retournait l'estomac.

Il atteignit Ilivorss, une planète alliée de l'Empire et demeure d'une vieille connaissance. "Si quelqu'un sait quelque chose sur ce qui se passe dans l'Univers, c'est bien lui.", pensa-t-il en fixant la file de planètes qu'il approchait.

Il atterrit aux abords de la capitale. Encore un atterrissage effroyable. Il savait qu'il avait dû être repéré par les radars mais dans la situation dans laquelle il se trouvait cela lui était indifférent. Il trouverait ce maudit troisième classe quoiqu'il arrive. Quand le reste du cosmos apprendrait que le Prince des Saïyens était toujours en vie, beaucoup réclameraient vengeance contre lui pour avoir exterminé leurs familles et leurs amis, pourtant ils devraient bientôt s'incliner devant lui parce qu'il serait le nouvel Empereur. Personne n'était plus fort que lui à part Kakarot qu'il devait trouver régler ses comptes et débarrasser son destin des indésirables.

Il descendit de son vaisseau s'attendant à tomber sur une patrouille de gardes mais il n'aperçut personne. Étonné, il se mit en route vers les remparts. Il n'apercevait aucun mouvement dans les parages. Il comprit qu'ici, près du noyau impérial, on saurait peut-être que le lézard était mort. L'immense muraille qui protégeait la majestueuse citée était ouverte. Il rencontra juste un soldat qui leva à peine la tête pour l'observer quelques secondes avant de se rendormir à son poste. Il continua à marcher jusqu'à être en vue du château, entouré de vaisseaux obsolètes qui semblaient être à l'abandon depuis des années. Toujours personne aux alentours. La cité semblait déserte, comme le vaste panorama qui l'entourait. Il entra par la porte principale et il resta en plein milieu du chemin quand un peloton de soldats en formation le dépassa sur le côté. Il ne faisait aucun doute que la situation était inquiétante et qu'elle était sûrement due à l'état de l'Univers. Il se sentit intrigué et continua à avancer.

« Eh, toi, soldat. », entendit-il derrière lui. Il se retourna et vit un guerrier de petite taille et chauve qui lui rappela inévitablement le nain de La Terre, mais avec une voix plus grave. Il portait des galons etVégéta en déduisit qu'il était plus qu'un simple soldat. Il avait l'air furieux et épuisé. « Pourquoi n'es-tu pas avec ta patrouille ? », lui demanda-t-il. « Ne sais-tu pas que nous sommes à un moment... »

Un rayon double de ki, réalisé avec deux doigts, le pulvérisa sur le champ.

Végéta se retourna pour poursuivre son chemin.

Il entendit des voix provenir de derrière une porte majestueuse, la porte qui menait au trône et au poste de commandement de la planète. Il s'arrêta pour écouter ce qui ressemblait à une dispute :

« Je ne vais pas laisser ce Cold me demander plus de guerriers ! » Il reconnut cette voix à l'instant, même s'il ne comprit pas très bien ce qu'il avait dit. Il avait trouvé celui qu'il cherchait et il se prépara à enfoncer la porte.

« Ce n'est pas Cold, Majesté, c'est Freezer qui le demande. », répondit une autre voix.

« Je ne suis pas dupe ! »

« Mais, Majesté, n'oubliez pas que... », essaya de dire un autre de ceux qui étaient présents.

Ils furent interrompus par une explosion. Végéta avait détruit l'entrée du trône avec une attaque qui fit trembler les fondations de la salle. Les personnes présentes se mirent en garde et ne purent distinguer qu'une ombre à travers la fumée des décombres.

« Qui es-tu ? Comment oses-tu faire cela dans ma salle du trône ? », demanda le roi à l'ombre qui s'approchait au milieu du désastre. Il s'était levé et était protégé par deux militaires, qui comme lui, regardaient sur leur garde. Du néant, il ne vit que deux lueurs se diriger sur ses protecteurs, les tuant sur le coup. Le roi resta debout, pétrifié, tentant de réaliser ce qui venait de se passer si vite.

« Je suis le Saïyen qui va te tuer. », répondit le prince en s'approchant de lui.

