"Sur le Toit"

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Avis important : Déconseillé aux moins de 16 ans

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CHAPITRE 16. - Sept secondes -

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- "Allô ?"

- "... mais c'est que je ne comprends rien à ce qu'ils disent, chéri..."

- "Maman ?"

- "...oui, comme tu veux, papa, mais je te répète qu'ils ne vont pas m'écouter puisqu'eux non plus ne comprennent pas ce que je dis..."

- "Maman ?"

- "... oui, évidemment, après nous irons leur apprendre à jouer au golf avec les crosses de bois que..."

- "Maman !"

- "Ah, ma puce ! Bonjour !", réagit enfin sa mère. "Comme tu as décroché vite le téléphone !"

- "A qui parlais-tu ?", lui demanda la jeune femme en se calant dans la chaise de sa table de travail. - "Est-ce que papa est avec toi ?"

- "Oui, c'était lui, mais maintenant, il est dans la salle de bain et... Quoi ? Qu'est-ce que tu dis, chéri ? Ah, bien, ton père dit qu'il t'envoie plein de bisous."

Ses géniteurs étaient toujours aussi fous. Trois mois s'étaient écoulés depuis qu'ils étaient partis et c'était peut-être la troisième ou la quatrième fois qu'ils appelaient. Ils disaient peu de choses sur le lieu où ils se trouvaient. Apparemment, le village dans lequel ils avaient échoué était tellement au sud que les habitants parlaient un dialecte terrien assez difficile à comprendre, même pour son père. Pourtant les gens y étaient extrêmement gentils et enchantés de les avoir là et le sentiment était réciproque. Les parents de la jeune femme se trouvaient très bien dans cet endroit si éloigné de tout qu'ils oublièrent en arrivant là leur première intention de parcourir le monde. D'après ce que lui avait raconté sa mère, son père était devenu en quelque sorte le vétérinaire officiel de la ville et enchantait les enfants avec ses inventions bruyantes et très amusantes qui animaient l'endroit. Et sa mère, pour couronner le tout, était abonnée à la préparation des repas pour l'union fraternelle qui réunissait tous les résidents chaque dimanche. Le reste de son temps, elle le dédiait à accompagner son mari à travers les champs et à donner des cours de cuisine à domicile.

- "Vous aussi, vous me manquez.", prononça la scientifique d'un ton triste.

- "Allons, petite, tu ne peux pas mentir à ta mère...", la corrigea la blonde, amusée.

- "Bien sûr que si, vous me manquez !", lui répondit Bulma en se redressant sur la chaise. Elle n'arrivait pas à croire que sa mère ose lui sortir une phrase pareille même si elle devinait à quoi elle faisait allusion.

- "Si j'avais entre mes bras un homme comme celui que tu as là, je ne regretterais pas feu ta grand-mère !", s'exclama joyeusement sa mère sans pouvoir retenir un rire contagieux qui parvint, irritant, à sa fille à l'autre bout du fil téléphonique.

La jeune femme ne put que soupirer. Même à des milliers de kilomètres de distance sa mère n'avait pas changé d'un iota. - "Et comment allez-vous ?", s'enquit-elle.

- "Nous allons à merveille !", répondit avec son éternelle bonne humeur Madame Brief. - "Ton père va apprendre au maire et aux autres à jouer au golf et je serais présidente du jury pour un concours de pâtisserie qui aura lieu ce samedi chez le médecin. Tu te rends compte, ma chérie ? Présidente !"

- "J'en suis ravie pour toi." Et elle se rassit dans sa chaise plus tranquille, jouant avec le lobe de son oreille. - "Ça y est, vous savez où vous êtes ?"

- "Qu'est-ce que ça peut faire ?", répliqua sa mère. - "Raconte-moi ce qu'il y a de neuf avec Végéta. Bulma, sois une bonne fille."

- "Nous allons bien, maman, je suis en train d'apprendre à cuisiner, tu sais ? J'aimerais que tu sois là pour pouvoir me montrer."

- "Et le sexe ?"

- "Maman..."

L'absence de cri fut révélatrice pour Madame Brief. - "Mais ma fille !", s'exclama-t-elle, exprimant sa joie infinie. - "Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt !", l'interrogea-t-elle en se mettant debout et en lâchant le téléphone pour applaudir.

- "Maman ! Papa va t'entendre !"

- "Je vais avoir un petit-fils trop mignon !", disait sa mère en sautillant dans la chambre.

- "Maman !"

Elle entendit la protestation de l'autre côté du combiné et revint à elle-même. - "Dis-moi, petite, dis-moi... Il était temps !"

- "Arrête de crier sinon papa t'entendra !"

- "Mais ton père est aux toilettes, en plus, il a les mêmes espoirs que moi, il dit toujours qu'il rêve de voir un petit-fils aux cheveux clairs courir dans le laboratoire, apparemment il est convaincu que ce sera comme ça mais je préfèrerais une fille, tu sais que..."

En passant sa main derrière son oreille, elle palpa l'implant, se sentit triste et cessa d'écouter sa mère qui bavardait sans s'interrompre. "Qu'est-ce que je suis en train de faire ?", se demanda Bulma. Elle avait toujours voulu un enfant et maintenant elle était en train de tromper Végéta. C'est vrai, il ne serait pas un père parfait mais le temps s'écoulait et elle ne pouvait plus attendre. "Peut-être que je me suis juste mis cet implant pour me prouver que lui aussi tomberait à mes pieds.", se demanda-t-elle. "Ou peut-être pas." Elle ne s'arrêta pas sur le détail que dans l'éventualité où elle aurait un bébé, son père était convaincu que ce serait un garçon et qu'il n'aurait pas les cheveux noirs. Elle le comprit plus comme un désir de la part de son père que comme une conviction bien que son père ne dise jamais rien au hasard.

- "...Et c'est pour ça que je vais devoir raccrocher, hélas, comment vont les animaux ?"

- "Quoi ?" La scientifique sortit de ses divagations. - "Ils vont bien, en ce moment ils vont souvent se rafraîchir au lac car il commence à faire chaud."

- "Et Tama ?"

- "Il poursuit toujours Végéta, comme d'habitude."

- "Et Végéta ?"

- "Il s'entraîne."

- "Et comment disais-tu que le sexe était avec lui ?"

- "Maman..." Elle n'allait pas lui dire qu'il était une brute sans considération mais que malgré tout, elle s'éclatait beaucoup au lit avec le prince et que jamais il ne lui faisait de mal. Comme le lui avait dit Chichi, il contrôlait sa force y compris dans le domaine du sexe. Elle avait toujours eu confiance en sa mère et lui racontait tout même si elle était réticente au moment de commencer. La manie qu'avait Madame Brief d'être claire et directe sur tous les sujets qui lui passaient à l'esprit était un vrai casse-tête pour sa fille, même si cette dernière finissait par lui raconter les faits, convertissant ainsi sa mère en confidente. Chez eux, le sexe était considéré comme quelque chose de naturel, surtout par sa mère.

- "Tu me le raconteras au retour, chérie, je vous envoie à toi et à lui un énorme baiser."

- "Un autre pour toi, maman, je vous aime."

- "Et nous aussi, petite, tu le sais déjà."

Quand elle raccrocha, son mari sortit de sa salle de bain. - "Comment vont-ils tous ?", voulut-il savoir.

- "Chéri !" Sa mère bondit sur ses pieds comme mûe par un ressort et le serra dans ses bras. - "Apparemment, nous sommes tout près d'être grands-parents !"

Monsieur Brief rit devant l'évidence. - "Il était temps.", déclara-t-il en remontant ses lunettes.

- "C'est exactement ce que j'ai dit à notre fille.", ajouta la blonde en rangeant la chambre.

- "Je désire que nous ayons enfin cet enfant aux cheveux lilas dans notre maison pour le voir courir partout dans les couloirs."

Car avec ce que lui avait raconté sa fille sur le garçon mystérieux qui avait vaincu Freezer, surtout ce que le garçon avait dit lui-même au sujet de sa venue du futur dans un engin qui d'après la jeune femme était très sophistiqué et complexe, les détails de ses vêtements entre autres, il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait du fils de Bulma et Végéta. Le plus drôle, c'est que personne ne semblait s'en être rendu compte et il ne dirait rien puisque évidemment cela pourrait être préjudiciable connaissant sa fille et le jeune prince.

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- "Ne me mords pas le nez !", s'exclama-t-il en la repoussant, la faisant tomber sur le lit.

- "Tu n'as pas à te comporter ainsi, Végéta !", lui reprocha-t-elle à l'instant. Elle était en train de trop s'habituer à ce que le prince la repousse brusquement à tout moment et même si avec lui, elle avait de la douceur à revendre, elle continuait d'être Bulma Brief. Un instant, ils étaient bien et soudain sans aucune raison valable, le saïyen réagissait avec dédain. - "Ne fais pas comme si je t'avais fait mal !" Et elle ne l'avait pas fait. Tous deux le savaient, comme ils savaient quelle était la raison pour laquelle le prince avait agi ainsi. Elle l'observa pendant qu'il se rhabillait, ce qui lui donnait plus de mal que prévu car il ne trouvait jamais son pantalon aussi vite qu'il l'aurait voulu.

Végéta murmura quelque chose tandis qu'il mettait ses chaussures assis sur une chaise.

- "Qu'est-ce que tu as dit ?", lui demanda-t-elle, se déplaçant sur le lit vers le bord le plus proche de lui.

- "Je n'ai rien dit.", murmura-t-il à contrecœur en enfilant l'autre chaussure.

- "Tu as dit quelque chose en saïyen ?"

- "Non.", répondit-il sèchement. Il l'avait fait. Il ne savait pas pourquoi mais il l'avait fait, il avait juré dans sa langue natale.

- "Tu as dit 'jashir exim suall' ?"

Alors, là, il la regarda. Il resta stupéfait en entendant ces mots avec un accent presque parfait. Elle avait parlé en langue saïyenne ? Cette femme avait prononcé parfaitement sa langue, reproduit avec exactitude chacun de ses difficiles sons et avec naturel, comme si cette langue était la sienne ? - "Comment... ?" Il l'observa abasourdi.

Voir Végéta complètement déconcerté n'était pas quelque chose dont elle pouvait profiter tous les jours. Elle lui sourit avec orgueil. - "Tu parles en dormant."

Il resta sans voix assis sur sa chaise avec un regard qui demandait une explication.

- "Quand tu dors, tu parles dans tes cauchemars et tu le fais parfois en langage terrien mais parfois dans une autre langue qui, je suppose, doit être du saïyen.", lui expliqua Bulma en s'asseyant tranquillement sur ses talons.

- "Mais tu..." Visiblement, il voulait savoir comment il était possible qu'elle connaisse sa langue avec autant de naturel.

- "Le détecteur.", l'interrompit-elle.

Le saïyen était une langue difficile comparée à celle utilisée par les humains. Aussi ancienne que l'Univers, le prince pouvait affirmer haut et fort avec orgueil qu'il n'existait en elle aucune influence d'autres langues et qu'elle maintenait sa pureté aussi intacte que lui, son sang saïyen. Par contre, il existait des différences à l'intérieure de Vegetaseï sur la façon de la prononcer qui révélaient le statut de celui qui parlait. Juste par la façon de l'utiliser, on pouvait savoir si on avait devant soi un première ou un troisième classe.

Et cette femme l'avait utilisée comme si elle était la reine elle-même.

Quand il avait été envoyé sous la tutelle de Freezer, ce dernier avait interdit aux saiyens sous ses ordres d'utiliser leur langue maternelle mais leur nombre augmentant, son désir devint impossible et des échos des singes se firent entendre aux quatre coins de son empire. Devant le lézard, Végéta ne la parlait jamais et c'était seulement avec ses subalternes directs, Radditz et Nappa, qu'il pouvait se permettre le luxe de dialoguer dans sa langue et il le faisait exclusivement quand ils étaient loin du palais. Il se souvenait encore avec stupeur des colères de l'empereur qui le faisait venir en sa présence juste pour lui reprocher que dans ses territoires beaucoup de saïyens parlaient encore leur langue natale. Et la raison pour laquelle il le savait, aux yeux du prince, n'était pas seulement parce que ses sbires le lui avaient répétés mais parce qu'il était plus que sûr qu'à cause de sa méfiance et sa peur des saïyens, il avait truffé le palais de micros.

Une méfiance envers tout et tous était une des choses qu'il avait pu apprendre de ce répugnant reptile, presque aussi intense que la haine qu'il lui insufflait en le rendant coupable lui-même du fait qu'un quelconque soldat ait pu entendre parler la langue natale de Végéta sur ses terres. Lui et lui seul, en tant que représentant de tous ses congénères, en subissait les conséquences sous forme de brutales corrections et il se jura qu'il ne la prononcerait jamais à moins d'être loin, très loin et avec des personnes dont le sens du devoir et de la loyauté envers la couronne de Vegetaseï faisaient qu'ils ne le trahiraient jamais, surtout qu'eux aussi seraient exterminés par l'empereur s'il apprenait qu'ils utilisaient cette langue.

Ensuite, l'histoire s'était encore plus compliquée et l'anéantissement de sa planète par le lézard entraîna la langue saïyenne dans l'oubli et il ne l'entendit plus que de ses deux vassaux et dans ses pensées.

Le détecteur servait à comprendre instantanément la langue de quiconque se trouvait devant le détenteur de cet appareil multifonctions et permettait de l'assimiler comme la sienne. De plus, il ne savait encore très bien pourquoi même s'il se doutait que les différents dieux y étaient pour quelque chose mais il existait une langue universelle qui possédait autant de mode d'écritures qu'il y avait de planètes et que tous les habitants du cosmos maîtrisaient. Cette langue se modifiait juste en dialecte selon les lieux et certains mots paraissaient bizarres à tout étranger. C'était aussi le cas sur Terre. Et maintenant, cette incroyable femelle humaine avait utilisé le détecteur pour apprendre quelques mots de sa langue. Pourquoi ? Et de qui ?

- "D'où as-tu sorti un détecteur, toi ?", voulut-il savoir un peu gêné par l'allusion à ses cauchemars qui sous-entendaient qu'il recommençait, bien qu'inconsciemment, à s'ouvrir à elle. Cette femme était un génie, bien qu'uniquement à l'échelle de la terre, alors il ne lui en demanderait pas plus sur comment elle avait pu déchiffrer si facilement sa langue. Cela n'aurait fait que renforcer sa vanité d'être aussi intelligente.

- "Du type qui était venu tuer Goku, celui qui avait les cheveux longs.", lui répondit-elle en s'allongeant tranquillement sur le lit, les yeux levés au plafond.

Il regarda sur le côté, pensif. Sans aucun doute, elle était en train de parler de Raditz. Une idée fugace lui traversa l'esprit. - "Où est-il ?", lui demanda-t-il en se mettant debout.

Elle se releva sur le lit. - "Tu veux le voir ?"

- "Pourquoi te demanderais-je sa localisation sinon ?"

Bulma le regarda un instant et posa les pieds au sol pour enfiler sa nuisette et ses pantoufles. - "Pourquoi parles-tu comme ça ?", demanda-t-elle avec curiosité tout en s'habillant.

- "Tu dis des mots rares comme localisation, quartiers..." Elle soupira et leva la vue pour le regarder. Végéta était déjà à côté d'elle en train de l'attendre. - "Ce n'est pas que ça me dérange, ce qui me dérange c'est d'autres choses chez toi et ça, ce n'est pas vraiment désagréable par rapport à d'autres côtés beaucoup plus désagré... Aaah !", s'exclama-t-elle en sentant qu'elle avait perdu le sol des yeux.

- "Tu en mets un temps.", lui dit le prince alors qu'il l'avait déjà chargée sur son épaule et qu'il sortait par le balcon, s'élevant en direction du laboratoire.

