Salut à toutes et à tous ! Pour commencer, navré de ce très long retard. J'ai dû réviser de longues semaines pour mes partiels de troisième et dernière année de licence et j'ai fini de les passer dernièrement. D'ailleurs, au passage pour ceux qui avaient des examens, j'espère que vos épreuves écrites ou orales (bien que je m'y prends un peu tard) de brevet, bac, licence, master ou autres se sont bien passées.

J'en profite pour remercier les lecteurs qui suivent cette histoire. Sachez que vos commentaires me font toujours plaisir et je remercie tous ceux qui m'en laissent.

Voici sans plus attendre le chapitre 11.

Bonne lecture à tous !


Duel sans merci

- Holà ! Vous êtes plutôt du genre entêté, déclara Sakeshi en redressant les pans de son grand manteau blanc.

Zoro et Sanji, sérieusement amochés, se relevèrent. Le bretteur avait attaché son bandana noir autour du front tandis que Sanji avait abandonné sa précieuse cigarette pour pouvoir combattre. Le sang tâchait leur visage et leurs habits mais ils étaient dans un tel état de fureur qu'ils n'y portèrent pas la moindre attention. Leurs yeux étaient obscurcis par la haine qu'ils éprouvaient pour le vice-amiral.

- Quelle belle résistance, sourit Sakeshi en applaudissant légèrement. L'âme de grands guerriers sans aucun doute. Mais essayez de comprendre… Je m'efforce de rester raisonnable. La prochaine fois, il se peut que ce soit beaucoup moins agréable…

- Ta gueule ! Vociféra Zoro en essuyant d'un revers de main le sang qui lui coulait au visage. J'en ai rien à cirer de tes conseils. Je ne suis pas venu ici pour m'amuser ou pour t'entendre déblatérer tes débilités. Je suis venu te rendre la monnaie de ta pièce.

- Des types qui s'attaquent ainsi aux demoiselles ne méritent que de se faire latter le cul, gronda Sanji en relevant sa jambe.

Essayant de soigner ses amis au sol, Chopper releva la tête et observa ses compagnons avec angoisse.

- Zoro… Sanji…

Nullement offensé par leurs remarques, Sakeshi savourait l'instant.

- C'est vraiment risible, lança-t-il d'une voix amusée. Depuis quand les pirates sont-ils intéressés par la justice et la morale ?

Il fit quelques pas vers eux. Aussitôt une énorme bourrasque tourbillonna autour de lui.

- Votre capitaine vous a monté la tête avec des sornettes, reprit-il. Dans l'Histoire de notre monde, les pirates sont des hommes envieux et cruels, prêts à sacrifier la vie d'autrui pour leur propre survie. Ils ne sont pas dignes de voyager ni de survivre.

- Je t'ai dit de la boucler ! Cria Zoro. Nous n'en avons rien à faire de ce que tu penses de nous. Tu as porté ombrage à l'honneur de notre équipage et c'est pour cette raison que je vais te dépecer !

- Bien parlé, choux vert, acquiesça Sanji.

- Toi aussi, tu la fermes, cuistot pervers, grogna l'épéiste.

- Me dépecer, hum ? Dit Sakeshi. Ne confonds pas tes rêves et la réalité, kaizoku. Kaze tornado ! (1)

Une tempête de vent, d'une hauteur variant de cinq à dix mètres, surgit de nulle part et fonça droit sur Zoro et Sanji qui eurent à peine le temps de bondir sur le côté pour lui échapper. La tempête dévasta une grande partie du port, détruisant entièrement le ponton et la plupart des bateaux. A la vitesse de l'éclair, Zoro fila droit vers Sakeshi et dégaina à une rapidité ahurissante.

- La Danse du Lion.

Le sabreur passa derrière son adversaire qui semblait ne pas avoir ressenti la puissance de l'attaque. Le sourire de ce dernier s'élargit.