« Le Saïyen ? » A cet instant, une douleur intense dans sa jambe le fit tomber à genoux. Il se vit impuissant et pire encore, il n'avait plus aucun autre de ses soldats pour le secourir. Il regarda sa cuisse et y vit une blessure circulaire de laquelle le sang s'écoulait à gros bouillons. Sa respiration s'accéléra et une colère encore plus grande crût dans ses entrailles. Lui, Orcan, roi des Hibuts, allait tomber par la main d'un inconnu. Il savait que cela allait arriver et il maudit intérieurement Cold et Freezer, les uniques responsables du fait qu'il ne disposait pas de plus de soldats dans son royaume, maintenant pratiquement dépeuplé.

« Sois maudit ! Toi ! Qui es-tu ? », cria-t-il.

« Ne me dis pas que tu m'as oublié, Orcan, minable lèche-bottes ? La silhouette de l'homme s'approcha davantage. « Tu ne te souviens pas du Prince des Saïyens ? »

« Le Prince des Saïyens ? » Il voulut distinguer cet homme qui n'était déjà plus qu'à quelques pas de lui mais sa vision était floue. Il ferma avec force les yeux pour s'éclaircir la vue et enfin pouvoir voir celui qui, il l'avait compris à l'instant, allait être son assassin. Cette silhouette aux cheveux féroces ne pouvait être confondue avec aucune autre.

« C'est vrai ? », demanda-t-il croyant voir un fantôme devant lui. « C'est toi, Végéta ? »

« On dirait que tu vieillis, ta vue baisse. », ironisa le prince juste en face de lui. « Une chance que je sois là pour abréger tes souffrances dues à ton grand âge. »

« On m'avait dit que tu étais mort. » Il essaya de se relever avec les coudes mais Végéta lui envoya un autre rayon d'énergieà travers le corps qui le fit à nouveau hurler de douleur.

« C'était vrai mais après j'ai été ressuscité. » Il mit le pied sur la blessure mortelle au côté du roi, qui poussa un cri de douleur et se laissa tomber sous le poids. Le Saïyen fit un sourire amer et continua : « Dis-moi, Orcan, sais-tu quelque chose sur un autre Saïyen qui se déplace dans l'Univers ? »

« Tu viens m'interroger sur lui ou me tuer ? », demanda-t-il entre plusieurs gémissements. Sa voix ne trahissait cette fois plus aucune nervosité. C'était curieux comme l'imminence d'une mort certaine rendait certains hommes sereins. Végéta avait observé cela en maintes occasions.

Le Saïyen appuya plus fort la blessure. « Ne m'oblige pas à t'infliger une mort plus lente, idiot. », lui dit-il en s'inclinant vers lui. « Évidemment, je viens pour les deux choses à la fois. Personne d'autre que toi, un roi paresseux, inutile et qui fourre son nez dans tout ce qui ne le regarde pas, ne peut le savoir. »

Orcan cracha du sang avant de continuer. Il s'essuya avec sa cape et observa longuement Végéta.

« C'est toi qui l'as fait, n'est-ce pas ? », lui demanda-t-il.

« Non, ce n'est pas moi. », répondit Végéta sèchement. Il savait que la question faisait référence à la mort de l'Empereur. « C'est un autre Saïyen, bien sûr, aucune autre race n'aurait pu éliminer ce lézard inverti. »

« J'étais sûr que Freezer était mort ! Je le savais ! », s'exclama avec un soupçon de joie le roi. Un filet de sang commença à couler de la commissure de sa bouche.

Le Prince ignora l'exclamation du roi et continua ses questions : « Maintenant, dis-moi, as-tu entendu parler d'un de mes semblables puissant comme personne ? Sais-tu quelque chose ? »

« Si j'ai entendu quelque chose ? », répéta d'un ton moqueur le monarque. « La situation de l'Univers est chaotique, Végéta, il y a constamment des ordres de mouvements de troupes et les rumeurs circulent mais... » Il se détourna un instant pour prendre de l'air. Il poursuivit : « Mais personne n'est sûr de rien. » Il s'arrêta de nouveau pour fixer encore plus intensément le prince. « Tu pourrais être le nouvel empereur ! », cria-t-il en se forçant à sourire.

Végéta rit et croisa les bras.

