Salut à tous ! Tout d'abord, je vous souhaite une très bonne année 2010, avec beaucoup de bonheur dans tous les domaines (professionnel, sentimental, financier, familial…).

Avant de vous présenter ce récit, je tiens à faire une petite remarque (pour une fois^^). Attention, je vais faire du spoiler à partir du chapitre 514, c'est-à-dire celui qui correspond à l'arc de l'île des amazones. Donc, si vous n'êtes pas arrivés jusqu'à là (ce qui est possible puisque le tome 52 n'est pas encore sorti en France), sautez cette rubrique.

Spoiler : Vous avez dû remarquer que l'impératrice d'Amazon Lily, Boa Hancock, s'entichait - c'est le mot juste - de Luffy. De nombreuses personnes en ont déduit que le couple Luffy/Hancock était nettement plus plausible que le couple Luffy/Nami, notamment parce que Hancock témoignait à Luffy à la fois un fort attachement et un désir de l'aider à libérer son frère, Ace. Trois remarques à ce sujet pour que tout soit bien clair :

- Si Hancock s'est prise d'un amour un peu « spécial » pour Luffy (pas mal d'hallucinations de sa part quand même^^), ce dernier, en revanche, n'a qu'un simple sentiment d'amitié ou de sympathie à son égard. La meilleure preuve ? C'est lorsque elle se dénude devant lui et qu'il lui rétorque : « qu'est-ce tu fous à poil ? » (ce passage est vraiment tordant d'ailleurs). En quoi le Luffy/Nami serait différent, me diriez vous ? Eh bien, je tiens à rappeler que quand Luffy espionne Nami avec les autres dans les bains du palais d'Alabasta, il a une réaction typiquement masculine (pour un manga bien sûr) : à la vue de la poitrine de Nami dévoilée au grand jour, son nez se met à pisser le sang.

- De plus, Eiichiro Oda a sans aucun doute voulu faire de l'humour : en effet, Hancock est atteinte de la maladie appelée « l'ouragan de l'amour », ce qui la rend amoureuse d'un capitaine pirate plus jeune qu'elle essentiellement intéressé par la viande et l'aventure. Jamais ils ne pourraient former un couple sérieux, comme nous le montre le mangaka à plusieurs reprises à travers les « délires » de Hancock qui imagine un Luffy épris d'elle. C'est d'ailleurs à mon avis l'un des couples les plus improbables de One Piece.

- Enfin, Luffy et Nami se connaissent depuis un bon bout de temps déjà, contrairement à Luffy et Hancock dont les discussions sont plutôt rares - Luffy était surtout soucieux de retrouver ses nakama puis de libérer Ace. On peut d'ailleurs affirmer que le lien qui unit Luffy et Nami est nettement plus fort que le lien entre Luffy et Hancock (voir l'arc Arlong, l'arc de Drum et autres). On pourrait prendre plein d'autres exemples mais je risque de m'étendre. Ça partait clairement en dissertation là^^

Fin du spoiler

Voilà sans plus attendre le chapitre huit intitulé « la promesse de mugiwara ». J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture !


La promesse de Mugiwara

- Tu n'as pas entendu un bruit ? Demanda un jeune marine muni d'une carabine à son collègue.

Ce dernier hocha la tête et resserra ses mains sur son arme.

- Ça venait de ce ponton, dit-il en scrutant attentivement toute apparition suspecte. Allons voir.

- Tu ne crois pas que nous devrions d'abord prévenir le lieutenant Raishido ? Fit remarquer le plus jeune, hésitant.

- Cela se voit que tu es nouveau dans ce métier, reprocha l'autre marine en fronçant les sourcils. Réfléchis deux minutes. Si nous avertissons le lieutenant alors qu'il ne s'est rien passé, comment va-t-il réagir à ton avis ?

- Il repartira commander un autre verre au Café ! S'écria le jeune marine, tout heureux de participer à ce jeu de questions-réponses.

- Crétin ! Lança son collègue, exaspéré. Il va nous coller aux corvées de patates pendant une semaine, oui ! Le mieux, c'est d'aller vérifier par nous-mêmes.

