Chapitre 5
-T'as pas une idée de l'endroit où il aurait pu aller? - demanda Jonouchi à Yûgi, tandis qu'ils attendaient avec Honda le retour d'Atem.
-Pas la moindre, répondit Yûgi en faisant « non » de la tête.
-J'espère en tout cas que le lieu où il s'est rendu est sans danger, souhaita Honda dans son coin.
-Pourquoi tu dis ça? - interrogèrent les deux autres en chœur assez interloqués par ses paroles.
-Bah, réfléchissez deux secondes... Il n'a pas voulu qu'on aille avec lui.
-Et alors? - s'impatienta Jonouchi.
-Voyons les gars. Vous le connaissez quand même mieux que ça. Vous ne vous souvenez pas, qu'avant, lorsqu'il refusait qu'on l'accompagne, c'était parce qu'il y avait de grandes chances pour que se soit dangereux.
-Mais tu as raison! - s'exclama Yûgi en se sentant complètement idiot car, nul autre que lui était mieux placé pour parfaitement savoir comment pensait Atem.
-Ouais, c'est vrai, renchérit Jonouchi. D'ailleurs, je suis sûr qu'il préférerait se faire enlever les amygdales sans anesthésie, plutôt que de risquer nos vies.
Honda et Yûgi ne purent réprimer un « Beurk! » . Après quoi, ils éclatèrent tous les trois de rire.
-Et bien, on a l'air de beaucoup s'amuser ici. Il semblerait que je sois revenu au bon moment, dit soudainement la voix d'Atem apparemment sortie de nul part.
Ils tournèrent vivement leurs regards vers l'encadrement de la porte du salon pour y voir le Pharaon qui les observait avec un sourire passablement hilare.
-Te voilà enfin! - se réjouit Yûgi. On commençait à s'inquiéter.
-Fallait pas, les rassura t-il en entrant dans le salon avec un curieux sac de sport noir qui attira l'attention des trois autres.
-D'où ça vient? Tu ne l'avais pas quant tu es parti tout à l'heure, lui fit remarquer Honda.
-Tu fais bien de m'en parler car j'ai justement des cadeaux pour vous dedans, déclara le Pharaon en posant le sac sur le canapé et d'en ouvrir la fermeture éclair.
Il en sortit trois petites boîtes dont il en remit une à chacun. Et lorsqu'ils les ouvrirent, ils eurent la surprise d'y voir une croix égyptienne en pendentif faite d'argent et de cristal blanc.
-Avant que vous ne vous exclamiez de vives voix que ça fait filles, vous n'êtes pas obligés de les porter bien en évidence, les prévint Atem.
-D'accords. Mais qu'est-ce que c'est au juste? - demanda Honda.
-Ce sont des Ankh protecteurs. Le cristal qui les compose a été imbibé par magie de lumière. Ils vous protègeront d'Anubis et de ses pouvoirs.
-Cool! Et qu'est-ce que tu as d'autres dans ton sac à malices? - s'intéressa Jonouchi.
Atem lui sourit d'un air complice, avant de lui répondre:
-Une petite surprise pour Anubis.
Même si le Pharaon avait demandé à quels endroits les momies avaient été retrouvées , pour si Anubis suivait un plan particulier, il n'en eut en fin de compte nullement besoin car le dieux des morts et des ténèbres lui avait fait savoir qu'il était sur terre, et où exactement. Et mystérieusement, lorsque Yûgi lui avait demandé comment c'était possible, Atem s'était débrouiller pour subitement changer de sujet.
Ils arpentaient à présent l'ancienne zone industrielle de Domino, où les bâtiments délabrés et abandonnés ne manquaient pas.
-Déjà qu'en plein jour cet endroit fout la trouille; mais alors la nuit c'est grave glauque, ne put s'empêcher de commenter Jonouchi en jetant des coups d'œil pas très rassurés tout autour de lui.
-Ne me dis pas que tu as peur, alors qu'on a déjà affrontés des ruines pires que celles-là, se moqua Honda.
-Évidemment qu'on s'est déjà retrouvés face à des ruines beaucoup plus effrayantes. Comme ta grand-mère par exemple, répliqua aussitôt Jonouchi avec une irone méchante.
-QUOI? - hurla Honda furax en l'attrapant par le col de sa chemise. RÉPÈTE UN PEU SI TU L'OSES!
-Du calme voyons, s'interposa Yûgi entre eux deux. On se charge d'abord d'Anubis. Et vous réglerez vos comptes après.
Les deux concernés se mitraillèrent du regard. Puis, laissèrent finalement tomber; tandis que de son côté, Atem affichait un air à la fois amusé et nostalgique, en se disant que rien n'avait décidément changé depuis son départ. Mais, il se figea soudain sur place en braquant un regard plus que sérieux en direction d'un bâtiment en particulier.
-Qu'est-ce qu'il y a? - demandèrent les autres inquiets.
-Il est là, répondit le Pharaon dans un murmure, avant de se diriger vers le bâtiments en question, talonné de ses amis qui étaient à présent attentifs au moindre bruit.