- "Ça, c'est une des choses chez toi qui me dérangent plus que tout ! Espèce de brute !", lui cria-t-elle quand il prit son envol avec elle sur le dos. Instantanément, elle changea d'avis - "Oh ! Pourquoi nous ne faisons pas ça plus souvent, hein ?" Et elle rit en ouvrant les bras comme des ailes. Moins de trois secondes plus tard, il la laissa glisser en la tenant par la taille pour la poser debout sur le sol froid de la cours devant la porte de son lieu de travail.

- "C'est la dernière fois que je joue les garçons porteurs alors la prochaine fois ou tu te dépêches ou je te traînerai par..."

- "Garçons porteurs ?", l'interrompit la jeune femme. Elle eut l'impression d'avoir entendu cette expression avant mais ne s'en souvint pas en cet instant. En plus, elle était occupée à souffler ses cheveux de devant son visage.

Il les lui écarta d'une main, gardant l'autre sur la hanche de la scientifique. Ces gestes infimes et très espacés dans le temps étaient les détails qui faisaient croire à Bulma que parfois il exagérait sa rudesse avec elle pour l'éloigner, que tout n'était pas si brutal et animal chez cet homme, que quand il la regardait dans les yeux, elle voyait quelque chose d'équivalent à ce qu'elle ressentait pour lui. Elle ne put pas s'empêcher de plonger intensément ses pupilles dans les siennes et de vouloir l'embrasser.

Le saïyen devina son intention et la retourna pour la faire pénétrer dans le laboratoire par une légère bourrade. - "Tu es pénible.", lui dit-il en entrant lui aussi après elle.

- "Et toi, une brute !", lui reprocha-t-elle d'un air hautain en arrangeant ses cheveux bleus. Elle s'arrêta au milieu de l'immense pièce et regarda sur le côté. - "C'est par ici." Avec toujours la même humeur, elle lui montra du doigt là où se trouvait le détecteur et il la suivit comme si de rien n'était. Elle ouvrit un tiroir et en sortit l'appareil multifonctions. - "Tiens." Elle souleva l'objet derrière le prince afin qu'il le prenne.

Végéta prit le détecteur de Raditz avec lenteur comme s'il s'était agi d'un objet étrange qu'il n'avait jamais vu. C'était pourtant loin d'être le cas. Il l'observa et l'examina et mille souvenirs lui revinrent en mémoire. Ses années de guerrier, de mercenaire cruel et implacable, des batailles sanglantes, ses efforts vains contre un rival qui avait toujours été indigne de s'affronter au Prince des Saïyens. Tout cela était loin derrière lui et il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou non. Sa vie d'envahisseur impitoyable lui avait donné beaucoup de bons moments. La lutte était essentielle pour un saïyen et voir se soumettre à ses pieds tous ces êtres faibles et pathétiques était une sensation très gratifiante et réconfortante. Mais il ne la connaissait plus. - "Malédiction...", murmura-t-il tout bas avec dédain.

- "C'est ce que tu as dit en saïyen.", lui dit Bulma, qui était restée à l'observer pendant ces longues secondes de confusion pour le prince.

Il leva les yeux vers elle et la lassitude envahit son visage. La raison pour laquelle il voulait le détecteur était pour que la jeune femme le mette et mesure à quel point sa puissance de combat avait augmenté pendant son séjour sur La Terre mais maintenant le souvenir de grandioses victoires passées le décourageait et l'ennuyait.

- " 'Jashir exim suall', c'est une sorte de juron et même si je n'ai pas la traduction littérale c'est à peu près comme 'Malédiction !', non ?", demanda Bulma en s'appuyant sur le bord de la table et en croisant les jambes. Elle le connaissait depuis assez longtemps pour savoir que quand cette moue apparaissait sur le visage du saïyen, elle ne devait pas y prêter la moindre attention.

Végéta l'observa un instant avant de lâcher avec ennui le détecteur à côté du corps de la jeune femme, laissant le choc métallique comme seule réponse.

La scientifique se tourna immédiatement pour lui montrer quelque chose qui pouvait l'intéresser. - "Regarde ça.", dit-elle en sortant d'un tiroir un objet plat.

- "Ça ne m'intéresse pas." Le prince se dirigeait déjà vers la sortie. Il entendit un sifflement et soudain sa vue se troubla mais il retrouva son calme, la chair de poule le parcourant.

Il resta pétrifié et se retourna pour la regarder.

- "Ça alors !", s'exclama la jeune femme en souriant et en tenant l'invention étrange sur la paume de sa main. Elle avait remarqué que le dos du saïyen s'était tendu quand elle avait juste appuyé le bouton d'activation pendant un millième de seconde. - "- Apparemment ça marche.", poursuivit-elle en l'approchant de son visage et en l'étudiant avec intensité. - "Qu'est-ce que tu as senti ?", lui demanda-t-elle sans le regarder.

- "Qu'est-ce que c'était ?", demanda Végéta en s'approchant d'elle. Il aurait pu jurer qu'il avait senti pendant un instant la même sensation qu'avant de se transformer en ôzaru, avant de perdre conscience parce que son côté singe prenait la contrôle. "Non", voulut-il se convaincre lui-même, "ce n'est pas possible."

La jeune femme contemplait toujours sa création. - "C'était..." Elle leva les yeux sur lui qui était déjà devant elle en train d'étudier avec le même intérêt l'appareil plat qu'elle tenait entre ses mains. - "Qu'est-ce que tu as senti ?", voulut-elle savoir de nouveau.

Il s'écarta d'elle et leva le poing. - "Mais qu'est-ce que c'est, Bulma ?", répéta-t-il sans pouvoir assimiler l'idée que la scientifique puisse concevoir un artefact capable de le transformer en ôzaru alors qu'il ne possédait plus de queue, l'attribut fondamental pour que l'âme animale de tout saïyen reprenne ses droits. Sans parler du prérequis de l'existence d'un satellite pour que ce processus naturel prenne place chez tout congénère. Et sur cette planète, il n'y avait aucun satellite, alors, que s'était-il passé ?

- "Ne me crie pas dessus !", lui reprocha-t-elle en haussant la voix.

Le prince poussa un soupir las. Il s'était disputé avec elle à l'étage et maintenant ils avaient entamé un autre duel verbal qui n'aboutirait à rien si ce n'est au sexe car Bulma s'approchait trop de lui. Et après les souvenirs que le détecteur avait ravivés, il n'était pas d'humeur à se laisser approcher par la jeune femme. La réalité d'une mémoire perdue à cause de ses nouvelles aspirations et qu'il ne savait pas adapter à sa nouvelle condition, cataloguer son passé en comparaison avec son présent comme quelque chose de positif car il était près de son but ultime, avait ramené à la surface des sentiments profonds qu'il conservait, de vieux désirs que ces victoires s'achèvent car elles ne lui apportaient rien de neuf mais qui lui rappelaient qu'avant, il était le meilleur. Le Prince des Saïyens était le meilleur malgré l'existence de types aussi saugrenus que puissants comme ceux des Forces Spéciales Ginyu, qui, s'ils n'avaient pas formé un groupe et n'avaient pas possédés des pouvoirs dépassant la force n'auraient jamais pu le vaincre.

La lassitude lui fit repousser la possibilité qu'elle ait pu créer un appareil pour le transformer en ôzaru. "Impossible.", se dit-il, ignorant que pour elle, rien n'était impossible. Il ne voulut rien savoir de plus et se tourna pour sortir de là une bonne fois pour toutes.

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Il regarda la pendule. Une heure moins le quart. S'il suivait sa routine quotidienne, il devrait maintenant méditer et il pensa que ce serait une bonne idée de le faire dans le lac. La chaleur, ces derniers temps, était en train de devenir insupportable et cette maudite planète semblait se réchauffer de jours en jours, comme un volcan. Et si cela continuait comme cela, le volcan finirait par exploser. Comme ce monde maudit s'évertuait à le défier, il savait grâce au temps qu'il avait déjà passé là qu'il finirait par faire froid avant d'à nouveau faire chaud. Malgré la logique naturelle de la chose, c'est à dire que tout avait une fin, sur Végétasei la température était constante, elle augmentait seulement quand une pluie marron et épaisse voilait le firmament et couvrait de boue tout ce qui se trouvait en dessous.

Il prit sa serviette pour essuyer la sueur qui coulait à flot sur son corps. Il était content car il avançait. Lentement, mais il avançait. Il avait réglé la pression à quatre cents et il ne l'avait jamais baissée depuis des semaines. Il se tourna pour se diriger vers la porte de la chambre de gravité mais il s'arrêta pendant une seconde et fronça encore plus les sourcils en remarquant la présence de la jeune femme qui s'approchait du vaisseau. Il ouvrit la porte et elle était déjà en train de monter la rampe.

En voyant la confusion sur son visage, elle mit sous son nez ce qu'elle portait sur un plateau : - "J'ai décidé de commencer par quelque chose de basique.", lui dit-elle avec un sourire. - "Je refuse de te laisser continuer à dire que je suis la pire cuisinière de l'Univers."

- "Et moi, je refuse de boire quoi que ce soit que tu aies élaboré.", lui répondit-il en croisant les bras.

Elle assombrit son regard en plissant les yeux. Elle était venue dans l'intention de lui faire goûter son thé glacé et elle y parviendrait. Elle pénétra dans le vaisseau pour y poser le plateau et pour ce faire, le poussa avec son corps. Il se laissa faire.

Elle posa le plateau en équilibre instable sur les commandes, entre les boutons et les indicateurs, sur l'unique recoin plat qui existait sur le plan incliné. Végéta la suivit du regard restant sur un côté de la porte.

- "Regarde." Et elle leva un verre plein de glaçons pour qu'il voie qu'elle serait la première à le goûter. Trop de sucre. "C'est pas vrai !", s'exclama Bulma intérieurement en essayant de feindre. "Mais même un maudit thé glacé, je ne suis pas fichue de le réussir ?" - "Délicieux.", conclut-elle en se pourléchant les lèvres.

Le prince continuait de la regarder avec intérêt et profita de l'instant pendant lequel elle se tourna pour prendre un autre verre pour vérifier la pendule. Il restait un peu plus de dix minutes avant l'heure de son déjeûner.

- "Goute-le, Végéta.", lui suggéra-t-elle en s'approchant de lui et en lui apportant le verre.

Il avait chaud. Très chaud. Et même si cette chose était exécrable, il y avait des glaçons à l'intérieur. Il ne bougea pas d'un pouce et la laissa parcourir tout l'espace qui les séparait.

- "Tu ferais mieux d'accepter.", répéta Bulma déjà face à lui. - "Il fait très chaud là-dedans, tu ne trouves pas ?"

Il continuait à la regarder, les bras croisés, et ne répondit pas.

Elle décida de le boire elle-même et de lui faire au passage une de ses blagues qui le déconcertaient tant. Elle prit une gorgée du verre et lui lança : - "Tu vois ? Tu n'as pas besoin d'avoir peur de te faire empoisonner."

Elle comprit au souffle court qui lui échappa et au soulèvement presque imperceptible d'une des commissures de ses lèvres que lui aussi avait trouvé cela drôle, non pas la plaisanterie en elle-même, mais son impertinence. Et il le lui fit savoir :

- "Effrontée.", murmura-t-il de sa voix profonde en lui enlevant le verre des mains. Il commença à boire et elle se tourna vers le panneau de contrôle. Il jeta un nouveau coup d'oeil à la pendule. Une heure moins dix.

- "C'est bon ?", lui demanda-t-elle de dos tout en marchant.

Trop sucré mais buvable. - "Répugnant.", répondit-il en le terminant jusqu'à la dernière goutte et en marchant vers elle.

La jeune femme se retourna alors qu'il était à quelques mètres. Végéta s'arrêta net en voyant le calme avec lequel la scientifique portait le plateau, lui faisant comprendre qu'elle s'en allait. Bulma lui sourit et le dépassa pour se diriger vers la porte.

"Qu'est-ce qu'elle fait ?", se demanda le prince en fronçant davantage les sourcils. Il restait dix minutes avant son déjeuner et elle ne l'interrompait quasiment jamais pour rien. Alors elle n'était venue que pour lui offrir quelque chose à boire ? Il écarquilla les yeux de surprise quand il sentit une tape sur ses fesses. Il fit volte-face sans se départir de sa moue de stupeur et d'incrédulité. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle fasse ce genre de choses ? Et pourquoi lui, un guerrier aguerri par tant de batailles, se faisait-il prendre au dépourvu, la garde baissée, par cette femme ?

Bulma se retint d'éclater de rire car elle s'imaginait bien le visage étonné et gêné de Végéta. - "Je t'attends pour manger, d'accord ?" Et elle lui fit un clin d'œil en tournant la tête en arrière vers lui. Elle arborait un large sourire alors qu'elle descendait déjà la rampe. C'était la première fois qu'elle s'éloignait de lui sans tenter quoi que ce soit mais elle voulait faire passer le message qu'elle n'allait pas toujours faire ce qu'il voulait. Même si ce qu'il voulait à ce moment était précisément ce qu'elle voulait aussi. Elle n'avait pas émis un refus catégorique car sinon le prince se serait senti rejeté. Et le Prince des Saïyens ne permettrait jamais que quiconque le rejette.

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- "Je dois aller m'entraîner."

- "Tu ne veux pas que je continue à t'enseigner les bonnes manières ?", lui demanda-t-elle d'un air coquin en tenant la fourchette avec le morceau de viande. Après avoir joué avec lui dans la cuisine et l'avoir convaincu de la laisser lui donner à manger la viande morceau après morceau au lieu de la dévorer en une seule fois, elle avait terminé assise sur le prince, avec l'assiette dans sa main gauche et l'ustensile dans la droite.

- "Ça suffit comme ça, Bulma, il faut que j'aille m'entraîner." Et il lui prit l'assiette et l'ustensile. La sentir à nouveau sur lui malgré leurs vêtements lui donnait envie de la posséder sur la table de la cuisine et il avait déjà perdu trop de temps avec le repas, du temps qu'il devrait rajouter à l'entraînement de ce soir. Quand il posa l'assiette et le couvert sur la table, elle enlaça son cou en se collant contre lui. - "Je refuse de te lâcher.", lui dit-elle avec conviction.

- "Tu vas me lâcher." Et il se leva, pensant que comme cela Bulma le lâcherait étant donné son manque de force mais même si pendant un court instant cela se confirma, elle bondit et crocheta ses jambes autour de sa taille.

- "Tu ne te débarrasseras pas de moi si facilement, prince.", lui dit-elle avec orgueil en le regardant droit dans les yeux.

Il eut un petit sourire de côté. - "Dans cette position, on croirait un de ses ours des bois que vous avez par ici." Et il hocha la tête en direction du jardin.

- "Ça m'est égal que tu m'insultes mais je refuse de te lâcher." Et elle serra son étau avec ses jambes et ses bras.

Végéta soupira et mit les mains sur ses hanches. - "Tu extrêmement pénible et je dois aller m'entraîner."

- "Et toi, tu es un égocentrique avec une coupe de cheveux bizarre et je refuse de te lâcher.", répondit-elle d'un ton insouciant, voulant voir ce qu'il ferait pour qu'elle le laisse. Elle sentit la poitrine de Végéta trembler à cause du rire profond qu'il dissimulait à l'intérieur. Elle ne remarqua pas le sourire de triomphe particulier qu'il arborait tandis qu'il marchait avec elle comme fardeau, qui l'enserrait avec ses jambes et ses bras, rajustant sa prise encore et encore car en marchant ses pas la faisaient glisser. Ils se mirent à traverser le jardin en silence. Elle crut qu'il allait l'emmener pour faire des assouplissements ou quelque chose de semblable et s'étonna en voyant qu'il changeait de direction. - "Tu ne vas pas à la pelouse ?" Elle commençait à avoir peur de ce qui l'attendait.

Il ne répondit pas. Il continuait à marcher et dans la direction qu'il prenait il restait deux options : la chambre de gravité ou la piscine. - "On va vers la piscine ?"

