Salut à tous et à toutes !
Il est temps de poursuivre les aventures de nos héros. L'affrontement entre l'équipage de Sakaku - qui a enlevé Nami et qui recherche activement la main du diable - et les mugiwara approchent à grand pas.
Spoiler : Juste un petit mot sur les scans de One Piece qui viennent de s'interrompre pour une durée d'un mois (maître Oda a bien droit à des vacances lui aussi). Je dois dire que j'ai été particulièrement bluffé par l'atmosphère qui s'en dégageait. Après un épisode des plus tragiques, on s'engage vers une suite riche en rebondissements et en révélations. Certes, il y a toujours eu des histoires alléchantes dans One Piece mais le manga prend une tournure plus sérieuse, ce qui est tout à son honneur. Rarement je n'ai été aussi impatient à la lecture des prochains scans. Et je crois que c'est le cas pour beaucoup de gens.
Fin du spoiler
Bonne lecture.
Arrivée à Fort-Bravent
Jamais Luffy ne s'était senti aussi désemparé. Ses coups de poings et de pieds qui d'ordinaire brisaient les murs et terrassaient ses ennemis ne lui étaient d'aucune utilité ici. Conscient d'être bel et bien prisonnier, le jeune capitaine cessa de courir dans tous les sens. Trouver une solution à son problème exigeait du calme et surtout de la réflexion. Bien évidemment, il n'était pas connu pour être un as dans ce domaine. Il savait mieux que quiconque les conséquences de cette « méthode » sur sa santé mentale - dernièrement, il avait manqué de s'évanouir à la lecture d'un ouvrage que lui avait gentiment prêté Robin. Toutefois, Luffy était prêt à « se sacrifier » pendant quelques minutes, si cela pouvait l'aider à quitter cet endroit et à sauver sa navigatrice.
- Bon, la sortie, dit-il à haute voix. Je ne peux pas toucher les murs et le couloir ne semble aboutir à nulle part. Voyons voir…
Plongé dans ses pensées, il essaya d'imaginer où cette satanée sortie pouvait se dissimuler. Il visualisa une porte dans son esprit et sonda les murs.
- Il doit bien y avoir un moyen de s'en aller d'ici quand même ? Se lamenta-t-il. Nami risque de quitter l'île dans les prochaines minutes…
A peine eût-il songé à cette hypothèse qu'une porte fit son apparition en plein milieu du couloir. Luffy cligna des yeux plusieurs fois, croyant être sujet à de nouvelles hallucinations. Mais constatant que ce n'était pas le cas, il se précipita vers la porte et l'ouvrit d'un coup sec.
- Enfin, c'est pas trop tôt…
Cependant, il déchanta très vite. Il était à présent dans une grande pièce faiblement éclairée par quelques chandeliers disposés un peu partout dans la pièce. Un grand piano trônait dans la salle, entouré par quelques plantes luxuriantes. On pouvait aussi apercevoir plusieurs meubles vernis où étaient posés divers objets en porcelaine. Un homme dissimulé dans l'obscurité lança d'une voix étonnamment grave :
- Que monsieur veuille bien me suivre, mademoiselle vous attend.
Lorsqu'il s'avança, la faible lumière de l'endroit révéla l'identité du mystérieux individu. Il s'agissait d'un jeune majordome ressemblant trait pour trait à…
- Sanji ? S'écria Luffy, abasourdi.
En effet, le valet avait le même visage que le cuisinier du Thousand Sunny. Seuls ses vêtements étaient différents de ceux qu'il portait habituellement. Le regard inexpressif, il ne tint pas compte de la remarque de Luffy et lui fit signe de le suivre.
- Par ici, monsieur.
- Hé, Sanji, tu ne me reconnais pas ? L'interpella à nouveau le jeune homme. Qu'est-ce que tu fais là ? Et pourquoi t'es habillé comme ça ? C'est une fête costumée ou quoi ?
Sanji ne répondit pas. Il continua son chemin comme si de rien n'était. Ils arrivèrent devant une nouvelle porte où était inscrit en caractère gras « Chambre à coucher de navigatrice-san ». Le majordome frappa trois coups secs.
- Monsieur est là, mademoiselle, dit-il.