Les deux marines se mirent en route en direction du ponton. Tout semblait calme. La mer d'un bleu étincelant, illuminée par les rayons d'un soleil radieux, était parfaitement paisible. Le bruit régulier des vagues et des chalutiers se mêlait au léger zéphyr qui vagabondait à hauteur des visages inquiets des deux soldats. En s'approchant, ceux-ci constatèrent avec effarement que le ponton était en grande partie endommagé. Des planches de bois flottaient à la surface de l'eau et l'un des côtés du ponton menaçait de s'effondrer.

- Qu'est-ce que… commença le marine plus expérimenté en constatant les dégâts.

- Tu vois, j'avais raison, dit le jeune soldat en bombant fièrement la poitrine.

Son collègue allait répondre de manière plutôt grossière mais il fut interrompu par un jeune homme blond, les vêtements trempés et une mèche de cheveux dissimulant son œil gauche en train de fumer tranquillement une cigarette.

- Salut les gars, dit-il d'un ton serein. Quoi de neuf ?

Les deux soldats abasourdis restèrent quelques secondes sans réagir. Avant même d'avoir le temps de braquer leurs carabines sur le nouvel arrivant, celui-ci se mit aussitôt sur ses mains et fit le grand écart.

- Menu festivités !

L'attaque fut aussi rapide qu'inattendu. L'intrus tourbillonna sur lui-même et envoya les deux marines rejoindrent les poissons. Une fois son petit spectacle terminé, il se remit debout et expira une grande bouffée de sa cigarette.

- Lorsque le chevalier Sanji en personne est en chemin pour délivrer sa princesse, rien ni personne n'a été, n'est et ne sera en mesure de l'arrêter, dit-il d'une voix posée.

- Arrête avec tes idioties, sourcil enroulé, intervint Zoro dont la tête venait d'apparaître et qui réussit à grimper jusqu'en haut du ponton sans problème, tenant un Chopper inconscient sous son bras.

- Pff, pourquoi faut-il que je me retrouve avec toi et non avec Robin de mon cœur ? Lança Sanji, dépité. Je me demande si elle va bien…

- Ça va Chopper ? Demanda Zoro en posant le renne à terre tout en ignorant royalement la dernière remarque du cuisinier.

Le médecin du Thousand Sunny ouvrit difficilement les yeux. La plongée sous marine « obligatoire » l'avait affaibli. Après tout, rien de plus normal pour un être ayant mangé un fruit du démon.

- Oui… ça peut aller… réussit-il à articuler en reprenant peu à peu ses esprits.

- NAMI-SWAN, ME VOILA ! Cria soudainement Sanji en tourbillonnant plus vite qu'une toupie électrique.

- La ferme, abruti ! S'emporta le bretteur. Les marines vont finir par rappliquer si tu gueules comme un putois.

- Je t'ai pas sonné, Marimo, rétorqua froidement Sanji. Le cri de l'amour est incontrôlable au cas où ta cervelle de pois chiche ne l'aurait pas compris.

Zoro se retint de l'éjecter dans la mer. Cet imbécile de cuistot était bien capable de crier encore plus fort et d'alerter les marines, si cela n'était pas déjà fait. Dans leur malchance, un groupe de marines composé d'une dizaine de soldats était sorti en trombe de la capitainerie et les avaient aperçus.

- Des pirates nous attaquent !

- Je reconnais l'un d'entre eux, c'est Roronoa Zoro dont la tête est mise à prix à cent vingt millions de berrys !

- Il y aussi leur animal de compagnie avec eux !

- Par contre, c'est qui l'autre gars avec sa tronche bizarre ?

- Sonnez l'alerte immédiatement !

- QUI EST L'EMPAFFE QUI A PARLE DE TRONCHE BIZARRE ? Hurla Sanji, une tempe battant à l'arrière de son crâne.

- Apprends à garder ton sang froid, cuistot gominé, répliqua Zoro, lassé. Ne nous occupons pas de ces sous-fifres, grouillons nous de retrouver notre capitaine et les autres.

- Ne me donne pas d'ordres, face d'artichaut, rétorqua Sanji alors que les marines n'étaient plus qu'à quelques mètres.

