Carlisle me soigna, me faisant reprendre des forces... Après quelques jours, la douleur disparut après avoir empiré considérablement. Il était mort, au ciel, ou alors 6 pieds sous terre. Ma douleur avait disparu? Non, la douleur d'Edward avait disparu, il reposait maintenant au paradis, il ne restait plus que la mienne. Sa douleur m'avait considérablement affaibli, je dormais souvent. J'avais de la difficulté à me déplacer. Je restais une semaine chez eux, puis je partis voir sa famille. Ils m'informèrent de non seulement sa mort, mais aussi de celle d'Alice. Nouveau coup dans ma poitrine. Je dormis dans son lit, pleurant silencieusement. C'était la première fois qu'il n'était pas avec moi.
C'est son père qui me réveilla le lendemain matin. Il m'expliqua qu'il avait voulu me faire dormir plus longtemps, mais que nous devions aller à l'enterrement, même si nous n'avions pas retrouvé leur corps, et qu'après, nous devions lire son testament. J'ouvris alors les yeux, le regardant. Erreur, il avait ses yeux. Son visage lui ressemblait au plus haut point, comme s'il aurait été son futur… J'éclatais donc en sanglots alors qu'il me prit doucement dans ses bras, pleurant également…
Je pris garde de ne jamais plus regarder ses parents.
Ce fut tout simplement horrible. Voir tous les amis d'Edward, avec qui je n'avais passé que quelques moments, me regarder avec leurs yeux tristes, compatissant pour moi, alors que je les voyais souffrir également de leur côté. La mère d'Edward m'avait déniché une robe noire. Lucas est venu aussi. Lorsque je l'ai vu, je lui ai sauté dans les bras.
- Ca va, toi?
- Ne deviens jamais comme moi Bella. C'est si dur de ne pas pouvoir pleurer, presque impossible, et pourtant. Qu'est-ce que je vais faire sans elle, sans ma petite pile électrique à moi?
- Je ne sais pas. Je n'imagine même pas ma vie sans lui à mes côtés, alors l'avenir, rien à faire. Les humains, au moins, peuvent mourir.
- Ouais. Il n'y a rien de pire. Et toi? Tu n'étais pas censé… Mmm mourir lorsque lui, mourrait?
- Ouais. Il faut croire que Dieu ne voulait pas que je le rejoigne. J'ai du faire quelque chose d'horrible dans mon ancienne vie pour qu'il me laisse ici. Maintenant j'y suis condamné. C'est fou ce que la perception de ce monde peut changer en 24 heures… Ça passe du paradis, à l'enfer.
- Ouais… Toutes mes condoléances Bella. Je crois que je vais y aller moi… Je n'ai pas le courage de regarder les traits d'Alice sur le visage de ses parents.
- À toi aussi. Je vais te revoir?
Il me regarda dans les yeux, mimant une réponse négative, ne me répondant que d'une seule parole.
- Ma place est avec elle…
Il se retourna… Et je sentis quelqu'un me prendre dans ses bras. Je me retournais…
- Désolé… Ça n'aurait pas dû se passer comme ça. Je… Si tu as besoin de quoi que ce soit, on est là…
- Merci, grand frère.
- Je faisais que passer. J'ai école. Je t'aime.
- Moi aussi.
Je retournais vers les autres, n'ayant aucunement arrêté de pleurer, recevant des souhaits de gens qu'il connaissait.
J'avais acheté une fleur, pour l'occasion. La sorte qu'il ne cessait de m'acheter, ma préférée. Je voulais qu'il garde une partie de moi, là-bas, même si je ne sais pas où il est. C'est pourquoi j'attendis que tout le monde soit parti pour la lui donner. Ses parents me montrèrent où allait se dérouler la lecture du testament et me laissèrent seule. Je m'assis donc au pied du cercueil, déposant ma fleur sur celui-ci, pleurant silencieusement.
