Salut à toutes et à tous !

Luffy et ses amis sont toujours aux prises avec Sakaku et sa bande. Les duels s'enchaînent et ne se ressemblent pas. Ce chapitre est centré essentiellement sur le passé de Sakaku.

Bonne lecture.


La main du diable

Sakaku savourait pleinement son triomphe. Finalement, cette fameuse occasion qu'il attendait depuis des années était sur le point de se concrétiser. Grâce à l'excellente carte de Nami, aux diverses données topographiques patiemment recueillies durant ses expéditions maritimes mais aussi à la chance, il était parvenu jusqu'à son but. Il fixa Luffy avec un sourire victorieux.

- Que la fête commence, mugiwara-san, jubila-t-il. Mieru, akumate ! (1)

Suite à ses mots, la gigantesque statue en forme d'animal s'anima. Ses yeux brillèrent et sa gueule composée de dents aiguisées s'ouvrit, laissant échapper une fumée rougeâtre. Un son assourdissant se fit aussitôt entendre.

« Qui ose troubler mon repos ? »

Le ton froid et grinçant de la statue ne découragea pas Sakaku. Au contraire, celui-ci répondit très calmement :

- Je suis le capitaine Sakaku. Je souhaite faire mienne la main du diable.

« As-tu un être humain à sacrifier ? »

- Bien évidemment, confirma-t-il en fixant Nami attachée au poteau d'exécution, un rictus mauvais aux lèvres.

A peine eût-il prononcer ces mots qu'un jeune homme, qui contemplait la scène d'un air choqué et furieux, prit l'initiative d'intervenir.

- Sakaku, sale enfoiré ! Cria Luffy en se propulsant à toute vitesse vers son ennemi. Gomu gomu no

- Amami !

Sakaku claqua des doigts tout en lui tournant le dos.

- … gatling gun !

Sir Amami, qui venait d'engloutir trois parts de gâteau au chocolat, s'interposa et bloqua l'attaque de Luffy en ouvrant simplement son parapluie. L'objet explosa en une multitude de cristaux de sucre puis se reforma aussitôt.

- Décidemment, nos chemins se croisent bien souvent, mugiwara…

- Dégage !

- Hum, proposition rejetée…

- J'ai dit : DEGAGE !

Son hurlement bestial effraya Sir Amami qui avala son morceau de chocolat de travers. L'expression de Luffy ne ressemblait plus à celle du gamin souriant et niais que le second de l'équipage de la Caravelle Carnavalesque avait aperçu lors de leur premier duel dans la ville de Marjevole. La colère déformait ses traits. Ses yeux assombris par la fureur n'avaient plus rien de chaleureux.

« Qu'est-ce que c'était ? Pensa Sir Amami, paniqué. On aurait dit un violent coup de fluide. C'est impossible… un gosse comme lui ne peut pas posséder un tel… »

- Gear second !

Son poing gauche posé au sol, Luffy avait décidé d'employer les grands moyens pour se débarrasser de son adversaire. De la fumée émanait de son corps devenu subitement écarlate. Sir Amami, terrorisé, tentait tant bien que mal de conserver son sang-froid.

- Ne crois pas m'impressionner avec ce genre de…

Il s'interrompit lorsqu'il découvrit avec stupeur que Luffy avait disparu de son champ de vision. Il n'eût pas le temps de s'interroger davantage.

- Jet pistol !

D'une violence inouïe, il fut propulsé contre l'un des murs de la salle sans avoir pu se protéger. Au contact de la roche, l'homme-sucre cracha une gerbe de sang et tomba à genoux. Il était complètement sonné.

« Bon sang, qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Il se releva péniblement des décombres, sous l'œil attentif de Sakaku.

- Je ne vous croyais pas aussi faible, mon pauvre Amami, dit celui-ci en un rictus méprisant. Habituellement, les gosses de cet acabit ne vous posent pas trop de problèmes.

- J'ai été simplement pris au dépourvu…

- Jet bazooka !

Une nouvelle fois, Sir Amami fut projeté contre l'un des poteaux de la salle souterraine avant d'avoir pu apercevoir son agresseur. Son chapeau bousillé, ses vêtements déchirés, son visage couvert de sang - le sucre avait à de nombreux endroits disparu - il reprenait de plus en plus difficilement ses esprits.

« Ce n'est pas possible, je suis un logia. Je ne peux pas perdre contre ce gamin en caoutchouc. D'où tire-t-il toute cette puissance ?».

- Jet stamp !