- Faîtes-le entrer, Georges, cria une voix derrière la porte.
« Georges ? Pensa Luffy en se grattant la tête. Ces sourcils enroulés, cette mèche... Peut-être que Bon-chan est venu me faire une blague… ».
Le valet ouvrit la porte et poussa Luffy à l'intérieur.
- Bonnes vacances, monsieur, déclara-t-il en se courbant respectueusement.
La porte se referma aussitôt. La pièce ressemblait à une vaste chambre à coucher dont les murs rose bonbon auraient fait fuir le plus grand amateur de marshmallow au monde. La décoration laissait vraiment à désirer : le papier peint orné de petites fleurs des champs, une lampe drapée dans une épaisse fourrure blanche, une peau d'ours étalée au sol, les armoires et table de chevet repeintes en rose fluo, on se croyait dans une maison de poupée affreusement laide. Personne n'aurait pu supporter un tel spectacle plus d'une minute. Même un pirate assoiffé de sang aurait tourné de l'œil en assistant à ce déballage de couleurs qui allait du rose fuchsia au rouge magenta.
Mais Luffy ne fit pas attention au décor. A vrai dire, il n'y comprenait plus rien. Pour quelle raison Sanji se mettait-il à jouer les maîtres d'hôtel ? Et où se trouvait-il ? Comment cette porte avait-elle pu apparaître devant ses yeux ? Autant de questions qui tournoyaient dans son esprit à une vitesse vertigineuse. Il n'eût pas le loisir de s'interroger davantage. Quelqu'un prit aussitôt la parole.
- Ah, mon Fyfy (1), je commençais à me faire du soucis, lança une voix féminine que Mugiwara connaissait bien.
- Nami ? Lança Luffy, passablement surpris en s'approchant d'un grand lit à baldaquins, rose comme tout le reste.
- Viens vite, je t'ai chauffé la place, ronronna-t-elle.
Luffy s'approcha du lit. Habillée d'une robe vaporeuse qui laissait entrevoir de superbes courbes, sa chevelure rousse attachée en une élégante queue de cheval, Nami lui sourit. Bien que les circonstances ne s'y prêtaient pas vraiment - il était sensé trouver un moyen de sortir d'ici - le jeune homme sentit son cœur rater un battement. Bien sûr, il évita de le montrer mais voir sa navigatrice vêtue de la sorte provoquait chez lui une sensation particulière. Déjà qu'il avait particulièrement apprécié le spectacle de Nami dénudée dans les sources d'eau chaude d'Alabasta, puis de nouveau à Marjevole…
- Tu viens me rejoindre ? Susurra-t-elle.
Malgré le fait que son cerveau se soit momentanément arrêté, Luffy réussit à reprendre ses esprits. Ce n'est pas qu'il refusait ce genre de proposition - dans d'autres circonstances et après tous ces évènements, il y aurait sérieusement réfléchi - mais il se sentait perplexe par cette attitude incompatible avec celle de la vraie Nami. D'une part, en temps normal, elle ne réagissait jamais de cette façon. D'autre part, elle ne pouvait pas se trouver dans un tel lieu. Sakaku n'allait pas se donner la peine de la capturer pour les réunir aussi vite.
- Tu m'as l'air bien pensif mon petit Fyfy, dit-elle en posant une main sur son épaule. Un petit massage pour te détendre, ça te dit ?
Un frisson parcourut le corps de Luffy. C'était particulièrement tentant.
- Non, se reprit-il en tentant de retirer doucement la main de la jeune fille. Nami est aux mains de Sakaku. Je dois aller la libérer.
- Voyons, tu délires, dit-elle en émettant un rire assez inhabituel. Tu vois bien que je n'ai pas été enlevée. Je suis là, mon Fyfy. Et je ne suis pas prête de te quitter.
Plus déstabilisé qu'il ne le laissait paraître, Luffy l'observa silencieusement. L'aspect extérieur de la jeune fille correspondait bien à sa nakama. Néanmoins, son étrange personnalité n'avait rien à voir avec celle de son amie. Luffy voulut en avoir le cœur net.
- Oi, Nami, rusa-t-il, il paraît que Fort-Bravent est connu pour cacher des trésors. Tu le savais ?
