Chapitre 3 :

Aiolos la regarda s'éloigner avant d'éclater franchement de rire une nouvelle fois. Jamais il n'avait ri autant en si peu de temps. Elle n'était vraiment pas féminine celle là ! On aurait dit une lionne sauvage, aussi mal peignée qu'agressive. Et en même temps ça lui avait fait du bien. Il entreprit de remonter la pente tranquillement, prenant son temps cette fois.

De retour dans la maison du Sagittaire il prit une bonne douche. Il avait du paraître vraiment sale à la pauvre fille. Il se frotta particulièrement ses cheveux blonds pour enlever la poussière. Il passa ensuite plusieurs minutes à nettoyer sa douche. Plus frais à présent, il remit sa lourde armure d'or. Il descendit voir ensuite son frère. Ils devaient parler ! Mais il fut arrêté par Shakka dans la maison de la Vierge.

- Toi tu as changé !

- Moi aussi je suis content de te voir Shakka.

Shakka était assis, comme à son habitude devant la statue de Bouddha. Il avait bien senti le ton sarcastique de son ami sans pour autant le relever. Les yeux fermés mais il était bien plus attentif que les autres. Aiolos allait lui demander ce qu'il voulait dire mais le chevalier de la Vierge devança sa question, comme toujours :

- Ton cosmos semble apaisé, plus doux que ces derniers mois. Tu t'es réconcilié avec toi-même à ce que je vois ! Façon de parler bien sur…

- Si tu le dis c'est que ça doit être vrai !

Aiolos préférait éluder la question implicite plutôt que de parler de la jeune fille rencontrée. Ce qui était stupide en un sens. Pourquoi cacherait-il un fait insignifiant ? Elle n'était qu'une connaissance après tout, et même encore moins. Mais on ne savait jamais. Il se sentait bloqué. Il salua Shakka de la main, geste inutile certes, et continua sa route.

En arrivant dans la maison de son frère il dut affronter un grand et lourd silence. Son frère avait du sortir avec Marine pour une petite balade romantique sous les étoiles. Ce n'était pas bien important. La discussion serait juste reportée de quelques heures. Mais ces heures-là passèrent ! Aiolos n'en pouvait plus d'attendre en se tournant les pouces, assis dans une maison vide. Si Aiolia voulait parler il n'aurait qu'à monter. Toute la bonne humeur de son frère s'était envolée d'un seul coup. Il remonta les marches en bougonnant, faisant claquer l'or contre la pierre. Dans la maison de la Vierge Shakka l'interpella à nouveau :

- Oublies ce que je t'ai dit ! Tu es toujours autant en colère qu'avant !

Mais Aiolos ne releva pas, ne s'arrêta même pas. Il passa le reste de la journée dans sa chambre, ne se manifestant jamais quand quelqu'un passait par sa maison, et répondant encore moins aux invitations lancées par d'autres chevaliers quand il passait. Il n'était là pour personne. Son frère ne vint même pas le voir.

Le lendemain, il repartit dans les rochers, non loin de là où il avait entendu le cri la veille. Et il attendit. Longtemps. Et même plusieurs jours de suite. Il attendu en tout un mois avant de pouvoir revoir la jeune fille. Pendant ce mois il fut morose pour tout le monde, grognant sur tout ceux qui s'approchaient ou tentaient de lui parler. Et il s'entrainait de moins en moins. On lui avait interdit l'arène d'entrainement quand il avait détruit tous les gradins pour la troisième fois. Lui-même ne s'expliquait pas cet énervement. Aiolia avait cessé de venir le matin avec sa petite amie pour voir le soleil levant. Il se montrait de moins en moins avec elle. Alors pourquoi ? Mais Aiolos n'arrêtait pas de penser à ces grands cheveux noirs et ces yeux verts magnifiques. Mais cette attente rendit encore plus précieux le souvenir de la jeune femme et encore plus beau le moment des retrouvailles.

Même si c'était plutôt une chute qu'une vraie retrouvaille. Aiolos était assis sur un rocher quelconque, le regard dans le vague, ne pensant à rien de particulier. Il profitait du paysage grandiose sous ses yeux. Il entendit soudain un bruit de rocher qui dégringole. Il se retourna et vit une avalanche rocailleuse qui fonçait droit sur lui. Il pouvait esquiver facilement mais au moment de bouger il vit un éclat noir à travers les pierres. Des mèches noires qui flottaient dans l'air. La fille devait marcher sur la falaise et là elle tombait sur lui. Si Aiolos ne la sauvait pas elle risquait une mort certaine en atterrissant et en se faisant écraser par les pierres. La hauteur était telle qu'aucun humain n'aurait pu survivre et les rochers étaient énormes. Aiolos devait se décider très vite. Lancer une attaque pour détruire les rochers risquait de la blesser elle. Et il y en avait bien trop à détruire pour bien viser.

Mais déjà il n'avait plus le temps de réfléchir. Les chevalier d'or sauta, se servant des rochers comme tremplin jusqu'à l'atteindre. Il la récupéra dans ses bras rapidement. Il se dépêcha de lui mettre une main sur les yeux. Autant pour la rassurer que pour qu'elle ne voie pas les pouvoirs de son sauveur. Il ne voulait pas l'effrayer plus que ça. Elle criait et se débattait comme un diable dans les bras. Ses paroles étaient couvertes par le bruit des pierres. Il les prit pour des prières ou des mots que l'angoisse lui dictait.

Il la posa à contrecœur quelques mètres plus loin.