Et lorsqu'ils y entrèrent, ils eurent la surprise de voir Anubis qui les attendait bien calmement au centre de la première pièce, en tenant fermement Anzu par un bras.
D'ailleurs, cette dernière frôla de peu l'apoplexie en voyant Atem en chair et on os.
Anubis ne lui avait donc pas menti en lui soutenant qu'il était de retour.
-Et bien! Il t-en a fallu du temps Atem! En plus, je vois que tu as amené avec toi cette bande de boulets qui te sert d'amis, se moqua sans retenue le dieu des morts.
-Qui est-ce qu'il traite de boulets là,! - s'énerva Jonouchi.
-Laisse couler, lui conseilla plutôt Honda.
-Pourquoi est-ce que tu ne laisses pas Atem tranquille? Qu'est-ce que tu lui veux à la fin? - s'énerva Yûgi de son côté après Anubis.
Celui-ci parut tout d'abord surpris; puis il finit par adresser un sourire carnassier au Pharaon, et lui lança d'un ton sardonique:
-Tu ne leur à rien dis, n'est-ce pas? Est-ce pour les préserver? Ou bien, parce que la réaction qu'ils pourraient avoir te fait peur?
Les trois garçons regardèrent Atem complètement interloqués.
-Atem? De quoi est-ce qu'il parle? - interrogea Honda.
Mais le concerné ne semblait pas écouter, et avait depuis un moment déjà son regard accroché avec celui d'Anzu, qui lui fit un très léger et très discret signe de tête lui confirmant qu'elle avait compris.
Et à partir de ce moment-là, une série de gestes et de mouvements des plus inattendus s'ensuivit.
Pour commencer, Anzu s'était violemment écarter d'Anubis – sans pour autant se libérer de son emprise, car il la tenait encore par un bras – tandis que de son côté, Atem avait fait glisser dans sa main, depuis l'intérieur de la manche de sa veste, un étrange petit poignard ressemblant à un kunaï qu'il lança aussitôt sur Anubis qui le prit dans le torse, juste à l'endroit où s'était trouvée la tête d'Anzu même pas deux secondes avant.
Ensuite, cette arme eut sur le dieu un effet similaire à celui d'un crucifix sur un vampire.
L'endroit où la lame s'était plantée s'était mis à dégager de la fumée et à commencer à tomber en cendres. De même que sa main libre lorsqu'il s'en servit pour la retirer d'un geste vif et brusque.
De plus, Atem ne lui laissa pas le temps de se ressaisir car il lui en avait balancé un autre dans l'épaule droite. Et cette fois-ci, il lâcha Anzu. Mais malheureusement, il le fit si violemment que la tête de cette dernière heurta le sol, et elle perdit connaissance.
Mais avant qu'Anubis ne puisse faire quoique se soit pour la récupérer, Atem fonça droit sur lui si vite que les autres ne s'en aperçurent pas tout de suite, et l'envoya valser à l'autre bout de la pièce avec l'aide d'une espèce d'énergie bleue qui était apparue autour de ses mains.
Et si les mâchoires de ses amis n'avaient pas été accrochées, elles seraient à coup sûr tombées à cause de ce qu'ils venaient de voir.
Atem avait quand même mit sans mal un dieu égyptien au tapis! Et sans le Puzzle du Millénium en plus!
Quant Anubis se redressa assez péniblement, il adressa au Pharaon un regard enragé, et puisa dans ses dernières forces pour disparaître par téléportation.
Plus tard à l'hôpital, Atem et les autres garçons étaient adossés contre un mur dans un des couloirs des urgences, attendant qu'on vienne leur apporter des nouvelles d'Anzu.
À vrai dire, ils ne s'étaient pas dis grand-chose depuis qu'ils avaient récupéré et emmené celle-ci à l'hôpital. Mais il fallait dire aussi que certains propos d'Anubis avaient fait s'installer une drôle d'ambiance pesante; et personne n'osait pour l'instant demander à Atem leur signification.
Ils restèrent encore un moment comme ça, jusqu'à ce que les parents d'Anzu viennent à leur rencontre.
-Comment va t-elle? - s'empressèrent-ils de demander.
-Bien! - leur répondit Madame Mazaki beaucoup plus radieuse que le dernière fois qu'ils l'avaient vu. Elle a seulement une grosse bosse à la tête.
-Pas de traumatisme crânien malgré le sacré coup qu'elle a pris? - s'étonna Yûgi.
-Rien du tout, confirma le père, avant d'ajouter: Par contre, elle nous a dit qu'elle aimerait vous voir.
-Alors ne la faisons pas attendre! - s'enthousiasmèrent Jonouchi et Honda en courant à moitié dans le couloir.
Et lorsqu'ils arrivèrent dans la chambre, Anzu était toujours en compagnie d'une infirmière, qui ne trainât pas pour vérifier les derniers petits détails, et les laisser en entre eux.
-Comment ça va ma belle? Tu sais que tu nous as fais peur! - s'exclama gaiement Jonouchi.
-Merci les gars! Je vais très bien. Juste une migraine d'enfer. C'est tout.
