Voici le chapitre quatre. Il est à noter qu'il sera moins drôle que les précédents (mais je pense que vous l'aurez compris grâce au titre). Toutefois, je conserve l'esprit du récit et des personnages "One Piecien" donc il ne devrait pas y avoir de soucis (du moins, je l'espère^^).
Ce chapitre donne enfin une partie de la signification du titre de cette histoire, bien que cela peut encore paraître assez flou. Plus de détails dans les prochains chapitres.
Bonne lecture à tous !
Une vision cauchemardesque
La situation était des plus critiques. Le gros Blier, dans une colère noire suite au coup qu'il avait reçu, se préparait à utiliser son fruit du démon. Luffy le scrutait avec sévérité. Son regard s'était considérablement assombri, si bien qu'on ne voyait plus la moindre trace de sourire sur son visage. Sanji, la cigarette à la bouche - qu'il avait entre-temps allumé dans des gestes bien calculés, gestuelle digne d'un mauvais western des années 50 - contemplait avec hargne celui qui venait de l'humilier devant sa Nami adorée. Il était prêt à tout pour racheter sa faute et reconquérir ainsi le cœur de sa dulcinée.
« Nous allons voir qui de nous deux est le meilleur prétendant, Luffy » pensa Sanji en jetant un regard de défi au capitaine.
Mais ce dernier fixait toujours le gros Blier, furieux. Nami remarqua qu'il tremblait légèrement. Elle savait pertinemment que ce n'était pas de peur. Luffy n'était pas homme à jouer des castagnettes avec ses jambes dès qu'un ennemi pointait le bout de son nez. Pour ça, il était bien loin de Usopp. Non, il tremblait pour une autre raison. De rage ? Certes, il semblait hors de lui mais ce n'était pas la première fois qu'un adversaire se montrait plus coriace que prévu. Alors pourquoi tant de haine ? Ce n'était quand même pas parce que…
Nami secoua vivement la tête.
« Qu'est-ce que je suis en train de penser là ? Il me protège car je suis sa nakama tout simplement. Il l'aurait fait pour chacun d'entre nous… »
Une petite voix espiègle intervint dans son esprit et ne put s'empêcher de lancer :
« Mais te sauve-t-il de la même manière que les autres ? Ne sens tu pas une certaine intensité émanée de son regard lorsque tu es en danger ? »
« Sanji est aussi comme ça… » pensa la navigatrice un peu perdue.
La petite voix - que personne n'avait sonnée - émit un petit rire :
« Ne confonds pas tout : il y en a un, muni de pensées lubriques, qui est prêt à secourir n'importe quelle femme et l'autre, doté d'un esprit parfaitement innocent, qui te sauvera pour ce que tu représentes à ses yeux. »
Nami ne trouva rien à redire. La voix s'éclipsa et elle eut l'impression de redescendre sur terre. Alors qu'elle s'apprêtait à tirer une conclusion sur ce drôle de monologue intérieur, le gros Blier lança une première attaque.
- Kane kane no sonido !
Ses mains envoyèrent un son aigue absolument épouvantable. Nami tenta de se boucher les oreilles tellement le bruit était insupportable. Cela lui donnait l'impression qu'une fourchette s'amusait à rayer une assiette. Cette sonorité réveillèrent instantanément Usopp et Chopper qui se levèrent d'un bond.
- OUAH ! C'est quoi ce bruit affreux ? Mes tympans, au secours !
- Gomu gomu no…
- Collier !
Luffy n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Sanji s'était littéralement envolé vers son adversaire et lui donna un coup de pied au cou qui ne causa aucun dommage. Néanmoins, il continua dans sa lancée.
- Epaule ! Côtelette ! Selle ! Poitrine ! Gigot !
Les coups fusaient sur le Gros Blier. Mis à part le fait qu'il sonne comme une cloche à chaque coup de pied du cuisinier, les attaques ne semblaient pas l'affecter. Sanji finit sa parade de coups par l'une de ses puissantes offensives.
- Un chevalier servant se doit de secourir sa bien aimée. Mouton shoot !