- On les tient ! Cria l'un des soldats en pointant sa carabine sur les pirates.

A peine eut-il réglé la distance de tir que le bretteur dégaina immédiatement ses sabres.

- Oni giri !

Un jet de sang s'échappa du corps du marine qui s'effondra à terre en poussant un cri. Alors que ses collègues allaient riposter, Sanji et Chopper entrèrent en action.

- Collier shoot !

- Heavy point !

Les coups de pieds et de poings eurent raison des marines, incapables de faire face à de telles attaques. Beaucoup d'entre eux furent envoyés dans la mer, d'autres percutèrent le sol avec fracas. Au final, la petite escouade de soldats fut rapidement et facilement vaincue.

- Où allons nous maintenant ? Demanda Chopper, la mine inquiète, ignorant tous les hommes à terre. Vous pensez que Nami a été capturé par les marines ?

- Non, elle a dû rester aux mains de Sakaku et de son équipage, répondit Sanji. Déguerpissons en vitesse avant d'avoir tous les soldats de la marine sur le dos.

- La faute à qui ? S'exclama Zoro furieux.

- MESSAGE D'ALERTE AUX HABITANTS DE MILDESANE ! Retentit une voix provenant d'un haut parleur amplifié.

- Et merde ! S'emporta Zoro qui se mit à courir vers le bout du ponton, en direction de la mer.

- Abruti, la terre ferme c'est de ce côté ! L'interpella Sanji, atterré. C'est pas possible d'avoir un sens de l'orientation pareil !

- Si apparemment, dit Chopper, une goutte coulant derrière sa tête.

- DES PIRATES TRES DANGEREUX PRESENTS SUR L'ILE SONT RECHERCHES PAR LA MARINE ! NOUS VOUS RECOMMANDONS LA PLUS GRANDE PRUDENCE ! JUSQU'À NOUVEL ORDRE, LE PORT SERA FERME AUX VISITEURS ! JE REPETE : DES PIRATES…

- Ça sent le roussi ! S'écria Zoro en repartant comme une flèche en sens inverse, suivant de près Sanji et Chopper en mode Walk point.

Tandis qu'ils couraient comme des dératés en direction du centre de l'île, dépassant la capitainerie et quittant ainsi le port, une voix se fit clairement entendre :

- Des fuyards là bas ! Ce sont eux !

- Ramenez les morts ou vifs ! Cria une autre voix, plus colérique cette fois ci.

- Hai, lieutenant Raishido, s'exclamèrent en chœur une troupe de marines qui se lancèrent à la poursuite des membres de l'équipage de chapeau de paille.

Le lieutenant Raishido arborait une expression agacée sur le visage.

- Maudits pirates, grommela-t-il. Je ne pensais pas qu'ils se manifesteraient aussi tôt.

- Aucune importance.

Raishido sursauta violemment et se retourna vers le vice-amiral Sakeshi dont les yeux fermés et le petit sourire n'avaient pas disparus malgré les circonstances.

- Tu ne devrais pas te tracasser inutilement, Raishido, c'est mauvais pour le cœur, dit-il d'un ton calme. Laissons les s'échapper pour le moment. Ils n'ont de toute manière aucune chance de se rendre jusqu'à Fort-Bravent. Des précautions ont été prises, notamment celle de fermer le port situé au Nord de l'île. Ils ne peuvent ni s'en aller ni repartir.

- Croyez vous que cela soit suffisant contre l'équipage de Mugiwara ? Demanda Raishido, incrédule. Ils sont à l'origine de la destruction d'Enies Lobby et de la victoire contre les membres du CP9, ne l'oubliez pas.

- Rassure toi, je n'ai pas négligé ce point important, sourit Sakeshi avec bienveillance. J'irai les retrouver de l'autre côté de l'île. Ce seront des rencontres chaleureuses, je n'en doute pas.

Raishido frissonna, effrayé par le petit sourire du vice-amiral qui venait de s'élargir et qui ne présageait rien de bon.

- La chasse aux pirates, lieutenant Raishido, déclara ce dernier en rajustant son long manteau blanc. C'est tellement exaltant.


