Chapitre 2
Lorsque Yûgi et ses amis arrivèrent chez Anzu, la police était déjà là. Les parents de cette dernière l'avait appelé quant ils s'aperçurent que leur fille s'était volatilisée de la maison, et que qu'elle n'était chez aucun de ses amis, qui eux l'avaient cherché partout en ville sans résultat.
La première chose qu'ils virent lorsqu'ils franchirent la porte du salon des Mazaki – après qu'ils eurent réussi à convaincre les policiers en faction devant la maison qu'ils étaient les meilleurs de la disparue et qu'il n'y avait aucune crainte à les laisser entrer – ce fut Madame Mazaki blottie dans les bras de son époux, les yeux rougis et gonflés, un mouchoir à la main, tous deux assis dans le canapé, tandis que l'inspecteur écoutait et notait tout ce que Monsieur Mazaki lui disait. Après quoi, Madame Mazaki, une fois qu'elle eut remarqué la présence de Yûgi, se leva d'un bond et alla le serrer dans ses bras en le remerciant entre deux sanglots d'être venu.
-Qui est-ce ? – demanda l'inspecteur.
-Ce sont les meilleurs amis d'Anzu, expliqua aussitôt Monsieur Mazaki. Nous leur avons demandé de venir en espérant qu'ils pourraient nous aider à comprendre ce qui a bien passé par la tête de notre fille pour qu'elle fugue.
-Anzu n'a pas pu fuguer ! C'est impossible ! – intervint vivement Yûgi.
Bien entendu, tous les regards, hormis ceux de Honda et Jounouchi, convergèrent vers lui.
-On peut savoir ce qui vous rend si sûr jeune homme ? – le questionna l'inspecteur d'un ton inquisiteur, et visiblement assez vexé qu'un gamin ose sans vergogne réfuter sa théorie.
-Peut-être le fait que je la connais depuis l'école primaire, et donc par conséquent un peu mieux que vous, répondit le concerné sans se laisser impressionner.
Le petit et faible Yûgi avait déjà pris pas mal de caractère au contact d'Atem, et encore plus depuis que celui-ci était parti.
-Plutôt faible comme argument, railla l'inspecteur.
-Alors selon vous, sous prétexte qu'Anzu est une adolescente qui a été pas mal tourmentée ces derniers temps : elle a forcément fuguée. C'est n'importe quoi ! À mon avis, c'est votre fameux pouvoir de déduction qui est plutôt faible, contre-attaqua sans se faire prier Jounouchi.
-Co… Comment ? – s'écria l'inspecteur scandalisé en bondissant de son fauteuil.
-Madame Mazaki, s'adressa Yûgi à cette dernière sans prêter attention à l'autre hystérique, vous connaissez Anzu aussi bien que moi quand même. Vous croyez vraiment qu'elle ait pu commettre un geste aussi stupide que celui de fuguer ?
-Yûgi a raison Madame, soutint Honda. Anzu est bien trop mature pour faire ça. Et puis elle a toujours fait face à ses problèmes tout en parvenant à les surmonter.
Il y eut un court silence pesant durant lequel les parents d'Anzu se consultèrent du regard.
-On ne sait plus quoi penser à vrai dire, répondit Madame Mazaki pour eux deux d'un ton larmoyant en se passant une main sur son visage encore rougit par les pleurs. Ce qui ne faisait qu'accentuer sa détresse et sa fatigue apparente.
-Est-ce que je peux aller dans sa chambre ? – demanda Yûgi en toute innocence et de but en blanc.
De nouveau des regards interloqués convergèrent vers lui. Et contrairement à ce qu'il avait pensé, l'inspecteur ne trouva rien à répliquer.
-Bi… Bien sur, lui bafouilla Madame Mazaki encore sous le choc de cette étrange requête.
Et donc, par cette réponse positif, Yûgi est ses amis s'empressèrent de gravirent l'escalier menant au première étage, et d'aller tout droit dans la chambre d'Anzu.
-Qu'est-ce que tu espères trouver exactement en venant ici ? – interrogea Honda à l'adresse de Yûgi.
