Chapitre 2 :

Là c'était le bouquet ! La journée avait bien commencée et voilà qu'elle avait envie de tout envoyer chier !

Sélèna, chevalier de l'étoile Terrestre du Secret n'avait pas croisé Minos, son supérieur, ce matin, évitant donc ses critiques méchantes. Il ne savait faire que ça. Elle était directement allée se poser à coté du Tartare, y restant toute la matinée. Les cris tout autour faisaient une mélodie apaisante, revigorante. Elle se sentait tellement bien ici. C'était son lieu favori. Les flammes dansaient, projetant des ombres magnifiques sur son superbe surplis. Ravivée elle s'était remise debout et était retournée dans sa chambre, au plus profond des limbes. Elle avait enlevé amoureusement son surplis pièce par pièce et les avait posées sur son lit. Elle se sentait si bien dedans. Elle avait caressé chacune des pièces avec amour. Elle avait ensuite revêtu une tunique marron, sobre mais si désagréable, coupée par une fine ceinture blanche. Elle avait finit en peignant ses longs cheveux noirs et les avait attaché à moitié. Elle s'en fichait de son apparence. Il fallait juste passer inaperçu.

Elle avait eu envie de faire un tour à la surface durant toute l'après-midi. Minos aurait désapprouvé ça ! Comme toujours ! Mais elle adorait semer la zizanie dans les petits villages de Grèce et elle n'écoutait plus personne depuis longtemps. Désobéir était si plaisant ! Sélèna était faite pour ça ! Et elle pouvait ainsi garder l'œil sur le Sanctuaire sans jamais pouvoir y accéder.

Elle s'était alors téléportée sur les collines entourant le lieu-dit du Sanctuaire et avait masqué sa cosmo-énergie. Personne n'avait eu le temps de la repérer elle en était sur. À peine arrivée sur le sentier, un homme l'avait attrapée par le bras et voulait l'emmener. Elle n'avait pas compris pourquoi. Sélèna avait crié par surprise d'abord mais elle était ravie ! Elle s'imaginait déjà ses cris de souffrance, ses larmes et ses supplications quand elle allait le torturer. Par quoi allait-elle commencer ? Le feu ? Une attaque basique ? Ce sale mortel l'avait touchée de ses mains impures et il allait le payer cher. De sa vie d'ailleurs. C'était une très bonne idée !

Et voilà qu'un autre homme était venu, l'avait frappé à sa place. Et en plus il en semblait fier ! Sélèna le dévisagea de bas en haut avec un mépris peint sur le visage. Il était couvert de poussière ! Et il avait des écorchures de partout. Il était plein de petites gouttes de sang séché. Pas glamour du tout quoi. Il n'avait qu'un pantalon pour simple habit et un bandeau dans ses cheveux blonds décoiffés. Il était sale quoi, mal habillé.

- Tout va bien ?

- Je t'ai rien demandé !

Non mais c'est vrai ! Il était venu lui gâcher son plaisir, il ne fallait pas l'oublier !

- Il ne vous a pas fait mal au moins ?

Mais c'est qu'il était collant en plus ! Il insistait bien trop au goût de Sélèna.

- Non ! Je ne vous remercierais pas si c'est ce que vous attendez !

- Et pourquoi ça ?

- Je n'avais pas besoin de votre aide !

Elle se retourna et commença à repartir d'un pas ferme. Elle se forçait à ne pas regarder derrière mais sentait que l'homme la suivait ! Et cela l'énervait profondément. Elle devait faire appel à toute sa volonté pour ne pas le griller sur place. Agacée au possible elle se retourna. L'homme avait un sourire confiant sur son visage d'imbécile.

- Pourquoi tu me suis ?

- Je veux être sur que vous rentriez chez vous sans problème !

Et le pire c'est qu'il était très sérieux ! Il s'y croyait à fond le bougre. Mais ça n'allait pas être possible. En regardant de plus près Sélèna vit qu'il était plutôt musclé, sans que ça soit trop non plus. Ça devait être un autre fermier du coin, travaillant aux champs, d'où la poussière. Il n'avait pas l'air méchant en tout cas. Sélèna se sentit presque gênée de son attitude, chose nouvelle pour elle. La gentillesse ne faisait pas partie de son caractère c'est tout. Mais puisqu'il fallait passer pour une humaine.

- Bon merci. C'est… gentil de m'avoir aidé tout à l'heure.

Elle manqua de s'étrangler en prononçant ses mots.

- De rien c'est mon devoir !

Faudrait savoir ! Il fallait le remercier ou non ? En plus il se prenait pour un héros ! Elle qui faisait un effort considérable, il pouvait au moins le remarquer et adopter un ton un peu moins condescendant. Mais il continua:

- Bon je vous raccompagne. Les routes ne sont pas sures. Je m'en voudrais s'il vous arrivait encore quelque chose.

- NON !

Elle vit le recul chez l'homme. Elle se reprit vite, jouant son rôle de pauvre jeune fille éplorée à fond :

- Euh non… Je vais me débrouiller. Ça va aller. Je n'habite pas loin.

- Vous êtes sur ?

- Oui ! C'est bon lâches-moi un peu !

Le ton était remonté, le naturel revenait au triple galop. A présent l'homme était prêt à rire. Il se foutait d'elle c'était sur. Elle avait tellement envie de le foudroyer d'une bonne attaque. Mais elle n'avait pas le droit si proche du Sanctuaire, c'était risquer de se faire repérer par ces crétins de chevalier d'or. Il fallait qu'elle tienne encore quelques minutes.

- Bon d'accord je vous laisse ! Mais à condition que vous reveniez demain !

- Et pourquoi ça ?

Sa voix contenait de la rage à présent. Il la considérait comme un chien c'est pas possible ! Pour lui donne des ordres.

- Disons juste pour faire connaissance. Et vous m'amusez ! Un animal sauvage à dresser c'est toujours intéressant !

- Je ne suis pas un animal !

- Disons demain à la même heure ?

- Mais tu rêves ! Je suis pas à ta disposition !

Cette fois elle se mit à courir afin de s'éloigner au plus vite. Elle l'entendit lui souhaiter une bonne journée. Mais maintenant cela ne pouvait être qu'une horreur. Sa journée était gâchée ! Elle retourna dans le monde qu'elle appréciait. Celui des ténèbres, de la souffrance, du mal à l'était pur. Elle remit précipitamment son surplis, soupirant d'aise.

Elle le détestait ce mec au sourire suffisant, méprisant et à la chevelure aussi éclatante que le soleil. Ah ce qu'elle aimerait entendre ses cris de douleurs dans le Tartare ! Une fois qu'elle l'y aurait plongé elle-même bien sûr !