Son interlocutrice haussa simplement les sourcils.
- Ah bon ? C'est marrant ça…
Face au regard incrédule de Luffy, elle changea aussitôt de sujet.
- Oublions ces petits détails et profitons de notre petite soirée, minauda-t-elle en se serrant contre lui. J'aurais bien envie d'un petit câlin…
- Tu n'es pas Nami ! Coupa froidement Luffy en s'extirpant de son étreinte. Tu ne m'as pas trompé, menteuse ! Si tu étais ma navigatrice, tu m'aurais questionné au sujet de ces trésors !
Il se détourna d'elle et cria :
- Je veux sortir de là !
La phrase résonna à nouveau sous forme d'écho sauf que cette fois, elle eût une conséquence immédiate. Les murs se désagrégèrent, les meubles disparurent et la fausse Nami encore installée sur son lit à baldaquins s'estompa. Bientôt, la chambre à coucher s'évapora pour laisser place à la réalité. Les maisons et les arbres refirent leurs apparition. Luffy se trouvait dans la rue quasi déserte de la ville de Marjevole, la même que celle où il avait combattu Sir Amami quelques heures auparavant.
- Génial, je suis enfin dehors ! S'exclama-t-il joyeusement. Il ne me reste plus qu'à retrouver Nami et à botter le derrière du bouffon au chapeau de carnaval. Ça va être sa fête à celui-là !
Des habitants, abasourdis et intrigués par son apparition, l'observèrent à distance. Certains commencèrent même à réciter d'étranges prières à genoux. Luffy les ignora et fila comme une flèche en direction du port sud.
- Nami ! Appela-t-il. Où es-tu ?
Il traversa la forêt sans prêter attention à la végétation ou aux animaux qui la peuplait. Courant à vive allure, il ne mit pas longtemps à parvenir jusqu'à sa destination. Au bout de quelques minutes, il atteignit le port en partie détruit de Mildesane, repéra aussitôt ses compagnons et se dirigea vers eux.
- Ohé, les amis !
Plusieurs têtes de son équipage se tournèrent vers lui. Heureux et soulagés pour la plupart, ils lui firent des signes de la main.
- Mugiwara !
- Enfin !
- Nami chérie n'est pas avec toi ?
- Tiens, Senchou-san n'a pas été égorgé par Sakaku…
- Pourquoi dois-tu toujours envisager le pire des scénarios ?
- Qu'est-ce qu'il a foutu tout ce temps ? Ne me dîtes pas qu'il s'est perdu…
- Je me le demande…
Emporté dans son élan, il percuta de plein fouet Franky et Sanji. Les trois compères furent projetés sur une longueur de plus de cinquante mètres.
- Par contre, de là à dire qu'il nous a manqué… déclara Usopp, une goutte derrière la tête.
- En plus, il va falloir compter sur lui pour arrêter Sakaku, ça promet, soupira Zoro en observant Franky et Sanji furieux flanquer des coups de pieds à leur capitaine pour les avoir malencontreusement renversés.
- Hé, qu'est-ce qui vous est arrivé ? Leur demanda Luffy, le crâne plein de bosses, en les observant à tour de rôle. C'est quoi tous ces bandages ?
- Nous avons eu des démêlées avec la marine, expliqua simplement Zoro.
- Il ne fait pas bon de rester dans le coin, renchérit Sanji en allumant une cigarette. Dans moins de vingt-quatre heures, un vice-amiral va rappliquer, ce qui nous laisse peu de temps pour libérer Nami adorée. Eh, tu m'écoutes au moins ?
Silencieux, Luffy observait à présent l'horizon. On distinguait nettement l'île de Fort-Bravent. Aussi plate qu'une pièce de monnaie, l'île de l'archipel de River Citadel ne semblait avoir aucune caractéristique quelconque, si ce n'est qu'elle était réputée pour sa fameuse légende de « la main du diable ». Hormis quelques arbres et buissons qui composaient la végétation de l'île, il n'y avait pas grand-chose à visiter aux alentours.
- Franky…
La voix sérieuse de Luffy fut un signal pour les mugiwara. Lorsque leur capitaine employait ce ton, ils savaient qu'une décision irrévocable allait être prise.
- Ouais, qui y a-t-il ? Répondit le concerné.