-À vrai dire, je ne sais pas vraiment, répondit celui-ci pendant qu'il parcourait la pièce de long en large.
La première chose qu'il remarqua fut la lumineuse absence de son uniforme qu'elle avait pour habitude de mettre sur un cintre qu'elle accrochait après un porte-manteau fixé au mur à côté de son armoire à glaces. Elle ne s'était visiblement pas changée. Ou n'en avait pas eu le temps si elle avait été enlevée. Mais Yûgi préférait ne pas penser à cette éventualité. Même s'il était évident que c'était ce qui lui était arrivé parce que, si elle avait réellement fuguée, elle aurait mit d'autres vêtements car elle aurait eu conscience qu'avec son uniforme, qu'elle se serait fait repérer en un rien de temps.
-Eh ! Regarde un peu ce que je viens de trouver ! – le sorti Jounouchi de sa réflexion en ayant presque crié.
Le blond venait de ramasser quelque chose se trouvant au pied de l'armoire. Et lorsque Yûgi reconnu l'objet en question, son cœur failli bien s'arrêter car il s'agissait plus précisément du cartouche d'Atem, qui s'avérait également être la preuve ultime qu'Anzu n'avait pas fuguée, mais qu'elle avait belle et bien été enlevée, parce qu'elle ne serait jamais partie sans, et l'aurait encore moins égaré. Et à voir les mines d'enterrement que les trois amis affichait, il n'était pas difficile de deviner qu'ils en étaient arrivés à la même conclusion, et se posaient également les deux mêmes questions.
« Si Anzu a été kidnappée : Dans ce cas là, pourquoi ? Et surtout par qui ? »
Noir… Tout était si noir… Et si confus…
La première chose qu'Anzu fit lorsqu'elle commença à se réveiller fut de se demander si elle avait rêvé, ou bien si ce qui s'était passé avait été réel.
Elle se souvenait d'avoir aperçu dans son miroir une grande silhouette noire avec des yeux rouges brillants mais après, c'était le vide total.
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle fut prise à la fois d'un énorme doute ainsi que d'une grande angoisse, car elle ne reconnaissait pas du tout sa chambre.
Elle se leva d'un bond, avant de regarder tout autour d'elle d'un air paniqué.
Elle se trouvait dans une grande pièce carrée à la base et qui montait en triangle vers le plafond. On aurait dit l'intérieur d'une petite pyramide. D'ailleurs, les murs étaient faits de grosses pierres rectangulaires couleur ocre et il n'y avait non plus ni portes ni fenêtres. L'endroit était également assez sombre, mais il y régnait tout de même une étrange lumière violacée, qui n'était pas sans rappeler énormément le Royaume des Ombres.
Après une observation plus minutieuse des environs, Anzu remarqua qu'elle était dans un grand lit à baldaquin, dont les rideaux étaient cependant toujours accrochés. Puis elle se leva, non moins sans être sur ses gardes, et elle alla inspecter le reste de la pièce.
Elle constata qu'en plus du coin sommeil, qu'il y avait aussi un coin salle de bain avec tout le nécessaire, et même une espèce de coin beauté avec une imposante coiffeuse, tout un tas de miroirs, ainsi que plusieurs robes accrochées de femmes riches de l'ancienne Égypte.
Si l'endroit n'avait pas été aussi sombre et lugubre, il aurait pu aisément passer pour une chambre de princesse égyptienne.
-Tu es réveillée, lança soudainement une voix masculine à la fois rauque et caverneuse.
C'était une voix qu'elle avait déjà entendu.
Anzu fit volte-face pour apercevoir à l'autre bout de la pièce une vieille connaissance qu'elle ne pensait pas revoir un jour. Elle reconnut immédiatement sa carrure de titan, ses longs cheveux blonds et son visage d'homme mûr et grave. Il avait quand même eu la délicatesse de se montrer à elle avec sa tête humaine.
-Anubis…, souffla t-elle en étant à la fois surprise et apeurée.
-Je suis flatté. Tu te souviens de moi, lui lança t-il d'un ton légèrement sarcastique.