- Je te l'ai déjà répété, cette attaque est inutile…

Sakeshi écarquilla les yeux lorsqu'il remarqua que quelques gouttes de sang tombaient sur sa veste. En effet, une estafilade ornait à présent sa joue. Son sourire disparut et ses yeux s'entrouvrirent de quelques millimètres.

- Par quel prodige m'as-tu atteint ?

Alors qu'il allait riposter, Sanji sauta en l'air avec agilité. Sa jambe droite était à présent flamboyante.

- Déguste-moi ça. Flambage shoot !

Sakeshi para avec son bras. Toutefois, à sa grande surprise, la manche de sa veste prit feu et il fut légèrement brûlé au poignet. Immédiatement, il disparut en un souffle de vent avant de réapparaître quelques mètres plus loin. Son visage devint plus sérieux.

- Vous êtes indéniablement d'un autre niveau. Je crois qu'il est préférable que je vous tue sans plus attendre. J'aurais voulu davantage m'amuser avec vous mais, hélas, votre force s'avère dangereuse pour la collectivité.

Tandis qu'il achevait sa phrase, une épée apparut à sa ceinture, sous les regards surpris de Sanji et de Zoro. D'un geste vif, le vice-amiral la dégaina. L'arme qu'il tenait en main était une grande épée blanche de quarante centimètres dont les extrémités semblaient extrêmement tranchantes.

- La « Rose des Vents » : Boufuu toutoi. (2)

Il pointa son épée vers ses adversaires en souriant.

- Vous occire sera votre récompense. Craignez le pouvoir trompeur et destructeur du vent.

Zoro positionna ses armes et prépara une contre-attaque de grande ampleur.

- Dragon slash !

- Kaze buyou first ! (3)

Si l'attaque du bretteur était efficace en temps normal, tranchant l'ennemi sans problème, elle n'eût absolument aucun effet contre le vice-amiral qui lui porta un violent coup de lame à l'épaule. Réprimant la douleur, il se repositionna aussitôt. Avec une facilité déconcertante, Sakeshi atteignit Sanji qui se trouvait pourtant à plusieurs mètres. Ce dernier s'écroula lamentablement au sol, touché au thorax.

Réunissant à nouveau ses trois sabres, Zoro riposta sèchement.

- Calibre 108 !

- Kaze buyou second !

Les attaques s'entrechoquèrent, créant une impressionnante onde de choc qui détruisit tout dans un rayon de 500 mètres.

« Merde, j'arriverai jamais à en placer une si je me contente d'effectuer des attaques basiques, se sermonna Zoro. Il faudrait que je parvienne à le prendre à revers… ».

Ses réflexions furent interrompues par la disparition instantanée de Sakeshi qui réapparut immédiatement derrière son dos.

- Dommage, dit celui-ci en pointant un doigt vers lui. Kaze impacto ! (4)

En un souffle, Zoro fut projeté contre un bâtiment situé à plus de 800 mètres. Dans sa rencontre avec la pierre, le sabreur émit une plainte de douleur et cracha des germes de sang.

- Extra hachis !

Entre-temps, Sanji en avait profité pour se relever. Mais il ne fit guère mieux que Zoro et Sakeshi l'envoya valdinguer contre l'une des rares embarcations qui avait été épargnée par la tempête.

- Zoro ! Sanji ! Cria Chopper, alarmé en lâchant sa boîte de sparadrap.

Sakeshi épousseta ses vêtements. Avec un sourire de pure sadisme, il s'approcha de Chopper, terrorisé et des autres nakama à terre.

- Je regrette mais tes soins médicaux ne te seront guère utiles. Il est temps de conclure cette belle rencontre. Kaze destruc…

- Burning démon slash !

Grâce à l'intervention inespérée de Zoro, le bras de Sakeshi fut brutalement repoussé, l'empêchant par la même occasion d'employer sa technique dévastatrice.

- Premier haches !

Sanji en profita alors pour essayer de lui infliger un formidable coup de pied à l'estomac. Mais contrée par une barrière de vent, l'attaque du cuisinier n'eut pas l'impact désiré.