Les sources d'eau chaude de l'île de Mildesane constituaient l'une des attractions incontournables pour tout touriste qui se respecte. Creusées à même la roche, entourées d'une végétation luxuriante, elles faisaient le bonheur des habitants de l'archipel, ravis de pouvoir se ressourcer après leurs dures journées. Celles ci comprenaient les cérémonies de cinq heures - sans pause, cela va de soi - où le participant était prié de se dévaluer toutes les trente secondes (Cette magnifique coutume nous est rapportée par l'historien Fuyou Dasoku dans son ouvrage Conceptions maniaco-suicidaires de la spiritualité masochiste : des origines à la première ère de la piraterie (1)) et les divers rituels dédiés aux miracles non élucidés, mêlant à la fois le brigandage et le bavouilli d'un enfant de trois mois sur la robe de sa mère, signe pour les habitants de Mildesane, soit d'un printemps doux et fleuri, soit d'une malédiction sur les baguettes - les spécialistes des miracles de l'archipel de River Citadel sont encore divisés face à cet épineux problème. Toujours est-il que les sources d'eau chaude étaient bénies et réclamées par la majorité de la population souvent au bord de la dépression nerveuse. Passer son temps à se lamenter n'était, semble-t-il, pas très bon pour les nerfs.

Bien évidemment, comme c'est le cas pour toutes les sources d'eau chaude du monde, le coin des hommes était séparé de celui des femmes. Cependant, la barrière qui partageait le lieu ne semblait pas vraiment infranchissable. Seules quelques pierres permettaient à chaque client de sexe opposé de conserver un peu d'intimité (et de dignité, n'oublions pas que la perversité est présent dans de nombreux esprits, surtout dans ceux d'exaltés nerveux). La faute à l'architecte Yarou (2) dont la renommée était autant dû à l'élaboration d'un système de tuyauterie ultra moderne que d'une obsession profonde sur l'observation (pour ne pas dire le matage) de jeunes demoiselles à différents stades du déshabillage. Le malheureux avait d'ailleurs payé de son péché : après s'être un peu trop penché vers l'objet de ses fantasmes, son nez avait subi un écoulement si important qu'il en perdit connaissance. Dommage qu'à peine réveillé une attaque cardiaque ait eu raison de lui. Se retrouver entourer de toute une panoplie de jeunes femmes aussi habillées que Ève dans son jardin le scrutant d'un air inquiet en était sûrement la cause.

Nami, accompagnée de Melle Reijin, s'y rendit malgré elle. Dans un autre contexte, elle aurait bien entendu apprécier et profiter mais de savoir que Luffy et ses compagnons étaient loin d'elle l'attristait. De plus, elle se méfiait de Melle Reijin, toujours prête à faire parler son fouet lorsque quelque chose n'était pas à son goût et de Yudoku, aussi vicieux que repoussant. Que n'aurait-elle pas donné pour récupérer son climat tact ! A contrecoeur, elle se dirigea vers les bains réservés aux femmes. Elles se rendirent dans l'une des salles privées. En effet, Feu Yarou avait aussi conçu plusieurs salles où les gens pouvaient se baigner en petit comité (toutefois, il était toujours possible d'aller espionner son voisin). Melle Reijin attendit que la jeune navigatrice se soit d'abord dévêtue et rendue dans l'une des sources fumantes pour faire de même. Nami aurait préféré se gifler que de l'admettre : cette source chaude la relaxait. Coïncidence ou non, à peine les deux jeunes filles furent elles habituées à la température brûlante de l'eau qu'une voix familière retentit derrière les rochers.

- Vous êtes là mesdemoiselles ?

Nami sursauta tandis que Melle Reijin faillit se cogner contre l'un des rochers sous le coup de la surprise. La proximité de la voix de Yudoku donnait l'impression qu'il était à leurs côtés. Ce qui ne réjouissait pas du tout les deux filles pirates.

- Reste où tu es, vieux bouc, répliqua la manieuse de fouet d'une voix colérique. Ne t'avise surtout pas de nous espionner ou tu le regretteras amèrement.