- Je suis tellement effrayé, Edward. Tellement effrayer de devoir avancer sans toi. Pourtant je sais que je ne mourrais pas, mais j'ai l'impression de ne plus respirer, j'ai l'impression qu'il n'y a plus d'oxygène ici. J'aimerais tellement te retrouver. J'aimerais tellement que… tu sois là…
Edward m'avait légué la moitié de ses biens. Dans ces mots : « Je désire que Bella, Hannah Bella Calhoun, garde tout ce qu'elle souhaite, plus particulièrement mes partitions de piano et nos souvenirs... Comme je la connais, elle n'acceptera pas d'en prendre plus. Mon compte en banque lui appartient, également. » Je les pris avec moi, n'acceptant pas d'en prendre plus.
J'appris pourquoi je n'étais pas morte, une semaine plus tard. J'attendais un enfant, un enfant qui n'aura pas de père.
Durant un mois, mon état n'avait pas changé. Elle semblait quelquefois empirer. Emmett m'aidait du mieux qu'il pouvait, sans grand résultat apparent. Je me réfugiais dans la musique, j'avais acheté un piano et je m'évertuais à reproduire les chansons d'Edward. J'ajoutais des paroles à quelques-unes. Je m'accrochais, comme une Boué à tous ce qui me rapprochait de lui.
20 mars 1922
Cher Edward,
Étant humain, tu ne pouvais pas savoir. Non, tu pouvais savoir, mais j'avais peur qu'en découvrant la vérité, tu ne me crois pas, ou pire que tu me prennes pour une folle, ou bien pire encore, que tu ne voulus plus de moi. Bien sûr, je te connais, tu aurais surement bien pris la vérité. Comme toujours, ça n'aurait surement rien changé pour toi. Mais cette infime chance que tu le prennes mal m'a empêché d'avancer, m'a empêché de te le dire. J'avais peur, je repoussais sans arrêt le moment ou il faudrait que je te le dise. Mais maintenant j'ai compris que j'ai attendu trop longtemps, car il est trop tard.
J'espère que tu me regardes t'écrire cette lettre Edward, parce que sans elle, tu ne pourras jamais comprendre.
Sur la terre, il y a des humains, comme toi. Ce que personne ne sais par contre c'est qu'il y a aussi d'autres personnes qui te côtoie sans que te ne t'en rende compte.
Il y a les vampires. Dans les contes de fées, on nous montre leurs faiblesses; les exposer à la lumière du soleil (qui les brule), leur rentrer un pieu dans le cœur (ce qui les tue), l'ail, le feu, les objets religieux…. Toutes ses méthodes ne sont là que pour donner ά l'humain une chance de s'en sortir. Malheureusement, dans la vraie vie, ces méthodes n'existent pas. La seule méthode, c'est de le démembrer et d'ensuite le bruler. Seul un autre vampire peut le faire. Les vampires ont une beauté surhumaine, ils sont immortels, ils sont rapides, silencieux, puissants. Ils peuvent avoir des dons. Ils ne dorment pas. Leurs cœurs ne battent pas. Ils peuvent manger de la nourriture humaine, mais elle n'a pas bon gout. Naturellement, ils se nourrissent de sang humain, mais quelques-uns d'entre eux ont décidé de ne manger que du sang provenant du corps d'un animal, bien moins délicieux. Naturellement, ils ne peuvent pas se reproduire.
Mes deux… géniteurs en sont. Noah et Allie, je ne crois pas t'avoir parlé d'eux souvent, ils ne sont pas très importants pour moi, ils ne sont que ceux qui m'ont donné la vie, et qui m'ont abandonné. Ce sont des vampires normaux, ils se nourrissent de sang humain, à mon plus grand désespoir. Ils ont tout d'eux des dons : Noah peut faire bruler les choses, mais il ne contrôle pas son don, il mise plus sur ses habiletés au combat, et Allie, elle, peut protéger des choses, empêcher l'accès d'un endroit à quelque personne. Bref, ils ont, je ne sais comment, réussi à nous créer. Ils ont donné naissance à Emmett, Dakota et moi. Je sais, je t'avais raconté que cette espèce d'imbécile était mon meilleur ami. Mais il est bien mon frère.