- Hé, cuistot de mes deux !

Sanji se tourna dédaigneusement vers Zoro.

- Qu'est-ce que tu veux, face de concombre ?

- Ça te dirait qu'on le finisse ?

- Abruti, on est là pour quoi à ton avis ?

- T'as pas pigé. Nos frappes auront plus d'efficacité simultanément que séparément.

- Ça veut dire faire encore équipe avec toi ? Merci bien, l'expérience du Davy back fight me suffit.

- Putain, t'es toujours aussi con ou tu le fais exprès ?

- Ce serait plutôt à moi de dire ça… Allez, marché conclu, tête d'algue. Au moins, mes coups compenseront tes frappes minables.

- Je voudrais pas dire mais ma prime est plus élevée que la tienne, love-cook.

D'un signe de tête, ils regardèrent Sakeshi s'avancer vers eux.

- Félicitations, kaizoku, (5) dit-il en faisant tournoyer sa longue épée à une allure folle. Vous êtes restés en vie plus longtemps que je ne le croyais. Malheureusement, les meilleures choses ont une fin.

Il les fixa intensément.

- Last Kaze buyou.

Son épée se mit à briller, absorbant instantanément l'air dans un sifflement sinistre.

- Tiens-toi prêt à lancer une attaque de grande puissance, cria Zoro à Sanji pour couvrir le bruit du vent qui pénétrait la lame de Sakeshi.

- Je sais, beugla à son tour le cuisinier. Mais c'est pas sûr que ça marche contre ce type.

- Tant pis, on aura au moins essayé. Je commence le compte à rebours : Ju, ku, hachi, nana, roku, go, yon…

La jambe rougie par un feu ardent, Sanji, plus concentré que jamais, contemplait l'arme de Sakeshi entourée d'une grande rafale de vent.

- … san, ni, ichi, rei ! (6)

Dans une parfaite synchronisation, ils s'élancèrent sur leur adversaire avec une rapidité stupéfiante malgré leurs corps ensanglantés et épuisés. Soit cette tactique fonctionnait, soit c'était fini pour eux.

- Qu'il en soit ainsi, kaizoku, déclara solennellement Sakeshi.

Au même moment, il ouvrit brusquement les yeux.

- Jigoyu tatsumaki ! (7)

Chopper, qui avait profité de la courte accalmie pour mettre les blessés à l'abri, poussa un hoquet de frayeur en voyant Sakeshi s'envoler dans les airs, entouré d'une barrière de vent infranchissable. Le vice-amiral braqua son épée vers ses ennemis. Tout un coup, un véritable cyclone émergea de l'arme et fila droit sur Zoro et Sanji qui n'eurent que le temps de hurler leurs attaques respectives.

- Ashura : makyuusen !

- Flambage shoot !

Une dévastation sans précédent rasa entièrement le port, accompagnée d'un vacarme assourdissant dû à la force du vent. Une minute plus tard, le silence revint. Chopper osa ouvrir un œil vers le lieu du combat. Il n'y avait plus la moindre trace, ni de Zoro ni de Sanji ni même de Sakeshi. Le petit renne frissonna. Il n'y avait plus âme qui vive.

- ZORO, SANJI, OU ETES-VOUS ? Cria Chopper dans l'espoir de les voir surgir de sous les débris de pierres et de tôles qui jonchaient le sol.

Mais personne ne répondit.


- Capitaine Sakaku !

Une partie de l'équipage de la Caravelle Carnavalesque, coiffée de leurs éternels chapeaux de carnaval, visiblement affolée, apparut soudainement et interpella avec force le dangereux corsaire. Le visage méprisant, Sakaku, entouré de ses plus fidèles nakama, consentit à tourner la tête.

- Qu'y a-t-il encore ? Grogna-t-il en exposant aux yeux des arrivants ses dents pointus. Et d'ailleurs, que faîtes-vous ici ? Vous étiez censés rester à bord du navire jusqu'à nouvel ordre. La faction qui m'a accompagné jusqu'au bar de Marjevole ne vous a pas prévenu ?