- Tu ferais mieux de rester tranquille, Yudoku, lança la voix lointaine et blasée de Tokbaz. Quant elle est comme ça, c'est un vrai dragon.

- Tokbaz, on aura à discuter tous les deux tout à l'heure, gronda Melle Reijin en serrant le poing.

Nami haussa les épaules, indifférente à cette nouvelle querelle. Après tout, ils semblaient tous un peu barjes dans cet équipage. Elle préféra les chasser de son esprit et se remémora ses moments passés avec ses amis. En fermant les yeux, leurs visages apparurent tour à tour dans ses pensées. Zoro tirant la tronche, Usopp criant de terreur, Sanji en mode love-love, Robin et son air sérieux, Chopper abasourdi par une nouvelle découverte, Franky et sa pose pour le moins… grotesque. Seul l'image de Luffy revenait sans cesse et ce n'était pas pour lui déplaire…

« L'eau chaude t'a carbonisé le cerveau, ma vieille » pensa-t-elle alors que son visage virait à un joli rouge magenta.

- C'est ton copain au chapeau de paille qui te fait rougir de la sorte ? Railla Melle Reijin.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, répliqua sèchement Nami en détournant la tête pour dissimuler sa gène.

Mais trop tard, la graine avait été semée.

- Allons ne fais pas la timide, ricana la jeune subordonnée de Sakaku en barbotant joyeusement dans l'eau chaude. Il t'obsède jour et nuit, n'est-ce pas ?

- Même si c'était le cas, tu serais la dernière personne au courant, rétorqua la jeune navigatrice en lui lançant un regard mauvais. Je te prierai donc de te mêler de tes affaires.

- C'est amusant, dit Melle Reijin d'un ton où perçait clairement la menace, la peur de te faire fouetter jusqu'au sang ne t'effleure pas plus que ça.

Malgré la chaleur du lieu, un long frisson parcourut l'échine de Nami. Cette fille avait le don de se montrer persuasive.

- En quoi ça peut t'intéresser ? Lança froidement la jeune rouquine en croisant les bras.

Melle Reijin semblait ravie de la provoquer. Ses yeux se plissèrent de manière inquiétante, comme si elle tentait de sonder les pensées de la navigatrice.

- Luffy au chapeau de paille, sourit avec malveillance la jeune tacticienne de Sakaku. Hormis son air idiot, c'est vrai qu'il est pas mal du tout. Je me demande si le lovely instinct marcherait sur lui…

Nami demeura silencieuse, les sourcils froncés. Qu'est-ce que cette folle était en train de tramer ?

- Dommage qu'il se soit résigné à t'abandonner, poursuivit Melle Reijin d'un ton faussement attristé. J'ai l'impression que tu ne représentais pas grand-chose à ses yeux…

- La ferme ! Cria Nami plus fort qu'elle ne l'aurait voulu.

- On dirait que j'ai touché un point sensible, souligna Melle Reijin, une lueur malsaine dans les yeux. Qu'est-ce qui est le plus dur, être considérée comme un poids pour l'équipage ou être ignorée par l'homme de ses rêves ?

Nami serra les poings. Elle mourrait d'envie de la frapper et de lui apprendre à fermer sa grande bouche mais elle savait que ce n'était pas sans conséquences. Yudoku et Tokbaz n'étaient pas loin. Se délectant de la fureur de la navigatrice, Melle Reijin continua :

- Ma pauvre, se faire jeter comme un vulgaire mouchoir ne doit pas être très… hum ?

La tacticienne tendit l'oreille, percevant une voix lointaine. Nami écouta à son tour. Le bruit fut de plus en plus audible jusqu'à ce que…

- OUAAAAAHHHHH ! Cria soudainement la dite voix en s'écrasant près de la source d'eau chaude où se trouvait Nami et Melle Reijin.

Une bonne partie du décor naturel de la source venait d'être endommagée. A travers le nuage de poussière qui s'était formé, Nami distingua une silhouette qui se releva des décombres, non sans peine.

- Aïe, ça fait mal ! Lança le nouveau venu alors que la fumée se dissipait progressivement.

