Sur le Toit
Auteur : Dramaaa
Traduction de l'espagnol : Dimitrova
Chapitre 7
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« Piccolo, attends ! », l'appela Goku en arrière. Le Namek réduisit sa vitesse de vol pour savoir ce qu'il voulait, même s'il le devinait déjà car depuis leur envol, Goku semblait nerveux, comme s'il voulait poser une question et il savait ce qui devait passer par la tête du Saïyen.
Il lui jeta un coup d'oeil pour lui signifier qu'il avait toute son attention. « Je voulais te parler avant d'arriver chez moi. », lui confia-t-il en vérifiant par dessus son épaule que Gohan était assez loin en arrière.
« Si tu as l'intention de me parler du secret de la naissance de ce garçon, je te préviens que cela ne m'intéresse absolument pas. », fut la remarque cinglante qui sortit de sa bouche verte.
« Hein ? » Goku ne comprenait pas comment Piccolo avait pu deviner son intention. Il insista : « Mais tu ne trouves pas ça incroyable qu'il soit le fils de ... ? »
Il ne le laissa pas terminer sa question : « Je t'ai dit que ça ne m'intéressait pas. »
« C'est que je n'arrive pas à comprendre comment Bulma et Végéta... » Et il s'interrompit pour y réfléchir pour la centième fois depuis la fin de sa conversation avec ce mystérieux jeune garçon. « Je n'arrive pas à comprendre, vraiment, c'est sûrement venu de Bulma, vraiment, parce que je n'imagine pas Végéta... » Il éclata de rire soudain, avant de continuer : « C'est vrai, je n'ai jamais courtisé Chichi et elle se plaint toujours qu'il faut savoir comment traiter une dame et d'autres choses encore plus bizarres. »
A nouveau, il fut interrompu : « Je suppose que les femmes doivent être le point faible des Saïyens. »
Son ami rit en continuant à voler. « Oui, mais de Végéta ? »
Piccolo en resta sans voix. Évidemment, lui aussi avait été surpris par la révélation du secret de ce jeune homme. Il donnait l'impression d'être un gamin timide et noble, et malgré ses dénégations, Piccolo y avait repensé de nombreuses fois depuis la révélation. « Comment était-il possible que l'union de deux êtres aussi puissants et autoritaires, orgueilleux et vaniteux, puisse donner un garçon aussi normal avec, qui plus est, des qualités admirables ? », se demandait-il depuis. A sa connaissance, il fallait que les deux corps s'assemblent pour créer la vie à l'intérieur du corps maternel. Et en général, il fallait qu'il existe une attraction des deux corps, similaire à celle de deux aimants. Rien que de l'imaginer, cela lui donnait envie de se taper la tête contre les rochers. Il ne comprenait pas les humains. Il ne comprenait pas les Saïyens. Il n'avait jamais pu les comprendre et cette nouvelle lui coupait à jamais toute envie de ne serait-ce qu'essayer.
Devant le silence de son ami vert, Goku continua ses élucubrations : « D'après ce que m'a dit ce garçon, il est né avant l'arrivée des cyborgs, ce qui veut dire... » Il réfléchit attentivement essayant de calculer et cherchant également le mot juste, « Ils... ils ont dû faire... »
« N'essaie même pas de le dire. » Pour lui, un Namek, le sexe dépassait toute logique mais malgré tout, ce qu'il sous-entendait l'incommodait terriblement.
« Ils doivent le faire pendant ces trois ans parce qu'apparemment Végéta va mourir, mourrait ou... » Il s'arrêta en plein vol sans s'en rendre compte. « Ce truc de changer le futur est trop compliqué ! Maintenant je ne sais plus si Végéta est mort, mourra ou s'il n'a jamais existé ! », s'exclama-t-il pensif en se caressant le menton.
« De quoi vous parlez ? » Gohan les avait rejoints quand Goku avait fait cette pause en vol en se mélangeant dans les temps des verbes.
« N'essaie même pas de faire quelque chose pour que cela arrive. », ordonna d'un ton cassant Piccolo à son ami.
« Mais je ne pensais rien faire. », mentit Goku.
« De quoi parlez-vous ? », insista son fils.
« Si tu t'en mêles, le futur changera et cet enfant ne naîtra jamais. », précisa le Namek.
« Mais de quoi parlez-vous ? » Pour Gohan, ce qu'ils disaient était totalement décousu.
Après quelques instants de réflexion, Goku parut convaincu : « Sois tranquille, je ne ferai rien. » Et il en était vraiment convaincu. Ce serait dommage de modifier le futur et que ce gamin qui les avait sauvés ne naisse pas. "Mais Bulma et Végéta ?" Rien que d'y penser, il voyait l'image de deux météorites se heurtant dans l'Univers.
Il sourit et reprit son vol vers sa maison. Il oublia tout en se souvenant de sa femme et de la délicieuse cuisine qu'elle lui préparerait sûrement pour son retour, après les avoir réprimandés, lui, pour avoir tant tardé à revenir sur La Terre, et Gohan, pour être sorti de la maison sans donner d'explication. Il ne put s'empêcher de déglutir en imaginant dans quelle humeur serait Chichi.
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« Hein ? » La remarque de la scientifique semblait avoir arraché le petit guerrier à ses pensés. « Qu'est-ce que tu as dit ? »
« J'ai dit que ce garçon mystérieux est très beau. », déclara la jeune femme sans cesser d'admirer le nouveau venu.
« Je ne sais pas. », répondit perplexe le guerrier en posant un regard pensif sur le jeune aux cheveux lilas. « En fait, je n'y connais rien en hommes. »
« Eh bien, il me parait très mignon. » Et elle lança un sourire coquin au gamin qui les regardait de loin assis sur une pierre. "Et timide !", se dit-elle en remarquant que le garçon mystérieux devenait rouge de honte. Mais Krilin ne paraissait pas passionné par cette conversation car il s'assit, soupira et ferma les yeux.
Le silence s'était imposé pendant les deux heures et quelques qu'ils avaient à attendre ici et elle détestait le silence. Quand Gohan s'approcha de Piccolo et qu'ils se mirent à parler entraînement, elle se décida enfin à reprendre sa conversation avec son ami de petite taille mais cette fois, au sujet du prince :
« Comme Piccolo, Végéta n'arrête pas de s'entraîner. Même ce matin, j'ai cru qu'il allait aller s'entraîner dans les montagnes vu que la chambre de gravité est complètement hors d'usage depuis son retour de l'espace. »
« J'imagine qu'il est obsédé par l'idée de vaincre, Goku, non ? », supposa Krilin. Et il poursuivit : « Bon, tu sais bien à quel point il est orgueilleux, tout ça parce qu'il était un prince. », ajouta-t-il en regardant le Saïyen.
Bulma, qui observait aussi l'impassible Végéta, remarqua quelque chose : « Ecoute, tu ne trouves pas qu'ils se ressemblent ? »
« De qui tu parles ? », demanda Krilin.
« Je parle de ce garçon et de Végéta, regarde bien, ils se ressemblent beaucoup. », dit-elle, ses yeux allant du prince au jeune garçon et vice-versa.
« Tu trouves ? » Le combattant chauve imita Bulma, ses yeux dansant du garçon au prince. « Mouais, peut-être, mais leurs caractères sont complètement différents. » Et cette affirmation se vérifia peu après quand le regard des deux Saïyens se croisèrent et que le prince ouvrit enfin la bouche :
« Qu'est-ce que tu regardes ? », lança-t-il au jeune garçon, qui baissa les yeux au sol. « J'ai quelque chose sur la figure ? » Et il poursuivit, laissant clairement apparaître son exaspération : « Si tu était vraiment un guerrier Saïyen, mon apparence ne devrait pas t'étonner, non ? »
« Oui. », murmura Bulma à Krilin en retenant son envie de crier à Végéta qu'il était grossier.
« Leur caractère est définitivement différent. »
« Ecoute, Bulma. », chuchota son ami chauve, « je sais que ce n'est pas le moment mais comment ça va entre Yamcha et toi ? » Ils étaient là depuis presque une heure, dans une étendue désertique au milieu de nulle part, entourés de pierres et l'ambiance était étouffante. C'est à peine s'ils dialoguaient entre eux, essayant de réaliser ce qui venait de se passer : Freezer avait été vaincu en moins de cinq minutes par ce gamin énigmatique et silencieux. Sans parler que la présence sur place du Prince de Saïyens continuait à provoquer chez eux une certaine crispation, quoique atténuée par son accoutrement. Quant à la seule personne qui n'était pas inquiète de la présence du cruel Saïyen, c'est à dire Piccolo, il n'avait jamais été un moulin à paroles.
« Eh bien... » Elle ne savait pas par où commencer. "Où en est ma relation avec Yamcha ?", se demanda-t-elle. « Ça va, Krilin, c'est juste que parfois... » Et elle regarda le sol en essayant de clarifier les choses, plus pour elle-même que pour son ami.
« Vous désirez un autre rafraîchissement ? » C'était le jeune aux cheveux clairs. Il s'était levé pour leur offrir une autre boisson.
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L'eau était froide. Il ne pensa même pas à enlever cet horrible accoutrement terrien avant de plonger. Il se laissa simplement tomber après avoir volé un long moment, tellement long qu'il avait presque fait le tour de la planète. Il se laissait porter par les vagues de l'océan, qui semblait aussi furieuse que son âme et il regardait les étoiles qui commençaient à apparaître. Il s'était passé tellement de choses ce jour qu'il avait besoin de temps pour tout récapituler.