Végéta ne desserrait toujours pas les lèvres. Quand sa trajectoire se mit à tourner pour aller directement vers le vaisseau, toutes les craintes de Bulma se confirmèrent. Elle écarta la tête pour le regarder en face et elle ne fut pas étonnée d'y voir son demi-sourire. - "Je ne te lâcherai pas.", lui répéta-t-elle plus pour se convaincre elle-même que pour le convaincre lui. Évidemment, à un moment de ce jeu, il parviendrait à ce que la jeune femme le libère mais c'était amusant et vraiment, elle ne voulait pas le lâcher.

Ils entrèrent dans le vaisseau et il semblait sûr de ce qu'il allait faire. Il se positionna devant le panneau des commandes. Il la regarda dans les yeux avec inexpressivité tandis qu'elle l'observait avec espérance. De là, il ferma la porte sans écarter ses yeux du visage de la jeune femme qui voyait venir ce qu'elle craignait : - "Tu n'oserais pas faire ça.", lui murmura-t-elle avant de voir s'accentuer son expression moqueuse et hautaine tandis qu'il appuyait le bouton qui enclenchait la gravité et qu'il observait à quel point elle étudiait ses faits et gestes. - "Tu n'oserais quand même pas !", lui cria-t-elle, surprise, en plongeant à nouveau son visage dans son cou. De là, elle vit un '1' briller sur l'écran ce qui lui fit comprendre que la gravité était normale. Elle se serra contre lui avec encore plus de force en voyant qu'il approchait son index du bouton. - "Non, non, non, non, non, non." Elle ne voulait pas penser à ce qu'elle ressentirait quand cela s'intensifierait.

- "Tu vas me lâcher ?", lui demanda le prince, espérant maintenant qu'elle lui réponde par la négative et c'est ce qui se passa :

- "Non."

C'était définitivement la femme la plus têtue qu'il ait jamais connue. Il appuya la touche 'plus' juste un instant et le chiffre sur l'écran passa à deux. Quand il la sentit commencer à glisser, il ne put se retenir d'exprimer sur son visage que cela lui était agréable.

- "Non, non, non, non, allons, non.", se lamentait-elle en sentant son corps incroyablement lourd. Elle fit un effort pour resserrer sa prise mais quand elle lâcha un peu pour mieux se rendre compte, elle tomba la tête la première contre le sol.

- "Aïe !", dit-elle en se plaignant du choc et en essayant de se relever mais son corps pesait maintenant le double. Elle leva la vue vers lui, qui avait croisé les bras et l'observait de là, jouissant de sa victoire comme le prouvait son sourire en coin. - "Tu es un tordu.", réussit-elle à lui lancer de la position dans laquelle elle était tombée : les bras en croix et les jambes écartées.

- "Maintenant, va-t-en.", l'entendit-elle prononcer sans changer d'expression. Elle releva à nouveau la tête espérant qu'il baisserait la gravité à un. Mais non. Il continuait à la regarder avec amusement, attendant qu'elle sorte d'une manière ou d'une autre de la chambre de gravité.

- "Mais tu ne vas pas baisser la pression ?"

- "Non.", répondit-il amusé.

- "Très drôle, Végéta, tu as déjà réussi à te libérer de moi pour l'instant..." Elle insista sur le côté temporaire de sa libération et elle continua après une brève pause. "... Alors baisse la gravité."

- "Non.", répondit-il de nouveau.

- "Comment ça, non ?" Elle n'arrivait pas à y croire. - "Mais tu veux que je sorte toute seule avec plus de cent kilos sur le dos ?"

- "Cent dix.", corrigea-t-il, tout cela le divertissait beaucoup trop. En la voyant à ses pieds à peine capable de se mouvoir, il avait du mal à se retenir de rire. - "Et c'est toi qui t'es mise là-dedans, alors oui, tu devras sortir seule."

En entendant qu'il allait poursuivre la plaisanterie, elle tourna son corps au prix d'un grand effort et elle se mit à quatre pattes avant d'essayer de se relever. En vain. Elle traîna son corps lourd sur ses genoux et les paumes de ses mains. - "Tu es un sadique, tu sais ?" Elle tourna la tête pour le voir là, hautain et exultant.

- "C'est possible.", répondit-il avec indifférence. - Moi, d'ici, j'ai une vue parfaite.", ajouta-t-il avec sérieux tout en penchant la tête sur un côté pour lui faire comprendre qu'il appréciait la vue.

- "Imbécile.", dit-elle en continuant sa terrible retraite à quatre pattes vers la porte. - "Tu me le payeras ! Ne crois pas qu'on en restera là, mon prince." Et soudain elle sentit que la pression diminuait et que le poids de son corps retournait à la normale. - "Ça alors, on dirait qu'enfin tu as renoncé à ton jeu sadique." Elle se releva en souriant, se sentant plus légère que jamais, elle se tourna et le vit de dos. Elle l'avait observé tant de fois depuis qu'elle le connaissait que juste par la tension qu'exprimaient les muscles de son dos et de son cou, elle sut que quelque chose allait mal et elle comprit immédiatement ce que c'était : - "Végéta ?", lui demanda-t-elle en s'approchant de lui.

- "Va-t-en.", lui ordonna-t-il sans la regarder.

- "Qu'est-ce qui t'arrive ?" Elle refusait de lui obéir. Quelque chose s'était passé dans l'esprit du guerrier dans le bref intervalle de temps pendant lequel elle avait proféré des menaces depuis le sol et elle craignait ce dont il pouvait s'agir.

- "Va-t-en !" Il haussa la voix et continuait à lui dissimuler son visage.

- "C'était juste un jeu, Végéta, rien de plus." Elle voulait lui faire voir qu'elle savait pourquoi il avait brusquement changé le cours de cette plaisanterie entre eux deux. - "Ne t'en veux pas pour ça."

Pour la seconde fois, il soupira et avant qu'il ait le temps de lui crier après, il sentit qu'elle se tournait et sortait par la porte. "Maudite femme !", se dit-il avec irritation tout en appuyant les paumes de ses mains sur le panneau central. Pour la énième fois, il s'était encore laissé envoûter par elle. Même si elle avait rampé à quatre pattes à travers le vaisseau, c'était lui le vaincu.

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Il fallait qu'elle lui en parle et elle ne trouvait pas les mots parfaits pour le dire. C'était un inconvénient auquel elle n'avait pas pensé avant à cause de son impétuosité dans toutes ses décisions et l'implant commençait à en être le parfait exemple. Elle avait ses règles et maintenant il fallait qu'elle trouve une excuse pour ne pas le voir pendant trois jours. D'après ce qu'elle avait pu voir au cours des deux occasions précédentes, cela ne l'étonnait pas qu'elle doive partir en déplacement professionnel alors elle décida avec nervosité que ce serait à nouveau l'excuse idéale.

- "Je vais devoir partir trois jours à la Cité de l'Est pour une réunion avec de possibles associés.", lui dit-elle finalement alors qu'elle se levait pour se resservir en jus de fruit.

Végéta répondit par le silence et Bulma poursuivit son mensonge - "Je m'en vais ce soir alors tu n'auras qu'à programmer les robots ménagers pour qu'ils te fassent la cuisine."

Il venait juste de finir son repas à cet instant et il se leva de son siège pour retourner à sa chambre de gravité non sans lui lancer auparavant : - "Comme les deux fois précédentes où tu as eu ton cycle menstruel."

Bulma le regarda quitter la cuisine bouche bée sous le choc. Elle regarda les assiettes en se demandant comment le prince pouvait savoir ça et elle se leva d'un bond. Elle se précipita à sa poursuite, en quête d'une réponse. - "Comment peux-tu savoir ça ?"

Végéta, par contre, se demandait comment Bulma pouvait essayer de lui mentir avec autant d'aplomb. Il n'avait pas pu voir l'expression de surprise de la jeune femme mais ce n'était pas seulement sa remarque qui l'avait étonnée mais aussi son attitude passive à ce sujet.

Evidemment, cela l'ennuyait de savoir qu'elle n'était pas enceinte mais il considérait que c'était naturel qu'une humaine mette du temps à être fécondée par un saïyen. La raison pour laquelle il s'en était rendu compte n'était pas très compliquée : c'était la troisième fois qu'elle lui servait cette excuse et elle ne l'utilisait qu'à une période précise. De plus, son odorat recommençait à lui être utile sur cette planète car si un saïyen pouvait sentir les changements produits par le système nerveux d'une personne en proie à la peur, les hormones des femmes n'étaient pas un mystère.

Il décida de ne pas lui répondre et continua son chemin vers la chambre de gravité les yeux fixés sur le gazon tandis qu'il avançait à grandes enjambées. Il s'arrêta brusquement et Bulma, qui attendait une explication, en fit autant.

- "Quoi ?", lui demanda-t-elle. - "Tu ne vas pas me dire comment un extraterrestre sait ces choses-là ?"

Et alors le prince fit quelque chose d'étrange aux yeux de la scientifique : il contourna le morceau de gazon qu'il avait juste devant lui pour continuer son chemin. Du peu que la jeune femme put entrevoir, il arborait sur le visage sa typique expression dédaigneuse quand soudain, il se figea et se précipita vers le vaisseau pour s'y enfermer.

- "Mais qu'est-ce que... ?" Bulma s'inclina pour voir ce qui avait fait se comporter ainsi Végéta. Selon sa logique, si quelque chose gênait le saïyen, il le pulvériserait. Qu'avait-il bien pu voir sur le gazon qui puisse lui causer autant de répugnance et même un peu d'effroi ? Elle chercha entre les pousses vertes et n'y trouva qu'un minuscule ver qui se frayait un passage entre les feuilles fines. - "Un ver ?", murmura-t-elle en relevant la vue vers la chambre de gravité. Elle se mit à rire tout en retournant vers la cuisine.

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Il s'arrêta sur le seuil de la porte en la voyant devant les fourneaux. Contrairement à ce qu'il croyait en s'approchant de la cuisine, ce qu'elle était en train de remuer dans la casserole sentait bon.

La scientifique le vit et devina ce qu'il pensait : - "Pas de panique, c'est une sauce faite par les robots, je ne fais que la remuer."

Il passa derrière elle en l'étudiant avec le sourcil froncé tout en prenant dans le réfrigérateur une cannette , il s'assit à sa place pour déjeuner. Bulma se retournait de temps en temps pour le regarder.

- "Arrête de faire ça.", lui demanda Végéta en prenant une tranche de pain dans la panière.

- "De faire quoi ?", lui demanda la jeune femme en le regardant à nouveau. - "De remuer une sauce déjà cuisinée ? C'est la sauce tomate que tu..."

- "De me regarder.", précisa-t-il.

Bulma campa sur sa hanche la main qui n'était pas occupée à remuer la mixture. - "Je ne te regardais pas." Elle voulut nier, un peu gênée par la façon dont le saïyen s'était exprimé. Elle n'était pas en train de le regarder, elle vérifiait juste s'il commençait à manger. Et rien de plus.

- "Tu es toujours en train de me regarder." Le prince se servit de l'eau et continua son explication. - "Tu me regardes constamment, quand je m'entraîne, quand je me douche, quand tu crois que je suis en train de dormir..." Il leva les yeux pour la voir irritée. - "Tu me regardes toujours, comme maintenant."

La jeune femme put entrevoir une moue moqueuse sur ses lèvres et cela la mit hors d'elle. - "Vantard ! Je ne fais pas ça !" Si, elle le faisait mais il n'avait pas le monopole de l'analyse dans cette maison alors elle changea immédiatement de tactique. - "Et même si c'était vrai..." Elle fit deux pas vers lui, brandissant la spatule sous son nez. - "tu es bien placé pour le savoir car toi aussi tu me regardes, non ?"

Il se sentit pris à son propre piège et après y avoir réfléchi un instant tandis qu'il effaçait de son visage son expression moqueuse, il put juste dire : - "Non." Et il continua à engloutir son déjeuner. Était-ce vrai ? Lui aussi il la regardait ? Ce n'était pas vrai car sinon, il l'aurait remarqué. "Ou non ?", se demanda-t-il, consterné.

La scientifique sourit et insista : - "Bien sûr que tu le fais, toi aussi tu me regardes mais moi, par contre, ça ne me gêne pas que..." Elle le vit se lever et marcher d'un pas décidé vers le jardin. - "Où vas-tu ?"

- "M'entraîner.", lui répondit-il. "A force de me regarder, tu as fait brûler la sauce."

Bulma se retourna et vit de la fumée sortir de la casserole. - "Mince !"

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Assise sur les toilettes, elle pensait au retard qu'elle avait accumulé dans le domaine des progrès de l'entreprise. Si elle voulait que celle-ci rapporte encore plus, il faudrait qu'elle y mette tout son courage pour y arriver surtout qu'il faudrait traiter avec de grands magnats industriels ce qui pour elle était d'un profond ennui.

- "Bulma !", entendit-elle de dehors.

C'était lui, qui l'arrachait de ses pensées avec un ton qu'elle connaissait bien. Son entraînement avait été arrêté par une quelconque raison et il lui en reportait la faute dans le sens le moins intime possible.

- "Quoi ?", cria-t-elle.

- "J'ai besoin de ta présence immédiatement dans la chambre de gra..."

Elle leva leva les yeux vers lui, qui était resté sans voix en la voyant assise.

- "Mais qu'est-ce que tu fais !", s'exclama-t-il en détournant le regard et en sortant comme une flèche de la salle de bain.

- "Mais à ton avis, qu'est-ce que je fais ?", lui répliqua-t-elle. - "Je fais pipi !", lui hurla-t-elle, s'expliquant même si elle savait que sa position ne laissait de place à aucun doute.

- "Et pourquoi tu ne m'as pas prévenu ?", entendit-elle à travers la porte. Le soupir qui suivit cette question aussi était prévisible.

Elle articula quand même. - "Et toi, pourquoi tu ne frappes pas à la porte ! Les portes servent à ça !", lui lança-t-elle tout en se séchant les mains. Après s'être lavée les mains, elle retourna à la chambre et s'arrêta pour l'observer. Il semblait honteux et éviter de la regarder. Devant ça, elle ne put que sourire :

- "Je ne sais pas comment tu peux passer avec autant de facilité d'authentique idiot à irrésistible.", lui lança-t-elle en guise de provocation en s'appuyant sur le chambranle de la porte.

Il l'étudia pendant un instant sans comprendre rien de ce qu'elle avait dit. Il n'y prêta pas attention. - "J'ai besoin que tu répares un des robots de combat, il est devenu fou et j'ai dû l'éliminer.", déclara-t-il en sortant par la porte la tête basse.

Elle le suivit en se retenant de rire. - "J'étais juste en train de faire pipi, Végéta, ce n'est rien.", expliqua-t-elle avec insouciance. - "Et les robots de combat ne sont pas des ennemis que tu dois éliminer, ce ne sont que des machines."

Il se tourna, s'arrêtant sur ses pas, et la faisant stopper net.

- "J'espère juste que tu t'es lavée correctement.", insinua-t-il, inexpressif.

Bulma ouvrit la bouche sans arriver à y croire : - "Bien sûr que oui, imbécile ! Je suis très propre !"

Il ne savait pas pourquoi il le lui avait demandé mais il l'avait fait. La guerre rendait l'hygiène personnelle, un sujet qui à dire vrai l'obsédait, plutôt précaire et beaucoup de soldats en souffraient. Il savait que la jeune femme était aussi bordélique que soignée dans son chaos mais en se retrouvant aussi idiot d'être entré dans la salle de bain et de l'avoir vue assise, il avait préféré la provoquer à ce sujet. Comme cela il se sentirait plus à l'aise. Ses cris y parvenaient toujours.

Il reprit son chemin et accéléra le pas.

- "Ne vas pas si vite !", lui ordonna-t-elle en descendant les escaliers.

- "Ne traînes pas !", lui cria-t-il.

- "Je ne suis pas lente, je te laisse juste passer devant." Ce fut la dernière phrase de Bulma, celle qui réussit à faire sourire en coin Végéta qui poursuivit son chemin.