Malheureusement, le gros Blier lui attrapa la jambe en plein vol. Il le frappa au sol avec une violence inouïe. Un filet de sang s'échappa de la bouche de Sanji et ses yeux se convulsèrent. Le maintenant solidement par la jambe, le gros Blier répéta cette action, le frappant comme un enfant de deux ans le ferait avec son hochet. Le visage du pauvre chevalier servant en avait pris un sérieux coup.
- Sanji ! S'écria Nami, horrifiée.
- Mais c'est impossible… pleura Usopp en se couvrant les yeux avec ses deux mains.
- Gomu gomu no bazooka ! cria Luffy en projetant ses paumes sur son ennemi.
Tandis que Sanji était été écrasé impitoyablement au sol, le gros Blier bloqua le coup de Luffy à l'aide d'une seule main. Le corps du futur seigneur des pirates fut à nouveau prit de secousses incontrôlables.
- Meeeerrrdddeeee çaaaaaa reccoommeeennceee soooonnn trrrruuuuuc !
- Kane kane no Pâques !
Luffy se récupéra la main du gros Blier en plein visage. Aussitôt, il sauta telle une balle rebondissante sans avoir la possibilité de s'arrêter. Il se cogna partout, sur l'herbe, les arbres, les transats et même sur le mur de la maison de pension. Nami tenta de le rattraper mais elle fut saisi par le gros Blier.
- Ding dong, le temps est écoulé. Suis moi maintenant.
- Lâche moi, gros tas, se plaignit Nami en tentant de se dégager. Luffy !
Usopp tenta d'intervenir.
- Bille explosive !
Le gros Blier n'eut qu'à lever sa main pour contrer l'attaque.
- Le jeu a assez duré, dong, dit-il en écrasant la tête de Sanji au sol.
Le corps du cuisinier ne bougeait plus depuis un petit moment.
- Sanji ! S'écrièrent l'équipage présent sur les lieux hormis Luffy qui luttait contre ses secousses intérieures ininterrompues.
- Bien allons-y, le capitaine Sakaku nous attend, dit-il en prenant Nami comme un vulgaire sac à patate.
- Eh, gros balourd ! Cria Usopp. Regarde par ici !
Le gros Blier se tourna vers lui et écarquilla les yeux. Le sniper tenait à la main une immense cloche en or, orné de pierreries. Le regard du gros Blier s'illumina devant tant de beauté. (1) Il était tellement fasciné qu'il en oublia momentanément sa mission.
- DING ! Quelle belle cloche !
- Et j'en ai toute une collection, sourit Usopp, fier de lui en sortant tout un tas d'objets de sa besace. Voici un bouquet de clochettes en métal fait main, à offrir pour les rendez vous entre cloches, une cloche à fromages en argent massif, deux porte-cloches en noisetier véritable et aussi la clochette plaquée or, idéale pour égayer les soirées entre…
- A quoi tu joues, crétin ? S'énerva Nami, sa tempe battant fortement. Tu ne vois pas dans quelle position je me trouve ?
- J'essaye de faire diversion pendant que Chopper s'occupe de lui, murmura Usopp en prenant une expression machiavélique.
- Superbe ! Déclarèrent le gros Blier et Chopper, des étoiles dans les yeux.
- A la base, c'était pour lui, pas pour toi ! Cria Usopp à l'adresse du renne.
- Oups, désolé, s'excusa Chopper.
- Kane kane no vertigo !
Un son inhumain sortit des mains du gros Blier. Usopp et Chopper poussèrent des cris stridents et s'évanouirent. Les objets en forme de cloches éclatèrent comme des ballons, révélant ainsi l'astuce de Usopp. Nami, toujours maintenue par l'adversaire, ne résista pas elle non plus au bruit abominable et tomba dans l'inconscience. Seul Luffy était encore debout et gigotait comme un dément.
- Y EN A MARRE ! Hurla-t-il soudainement en frappant n'importe où pour que les secousses de son corps s'interrompent.