- Je veux aller sur l'île en face.
- TU VEUX QU'ON FASSE COMMENT SANS EMBARCATION, GROS MALIN ? Cria l'équipage à l'unisson.
- Vous ne m'avez pas compris… Franky, j'ai dit que je voulais aller sur cette île…
Le charpentier regarda longuement Luffy. Au bout d'un moment, un grand sourire se dessina sur son visage.
- Ok, j'ai pigé. Accrochez-vous, ça va décoiffer !
- C'est quoi le deal ? S'impatienta Zoro.
- Pose pas de questions, tiens-toi simplement à moi, ordonna Franky en sortant ses canons de ses mains.
Tout l'équipage s'exécuta, la plupart à contrecoeur. Franky tourna le dos à l'île de Fort-Bravent.
- Dis Franky, j'espère que tu ne comptes pas utiliser cette… commença Usopp, très inquiet par la tournure que prenaient les évènements.
- Coup de vent !
Grâce à cette technique, ils furent propulsés dans les airs à une vitesse ahurissante. On entendit de longs hurlements stridents, étouffés par le bruit du vent.
- JE VEUX PAS MOURIR ! Hurla Chopper, la bouche grande ouverte, les yeux inondés de larmes.
- POURQUOI FAUT-IL TOUJOURS SUIVRE AVEUGLEMENT LES DECISIONS DE LUFFY ? Beugla Usopp, les yeux en dehors de leurs orbites.
Temps restant avant le retour de la Marine : 19 heures.
Pendant ce temps, non loin de là, sur une petite plage isolée de Mildesane…
- Mais enfin monsieur, bredouilla un vieil homme en regardant d'un air apeuré le grand revolver que tenait un pirate coiffé d'un chapeau pointu.
Sakaku et sa bande se trouvaient dans une petite plage complètement isolée où seul un simple pêcheur avait élu domicile. Pris en otage, sa petite embarcation fut aussitôt investie.
- Navré, brave homme, mais nous t'empruntons ta coque de noix, sourit Sakaku. Contrairement à toi, un grand destin m'attend.
Le capitaine jeta un coup d'œil à l'homme tenant le revolver. D'un geste désinvolte de la main, il siffla entre ses dents :
- Tue-le.
Un coup de feu retentit, effrayant les oiseaux qui quittèrent les arbres alentours.
- Vous me semblez bien impatient, capitaine, remarqua Sir Amami en avalant goulûment trois pâtisseries tout en ignorant le cadavre du vieil homme.
- Nous n'avons pas de temps à perdre, répondit le concerné en montant le premier dans la petite barque. La Marine est dans les parages et nous devons trouver la main du diable avant la tombée de la nuit.
- Dong dong ! Lança le gros Blier en s'installant à bord.
- Qu'est-ce qu'il y a, Blier ? Demanda Tokbaz, intéressé. Le repas est servi ?
- Imbécile, tu ne vois pas que c'est le bruit qu'il émet avec son chapeau ridicule ! S'agaça Melle Reijin, de mauvaise humeur, en s'asseyant sur l'une des planches en bois de la petite embarcation.
- C'est bizarre, constata l'inventeur en fronçant les sourcils alors que Grapille grimpait à l'intérieur avec Nami inconsciente sur son dos. C'est exactement la même sonorité que la cloche des cuisines. N'est-ce pas, Ougi ?
- Celle-ci a un son plus grave, rectifia le cuisinier les bras croisés.
Une fois tous les protagonistes à bord de la petite barque, elle s'engagea en direction de l'île de Fort-Bravent.
- Bof, la différence n'est pas évidente quand on tend simplement l'oreille, continua Tokbaz. Une cloche reste une cloche.
- Qui est une cloche ? Interrogea d'une voix pâteuse Yudoku qui retrouvait peu à peu ses esprits.
Ce dernier avait le visage boursouflé et ensanglanté par le coup de poing qu'il avait reçu de la part de Luffy dans les sources d'eau chaude.
- Toi sans aucun doute, siffla hargneusement Melle Reijin. Bon sang, vous êtes fortiches lorsqu'il s'agit de lancer ce genre de conversations ridicules !