Les marins déglutirent et reculèrent légèrement, effrayés par l'aura inquiétante de leur chef. L'un d'entre eux, prenant son courage à deux mains, réussit à bredouiller :

- Capitaine, c'est très grave. La Marine est déjà arrivée au port sud de Mildesane !

- Et alors ? Rétorqua froidement Sakaku. Vous croyez que de simples marines constituent un obstacle insurmontable ?

- Vous n'y êtes pas, capitaine, continua l' « intrépide » marin. Ce ne sont pas de simples officiers qui y sont postés mais le vice-amiral Sakeshi en personne ! Il est en train de se battre avec deux nakama de mugiwara !

Un lourd silence s'abattit parmi l'assemblée. Melle Reijin regarda alternativement le marin et Sakaku d'un air dubitatif.

- Quel est le problème ? Ce Sakeshi est-il vraiment un danger pour notre équipage ?

Sir Amami consentit à lui répondre dès qu'il eut terminé de lécher abondamment sa sucette à la fraise et croquer dans sa tablette de chocolat.

- Il est l'un des plus redoutables éléments de la Marine, expliqua-t-il à la jeune fille. Intelligent et intuitif, il s'est rendu célèbre par son accession au grade de vice-amiral alors qu'il était âgé d'à peine vingt ans. De plus, il est à l'origine de nombreuses destructions de bateaux pirates dans le nouveau monde.

- Le sous-estimer nous serait fatal, renchérit Tokbaz tout en fermant le bec de Grapille à l'aide d'une ficelle pour avoir la paix. Son apparence joviale sert à cacher ses réelles intentions.

- En effet, reprit Sir Amami. Il a toujours eu un tempérament assez sadique envers les pirates. C'est le genre de type à vous assassiner en arborant un sourire amical. Je suis franchement surpris que deux nakama de l'équipage de mugiwara livrent bataille contre lui. Ces gars sont suicidaires.

En pleine réflexion, Sakaku observa le bout du ponton que l'on apercevait entre les arbres de la petite forêt où ils se trouvaient. Il crut déceler quelques bruits venant du port mais il n'en avait cure. L'essentiel pour lui était de trouver le moyen le plus rapide de gagner Fort-Bravent avant la tombée de la nuit. La diversion de l'équipage de mugiwara serait assez efficace pour qu'il puisse quitter l'île sans être repéré.

- Il nous faut éviter le combat. Du moins, pour le moment. Profitons de cette chance et quittons cette île.

- Mais pourquoi ne pas revenir à notre navire et tenter de longer la côte ouest de Mildesane ? Demanda Tokbaz, ignorant les coups d'ailes furieux de Grapille qui acceptait mal de s'être fait bâillonner par son maître.

- Non, répondit Sir Amami à la place de Sakaku. Notre navire est trop grand pour se faufiler entre les rochers qui entourent la falaise de l'île. Et puis, nous devons restés discrets. Un petit bateau ou une barque feront l'affaire.

- Ding dong ding dong dang, dois-je garder Yudoku et la navigatrice sur mon dos ? Demanda le Gros Blier qui portait sur ses épaules les deux personnes inanimées. S'il y a des marines dans les environs, je ne vais pas pouvoir combattre avec facilité.

- Réveille cet imbécile et fais-lui savoir qu'il sera de corvées de patates pendant une semaine, lança Sakaku en désignant Yudoku d'un geste dédaigneux. Tokbaz, ajouta-t-il en se tournant vers l'inventeur, mets navigatrice-san sur le dos de ton pigeon.

- Ce n'est pas un pigeon, mais un grand trècheron à crête, précisa Tokbaz en portant Nami endormie sur ses épaules et en la déposant sur le dos de son animal de compagnie. Un spécimen très rare et méconnu de la plupart des scienti…

Il fut interrompu par son capitaine qui le projeta d'un revers de main contre un vieux chêne.