Cette voix, cette silhouette et cette allure, Nami les avait bien évidemment identifiées. Elles les connaissaient même par cœur. Toutefois, elle doutait de son propre esprit, sujet aux illusions ces temps ci.

- Qui êtes vous ? S'exclama Melle Reijin d'une voix forte, debout dans l'eau chaude de la source, la partie supérieure de son corps étant exposée à la vue de tous.

La poussière avait quasiment disparue. Melle Reijin et Nami écarquillèrent les yeux lorsqu'elle reconnurent le visiteur aérien. Toutefois, leurs réactions furent différentes.

- Luffy ! S'exclama Nami, au comble du bonheur.

- Mugiwara ! Cria Melle Reijin, stupéfaite.

- Ouf, mon chapeau n'a rien, souffla le jeune intrus en époustant son chapeau de paille.

Nami, ignorant qu'elle était nue, sauta hors de l'eau et courut vers son capitaine. Ce dernier ne parvint à la voir qu'à la dernière seconde.

- Nami, c'est toi ?

Il n'eut pas le temps de faire un geste qu'elle l'étreignit, des larmes s'échappant de ses yeux. Luffy lui tapota la tête, très gêné. Un filet de sang coula de son nez sans qu'il ne puisse le contrôler. Il ne savait même pas où poser ses mains, vu qu'il n'y avait plus aucun vêtement pour cacher la peau de sa navigatrice.

- Euh, Na… Nami, c'est pas désagréable mais ce n'est peut-être pas trop l'endroit, déclara timidement le capitaine du Thousand Sunny qui sentit son bas ventre commencer à chauffer avec la pression du superbe corps dénudé de la jeune fille sur lui.

- Tu as raison, je suis désolée, dit-elle en s'écartant légèrement de lui.

Elle sentit ses joues s'enflammer de honte et de gêne. Mais lorsqu'elle regarda Luffy détourner légèrement la tête, essuyant au passage le sang qui coulait de son nez, elle remarqua un petit sourire apparaître sur son visage. Elle se sentit étrangement heureuse et rassurée.

- T'inquiète, ça ne me dérange pas, dit-il d'une voix douce.

Alors que Nami attrapait une serviette blanche qu'elle noua au dessus de ses seins, Melle Reijin en prit une à son tour qu'elle attacha de la même manière que la navigatrice et se saisit de son fouet.

- Pas si vite, mugiwara ! Lança cette dernière. Cette navigatrice est sous les ordres du capitaine Sakaku, elle ne fait plus partie de ton équipage désormais !

Luffy se tourna vers elle. Melle Reijin recula vers les pierres de la salle en poussant un pitoyable couinement de souris. Le regard lancé par le jeune homme aurait effrayé le plus redoutable des géants.

- Nami est ma navigatrice, gronda-t-il. Quoi qu'il arrive, nous resterons ensemble. Je lui ai fait cette promesse. Personne n'a le droit de disposer d'elle de cette façon. Je me fiche totalement de Sakaku et de son équipage, tout ce que je veux, c'est récupérer Nami. Et rien de m'arrêtera.

La jeune rouquine était sans voix. Il était rare de voir Luffy s'exprimer aussi clairement sur ses intentions même si elle n'avait jamais douté de ses convictions. Elle le fixa avec un immense sourire de gratitude, de nouvelles larmes s'échappant de ses yeux.

- Merci Luffy, le remercia-t-elle.

- Eh, y a pas de quoi pleurer ! S'exclama-t-il. J'ai promis de veiller sur toi, tu ne t'en souviens pas ?

- Très mignon tout ça, intervint ironiquement Melle Reijin. Mais ma patience a des limites !

Elle claqua son fouet contre l'une des pierres entourant le bain et scruta Luffy d'un air menaçant.

- Il est grand temps que je t'inculque les bonnes manières, Mugiwara, lança-t-elle avec délectation. Iron whip ! (3)

Le fouet fila en direction de Luffy qui ne prit même pas la peine de s'écarter. Il attrapa la lanière du fouet d'une seule main face à une Melle Reijin interloquée. Tout se passa très vite. Alors qu'elle tentait d'empêcher que son fouet ne tombe dans les mains de l'adversaire, le jeune homme l'envoya rejoindre tête la première la source d'eau chaude d'un geste ample du bras.