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Il plongea la tête la première dans la piscine. La chaleur de la planète était en train d'augmenter et s'accroissait exponentiellement dans la chambre de gravité. Il se dit que ce serait une bonne idée de détendre ses muscles en faisant quelques longueurs dans l'eau fraîche. Il n'était plus si satisfait car ses progrès étaient trop lents. Tandis qu'il nageait une question imprimée en lettres de feu dans son esprit se répétait encore et encore : pourquoi ne pouvait-il pas se transformer en super-saïyen ?

Il sentit sa présence derrière lui mais ne se tourna pas. - "Que fais-tu ?"

- "Moi aussi, j'ai chaud." Elle plongea jusqu'au dos tendu du guerrier qui enfin se retourna pour l'observer.

- "Qu'est-ce que tu regardes ?", l'interrogea Végéta en levant le menton.

- "Ton nez.", répondit la jeune femme. - "J'aime ton nez."

Il ne comprenait pas la fixation que faisait cette femme pour son nez. Elle n'arrêtait pas de le lui embrasser et de le lui mordre à son grand désespoir. Sa réponse mettait encore plus en lumière le vrai motif pour lequel elle était descendue vers la piscine. - "Eh bien, arrête de faire ça.", lui ordonna-t-il, inexpressif. Elle lui sourit. "Effrontée.", pensa le prince en se mettant à nager sur le dos. Bulma l'observa jusqu'à ce qu'il arrive au bord de la piscine sur lequel il se jucha d'un salto arrière, s'asseyant les pieds dans l'eau. Le saïyen lui rendit la pareille en observant la scientifique tandis qu'elle nageait jusqu'à lui.

- "Tes cheveux ne retombent qu'au contact de l'eau ?", lui demanda la jeune femme quand elle fut à une coudée de ses genoux.

Il continuait à l'observer imperturbable.

La jeune femme poursuivit encouragée par le fait qu'il ne soit pas parti. - "C'est à cause des molécules d'eau, n'est-ce pas ?", suggéra-t-elle sans cesser de lui sourire. - "Et ils mettent à peine une seconde à se redresser à nouveau, tu t'en étais rendu compte ?", voulut-elle savoir. - "C'est bizarre.", déclara-t-elle.

- "Pas plus que toi.", affirma Végéta en ouvrant enfin la bouche. Cette vérité valait pour toutes les fois où il essayait de comprendre sa tête bleue et obstinée.

Bulma lui lança un franc sourire, un de ceux qui lui faisaient détourner le regard. Comme elle voulait garder son attention sur elle, elle sut dans quelle direction orienter la conversation : - "Dis-moi, Végéta, comment es-tu dans une bataille ?" D'une façon ou d'une autre, cela devait intéresser le prince car il s'agissait de quelque chose qui le fascinait.

- "Explique-toi.", exigea-t-il en la regardant. Il recentra son regard sur elle après ce sourire destructeur.

- "Eh bien, quand j'étais sur Namek, j'ai à peine vu comment tu te comportais dans un combat et les garçons disaient toujours que tu étais très malin mais je ne les avais pas crû."

Il retourna dans l'eau et se plaça à portée de main. - "Évidemment, toi, tu ne les as pas crû.", lui fit-il remarquer avec orgueil et moquerie laissant entendre que personne d'autre qu'elle, qui n'était pas un guerrier, n'aurait pu penser une telle chose.

- "Allez.", l'encouragea-t-elle en s'approchant de lui. - "Raconte-moi quels sont tes secrets de guerrier."

Il aurait pu en profiter et lui mentir sur ses techniques de combat. Oui, c'était vrai qu'elle ne l'avait quasiment pas vu au combat mais Kakarot, si, et elle était toujours amie avec ce dernier alors il ne lui raconterait pas ses derniers progrès même si elle avait pu les voir à travers les caméras de la chambre de gravité. Presque en même temps il réfléchit que le troisième classe avait déjà pu vérifier par lui-même ses techniques de combat alors il avait peu à cacher. Au même instant, une goutte d'eau sur l'épaule de la jeune femme lui éblouit les yeux.

En la sentant approcher, il la retourna pour la maintenir de dos. - "Le plus fondamental, c'est ta situation sur le champ de bataille.", commença-t-il à lui expliquer en posant un doigt sur son épaule gauche. - "Tu dois toujours te positionner le plus haut possible par rapport à ton adversaire car quoiqu'il arrive il pourrait se trouver à un autre point éloigné et haut..." A cet instant, il s'approcha de son oreille tout en joignant un autre doigt à celui qui était déjà posé là, à la naissance de son cou. Bulma observa sa main sur son épaule. Apparemment, il allait utiliser son corps pour lui montrer ses méthodes de guerre, même si elle savait bien qu'il ne lui montrerait rien que Goku ne sache déjà. "Maudit Saïyen têtu...", pensa-t-elle. Immédiatement, elle oublia cette pensée négative sur lui, car il descendait déjà ses doigts à travers son décolleté et les laissait presque lui caresser le mamelon par dessus le maillot de bain.

Végéta continua : - "Tu dois toujours être le plus haut possible, c'est-à-dire, là." Et il remonta sa main sur le corps de la jeune femme jusqu'à poser ses deux doigts à nouveau sur son épaule.

- "Ah oui.", réussit juste à dire la scientifique après tout cela en se rappelant qu'elle devait respirer. C'était la première fois que Végéta s'était approché d'elle en minaudant à ce point. Et c'était très bizarre chez lui, comme cela l'aurait été s'il avait été mauvais en le faisant. C'était le plus près d'une caresse qu'il puisse exister même s'il n'avait pas changé d'un iota son expression sévère. Elle remarqua comment il inspirait fortement et s'écartait un peu de son dos. Il avait l'air de s'être arrêté dans son explication et elle voulut insister. - "Et s'il y a un autre ennemi là par exemple ?" Bulma lui montra son cou de l'index désirant qu'il continue. - "Que ferais-tu ?"

Il mit un immense espace d'eau entre eux deux, beaucoup plus grand que cette piscine : - "Je lui reprendrais la position et je l'éliminerai avec un Final Flash."

La jeune femme se tourna et vit ce qu'elle craignait : le prince s'était éloigné d'elle. Il avait été catégorique et même sa voix avait retrouvé cette sécheresse. Elle réitéra son effort : - "Et quand tu luttes avec des alliés, que se passe-t-il ?", lui demanda-t-elle gardant le sourire même si la tristesse se ré-emparait d'elle. "Pourquoi faut-il qu'il soit si têtu et qu'il croie que tout est un combat ?"

Il se rassit au bord de la piscine. - "Je n'ai pas d'allié.", déclara-t-il avec la même sècheresse que précédemment. Il s'était laissé envoûter par elle quand elle l'avait questionné sur son milieu naturel : la guerre. En la sentant si proche et en respirant son parfum, il s'était presque vu vaincu mais heureusement il avait pu réagir.

- "Mais contre les cyborgs, tu en auras, ne me dis pas que..."

Il voulut être encore plus clair : - "Écoute-moi bien." Il la regarda avec les yeux assombris par la cruauté et la morgue. - "Celui qui en finira avec eux, ce sera moi et aucun de ces minables."

Elle ignora son insulte envers ses amis parce qu'il fallait qu'elle insiste sur la difficulté de cette bataille, comme l'avait annoncé le garçon du futur. - "Mais ce garçon nous a dit que..."

Il haussa le ton mais sans crier : - "Ce sera moi et pas eux qui les ferai disparaître, tu n'as pas bien entendu ?" Plus que jamais il se retournait vers son essence. Il était à nouveau le hautain Prince des Saïyens devant Bulma qui sut comment sortir de ce mauvais pas :

- "Et comment me qualifierais-tu, moi, hein ?", lui demanda-t-elle - "Tu ne me prendrais pas au moins comme une alliée ?" En mettant l'accent sur la probabilité du au moins, elle sous-entendait qu'elle comprenait que pour lui il serait impossible de la cataloguer sous une appellation plus compromettante telle que celle de future mère de son fils.

Végéta poussa un soupir résigné. Comment la considérerait-il ? S'il ne pouvait pas la qualifier dans cette maison, c'était encore moins le cas sur le champ de bataille. - "Tu n'irais pas dans une guerre."

A peine eut-il lancé sa réplique, qu'il se rendit compte de son erreur : elle y avait déjà été. - "J'étais sur Namek...", lui précisa-t-elle en retrouvant le sourire. Elle l'avait pris dans un moment d'inattention.

Le problème qui s'était formé dans cette discussion était loin d'être simple mais rien entre eux ne l'était alors ils étaient habitués à ce que des choses pareilles arrivent : le saïyen ne pouvait pas la cataloguer comme alliée dans une guerre, un sujet dont il ne voulait plus parler, mais il s'était trop pris au jeu de cette conversation et maintenant il se trouvait devant la nécessité de devoir la cataloguer dans cette maison. Et comme il ne pouvait pas en passer par là, alors il devrait s'en aller une bonne fois pour toutes et clarifier la question sur ce qu'il ferait si elle se trouvait au milieu d'une bataille. - "Moi, dans une bataille, je n'ai pas d'allié ! Aucun !", cria-t-il en s'énervant. Il avait même tué Nappa sans l'ombre d'un remord, qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas ? Elle avait besoin d'en savoir plus ? Très bien, il le ferait. Il fallait que ce soit extrêmement précis : - "Pour que ce soit bien clair, Bulma, moi, dans une bataille, je ne m'occupe que de moi, je n'aurai ni commisération, ni égard pour personne, ça ne m'est jamais arrivé et ça ne m'arrivera jamais. Tu as entendu ? Jamais !"

La scientifique tressaillit en entendant la dernière exclamation du guerrier. Malgré tout, elle pouvait le comprendre. C'est ce qu'on lui avait appris et c'est ce qu'il avait dû lui-même apprendre au cours de sa vie grise et mouvementée, qu'il était seul et que s'il ne s'occupait pas de lui-même, personne ne le ferait. Ce fut une nouvelle preuve de la difficulté que ce serait que de faire changer les schémas de cet homme. Ils devraient chambouler beaucoup de choses pour qu'il ne se sente pas menacé simplement en s'approchant d'elle. Beaucoup. Malgré tout, un doute lui restait : qu'est-ce que ça voulait bien dire commisération ?

- "Commisération ?", lui demanda-t-elle.

Végéta rugit quelque chose tout bas. Cette femme n'était-elle pas un maudit génie ? Pourquoi avait-elle tant de mal à comprendre des mots si simples et à conserver la solennité de ce moment auquel elle avait elle-même donné tant d'importance ? Il la regarda à nouveau pour essayer de la déchiffrer.

Le silence les entoura tandis qu'ils continuaient leur analyse mutuelle. Quand la jeune femme approcha ses mains de ses cuisses, il se dressa au bord de la piscine, l'éclaboussant d'eau à cause de l'empressement qu'il eut à s'éloigner. Bulma fronça les sourcils et il cessa de la regarder. Il était venu là pour détendre ses muscles et maintenant ils les avaient encore plus tendus qu'avant.

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Bulma feuilletait une revue quand elle entendit les pas de Végéta qui pénétrait dans la cuisine. Ces pas étaient fermes, comme tout chez lui. Elle se mit debout et sortit du salon pour rester silencieuse sur le seuil de la porte à l'observer tandis qu'il mangeait.

- "Tu aimes ?", lui demanda-t-elle avec un sourire.

Il leva les yeux vers elle. Il fronça les sourcils sans comprendre de quoi elle parlait.

- "Le repas.", lui précisa la jeune femme. - "Tu aimes ?", répéta-t-elle en s'avançant dans la pièce sans cesser de l'observer.

D'où lui venait cet intérêt ? Le saïyen le craignait. - "C'est de la nourriture, ça n'a pas à me plaire.", déclara-t-il en dévorant sans modération.

- "Allons donc !", s'exclama Bulma en croisant les bras devant lui. Il ne s'en tirerait pas avec une réponse aussi évasive. - "Tu aimes, je le sais parce que tu dévores comme un animal.", affirma-t-elle en s'asseyant à côté de lui et en prenant un morceau de l'assiette du prince. - "Je l'ai fait moi-même.", déclara-t-elle avec orgueil.

Végéta sourit de côté. Pourquoi insistait-elle tellement à toujours vouloir le tromper sur des bêtises pareilles ? - "Ce n'est pas toi qui l'as fait."

- "Si, c'est moi.", lui répliqua la scientifique en regardant de l'autre côté.

- "Non, ce n'est pas toi."

- "Si, c'est moi !", cria-t-elle exaltée en tournant la tête et en le regardant droit dans les yeux.

Le saïyen s'approcha d'elle en fermant à demi les yeux. Bulma n'arrivait jamais à le tromper et il le devinait toujours quand il la regardait droit dans ses pupilles et celles-ci, cette fois-là, étaient en train de lui mentir. - "Non, tu ne l'as pas fait.", prononça-t-il très sûr de ses paroles en retournant toute son attention vers ses plats. - "On peut le demander à la mémoire de l'ordinateur.", dit Végéta en se servant de l'eau du pichet.

C'était une menace moqueuse dans les règles de l'art. Tous deux savaient que l'ordinateur central enregistrait chacune des tâches qu'avaient réalisé les robots ménagers mais Bulma ne perçut ce détail que quand il le lui rappela. Elle soupira en se voyant percée à jour et elle se mit debout pour ne pas le regarder et voir son visage triomphant. - "Saloperie de mémoire de l'ordinateur !", s'exclama-t-elle en levant les bras tout en se dirigeant vers le réfrigérateur.

- "Je n'en ai pas besoin pour savoir que tu mens.", conclut-il amusé de la voir si vexée.

"Je n'en ai pas besoin pour savoir que tu mens." Le coeur de Bulma se contracta un instant et elle en savait la raison. Elle préféra ne pas y penser et poursuivre la conversation :

- "Et si je l'avais fait et que j'avais réussi, hein ?", lui demanda-t-elle en fourrant sa tête dans le réfrigérateur. - "Tu me l'aurais dit ?"

- "Jamais tu ne réussiras à bien cuisiner, tu devrais apprendre à l'accepter."

La jeune femme continuait à farfouiller à l'intérieur en cherchant quelque chose à se mettre sous la dent. - "Et toi, tu devrais apprendre à accepter que je suis amoureuse de toi et qu'on doit au moins avoir de la considération pour celui qui ressent ça pour soi."

Un silence. Un silence absolu suivit ces paroles lancées avec un naturel stupéfiant. C'était la première fois qu'elle lui disait ce qu'elle ressentait pour lui.

Végéta le savait. Bien sûr qu'il le savait. C'était évident que Bulma était amoureuse de lui mais il croyait innocemment qu'elle ne le lui dirait pas. Cependant, comment avait-il pu la croire incapable de le lui dire ? Etant donné la personnalité de la jeune femme, il était normal qu'elle le lui lâche de but en blanc, alors qu'elle cherchait un aliment dans le réfrigérateur, se grattant en même temps sa tête bleue tandis qu'elle hésitait entre des fruits frais ou peut-être se faire un sandwich.

Le mutisme de Végéta lui fit relever la tête de l'intérieur du réfrigérateur. - "Tu ne vas rien dire à ce sujet ?", lui demanda-t-elle en colère. S'il croyait qu'elle se laisserait impressionner après ce qu'elle venait de lui confesser, c'est qu'il ne la connaissait pas.

- "Mais tu ne peux jamais te taire pour rien !" Le prince se leva et sortit en direction de la chambre de gravité. Il avait interrompu son repas parce que ses paroles n'arrêtaient pas de tournoyer dans son cerveau.

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Il entendait l'agitation lointaine de la ville, malgré l'éloignement de cette zone du centre urbain, mêlée aux croassements d'une bande d'oiseaux qui le survolaient en direction du sud. Il les vit battre des ailes en groupe et il regretta qu'il ne fasse pas déjà nuit pour pouvoir apercevoir l'éclat de sa planète.