"Qui était celui qui accompagnait Freezer ? Son père ? J'ai bien entendu ?" Il n'arrivait pas à y croire. Il avait passé la majeure partie de sa vie enchaîné à ce lézard et jamais il n'avait entendu parler de son père, surtout d'un père plus fort que lui. Il se rappela que cette canaille d'Orcan avait suggéré que quelqu'un d'autre tirait les ficelles de l'Univers, il se souvint même des paroles confuses qu'il avait dit avant que la porte du trône ne vole en éclats, mais jamais il n'avait imaginé qu'il s'agissait du père de Freezer. Cela ne lui avait même pas traversé l'esprit qu'il puisse avoir un père. C'était peut-être vrai alors que le vrai pouvoir restait dans l'ombre, là où personne ne le voyait. "Et qui possède le pouvoir maintenant dans l'Univers ?" Apparemment, le clan du lézard était tombé et personne ne pourrait le relever, "à condition qu'il n'y ait pas quelqu'un d'autre derrière Cold, évidemment." Cette hypothèse lui paraissait peu probable. Il pensa qu'une guerre pour le contrôle du cosmos allait éclater, dès qu'on apprendrait la mort de Cold. Il fallait s'attendre à voir apparaître à tout instant des troupes impériales ou celles d'une quelconque famille venues vérifier la mort du père de Freezer. "Le savaient-il ? Connaissaient-ils l'existence du père ?", se demanda-t-il. Tant de choses lui échappaient qu'il se sentait maladroit et un peu perdu. Une seule chose était claire, c'est qu'il y aurait une lutte pour le pouvoir. "Oui.", se dit-il, "les familles devront s'affronter maintenant qu'aucune d'entre elles ne surpasse les autres. Je pourrais régner sur toutes." Un Saïyen, comme cela avait toujours été. Un Saïyen dirigeant l'espace, que tous craindraient, devant lequel tous s'inclineraient. Le Prince Végéta, ainsi que cela aurait dû être. Le seul capable de vaincre ceux qui oseraient changer l'ordre des choses, comme l'avait fait Freezer, plusieurs années auparavant. Et encore une fois, la question qui le tourmentait le plus lui revint en tête : "Pourquoi sur cette planète sans intérêt surgissaient des êtres aussi puissants ? Kakarot, son fils, ce jeune énervant, et maintenant des cyborgs créés par un esprit originaire de cette même Terre." Cela, oui, le mettait hors de lui. "Qu'a donc cette planète pour que Freezer lui-même y ait trouvé la mort ?", s'interrogeait-il encore et encore.
Mais le lézard n'avait pas été vaincu de sa main. « Maudit sois-tu, Kakarot ! Maudit sois-tu un million de fois ! », cria-t-il au ciel bleu nuit. Et maintenant, quand il aurait pu se venger, quand il aurait pu se mesurer à nouveau à la bête blanche et rétablir l'ordre du monde, apparaissait un jeune aux cheveux lilas qui l'éliminait en moins d'une minute. « Avec une simple épée ! », s'exclama-t-il, furieux. "Qui était-il ? Qui ? Qui était ce gamin et pourquoi pouvait-il se transformer en super-saïyen ?" Encore cette question qu'il s'était posée des milliers de fois depuis qu'il avait quitté cet endroit rocailleux, abandonnant sur place tous les terriens. Sa colère était si grande qu'il dût ravaler les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux. Il serra les poings et remarqua que l'eau était moins froide à cause de la chaleur qui émanait de son corps et de la fureur contenue qui voulait sortir de son intérieur.
Il enleva ses chaussures et les jeta à la mer avec indifférence et commença à plonger. L'eau froide lui avait toujours fait du bien. Cela avait été une rude journée. Trop d'émotions, trop d'interrogations sans réponse. Au loin, il aperçut un bateau, sûrement un bateau de loisir pour humains. Il retint son envie de le détruire d'une attaque. Son apathie prit le dessus. Il se sentait faible. Faible et dégoûté de lui-même. « Pourquoi sont-ils plus forts ? Pourquoi ? » Il avait à nouveau adressé ses questions au ciel. Encore une fois, sa gorge se nouait. Il replongea sous l'eau et nagea quelques minutes. Il enleva cette stupide chemise rose que l'humaine lui avait fournie et la regarda dériver au loin. Il s'allongea sur l'eau et regarda les étoiles. Après quelques instants de respirations profondes, il se calma. C'était curieux comme la contemplation des étoiles parvenait toujours à le calmer. Il l'avait fait quelques fois depuis son arrivée sur Terre. Chaque fois qu'il ne pouvait pas s'entraîner ou qu'il se sentait trop fatigué, il montait sur le toit de cette maison, s'allongeait sur le matelas et regardait simplement les étoiles. Cette planète ne possédait aucun satellite qui puisse le convertir en ozaru et grâce à cela, le cosmos brillait de mille feux. Les lumières de la ville dans laquelle se trouvait cette résidence de fous privaient de profondeur ce ciel nocturne et c'était dommage.
Soudain, l'un des millions de scintillements qu'il pouvait contempler le fit sursauter et changer de position dans l'eau. « Vegetaseï ! », s'exclama-t-il. "Depuis cette planète si éloignée, je peux la voir !", se dit-il. Et pour la première fois depuis son arrivée dans ce monde, il se réjouit d'être là. Il refit le calcul stellaire. Si, aucun doute, c'était bien sa planète natale. Et soudain, une sensation le traversa de part en part. Il ressentit ce qu'il éprouvait chaque fois qu'il repensait à sa planète mais au centuple devant l'éclat de son monde. Un mélange de joie et de tristesse l'inonda comme tant de fois en se rappelant ses origines. Ses forces lui revenaient. Sa respiration reprit de la vigueur et il s'emplit d'énergie à l'instant. C'en était assez de se lamenter. Assez de doutes sans réponse. « Je suis le Prince de Vegetaseï ! », cria-t-il en s'élevant dans les airs et en provoquant un brusque mouvement ascendant des eaux. "Je me préparerai !", se disait-il sur le chemin de la maison des terriens. "Je me préparerai pendant ces trois ans si durement que j'anéantirai ces cyborgs, j'affronterai Kakarot, je détruirai cette minable planète et je régnerai enfin sur l'Univers." Comme cela aurait toujours dû être. Comme cela n'aurait jamais dû cesser d'être.
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« Tiens, Yamcha, une boisson. »
« Je n'ai pas soif, Bulma. », répondit-il sans enthousiasme, repoussant la canette de devant son visage. « Pourquoi tu ne la lui offres pas à lui ? », demanda-t-il en regardant Végéta.
La scientifique soupira et s'assit à côté de lui. « Je ne crois pas qu'il soit fan de boisson gazeuse. », déclara-t-elle en observant pour la énième fois le prince. « Même si ça lui ferait du bien, tu ne crois pas ? Peut-être que si je lui la versais sur la tête, ça lui rabaissera son caquet et même sa coiffure en pétard. »
Son fiancé, qui voulait pourtant continuer à manifester sa colère après tout ce qui s'était passé ce jour-là, fut bien forcé à rire bien malgré lui. Tout de suite son éclat de rire s'étouffa. L'angoisse qu'il avait ressentie à peine plus d'une heure auparavant en sachant qu'il allait mourir à nouveau le tenait dans son étau depuis leur arrivée dans ce désert de pierres.
« Nous n'allons pas mourir. », lui dit-elle en le regardant fixement. « Freezer a été vaincu. »
« Je sais que nous n'allons pas mourir. Mais nous le serions si ce garçon n'était pas arrivé. », répondit Yamcha, le regard toujours rivé au sol. Il leva les yeux pour lui faire comprendre ce qu'il pensait : « Je suis déjà mort une fois. »
« Et c'était comment ? », lui demanda Bulma presque souriante en s'asseyant plus confortablement sur le rocher.
« Comment ça ? » Son fiancé l'observait, incrédule. Il lui paraissait incroyable que cela ne provoque pas en elle une peur incontrôlable. « Je te l'ai déjà raconté mille fois... »
« Tu m'as raconté que tu avais fait la queue après avoir assisté au Ciel à la bataille finale contre Freezer mais tu ne m'as pas dit si tu avais vu quelqu'un d'intéressant ou si... »
« Si j'ai vu quelqu'un d'intéressant ? Tu me le demandes sérieusement, Bulma ? » Une moue d'irritation se dessinait sur son visage.
« Je ne sais pas, Yamcha, je ne suis jamais morte. », répondit tranquillement la scientifique, ne voulant pas s'attarder sur l'hystérie qui de nouveau envahissait son fiancé. Il se rendit compte tout d'un coup que sa gorge était sèche.
« Bois cette canette. » Et il la prit des mains de sa fiancé pour l'ouvrir et commencer à la boire en regardant le prince des Saïyens.
Bulma recommença à observer l'homme assis à ses côtés. Elle se repassa en boucle la scène chez elle où Végéta avait traité ce dernier de lâche. Elle se souvint du moment où à peine arrivés sur ces lieux, Yamcha avait joué les médiateurs entre Ten-Shin-Han et le prince et celui-ci s'était retourné et l'avait défiée du regard. Des yeux, il semblait dire "je te l'avais bien dit" avec morgue. Il n'avait eu qu'à esquisser ce demi-sourire qui lui était si personnel pour qu'elle capte l'idée instantanément. Elle était peut-être devenue la seule à pouvoir dire tout haut qu'elle connaissait un peu ce Saïyen grincheux. Même s'il lui restait encore tout un monde à découvrir sur lui. Toujours arrogant, toujours seul, toujours à vouloir tout contrôler. Il fallait avouer que ce Saïyen provoquait en elle des impressions contradictoires. S'il était vrai que parfois elle le détestait, d'autres fois elle se surprenait à s'inquiéter pour lui. Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Quand elle était petite, son père avait été touché par la manie qu'avait sa fille de recueillir des animaux pour les ramener à la maison. Ainsi avait débuté l'amour de son père pour les animaux qu'il conservait toujours. Et un an auparavant, elle avait décidé de recueillir le plus sauvage de tous ceux qu'ils avaient hébergés : le Prince des Saïyens. Des images du temps qu'il avait passé chez eux lui traversèrent l'esprit et un sourire s'épanouit sur son visage en se rappelant l'incident de la cuisine, quand il était parvenu à ses fins, "où était-ce moi ? Je ne sais toujours pas." et qu'il avait failli lui faire goûter sa nourriture. Elle regarda son fiancé et se sentit mal.