Il démolit une bonne partie du jardin et de la maison de pension. Heureusement, Mr Jisha était indisponible pour le moment (mais laissez lui un message et il vous rappellera dès que possible… Hum, que c'est naze, reprenons). Enfin débarrassé de ses drôles de tremblements, Luffy jeta un coup d'œil autour de lui.
- T'as touché à mes amis, je vais te démonter, dit-il d'une voix grave.
Mais avant, lâche Nami.
- Ding dong, et si je refuse ?
- Ben, de toute façon, t'es foutu, grosse cloche. Ça sert à rien de refuser.
Luffy prit une nouvelle posture de combat. Il allait employer le Gear 2 contre lui.
- Puisque que Sanji n'est plus en état de se battre, c'est moi qui jouerai le rôle du chevalier de Sert-le-vent, annonça-t-il en faisant face au gros Blier. Par contre, je sais pas qui c'est ce gars…
- Dadoung dading, dit son adversaire. Dis donc, drôle de gamin dingue ! Si c'est la baston que tu cherches…
- …cela attendra, déclara une voix grave derrière eux.
Le gros Blier se retourna subitement. Un homme à barbe noire, possédant un cache-nez, coiffé d'un haut de forme et muni d'une canne, jeta un regard de pitié à l'homme de main de Sakaku.
- Dr…Dr Yudoku, frissonna le gros Blier en reculant légèrement.
- Votre mission se borne à un objectif, dit Yudoku en lissant les poils de sa barbe. Mais visiblement, vous n'êtes pas à la hauteur de la tâche. Devant l'impatience du capitaine Sakaku, j'ai été désigné pour vérifier le travail. Tu as la fille, il est donc temps d'y aller.
- Comme il vous plaira, Dr Yudoku, dit le gros Blier en se courbant docilement.
- Eh, t'es qui toi ? Demanda Luffy en s'avançant vers eux. T'es un pote de la grosse cloche ?
- Tu n'as pas besoin de le savoir… yamai yamai no body !
Yudoku avait levé un doigt vers lui. Une onde de choc s'abattit sur Luffy qui ne parvint pas à esquiver. Il se sentit vaciller. Son corps passa d'une température normale à une température très élevée, pour redescendre brusquement. Blanc, comme un linge, le capitaine sentit une forte fièvre l'atteindre. Comble de son état, il se mit à cracher du sang.
- Qu'est-ce qui m'arrive…
- La conséquence de ton surmenage, sans doute, dit Yudoku avec dédain. En route, Blier.
Le gros Blier, tenant toujours Nami inconsciente sous son bras, quitta les lieux avec Yudoku.
- Nami, balbutia Luffy en crachant une quantité importante de sang. Merde…
Il tomba à terre, la respiration saccadée. Il se sentait si inutile. Il avait envie de hurler, de frapper ces types et de récupérer Nami par tous les moyens mais son corps n'était plus en état de combattre. Il se sentait nauséeux et affaibli.
« Pourquoi je me sens malade tout d'un coup ? Je n'arrive même plus à voir clairement devant moi. Il faut pourtant que j'aille aider Nami coûte que coûte… ».
Sur ces dernières pensées, il s'évanouit.
Capitaine ! Les voilà !
Un homme coiffé d'un chapeau de carnaval retira ses jumelles et descendit de son poste de vigie. Plusieurs autres pirates se mirent en activité, se préparant à accueillir le capitaine, toujours dans son compartiment. Sir Amami, appuyé sur son parapluie, regardait le gros Blier et Yudoku avancés vers le navire.
- Pas de problème pour revenir ? Demanda-t-il faussement aimable.
- Ding dong, aucun, Sir Amami.
- Nous avons croisé mugiwara à la maison de pension et je dois bien admettre que vous aviez raison, déclara Yudoku à l'adresse de Sir Amami en balançant sa canne d'avant en arrière.
- Sur quel sujet ? Demanda l'homme au chapeau chocolat.
- C'est un demeuré.
Une fois montés à bord, le gros Blier jeta Nami par terre. Evanouie, elle ne vit pas une personne la scruter avec malveillance.