« Bien sûr que je le serai, idiot. Je suis le plus fort de tous, mais avant, je dois retrouver ce Saïyen. »

« Tu veux le retrouver pour le vaincre, n'est-ce pas ? Parce qu'il a tué Freezer à ta place. », reprit Orcan toujours à terre sous la botte de Végéta. Ce dernier n'était pas surpris par la perspicacité du roi des Hibuts, toujours assez rusé pour profiter de la moindre occasion pendant les réunions pour proposer un marché qui lui convenait. Le monarque continua à parler : « On dit qu'il existe quelques Saïyens sur les planètes limitrophes, est-ce que par hasard tu serais passé par l'une d'entre elles ? », demanda-t-il intrigué. Voyant l'air pensif du prince il essaya de sauver sa peau : « Je peux t'aider, Végéta ! Je te donnerai même ma fille, si tu veux ! »

Le prince ricana : « Ne me fais pas rire, Orcan, ta fille, tu dis ? C'est le meilleur que tu aies à m'offrir ? » En aucune façon, il n'allait se laisser convaincre et surtout pas avec ces artifices.

Il se souvenait de la fille d'Orcan, une jeune qui le poursuivait inlassablement surtout après avoir eu son unique relation sexuelle avec lui.

Le monarque, rusé et désespéré, ignora les insinuations de Végéta sur l'honneur de sa fille et changea de stratégie : « Je connais les autres familles, tu le sais bien, à nous tous nous pourrions vaincre... » Mais il fut interrompu avant de nommer Cold.

« Comment peux-tu imaginer que je compterais sur vous pour cela ! », cria avec exaltation le prince. « Je suis l'héritier du trône de Vegetaseï ! Planète que vous avez laissée de côté, toi et les autres ordures ! » A ce point, il était tellement penché sur la figure du monarque, qu'il pouvait sentir son haleine. « Vous auriez pu le vaincre avant qu'il devienne quasiment invincible ! »

Le silence s'appesantit dans la pièce pendant quelques secondes. On n'entendait plus que les fortes respirations des deux hommes, la respiration haletante du monarque et celle, furieuse, de Végéta. L'homme à terre fut celui qui parla, non sans un sourire mauvais. Il savait qu'il allait mourir des mains de ce prince maudit, de ce jeune qui accompagnait Freezer aux réunions et qui restait dans l'ombre avec une expression de rage contenue. Il avait toujours su que l'héritier haïssait le Lézard, tous en étaient conscients, surtout l'empereur, qui, avec sa cruauté habituelle, l'obligeait à l'accompagner tout en sachant que tous les autres savaient qu'il avait été celui qui avait exterminé sa race et détruit sa planète. Avoir le Prince des Saïyens comme simple laquai était quelque chose d'enviable aux yeux de beaucoup de monde. « Il n'a pas été pire que ton père. »

Ce furent ses derniers mots.

Végéta sortit du château non sans avoir avant, désintégré tous les vaisseaux et le soldat fainéant de la porte.

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« Le film t'a plu ? »

La jeune femme bailla avant de répondre. « Oui, oui, c'est juste que j'étais fatiguée. » Elle s'accrocha encore plus fort à la taille de son petit ami pendant qu'ils marchaient vers la voiture. Il rit en la revoyant endormie dans la salle de projection, avec cette nouvelle coiffure tellement volumineuse qu'elle provoquait les plaintes des rangées de derrière.

« Tu ne devrais pas travailler autant, Bulma, maintenant que j'ai un travail, tu devrais arrêter de... »

« N'essaie même pas d'insinuer que je devrais arrêter de travailler juste parce que tu as un emploi, Yamcha. », lui dit-elle, le regard perdu à terre devant elle. « Ne sois pas ridicule. »

« Oui, mais si nous nous marions, j'aimerais t'avoir plus de temps à la maison et... »

La scientifique s'arrêta brusquement : « Nous marier ? », demanda-t-elle en regardant ses yeux noirs.

Le guerrier se caressa le menton. Il était nerveux parce qu'il avait cette idée en tête depuis un moment, par contre, Buma ne s'était pas exprimée sur le sujet depuis quelque temps et cela l'étonnait. Elle avait toujours fait des allusions à son intention d'avoir des enfants et de se marier mais récemment, elle ne disait plus rien sur le sujet et cela le perturbait, pour ne pas dire que cela l'inquiétait. Il était vrai qu'ils n'étaient pas dans les meilleurs jours de leur relation car ils se disputaient plus qu'à la normale mais ils s'aimaient et c'était le plus important. « Bon, on commence à prendre de l'âge, non ? Et tu m'as toujours dit que tu voulais qu'on se marie et... »

« Tu me demandes de me marier avec toi, Yamcha ? »

Son petit ami ne distinguait aucune émotion dans son regard et cela le rendit encore plus nerveux. « C'est que, il n'y a pas de femme mieux que toi, Bulma. » Il en était persuadé. Il avait pu connaître beaucoup de femmes et il arrivait toujours à la même conclusion : elle était la seule qui comptait pour lui.