Elle voulut arrêter de penser au prince et se colla à Yamcha. Elle remarqua la tension de son corps sûrement due à la frayeur qu'il avait ressentie. Elle lui prit la main et entrelaça ses doigts avec les siens.
Il restèrent ainsi un moment jusqu'à ce qu'elle se lève pour cause de force majeure.
« Où vas-tu ? », lui demanda Yamcha.
« Chercher un endroit tranquille. », répondit la jeune femme en regardant autour d'elle.
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Le voyage du retour en hélicoptère avait parut bien silencieux, même à lui. Il avait l'habitude d'être celui qui écoutait pendant qu'elle parlait et parlait, toujours si bavarde, toujours si insistante avec tout. Mais cette fois, même le bruit du moteur lui paraissait assourdi.
« Bulma... », commença-t-il à lui dire.
« Je ne veux pas t'entendre ! Tais-toi, c'est tout ce que je demande ! », lui cria-t-elle sans cesser de regarder droit devant elle à travers le pare-brise.
« Que voulais-tu que je fasse, hein ? »
« Et qu'est-ce que ça veut dire, maintenant ? » Cette réponse lui fit l'impression de recevoir une dalle de béton sur la tête. « Depuis que je t'ai demandé de m'épouser, tu es insupportable, bébé, et je ne comprends pas pourquoi. », lui fit-il remarquer pendant qu'elle pilotait. L'attitude de sa fiancée quand ils s'étaient trouvés seuls avec Krilin et Goku et que ce dernier lui avait souhaité un beau bébé avait été froide, trop froide et elle avait même eu l'air vexée à cette idée. Et même si le moment était mal choisi pour la mettre en colère, surtout avec un hélicoptère entre les mains, il était tellement abasourdi par tout ce qui s'était passé que cette réponse lui parut avoir un double sens, comme tout ce qu'elle disait dernièrement, et il n'était pas disposé à le permettre.
« Ne mélange pas tout, Yam ! », cria-t-elle à nouveau en faisant un écart sans le vouloir. « Je veux parler de cette idée stupide de laisser vivre ce docteur qui va créer les cyborgs, c'est évidemment une folie, et une belle ! », s'exclama-t-elle enlevant un instant les mains des commandes et lui donnant un instant l'envie de s'envoler d'ici. « Je vais me retrouver embarquée avec vous encore une fois ! »
« Mais je ne peux rien y faire, Bulma. » Il tourna la tête pour regarder par la vitre sur sa droite. La nuit tombait et on pouvait déjà voir les étoiles. « Personne ne veut plus que moi vaincre le créateur de ces monstres qui vont apparaître dans trois ans. » Il entendit un éclat de rire sourd et étouffé. On aurait dit que sa fiancée gardait pour elle un de ses commentaires tranchants. Ce ricanement de Bulma lui parut la chose la plus méprisante qui aurait pu sortir de sa bouche.
« Mais tu ne l'as pas dit avant, pas vrai ? Pas devant tout le monde... » Elle ne put pas s'empêcher de repenser pour la deuxième fois dans la même journée à sa discussion avec Végéta et comment il avait insisté sur le fait que son fiancé était un lâche, et de comment à peine une heure auparavant, quand ils étaient au milieu du désert en train d'attendre Freezer, il l'avait cherchée du regard après sa dispute avec Ten-Shin-Han et que Yamcha avait joué les médiateurs pour les empêcher de se battre. Quand Végéta avait croisé son regard, son demi-sourire s'était agrandi, et elle avait su ce qu'elle voulait lui dire. Son fiancé n'était pas un lâche. Il avait lutté contre des êtres terrifiants pour sauver La Terre d'un futur horrible. Cela était clair. Même si elle avait lu la peur sur son visage, quand il avait appris que c'était bien Freezer qui était arrivé sur la planète, il n'était pas un lâche. Il était juste le seul à montrer la terreur qu'il ressentait. En réalité, ce qui la mettait hors d'elle dans tout ça, c'était qu'il avait gardé ses doutes pour lui jusqu'à maintenant et qu'il ne l'avait pas soutenue quand elle en avait eu besoin.
« Ils avaient déjà pris une décision, bébé, je ne pouvais rien faire. » Et il augmenta encore la tension entre eux. « C'est Végéta qui a commencé. »
« Tu vas encore rejeter la responsabilité sur lui pour tout ce qu'il se passe ? » Sans s'en rendre compte, elle avait accéléré beaucoup et son petit ami était cloué à son siège avec un visage horrifié.
« Allons, voyons, tu ne pourrais pas te calmer un peu ? », se décida-t-il à dire en se cramponnant à tout ce qu'il pouvait dans l'habitacle. Il savait qu'il pouvait voler, mais s'ils s'écrasaient, il devrait être très habile pour saisir Bulma et sortir d'un espace aussi réduit. Et il n'était pas sûr d'être si habile.
« Que se passe-t-il ? Nous sommes arrivés ? » C'était Puar, qui dormait à l'arrière depuis le décollage.
La scientifique respira profondément avant de parler. « Je sais que cela te dérange que je l'ai invité, Yamcha, c'est ton droit mais qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? Je n'allais pas le laisser errer et tout détruire sur la planète ! »
« Vous parlez de Végéta ? », demanda Puar en s'adressant à son ami.
« Et qu'est-ce qui te fait croire qu'il restera ici ? »
« Je le sais. », répondit-elle d'un ton blasé.
« Et comment le sais-tu ? », questionna son fiancé.
« Je le sais, c'est tout. » Et effectivement, c'était vrai. Après s'être disputée mille fois avec le prince caractériel, elle avait su qu'il resterait à l'instant même où son vaisseau s'était écrasé dans son jardin, ébranlant toutes les fondations. Même sans son invitation, il serait resté quand même. Il est vrai qu'elle l'avait invité plus pour apaiser sa colère à propos des vêtements qu'elle lui avait donnés que pour sauver La Terre du danger qu'il représentait mais maintenant qu'elle y pensait, c'était un motif assez crédible. « Sois juste aimable avec lui. », déclara-t-elle.
Cette dernière phrase parut délirante à son petit ami : « Que je sois aimable avec le type qui a ordonné ma mise à mort ? Tu parles sérieusement, Bulma ? », demanda-t-il abasourdi.
« Oublie ça, Yam. », lui intima la jeune femme. « Maintenant il se bat juste pour tuer ces cyborgs. », dit-elle essayant aussi de se convaincre elle-même.
« Ne te leurres pas, Bulma. », répliqua le guerrier. « Il restera pour tuer ces robots, mais ce sera la première chose qu'il fera, et quand il aura éliminé ces monstres, il affrontera Goku... » A ces mots, il s'arrêta pour retourner son regard sur la fenêtre. « Pour après tous nous anéantir. »
Cela raviva à nouveau la colère de Bulma : « Nous n'avons qu'à le supporter trois ans, Yamcha. » Et alors elle comprit que c'était le moment idéal pour poser la question qui l'intéressait :
« Je suppose que tu resteras chez moi, non ? », dit-elle sans vouloir montrer toute l'importance que le sujet avait pour elle.
« Si je dois m'entraîner pour la venue de ces monstres, je crois qu'il vaudrait mieux que j'aille ailleurs. » Il savait que cette réponse lui attirerait des problèmes.
« Bien, comme tu voudras. », articula sa fiancée cette fois en lui souriant. « Mais cette nuit, tu restes, n'est-ce pas ? » Et elle lui lança un autre sourire beaucoup plus effronté, celui-ci, qui fit oublier à son petit ami ce qu'elle avait dit précédemment.
Puar, à l'arrière de l'hélicoptère, les regardait tour à tour sans comprendre un mot à leur échange.
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A son retour, elle analysa la situation. Ten-Shin-Han et Chaos s'étaient assis près de Yamcha et paraissaient le réconforter avec Puar, alors elle préféra ne pas s'incruster. Piccolo et Son Gohan faisaient bande à part et semblaient méditer. Végéta ne quittait pas des yeux le nouveau venu. Elle connaissait ce regard avec lequel il essayait de sonder le garçon mystérieux. Elle avait vu très souvent ce regard fixé sur elle. Malgré l'air sceptique qu'il affichait alors qu'il délibérait sur ce qu'il avait devant lui et ce qui lui paraissait totalement inconnu, il ne trahissait en aucune façon la confusion qu'il ressentait certainement. Il pouvait rouler les autres mais pas elle.
Elle préféra se rasseoir près de Krilin. Une heure et demie s'était écoulée et il leur restait encore le même temps à attendre pour le retour de Goku, si ce beau garçon disait vrai. Elle se remit à l'observer. Il ne cessait de regarder Végéta et de baisser les yeux en rougissant. "Il est sûrement impressionné de voir le prince de son peuple.", se dit-elle, "parce que sauf erreur, seul un Saïyen peut se transformer en super-guerrier, non ?" Elle se remit à fixer du regard le garçon. Elle avait l'impression de l'avoir déjà vu et elle détestait ne pas se rappeler ce genre de détails et se sentir aussi désorientée. "Oui, il doit être un Saïyen." Ensuite, elle retourna son attention sur le prince. Pendant tout le temps qu'ils avaient passé ici, il n'avait pas quitté le gamin des yeux, qui visiblement, se sentait intimidé. "Un super-saïyen", se dit-elle, "tout ce qu'il veut, c'est être super-saïyen", se répéta-t-elle. "Quel effet ça lui fera de revoir Goku ?" Elle croisa les jambes, pensive. "Quand Goku arrivera, il va sûrement vouloir l'affronter et quand Goku lui aura botté les fesses, il s'en ira enfin.""Où ai-je mis mes cigarettes ?" Elle se leva pour palper ses poches. Non, elles n'y étaient pas. Elle soupira. "Oh non ! Je les ai laissées dans l'hélicoptère !" Et elle poussa un profond soupir, excédée.