- C'est donc notre nouvelle navigatrice, dit Ougi qui venait d'apparaître soudainement et qui dévisageait la nouvelle arrivante. Cette fille semble être une crème mais méfions nous, il existe plus de crèmes brûlées que nous le pensons. (2)
Une goutte apparut derrière la tête des membres de l'équipage.
- Quoi qu'il en soit, reprit Yudoku, je me ferais un plaisir de l'aider à enfiler son nouveau costume de navigatrice...
- Vos rêves lubriques ne nous intéressent pas ! Rétorqua Melle Reijin, furieuse. Si j'étais le capitaine, elle aurait nourri les requins depuis longtemps.
- Ding dong, vous pensez qu'elle va vouloir collaborer avec nous ? Demanda le gros Blier en se frottant la tête. (3)
- Elle n'a pas le choix de toute manière, répondit Sir Amami. C'est désormais la nouvelle recrue de notre équipage. Le capitaine Sakaku décidera de ce qu'il conviendra d'en faire par la suite.
- J'ai d'excellentes propositions à formuler à ce sujet, intervint Melle Reijin d'un air féroce. Pourquoi ne pas la suspendre au dessus d'une marmite d'eau bouillante et l'enfermer à l'intérieur pour ensuite la larguer à la mer ?
- Je n'ai pas pour habitude de sacrifier mes belles marmites toutes neuves, répliqua Ougi, irrité.
- Qu'est-ce que vous faites ? Pourquoi toute cette agitation ?
Tokbaz, coiffé de son inséparable toque, fit son apparition. Il jeta un bref coup d'œil à Nami puis son regard se porta sur l'équipage.
- Finalement, vous l'avez attrapé. C'est une bonne nouvelle.
- Où étais tu encore passé ? Demanda Melle Reijin avec un ton de reproche dans la voix.
- Je finissais une expérience sur le lovely instinct, répondit celui-ci en baillant. Mon flacon est maintenant au point.
- Le lovely instinct ? répéta Melle Reijin.
- Oui, c'est la dernière de mes créations. Toute personne qui s'asperge de ce parfum devient alors irrésistible pour la ou les personnes qui le sentent. Mais attention : en abuser cause des dommages irréversibles au niveau cérébral.
- Très intéressant, je…commença Yudoku.
- Je prends ! Coupa Melle Reijin d'un air ravi. C'est combien cette fois ci ?
- 200 Berrys, payable en une fois, annonça Tokbaz.
Alors que Melle Reijin remettait les billets à l'inventeur, Nami commença à ouvrir les yeux.
- Monsieur Amami, elle se réveille, lança un simple membre de l'équipage en désignant leur « nouvelle » navigatrice.
Sir Amami fixa Nami avec un sourire satisfait.
- Bien dormie, ma chère ?
Nami ouvrit grands les yeux dès qu'elle entendit cette voix criarde assez singulière. Elle releva son buste et cligna des yeux plusieurs fois. Devant elle, une bonne cinquante de paires de yeux la scrutaient, certains avec pitié, d'autres avec perversité et sadisme. Elle remarqua qu'une jeune fille, dont la partie inférieure de son visage était dissimulée par son éventail, lui envoyait un regard venimeux.
- Quelle splendide créature, murmura Yudoku en lissant les poils de sa barbe. J'espère que je pourrais la disséquer lorsqu'elle sera devenue inutile.
Nami, paniquée se tourna dans tous les sens à la recherche d'une sortie éventuelle. Soudain, elle aperçut un visage qui lui était familier.
- Tokbaz ! S'écria-t-elle. Qu'est-ce qui se passe, pourquoi je suis ici ?
Ce dernier, indifférent à son ton alarmé, lui répondit :
- Tu as bien du t'en rendre compte toute seule non ? Tu as été capturé. Et je peux dire que c'est grâce à moi que tu es arrivée à bord de ce navire…
- Dong ding dong ding, s'emporta le gros Blier, c'est moi qui ai fait tout le travail !
- Je vous rappelle, cervelles de moules tièdes, au cas où vous l'auriez oublié que cette capture a été réalisable grâce à mon intervention, décréta Yudoku.