Donc, mes parents nous ont élevé jusqu'à l'âge de 4 ans (Emmett lui, en avait 7.) Ensuite, ils sont partis, laissant toutes choses que l'on avait construites en famille s'effondrer, pour nous protéger. Parce que la veille, j'étais allé à un cour avec mes parents et les vrais vampires sont venus. Ils ont découvert mon existence et n'ont pas arrêté de me traquer, depuis. Ils voulaient nous transformer, pour qu'on rejoigne leur clan. Ayant un don pour me téléporter, je les avais emmenés à la maison. Et c'est là qu'ils ont décidé de partir. Ils m'ont envoyé chez Carlisle et Esmée, ceux en qui je considère comme mes vrais parents. Ils sont des vampires végétariens, Carlisle est même médecin. Ils sont les personnes que… en qui j'ai le plus confiance sur terre. Jamais ils ne m'ont laissé tomber... Ils sont de véritables anges.
Emmett et Dakota sont allés vivre dans des familles différentes. Les vampires ne connaissaient pas leur existence, mais la mienne oui, ils n'étaient pas en sécurité avec moi. Parce que si, un jour, les vampires découvraient où j'étais et qu'il m'attaquait, ils découvriraient leur existence. Je ne sais comment, les vampires ont découvert que j'avais une sœur jumelle et l'ont kidnappé, ou tué, je ne sais pas. Je suis allé retrouver Emmett à mes seize ans.
Tu vois, tu n'avais aucune raison d'être jaloux de lui, même si je trouvais cela adorable. Emmett n'est pas toi.
En ce qui nous concerne, nous sommes des… nous n'avons pas de nom. Nous sommes humains, notre cœur bat, nous avons besoin d'oxygène, nous nous nourrissons normalement. Par contre, nous sommes rapides, forts et nous possédons chacun des dons.
Je peux me téléporter, je peux faire exploser les choses et je possède un bouclier mental, c'est une sorte de bouclier qui me permet d'échapper au pouvoir mental, comme de lire dans les pensées… Carlisle m'a appris à me battre.
Comme tu peux le voir, je suis fait pour devenir un vampire, mais je ne le veux pas.
Quant à mon frère, il est incroyablement fort, plus que les réels vampires, et il peut se servir des pouvoirs des autres, en les touchant. Dakota avait- non, a le pouvoir de martyriser quelqu'un par la seule force de sa pensée, mais elle n'a pas eu le temps d'apprendre à le maitriser. Elle et moi, quand on est ensemble, on peut réaliser des rêves, comme le font les étoiles filantes.
Lorsque nos parents nous ont eus, ils ne savaient rien de ce que nous étions. Nous avons mystérieusement reçu un livre aux cinq ans d'Emmett. C'était une jeune fille, qui nous expliquait son histoire. Elle était comme nous. Nous apprîmes que des personnes comme nous n'aiment qu'une personne. C'est impossible qu'on en aime deux. Et lorsqu'on rencontre celui avec qui on va passer le reste de notre vie, on le sait pertinemment, il n'y a aucun doute. Comme si c'était écrit dans le ciel. Voilà pourquoi je n'arrêtais pas de te regarder sur la plage, la première fois qu'on s'est vu. J'ai eu le coup de foudre pour toi, Edward. La première fois qu'on s'est touché, tu as senti la décharge électrique? C'est une autre preuve que l'on était fait l'un pour l'autre. À ce moment, une immense chaleur m'a envahi, comme si tu étais devenu le soleil, mon soleil. Je t'ai donné mon cœur, Edward, à la seconde où je t'ai vu, il t'appartenait. Tu aurais pu en faire ce que tu voulais. Mon corps est programmé pour suivre le tien. Puisque tu étais humain, je grandissais. Si tu avais été un vampire, je serais immortelle, pas vampire, mais immortelle... Et lorsque tu es mort, j'aurais dû mourir aussi. Tout ce que je sais, c'est que tu aurais voulu que je poursuive ma vie, mais j'en suis incapable et j'en suis désolé.