Cette flatterie dans les paroles de son petit ami réussit à dessiner un franc sourire sur ses lèvres. « Oui. », répondit Bulma.

« Oui à quoi ? », demanda-t-il, stupéfait. « Oui à ce qu'il n'existe pas de femme mieux que toi ou oui à notre mariage ? »

Un petit rire lui monta à la bouche. « Oui aux deux choses, idiot ! » Et elle le prit dans ses bras avant de lui donner un baiser passionné, s'accrochant à lui comme pour mieux se persuader qu'elle ne se trompait dans sa décision.

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Il lui restait un mois. Pile la moitié du temps depuis qu'il était parti de Ilivorss en rasant tout sur son passage. Il n'avait pas pu trouver Kakarot et il ne lui restait qu'un seul endroit où il savait que le fils de Bardock devrait revenir : La Terre. Il ne savait même pas quand il y serait où s'il s'y trouvait déjà. Le pire était que s'il n'y était pas, il serait obligé de l'y attendre et il savait où : avec la femme bizarre aux cheveux turquoise et sa famille de fous. Il se leva du matelas et se mit à reprendre sa série d'exercices à la barre fixe plantée dans la paroi et d'où pendait l'horloge qui marquait onze heures et demi.

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Elle monta à sa chambre après avoir laissé sa mère toute éperdue d'émotion par la nouvelle. Depuis le départ des Nameks, plusieurs mois auparavant, elle essayait de se distraire et cela servirait à la tenir occupée pendant toute l'année qu'on s'était donnée pour préparer l'évènement.

Cette nuit, elle dormait seule dans sa chambre. Yamcha l'avait appelée une demi-heure plus tôt pour lui dire qu'il ne viendrait pas car il faisait la fête avec ses amis de Kame House car enfin ils allaient se marier. Bulma avait voulu venir mais il l'avait prévenu que c'était une fête d'hommes et que le maître Roshi et Oolong divaguaient déjà à cause de l'alcool.

Elle se retournait dans son lit. Comme toujours, elle avait du mal à s'endormir, et ce jour-là, plus que jamais. Elle venait de s'engager avec Yamcha, son petit ami de toujours, l'unique homme qu'elle avait connu et son premier amour. Elle ne doutait pas qu'il l'aimait. Il aimait plaisanter avec d'autres, oui, mais elle aussi cela l'amusait de faire de même avec des personnes du sexe opposé. Il croyait que c'était cela qui provoquait ces changements d'humeur de plus en plus accentués chez la scientifique mais il était évident qu'elle se sentait de moins en moins attiré par son fiancé. Et cela l'effrayait au plus haut point car ils avaient passés de nombreuses années ensemble. Ils étaient tous deux jeunes et beaux et Bulma adorait que les hommes la remarquent. Elle croyait tenir cela de sa mère car elle avait toujours vu sa mère faire des coquetteries et regarder effrontément les hommes beaux. Elle ne se gênait même pas avec Yamcha dans sa maison. Elle l'avait déjà fait avec Goku et avec Végéta.