- Encore une remarque de ce style et tu deviendras le propre cobaye de tes pitoyables expériences, déclara Sakaku, un sourire malveillant aux lèvres.

D'un pas lourd, ils s'éloignèrent de Tokbaz. Grapille fusilla du regard à la fois son maître encore groggy et Sakaku. Malgré les secousses et les éclats de voix de part et d'autre, le sommeil de Nami demeurait imperturbable.


Plusieurs morceaux de pierres furent éjectés avec force. Visiblement, quelqu'un ressortait des décombres. Les vêtements en partie déchirés, la veste couverte de poussière, blessé à un bras et à une jambe, Sakeshi ressortit des gravats. Chopper poussa un cri horrifié.

« Je n'ai aucune chance contre lui, pensa-t-il. Si Zoro et Sanji n'ont pas été capables de le battre, mes pouvoirs ne suffiront pas à l'arrêter. Et puis je ne peux pas utiliser trois Rumble balls d'un coup, je risque d'atteindre les blessés sans le vouloir… que faire, mon dieu, que faire ? »

- Hum, ils étaient beaucoup plus coriaces que prévu… affirma le vice-amiral en retirant l'épaisse poussière qui recouvrait ses épaules. Bon, il va falloir prendre des mesures draconiennes. Tout d'abord, contacter Raishido.

Il s'interrompit en se rendant compte que son escargophone n'était plus dans sa poche. Poussant un profond soupir, il quitta les débris en se propulsant dans les airs et en atterrissant près d'un Chopper terrorisé.

Il se tourna vers le petit renne et un sourire faussement bienveillant éclaira son visage. Voyant que l'ennemi avançait doucement vers lui, Chopper sursauta et tenta de protéger ses compagnons à terre à l'aide de ses petites pattes.

- N'approchez… pas ! Bégaya-t-il en essayant d'adopter un ton ferme.

Sakeshi le contempla avec étonnement et rétorqua :

- Pourquoi tiens-tu tellement à les sauver ? Alors qu'une mort paisible pourrait les soulager de tous leurs maux…

- Pas les blessés ! Gémit Chopper en reculant de peur. Un marine ne tue pas des hommes à terre ! Vous êtes un représentant de la justice, vous l'avez dit vous-même !

- Je n'ai jamais dit le contraire, déclara paisiblement Sakeshi en fixant son bras ensanglanté avec incrédulité. Pourtant, dans l'état actuel des choses, il serait de mon devoir de vous arrêter.

Le vice-amiral s'interrompit puis reprit :

- Mais votre ténacité est réellement fascinante. Cela va faire la seconde fois que je me retrouve confronté à une lutte aussi difficile avec des pirates. Pour vous témoigner mon respect de combattant, je suis prêt à vous accorder un sursis…

- Un sursis ? Répéta Chopper d'une petite voix, n'y croyant pas ses oreilles.

- Exactement, continua Sakeshi. Je vous accorde un délai de vingt-quatre heures pendant lequel je n'interviendrai pas. Vous êtes libres d'agir comme bon vous semble. Cependant, lorsque le temps sera écoulé, je reviendrai terminer le travail. Est-ce clair ?

Chopper hocha vigoureusement la tête. C'était une occasion inespérée de gagner un peu de temps. Mais cela allait-il suffire pour sauver Nami des griffes de Sakaku ?

- Tu transmettras ce message aux membres de l'équipage de ton capitaine, dit Sakeshi, les yeux fermés, son sourire s'étalant sur son fin visage. Vingt-quatre heures, pas une seconde de plus. Bonne chance, petit renne.

Et il disparut dans une gigantesque bourrasque de vent. Songeur, Chopper resta immobile durant quelques minutes. De quelle manière allaient-ils s'en sortir cette fois-ci ? Lutter à la fois contre Sakaku et la Marine était une mission quasi-impossible pour l'équipage.

Tout à coup, il entendit des pierres bouger non loin de là. Scrutant attentivement le port ravagé, il vit deux personnes surgirent avec peine des décombres.

