Chapitre 7

15 juillet 1920

Je me réveillais tard cette journée-là, vers 4 heures du soir en fait. La veille, j'avais passé ma soirée avec Alice, nous faisant une soirée maïs éclaté.

Je me levais, ne prenant pas la peine de me lisser les cheveux, les laissant boucler. Je m'habillais lacement, une simple camisole blanche pour couvrir mon costume de bain. Je sortis doucement de la maison et fis un détour vers le dépanneur pour m'acheter un chocolat chaud, destiné à me réveiller un peu, avant d'aller à la plage.

- Hey, Bell's!, me cria Emmett de sa voix amusée. Tu viens de te réveiller?

Je me retournais vers lui, lui souriais, pendant qu'il me rattrapait.

- Oui. Résultat d'une nuit blanche… As-tu vu Edward?

- Je l'ai vaguement vu se faire kidnapper par Alice. Elle lui réserve la pire torture qu'il puisse exister sur terre. Tu as mangé, Bella?

- Non… Je comptais aller m'acheter quelque chose, sur la plage.

- Bon alors on fait un marché… Je te partage les frites que je payerai, et tu m'accompagnes pour un tour de kayak, après… Les vagues sont super belles, et je n'ai pas de partenaire.

- Tu as intérêt à ne pas me faire chavirer…

- Pas de souci. S'il y a une personne ici qui peut nous faire tomber, c'est bien toi.

- Haaaaa! Emm, tu veux me tuer…

- Pagaie, Bella… Oh… Il y en a une belle, là! Vite, il faut se tourner, à gauche…

Nous étions bel et bien sur un Kayak, et j'aurais tout fait pour retrouver la terre ferme. Les vagues étaient quatre fois plus grosses que moi… Celle-ci encore pire… Plantant ma rame du coté gauche, de pagayais, lui obéissant.

- Il faut se tourner à gauche, pas pagayer à gauche. Merde… Elle est vachement grosse.

- Désolé…

- Petite maladroite, on va chavirer!

Une immense vague nous attaqua… Littéralement. Elle était 20 fois plus grosse que moi! Le Kayak chavira, nous avec. Je me perdais dans l'infini de l'eau, glacée. Plus d'oxygène. Pourtant je savais que je n'allai pas mourir. Mais quand même. Après une énième tentative, je réussis à mettre ma tête hors de l'eau. Emmett était à côté de moi.

- Il fait froid…

Emm nagea jusqu'à moi, le kayak derrière lui.

- Monte, Bell's. Il faudra se refaire sa.

- Tu veux rire? C'est la première et dernière fois que tu m'emmènes faire du Kayac.

Il finit par m'aider à monter dedans, vu que je n'avais pas mes fonds, et il nous conduit calmement jusqu'au bord pendant que les vagues se déchainaient au loin.

Arrivé sur la terre ferme, je grelottais encore.

Emmett me rejoignit quelques minutes plus tard.

- Tu avais promis!

- Désolé… Mais c'étais ta faute! (je boudais) Allez Bella, je vais te chercher une serviette, pour me faire pardonner.

Je lui souris.

- Super! Je vais t'attendre au feu.

J'avançais vers le feu, pressé de me réchauffer. Ce n'est qu'arrivé que je découvrisse la présence d'Edward. Je me hâtais d'aller le rejoindre. Devant lui, je mis mes genoux sur la chaise longue sur laquelle il s'était assis et prit délicatement ses cheveux entre mes mains pour l'emmener à moi.

Je l'embrassais, baiser qu'il ne tarda pas à rendre passionner.

- Belle inconnue… Emmett vous a fait chavirer?

- Non, en fait, c'était moi, dis-je, sentant le rouge me monter aux joues.

Il éclata de rire et je me retournais à contre cœur, afin de ne pas le mouiller… Je m'assis sur le bord de la chaise, essayant de me réchauffer. C'est alors que je sentis ses douces mains entourer ma taille et me serrer contre lui. Il déposa un baisé contre mon cou, avant d'y déposer sa tête. Je me laissais alors aller et déposais ma tête sur son épaule.

- Tu as la chair de poule.

Je souris et il renforça notre étreinte.

Emmett arriva quelques minutes plus tard et il lança une serviette à Edward avant de s'asseoir sur une chaise, proche de nous. Edward se détacha de moi pour mettre la serviette sur mes épaules et reprit sa position, à mon plus grand soulagement.

- Alors, la journée magasinage n'as pas été trop pénible?

- C'était super! Le centre commercial d'ici est bien plus gros que le nôtre, tu sais. Il y avait plein de nouveaux vêtements. Et tu sais quoi? La collection de l'été est arrivée. J'en ai même acheté plusieurs pour Edward. Tu sais, il faudrait y aller, un jour… Entre filles, tu sais… Avec les gars, on est toujours obligé de s'arrêter devant des magasins de voiture, mais avec toi, pas de pose du tout! En plus, on n'y est pas allé depuis des lustres. Alors, qu'en dis-tu?

Je n'ai jamais entendu autant de « tu sais » de ma vie. D'autant plus qu'Alice parlait vraiment vite quand elle le voulait. Mais j'aimais bien aller magasiner avec elle. Elle savait ce que j'aimais.

- Oui, bien sûr. Quand tu veux, Alice.

C'est alors que je vis Lucas éclater de rire, marmonnant dans sa barbe que je n'allais pas m'ennuyer. Je regardais Edward, ne comprenant pas.