Il en avait besoin. Il avait besoin de voir sa lumière même si elle n'existait plus. Même s'il s'était amélioré sensiblement et qu'il continuait à s'améliorer, rien. Il n'arrivait pas à se transformer en super-guerrier. Et le temps était en train de s'épuiser.

- "Malédiction...", murmura-t-il consterné tout en passant la main sur le pelage fin et doux de Tama. Le chat miaula et il sortit de ses pensées pour l'observer. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Il était en train de caresser cette bestiole insupportable ? Ses yeux rencontrèrent les pupilles vertes du minet et il le saisit par le cou avant de le lâcher : - "Tu es aussi pénible qu'elle."

Et il le jeta dans le jardin sans aucune considération.

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Le temps passait rapidement pour tous deux. Si au début de leurs rencontres le désordre régnait et si très souvent ils ne contrôlaient pas ce qui leur arrivait, l'habitude d'être seuls tous les deux dans cette maison finit logiquement par leur apparaître comme quelque chose de naturel et chacun sut corriger sa trajectoire pendant ces quatre mois pour transformer ce qui au début n'était qu'un chaos de passion et d'émotions, parfois dissimulées parfois exposées, en pure routine. Aucun d'eux ne gênait l'autre sauf à de rares exceptions. Végéta s'entraînait et Bulma se concentrait sur son travail au laboratoire et dans les bureaux où elle allait pour contrôler le travail du conseil d'administration et de ses employés directes au moins une fois par semaine.

Aucun des deux n'ignorait que toute cette situation était des plus étranges. Lui ne mentionnait pas le fils tant désiré car il ne voulait pas l'entendre le poursuivre de questions insistantes et elle non plus ne voulait pas centrer la conversion sur eux deux parce qu'alors ils en arriveraient à la question de l'implant. L'atmosphère de fausse normalité qui se respirait la journée, pendant laquelle leurs esprits n'arrêtaient pas de fonctionner, arrivait à son point culminant et à sa justification pendant les nuits et quelques intermèdes durant la journée quand ils lâchaient tous deux la bride à ce qui les brûlait à l'intérieur et qui transformait tout en incendie quand ils se voyaient.

Mais tout cela ne leur faisait pas perdre leur essence, au contraire, jamais ils n'avaient été aussi authentiques ni aussi naturels jusque là. Bulma l'avait toujours été alors ce n'était pas sur elle que reposait le problème. C'était Végéta, qui, quand il se laissait porter par le confort de tout ce qui l'entourait, se mettait en colère contre lui-même et en rejetait la faute sur la jeune femme qu'il accusait de dévoiler que ceci ne lui déplaisait pas. Il était impossible pour aucun homme de trouver désagréable d'être à sa place. La fluidité avec laquelle s'enchaînaient les jours, assaisonnés de disputes freinées dès que l'un d'entre eux voyait que l'autre risquait d'en dire trop au sujet de l'enfant, n'échappait pas au Prince des Saïyens. Oui, c'était une situation étrange et enviable pour quiconque mais pas pour lui. Même s'il conservait son essence, parfois, le saïyen croyait que celle-ci se diluait et qu'il la perdait en se liant avec une humaine. Et cela, après avoir tant combattu, il ne pouvait pas le permettre même si cela lui plaisait. Avec une humaine. Avec Bulma. Avec la femme la plus bizarre qu'il ait jamais connu. Il ne le permettrait pas. Il ne pouvait pas le permettre. Il était le Prince des Saiyens.

- "Embrasse-moi.", lui demanda-t-elle encore en le regardant dans les yeux. La scène se répétait à nouveau et c'était toujours dans cet intervalle de temps : sept secondes. Ils cessaient leur ballet privé sur le lit épuisés, lui sur elle, et il faisait toujours la même chose. Il la regardait dans les yeux pendant un moment et alors Bulma voyant en eux quelque chose de plus que la passion qui les consumait toutes les nuits. C'était plus que cela. Et elle était sûre de le voir parce que quand Végéta laissait ses pupilles montrer une émotion, celle-ci sortait comme une flèche et avec une force irrésistible. Ses yeux noirs, presque toujours inexpressifs, lui disaient quelque chose pendant ces sept secondes après qu'ils venaient de terminer, quelque chose que, de l'avis de Bulma, peut-être même lui ignorait

Végéta était si méthodique pour tout que même quand il baissait la garde, comme à cet instant, il avait un temps chronométré. Le problème avec ce temps, pour lui, c'est qu'il le faisait en la regardant dans les yeux, et aux yeux de Bulma, il ne pouvait pas mentir. Il n'avait jamais pu et ne savait pas pourquoi. Même quand ils se connaissaient à peine, il suffisait qu'il la regarde dans les yeux et il sentait comme envoûté par le néant. Au début, il avait cru qu'il s'agissait d'une espèce de sorcellerie mais maintenant, il l'acceptait sans plus. Quand ces sept secondes d'échange de regards se terminaient pendant lesquelles les paroles étaient de trop et des yeux noirs restaient fixés dans des yeux bleus, l'ombre opaque d'inexpressivité revenait aux pupilles du pupilles du prince et alors il s'écartait d'elle.

Si le bonheur avait une durée, pour Bulma, il durait sept secondes. Elle était tombée éperdument amoureuse de lui et elle savait que ce sentiment qui la brûlait dans tout son corps ne pouvait pas être sans retour. Cela ne pouvait pas venir seulement d'elle car tous deux avaient concouru à ce qui leur arrivait. Son sentiment devait être partagé. Si en tant qu'homme, cela le blessait, elle, ça ne la gênait pas. Oui, elle était totalement amoureuse de lui et elle n'aurait pas pu dire à quel moment c'était arrivé même si elle pouvait affirmer que cela avait commencé bien avant qu'ils se mettent à coucher ensemble.

- "Il faut toujours que tu insistes avec la même chose ?", lui demanda-t-il en posant ses pieds au sol.

- "Tu veux m'embrasser mais tu ne le fais pas, pourquoi ?" Elle s'assit sur le lit, nue.

Il se leva sans la regarder. Il lâcha un souffle court à cette insinuation ridicule à son avis. - "Si je voulais quelque chose de toi, je l'aurais déjà." Et il entra dans la salle de bain pour prendre une douche rapide.

C'était la façon d'être du Prince. Il avait toujours été comme ça avec elle : quand il se sentait acculé, il attaquait avec plus de férocité que jamais, devenant extrêmement tranchant, touchant là où cela faisait le plus mal car il avait toujours sous le coude une étude préliminaire de son adversaire, dans ce cas, de la scientifique. En disant une chose pareille à Bulma, ce qu'il voulait blesser, c'était son caractère, adouci quand elle lui demandait des caresses et des baisers.

Mais la jeune femme aussi avait sa façon d'être. Si parfois elle se réfugiait dans la douceur avec le prince car jamais personne ne lui avait semblé en avoir autant besoin et également car jamais elle n'avait été aussi éprise, très souvent, il réussissait à faire sortir le fauve qu'elle abritait à l'intérieur. Elle saisit une pantoufle et la jeta vers la porte.

Il avait beau vouloir le nier, la vérité sautait à ses yeux bleus pendant ces sept secondes. Une vérité qui fit prendre à Bulma une décision déterminante et qui lui trottait dans la tête depuis des mois au sujet de son implant derrière l'oreille : elle l'enlèverait.

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Il resta à la regarder les bras croisés sur le seuil de la porte de la salle de bain tandis qu'elle chantait sous la douche. Elle avait mis de la musique et n'avait pas remarqué sa présence car elle gardait les yeux fermés de peur que le shampoing ne lui tombe dans les yeux. Il fit glisser son regard sur son corps blanc immaculé. Il n'arrivait pas à croire que cette femme si frêle puisse non seulement supporter avec stoïcisme son appétit sexuel mais démontre en plus constamment qu'elle en possédait un à la hauteur du sien. Parfois, il se disait que ce n'était pas les humains qui le surprenaient, que cette affirmation était mal posée car il s'agissait vraiment d'elle et seulement d'elle, son unique contact avec ce monde ridicule depuis que ses parents avaient quitté la maison cinq mois auparavant qui le surprenait.

Tama entra dans la salle de bain en miaulant et alors Bulma ouvrit un oeil, rencontrant ceux du prince. Il les détourna pour éteindre la musique.

- "Tu as terminé ton entraînement ?", lui demanda la jeune femme. - "Chaque fois que je vais au bureau central, je perds la notion du temps." Et elle leva ses saphirs en direction du pommeau de douche pour rincer les restes de shampoing.

- "Pourquoi tu utilises de l'eau froide ?", lui demanda-t-il avec mauvaise humeur en entrant pour se doucher avec elle et en appuyant le bouton rouge de l'eau chaude. Il s'était déjà défait de son pantalon et de ses tennis et le premier était tombé sur un Tama déconcerté qui s'était enfui de là sans demander son reste.

- "Parce qu'il fait très chaud, pour quoi d'autre sinon ?", lui répondit-elle en poussant à nouveau le bouton bleu de l'eau froide.

- "Tu as déjà fini, va-t-en.", lui ordonna-t-il sèchement en posant encore une fois la paume de sa main sur le bouton rouge.

Mais Bulma était déjà en train de lui verser du shampoing sur sa chevelure rebelle. C'était une situation normale entre eux : le prince la cherchait pour ensuite lui faire le reproche de rester dans ce lieu, passant sous silence que c'était lui qui était venu la rejoindre. Pour preuve, cette salle de bain était celle de la jeune femme et aucun des deux n'avait l'idée de le mentionner.

- "Tu chantes terriblement mal.", dit le saïyen en se laissant faire.

- "Ah oui ?", demanda-t-elle amusée. - "Qu'est-ce que je fais le plus mal, chanter ou cuisiner ?"

Le guerrier releva légèrement un coin de sa bouche. "Maligne.", pensa-t-il.

- "Cuisiner en chantant.", répondit-il.

"Malin.", pensa-t-elle sans cacher son rire.

- "Vous, les humains, vous êtes bizarres.", dit Végéta après un moment de silence. Il lui paraissait incroyable que même là, au milieu des savonnettes et des sels de bain, l'odeur de la jeune femme puisse se fixer à la racine de son odorat.

- "Je ne suis pas bizarre, je suis unique.", lui répliqua-t-elle avec un sourire en le faisant tourner de dos pour pouvoir lui laver les cheveux.

Un souffle court caractéristique s'échappa de son nez prouvant que cela lui avait paru drôle. - "C'est ce que doivent dire tous les gens bizarres.", déclara-t-il en balançant son cou d'un côté à l'autre pour en détendre les muscles.

- "Arrête de bouger !", s'exclama Bulma en le saisissant fortement par les cheveux pour qu'il lui prête attention.

- "Tu crois vraiment pouvoir me faire mal ?", demanda le prince d'un ton hautain en inclinant la tête pour la regarder du coin de l'œil.

- "Je ne veux pas te faire mal, je veux que tu arrêtes de bouger.", précisa Bulma sans perdre sa bonne humeur. Elle le connaissait déjà assez pour savoir qu'aujourd'hui il avait dû avoir une bonne journée pour que ce soit lui qui entame la conversation. - "Ma mère m'a rappelée.", déclara Bulma avec parcimonie.

- "Cela m'est égal.", prononça-t-il avec dédain. Bulma grogna et recommença à lui tirer les cheveux. Végéta poursuivit encouragé par le grognement : - "Ta mère devrait être un sujet d'étude approfondie sur les êtres étranges.", déclara-t-il en voulant l'ennuyer. Et il crut y avoir réussi car la scientifique arrêta soudain de le frictionner.

Il se tourna pour profiter de cet instant. Elle allait sûrement être en colère car il s'en prenait à sa mère.

Mais ce fut tout le contraire. Bulma se mit à rire à gorge déployée et il la regarda, surpris. - "Qu'y a-t-il de si drôle ?" Ce n'était pas la réaction qu'il attendait.

- "Mais parce que tu as tout à fait raison !", s'exclama la jeune femme entre deux éclats de rire que l'expression déconcertée du saïyen firent redoubler.

- "Arrête de rire.", lui ordonna Végéta, en colère.

- "Allons, Végéta...", dit la scientifique en riant encore aux éclats. - "Tu n'imagines pas à quel point tu peux réussir à être drôle."

Le prince poussa un soupir agacé et voulut sortir de là, lassé d'être le centre de son hilarité. - "Je ne suis pas drôle." Il voulut clarifier ce point en mettant un pied en dehors de la douche.

Elle l'arrêta en lui saisissant le bras tout en conservant le sourire - "Laisse-moi d'abord te rincer le shampoing.", lui suggéra-t-elle. - "Allons, ne sois pas têtu." Et elle le tira par le bras pour le faire retourner à l'intérieur avec elle.

Il se laissa guider et la jeune femme le plaça face à elle en passant les mains à travers sa chevelure et tirant ses cheveux en arrière pour qu'ils ne lui tombent plus dans les yeux, ces yeux qui maintenant la regardaient sans leur quasi éternelle inexpressivité. A nouveau, ils se retrouvaient à se regarder en silence. Il ferma les yeux et profita de cet instant détendu. Cela ne pouvait pas lui faire de mal, il était simplement en train de se faire laver par une jolie femme. Simplement ça. Seulement ça.

La vapeur monta dans le petit habitacle de douche, troublant bien plus que la vue.

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Elle le vit entrer dans la chambre alors qu'elle l'attendait dans le lit.

- "Où étais-tu ?", lui demanda-t-elle en se redressant.

Il entra dans la salle de bain pour se doucher et elle le suivit.

- "Où es-tu allé, hein ?", voulut-elle savoir de nouveau. Il était meurtri et sale, sans parler de son expression bourrue encore plus marquée.

Végéta poussa un soupir las tout en enlevant son pantalon et ses tennis.

Bulma s'approcha de lui et chercha son visage. En voyant qu'il avait une blessure sans gravité sur le front qui saignait, elle n'hésita pas un seul instant et ouvrit l'armoire à pharmacie pour le soigner.

- "Attends, tu as une coupure, je vais..."

- "Laisse-moi en paix.", lui ordonna-t-il en s'écartant d'elle.

- "Eh..." Elle voulut attirer son attention en prenant avec douceur une de ses joues dans sa main. Alors oui, il la regarda et s'assit sur le bord de la baignoire pour qu'elle le soigne comme elle le faisait toujours depuis il ne savait plus quand.

La jeune femme se mit à nettoyer le sang séché avec une serviette mouillée Il la regarda avant d'immédiatement écarter son regard d'elle pour le poser sur la fenêtre. La nuit tombait. Il avait passé toute la journée dehors, essayant de retrouver l'essence qu'il croyait avoir perdue et à cause de laquelle il ne pouvait pas se transformer en super-saïyen.

- "Où étais-tu ?", répéta Bulma. Le mutisme de Végéta l'obligea à creuser : - "Tu as été dans les montagnes ?" C'était évident vu comme son corps était couvert de poussière. Si c'était le cas, c'était la première fois qu'il avait passé toute une journée dehors depuis le début de leur histoire particulière.

Après quelques instants, il répondit sans cesser de regarder le ciel s'assombrir :

- "Oui."

La scientifique ne voulut pas en savoir plus. Il n'était pas d'humeur à ce qu'elle le questionne davantage. Les choses prenaient une mauvaise tournure. Végéta n'allait pas bien et tous deux en étaient conscients, ainsi que du fait que la patience commençait à manquer des deux côtés. - "Les robots ménagers t'auront préparé ton dîner dans peu de temps, dépêche-toi.", s'exclama-t-elle avec mauvaise humeur. Elle sortit de la salle de bain, en le laissant là assis et perdu dans ses pensées.

Il tourna la tête pour la voir s'écarter et traverser la chambre afin d'en sortir. Il avait été dans les montagnes parce qu'il avait besoin de détruire tout ce qui se trouvait sur son chemin. Et dans cette maison, il ne pouvait pas.