-Il est plutôt difficile d'oublier d'avoir vu pour de vrai un dieu égyptien. Surtout lorsqu'il s'agit d'un dieu aussi connu que vous, répliqua t-elle en étant cependant très nerveuse.
Ils se toisèrent un très court moment du regard.
-Qu'est-ce que je fais ici ? Qu'est-ce que vous voulez de moi ? – fini par demander Anzu, qui tentait de mieux qu'elle pouvait de ne pas paraître trop terrorisée.
-De toi ? Rien, lui répondit Anubis le plus calmement du monde.
-Mais alors, qu'est-ce que…
-Disons que tu me sers d'appât, expliqua t-il en s'approchant de la table qui les séparaient.
Anzu aurait bien voulu faire quelques pas en arrière, mais elle n'y arrivait pas. Elle avait tellement peur que ses jambes refusaient de bouger. Toutefois, Anubis ne fit rien de répréhensible, et se contenta de se servir de ses pouvoirs pour apparaître tout un tas de nourriture.
-A… Appât ? – bredouilla une Anzu désorientée. Un appât pour quoi ? Ou pour qui ?
-Ne te préoccupe pas des détails. Contente-toi seulement de rester bien sage en attendant le moment venu. Mais pour l'instant, je te suggère de manger parce que morte tu ne me serviras plus à rien. Et les robes ne sont pas non plus là pour faire jolies, recommanda le dieu des morts avant de disparaître.
-ATTENDEZ ! – lui cria Anzu, mais il ne revint pas.
Pendant ce temps là, Yûgi était sur le chemin pour rentrer chez lui en compagnie de Jounouchi et Honda. Ils avaient convenu qu'ils seraient mieux chez les Mutô pour parler de la disparition d'Anzu et pour en débattre, parce que la maison des Mazaki envahie de flics n'était pas l'endroit idéal pour ça. Surtout avec cette espèce d'inspecteur qui, en plus de se prendre pour un Hercule Poirot, n'avait pas l'esprit très ouvert.
-Vous croyez vraiment qu'elle s'est fait enlever ? – demanda Honda aux deux autres.
-Tu vois une autre explication ? Ne me dis pas que tu te mets à croire toi aussi qu'elle a fugué ? – contrecarra Jounouchi agacé.
-Bien sûr que non ! C'est juste que ce qui me file un doute c'est que je ne vois pas qui aurait eu intérêt à l'enlever.
-Nous non plus. Il n'empêche que c'est la seule explication plausible, intervint Yûgi, alors qu'ils étaient enfin arrivés chez lui.
Dès qu'ils entrèrent, ils virent arriver en toute hâte Monsieur Mutô qui semblait drôlement agité.
-Grand-père ? Qu'est-ce qui t'arrive ? – s'empressa de demander Yûgi inquiet de cet étrange comportement.
-Vous devriez monter dans le salon. Il y a une surprise, répondit simplement Monsieur Mutô d'un air mystérieux.
Ils se regardèrent les uns les autres affichant des mines ahuries, avant de sourire jusqu'aux oreilles et d'aller gravirent les escaliers en courant en criant le nom d'Anzu. Mais alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres du salon, Yûgi s'arrêta brusquement, une expression plus que estomaquée sur le visage.
-Eh ! Qu'est-ce qui te prends ? – interrogèrent en cœur Jounouchi et Honda qui manquèrent de peu de le percuter, parce qu'ils couraient derrière lui.
-Ce n'est pas elle, répondit le concerné dans un léger murmure, avant de continué a avancé d'une curieuse façon lui donnant l'air d'être hypnotisé.
-Euh… Yûgi ? – se risqua Jounouchi perplexe en le suivant à son rythme.
Honda en fit de même.
-Je ne peux pas le croire. Ça ne peut pas être lui, sembla continuer Yûgi à délirer tout seul.
Et lorsqu'ils arrivèrent dans le salon, Jounouchi et Honda frôlèrent la crise cardiaque lorsqu'ils aperçurent, tranquillement assis dans le fauteuil, une vieille connaissance leur sourire amicalement et chaleureusement.
-Atem…, murmura de nouveau Yûgi en se sentant extraordinairement jubiler.
… à suivre