"Végéta...", se dit-elle. Elle sortit de son lit et se dirigea vers le balcon. "Où est donc cet homme dément ? " Cela faisait des mois qu'il était parti et quelques fois, elle repensait au prince, puis ensuite s'inquiétait. Son visage renfrogné la désespérait et l'amusait en même temps. Il était rude et réservé, pourtant, il y avait des choses chez lui qui étaient admirables, comme sa détermination à être aussi fort ou même à dépasser Goku. Elle aimait son côté têtu, même si ensuite elle se mettait en colère en se rappelant la façon méprisante qu'il avait de traiter tout le monde, ou au moins elle, parce pendant son séjour chez elle, il ne s'était adressé à la scientifique que quand il avait des exigences. Elle n'avait pas oublié la façon dont il lui avait agrippé le visage ce fameux soir et comme il avait été près de perdre le contrôle avec elle, près de vraiment lui faire du mal. "Je l'avais acculé.", se dit-elle amusée et fière. Il ne pouvait pas être aussi mauvais qu'il voulait bien le faire croire. Le prince exhalait une aura de souffrance qu'il dissimulait derrière un dédain étudié, un vide intérieur et de la méfiance. Son orgueil, par contre, était indubitablement naturel, mais c'était peut-être la seule chose à laquelle il avait pu se raccrocher au milieu de tant d'horreurs. « Il ne peut pas être si mauvais que ça... », répéta-t-elle avant de réagir : « Je suis en train de devenir comme ma mère ! », s'exclama-t-elle, horrifiée par cette idée. Elle pensa aux nombreux êtres terriblement mauvais qu'elle avait rencontrés, tous, mûs par l'ambition. « Il souhaite juste être meilleur que Goku », voulut-elle se convaincre. « Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il a sûrement d'autres qualités bien supérieures, par exemple, il est remarquablement intelligent. », dit-elle à voix haute en regardant les étoiles. On aurait dit qu'elle conversait avec elles. Et elle ne rencontrait pas souvent des gens à sa hauteur. Elle sourit en se souvenant de l'incident de la cuisine et rectifia son raisonnement : « Mais si, ce gros crétin sait qu'il est malin. » Tout de suite, elle se fâcha à nouveau parce que pendant ce bref instant, surtout quand elle s'était approchée de lui, il s'était passé quelque chose, quelque chose qui l'avait perturbée et elle était sûre que lui aussi l'avait remarqué. En se rendant compte qu'elle pensait trop à l'orgueilleux prince, elle soupira, furieuse, avant de retourner à son lit. Sur le réveil de la table de nuit, on pouvait lire l'heure : il était onze heures et demi. Elle se coucha avec une sensation douce-amère en pensant à son cher Goku et aux aventures qu'il était en train de vivre pendant qu'elle restait ici, à attendre la seule chose intéressante qui pouvait lui arriver : son mariage. Un peu plus d'un an en arrière, cela lui aurait paru merveilleux. Maintenant, non.

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L'indicateur d'approche l'arracha à son sommeil. Son sifflement intermittent, qui durant tout le périple à travers l'espace lui avait paru plein d'espoir, éveillait maintenant seulement une envie folle de détruire le maudit appareil. Il était déjà près de la Terre. Il se pencha à un des hublots et il put voir cette immensité blanche et bleue. Découragé, il régla sa trajectoire pour atterrir juste dans la résidence des humains et il mit aussi les harnais de sécurité, non sans avoir enfilé avant son armure brisée. Il fallait qu'il soit prêt au cas où Kakarot se trouverait déjà sur cette planète. Sinon, il avait décidé qu'il resterait dans la maison de famille de la scientifique pour l'attendre et se préparer à une bataille à mort quand le troisième classe se présenterait. En fait, il y avait même une chambre pour lui avec tout le confort imaginable. L'humaine lui fabriquerait plus de robots. Il serait obligé de l'entendre râler et il devrait même passer un quelconque marché avec elle pour qu'elle les lui fasse, bien qu'il détestait ça. Un rire aphone s'échappa de ses lèvres.

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Elle avait invité chez elle quelques-uns de ses amis de Kame House pour célébrer de façon informelle son futur mariage. Ils s'étaient réunis sur le balcon d'un des salons de l'étage et Oolong et Puar profitaient d'un appétissant goûter. Yamcha avait passé une nuit divertissante avec eux mais il voulait qu'ils voient Bulma et la félicitent également. En plus, la jeune femme lui avait clairement fait comprendre qu'elle n'avait pas apprécié de ne pas pouvoir participer à cette soirée plusieurs semaines auparavant étant donné qu'ils étaient amis même si elle était la seule femme du groupe. On pouvait dire que Chichi en faisait également partie, pourtant ils n'avaient jamais été très intimes et en plus la femme de Goku était devenue très casanière depuis son mariage.

« Alors vous allez vous marier, hein ? », demanda Oolong en se servant un verre de thé glacé.

« Eh bien, ce n'est pas encore décidé mais... », commença à dire Bulma, plus très sûre d'avoir prononcé ces paroles.

« Comment ça "ce n'est pas décidé" ? » Yamcha sauta de sa chaise comme mû par un ressort.