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- "Arrête.", lui demanda-t-elle en un murmure en cessant de suivre son rythme.

Mais il continua ses mouvements.

- "Arrête, Végéta.", lui demanda-t-elle de nouveau.

Il l'ignora et continua, lui serrant le visage d'une main tandis qu'avec l'autre il lui écrasait le sein en la serrant contre lui. Il était sur le lit derrière elle, tous les deux allongés sur le côté, totalement collés l'un à l'autre et lui, maintenait son visage dans un étau de fer, l'obligeant à lui montrer son expression.

Dernièrement, sa brusquerie avait augmentée et même si parfois elle s'imaginait qu'il ne s'en rendait pas compte, il était vrai que l'information donnée Chichi sur le fait que les saïyens contrôlaient leur force s'était déjà vérifiée plus d'une fois avec lui. Il n'y avait pas d'autre possibilité : il le faisait exprès car il était un maudit sadique et la raison en était que sa frustration avait augmenté. A nouveau, il recommençait à démontrer que le but ultime pour lequel il était là, se transformer en super-guerrier, était l'unique justification de son séjour sur Terre. Il ne lui faisait pas mal mais cette position la gênait.

Mais il ne pouvait pas lui mentir. Le fiasco était encore aggravé par le fait qu'elle ne soit pas encore tombée enceinte et sa mauvaise humeur en était la démonstration. Et d'autant plus, au lit. Maintenant, il forçait son cou à se tourner au maximum pour la voir comment il le souhaitait : une faible femme soumise au pouvoir du guerrier le plus fort de tout l'Univers.

Cependant, la jeune femme, malgré toute la douceur qu'elle lui réservait à lui et à personne d'autre, était loin de se considérer comme faible ou d'être considérée comme telle par tout ceux qui la connaissaient. Elle réutilisa la technique qui fonctionnait toujours avec le prince : le regarder avec défi.

- "Tu veux bien me lâcher, brute ?"

Il sourit en relâchant son étreinte. Elle en profita pour se retourner et s'asseoir.

Ils ne parlaient pratiquement jamais quand ils étaient dans le lit. Les gémissements et de profondes respirations étaient les seuls sons qui sortaient de leurs bouches ainsi que quelques baisers qu'elle lui volait quand il n'était pas attentif à son manège. Toujours accompagnés de mouvements plus rudes, les cris venaient après.

Elle s'étonna qu'il la laisse faire quand elle s'assit sur lui. Cela attira son attention que lui, avec son autorité sans limite, apprécie enfin de la voir prendre le contrôle avec tout ce que cela lui avait coûté de l'obtenir. Elle ondulait en avant et en arrière tout en se caressant elle-même. Au lit, ils se comportaient comme ils le faisaient en dehors de cet espace, c'est à dire que s'ils s'étaient disputés tout était oublié peu de temps après. Il l'observait avec les sourcils froncés quand le plaisir ne parvenait pas à lui faire fermer les yeux et il la tenait par les fesses des deux mains, suivant sa cadence.

- "Oh, Végéta !"

C'était son cri de guerre, le premier indice qu'elle commençait déjà à perdre le contrôle. Cela se passait toujours de la même manière : elle commençait à se laisser porter par son énergie initiale quand c'est lui qui commençait la bataille avant d'essayer de prendre elle-même le gouvernail, exactement comme cela se passait dans ces circonstances. Elle était si pleine de fougue qu'elle perdait le commandement à mesure que la cadence des oscillations augmentait. Elle s'était inclinée en avant, appuyant ses mains contre sa poitrine pour forcer et planter les charges plus vers le bas avec ses hanches.

- "Oh, Végéta !"

Encore une fois. Elle était déjà près. Il aimait la voir concentrée dans son plaisir même si cela commençait à devenir assez difficile pour lui de maintenir toute son attention sur elle.

- "Plus vite ! Encore !"

- "Ne crie pas.", lui ordonna-t-il sachant d'avance l'impossibilité pour sa demande d'être respectée.

Elle n'ouvrit même pas les yeux pour lui répondre tandis que se dessinait un sourire sur son visage : - "Tu... aimes... que je crie." Même sans le regarder, elle savait qu'il lui avait rendu son sourire. Tout de suite, une autre supplication lui vint aux lèvres : - "Encore, encore !"

Son expression amusé s'accentua et il décida de se redresser en la serrant dans ses bras pour la monter et la descendre à son rythme.

- "Oui, Végéta ! Encore !" L'idée lui avait plu mais instantanément elle se corrigea elle-même : - "Non, moi ! Moi !", et elle le poussa en arrière pour qu'il s'allonge à nouveau. Il se laissa écarter avec un peu de méfiance mais il sourit en l'observant à nouveau de là en dessous. Il dut se rendre à l'évidence : jamais il n'avait imaginé que le sexe puisse être aussi amusant et intense mais avec elle tout était possible, y compris même de changer les règles du jeu sans qu'il s'en sente mal pour autant.

Elle accéléra le rythme et se pencha à nouveau en avant avec ses mains sur la poitrine du saïyen. A nouveau, elle avait les yeux fermés et semblait absorbée.

- "Végéta, oh mon Dieu, oui ! Oui ! Oui !" Et à mesure que le plaisir suprême l'envahissait, elle fit glisser ses mains sur le torse masculin, y plantant ses ongles et le griffant jusqu'à son ventre.

- "Ohhhh..." Il se surprit lui-même en ne pouvant pas se retenir de s'exclamer en réponse à cela et en jetant sa tête en arrière. La fin lui était arrivée soudainement et il ne s'y attendait pas. Il croyait qu'il tiendrait plus longtemps qu'elle mais en sentant ses ongles dans sa poitrine, il avait perdu le contrôle. Il se sentit même un peu fâché contre lui-même de ne pas avoir été capable de se contrôler, cependant ça ne s'était pas si mal passé. Cela l'avait laissé réellement impressionné et un peu étourdi. Quand il ouvrit les yeux et la trouva juste en face, échevelée. Il respira profondément, comme il le faisait toujours, la regardant dans les yeux. C'était les sept secondes dont il avait besoin pour se reprendre.

Elle s'allongea sur le dos à côté de lui avec un grand sourire. Ils peinaient à reprendre leur souffle, cherchant à revenir à la réalité. Il se posa le poignet sur le front, la respiration toujours saccadée.

- "Ça... c'était... n'importe quoi.", lui dit-il avec ressentiment en regardant le plafond.

Après quelques instants, elle reprit ses esprit. - "Ah ?" Elle se tourna vers lui et se mit à passer la bouche sur les sillons rouges qu'elle lui avait tracés sur le torse. Elle murmura : - "Eh bien, moi, je dirais que ça t'a plû."

Il lui suffit de regarder vers le bas et de la voir tranquillement jouer avec sa bouche sur sa poitrine et son ventre pour se demander si les humains n'étaient pas une espèce défectueuse descendant des saïyens. Il lui écarta les cheveux du visage pour mieux voir ce qu'elle était en train de faire.

- "Tu es folle.", affirma-t-il en plissant le front.

Elle bougea un peu la tête et leva et abaissa les épaules en un instant. - "Eh bien, oui, je dois l'être pour coucher avec toi, tu ne crois pas ?" Et elle leva les yeux vers son visage. Il la fixait avec cette intensité qui lui était si personnelle, celle qu'inconsciemment il ornait d'une nuance de fascination et de confusion. Les sept secondes avaient été dépassées. Elle regarda beaucoup plus loin à l'intérieur pour se perdre dans ses yeux noirs et elle y lut la même chose qu'elle savait que reflétaient ses propres yeux. Elle se releva un peu pour allonger le cou et s'approcher de son visage.

Quand Végéta devina son intention en voyant ses lèvres trop près des siennes, il l'écarta pour se redresser dans le lit. - "Tu es obligée de toujours insister avec ça ?", lui demanda-t-il irrité en posant ses pieds sur le sol.

Bulma s'assit sur ses talons. Elle en avait assez de devoir supporter ses insolences. Elle savait ce qu'elle voyait dans ses pupilles noires et s'il refusait de l'accepter, c'était simplement parce qu'il était un entêté. - "Ne me raconte pas d'histoires !", lui cria-t-elle en agrippant les draps.

Ils commençaient encore à se disputer et c'était quasiment toujours pour la même raison. Il la regarda furieux. Cette fois, il ne se tairait pas et ne se contenterait pas de soupirer devant les provocations de la jeune femme. Il savait qu'elle venait juste de commencer avec ses insinuations et il ne voulut pas la laisser poursuivre : - "Laisse-moi une bonne fois pour toutes !" Et il se dressa devant elle. - "C'est juste ça et rien d'autre !" et il répéta en regardant le sol : - "Rien d'autre !"

- "Ce n'est pas vrai !", voulut-elle corriger immédiatement. - "Tu crois que je couche avec tous les hommes qui passent sans ressentir quelque chose pour eux, Végéta ? Et crois-tu réellement que je ne te connais pas ?" Elle se releva un peu pour s'approcher de lui qui était silencieux et lui tournait le dos. - "Si tu veux te raconter des histoires, libre à toi ! Mais moi, tu ne me tromperas pas !", lui répéta-t-elle haussant encore plus la voix.

Il se retourna à une vitesse qui ne la surprenait déjà plus. - "Eh bien, pourquoi tu ne le fais pas ? Va-t-en avec d'autres et laisse-moi en paix une bonne fois pour toutes !" Et il se mit à chercher son pantalon avec fébrilité.

Tout commençait à se dissoudre. Jamais ils ne s'étaient dit des choses pareilles et avec de telles mots, on aurait dit que l'intention d'avoir un fils n'avait jamais existée. La seule raison à tous ces reproches c'est que tout cela était en train d'échapper des mains du prince. Et Bulma perçut cet aspect. Comme toujours, en se voyant acculé, il attaquait avec mépris. Cela la mit encore plus en colère car non seulement il continuait avec la même histoire mais en plus, maintenant, il lui avait dit d'aller avec d'autres hommes comme s'il jetait l'éponge, comme s'il voulait vraiment qu'elle le fasse.

Elle se pencha encore plus, s'appuyant des mains sur le matelas pour bien manifester sa colère. - "Je sais que tu ne le supporterais pas.", lui assura-t-elle en fixant son regard bleu dans ses yeux, désirant une réplique de sa part.

Mais le Prince ne le regarda pas. Un souffle court jaillit de sa bouche accompagné par une moue en forme de demi sourire. - "Ça reste à prouver.", lui répondit-il mettant enfin la main sur son pantalon perdu.

- "Je le ferai ! N'en doute pas !", hurla la scientifique hors d'elle.

Tandis qu'il cherchait la chaussure qui lui manquait, il se releva pour lui crier : - "Tu es un constant mal de tête !" Et il le dit en le pensant vraiment, recouvrant sous ces mots toutes les fois où il avait essayé de la cerner. Dans la chambre de gravité quand il s'entraînait, sous la douche tandis qu'il se lavait, au lit tandis qu'ils couchaient ensemble.

Bulma était en train de passer du statut de distraction à celui de problème. Un problème sous forme de femme qui ne tombait pas enceinte. A nouveau, il aurait voulu sortir de là le plus vite possible et il ne trouvait pas une de ses maudites chaussures.

- "Je suis le meilleur qui te soit jamais arrivé dans la vie, idiot !" Maintenant c'était elle qui se ruait hors de la chambre en bondissant du lit à la salle de bain.

Cette réplique le fit se retourner pour la regarder. - "Tu n'es rien ! Rien qu'une maudite migraine !"

Et quand elle ferma la porte de la salle de bain en claquant la porte, il s'efforça d'être celui qui terminerait cet échange d'accusations. Il en avait assez d'elle, assez de ce fils qui ne venait pas, assez de lui-même qui la supportait sans trop savoir pourquoi, assez de toute cette situation. Il prit la décision d'y faire face. D'un coup, la porte de la salle de bain tomba au sol en morceaux, arrachant au passage une partie de la dalle de béton.

- "Mais qu'est-ce que tu fais ?", lui demanda Bulma à la fois surprise et atterrée par sa violence à ce moment-là. Elle ne s'attendait pas à cette réaction et la peur la fit reculer de quelques pas. Le volcan était en train d'exploser et le pire c'est qu'elle n'était plus capable de l'en empêcher maintenant. S'il continuait dans cette attitude, elle lui ferait payer toutes ses insolences.

- "Tu n'es rien !", lui cria-t-il en s'approchant d'elle avec le poing levé. - "Rien !" , insista-t-il en brandissant le bras d'un côté à l'autre.

- "Alors pourquoi tu es là, hein ?", lui demanda-t-elle avec une serviette enroulée autour de son corps.

- "Pourquoi es-tu si fâché si ce n'est parce que..."

- "Tais-toi une bonne fois pour toutes !", l'interrompit Végéta en s'approchant encore plus

- "Je sais comment tu me regardes, Végéta ! Je le sais !"

- "Ne recommence pas avec ça, Bulma ! Je ne te regarde en aucune façon !"

- "Tu ne t'en rends pas compte mais tu le fais ! Tu le fais !"

Ce n'était pas possible. Il ne faisait rien de tel. Il ne le faisait pas. Non. - "On baise uniquement pour que tu aies mon fils !", hurla Végéta fatigué de l'entendre. Ce n'était pas habituel chez lui d'utiliser ce genre de langage mais il fallait qu'il marque le coup. On aurait pu dire que cela lui était sorti de façon naturelle. - "Pourquoi est-ce si difficile de te fourrer une idée aussi simple dans le crâne ? Malédiction ! Pourquoi ?" Il frappa le lavabo et celui-ci éclata en morceaux. Il se rendit compte que plus il criait, plus il donnait de l'importance à tout cela mais cependant, par tous les dieux, il était excédé. Le Prince qui avait été capable de passer plus de vingt ans aux côtés de Freezer, était excédé.

Bulma se couvrit la tête de ses bras pour que les éclats du lavabo ne la frappent pas. Elle n'allait pas se laisser impressionner, pas maintenant. S'il en avait assez et voulait parler mal, Bulma aussi savait le faire. Elle se mit encore plus en colère : - "Je ne parle pas de quand on baise, imbécile !" A cet instant, tous deux avaient perdu le contrôle de la situation. - "Et pour ton information, quand tu couches avec moi, tu ne baises pas ! Et bien sûr que tu ne fais pas l'amour !" Elle désirait depuis longtemps lui sortir ce genre de chose et là, il lui avait tendu la perche. - "Tu m'absorbes !", lui hurla-t-elle en s'expliquant. - "Tu me dévores entière !" Et c'était vraiment ce qu'elle pensait. Chaque fois qu'elle couchait avec lui, elle sentait comment son énergie se volatilisait et comment il la gardait, il l'absorbait.

Mais quel était le rapport ? Non. Elle n'arriverait pas à le déconcentrer. - "Je ne suis pas humain, Bulma ! Tu couches avec un saïyen ! Un saïyen ! Je ne suis pas un stupide terrien !" Il la saisit par les bras, hors de lui. - "Et ne recommences pas à m'insulter !", lui ordonna-t-il. - "Tu auras cet enfant et je l'emmènerai avec moi loin de ce maudit endroit !"

Et voilà. Son aveu, celui qu'elle supposait et qu'il lui avouait maintenant emporté par la fureur. - "Tu ne feras pas ça ! Tu ne pourras pas me faire ça à moi !"

Il rit. - "Tu croyais vraiment qu'il y avait un autre motif pour lequel j'arrivais à supporter toutes tes stupidités ?" Il savait qu'en disant cela, il perdait ses chances de pouvoir recoucher avec elle mais il en avait déjà assez de toute cette situation.

- "Regarde-moi dans les yeux, Végéta ! Regarde-moi dans les yeux et dis-le-moi !"