-Et c'est comment la Douat? - demanda de nouveau Jonouchi sans prévenir.
-Sinistre.
-On s'en doute, fit Honda d'un ton sarcastique, avant qu'un drôle de silence gêné ne s'installe.
Enfin du moins jusqu'à ce que Yûgi le brise:
-Dites, ça vous dirait qu'on aille se chercher des boissons et des beignets à la cafeteria, proposa t-il à Honda et Jonouchi.
-Pourquoi pas At..., commença à protester le blond, avant d'être coupé par Honda qui l'attrapa par le col de sa veste, et l'entraîna dehors avec lui en assurant que c'était une super bonne idée.
Et une fois qu'ils furent tous les trois partis, Anzu affirma aussitôt à Atem:
-Je sais pourquoi tu es là. Je ne parle pas uniquement de me sauver. Je veux bien entendu dire que je sais pourquoi ils t-ont envoyé toi et pas un autre.
Curieusement, Atem ne parut nullement surpris par cette révélation.
Il soupira lourdement en attrapant la première chaise venue pour aller s'asseoir à côté d'elle.
-J'en étais sûr qu'Anubis ne pourrait pas s'en empêcher. De toute façon, je lui ais toujours trouvé la langue un peu trop bien pendue pour un dieu, finit-il par dire d'un ton les plus neutres.
-À ta réaction, j'en déduis qu'il ne m'a pas raconté d'histoires.
-Parce que tu ne l'as pas cru, au moins?
-Pour tout t'avouer: non. Je pensais qu'il disait ça dans l'espoir de me monter contre toi. J'ai d'ailleurs cru pendant un moment que c'est ce qu'il essayait aussi de faire avec les autres, quant il y a fait allusion tout à l'heure. À ce propos; Est-ce pour les raisons qu'il a énuméré que tu ne le leur a pas dis? - demanda t-elle en osant à peine le regarder.
-Bien sûr que non. C'est seulement que je n'en voyais pas l'utilité.
Il y eut un bref silence.
-Sinon, je dois reconnaître que je suis assez surpris que tu ais réussi à saisir mes intentions vis-à-vis d'Anubis sans que j'aie eu à dire quoique se soit, reprit Atem.
-Mais qu'est-ce que tu me chantes là? - s'indigna subitement Anzu. Aurais-tu déjà oublié, que nous deux, on a jamais eu besoin de la parole pour se comprendre ou communiquer.
-Ce n'est pas faux, reconnut-il en se levant de sa chaise, avant de sortir d'une de ses poches, une petite boîte similaire à celle qu'il avait donné quelques heures plus tôt à ses autres amis, et de la remettre à Anzu.
-C'est joli. Qu'est-ce que c'est? - demanda t-elle après l'avoir ouverte.
-J'en ai également donné un à nos amis. Si tu le portes, il te protégera d'Anubis et de ses pouvoirs, au cas où il aurait dans l'idée de venir t'apporter des fleurs, ironisa Atem.
-On dirait qu'il est fait des mêmes matériaux que ces étranges petites lames que tu as utilisé contre lui.
-Tu as vu juste. Ce sont exactement les mêmes.
Anzu allait ajouter quelque chose lorsqu'elle sentit Atem lui déposer un baisé sur le haut du front.
-Je dois y aller. Je te vois plus tard, lui dit-il naturellement, avant de partir comme si de rien n'était.
Laissant derrière lui une Anzu complètement chamboulée ressemblant à présent beaucoup à un homard.
-Comment tu le sais qu'il t'attend de nouveau au même endroit? - demanda Jonouchi à Atem, alors qu'ils retournaient dans l'ancienne zone industrielle de Domino avec Yûgi et Honda.
Il les avaient croisé en cherchant la sortie de l'hôpital, et ils avaient insisté pour l'accompagner une fois de plus.
-Je le sais. C'est tout, répondit-il calmement.
-Faut croire que la raclé que tu lui as collé tout à l'heure ne lui a pas suffit, lança Honda.
-Ouais! Il est maso ou quoi? - tonitrua Jonouchi.
Yûgi, lui, était silencieux et paraissait préoccupé. Il sentait qu'Atem ne leur disait pas tout. Et cela l'inquiétait au plus au point.
Lorsqu'ils furent de retour dans le vieux bâtiment, ils eurent la surprise de voir qu'Anubis était bel et bien là, et qu'il était déjà remis de ses blessures.
Il était évident qu'il s'était réfugié dans la Douat pour récupérer plus vite.
-Je ne pensais pas que tu accepterais de me voir deux de suite dans une même soirée, dit-il à Atem d'un ton à la fois taquin et sarcastique.
-Si ça n'avait tenu qu'à moi, je ne serai pas venu, avoua le concerné en conservant son sang-froid légendaire.
-En tout cas, ton attaque de tout à l'heure n'était pas très loyale. Ce qui m'a beaucoup étonné venant de ta part. Néanmoins, ce n'est quand même pas là une façon de traiter son « Grand-Frère ». Tu n'es pas d'accord avec moi « Petit-Frère »?
… à suivre