« Je reviens. », dit-elle à Krilin, s'éloignant à la recherche du véhicule dans lequel elle était venue jusqu'à ce lieu perdu.
« On pourrait savoir où tu vas ? », lui cria Yamcha en la voyant s'éloigner, faisant se retourner tout le monde pour l'observer.
« Tu crois qu'il peut m'arriver quelque chose maintenant que Freezer est mort ? », lui demanda-t-elle, amusée, en passant juste à côté de Végéta, qui avait quitté des yeux l'énigmatique garçon pour les poser sur elle pour une fois. « Je vais chercher mes cigarettes que j'ai laissées dans l'hélicoptère. » Réalisant que la distance jusqu'à son véhicule était assez considérable, elle soupira de nouveau. Elle regarda autour d'elle et Végéta était le plus proche. Soudain, sans réfléchir, elle s'adressa à lui, surprenant les autres et y compris elle-même : « Ecoute, Végéta, tu m'approches en volant de l'hélicoptère pour que je récupère mes cigarettes ? »
Mais le prince, qui avait pourtant entendu, ne répondit pas. Bulma savait que c'était stupide mais elle détestait qu'on l'ignore : « Végéta. » Elle l'appela à nouveau. « Végéta ! »
« Aaaaah ! Laisse-moi tranquille, enquiquineuse ! », cria-t-il sans quitter des yeux le nouveau venu. « Tu trouves que j'ai l'air d'un garçon porteur ? »
« Un garçon porteur ? » La jeune femme ne comprit pas ce qu'il voulait dire.
« Eh, toi ! Ne lui crie pas après ! » C'était Yamcha, qui n'avait pas raté une miette de l'échange entre sa fiancée et le prince. Végéta ne le regarda même pas. Il marmonna juste quelque chose entre ses dents en serrant les poings. Il était sur le point de tuer une bonne fois pour toute cet humain insolent et la journée lui paraissait trop longue. Pour couronner le tout, le fiancé de la scientifique semblait ne pas en avoir eu suffisamment avec Freezer et vouloir tenter le destin car il poursuivit : « Ne lui parle pas ! Pas un mot ! »
« Yamcha ! » Piccolo, en entendant tout, s'éloigna de Son Gohan pour intervenir à ce moment. Il devança Bulma qui croyait être la seule à savoir que son fiancé agissait uniquement par jalousie. Elle se trouva stupide d'avoir demandé quelque chose d'aussi ridicule sans réfléchir. « Il ne va pas t'affronter. », ajouta l'homme vert à Yamcha en désignant le prince. « Il garde ses forces pour lutter contre Goku et il sait qu'il a tout à perdre s'il doit affronter quelques-uns d'entre nous maintenant, n'est-ce pas, Végéta ? » Ce dernier ne le regarda à aucun moment. « Mais si tu continues à le provoquer... », ajouta-t-il pour terminer, « personne ne sait quand il explosera. » A cet instant, il regarda Bulma, laquelle fronça les sourcils, se sentant visée sans comprendre pourquoi.
Elle croisa les bras et leur tourna le dos, vexée. Soudain, elle croisa le regard du nouveau venu, qui regardait la scène confus et perturbé. Sa colère s'envola en voyant le froncement de sourcil du jeune homme. "Mon Dieu ce qu'il lui ressemble avec cet expression !" Et elle ne put s'empêcher de l'approcher. Si elle ne pouvait pas fumer, au moins elle boirait pour s'occuper les mains. Elle lui fit un clin d'oeil en passant à côté de lui et lui dit : « Ne te laisse pas intimider, ce n'est qu'un grincheux. »
« Il t'a, pardon, il vous a parlé très mal. », bégaya le garçon sans lever les yeux du sol.
« Bah, ne fais pas attention, c'est notre façon de communiquer, en plus, c'est moi qui ai commencé. » Elle prit une nouvelle boisson dans le réfrigérateur portable. « Aujourd'hui, il me fatigue. », ajouta-t-elle sans remarquer la profonde surprise que ces paroles avaient causée au gamin qui la regardait abasourdi et effrayé. « Et, dis-moi, » reprit-elle en ouvrant sa canette, « tu ne m'as toujours pas expliqué pourquoi tu portes cette tenue avec le logo de notre entreprise. Tu me dis que tu n'y travailles pas, comment est-ce possible ? » Et elle but une gorgée de la canette.
« Eh bien, c'est que, c'est que je... » Il semblait mal à l'aise d'être aussi près d'elle.
« Allez, répond, ne te laisse pas impressionner par ma beauté. » Et elle lui fit à nouveau un clin d'oeil en buvant à même la canette.
« Lors des repas officiels, la reine était portée par des garçons porteurs. »
« Que dis-tu ? » Cette réponse n'avait aucun sens pour elle.
« Sur Vegetaseï, les garçons porteurs étaient ceux qui transportaient la reine jusqu'au trône lors d'une cérémonie. »
« Ah. », répondit juste la jeune femme. « Alors tu viens de là-bas ? »
Après quelques secondes, le jeune garçon baissa les yeux, ses cheveux lilas et raides lui couvrant le visage : « Non, mais je le sais, enfin, plus ou moins... », répondit-il finalement. On aurait dit qu'il désirait mettre enfin un terme à la conversation. C'est ainsi que l'interpréta Bulma en se disant que ce garçon était décidément beaucoup trop timide et mystérieux. Voyant qu'elle le mettait mal à l'aise, elle préféra abandonner ses questions sur ses vêtements et ses origines pour retourner s'asseoir près de Krilin. Elle ne remarqua pas le sourire presque dissimulé que lui adressait le garçon, imité presque immédiatement par Végéta qui la regarda s'asseoir. A l'instant où le regard du garçon rencontra celui du prince, le jeune baissa à nouveau les yeux.
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En retournant dans cette maison de fous, il fit ce qu'il avait pensé faire depuis son arrivée sur Terre. En posant les pieds sur le seuil, il remarqua quatre énergies humaines. Il se dirigea vers sa chambre de gravité. Elle était vraiment en triste état. A l'absence de trace de pas, il sut que personne n'était entré avant lui. "Je ne veux pas l'entendre me dire qu'il lui faudra un mois pour la réparer.", se dit-il en pénétrant plus à l'intérieur. Tout était en ruine. Des morceaux de plantes qui restaient, étaient éparpillés sur le sol et même collées au plafond pour certaines. L'impact avait été si fort qu'il avait écrasé tous les petits habitacles, prévus pour supporter une pression augmentée jusqu'à près de trois cents unités. Cela lui redonna du courage car son corps n'avait souffert aucun dommage, ce qui signifiait qu'il pouvait supporter presque sans problème une gravité supérieure, comme il l'avait toujours su. Il chercha entre les décombres de machinerie et repéra enfin ce qu'il cherchait. Bien sûr, le matelas avait subi de grands chocs mais ses ressorts avaient efficacement servi d'amortisseurs. Il le sortit dehors et le laissa retomber sur le toit de la coupole principale de la résidence, juste à l'endroit qu'il occupait auparavant et exactement de la même façon : d'un coup de pied. Il se souvint de la surprise qu'il avait eu lors de l'une de ses ascensions en l'apercevant d'en haut, solitaire, déplacé et ridicule sur cet espèce de toit arrondi. A partir de maintenant, ce matelas ne serait plus son lit. Il en avait un vrai qui l'attendait à l'intérieur. Il l'utiliserait comme il l'avait toujours fait. Pour prendre l'air et regarder confortablement les étoiles. Et évidemment, cette femme n'en saurait jamais rien. Il sourit en coin et retourna à l'intérieur du vaisseau.
"On dirait que le contrôle central n'est pas endommagé, les réparations prendront moins de temps.", se dit-il en touchant les boutons principaux. La batterie semblait bien répondre mais les lumières de la chambre ne s'allumaient pas. "Manque de combustible", conclut-il. Il était vrai qu'il était arrivé avec le réservoir à sec, sinon celui-ci aurait explosé lors de l'impact contre le sol terrien. Il sortit de nouveau pour le vérifier. Il sentit que ses pieds étaient mouillés et il se rappela qu'il avait quitté ses chaussures dans la mer. Il se pencha et renifla de plus près. C'était ça, le peu de carburant qui restait s'était répandu dans tout le jardin. Il se leva pour entrer dans la résidence. Il y avait eu assez de désastre pour aujourd'hui. Il avait besoin d'une douche. En levant les yeux pour vérifier s'il pouvait voir Vegetaseï d'ici, il vit la femme aux cheveux turquoise penchée à son balcon. Il ne savait pas depuis quand elle était là mais elle semblait ne pas s'être aperçue de sa présence, ou du moins, elle ne lui prêtait pas attention. Il rejeta sa dernière supposition car si elle l'avait vu, il aurait donné sa main à couper qu'elle ne l'aurait pas quitté des yeux. Comme lui, elle semblait perdue dans la contemplation des étoiles.
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« Bulma. » C'était Son Gohan, qui s'était approché d'elle et de Krilin. « Tu crois vraiment que mon père va venir ? » Il la regardait à la recherche d'une confirmation. Les yeux du fils de Goku, si semblables à ceux de son père, brillants et pleins de vie, faisaient toujours fondre de tendresse la jeune femme.
Elle lui sourit. « Bien sûr, Gohan, viens par là. » Et il s'approcha pour s'asseoir à côté d'elle et elle passa un bras autour de ses épaules. « Ce garçon a dit qu'il arriverait dans une heure et après ce qu'il a fait, on peut avoir confiance en lui, tu ne crois pas ? »
Elle réussit à lui redonner courage. « Oui. », répondit Son Gohan en souriant après quelques secondes de réflexion. « Piccolo dit que s'il n'était pas venu, même Végéta n'aurait pas pu vaincre Freezer. » A ces mots, leurs deux regards se tournèrent vers le prince.