Le jeune femme voulut en atténuer l'importance en s'asseyant tranquillement sur la rambarde du balcon : « C'est que nous n'avons encore rien décidé, bon sang, c'est cela que je veux dire, nous n'avons pas encore de date, ni rien de ce genre. »

Son fiancé parut un peu rassuré par l'explication et retourna s'asseoir. Bulma était insupportablement bizarre depuis qu'ils avaient parlé du mariage et cela le bouleversait. A sa connaissance, elle avait toujours souhaité se marier et il avait cru que sa demande lui ferait grand plaisir. Ce dont leur relation avait besoin c'était d'un pas en avant et il n'y avait rien de mieux que le mariage pour redresser la situation. Il voulut changer de sujet et d'attitude : « Vous ne trouvez pas que nous sommes trop tranquilles en ce moment ? » Sa remarque était pleine d'ironie. Les autres rirent.

« Oui, depuis Garlick et depuis le départ de l'orgueilleux prince, nous sommes très tranquilles. », commenta Puar en sirotant son rafraîchissement.

« Les amis, il n'y a rien de mieux que cette paix. », répéta, jovial, Yamcha.

« Je me demande ce que devient Végéta. », dit innocemment Bulma. « Nous n'avons aucune nouvelle. »

« J'imagine qu'il est toujours en train de chercher Goku à travers l'espace pour l'affronter. », fit son fiancé, en serrant son verre glacé.

« Mais quel type obstiné ! », s'exclama Oolong, s'immisçant dans la conversation.

« A y réfléchir, il n'est pas si mauvais... »

Cette dernière phrase de Bulma mit Yamcha en colère : « Comment ça ? As-tu oublié qu'il nous a volé le vaisseau spatial ? » Il avait décidé depuis quelque temps d'oublier que sa propre petite amie l'avait logé et même devant cette absurde provocation de la scientifique et devant ses amis, il préféra mettre en avant le vol comme s'il s'agissait de l'unique crime que le maudit prince des Saïyens avait commis depuis son arrivée sur Terre.

« Bien sûr que non », répondit calmement la jeune femme, « mais cette volonté qu'il a de battre Goku, c'est tout à son honneur... » Et elle descendit de la rambarde, apaisée, convaincue de ce qu'elle venait de dire.

Ceci déconcerta l'ancien bandit de grand chemin pendant un instant. Que voulait dire sa fiancée avec cette affirmation ? Essayait-elle de lui jeter cela à la figure parce qu'il ne réalisait pas ses désirs ? "C'est incroyable !", pensa Yamcha. Elle insinuait qu'elle admirait cet odieux personnage ? Que pour une certaine raison elle considérait vraiment qu'il n'était pas aussi mauvais que l'ensemble des êtres vivants de l'Univers le croyait dur comme fer ? Ou alors ce n'était pas à Goku qu'elle pensait la nuit en regardant les étoiles ? Il se leva à nouveau de la chaise et appuya ses mains sur la table :

« Bulma ! Que veux-tu dire par là ? »

Oolong, à ce moment-là, voulut sortir une blague : « Voyons, Yamcha, on dirait que tu es jaloux. »

Le guerrier réagit instantanément pour sortir de ce faux-pas avec un peu de dignité. Il ne pouvait pas les laisser croire une telle absurdité : Bulma ne pouvait pas apprécier cet assassin, cet homme qui avait donné l'ordre de le tuer sans le moindre signe de remord ou de regret. Il s'assit au fond de sa chaise mais un frisson lui parcourut tout le corps. "Ou peut-être que si ?", pensa-t-il stupéfait.

Madame Brief le sortit de ses sinistres pensées en s'adressant à sa fiancée :

« Ton père dit qu'il y a longtemps qu'il a dû finir son carburant. »

Et comble de tout, Bulma se tourna pour regarder le ciel, un geste auquel Yamcha s'était habitué mais qui, maintenant, fut très révélateur : « Oh non ! », s'exclama la jeune femme avec inquiétude. « Il est peut-être en danger... »

Tous gardèrent le silence, percevant que quelque chose allait mal. La mère de Bulma fut la première, encore une fois, à rompre le silence : « Bon, je vous laisse, les enfants. Je vais porter un peu de thé à mon mari dans son laboratoire. » Et elle se retourna, essayant de dissimuler un petit sourire, qui était apparu sur ses lèvres.