- Toi ? S'exclama Tokbaz en se tordant de rire. Tu n'es déjà pas un bon médecin, alors un bon homme de main laisse moi rire…
- Ding, il n'y a qu'un seul homme de main ici et c'est moi…
- C'est sûr que des larbins de service, il n'y en pas cinquante…
- Vous enviez mon génie mais vous n'osez pas l'admettre…
- Parce que fabriquer une lotion pour faire pousser des épines de cactus sur la plante des pieds, c'est ça que tu appelles du génie ?
- Tout le monde peut se gourer dans l'étiquetage des fioles. En tout cas, je ne suis pas du genre à empoisonner les gens en leur fournissant un remède contre un simple nez qui coule…
- Ding dong, dîtes vous m'écoutez quand je parle ?
- Rhooo, taisez vous donc ! S'énerva Melle Reijin en prenant un visage terrifiant. Vous êtes proprement insupportables.
Nami allait se relever mais deux hommes de l'équipage braquèrent leurs pistolets vers elle.
- Reste où tu es, dirent ils en chœur, d'une voix menaçante.
Un bruit de trompette, accompagnés de bruits de pétards et de serpentins se firent clairement entendre. Tous les hommes du navire se mirent en ligne, au garde à vous.
- Ah enfin, il se décide à sortir, dit Sir Amami. Il était temps.
La porte s'ouvrit. Un homme de très grande taille, mesurant plus de deux mètres vingt en sortit. Coiffé d'un chapeau de carnaval où la spirale dorée - emblème du navire - apparaissait, portant une lavallière autour de son cou, il avait une expression de conquérant sur le visage. Son nez en forme de tige de roseau recourbée sur la fin et ses dents pointues lui donnaient un aspect particulier. Sakaku marcha doucement vers Nami. A son passage, tous les hommes se prosternèrent. Seuls Sir Amami, Ougi, Yudoku, Melle Reijin, Tokbaz et le gros Blier le saluèrent d'un signe de tête.
- Bienvenue dans notre équipage, navigatrice-san.
Sakaku observa Nami qui recula légèrement, effrayée par le visage désagréable de cet homme. Dire qu'elle n'avait plus son climat tact avec elle. Il était resté à la maison de pension, là où se trouvait encore Luffy et les autres. Mais que s'était-il passé après son évanouissement ? Elle n'en savait strictement rien. Pour le moment, elle devait réfléchir à une solution pour se sortir de ce pétrin.
- Tu te demandes sûrement pour quelle raison je t'ai « convié » à participer à notre aventure ? Continua Sakaku dans un sourire des plus mielleux. Allons droit au but : je suis à la recherche d'un objet ancien et je souhaiterais parvenir jusqu'à sa cachette. Malheureusement, aucune carte ne mentionne l'endroit exact où il se situe. Les coordonnées maritimes et topographiques n'étant lisibles que par un excellent navigateur ou cartographe, je fais donc appel à tes talents pour parvenir jusqu'à l'île correspondante. Es tu d'accord ?
Nami le scruta un instant. L'expression de Sakaku lui donnait encore plus de raisons de détester ce genre de pirates (hormis son propre équipage, bien entendu).
- Qu'est-ce que j'y gagne si je vous guide jusqu'à cet objet ? Demanda-t-elle, méfiante.
- Le droit de rester en vie, répondit Sakaku d'un ton sans réplique.
Nami déglutit. La transaction commençait mal. Elle ne savait pas quoi faire. Si elle acceptait, elle aiderait des pirates à s'emparer d'un objet sûrement dangereux puisque mentionné par aucune carte habituelle mais si elle refusait, elle risquait de voir son aventure finir de façon tragique.
- C'est non.
La réponse fut cinglante. Le sourire de Sakaku s'élargit.
- Plait-il ?
- Je refuse, précisa-t-elle. Je ne serais pas la navigatrice de votre navire. Trouvez vous quelqu'un d'autre pour faire ce travail.
- Capitaine, avec votre permission, voulez vous que je la fouette ? Proposa Melle Reijin, une lueur démoniaque dans les yeux.
Le visage de Nami blêmit légèrement mais elle tenta de garder contenance.