« Ça, nous ne le saurons jamais. », déclara finalement la scientifique. « Dis-moi, Son Gohan. », reprit-elle en regardant le fils de Goku. « Tu n'es pas retourné chez moi depuis le départ de Dendé. Tu sais que tu peux venir quand tu veux, d'accord ? »
« C'est que j'ai beaucoup étudié. J'ai même eu un professeur particulier mais ma mère l'a jeté par la fenêtre. »
L'explosion de rire qui jaillit de la bouche de la jeune femme attira sur elle tous les regards. Même Végéta, en entendant son fou rire, détourna son regard du garçon aux cheveux lilas vers la scientifique en fronçant les sourcils. "Quelle femme vulgaire", pensa-t-il. Et il reprit son observation du jeune garçon.
Quand Bulma retrouva son calme, elle essuya les larmes provoquées par son fou rire contagieux qui avait même entraîné Son Gohan qui revoyait comment sa mère avait lancé le professeur par la fenêtre. « Tu veux que je te raconte une des aventures que ton père et moi avons vécues ? », demanda-t-elle pleine d'entrain. La scientifique détestait être la seule de tous ceux qui étaient présent à se rendre compte que Gohan était encore un enfant, alors elle voulait continuer à le divertir.
« Bien sûr ! », répondit Gohan, excité. « Raconte-moi comment vous vous êtes connus. », demanda-t-il.
« Encore ? »
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Depuis toute petite, elle avait toujours eu du mal à s'endormir, surtout après des journées aussi intenses que celle qui venait de s'achever. « Quelle journée ! », s'exclama-t-elle en regardant le ciel sans nuage. "Végéta arrive, Freezer débarque, survient un mignon jeune inconnu qui tue Freezer, il dit qu'il est là pour attendre Goku.", pensa-t-elle. « Sans parler qu'il a prédit exactement l'endroit et l'heure de son arrivée. », dit-elle à voix haute en continuant à énumérer un à un dans sa tête les évènements de la journée. "Goku arrive, se transforme en super-guerrier, le gamin aussi, ils se battent, puis après ils rigolent, le gamin disparaît, Goku nous explique d'où vient ce garçon, que des cyborgs vont débarquer dans trois ans pour essayer de tous nous tuer... « Et ils décident de se battre contre eux ! Les fous ! »
« Au moins, moi, je ne parle pas tout seul. »
Elle sursauta si fort qu'elle faillit presque tomber à la renverse : « Végéta ! » Elle le vit assis au bout de la rambarde, une jambe repliée et l'autre étirée le long de la rampe, les yeux fermés et, sans surprise, les bras croisés. Elle vérifia qu'aucun bruit ne provenait de l'intérieur de sa chambre, préférant fermer la porte de la baie vitrée avant de s'approcher de lui en baissant la voix. « Végéta, quand es-tu revenu ? »
« Depuis combien de temps es-tu ici ? »
« C'est moi qui t'ai demandé en premier. », lui reprocha-t-elle, en s'approchant de lui, vexée.
Il ouvrit les yeux pour lui répondre. Il sut qu'elle ne l'avait pas vu avec le matelas car sinon, cela aurait été la première chose qu'elle lui aurait reprochée une fois revenue de sa frayeur. « Je veux que tu répares ma chambre de gravité pour dans deux semaines. »
« Je n'ai pas encore pu m'approcher de mon vaisseau pour évaluer les dégâts, alors demain, je verrai ce que je peux faire. » Elle s'installa à côté de lui et l'observa. « Où est la chemise que je t'ai donnée ? » La première fois qu'elle l'avait vu avec cette chemise rose, elle s'était demandée combien de temps il mettrait à s'en débarrasser. Maintenant qu'elle l'observait sans ladite chemise, avec juste la sous-chemise blanche, elle se dit qu'il avait assez souffert comme ça.
« Demain à l'aube, j'irai frapper à ta porte pour que tu te mettes à travailler sur ma chambre de gravité. », déclara-t-il en se mettant debout devant elle.
« Tu ne crois pas que tu as eu assez d'émotions aujourd'hui pour nous offrir, à toi comme à nous, un break ? Ces monstres arriveront dans trois ans et je ne crois pas que... »
« Demain, à la première heure. », asséna-t-il sans la laisser finir.
« Si tu veux que je donne le meilleur de moi-même, je dois être reposée, Végéta. », affirma-t-elle en croisant les bras. Le prince fit de même avec les siens, l'observant de haut en bas. Une nouvelle fois, Bulma remarqua qu'il plissait le nez comme pour renifler.
« Tu sens le sexe. », affirma-t-il.
Après le choc initial qui lui fit tourner la tête, la jeune femme réussit seulement à articuler : « Comment oses-tu ? » Mais elle se rendit compte qu'elle avait crié trop fort et que cela pouvait réveiller Yamcha. « Comment oses-tu, hein ? », répéta-t-elle avec un ton de voix plus bas mais toujours aussi furieux.
Son demi-sourire lui revint aux lèvres. Que quelqu'un comme elle, aussi vulgaire, puisse avoir honte de pratiquer l'acte sexuel lui faisait conclure que les humains étaient plus pudiques sur ce plan que ce qu'il pouvait imaginer.
« Le sexe est un exercice physique et on dort mieux après de l'exercice alors couche-toi une bonne fois pour toute, dors et demain, tu répareras la chambre de gravité à la première heure. » Et il se retourna pour aller à son balcon.
« Je ne crois pas... ! » et elle se tut pour répéter à voix basse en s'approchant de lui : « Je ne pense pas réparer la chambre demain matin, tu as compris ? Je suis très fatiguée. », ajouta-t-elle derrière lui, qui venait de s'arrêter en chemin.
« Et toi, ne me fais pas répéter un ordre ! » Il regardait à terre de côté, la sentant juste derrière lui.
« Bulma... », entendirent-ils de l'intérieur de la chambre. C'était Yamcha à moitié réveillé, qui l'appelait en sentant qu'elle n'était plus à ses côtés.
La scientifique se retint de crier pour ne pas réveiller complètement son fiancé, poussant à la place un formidable soupir. Elle le scruta des pieds à la tête, si hautain et arrogant. Elle se contint en se souvenant que si la journée avait été dure pour tout le monde, elle n'avait pas été rose pour l'orgueilleux prince qui avait vu un autre homme se transformer en super-saïyen et détruire Freezer et le retour de Goku, son pire ennemi. La journée d'aujourd'hui n'avait décidément pas dû être facile pour lui. En parcourant des yeux le corps du Saïyen, qui était toujours là à attendre la réplique de Bulma, celle-ci vit ses pieds tâchés d'un liquide sombre. En se retournant, elle ne put s'empêcher d'ajouter en rentrant dans la chambre : « Enlève bien tes chaussettes avant de te mettre au lit, petit prince. » Et elle ferma la porte du balcon de l'intérieur.
Végéta serra les poings. Lui aussi était bien assez fatigué pour aujourd'hui alors il bondit jusqu'à son balcon et entra dans sa chambre. C'est seulement dans le lit qu'il se rendit compte qu'il avait bien enlevé ses chaussettes et les avait laissées par terre. "Le père, oui, le père est une bonne option.", pensa-t-il avant que ses yeux ne se ferment.
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Il restait seulement une demi-heure avant le retour de Goku d'après les estimations de ce gamin silencieux au regard triste. Toutes les conversations s'étaient tues entre les plus sociables de ceux qui attendaient le retour de leur ami. Après s'être amusé avec Bulma qui lui avait raconté ses aventures avec son père, le petit Son Gohan avait rejoint Piccolo, son fidèle protecteur et maître pendant plus d'un an. Tous étaient fatigués d'être là, mais personne autant que Végéta, qui n'avait détourné son regard du jeune garçon aux cheveux lilas, que pour observer Bulma pendant qu'elle racontait comme un conte sa vision de ses aventures avec Goku, avec des gestes exagérés et changeant son ton de voix pour rendre l'histoire plus vivante.
Pour le prince tout ceci était inutile et soporifique mais ce jeune l'intriguait extrêmement. La jeune femme l'observait, sans se rendre compte que les yeux d'une autre personne étaient également fixés sur elle. L'ambiance s'était apaisée et le soleil, qui paraissait aussi être fatigué par cette folle journée, menaçait de disparaître derrière les montagnes.
« Vous n'avez pas faim ? », demanda haut et fort la scientifique, rompant le désespérant silence.
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Le matin suivant, elle trouva sa mère dans la cuisine, son lieu préféré de toute la maison, en train de couper les extrémités des fleurs déjà écloses tout en chantant : « Bésame, bésame mucho, como si fuera... »
« Bonjour Maman. »
« Bonjour ma chérie ! », s'exclama sa mère tout en vaquant à ses occupations. « As-tu bien dormi ? Tu es rentrée très tard hier. »
« Bien, bien. », répondit-elle en s'approchant pour l'embrasser. « As-tu vu Yamcha ? »
« Il est sortit tôt, ma puce. », répondit sa mère en enlevant quelques feuilles inutiles à des roses.
« Il a dit qu'il allait s'entraîner dans un gymnase en ville. Ces fleurs ne sont-elles pas magnifiques ? »
« Si, magnifiques. », confirma la jeune femme en s'asseyant sur la table après avoir pris dans le frigo une bouteille de jus de raisin et s'en être servi un verre. « As-tu vu Végéta ? »
A ce moment-là, sa mère interrompit sa tâche. « Ah, ma chérie, juste une question, qui est Freequeer ? », demanda-t-elle en lâchant les ciseaux sur la table.
« Freezer, maman, il s'appelle Freezer. », la corrigea sa fille. « Enfin, s'appelait. », rectifia-t-elle en se servant un autre verre et en prenant un petit pain sur la table. « C'était l'empereur de l'univers, ou quelque chose comme ça. » Et elle commença à manger avec insouciance.