- Ding dong dung, vos cœurs sont endurcis par la jalousie, voilà tout, se vexa le gros Blier.
- FERMEZ-LA ! Cria soudainement Sakaku.
Immédiatement, le silence se fit.
- Cessez donc vos querelles ineptes ! Je ne vous emmène pas en expédition pour vous voir faire les marioles ! Un équipage se doit d'obéir à son capitaine et à se taire jusqu'à ce dernier leur autorise à s'exprimer. Ai-je été assez clair ?
- Capitaine… commença Sir Amami.
- Tu ne sembles pas avoir compris ma mise en garde, gronda Sakaku en se tournant vers l'homme-sucre.
- Capitaine, nous coulons ! Avertit celui-ci en pointant du doigt l'eau qui remplissait l'embarcation.
- Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ? S'emporta Sakaku, consterné.
Au lieu de réfléchir à une solution, l'équipage paniqua comme jamais. Les nombreuses secousses qu'il produisait ne firent qu'accélérer les choses.
- A l'aide ! Crièrent les hommes de la Caravelle Carnavalesque. Nous sombrons !
- Arrêtez ça, bougre d'ânes ! Hurla Sakaku. Il n'y a personne de ce côté-ci du rivage ! Et quand bien même il y aurait quelqu'un, il ne viendrait pas à notre secours ! Nous sommes des pirates au cas où vous l'auriez oublié !
- Les femmes et les enfants d'abord !
- BOUCLEZ-LA ?
- Je savais que j'aurais dû faire médecin légiste comme mon père (2), pleurnicha Yudoku en s'agrippant à la veste du gros Blier. Nous voilà dans de beaux draps !
- Quelle idée de prendre une aussi petite barque pour traverser, soupira Sir Amami en hochant négativement la tête.
- C'ETAIT LA TIENNE ! L'accablèrent l'équipage à l'unanimité.
Grapille prit son envol avec Nami sur son dos. Atterré par cette situation grotesque, il n'émit aucun commentaire. De toute façon, c'était impossible avec un bec ficelé.
- Encore une histoire qui tombe à l'eau, constata amèrement Tokbaz.
- N'en rajoute pas, débile, vociféra Sakaku alors que l'eau lui arrivait maintenant jusqu'au menton.
- « Un grand destin m'attend », tu parles, maugréa Melle Reijin.
- Ding dong glouglou gong !
Et sur ces dernières paroles pleines de sagesse, la barque coula.
Une demi-heure plus tard…
- Où sommes-nous ? Demanda Melle Reijin en se réveillant progressivement.
Allongée sur le sable, elle reprenait doucement ses esprits. A peine eût-elle ouvert les yeux qu'elle se retrouva nez à nez avec un homme barbu, un volatile dont le bec était noué par une ficelle et un gros bonhomme coiffé d'une cloche. Cette vision cauchemardesque lui fit pousser un cri.
- Je suis vraiment morte alors ! J'ai atterri en enfer !
- Dong ding, bien sûr que non, répondit le gros Blier en distribuant une série de baffes aux autres membres de l'équipage pour les ranimer. Tu ne nous reconnais pas ?
- Si nous étions réellement morts, nous serions dans un superbe laboratoire à poursuivre des femmes nues sous la lumière d'un néon, tu ne crois pas ? Lança Yudoku, légèrement rêveur.
- Garde tes fantasmes pour toi, toubib lubrique, rétorqua froidement Melle Reijin. Au fait, où est le capitaine Sakaku ?
- Un peu plus loin là-bas en compagnie de Sir Amami, les renseigna Tokbaz. Vous pouvez remercier Grapille. C'est lui qui nous a sorti de l'eau alors que nous étions en train de nous noyer.
Grapille gonfla le torse d'un air fier mais tout le monde l'ignora. Alors que les membres de l'équipage de la Caravelle carnavalesque tentaient tant bien que mal de se sécher, Nami se réveilla en sursaut.
- Ouch ma tête… se plaignit-elle en massant son crâne. Que s'est-il passé ?
Apparemment, elle était arrivée sur l'île que convoitaient ses kidnappeurs. Elle vit Sakaku et Sir Amami en pleine conversation animée, tournant le dos aux autres. L'occasion était rêvée pour s'éclipser en douce sans être vue. D'autant que l'équipage de Sakaku ne semblait pas faire attention à elle.