« J'ai appris à rester forte, je le serais » pensa-t-elle.
- Non, ce ne sera pas nécessaire, dit le capitaine. J'ai trouvé une solution à ce petit problème. Ecartez-vous, je vous prie, ajouta-t-il en s'adressant à son équipage.
Ceux-ci s'exécutèrent. Sakaku leva une de ses mains et lança à Nami d'un ton faussement aimable.
- Dans quelques minutes, je suis sûr que nous arriverons à un point d'entente. Miro pesadilla !
Soudain, Sakaku, l'équipage et le bateau disparurent de son champ de vision. Elle se retrouva dans un endroit sombre, dépourvu de paysage où le temps semblait s'être arrêté. Surprise, elle se releva et scruta les alentours à la recherche d'une fenêtre ou d'une porte menant vers l'extérieur.
« C'est bizarre, se dit-elle, on dirait que j'ai été téléporté ».
Alors qu'elle essayait de comprendre où elle se trouvait, elle entendit une plainte déchirante. Un peu plus loin, elle vit une forme allongée qui se tortillait dans tous les sens de douleur. Les gémissements de souffrance lui rappelaient quelqu'un mais elle n'arrivait plus à se rappeler de qui il s'agissait exactement. Elle s'approcha doucement et constata qu'il s'agissait d'un jeune homme dont le corps était tailladé de partout. Il portait un simple pagne et saignait abondamment. Il était à l'agonie sans aucun doute. Son visage était dissimulé dans une sorte d'ombre légèrement brumeuse.
- Tenez bon, je vais vous aider, dit-elle en s'agenouillant et lui prenant la main.
Elle contempla ses plaies. Le malheureux avait été sérieusement amoché. Entre deux plaintes, il réussit à articuler :
- Au secours, aide moi, j'ai mal… PITIE ! J'ai trop mal…
- Calmez vous, je vais essayer de vous soigner, dit-elle d'un ton convaincu.
N'ayant rien à portée de la main et n'ayant aucun moyen de contacter Chopper, cela allait être très compliqué.
« Cette voix…c'est curieux, je la connais, c'est sûr… »
- J'ai mal, c'est affreux, achève moi, j'en peux plus…
- Restez calme, vous allez bientôt…commença-t-elle.
Tout à coup, le visage du jeune homme affreusement blessé lui apparut.
- Mais que…non, ce n'est pas possible, dit-elle, la voix tremblante en lâchant la main du blessé.
Les cheveux noirs lui tombant sur le front, ses yeux étaient mis clos à cause de la douleur. Mais ce qui le distinguait des autres, c'était cette petite cicatrice placée sous son œil gauche…
- LUFFY ! Hurla Nami à s'en déchirer les poumons.
Elle prit son visage dans ses bras, les larmes coulant instantanément de ses yeux.
- Luffy ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi es tu dans cet état là ? Réponds moi, je t'en supplie ! Luffy…
Nami eut une énorme crise de sanglots. Luffy ouvrit un œil et, entre deux respirations saccadées, réussit à lui murmurer :
- Nami, merci d'avoir été à mes côtés, sourit-il. Je crois que nos aventures se terminent là…
- Non, ce n'est pas possible, tu m'as fait une promesse, cria-t-elle en pleurant. Une promesse ! Tu ne peux pas la trahir, tu n'as pas le droit de la trahir…
- Je…ne crois pas… être en mesure de la tenir, répondit celui-ci d'un air désolé. Excuse moi Nami…
Le visage de la navigatrice était inondé de larmes. Elle étreignait Luffy comme jamais, refusant de le laisser partir.
- Merci pour tout, Nami… dit-il, ses yeux se fermant. Sois heureuse…
- LUFFY, NE T'EN VAS PAS, JE T'AIME ! Hurla-t-elle à s'en casser la voix.
Mais le corps du jeune pirate ne bougeait plus. C'était fini. Nami cria de désespoir et enfouie sa tête sur le ventre de son capitaine et ami.
- Pourquoi… Luffy, pourquoi…
« Je crois que ça suffira » lança une voix lointaine.