« Ah. » Sa mère semblait ne rien comprendre. « Tu as comme prétendants un prince et maintenant l'empereur de l'Univers ? »
« De quoi tu parles ? » Elle se rendit compte immédiatement qu'elle était entrée dans son jeu et elle se frappa la tête sur la table pour se punir de sa maladresse.
« Alors ce n'était pas un de tes prétendants ? », demanda-t-elle en reprenant son ébranchage.
Elle failli s'étrangler avec son jus de fruit : « Maman ! Comment peux-tu dire une chose pareille ? » Sa fille était étonnée que sa mère puisse encore la surprendre. « Il est venu pour vaincre Goku mais il a reçu ce qu'il méritait. »
« Allons, ma fille, je ne sais pas. J'ai juste vu Yamcha et Végéta très fâchés hier en apprenant que Freequeer était arrivé et ils sont allés le défier ou quelque chose dans ce genre, non ? », ajouta-t-elle en souriant. « Alors j'ai supposé qu'il s'agissait d'un autre qui voulait conquérir ton coeur. » Elle lança tout cela comme si dans son esprit c'était l'évidence même. Sa fille la regarda perplexe. Elle était submergée par tant de choses qu'elle ne savait par où commencer. Sa génitrice la devança, la faisant revenir à elle-même et oublier ses idées de matricide : « Je vois que tu as convaincu Végéta de rester. » Et elle lui fit un clin d'oeil tout en se levant pour chercher un vase.
« Ah. », s'exclama la scientifique en avalant un morceau de viennoiserie, se souvenant de sa question initiale. « Où est-il ? », demanda-t-elle sachant d'avance qu'il devait être en train de s'entraîner dans les montagnes dans l'attente qu'elle répare la chambre de gravité.
« Il est dans le laboratoire avec ton père. », répondit tranquillement sa mère, avant de lancer un regard en direction de sa fille. Elle n'était plus là. Elle était sortie comme une flèche à la recherche des deux hommes, son petit pain dans la bouche. « Quand elle va le voir avec ce bermuda si moulant, je suis sûre qu'elle en restera sans voix. », ajouta-t-elle, souriante, en arrangeant les fleurs dans le vase.
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Yamcha s'était appuyé contre l'un des rochers les plus hauts des environs. Bien que le soleil soit déjà en train de descendre, la chaleur était intense car l'été approchait. Il voulait s'abriter dans les rares zones d'ombre dont on pouvait profiter. « Ten-Shin-Han. » Il s'adressait à son camarade. « Tu crois vraiment qu'il va arriver ici ? » Sa question trahissait son manque de confiance en le jeune garçon trop timide qui les avait pourtant sauvés d'une mort certaine.
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Avant même que l'ami de Chaos ne lui réponde, ils tournèrent tous leur regard vers le ciel dans l'espoir d'un signe. Rien. Seuls se mouvaient des nuages denses au gré des doux caprices de la brise et tournoyaient quelques faucons qui espéraient peut-être les voir mourir ici d'ennui pour pouvoir les dévorer. Rien. Krilin se mit à jouer du pied avec une canette. Le silence était ce qui gênait le plus Bulma, bien qu'elle s'y était résignée. Elle regarda à nouveau son fiancé, qui semblait plus calme avant de poser encore une fois les yeux sur le garçon qui venait d'arriver. "Qui peut-il être ?", se demanda-t-elle sans savoir combien de fois elle s'était déjà posé la question. "Et pourquoi n'arrête-t-il pas de regarder Végéta ? C'est parce qu'il est son prince et que pour lui il est digne d'admiration ? On voit bien qu'il ne le connaît pas !" Elle s'en voulut à l'instant d'avoir pensé cela parce qu'elle considérait, elle l'avait toujours cru et le sentait quand elle l'avait dit à son fiancé, que Végéta avait des qualités admirables, extraordinaires même et très peu communes. Maintenant, elle retourna ses yeux bleus sur son fiancé. "Ah, Yamcha ! Qu'est-ce qui nous arrive ?" Elle se pencha en avant. Rester autant de temps à travailler devant son ordinateur lui faisait mal au dos et elle craignait que cela ne devienne chronique et rester là à ne rien faire n'aidait en rien. "Il me regarde, moi, évidemment, parce que là d'où il vient il n'est pas habitué à voir des filles aussi jolies que moi, ou alors je ne comprends pas."
Krilin commit une erreur dans son jeu avec la canette, rompant la paisible tension des lieux, du moins de l'avis du prince, qui, comme dans quelques occasions précédentes, abandonna son regard inquisiteur qui foudroyait le jeune garçon pour montrer son irritation au petit guerrier, le déconcertant.
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En entrant dans la chambre de gravité, tout était encore comme il l'avait laissé la veille. Il ramassa les robots de combats au sol et se dirigea vers le laboratoire. Dans le reflet de la fenêtre il put se voir encore une fois avec ce pantalon qu'il avait mis juste en sortant de la douche. Il était assez confortable, bien que plutôt grotesque et ridicule comme tout ce qui était humain à son avis. Il avait refusé de porter la partie supérieure de la tenue des terriens, ce qui, il l'avait remarqué, n'était pas anormal sur cet planète.
Il trouva monsieur Brief de dos dans sa chaise, devant le moniteur d'un des ordinateurs. Quand la porte s'ouvrit brusquement, le vieil homme se tourna et vit Végéta portant quatre robots que Bulma avait construits pour lui. Ils étaient en pièces.
« Bonjour, jeune Végéta. Que nous apportes-tu là ? » Et il s'approcha pour les inspecter.
Après son salut quotidien, son espèce de humpf, le prince les laissa sur une table libre. « Ce sont les robots construits par votre fille, je veux que vous les répariez. », déclara-t-il.
Après les avoir regardés en se penchant quelques instants, le scientifique répondit sans hésiter : « Ce ne sera pas difficile bien que Bulma les connaisse mieux que moi, mais elle pourrait les réparer plus vite. » Et il se releva en remontant ses lunettes.
« Je ne veux pas qu'elle les répare. », répondit le Saïyen. Et il ajouta d'un ton décidé : « Je veux traiter avec vous désormais et je veux que vous répariez le vaisseau. » Il ne trouva pas nécessaire d'insister en disant que la chambre de gravité était à lui et seulement à lui. C'était quelque chose qu'il ne faisait qu'avec la jeune femme.
Ceci amusait le maître de la maison, qui rit sous cape : « Oui, ma fille peut être excessive et même agressive. », dit-il en mettant les mains dans ses poches. Il remarqua l'empathie du prince qui le regarda surpris en se rendant compte que, même s'il savait ne pas être le seul à penser cela d'elle, l'entendre dire par son propre père, même avec un sourire presque orgueilleux, était un peu déconcertant. « A ce que m'a raconté Yamcha », poursuivit le scientifique, "hier, vous avez éliminé Freezer, n'est-ce pas ? » Et il se pencha pour attirer l'attention de Tama qui tournait dans les jambes du guerrier. Cela l'avait toujours intrigué que son chat se sente aussi à l'aise avec cet invité solitaire. Il n'avait jamais supporté personne en dehors de son maître mais il semblait apprécier le prince et ronronnait en caressant son pelage aux jambes du Saïyen, indifférent à son manège.
Végéta serra les poings de rage et regarda le sol, ses yeux rencontrant ceux du chat tranquille. Il ne voulait pas contredire le vieux et lui préciser que c'était un adolescent aux cheveux lilas et non lui et encore moins le fiancé de la jeune femme qui les avait débarrassé définitivement du lézard. C'était trop humiliant. Son expression trahit sa colère et Monsieur Brief préféra changer de sujet : « Pour le vaisseau, ce sera plus difficile, Végéta, », admit-il tout en s'asseyant. « C'est un prototype de Bulma et elle en connaît tous les secrets. », expliqua-t-il en caressant Tama qui enfin lui prêtait attention et était monté sur ses genoux.
« Je vous ai dit que je refuse de traiter avec elle ! », s'exclama le prince avec irritation, provoquant un sourire de la part du scientifique, ce qui lui parut perturbant.
« Je comprends, je comprends parfaitement. », répondit le vieil homme sans paraître affecté par le cri du Saïyen. « Je devrai t'en construire un nouveau, je ne crois pas pouvoir réparer le précédent. », déclara-t-il en regardant son minet.
« Bien, et combien de temps ça prendra ? » Le prince se relaxa voyant que la conversation se centrait sur ce qui l'intéressait et ce pour quoi il était venu au laboratoire.
« Un mois. », répondit-il. Mais il corrigea immédiatement : « Peut-être trois semaines vu que nous avons les plans par ici. » Monsieur Brief trouvait formidable de se replonger dans un projet aussi fascinant que la construction d'un vaisseau spatial. Lui, maintenant si occupé avec sa bouillante entreprise, avait dû s'éloigner un peu, plus qu'il ne l'aurait souhaité de son véritable travail, qui pouvait l'absorber des heures et des heures dans son laboratoire et faire de lui l'homme le plus heureux du monde.
« D'accord. », prononça sévèrement Végéta après quelques instants de réflexion. « Et je veux que vous augmentiez la pression jusqu'à trois cents fois la gravité terrestre dans le vaisseau. »
A ces mots, monsieur Brief se recroquevilla dans sa chaise et serra sans le vouloir un peu trop fort Tama :
« Tu veux une capsule avec une gravité augmentée trois cents fois ? », demanda-t-il surpris et inquiet.
« Exactement. », répondit le Saïyen en plissant le visage pour donner plus de poids à sa demande. « Kakarot a amélioré son entraînement avec une gravité augmentée par cent, alors je peux supporter le triple sans aucun problème. »
Le scientifique ne revenait pas de son étonnement. « Non, tu m'en demandes trop Végéta. » Cela semblait une folie et il calcula dans sa tête : « Si tu pèses soixante kilos... » Il ne s'était pas rendu compte que son animal préféré essayait de ramper jusqu'à son épaule pour se remettre du choc qu'il avait éprouvé en sentant les ongles de son maître se refermer sur son petit corps félin. « Cela ferait dix-huit tonnes ! »
"Personne...", pensa-t-il en caressant son chat pour le calmer, "personne ne pourrait supporter un poids pareil." « C'est impossible. », conclut-il en recommençant à caresser son animal.