- Zoro, Sanji ! Pleura Chopper en les reconnaissant. Quel soulagement ! J'ai bien cru votre dernière heure arrivée.

- La vache, quelle dérouillée, se plaignit Sanji en boitant vers le petit renne, le visage tâché de sang. J'aurais jamais cru qu'il était aussi puissant.

Zoro ne répondit pas. Dans un état lamentable lui aussi, son regard demeurait inexpressif.

- Nous sommes débarrassés de cette foutue Marine, c'est pas trop tôt… dit Sanji, très essoufflé.

- Arrête de raconter des conneries !

Zoro avait perdu son légendaire sang-froid. Il fixa le cuisinier avec colère. Ce dernier fronça les sourcils mais resta silencieux.

- Il est simplement reparti, annonça sombrement le bretteur. Tu l'as entendu comme moi, il nous laisse seulement un délai de vingt-quatre heures. Ça veut dire qu'il reviendra avec des renforts la prochaine fois. Si Luffy ne sauve pas Nami à temps, on va avoir la Marine sans compter ce gars là sur le dos. Tu piges ?

A peine eût-il fini sa phrase qu'il s'écroula au sol. Sanji le regarda avec mépris.

- Crétin de sabreur, pas besoin de me le dire… furent les seuls mots que Sanji prononça avant de sombrer dans l'inconscience.

- Zoro ! Sanji ! Cria Chopper en accourant vers eux.

Ce combat leur avait fait perdre une quantité importante de sang et leurs blessures étaient pour la plupart ouvertes. Le petit renne sortit immédiatement son matériel médical de sa trousse à pharmacie.

- On n'est pas passé loin de la catastrophe… soupira-t-il de soulagement. Espérons que Luffy ait pu rejoindre Nami.


Luffy observait l'endroit en se grattant la tête. Il se trouvait dans un immense couloir pierreux et lugubre dont les extrémités étaient enveloppées dans les ténèbres. Seul le sol, composé de dalles brillantes, apportait une légère lueur à ce lieu insolite. Il régnait dans ce couloir un silence oppressant presque inquiétant, entrecoupé par quelques bruits lointains. Nullement décontenancé par cet étrange environnement, il se mit aussitôt à crier.

- HE HO ! Y A QUELQU'UN ?

- …quelqu' un…

- Ouais, visiblement, y a un gars dans le coin, remarqua Luffy en avançant le long du couloir sombre. DIS, TU SAIS PAR OU EST LA SORTIE ?

- … sortie…

- C'est ça, oui… TU PEUX ME L'INDIQUER ? JE SUIS TRES PRESSE ! JE DOIS SAUVER MA NAVIGATRICE ET BOTTER LE CUL A UN BOUFFON DE CARNAVAL !

- … narval…

Luffy commença à s'impatienter. Hormis sa performance vocale indéniable, le mystérieux individu ne se révélait d'aucune utilité. Il avait même la très nette impression qu'il se fichait de lui. A la recherche d'une sortie, le couloir qu'il longeait lui paraissait interminable. Esseulé, désabusé, cette situation inhabituelle l'irritait au plus haut point.

- ECOUTE, DEPECHE TOI DE ME DIRE OU PARTIR PARCE QUE CA COMMENCE A ME GAVER ! Hurla-t-il de nouveau à l'adresse de l' « imitateur ».

-…gaver…

Sans prendre la peine de s'interroger sur la répercussion de sa voix contre le mur - appelée couramment écho - il décida d'employer la manière forte contre l'un des murs de pierre.

- Gomu gomu no… pistolet !

Son bras traversa le mur sans le toucher et revint à sa position initiale. Luffy écarquilla les yeux de stupeur.

- C'est quoi ce délire ?

Perplexe, il s'avança et tâta la paroi de pierre. Visiblement, le mur était non seulement intact mais son bras ne l'avait même pas effleuré. A quoi rimait toute cette histoire ?