- Je n'ai pas de temps à perdre, dit-il d'une voix plus dure qu'à l'accoutumée.

- Yamai yamai no body ! lança soudainement une voix derrière lui.

- Luffy, derrière toi ! Cria Nami.

Le jeune capitaine esquiva l'attaque d'un mouvement souple de son corps. Lorsqu'il se retourna, il reconnut Yudoku - de nouveau habillé bien sûr, ce n'est pas un récit d'horreur tout de même - qui le regardait gravement.

- Décidemment, tu es plus collant que je ne le pensais, constata-t-il. Je vois que cette incapable de Reijin n'a pas fait long feu. A la bonne heure, je vais m'occuper de toi jusqu'à l'arrivée du capitaine Sakaku. Tokbaz est allé le chercher.

Luffy le fixait avec colère. Il craqua les jointures de ses doigts alors que Yudoku se préparait à envoyer une nouvelle attaque.

- Les retrouvailles sont terminées… Yamai yamai no psy ! (4)

Luffy sauta agilement en l'air et étira ses deux bras vers l'arrière.

- Gomu gomu no…

Yudoku se repositionna, leva sa canne et la fit tournoyer telle une hélice.

- Bouei ! (5)

- … Bazooka !

La protection de Yudoku fut totalement dérisoire face à l'attaque de Luffy d'une rare violence. Le médecin fut projeté contre la paroi de pierre qui se brisa sous l'impact. Complètement K.O, Yudoku n'était pas près de se relever après un tel coup.

- J'aurais tellement aimé le faire mais je n'avais pas mon climat tact avec moi, soupira Nami. Au fait, Luffy, comment as tu fait pour arriver jusqu'ici ?

- C'est Rappa-san (6) qui nous a emmené jusqu'à cette île, expliqua le jeune homme. Avec sa créature Umiyume, nous sommes arrivés très rapidement ici mais ce taré a percuté un truc au passage. Du coup, j'ai été projeté dans les airs et séparé des autres. Mais heureusement, je suis tombé sur le bon endroit.

Le sourire de Luffy était à la fois réconfortant et intense. Nami était si heureuse de le retrouver qu'elle aurait été même prête à jeter de l'argent par les fenêtres - Oui, enfin une petite somme, il ne faut pas exagérer non plus.

- On y va ? Demanda Luffy en lui prenant la main.

A ce contact, les joues de Nami s'empourprèrent mais elle garda contenance. C'était si incroyable de le retrouver dans de telles circonstances qu'elle ne trouvait pas de mots assez forts pour le remercier d'être venu la libérer.

- Je… je vais aller me rhabiller, murmura-t-elle, essayant de cacher sa rougeur au niveau du visage.

- Vas y, je t'attends, lui répondit-il dans un hochement de tête.

Nami ne mit pas longtemps. A peine deux minutes plus tard, elle revint vers lui avec empressement. Dans la salle de bain privée, Yudoku était toujours dans les décombres. Seul Melle Reijin reprenait progressivement ses esprits. Alors qu'elle regagnait le bord du bassin, Luffy attrapa Nami par la taille.

- C'est parti ! Annonça-t-il joyeusement. Gomu gomu no… rocket !

La jeune navigatrice avait déjà eu peur de voler de cette manière mais cette fois ci, elle cru que son cœur allait lâcher. Luffy avait réussi à s'accrocher à un gigantesque arbre situé un peu plus loin des sources d'eau chaude en étirant son bras. Après des cascades hautes en couleur, ils parvinrent jusqu'à la terre ferme. Ils étaient à présent dans l'une des rues de la ville de Marjevole.

- Et voilà le travail ! Sourit Luffy en reposant Nami au sol.

- Luffy, minauda cette dernière en se tenant la tête. Quand tu t'apprêtes à quitter un endroit…

Le jeune homme la contempla, surpris. Soudain, un énorme poing s'abattit sur son crâne, le faisant lâcher un gémissement de douleur.

- …TU Y VAS AVEC PLUS DE DOUCEUR ! Vociféra-t-elle, le poing serré.