Le corps de Luffy disparut. L'atmosphère sombre fut remplacée par le navire et l'équipage qui réapparurent soudainement. Nami, quant à elle, pleurait toujours, à plat ventre sur les planches, son visage entre ses bras.
- Je pense que nous allons passer un excellent voyage, déclara Sakaku d'un ton jovial. Larguez les amarres, nous partons sur le champ.
- Bien, capitaine, scandèrent ses hommes.
- Il n'y a pas à dire, dit Sir Amami à l'adresse de Sakaku, vos méthodes de persuasion sont toujours aussi efficaces.
- Je l'espère bien, elles font partie du spectacle, répondit Sakaku. Ah, au fait, Tokbaz… ajouta-t-il en se tournant vers l'inventeur.
- Oui, capitaine ? Demanda celui-ci en rajustant sa toque.
Sakaku le gifla avec une telle violence qu'il fut envoyé à l'autre bout du navire. Son chapeau tomba à ses côtés. Tous les hommes de l'équipage qui chantonnaient joyeusement, s'arrêtèrent et se figèrent.
- Ça, c'est pour m'avoir suggéré de ramener une personne aussi désobéissante, déclara Sakaku, une lueur hargneuse dans les yeux. Bon, Ougi, amène navigatrice-san dans sa nouvelle salle de travail.
Le cuisinier acquiéça silencieusement et prit le bras de Nami. Celle-ci, les yeux rougies par les larmes, se laissa emmener sans rien dire. Elle semblait avoir subi un très gros choc émotionnel.
- Sale pleurnicheuse, cracha Melle Reijin avec dégoût. Le capitaine est bien trop gentil avec elle. Nous nous occuperons d'elle plus tard.
- C'est un sujet d'étude de plus en plus intéressant, fit remarquer Yudoku. Je me demande jusqu'à quel point elle résisterait à mes petites expériences psychologiques…
Ougi mena Nami jusqu'à la salle mentionnée par le capitaine. Il ouvrit la porte, dévoilant un compartiment assez grand où une table de travail recouverte de cartes en tout genre était mise à disposition. La pièce était d'aspect assez sinistre : il n'y avait aucune décoration et le lit était très étroit.
- Voici ta cabine, dit Ougi dont les yeux froids étaient la seule partie visible de son visage. Je t'apporterais ton dîner tout à l'heure. En attendant, commence à travailler si tu ne veux pas finir en compote de pommes.
Le cuisinier la laissa et ferma la porte. Nami se laissa tomber sur le lit. Jamais elle n'avait ressenti une si grande tristesse l'envahir. Elle essuya ses larmes et tenta de se calmer. Mais la vision d'un Luffy à l'article de la mort lui revenait sans cesse en mémoire.
« Pourvu qu'il soit toujours en vie… Luffy…Minna (4)…où êtes vous ? »
- La vache, quelle ordure ce mec ! Grogna Zoro en suivant Robin et Franky qui couraient vers la maison de pension.
- Je ne pensais pas qu'une cloche pouvait faire autant de dégât, admit Franky.
- Nous voici arrivés, annonça Robin légèrement essoufflée.
Ils remarquèrent la palissade du jardin défoncée et pénétrèrent à l'intérieur. Quelle ne fut pas leur surprise de constater que tout le monde se trouvait dans un triste état.
- Merde, on arrive trop tard, déclara Franky. Hé, mugiwara !
Luffy ne bougeait plus. Du sang coulait de sa bouche et il était pâle comme la mort.
- Que s'est-il passé ? Se demanda Robin. C'est cet homme coiffé de sa cloche qui leur a causé autant de dommages ? Et où est Nami ?
Zoro et Franky scrutèrent le jardin sans trouver la moindre trace de la navigatrice.
- C'est pas vrai, où est-elle ? Dit Zoro en fronçant les sourcils.
- Elle est partie, dit une voix. A mon avis, vous n'êtes pas prêt de la revoir.
Un vieil homme, vêtu d'une chemise beige, coiffé d'un bob rouge et chaussé de chaussons de même couleur, les contemplait d'un air fatigué. Sa longue barbe grise rebiquait sur la fin. Il avait le dos légèrement voûté et ses mains se trouvaient derrière son dos.