J'ai senti la douleur qui t'as parcouru avant de mourir. C'était comme si on me brulait, comme si on me lançait un poignard dans le cœur. Je t'ai entendu me parler, me dire toutes les choses que tu m'as dis autrefois. Je te répondais, mais tu ne semblais pas m'entendre. Et lorsque les derniers battements de ton cœur sont arrivés, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je suis ensuite allé voir tes parents, ils m'ont dit que tu étais mort ainsi qu'Alice.
Encore aujourd'hui, je ressens ta perte. Je t'aime encore. Chacune de mes pensées sont dirigé vers toi, chacun de mes souvenirs se reporte à toi, à chaque fois que je parle, je veux que la personne à qui je parle ne soit que toi, toi ou rien d'autre, chaque geste que je fais, chaque livre que je lis, chaque vêtement que je porte, chaque pas que je fais, a chaque fois que j'inspire, je sens ton odeur, tu es mon oxygène. Chaque rêve, chaque but… Tout, tout se reporte à toi. Je veux ne sentir que ta main dans la mienne, ne voir que ton visage, n'inspirer que ton souffle, n'embrasser personne d'autre que tes lèvres, ne m'endormir qu'auprès de toi, ne toucher que ta peau, n'entendre que tes paroles, n'analyser que tes gestes, ne me nourrir qu'avec ton sourire, ce petit sourire en coin que j'aime tant chez toi. Et voilà que j'en suis réduite à t'oublier… Et c'est impossible.
Voilà pourquoi je t'aime. Ce n'est ni un choix, ni une possibilité, c'est une nécessité. Et même si je n'étais pas ce que je suis, je t'aurais aimé.
Je continuerais de vivre – du moins, j'essaierais de survivre, mais ce ne sera que pour vous.
Alors voilà pourquoi j'ai retardé ce moment. C'est une vérité bien trop dure à admettre. J'espère vraiment que tu me regardes t'écrire ce message. Si tu es là, sache que je t'aime et que rien ne pourra changer ça, sache que je suis désolé pour tous les mensonges que je t'ai faits et sache que tu me manques- à ça oui tu me manques à un tel point- . J'espère que tu me comprends et que tu me pardonnes. J'espère aussi que tu es heureux là où tu es.
Tu as du remarquer que j'attends un bébé. Le fruit de notre amour… Elle s'appellera Jenny Alice, j'espère que ça te va. Elle va naitre dans quelques mois. Cette petite puce m'empêche d'utiliser mon bouclier. Elle me donne de petits coups de pied. J'aurais tant aimé que tu sois là avec moi, tu aurais été si heureux.
Je t'aime, pour toujours.
Je suis désolé.
Ta Bella.
Les larmes embrouillant ma vue, je descendis les marches et me dirigeais dans la forêt. Il faisait noir, j'étais trop fatigué pour voir quelque chose, je ne faisais que m'enfoncer plus loin encore, dans la forêt, ce lieu qu'Edward trouvait si beau, où il s'y sentait chez lui, en sécurité.
Pourquoi? Pourquoi a-t-il fallu qu'il prenne ce maudit avion? Qu'est-ce que je vais faire maintenant? Sans lumière pour avancer? Pourtant j'avance, mais je ne vois rien, alors pourquoi avons-nous absolument besoin de lumière? Pour ne pas tomber? Pour avoir la force de continuer à avancer? Si ce n'était que cela. Il commença à pleuvoir, je courrais vers un abri. C'est alors que quelqu'un me frappa, si vite que je ne l'ai même pas vue venir. En un quart de seconde, je me retrouvais sur le sol, en sang. Mon bébé. Je me relevais, difficilement. Je me retournais sur moi-même constamment, ne trouvant rien. Mais il y avait quelqu'un, je pouvais le sentir.
- Qui est là?