Il le fit mais pas comme elle l'aurait souhaité. Il la regardait dans les yeux et elle n'y voyait qu'obscurité, celle-la même qui avait disparu il y a longtemps, mêlée à un soupçon de dégoût et de moquerie qui peu auparavant était coutumiers chez lui, ce même Végéta avec qui elle avait passé les six meilleurs mois de toute sa vie. - "Tu t'imagines vraiment que j'ai des doutes, Bulma ?" La moue moqueuse sur sa lèvre faisait de lui l'être le plus méprisable de l'Univers. - "Comment peux-tu être à la fois si maligne et si bête ?", lui demanda-t-il dévoilant toute l'étendue de sa méchanceté à son égard.

Il l'avait trompée ? Lui, son prince, il l'avait trompée ? La jeune femme baissa la voix tout en lui adressant un regard inquisiteur qui abritait sa colère : - "Eh bien si tu veux un fils à moitié terrier, Végéta, tu devrais avoir accepté cela ainsi que beaucoup d'autres choses depuis longtemps..."

D'un mouvement rapide de ses yeux noirs, il étudia son visage pâle tout en conservant le même regard. - "Maintenant, je me repends de cette décision.", affirma-t-il avec la même intensité dans ses pupilles que celle que Bulma lui renvoyait.

Comme si découvrir qu'il lui mentait peut-être n'avait pas été assez douloureux, maintenant, il lui sortait cela. S'entendre dire une chose pareille lui blessa l'âme profondément. Trop. Il ignorait l'étendue de tout ce qu'elle avait enduré et tout cela parce qu'elle était tombée amoureuse. Jamais elle n'avait toléré d'aucun homme le millième des choses que Végéta lui imposait. Ses manières grossières, son mépris, sa brusquerie, sa dureté. Et elle le faisait simplement parce qu'elle était convaincue que son sentiment n'était pas seul, qu'il était partagé même s'il se dissimulait derrière une épaisseur de muscles et de ténèbres. C'était vrai que tout le négatif était compensé quand elle riait avec lui, quand elle le taquinait, quand ils se disputaient sans trop s'atteindre, quand elle le serrait dans ses bras, quand elle remarquait sa peau qui se retenait sous ses caresses, quand elle voyait en sept secondes un monde merveilleux à travers ses yeux noirs. Elle. Elle. Elle. Elle était la seule qui avait fait quelque chose pour ce qui se passait entre eux.

A ce moment-là, elle ne pensa pas à la lutte continuelle qu'il menait contre lui-même, une lutte dont Bulma ne connaissait l'existence que trop bien car elle le connaissait. Ou c'est ce qu'elle croyait. Pour quelle autre raison n'écartait-il pas le regard de ses yeux bleus ? Pour quelle autre raison la serrait-il alors si fort dans ses bras quand il souffrait de cauchemars ? Non. A ce moment, Bulma ne pensa à rien de cela :

- "Je n'ai pas eu à m'en repentir car je savais que je ne voulais pas d'enfant de toi et c'est pour ça que j'ai changé d'endroit mon implant." A mesure qu'elle prononçait cette phrase, elle s'approchait de son visage avec offense et interrogation.

Seul l'écoulement incessant du lavabo à moitié cassé était audible. Végéta écarquilla très lentement les yeux et sa moue moqueuse se mit à disparaître. Il fallait qu'il assimile ce qu'il venait d'entendre et chacun des mots se répétait en écho dans son cerveau. Sans s'en rendre compte, à mesure que ses paupières s'ouvraient exagérément, son étau sur les minuscules bras de la jeune femme se détendait. Après quelques instants suspendus d'une durée indéfinissable, il ne put que prononcer : - "Quoi ?"

A peine eut-elle dit cela que Bulma sentit un château de blocs de ciment l'écraser au sol. Jamais elle ne s'était autant repentie d'avoir parlé de quelque chose qu'à cet instant. Végéta l'avait peut-être trompée mais il était vrai que jamais il ne lui avait dit quoi que ce soit de compromettant. Ce n'était que des suppositions de la jeune femme, peut-être trop avide que ce qu'elle ressentait pour lui soit réciproque. Elle aurait voulu que le sol s'ouvre et l'engloutisse complètement, qu'elle n'ait jamais pu lui dire ça, qu'il ne l'ait jamais entendue ou qu'elle puisse effacer ces reproches entre eux par un vœu à Shenron. - "Mais je l'ai enlevé, Végéta je l'ai enlevé derrière mon oreille il y a deux mois car oui, je veux un enfant de toi, je ne..."

Le Prince des Saïyens était un guerrier. Un guerrier aguerri au cours de milliers de batailles. Il n''avait jamais été trahi car cela impliquait qu'il existait une confiance antérieure et il n'avait jamais ressenti un tel sentiment pour personne. Il l'avait toujours évité et il avait réussi sans beaucoup d'efforts car jamais il n'avait laissé personne l'approcher. Comme avec elle. Il ne l'avait jamais laissée l'approcher alors pourquoi se sentait-il trahi ?

Avant que la jeune femme ait même l'idée de réagir, il lui avait saisi la tête par les cheveux qu'il lui écarta pour regarder derrière une de ses oreilles. - "Laquelle ?", lui demanda-t-il.

- "Lâche-moi !" A nouveau, le saïyen la serra fort mais sans parvenir à la blesser.

- "Laquelle ?"

- "Celle-là." Et elle indiqua l'oreille droite. - "Mais lâche-moi !", lui ordonna-t-elle en voulant se libérer de son étreinte.

Il la vit. Il vit une petite incision et quelque chose à l'intérieur de lui trembla. Malgré tout, il devait vérifier et il ne connaissait qu'une seule façon de le faire. Il se dit que ce serait la dernière fois qu'il la regarderait dans les yeux. Et ses yeux brûlants de culpabilité ne lui mentirent pas cette fois non plus.

- "Végéta..."

Il sortit précipitamment de sa propre chambre.

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Bulma resta quelques secondes à contempler les dégâts causés par le guerrier. Elle parcourut des yeux le lavabo brisés en mille morceaux et le cadre de la porte arraché. Elle sentit un poids dans sa poitrine et eut du mal à respirer. Elle s'assit sur la cuvette des toilettes tout en repassant dans son esprit les images de ce qui venait de se passer. Elle plongea ses mains dans ses cheveux, le regard baissé sur le sol poussiéreux de la salle de bain après le désastre. Les yeux de Végéta avaient été emplis d'intenses ténèbres. Mais ce n'était pas les ténèbres normales de son apparente absence de sentiments, non ? Elle ne le savait plus. Le prince lui avait menti pendant tout ce temps ? Elle avait cru lire de la déception dans son regard mais à qui mentaient-ils à présent ces yeux noirs ? A lui ou à elle ?

Cela n'avait pas d'importance. - "Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?" Elle enfouit son visage dans ses mains et se mit à pleurer. C'était du chagrin pour les nuits passées, pour leurs plaisanteries partagées, pour ses tentatives de bien cuisiner, pour les douches, pour la frustration du guerrier qui ne voyait pas son rêve se réaliser, pour un ver de terre, pour la piscine, pour les robots de combat à réparer, en définitive pour tout ce qui avait fait qu'eux deux, contrairement à ce que lui avait toujours voulu, avaient été plus proches que jamais ils ne l'avaient été avec d'autres. C'était des larmes pour lui et pour elle, pas pour un seul d'entre eux.

- "Qu'est-ce que j'ai fait ?"

Elle se sentit si mal qu'elle sentit venir une terrible nausée. Elle se tourna rapidement pour vomir dans les toilettes.

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"Elle m'a trompé."

Il regardait la roche qui se trouvait à ses pieds, plongé dans ses pensées. L'humidité à cette altitude était insupportable et il remarqua que son corps était trempé de molécules de rosée. C'était l'aube. Il avait passé là toute la nuit à détruire des pics et des montagnes, comme si ceux-ci pouvaient se transformer en son passé le plus proche et qu'en réalité, ce qu'il faisait voler en éclats, c'était ses souvenirs les plus actuels et non cette terre brune et sèche. Son exigence d'honnêteté envers lui-même, il était en train de la dissimuler dans le vague, tout comme le faisait avec lui la brume matinale qui le pénétrait jusqu'aux poumons.

"Elle m'a trompé."

Maintenant, plus que jamais il se devait de la tuer mais ce n'était pas faisable. Il avait passé plus de deux jours hors de la maison et si au début, mille façons de l'assassiner lui étaient passées par la tête et il avait cherché laquelle serait la plus efficace, maintenant, il avait pu bloquer ces pensées car la raison ultime pour laquelle il était là lui était revenue à l'esprit. Il le fallait. Son orgueil le lui réclamait à hauts cris : maintenant il n'allait pas tout jeter à l'eau même s'il se sentait trompé, il fallait qu'il se transforme en super-guerrier. Ce désir d'être le meilleur était beaucoup plus important que n'importe quelle pénible humaine.

"Elle m'a trompé."

Non. Il ne pouvait pas penser à ça. Il s'était donné un temps hors de toute cette ambiance toxique qui l'attendait certainement dans cette maison pour pouvoir se reprendre et ne pas commettre une bêtise. La tuer serait une bêtise et pire encore, cela lui donnerait raison. S'il la tuait, il lui donnerait raison et c'était tout ce qui manquait. Encore une fois, elle apparaissait comme une femelle compliquée à ses yeux.

"Elle m'a trompé."

Bien trop toxique. Il restait à peine plus d'un an avant l'arrivée des cyborgs et il fallait qu'il se transforme en super-saïyen. Alors il les vaincrait eux, Kakarot et ensuite elle. Elle. Son désir d'avoir une descendance lui avait joué des tours ? Il faudrait l'accepter, elle lui avait menti tout ce temps ou au moins les quatre premiers mois. Quatre mois durant lesquels il avait couché avec elle mû simplement par cet unique désir. Les regards dont elle parlait n'existaient pas. Pourquoi fallait-il qu'elle insiste autant avec ça ? Ils n'existaient pas et il n'y avait pas à en parler davantage. Elle n'était pas sûre de le vouloir comme père de son enfant ? "J'aurais dû la tuer sur le champ.", se répéta-t-il encore et encore dans ce désert rocailleux. - "Non !", s'exclama-t-il de nouveau. - "Je le ferai en son heure et j'en profiterai encore plus...", murmura-t-il sans lever les yeux du sol. Il prendrait son temps pour le faire. Il serrerait son cou fragile, celui-là même dont il avait inspiré l'odeur quand il s'abandonnait au plaisir que son corps lui offrait. Et là, oui, il la regarderait dans les yeux. Il contemplerait comment la vie abandonnerait son corps et elle verrait cette fois la pleine cruauté dans ses yeux tandis qu'elle rendrait son dernier souffle.

"Elle m'a trompé."

Il fallait juste qu'il se concentre. Il devait laisser de côté la haine profonde qu'il ressentait pour elle à présent. Mais il avait besoin de partir de là. Il en avait assez de rester sur cette maudite planète. Il fallait qu'il soit un super-saïyen. Il devait l'être. C'était son destin. Maintenant plus que jamais il devait être le froid Prince des Saïyens.

"Elle m'a trompé."

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En le voyant entrer par la porte, sale, blessé et épuisé, elle sut comment agir :

- "Tu as faim ?", lui demanda-t-elle sans le regarder en remuant une soupe.

Il traversa la pièce sans ouvrir la bouche et s'assit à sa place. Il la trouva différente, avec une assurance inhabituelle chez elle, mais il ne la regarda pas dans les yeux pour le vérifier. La jeune femme se tourna avec la casserole et la posa devant lui. Le saïyen ne dévia pas ses yeux d'un point fixe juste en face de lui. Bulma sortit par la porte en direction de son laboratoire.

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Ce soir-là, quand elle eut terminé sa journée de travail, elle éteignit toutes les lumières et ferma la porte derrière elle. La chambre de gravité était allumée et d'elle jaillissaient les habituels éclairs de lumière. Elle se dirigea vers la maison en traversant le jardin. Elle arriva à la cuisine et programma les robots ménagers pour qu'ils lui préparent quelque chose. Elle était trop fatiguée pour le faire elle-même. Elle attendit sur sa chaise que l'un d'eux lui apportent une tasse de chocolat chaud. Le temps commençait à se rafraîchir et elle ne se sentait pas bien. Elle leva la tête pour observer encore une fois la chambre de gravité. Elle s'étonna de voir celle-ci avec les lumières maintenant éteintes et Végéta qui traversait le jardin avec son habituel air hostile. Elle se tourna avec inquiétude car elle ne savait pas ce qui l'attendait, s'il irait à la cuisine ou à sa chambre.

Il entra et resta sur le seuil de la porte à la regarder en silence. Elle lui retourna son regard pleine d'attente tandis qu'un robot posait la tasse du breuvage qu'elle avait demandé sur la table. Le prince détourna les yeux pour aller vers le réfrigérateur. Il écarta avec mépris un robot en le poussant du pied, le faisant tomber et l'obligeant à faire un saut pour se relever.

- "Végéta. Prince des Saïyens.", dit le robot doucement attendant que le saïyen s'écarte. Ce dernier s'attendait à ce que l'engin poursuive avec le sempiternel "danger, danger" mais rien d'autre n'en sortit. Il baissa les yeux pour l'observer mais tout ce qu'il entendit à nouveau fut :

- "Végéta, Prince des Saïyens."

Il retourna son attention sur l'intérieur du réfrigérateur.

Bulma l'étudiait avec inquiétude essayant d'avoir l'air calme. Elle attendait anxieusement le moindre geste qui indiquerait dans quel état d'âme il se trouvait.

Le saïyen s'écarta enfin du réfrigérateur et recommença à la regarder tout en passant derrière elle pour s'asseoir à sa place. Elle continuait, malgré son air d'être sur la défensive, de respirer l'assurance. La jeune femme paraissait absorbée avec sa tasse.

Végéta posa tous les plats sur la table.

Il se mit à manger et aucun des deux ne se regardait ni ne parlait.

Bulma essaya d'analyser tout cela, elle attendait une quelconque réaction de sa part et la seule conclusion qu'elle en tira fut qu'à un autre moment de sa vie, elle aurait pris la parole. Mais cette vie était loin derrière elle, cette Bulma-là était différente que celle qu'elle était maintenant. Le prince avait réussi à ce qu'elle sache faire quelque chose qui aurait été autrefois impensable : savoir attendre. Et non de non, elle allait s'y employer.

Elle but à lentes gorgées le chocolat, faisant durer l'attente, tandis qu'il mangeait, imperturbable. Même sans le regarder, elle savait qu'il avait préparé quelque chose à lui dire. Il ne serait par revenu sans cela. Sa tasse se refroidissait mais elle n'y attachait pas d'importance. Elle était prête à attendre même jusqu'à ce que l'enfer lui-même gèle jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche et elle était certaine qu'il le ferait. D'un moment à un autre, mais il le ferait.

Le chocolat se termina et elle posa la tasse sur la table. Lentement, elle tourna la tête vers lui, qui terminait son repas. Il fallait qu'il lui dise quelque chose, il ne pouvait pas partir sans le lui avoir dit, sans s'adresser à elle et lui lâcher ce que, d'après Bulma, il avait pensé pendant ses trois jours où il avait disparu.

Il prit son verre d'eau et se leva de sa chaise pour le boire. Il le laissa sur la table, croisa les bras, et enfin la regarda, croisant ses yeux avec les siens.

"Mon Dieu, Végéta, que t'es-tu fait là dehors ?", pensa Bulma, attristée en observant ses meurtrissures et le profonde fatigue qui marquait son visage. Elle dut faire un sérieux effort pour ne pas se lever pour le prendre dans ses bras. Elle détestait devoir s'éloigner pour qu'il ne se sente pas menacé par sa proximité. L'ironie était aussi dévastatrice que le silence qui les environnait.

Le prince, impassible, examina les traits du visage de la jeune femme pendant un moment. Le fait qu'à aucun moment il ne la regardât dans les yeux n'échappa pas à Bulma.

- "Combien de temps te faut-il pour préparer le vaisseau ?"

- "Végéta, je..."

Avec un coup sec de sa main tendue sur la table, il répéta sa question :

- "Combien de temps ?"