- Qui êtes vous ? L'interrogea Robin.
Le vieux bonhomme se tourna vers elle. On remarquait ses yeux injectés de sang.
- Je suis le sage Mellière, répondit-il, le seul rescapé du village voisin, situé après la forêt. Si vous cherchez votre amie, ce n'est plus la peine. Sakaku a quitté l'île, il y a une heure.
Notes :
(1) Ce sont les goûts personnels de ce brave Blier, je n'y suis absolument pour rien ( admirer la beauté des cloches o_O ; remarque, tous les goûts sont dans la nature^^).
(2) Ougi, tu serais bien gentil de la boucler et de retourner à tes fourneaux, merci (surtout pour dire ça ^^).
(3) J'avais plutôt envie de mettre « tête creuse » au départ mais bon, je crois que tout le monde le sait alors ça sert à rien de le signaler XD
(4) Minna = tout le monde en japonais
Pour les différents noms :
Sakaku (au cas où je ne vous l'aurais pas dit) = illusion, illusion d'optique en japonais.
L'un des pouvoirs qu'il utilise sur Nami se nomme « miro pesadilla ».
Miro = chose imaginaire, fiction en japonais.
Pesadilla = cauchemar en espagnol.
Le gros Blier et son fruit du démon kane kane :
Kane kane no sonido = Cela envoie un son très aigue qui déstabilise l'adversaire.
Kane kane no Pâques = Lorsque l'ennemi est touché, celui-ci se met à vibrer telle une cloche. Son corps devient incontrôlable.
Kane kane no vertigo = Cela envoie un son inhumain qui provoque l'évanouissement chez les individus à consistance normale.
(Cela ne constitue qu'une partie de ses pouvoirs).
Auteur : Bon, je crois que je tiens le bon rythme. Le chapitre cinq va être mouvementé.
Nami, se tenant la tête : Et voilà qu'il fait la promo de son récit…
Zoro : C'est pas trop tôt, on réapparaît enfin. Tu en as mis du temps.
Usopp et Chopper, renchérissant : C'est vrai ça.
Sanji : Bah, je le comprends, voir ta tête de brocoli l'a poussé à faire un choix cohérent.
Zoro, énervé : Ta gueule, cuistot frustré, ne me parle pas de ta performance minable de combat. Tu t'es fait latter par le gros avec sa cloche.
Sanji, rougissant de honte et de colère : C'est de ma faute si le scénario prévoyait ce genre de truc ? Par contre, j'ai encore une réclamation, pourquoi c'est Luffy qui a toujours le beau rôle dans ce chapitre ?
Auteur : Parce que c'est le capitaine et le héros, vas pas chercher plus loin.
Sanji, furieux : Je suis le seul chevalier servant qui vaille la peine. Tu crois que ce crétin de Luffy en a l'étoffe ?
Luffy, en train de mordre une cuisse de poulet la bouche pleine : kesche qui y a ?
Franky, -_-' : Finis ta bouche, on comprends rien.
Auteur, s'adressant à Sanji : De toute manière, désolé de te décevoir mais il y a plus de LuNa que de SanNa (en plus, je sais même pas si un tel genre existe).
Sanji, boudant : C'est pas juste…
Nami, s'adressant l'auteur : Tu comptes finir cette rubrique ou nous laisser poireauter encore longtemps ?
Auteur, narquois : C'est bientôt fini, tu vas pouvoir retourner auprès de ton futur seigneur des pirates.
Nami, rougissante : Grr, tu ne perds rien pour attendre. Attends un peu que je crée ta propre dette pour outrage…
Auteur, qui fit mine de n'avoir rien entendu : Robin, étant donné que tu as été la plus silencieuse, annonce nous la fin s'il te plaît.
Robin : Très bien, auteur-san. Lisant la feuille : « Le chapitre quatre étant terminé, je vous donne rendez vous au prochain chapitre pour encore plus d'aventures et d'action. N'hésitez pas à laisser une review pour me donner vos impressions. A bientôt. »