- Tu ne dois jamais dire ses mots à Alice. Tu vas le regretter. Le magasinage avec Alice, c'est un sport extrême. Regarde là et imagine la deux secondes dans un centre commercial.

- Je vous donne raison, mais il y a un moyen de la stopper.

- Tu n'as pas intérêt à revenir sur ta parole, Bella. Tu m'as promis de ne pas le dire.

- Je tiens parole, Lili. Je t'interdis formellement d'en douter.

Après quelques heures à parler de tout et de n'importe quoi, Edward me proposa de me raccompagner chez moi. J'acceptais et nous partîmes, moi, à son bras.

C'est alors que mon téléphone sonna.

- Allo?

- Tes petits détectives humains que tu pais chaque mois pour retrouver ta jumelle sont morts depuis bon nombre d'années déjà. Excuse-moi si j'ai pris longtemps à te l'avouer, je voulais te laisser mariner un peu. Quant aux vampires, ils brulent en ce moment même dans les flammes et je les regarde à l'instant. Tu ne la retrouveras jamais, qui sait si elle n'est pas déjà morte…

À mesure que les mots entraient dans mon esprit, je serrais plus fort la main d'Edward, sentant à peine sa présence. Des larmes coulaient sur mon visage sans que je ne prenne la peine de les arrêter, alors que le téléphone coupa. Puis, je sentis quelqu'un me prendre délicatement, mais fermement le menton et je repris contact avec la réalité.

- Ça va?

Edward était face à moi, ne sachant pas quoi faire.

Je me réfugiais dans ses bras protecteurs, fermant vivement les yeux, tentant d'oublier les images de ma sœur peut-être morte… Elle pouvait mourir d'une minute à l'autre. Edward m'entoura de son bras, caressant mes cheveux de l'autre, me murmurant tranquillement qu'il était là. Je respirais profondément son odeur, essayant de me calmer, d'arrêter mes sanglots incessants.

- Pleure Bella, ça te fera du bien. Je suis là, je serais toujours là.

Ça n'en prit pas plus pour que mes pleurs recommencent et je m'accrochai à son t-shirt. Il me prit alors dans ses bras, une main dans mon dos, et l'autre, sous mes jambes pour m'emmener à la maison. Il franchit la porte et monta au deuxième. Je ne sais comment il réussit à trouver ma chambre, mais il me déposa par terre.

- Aller, va te changer. Je t'attends ici.

J'acquiesçais, et comme un automate, je me dirigeais vers le dressing, ne prenant pas la peine de fermer la porte et mis le premier pyjama me tombant sous la main : une nuisette bleu foncée. Tampis! Je l'enfilai et me dirigea vers Edward, qui avais défait mon lit. Il me regarda, de la tête au pied (c'est vrai que je devais plutôt avoir l'air fou, avec mes yeux rougis) et me regarda avec… envie? Il me sourit et je le rejoignis. Il me borda alors, embrassant mon front alors qu'il rabattait les couvertures sur moi.

- Je peux rester?

- Rester?

- Oui, ma petite amie a besoin de moi, je ne vais tout de même pas la laisser dans cet état, même si je suis contraint de la voir pleurer, ce que je déteste au plus haut point.

Je lui souris, lui faisant plus de place. Il alla fermer la lumière, enleva ses vêtements et me rejoignis. Je couchais ma tête sur son bras alors qu'il me serra contre lui.

- Tu veux en parler?

J'hésitais, ne sachant pas ce que je pouvais lui dire.

- J'ai une sœur… Elle... s'est fait kidnapper lorsque j'avais 5 ans.

- Comment s'appelait-elle?

- Dakota… C'est ma jumelle… Je viens d'apprendre que les détectives privés que j'avais engagés ont abandonné les recherches.

Il me serra plus fort dans ses bras, je cachais mon visage dans son torse.

- Je suis désolé, j'aurais aimé la connaître.

- J'aurais aimé que tu la rencontres, sanglotais-je.

- Je t'aime Bella, je serrais toujours là pour toi, quoi qu'il arrive.

Mes larmes finirent par arrêter de couler et je m'endormis bien vite, bercé par le son de sa voix.

...

Cher journal,

Depuis ce soir-là, la relation entre Edward et moi s'est beaucoup amplifiée. Rares n'étaient pas les fois ou il dormait avec moi. Tout roule sur des roulettes entre lui et moi. Il s'occupe toujours de moi, il me sourit, me prend la main, me prend dans ses bras, me réconforte, m'embrasse comme si c'est une nécessité… Lorsqu'on est seul, on dirait que la pièce dans laquelle nous sommes est électrifiée, nos yeux ne veulent plus se quitter. Et je m'éblouis autant qu'avant face à sa beauté, comment un être si… aimable, intelligent, beau comme un dieu et adorable pouvait m'être destiné? Pourtant, les sentiments que j'éprouve quand je le vois, quand il me touche, quand il m'embrasse, et ainsi de suite sont bien de l'amour.

Et Alice, c'est Alice. Tous les deux sont si soudés, mais ils m'accueillent comme si j'étais une des leurs, et ça me réchauffe le cœur…

Bella..


Edward est venu me voir lorsqu'il pouvait, les weekends, lors des congés. Je suis allé le voir aussi, souvent, et j'ai rencontré ses parents, Lola et Peter qui m'ont accepté dès le premier regard. Il est venu me voir l'été suivant, mais la séparation est toujours aussi dure.