- Désolé, s'excusa Luffy en se protégeant, de peur de recevoir un deuxième coup. Je ferai attention la prochaine fois, promis.

- Notre nouvelle navigatrice est difficilement canalisable, lança une voix criarde fort déplaisante.

Luffy et Nami se retournèrent en même temps. Un homme au chapeau orné de trois boules de glace où coulait du chocolat fondu, habillé de son pardessus fermé par des boutons en réglisse et chaussé de chaussures semblables à des croissants, balançait son parapluie violet d'avant en arrière avec un enthousiasme évident.

- Bien le bonjour, Mugiwara no Luffy, déclara Sir Amami en croquant dans une tablette de chocolat au lait à l'aide de ses dents gâtés. Cela faisait longtemps, pas vrai ?


Notes :

(1) Fuyou = hors d'usage, déchet

Dasoku = redondant, caractère profondément superflu, inutile

Concernant ce « magnifique » bouquin, il est en rupture de stock sur l'île de Mildesane. La rançon du succès !

(2) Yarou = vaurien, coquin

Malgré des connaissances importantes en architecture et en plomberie, Yarou a été condamné plusieurs fois pour harcèlement sexuel. A côté, même Yudoku semble être un innocent médecin d'équipage.

(3) Iron whip = cette attaque rend le fouet plus cinglant.

(4) Yamai yamai no psy = Lorsque l'adversaire est touché, cela provoque une dépression nerveuse de grande ampleur.

(5) Bouei = défense, protection

(6) Rappa-san = Trompette-san. Luffy parle de Jisha.


Auteur : Et voilà, fin du…

Tout l'équipage de Mugiwara en choeur : … chapitre huit, n'oubliez pas de donner vos impressions !

Auteur o_O' : Je sens comme une profonde lassitude chez vous tous. Est-ce mon imagination ou vous avez des réclamations à formuler ?

Sanji, apportant un gros paquet de feuilles et le déposant sur le bureau : Voici les nôtres pour commencer.

Usopp : Ouais, enfin les trois quarts de la paperasse, c'est de la part de Sanji.

Auteur : Hum, je crois deviner le problème…

Sanji, furieux : Et tu fais bien ! Comment as-tu osé montrer Luffy aux côtés de Nami chérie dans les sources d'eau chaude ? C'est normalement MON rôle !

Zoro : De quoi tu te plains ? Je te trouve parfait dans ton rôle habituel de plouc.

Nami, intervenant pendant que Zoro et Sanji se battent pour la énième fois : Tu aurais pu me mettre en maillot, c'est pas une fic sur l'exhibitionnisme !

Franky, mécontent : Et je ne suis pas apparu une seule fois dans ce chapitre ! C'était voulu ?

Usopp : On vient de dire que c'était pas une fic sur l'exhibitionnisme, Franky… En tout cas c'est vrai qu'il y en a que pour Luffy et Nami dans cette histoire !

Zoro, mettant fin à son combat : Et les bouteilles de rhum, ce sera dans quel chapitre au fait ?

Sanji, au bord de la dépression : Cette situation est intenable, il va falloir prendre des mesures !

Auteur -_-' : J'ai l'impression de faire partie d'un conseil d'administration en période de crise… Pour les réclamations, j'aurais mieux fait de me ta ire.

Chopper, à Robin : Tu crois qu'il va abandonner la fic ?

Robin, lui répondant : Cela m'étonnerait. A mon avis, il est prêt à aller encore plus loin dans son délire et à s'égarer dans les méandres indigestes de l'intrigue de son récit.

Auteur, :\ : Sympa la solidarité ! Comme tout le monde s'est ligué contre moi, Usopp je saute ton tour et ce sera à Luffy de m'annoncer une nouvelle fois la fin.

Usopp, outré : Eh, mais c'est pas juste !!!

Luffy, attrapant la feuille que lui tend l'auteur : Génial, c'est encore à moi, shishishi : « Vos impressions et vos remarques sont toujours le bienvenue. Je vous souhaite à nouveau une bonne année - tant pis, si je suis répétitif - et à bientôt pour le prochain chapitre ! ».