« C'est le moment ou jamais ».
A pas feutrés, elle fila vers la plaine. Cependant, c'était sans compter l'intervention de Sir Amami qui, en jetant un rapide coup d'œil vers la plage, la repéra immédiatement.
- Satou creeper ! (3)
Aussitôt des cordes en sucre sortis de nulle part ligotèrent les mains et les pieds de Nami. Celle-ci s'effondra au sol, non sans avoir lancé un juron de dépit avant d'être bâillonnée par un morceau de chiffon composé de sucre.
- La surveillance laisse à désirer, se moqua Sir Amami en léchant une sucette au citron. Blier, occupe-toi d'elle.
- Dlong dlang, à vos ordres, Amami-san.
Sautant en l'air avec souplesse, ce dernier atterrit lourdement près de Nami qui tentait de se libérer en vain de ses liens et la mit sur son épaule. Sakaku et Sir Amami regardèrent le gros Blier rejoindre ses compagnons sur la petite plage.
- Vous êtes sûr que c'est le meilleur choix ? Murmura Sir Amami à Sakaku, sceptique.
- Certain, répondit Sakaku, confiant. Certes, la carte de Fort-Bravent dessinée par navigatrice-san va m'être d'un grand secours mais sa présence dans notre équipage va aussi me permettre d'obtenir la main du diable. Je sais enfin où elle se trouve.
Son sourire s'agrandit, laissant entrevoir de longues dents pointues. Rajustant son grand chapeau de carnaval, il déclara :
- Après toutes ces années, je vais enfin posséder l'une des armes antiques les plus puissantes au monde. Tous les utilisateurs des fruits du démon seront dépourvus à jamais de leurs pouvoirs ! Les paramécia, les logia, les zoan impuissants face à moi ! Quelle belle revanche !
- Vous ne croyez pas que cette mission comporte…disons, certains risques ? répliqua prudemment l'homme-sucre. Ils sont très forts, il vous suffit de voir ce qu'il s'est passé à Enies Lobby pour…
- Je sais parfaitement ce qu'il s'est passé là-bas, coupa sèchement Sakaku. Il était convenu que l'opération se déroule de cette façon. Navigatrice-san est parfaite pour ce rôle. Assez bavassé, place à l'action. BLIER ! OUGI GENYUU !
Le garde du corps - Nami toujours ligotée sur son épaule - revint auprès de son capitaine, suivi de près par le cuisinier Ougi dont les yeux, seule partie visible de son visage, semblaient méfiants.
- Nous partons immédiatement, lança Sakaku. Prévenez les autres qu'ils sont chargés de surveiller la plage en notre absence et qu'ils ont pour ordre d'éliminer l'équipage des…
- Les Chapeaux de paille ! S'exclama soudainement Tokbaz en pointant du doigt le ciel où une ombre se rapprochait dangereusement.
- Laissez tomber, on y va, ordonna Sakaku. Je n'ai pas de temps à perdre avec cet imbécile de mugiwara-san.
Il fila en compagnie de Sir Amami, du Gros Blier et de Ougi vers la plaine, quittant définitivement la petite plage.
Quelques secondes plus tard, une intonation retentit lourdement sur le sable fin de la petite crique. Se relevant péniblement, les mugiwara étaient sonnés pour la plupart - Usopp et Chopper, choqués par cette expérience, bavaient abondamment. Seul Luffy était déjà debout, une veine battant dangereusement sur son front. A cet instant, son expression était similaire à celle d'un animal enragé. Plusieurs pirates ennemis reculèrent en croisant son regard. Effrayés par l'aura négative qu'il dégageait, certains hésitaient à prendre leurs jambes à leur cou.
- OU EST VOTRE CHEF ? Hurla celui-ci en saisissant le pirate le plus proche.
- Par là… réussit à articuler le pirate terrorisé par l'expression du jeune homme avant de s'évanouir.
- Zoro, Sanji, Franky, vous venez avec moi, ordonna froidement Luffy en se précipitant vers la plaine qui s'étendait à perte de vue.
Les trois concernés acquiescèrent et le suivirent. Toutefois, le chemin leur furent rapidement barré par Tokbaz.