- Satou bloc !

Le pied de Luffy fila à vitesse surhumaine vers Sir Amami. Sous forme d'un gros bloc de sucre solidifié, l'homme-sucre réussit à amortir une partie de l'attaque du jeune homme. Mais le choc très brutal l'empêcha de demeurer aussi statique que d'ordinaire. Reprenant son apparence habituelle, il vacilla et posa ses deux mains au sol pour éviter de s'écrouler. Luffy refit son apparition. Il arborait un air déterminé qui dérouta complètement son ennemi.

- Dommage… dire que l'on m'avait promis des cookies et des éclairs aux chocolats à volonté… réussit à articuler Sir Amami, un léger sourire laissant apercevoir ses dents gâtés. (2)

Ce furent ses dernières paroles. Il s'effondra au sol, sa bouche entrouverte laissant échapper un filet de sang mêlé à du sucre en poudre.

- Ce gars m'aura donné faim jusqu'au bout, grimaça Luffy alors que s'échappait plusieurs gargouillements de son estomac.

Sakaku plissa les yeux. Comment ce mioche avait-il vaincu aussi facilement un homme dont la prime s'élevait à 200 millions de berrys ?

- Tu commences à m'ennuyer, mugiwara-san, dit-il, agacé. Tu ne sembles pas bien comprendre la situation. Pourquoi t'acharnes-tu alors que tout espoir est désormais vain ?

- Jet bazooka !

Luffy le frappa de plein fouet. Touché en plein thorax, Sakaku poussa un cri d'effroi. Cependant…

- Tu ne fais pas le poids contre moi, minus.

Le Sakaku que Luffy venait de frapper s'évapora sous forme de brume . Le véritable capitaine de la Caravelle Carnavalesque se trouvait maintenant derrière lui.

- Les illusions sont toujours trompeuses… Miro pesadilla ! (3)

Luffy ne put esquisser le moindre geste. Il disparut de la salle en un clin d'œil, sans avoir pu engager la riposte.

- Bien, revenons à nos moutons, dit Sakaku en se frottant les mains. Tout est prêt, rajouta-t-il à l'adresse de l'étrange statue.

Celle-ci lui répondit de sa voix froide et lancinante :

« La cérémonie dure dix minutes. Assure-toi que plus rien ne la perturbe ».

- Aucun problème. Plus rien ne pourra m'arrêter. L'ère des paramécia, logia et zoan est révolu !

Temps restant avant le retour de la Marine : 10 heures.


Avant de poursuivre la suite de nos aventures, un rapide retour en arrière est nécessaire pour bien comprendre la situation présente. En effet, comment Sakaku a-t-il appris l'existence de cette main du diable ? Et pourquoi voulait-il à tout prix s'en emparer ? Voici, pour vous éclairer un peu, quelques flash-back qui expliquent en partie cela.

East Blue, sur l'île automnale de Morgonnes, trente ans auparavant…

- Les voilà ! Les voilà !

Un enfant de petite taille, aux cheveux noirs et habillé d'une chemise et d'un short délavé quitta la falaise où il se trouvait un instant plus tôt et fila comme une flèche vers un petit village paisible. Il ameuta à grands cris les habitants qui vaquaient à leurs occupations quotidiennes.

- De quoi parles-tu, kuzo ? (4) S'agaça une habitante, fatiguée par les hurlements hystériques de l'enfant.

- La Marine arrive ! Répondit celui-ci en pointant du doigt la mer. J'ai vu trois bateaux qui se dirigeaient vers notre île !

- Et alors ? Dit une autre femme qui étendait son linge sur sa terrasse. Ce n'est pas la première fois que des marines accostent sur cette île. Cesse donc de nous casser les oreilles.

- Mais… tenta de justifier le petit garçon, attristé par le peu d'enthousiasme que témoignait les habitants.

- D'ailleurs, pourquoi n'es-tu pas chez toi à cette heure-ci ? Lança sèchement un homme de forte corpulence. Tes parents vont s'inquiéter s'il ne te voit pas rentrer pour le déjeuner. Allez, file !

Le petit garçon acquiesça tristement et s'en alla d'un pas lourd vers sa maison. Alors qu'il empruntait un chemin caillouteux situé un peu à l'est du village, une voix moqueuse se fit aussitôt entendre.

- Ces imbéciles n'y sont pas allés de main morte avec toi, on dirait.