Le prince serra les poings avec plus de force encore. Il recommençait à avoir une conversation trop longue avec un terrien, et bien que le père de la jeune femme lui paraisse le moins fou de tous ceux qui vivaient ici, il sentit son corps s'enflammer. « Construisez-le ! Obéissez ! », cria-t-il finalement en s'emportant.
« Eh, toi ! », entendirent les deux hommes derrière eux. C'était Bulma qui était enfin arrivée après avoir parcouru l'espace qui séparait la cuisine du laboratoire par le jardin. « On peut savoir ce que tu fais à crier après mon père ? »
Végéta ne se retourna pas en l'entendant. Il ferma juste les yeux en se concentrant pour diminuer sa colère. C'était la première fois qu'il prononçait plus de deux paroles avec cet homme et il avait perdu le contrôle. La nuit passée, il ne s'était pas bien reposé malgré son retour dans le lit confortable aux draps si doux. Il sentit tout le poids de sa fureur contenue après les évènements de la veille juste au moment où cette femme gêneuse était arrivé pour lui faire des reproches. "Merde", s'exclama-t-il intérieurement. "Il ne manquait plus que ça !" Il respira profondément.
« Ma fille... », reprit le scientifique retrouvant son calme après la démonstration de colère de son invité et regardant autour de lui. Il lui paraissait incroyable que quelqu'un puisse projeter autant de force et il sourit en voyant le plafond et les murs fissurés. « Tu as vu ce qu'il a fait ? »
« Oui, papa, j'ai vu. », répondit Bulma avec irritation en entrant dans le laboratoire sans quitter des yeux le Saïyen. « C'est un expert pour détruire tout ce qu'il touche. » Végéta trouva cette dernière remarque extrêmement agressive et il la regarda du coin de l'oeil en se demandant où elle voulait en venir avec cette phrase dédaigneuse.
« Et ce n'est pas admirable ? »
La question les fit tous deux lever les sourcils, autant la jeune femme que le Saïyen, qui restait concentré et avait pris la décision de s'en aller le plus tôt possible pour ne pas écouter la scientifique. « Quoi ? », dirent-ils tous les deux en même temps.
« Regarde ça, ma fille, c'est vraiment admirable. », s'exclamait encore et encore le père de Bulma tout en touchant les tubes pliés et les poutres abîmées. « Je n'avais jamais rien vu de pareil. »
« Papa ! Il a détruit ton laboratoire ! » Sa fille voulait réveiller son père de l'enchantement dans lequel il était, complètement éberlué par la puissance du prince qui regardait la jeune femme avec un sourire satisfait. Elle le lui rendit en grimaçant, profondément vexée par ce qui se passait contrairement à toute logique. Ce Saïyen avait détruit le labo de son père et celui-ci paraissait ravi. "Incroyable !", se dit-elle en croisant les bras et en défiant Végéta du regard.
Finalement, Monsieur Brief revint de sa surprise : « Bien sûr que je te construirai cette chambre de gravité, Végéta. », déclara-t-il en se positionnant face à lui et en fourrant à nouveau ses mains dans ses poches. Même Tama fut surpris par cette affirmation. « Mais avant, me permettrais-tu de te faire des examens médicaux ? »
Le prince, qui jusqu'à cet instant avait l'air confus, accepta et pas seulement parce que cela lui paraissait justifié mais surtout parce que, contrairement à la jeune femme, le père ne le lui avait pas ordonné mais demandé. « Entendu. » Et il se retourna pour sortir, non sans indiquer avant : « Je serai dans le vaisseau. »
Après toute cette confusion et après avoir observé comment son père regardait sortir le Saïyen avec un sourire satisfait, elle s'approcha de lui, ulcérée en s'exclamant : « Mais papa ! Qu'est-ce qui te prend ? Nous allons mettre des jours à réparer tous ces dégâts ! » Et elle écarta exagérément les bras pour exprimer sa colère.
Son père, qui ramassait les outils qui étaient tombés au sol lui répondit.
« Ma fille, une force comme la sienne, c'est du jamais vu sur cette planète, si on fait exception de Goku. », dit-il sans perdre son calme caractéristique, « Ce serait intéressant d'analyser son corps et son esprit, surtout s'il est le summum d'une race aussi puissante et cela nous aiderait à améliorer notre espèce, tu ne crois pas ? » Et il se redressa pour observer sa fille et lui adresser un sourire encore plus grand : « De plus, je suis sûr que cela t'intéresserait de lui refaire ces analyses de sang pour voir s'il a ramené une maladie contagieuse de son voyage à travers l'univers, non ? »
Bulma l'observa aussi. Oui, c'était vrai qu'elle avait pensé demander une autre fois au prince une analyse de sang pour voir s'il s'était contaminé lors de son excursion sidérale, puisqu'il avait sûrement visité de nouvelles planètes avec des bactéries inconnues potentiellement dangereuses sinon mortelles. Ce qu'elle ne savait pas c'était comment lui faire entendre raison, maintenant que l'excuse des Nameks n'était plus d'actualité. Quand ils avaient appris par le garçon mystérieux que Goku était mort d'un maladie, elle avait eu envie de lancer au Saïyen un "je te l'avais bien dit" bien cinglant. Aucun doute là-dessus, elle devait son exceptionnelle intelligence en partie grâce à son père. Elle sourit. « Tu es un génie. Je vais voir si je peux sauver le vaisseau. », dit-elle. Elle déposa un baiser sur sa joue avant de faire volte-face pour sortir.
« Tama, où es-tu ? », entendit-elle dire son père derrière elle.
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« Les trois heures sont écoulées. », indiqua l'énigmatique jeune homme en se levant. « Goku va arriver à tout moment. » Les autres le regardèrent déconcertés. Ils n'arrivaient pas à croire qu'ils étaient sur le point de voir apparaître leur ami et que ce jeune puisse en être aussi sûr :
« Vraiment ? Comment le sait-il ? Mais comment le sait-il ? » Ils espéraient que leurs questions obtiendraient finalement une réponse.
Après quelques secondes de doute, ils bondirent sur leurs pieds presque en même temps.
« C'est vrai ! », s'exclama Chaos tourné vers le ciel.
« Je peux le sentir, je sens son ki. » Ten-Shin-Han n'en revenait pas.
« Regardez ! Là-bas ! », s'écria Krilin en montrant un point de l'horizon céleste.
« Oui, c'est vrai, quelque chose s'approche. », confirma Yamcha.
« Cela signifie que tout ce qu'a dit ce garçon est la vérité. », dit Bulma, exprimant ce que tous pensaient. « Comment a-t-il pu le deviner ? »
« Oui ! » Tout cela importait très peu à Son Gohan à ce moment-là. Son père arrivait enfin. « C'est mon père ! Je peux sentir sa puissance ! » Et quand finalement il vit une petite capsule spatiale s'approcher de La Terre en déchirant le silence du ciel, il s'exclama sans hésitation : « C'est lui ! »
Le petit vaisseau avec lequel Goku retournait sur sa planète traversa l'atmosphère laissant derrière lui une traînée de lumière comme une comète. Il allait à une vitesse folle et le bruit qu'il produisait était à la fois assourdissant et aigu à la fois. Quand ils le virent traverser d'Est en Ouest, ils n'hésitèrent pas à courir à la rencontre de leur cher ami. Goku rentrait enfin chez lui.
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En entrant dans le vaisseau, elle s'étonna de le trouver en train de ramasser tous les débris sur le sol, dynamique sans avoir l'air gêné par une tâche aussi peu appropriée pour un prince. « Ce ne sont pas plutôt à tes serviteurs de faire ça, c'est-à-dire nous ? »
« Il s'arrêta un instant pour la regarder mais continua tout en lui répondant : « Je risque de mourir de vieillesse si j'attends que tu sois ordonnée. »
Bulma voulut lui répliquer qu'elle était ordonnée mais comme il était évident que ce n'était pas le cas, elle préféra ne pas le contredire totalement : « Le laboratoire, jusqu'à aujourd'hui, était assez bien rangé. » Et elle se mit à lui donner un coup de main. Elle ne remarqua pas comme le prince l'observait en fronçant les sourcils, pendant qu'elle, à sa façon et inconsciemment, recommençait à l'aider. « Tama, pousse-toi ! », s'exclama la jeune femme quand le chat de son père la gênait en lui tournant furtivement autour.
« Qu'est-ce que c'est que ces plantes ? », demanda-t-elle en ramassant quelques tiges.
« Ma nourriture dans l'espace. », répondit négligemment le Saïyen en la voyant examiner les plantes. Le prince continuait à entasser la machinerie détériorée au centre de la pièce.
« C'est de ça que tu t'es alimenté pendant presque neuf mois ? » Elle s'approcha pour flairer l'aliment vert du prince et s'étonna de son odeur agréable. Elle décida d'y goûter et à sa grande surprise, ce n'était pas mal du tout.
« Pour une scientifique, tu es inconsciente. », lui fit-il remarquer en étudiant la réaction de la jeune femme en train de savourer les plantes. Il se souvenait comment elle avait été la première à prendre sans hésiter une des boissons du garçon mystérieux pendant qu'ils attendaient Kakarot.
« Si ça ne t'a pas tué en neuf mois, ça ne devrait rien me faire. », affirma-t-elle en lâchant la branche sur la montagne de déchets qu'il avait amoncelés près du panneau de contrôle. Elle s'arrêta pour vérifier l'état dans lequel il se trouvait. « Bon, je suis définitivement un génie. », déclara-t-elle.