- Pas si vite, s'interposa l'inventeur en jetant à terre trois petits cubes de couleur rouge.
Les trois objets explosèrent en émettant une lumière aveuglante. Nullement décontenancé, Luffy continua son chemin comme si de rien n'était. Alors que Tokbaz allait sortir un autre objet de sa sacoche dans le but de les immobiliser, un violent coup de pied le projeta brutalement dans le sable.
- Qu'est-ce que…
Le mystérieux individu responsable de son état portait une longue cape et un masque, ce qui n'empêchait en aucune façon son identification.
- Ça y est, il est reparti dans son trip, commenta Sanji en frappant au passage plusieurs pirates de l'équipage de Sakaku avant de rejoindre Luffy.
Furieux, Tokbaz se releva en repoussant vivement Grapille venu l'aider à se remettre sur pieds et fixa son agresseur avec hargne.
- Mais tu es le gars au long nez !
- Mon nom est Sogeking ! Corrigea le célèbre justicier masqué. Le héros préféré des petits et des grands ! Triple bille explosive !
Tokbaz écarquilla les yeux et disparut derrière une gigantesque explosion.
Notes :
(1) Fyfy = Abréviation (douteuse) de Luffy
(2) C'est d'ailleurs de là qu'est né son goût prononcé pour la dissection.
(3) Satou creeper = technique de Sir Amami. Elle consiste à ligoter les mains et les chevilles de l'adversaire grâce à des liens en sucre qui se rigidifient instantanément.
Auteur : Et voilà, fin du chapitre douze.
Luffy, ravi : Bel affrontement en perspective.
Zoro, acquiesçant: Enfin, ça devient intéressant…
Sanji, déçu : Ça t'amuse de me représenter en majordome dans les rêveries de ce débile ? Pourquoi n'ai-je pas été le prince charmant délivrant Nami des griffes de ces empaffés ?
Auteur, faisant semblant de réfléchir : Hum… parce que tu es dans un LuNa peut-être ?
Sanji, boudeur : Tu déformes la réalité selon ta volonté ! Je me plaindrais à mon avocat !
Auteur, voulant à tout prix conserver un casier judiciaire vierge : Allons, pas de panique, tu joueras un rôle important dans la suite de cette histoire. N'oublie pas que tu es un mugiwara.
Sanji, regonflé à bloc : T'as raison ! Ça va être l'occasion pour moi de prendre ma revanche et de sauver ma douce et tendre de son guêpier au tout dernier moment, lorsqu'elle s'apprêtera à tomber dans les flammes de l'enfer !
Auteur, corrigeant : Du calme. Ton rôle est de soutenir tes amis et d'éliminer tes ennemis. En ce qui concerne Nami, laissons ce privilège à Luffy.
Nami, lassée : J'espère qu'il va vite me secourir. C'est pas franchement facile d'être en compagnie d'une bande de blaireaux.
Luffy : T'inquiète, c'est prévu.
Chopper, étonné : Comment tu le sais ?
Luffy : Je le sens.
Franky, pleurant : Bouh, j'adore les histoires qui finissent bien…
Auteur, une goutte derrière la tête : Hum… cette histoire n'est pas encore terminée, un peu de patience… Allez, à toi d'annoncer la fin, Brook !
Usopp, atterré : Hein ? Mais il ne fait pas partie de cette fanfiction !
Auteur : Raison de plus pour le mettre à l'honneur de temps à autre. Comme l'aventure a lieu avant Thriller Bark, je me dois de lui accorder la parole au moins une fois ici.
Brook : Yohohoho ! Merci auteur-san ! Je suis ému que j'en pleurais presque (même si je n'ai plus de larmes). Bon, que faut-il que je lise ? (même si je n'ai plus de yeux). Prend la fiche des mains de l'auteur : Intéressant résumé, je ne l'aurais pas formulé de cette manière mais bon…
L'équipage, criant : Lis la fiche, bon sang !
Brook : « J'espère que ce chapitre vous aura plu. Pour me donner vos impressions, vous connaissez le moyen. Sur ce, à la prochaine ! » Et concernant les demoiselles, serait-il possible de…
L'équipage à l'unanimité : C'est fini, rendors-toi !