Rien. Le néant total.
Il attaqua encore, je m'écroulais sur un arbre, provoquant une vive douleur. Je me relevais et me retournais encore; une silhouette brune se tenait devant moi. Elle avait le visage d'ange des vampires, ses yeux aussi. Le jeune homme se déplaçait aisément, d'une façon si féroce par contre, que j'en eus la chair de poule. Il avait les cheveux bruns, les yeux rouges, d'un rouge sang. Il était vêtu atrocement. Si Alice était encore vivante, elle se serait évanouie devant un style vestimentaire si peu soigné. Tous ses vêtements étaient troués, à croire qu'il s'était battu avec un grizzli qui sortait de l'hibernation.
- Bella…
Le vampire se mit en position d'attaque. Alors j'allai me battre? Ma déception ne me surprit pas. J'aurais préféré qu'il ait un don pour me tuer d'un clin d'œil. Je ne voulais pas avoir le temps de voir défiler ma vie devant mes yeux, je voulais que cela soit rapide, je voulais le retrouver le plus vite possible. Je soupçonnais néanmoins qu'il en est incapable, après tout, la seule façon de me tuer est de tuer Edward, et il est mort sans que je ne le sois à mon tour. Mais pourquoi cela? Je ne peux pas croire qu'il est incapable de me tuer!
- Tu veux me tuer?
- Non…
- Tu veux tuer mon enfant?
- Peut-être bien.
Une rage incomparable s'empara de moi. J'avais envie de le tuer, de le faire exploser, d'arracher tous les membres de son corps avec mes dents. Mais il avait disparu.
Il attaqua. Il courut tellement vite que je n'ai pas eu le temps de le voir arrivé que j'étais sur un arbre.
- Au fait Bella, avant qu'il ne soit trop tard, je voulais te souhaiter toutes mes condoléances. On a tous entendu parler de ton cher Edward, ce fragile petit humain. Plusieurs d'entre nous, dont moi, croyaient qu'il n'était pas à ta hauteur. Il était si… ordinaire. La perte de ton cher et tendre n'a pas de l'être si douloureuse.
La colère que ses paroles déclenchèrent en moi était extrême.
- Comment oses-tu dire de telles choses! Tu ne le connais même pas. Il est cent fois meilleur que toi. Il était bien plus fort que toi. Tu ne le connais… même… Pas!
Je dus me faire violence pour ne pas lui sauter dessus. Ou est-il.
- Ah oui? Ne me dis pas que tu crois qu'un humain pourrait vainque un vampire.
- Non. Mais lui, il peut me tuer, alors que vous, vous en êtes parfaitement incapable.
- Sottise. Il est mort, mais pas toi.
- La mort n'est pas le pire des destins. Sa perte a provoqué en moi une douleur que… même en me transformant, tu n'égaliseras jamais.
- Bon! J'en ai assez.
(Bella, ne le rends pas en colère. Tu ne ferais qu'empirer les choses.)
Je sursautais.
Je t'aime, tu m'entends? Tu me manques. Reviens-moi.
Des larmes se formèrent dans mes yeux.
(Attention, mon ange. Il pourrait profiter de ton inattention pour attaquer.)
Je m'en fiche. Si tu savais comment ça fait du bien de te revoir. Je t'aime.
Il ne semblait pas m'entendre.
(Bella, mon amour, écoute-moi. Fais attention. Jenny a besoin de toi.)
Sa voix semblait torturée, comme lorsqu'il est mort.
Je me retournais de tous les côtés, quand une vive et intense douleur me prit dans la main droite. Je la regardais, paniqué. Une morsure s'y trouvait. Il m'avait eu. Je me téléportais loin de cette forêt, utilisant le peu de force que j'avais, avant de tomber par terre.