- "Trois semaines."

- "Je le veux dans dix jours." Il se leva pour retourner au vaisseau.

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Il avait recommencé à s'enfermer là. Les jours passaient et il ne la croisait jamais. Il se réveillait à l'aube pour la laisser semer le désordre dans la chambre de gravité avant de revenir à la tombée du jour, manger et retourner à sa réclusion.

Si avant il dormait peu, maintenant, le sommeil ne l'occupait qu'une ou deux heures par nuit. Les cauchemars étaient encore plus terrifiants et pour couronner le tout maintenant, il voyait des éclairs bleus qui l'aveuglaient et l'empêchaient de voir son ennemi.

Durant ces étranges journées pleines de tension, Bulma ne tenta pas même une seule fois de parler avec Végéta. Elle aussi devait remettre ses idées en ordre. Elle ne voulait pas accepter qu'il avait recommencé à montrer cette obscurité latente et palpable dans ses yeux, ceux-là mêmes qui la dévoraient avec passion peu de jours auparavant. Elle voulait comprendre comment cette discussion leur avait échappé à tous deux et elle n'avait aucun doute sur la cause : trop de sentiments, trop de temps seuls et trops d'émotions exposées par des détails infimes. Le prince avait voulu nier qu'il ressentait quelque chose et elle avait voulu le vérifier en le regardant dans les yeux. Et dans ses yeux, elle n'avait trouvé que de l'obscurité. Pourquoi ? Elle ne le comprenait pas. Entre eux, ce n'était pas seulement les sept secondes qui prévalaient, il se passait beaucoup d'autres choses. Etaient-ce seulement des détails de quelque chose qui n'existait pas, comme l'étoile de Vegetaseï qu'il pouvait voir toutes les nuits ? Ou pire, de quelque chose qui n'avait jamais existé ? Le pire de tout c'est qu'elle ne pouvait le lui lancer à la figure puisqu'il ne lui avait jamais rien dit ni insinué quoi que ce soit. Rien ne sortait de sa bouche, alors elle avait dû prêter attention à ce que clamaient ces détails ? Aux sept secondes ?

Pendant ces dix jours, elle en arriva à un point où ces questions n'avaient déjà plus d'importance :

- "Encore combien de temps ?", lui demanda-t-il avec sobriété depuis le seuil de la porte. Il revenait encore des montagnes couvert de poussière et excédé à l'extrême.

- "Deux jours, juste le temps de charger la batterie du vaisseau.", expliqua Bulma en se levant et approchant son assiette du lave-vaisselle. C'était pour cela qu'il ne s'entraînait pas là-bas. Un enchevêtrement de câbles couvrait le sol de la chambre de gravité, sans doute à cause de la révision que la jeune femme lui imposait.

- "Bien." Il se tourna pour retourner à la chambre de gravité et mettre un point final à la conversation la plus longue qu'il avait eue avec elle depuis leur dispute de la salle de bain.

- "Végéta, je dois te dire quelque chose..." Elle voulut s'approcher de lui à pas rapides.

Il l'ignora et continua son chemin. S'il continuait à entendre sa voix, il l'éliminerait sur le champ.

- "Végéta, il faut que tu..."

Le prince fit claquer sa langue sans accélérer le pas. Il n'avait pas de raison de fuir devant elle. Cette idée était ridicule.

Elle le vit s'éloigner encore plus et alors elle dut le lui crier : - "Je suis enceinte !"

Il s'arrêta net et malgré sa décision de ne plus la regarder dans les yeux, maintenant, il fallait qu'il le fasse pour s'assurer qu'elle ne lui mentait pas. Si elle était aussi capable de lui mentir sur ça, alors il se ferait un plaisir de la tuer. Il se tourna lentement pour l'observer.

Bulma pencha instinctivement un peu son corps en arrière en sentant de nouveau ces yeux noirs parcourir son visage à la recherche de la vérité. Elle vit comment ils descendaient jusqu'à son ventre pour retourner se planter dans ses yeux bleux. C'était vrai. Elle était tombée enceinte. Elle avait fait le test le jour même où il était retourné de son périple de trois jours dans les montagnes et si au début elle avait cru que cela lui servirait pour arranger les choses, elle se mit en colère contre elle-même d'être aussi naïve. Végéta ne pourrait pas lui pardonner et elle était consciente de cela, de la grossière erreur qu'elle avait commise en lui avouant tout au sujet de l'implant, quand elle s'était laissée emporter par la fureur devant ses pupilles emplies de ténèbres et de cruauté.

Elle ne lui mentait pas. Ses yeux bleus brillaient d'un éclat encore plus puissant que leur éclat naturel. Maintenant, il comprit pourquoi il l'avait trouvée si bizarre. Cette assurance qui émanait de son corps quand il était arrivé n'était rien de plus que la vigueur d'un autre être puissant qui grandissait dans ses entrailles. Son fils. Sa descendance. Le fils du Prince des Saïyens.

Après un long moment à s'observer en silence, il se retourna pour revenir sur ses pas. - "Bien." Ce fut tout ce qu'il dit.

- "Mais même sur ça, tu ne vas rien dire ?", lui demanda la jeune femme déchirée entre l'outrage et le désespoir.

Il sentait comment son âme se gonflait et l'orgueil, l'unique ami auquel il permettait d'envahir son coeur, se mettait à exulter plus que jamais avec des cris de joie insultants. De nouvelles bouffées d'air étaient insufflées à son âme. Il semblait que le destin était enfin généreux avec lui. Maintenant, il pourrait partir dans l'espace avec beaucoup plus de confiance. Il avait accompli son travail secondaire même si pendant quelques jours celui-ci avait semblé être une tâche plus qu'improbable. Il allait être père. Le fils de Kakarot ne serait pas le seul à rester dans le cosmos pour redonner à l'Univers l'Ordre qu'il aurait dû avoir : un Saïyen à son sommet. Maintenant non. Maintenant en plus, ils seraient deux. Le Prince des Saïyens et son fils. Son héritier.

Même entendre la jeune femme lui parler ne pouvait ôter de la magnificence à ce moment. - "Je te l'ai déjà dit, Bulma, ce n'est qu'une simple formalité avant d'en finir avec tout ces insectes.", prononça-t-il plus près de la rampe d'accès au vaisseau. Il respirait l'assurance et la morgue et rien ne gênait plus la scientifique que lorsque Végéta faisait machine arrière.

Il avait décidé de lui parler et elle n'allait pas laisser passer l'occasion. Ils devaient en parler, se disputer même si la fois précédente avait été si dévastatrice. - "Tu vas vraiment continuer à répéter la même chose ?", voulut-elle savoir en le suivant. - "Je vais avoir un enfant de toi, Végéta ! Ton enfant !"

Il lança un rire qu'il gardait juste pour les grandes occasions. - "Et tu crois que ça a de l'importance pour moi ? Tu vas m'obliger à devoir te répéter que je suis là pour... ?"

- "Ça suffit !", hurla-t-elle exsudant le chagrin par toutes ses pores. Elle avait réussi à ce qu'il se taise en percevant sa douleur. Végéta se tourna pour la regarder et pendant un instant Bulma vit de l'étonnement dans son regard. - "Ça suffit !", répéta-t-elle avec la même rage. - "Ça suffit, Végéta..." Elle baissa la voix en sentant un noeud se former dans sa gorge.

Ils étaient tous deux face à face. Elle, tendue et lui en apparence relaxé, avec les bras croisés, conservant son regard froid et altier.

- "Pourquoi faut-il que tu continues à te mentir ainsi, hein ?" Elle était déjà plus que fatiguée d'entendre la même chose. - "Pourquoi as-tu autant de mal à accepter que... ?"

- "Accepter ?" Il l'interrompit avant d'immédiatement lâcher un souffle court, celui qui signifiait toujours qu'il avait trouvé cela drôle. - "Si je t'ai supportée tout ce temps c'était parce que je voulais un héritier et tu vas déjà me le donner alors arrête d'inventer..."

- "Ce n'est pas vrai !", vociféra-t-elle ne pouvant pas retenir ses larmes. - "Ce n'est pas vrai ! Non, Végéta ! C'est faux !"

Il fronça les sourcils. Il ne l'avait jamais vue ainsi et il aurait voulu que tout cela lui soit indifférent. Il avait réussi son autre but et maintenant il n'avait pas de temps à perdre.

- "Pourquoi alors étais-tu si vexé pour l'implant, hein ? Pourquoi ça t'a blessé autant ?"

Le prince soupira et détourna son regard d'elle en contemplant le sol et en hochant la tête. Bulma ne comprenait rien. Il la releva pour la regarder même s'il était gêné de la voir en train de pleurer de rage. - "Personne n'aime être trompé.", essaya-t-il d'expliquer. - "Et moi, moins que quiconque."

- "Eh bien, arrête de te mentir à toi-même parce que je sais que..." En le voyant faire volte-face pour clore ce bavardage inutile, elle lui cria : - "Regarde-moi !" Elle le lui ordonna hors d'elle. - "Regarde-moi dans les yeux, maudit prince de l'enfer !"

Quand il se retourna avec fureur, celle-ci disparut en la voyant sangloter et il eut recours au sarcasme, un grand allié quand quelque chose le mettait mal à l'aise. - "Que veux-tu que je te dise, Bulma ? Que je te regardais avec une sorte de sentiment ? C'est ça que tu veux voir maintenant ?", lui demanda-t-il en croisant à nouveau les bras. - "Eh bien, voilà ce que je suis, le Prince des Saïyens est ainsi, maintenant tu vas devoir souffrir les conséquences d'avoir été aussi imprudente."

S'il lui était arrivé quelques fois de croire qu'avec elle il ne serait jamais aussi cruel malgré les soupçons et les précédents qui existaient, qu'il ne montrerait pas rude cuirasse de guerrier, avec cette phrase il brisa tous ses espoirs. - "Non !", cria-t-elle de nouveau en se jetant sur lui et en lui martelant la poitrine de ses poings. - "Ce n'est pas vrai ! Tu n'es pas comme ça ! Tu ne l'es pas ! Non !", s'exclama-t-elle encore et encore en le frappant de toutes ses forces.

Il se laissa frapper jusqu'à ce que cela commence extrêmement gênant. Il la saisit par les bras et la regarda dans les yeux. Si pendant un instant il avait été persuadé qu'il pourrait à nouveau se moquer d'elle, il lui suffit d'être au contact de ses pupilles humides et tristes pour se retrouver lui-même visiblement en colère. Quelque chose le crispa dans le fait de la voir si près une nouvelle fois. - "Va-t-en ! Laisse-moi tranquille !" lui demanda-t-il en cherchant à éviter son regard.

Bulma se retourna et se libéra de son emprise. Elle se pendit à son cou et il n'entendit plus que des sanglots étouffés. - "Tu n'es pas comme tu le dis.", se mit-elle à lui dire, si proche, dans un murmure profond, avec cette proximité qui n'appartenait qu'à elle, si bleue. - "Tu es meilleur que... que tout ça, tu vas être père d'un enfant et moi, je vais être mère, Végéta. Ne... Ne fais pas ça, ne fais pas ça."

Le prince gonfla la poitrine en prenant une respiration. C'en était assez de ces prières et de ces reproches.

- "Je suis ce que j'ai toujours voulu être, j'ai juste besoin de m'accomplir, d'être super-saïyen, le reste ne m'importe absolument en rien." Il sentit comment elle s'arrêta instantanément de pleurer. - "Maintenant, lâche-moi."

Lentement, la jeune femme se détacha de son emprise. Il la regarda dans les yeux pour la dernière fois. Son regard rougi par les larmes contenait du mépris et de la compassion. Et quelque chose d'autre. De la haine. L'ingrédient indispensable pour Végéta et qu'il recherchait dans ces yeux depuis très longtemps. Il y était parvenu.

Bulma se tourna et sortit lentement et posément de sa chambre de gravité, la sienne, celle du Prince des Saïyens.

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La seconde nuit après cela, quand il revint de son entraînement dans les montagnes, il n'y avait plus de câbles déroulés sur le sol du vaisseau. Il comprit. Le vaisseau était prêt pour qu'il l'emmène.

Rapidement, il entra dans la salle de bain pour prendre une dernière douche avant de sortir pour le mettre en route. Son attention fut attirée par une note écrite à la main sur la table. Dans le deuxième tiroir, tu trouveras les capsules d'alimentation. Elles te dureront un an. Elle ne disait rien de plus. Il la regarda avec les sourcils froncés, essayant de trouver une autre idée à travers cette simple note. Il n'y avait rien d'autre. La concision chez elle traduisait déjà beaucoup de choses.

Il sortit de la salle de bain et regarda dans l'armoire. Elle était pleine de vêtements de sport, les mêmes qu'il avait utilisés depuis qu'il était arrivé sur La Terre pour la deuxième fois mais quelque chose attira son attention. Une couleur bleue qu'il connaissait bien le fit se tourner vers l'extrémité droite de la penderie. Il écarquilla les yeux de surprise.

Là se trouvait son ancien uniforme qui l'attendait. Il le décrocha du cintre pour arriver à y croire. C'était son uniforme bleu, celui qui était propre aux guerriers saïyens, celui qu'ils utilisaient dans les grands moments. Son préféré. Il se mit à le toucher et la texture était exactement semblable à ceux qu'il avait portés dans de nombreuses occasions. - "Mais comment... ?" Il baissa les yeux, curieux de savoir comment elle avait pu faire une chose pareille et alors il aperçut ses bottes. Il se pencha. Oui, c'était ses bottes blanches, ses infatigables compagnes, près desquelles se trouvaient des gants de même couleur qui dissimulaient à l'arrière son armure de couleur blanche et or.

Mais elle le haïssait, comment pouvait-elle faire une chose pareille pour lui maintenant ? Il ne voulut pas y penser davantage et enfila l'uniforme. Il se regarda dans le miroir et sourit. Maintenant, oui, il était totalement prêt pour devenir super-saïyen.

Il s'assit sur le fauteuil de commandement et appuya les boutons d'activation de l'énergie. Un bruit sourd émana des entrailles du vaisseau et il enclencha le décollage. La chambre éteignit les lumières intérieures et se mit à trembler. Il se leva pour contrôler jusqu'au moindre détail de cette phase. Tout paraissait fonctionner. Il sourit à nouveau en voyant que lentement, le vaisseau décollait. Il était déjà impatient de se concentrer uniquement sur son but premier. Il retournait chez lui, l'Univers entier et incommensurable. Là, il y parviendrait sûrement.

Il se tourna et regarda par un des hublots. Il voulait voir comment il quittait enfin de cette planète, sur laquelle il ne reviendrait pas s'il ne se transformait pas en super-guerrier. Il regarda la maison, de laquelle il s'éloignait lentement et qui se couvrait de la poussière levée par son décollage.

Et alors il la vit. Elle était sortie sur le balcon pour le voir s'en aller. Même à cette distance, il put sentir sa rage et sa douleur. Elle portait sa nuisette blanche, celle que tant de fois il lui avait enlevée, couverte par son peignoir rouge et doux. Lui aussi, il l'avait déjà vu.

Il détourna le regard et revint s'asseoir sur son siège. Pensif, il ne remarqua pas que la vitesse augmentait tout comme la pression. Le vaisseau trembla davantage. On aurait dit que sortir de cette atmosphère lui donnait trop de mal. Végéta claqua la langue avant de se concentrer sur les indicateurs, qui indiquaient tout comme normal.

Quand le vaisseau cessa de trembler, il se libéra de sa ceinture de sécurité. Enfin, il était sorti de là. - "J'ai réussi."

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Bonne lecture et bon dimanche !

J'attends vos impressions sur ce chapitre clef de l'oeuvre de Drama. J'avoue que c'est à ce moment-là que j'ai réalisé que je voulais traduire cette fiction. Chacun de vos commentaires a été lu et relu dans les moments de doutes ou de fatigue, merci infiniment !

Dimitrova (traductrice)