« Le contrôle central n'a pas l'air d'avoir trop souffert, on dirait que je vais pouvoir sauver le vaisseau après tout. » Et elle commença à toucher les boutons et à prendre les commandes.
« Les radars et les indicateurs semblent encore bons. » Le prince était à côté d'elle. Il avait arrêté de nettoyer pour s'approcher du panneau de commandes. « Ce qui a dysfonctionné pendant le voyage, c'est la pression des turbines, qui est tombé à mille unités... »
« Giganewton. », le corrigea-t-elle tout en l'observant de près.
Il continua sans la regarder, posant son index sur chaque touche qui lui paraissait utile. « Le gouvernail, les condensateurs de gravité... » A ce moment-là, il tourna son regard vers elle. « Et évidemment le compensateur de freinage. » Il croyait que cela vexerait la jeune femme comme la veille mais à sa grande surprise, elle le regardait fixement, avec ses yeux bleus grands ouverts. « Quoi ? », lui demanda-t-il, étonné.
« Presque personne ne sait ce qu'est un compensateur de freinage. », ajouta-t-elle sans fard. « Tu es vraiment intelligent. » Et elle sourit de bonheur. Elle s'imaginait qu'après son commentaire aussi spontané que sa personnalité, il se mettrait en colère ou lui lancerait à la figure que c'était l'évidence même. Elle obtint pourtant le contraire de ce qu'elle prévoyait. Le voir rougir. Cela lui parut troublant, oui, mais elle ne put éviter de se réjouir d'avoir provoqué chez ce Saïyen hautain et arrogant une telle réaction. Elle se rappela que la première fois qu'elle l'avait invité à vivre avec sa famille, elle lui avait fait une remarque similaire sur son intelligence quand Végéta avait donné l'idée de transférer les âmes de Goku et Krilin sur La Terre pour qu'ils puissent être ressuscités et qu'il avait baissé les yeux, honteux devant cette flatterie.
« Ça alors... », s'exclama-t-elle amusée. « On dirait presque que tu préfères les insultes aux compliments, Végéta. »
Il se retourna pour continuer à ranger. « Ne dis pas de bêtises, femme. » Et il ajouta après une pause sans vouloir la regarder : « Je sais ce que je suis dans sa juste mesure. » Il exagéra légèrement son sourire à son intention, indiquant un sarcasme.
« Oui, il est évident que tu es mesuré en tout. », lui dit-elle, en lui retournant l'ironie, écartant bien les bras pour montrer l'état du vaisseau détruit par son atterrissage.
« Et si tu veux dire par là que je me crois supérieure à ce que je suis, tu te trompes. » Et, tout en retournant son attention sur le panneau de contrôle, elle poursuivit : « Parce qu'on ne peut pas être supérieur à ce que je suis. » Elle l'entendit rire. C'était faible et étouffé mais elle entendit le maudit ricanement narquois du prince derrière elle, toujours absorbé par le ménage. « De quoi tu ris ? », lui demanda-t-elle indignée en se tournant à nouveau vers lui.
Végéta, qui s'était penché pour sortir d'autres plantes du fond des quelques caissons qui avaient supporté l'impact, se redressa pour lui répondre : « Pour une fois, tu dis quelque chose d'indiscutable. » Et il se pencha encore, dissimulant un sourire de triomphe.
Bulma croisa les bras, vexée. Elle avait raté son effet car il avait su donner la réplique. Elle le regarda et ne voulut pas se déclarer vaincue alors elle l'attaqua sur un autre front :
« Je vois que tu as pris goût aux vêtements d'ici. » Et elle remarqua qu'il venait de s'arrêter de fouiller pour se relever lentement. Bulma sut que le sourire qu'il affichait depuis sa dernière réplique avait sûrement disparu complètement de son visage et elle dut se retenir de rire.
« Ecoute-moi bien, humaine... », dit-il conscient de l'amusement qu'elle trouvait dans tout cela, « quand mon uniforme sortira de cette machine qui tourne... »
« La machine à laver. », corrigea-t-elle faisant de grands efforts pour ne pas rire.
« Qu'importe ! » Il avait toujours détesté qu'on rie de lui, mais il réussit à ne pas tout mélanger et à remettre les choses dans leur contexte : sa confrontation avec cette humaine et à ne pas donner à ces choses plus d'importance qu'elles n'en avaient réellement. Surtout que jusqu'ici, l'échange lui avait procuré du plaisir. « Quand il sortira de là, je le remettrai et je ne porterai plus jamais cet accoutrement. »
« Mais je trouve que cela te va très bien. » Elle le regarda effrontément de haut en bas. Elle s'attendait à ce qu'il rougisse mais il avait deviné sa tactique.
« J'attends avec impatience que tu ressembles à quelque chose avec tes vêtements, effrontée. » Maintenant, c'était lui qui l'étudiait sans ménagements.
« Si tu n'étais pas à l'aise avec ce pantalon, tu ne l'aurais pas mis. », déclara la jeune femme en souriant et en s'approchant de lui, ignorant le dernier commentaire critique du prince. « On ne me la fait pas à moi. Tu as passé des mois à laver ton uniforme, tu aurais pu le sortir de la machine. Tu y as pensé mais tu as sûrement essayé ces vêtements dans ta chambre et ils t'ont plus, n'est-ce pas ? »
Oui. Pas à pas.
« Tu te trompes, comme toujours. » Et il chercha une porte de sortie comme il savait le mieux le faire, par l'attaque : « Pourquoi n'arrêterais-tu pas avec ta ridicule et stupide manie de me mettre mal à l'aise pour faire quelque chose d'utile comme de réparer ma chambre de gravité ? Ou alors tu ne peux pas la réparer parce que tu l'as tellement mal conçue que... ? »
« Ecoute, prince ! », s'exclama Bulma en lui coupant la parole. « Arrête de te mêler de mon vaisseau ! » Et elle campa ses mains sur ses hanches pour le plus grand plaisir du Saïyen. « Au cas où tu ne le saurais pas, j'ai dû passer un accord avec mon père et je vais encore devoir me concentrer sur tes maudites exigences de mercenaire à moitié fou et laisser de côté mon travail, alors arrête de te mêler de ce que je fais parce que... »
« J'avais expressément ordonné à ton père d'intervenir car je voulais t'éviter ! »
« Tu n'as pas d'ordre à donner ! Tu entends ? Ici, les ordres n'ont aucune valeur ! » Elle fit non de la main, exprimant clairement sa colère.
Elle avait réussit à le faire se tourner vers la sortie. Il ne la supportait pas. Il ne supportait pas cette humaine criarde et vulgaire, et même si au cours de leur cordial échange, il y avait eu de bons moments, elle recommençait à lui crier dessus. Il ne pouvait pas la tuer, il ne pouvait pas lui faire du mal et pour la première fois il se rendit compte que passer trois années ici avec elle serait plus difficile que ne pouvait l'imaginer n'importe quel être de ce monde ou d'ailleurs, prince ou laquais, dieu ou mortel. "Malédiction ! Je dois progresser ! Et je dois être ici !", pensa-t-il en se dirigeant vers la sortie suivi par Tama qui était resté sur le qui-vive pendant toute la conversation. Avant de descendre la rampe du vaisseau, il l'entendit dire : « Et qu'est-ce que c'est que ces façons de m'éviter, hein ? Je n'ai pas la peste, crétin ! »
Il s'arrêta en entendant ces mots. Il trouvait incroyable que cette humaine soit parfois si futée et si idiote à la fois. Il se tourna, les yeux brillants de rage, et s'approcha d'elle à pas rapides. Évidemment, elle n'avait pas peur de lui et restait les mains sur les hanches à l'attendre, presque intentionnellement. Il la saisit par les bras et l'attira vers lui, très, très près. « Ecoute-moi, maudite femme ! », lui cria-t-il, lui faisant écarquiller les yeux et respirer son haleine chaude. « Tu crois que ça m'amuse ? Je suis le premier ! Tu m'entends ? Le premier à détester être ici avec toi ! Mais nous sommes condamnés à être ensembles ! » Il la secoua à ce moment-là : « Ensemble ! Dans trois ans, ils vont détruire ta planète ! Tous ceux que tu estimes, humaine puante que je déteste ! Alors fiche-moi la paix et mets-toi au travail ! » Et il la lâcha, la faisant tomber assise par terre.
Il allait franchir encore une fois le seuil quand il l'écouta dire quelque chose qui le remua intérieurement. Là, assise sur le sol froid du vaisseau ravagé et après s'être faite crier dessus et insulter, Bulma lui dit : « Moi, je ne te déteste pas. »
A ces mots, il fronça les sourcils et sans se retourner pour la voir, il répondit en reprenant sa marche sur la rampe : « Eh bien, tu devrais, car après ces trois ans, c'est moi qui mettrai un point final à tout ça. »
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Voilà, encore une fois désolée que la traduction prenne autant de temps. Je compatis car j'ai subi la même torture en attendant chaque chapitre en espagnol de Dame Dramaaa. Merci à tous ceux qui ont écrit des petits messages avec leurs impressions ou des messages d'encouragement. Si, si, ça motive vraiment à rouvrir son dico !
Personnellement, j'aime beaucoup comment Dramaaa ne tire pas à boulet rouge sur Yamcha et n'idéalise pas Végéta et Bulma. Dramaaa, je te vénère !
Je dois aussi vous prévenir que dans quelques chapitres, je serai obligée de passer l'histoire à "M" car il y aura des chapitres un peu "chauds", forcément, c'est un BV. Je n'ai pas voulu le faire dès le début car l'histoire ne se limite pas à un banal "lemon" et ces scènes ne sont jamais gratuites ou vulgaires à mon avis. Je ne pense pas que ce soit choquant au point de classer l'histoire d'emblée comme réservée aux adultes.
Après ces deux chapitres plutôt calmes, le prochain va vous plaire j'en suis sûre ! ^^
Dimitrova (traductrice)