« Nous aussi, nous devons y aller. N'est-ce pas, Oolong ? », ajouta Puar, regardant d'un air complice son ami porcin avant de terminer : « Je t'attendrai dehors, Yamcha. »

« Eh ? Ah, oui, oui, nous ferions mieux d'y aller. » Et il sortit littéralement en courant à la suite du chat volant.

Une fois seuls, Yamcha ne put dissimuler sa colère : « Bulma, on pourrait savoir ce que tout cela signifie ? », lui demanda-t-il très visiblement vexé.

La scientifique se tourna pour le regarder. « De quoi parles-tu ? » Réellement, on aurait dit qu'elle ne voyait pas du tout ce qu'il voulait dire.

« Tout, Bulma, tout ! », cria son fiancé en écartant les bras. « Ton 'c'est tout à son honneur' ! Sans oublier ton inquiétude pour ce mercenaire de l'espace ! »

« Il est resté vivre chez moi pendant des mois, Yamcha, je ne vois pas ce qui t'étonne. », répondit la jeune femme en gardant sa pose. « Je trouve en plus que tu as oublié très vite ce détail... » L'atmosphère de méfiance pouvait se sentir dans l'air.

« Mais pourquoi tu me sors ça, maintenant ? », lui demanda-t-il encore plus stupéfait. Elle avait réussi à le rendre nerveux, retournant la situation en insinuant qu'il avait fait quelque chose après avoir appris qu'elle avait offert l'hospitalité au prince, quelque chose de mal qui l'aurait obligé à oublier l'outrage de l'asile donné au Saïyen.

« Je dis juste que pour quelque chose d'aussi grave que ça, tu l'as oublié trop vite et je ne comprends pas pourquoi. » Elle s'arrêta pour s'approcher de lui. « C'est vrai ce qu'a dit Oolong ? Tu es jaloux ? » Son regard ne trahissait pas la moindre nuance de moquerie, seulement de la sévérité, une sévérité qui dernièrement imprégnait tout ce qu'elle faisait ou disait. "Quand notre relation nous a-t-elle échappé ?", se demanda son petit ami avec amertume.

« Bulma, est-ce que tu ne veux pas te marier avec moi ? »

Il ne put pas entendre la réponse. Un fracas épouvantable provenant du jardin interrompit la conversation. Après que le nuage de poussière soit retombé, ils purent apercevoir le vaisseau de Capsule Corporation, le même que Végéta avait volé huit mois auparavant. Il regarda sa fiancé pour voir sa réaction et elle restait toujours aussi calme, avec une apparente tranquillité qu'il ne put pas déchiffrer. Elle ne quittait pas des yeux la capsule de gravité. Elle se tourna pour aller à la rencontre du Saïyen mais Yamcha la devança. Du ciel apparut Puar, l'air terrifié, qui l'accompagna dans sa course.

« Le voleur du vaisseau est revenu ! », entendit-il dire Madame Brief, qui, sur son chemin vers le laboratoire, était tombée sur cette scène de désastre.

Yamcha attendait que la porte s'ouvre. Du coin de l'œil, il put voir arriver à ses côtés Bulma, qui était descendue au jardin sans se presser et avait les mains sur les hanches, dans une pose très détendue.

Après quelques secondes d'attente pleine de tension, la rampe d'accès s'abaissa.

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(1) Acte 1, Scène 1 de Othello de William Shakespeare, traduction en français de François-Victor Hugo.

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Pardon, pardon, pardon pour le retard ! Ça m'apprendra à vous promettre monts et merveilles ! Snif, je me suis laissée kidnapper pour une semaine et quelques à la campagne et voilà... ^^ Rassurez-vous, ça n'arrivera plus, je suis de retour entre mes quatre murs, snif...

Bon, le prochain chapitre sera beaucoup plus intéressant à traduire puisque ça y est, Végéta est de retour !

Vous avez vu, Dramaaa, l'auteur de cette fic a posté une review où elle vous passe un petit coucou. Elle est très contente de voir sa fic traduite et surtout de lire vos reviews ! (Hum... et moi aussi !)

J'ai vu dans les statistiques qu'il y avait des lecteurs très loin de l'Europe, c'est émouvant ! (Djibouti, Algérie, Canada, etc...)

Merci de lire cette fiction et de vos gentilles critiques ! ^_^

Dimitrova (traductrice)