La chaleur à l'intérieur de mon corps devenait de plus en plus réelle, plus chaude et plus chaude. Brulante. La chaleur était si vrai il était dur de croire que je l'imaginais. Plus chaud. Inconfortable maintenant. Trop chaud. Beaucoup, trop chaud. Je brulais sur place, de l'intérieur. J'aurais voulu arracher tous les membres de mon corps afin d'arrêter le venin dans sa course. Mon corps essayant de rejeter la souffrance, j'étais aspirée, encore et encore, par une obscurité qui affala les secondes de tortures, rendant encore plus difficile la perception de la réalité. Je tentais de séparer les deux univers. L'irréel était noir et ne faisait pas trop mal. J'y distinguais Edward dans la noirceur que me procurait ma vue. Inconsciemment, je levais ma main, malgré la douleur insoutenable dont elle avait fait l'objet. Le réel était rouge, et j'avais alors l'impression d'être sciée en deux, renversée par un bus, tabassée par un boxeur, jetée dans de l'acide- tout cela simultanément. J'essayais d'attraper la main d'Edward pour qu'il m'aide à supporter cette douleur, heureusement moins forte que celle qu'il a éprouvée avant sa mort. Ma douleur était par contre semblable à la sienne. Cela me rassura quelque peu. Peut-être que le venin agissait comme du poison lorsqu'il est utilisé contre nous. Dans ce cas, j'espérais quitter ce monde le plus vite possible. J'espérais le rejoindre. Le feu était bien trop présent.
Non. Je ne pouvais pas. Je devais survivre, pour lui, pour elle. Si je meurs, elle mourra. C'est perdu dans les deux cas.
Il l'aurait souhaité. Il m'aurait supplié de le faire, de combattre la mort jusqu'à la fin, de ne jamais cesser d'espérer.
Je le fais pour toi, Edward. Mais ça fait si mal. Comme si on me brulait. Ce n'est pas pire que lorsque tu as quitté ce monde, mais ça se rapproche et ça me fait peur. Pourquoi es-tu mort? Je n'aurais jamais été dans cet état si tu étais près de moi. Maintenant, le feu se rapproche. Mon corps se bat sans arrêt contre lui, ce qui m'affaiblit de plus en plus. Le venin continue sa course quand même, brulant chaque parcelle de mon corps, qui ne doit être qu'un tas de cendre. Il se dirige vers mon cœur, qui se bat également. Je n'ose pas espérer qu'il arrêtera de battre, car il signifie tout ce que je ressens pour toi, car la douleur qu'il éprouve prouve que tu étais réel, que tu as déjà existé, car sans lui, je te décevrais, je deviendrai un monstre et en aucun cas je ne veux te décevoir, crois moi… mais c'est aussi lui qui me fait endurer cette souffrance, c'est lui qui m'a fait endurer toutes les souffrances que j'ai endurées depuis que tu es parti, c'est lui qui me garantit que je ne quitterais jamais ce monde, parce que tu es partie et qu'il n'a pas compris que je suis incapable de survivre sans toi. Alors, reviens, hante-moi comme tu l'as fait la veille de ta mort, hante-moi comme tu l'as fait tout à l'heure... Je veux t'entendre, je veux te voir, je veux te sentir, je veux que tu m'aides à surmonter cette douleur qui me brule les entrailles.
Je ne sais combien de temps je restais là, immobile, mais la souffrance commença à se modifier, se retirant de mes doigts et mes orteils, mais elle se concentra sur mon cœur. De plus, l'incendie de ma gorge avait changé de caractère. Non seulement elle me consumait, mais j'étais assoiffé. Ma bouche était sèche comme le désert. Parcheminé. Un feu brulant, une soif brulante. Était-ce cela, avoir soif, lorsqu'on est vampire?
Je me concentrais sur mon cœur. Il battait d'une manière irrégulière, inconfortable.
Et d'un seul coup, la douleur que provoquait la course du venin disparu.
Et voila un nouveau chapitre! :)
J'espère que vous l'avez aimé. Personnellement, j'ai passé un nombre interminable de jour pour concocter la lettre de Bella, alors j'espère que vous avez apprécié...
Donc, à la semaine prochaine, ou peut-être avant :D