Réitérant son action, il finit par abandonner au bout d'un long quart d'heure, prenant conscience de l'inutilité de cette méthode.

- COMMENT SORT ON D'ICI ? Hurla Luffy qui commençait sérieusement à péter un câble. JE VEUX SAUVER NAMI ! JE VEUX MANGER ! JE VEUX REVOIR MES AMIS ! Y EN A MARRE ! (8)

Seul l'écho répondit à ses appels.


Notes :

(1) Kaze tornado : Une tornade de vent se forme et détruit tout sur son passage.

(2) Boufuu = vent violent, tempête / Toutoi = sacré

Nom de l'épée de Sakeshi lorsqu'elle est sortie de son fourreau. Elle se compose de trois techniques successives nommées Kaze buyou, littéralement « danse du vent ».

(3) Kaze buyou first = Première danse (Second pour la deuxième et last pour la troisième et dernière).

(4) Kaze impacto : Grâce à une violente onde de choc produite par le vent, l'ennemi est projeté à plusieurs mètres à la vitesse du son.

(5) Kaizoku = Pirate (marque de mépris de la part de Sakeshi qui évite ainsi de les nommer).

(6) Compte à rebours en japonais

(7) Voici l'une des attaques la plus meurtrière et la plus puissante de Sakeshi lorsqu'il emploie sa dernière technique du Kaze buyou à l'épée : Jigoyu tatsumaki = Littéralement, le « cyclone infernal ».

(8) Luffy inverse par rapport à Thriller Bark où il avait énoncé ses priorités : « un, la bouffe ; deux, Nami ; trois, les ombres » (chapitre 459). Pour une fois que Nami se trouve avant la bouffe dans l'esprit de Luffy…

En ce qui concerne les techniques de combat de Zoro et Sanji, vous pouvez trouver toutes les informations nécessaires sur google en tapant les noms des deux personnages.


Auteur : Et voilà, fin de ce chapitre onze.

Luffy, impatient : C'est quand la bataille finale ? J'ai hâte de me défouler sur ces sales guignols qui ont osé enlever ma navigatrice !

Nami, un grand sourire ornant son visage : Merci Luffy, ça fait du bien de se sentir soutenue, surtout par toi…

Sanji, jaloux : Nami-Swan je voulais venir à ton secours mais ce satané auteur m'a mis Sakeshi et faciès de brocolis sur mon chemin ! Faire équipe avec le manieur de cure-dents et perdre face à un vice-amiral, la honte…

Auteur, impartial : Match nul, plutôt… Personne n'a vraiment perdu, je précise, si ça peut te rassurer.

Zoro, les yeux fermés à l'adresse de Sanji : Pas de ma faute si tu es aussi un looser en combat. Déjà que t'en étais un en matière de drague…

Luffy, ignorant le combat entre le bretteur et le cuisinier : Pas bon en drague ? Pourtant, Sanji passe son temps à ça !

Robin, souriant : Je ne savais pas que tu connaissais ce mot, Senchou-san. Tu as expérimenté le processus ?

Luffy : Bah ouais mais à chaque fois, je me fais cogner…

Chopper : Ah bon, par qui ?

Usopp : Y a qu'une personne dans l'équipage pour frapper avec une précision inégalée… Il ajouta avec un sourire en coin : Tiens, ils sont bien proches ces deux-là… Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense, Nami ?

Nami, les joues roses, changeant de sujet : Bon c'est à qui le tour pour le mot de la fin ?

Luffy, se souvenant : C'est à Franky, je crois qu'il l'a pas fait…

Auteur, réalisant : Mais oui, tu as raison, c'est à Franky ! Eh bien, vas-y mon vieux, on t'écoute.

Franky : Grrrreeeaaattt ! « J'espère que ce chapitre a correspondu à vos attentes. Vos commentaires et vos critiques sont toujours autant appréciés. En attendant le prochain, je vous souhaite A GOOD WEEK ! ».

Nami, une goutte derrière la tempe : Toujours aussi fêlé celui-là…