Le petit garçon se retourna. Un autre enfant de son âge, aux cheveux blonds et au long nez en forme de tige de roseau retroussée sur la fin, vêtu d'un pantalon noir, d'une veste brune et d'un jabot blanc, tranquillement assis sur une grande barrière en bois entourant un pâturage, le contemplait d'un air goguenard.

- Qui es-tu ? Lui demanda le petit garçon brun.

- Sakaku, se présenta le petit blond.

Il le salua en courbant légèrement la tête. La méfiance qu'avait éprouvé le brun au premier regard se dissipa. Curieusement, il n'avait pas l'air si antipathique que ça. Après tout, il n'avait pas rechigné à donner son nom et s'était intéressé à lui. Cela n'arrivait pas tous les jours.

- Enchanté, je m'appelle Osamu, lui sourit le jeune garçon en lui tendant la main.

Sakaku leva un de ses sourcils. Il n'était pas habitué à ce que quelqu'un lui témoigne un tant soi peu de sympathie. Il la serra rapidement et revint au sujet initial.

- Alors comme ça, tu as vu des bateaux de la Marine ? Il y en avait trois, c'est bien ça ?

Osamu hocha positivement la tête.

- Mon rêve est de devenir un célèbre marine, comme Garp, dit-il avec détermination. A chaque fois qu'un bateau de la Marine vient ici, j'espère toujours qu'il m'emmènera à son bord.

- Hum, je vois…

Sakaku prêta une oreille distraite à ses dires. Il croisa les bras et changea de sujet.

- Tu as déjà vu un fruit du démon ?

Osamu écarquilla les yeux.

- Non, jamais. Il paraît qu'il ne faut pas en manger sous peine de ne plus pouvoir nager du tout. Et puis, être sous l'emprise d'une malédiction, brrr…

- Bah, ce sont des histoires stupides que les superstitieux aiment se raconter, coupa froidement Sakaku. C'est vrai que l'on ne peut plus nager mais on peut en tirer des avantages énormes. Par exemple, tu savais qu'un fruit de type logia te confère une force invincible ? Imagine si nous en trouvions un ! Avec la puissance de ce fruit, on pourrait accomplir ton rêve et le mien !

La lueur dans ses yeux se mit à briller, ce qui n'échappa pas à Osamu.

- Oui, tu as peut-être raison…

- Bien sûr, j'ai toujours raison, affirma Sakaku en bombant fièrement le torse.

Cette suffisance exaspéra Osamu mais il préféra ne pas le contredire. Le blondinet semblait facilement irritable. Le mieux était d'approuver sans essayer de le persuader du contraire.

- Il va falloir que je rentre, s'excusa Osamu, je suis attendu pour le déjeuner. On se voit demain à la même heure, au même endroit ?

Sakaku ne répondit pas immédiatement. Il tourna son visage vers l'étendue bleutée que l'on apercevait entre les arbres de la petite forêt. Son interlocuteur lui trouva un air plutôt mélancolique.

- Au fait, tu ne rentres pas chez toi ? Tes parents ne vont pas s'inquiéter ?

A ces mots, Sakaku descendit de la barrière en bois, mit les mains dans ses poches et se dirigea vers le village, lui tournant le dos.

- A demain.


Trois jours plus tard, au même endroit…

- Tu es en retard, déclara Osamu en voyant Sakaku, une besace sur l'une de ses épaules, se diriger vers la petite barrière en bois où il était assis. Tu étais pourtant à l'heure les fois précédentes.

- Je vois que tu y prends goût toi aussi, lança Sakaku avec un petit sourire sarcastique, ignorant sa remarque.

- Bah, comme j'en avais assez de t'attendre debout, j'ai voulu essayer, se justifia Osamu en haussant les épaules. Tiens, qu'est-ce que tu as ramené là ?

- Attends, vérifie qu'il n'y a personne dans les parages.

Osamu tourna la tête dans toutes les directions. Personne. Sur ce chemin isolé, il y avait peu de chances de rencontrer quelqu'un.

- La voie est libre, annonça-t-il.

- Parfait. Maintenant, regarde.

Le jeune Sakaku tenait dans ses mains un étrange fruit de couleur violette. Sur sa coque, il y avait de curieuses spirales qui se rejoignaient les unes les autres. C'était la première fois qu'Osamu apercevait un fruit de ce genre.

- Ce fruit a une drôle de forme, commenta-t-il en le détaillant sous toutes les coutures.

- Tu ne comprends pas ? S'exclama Sakaku, excité. C'est un fruit du démon ! Ils sont tellement recherchés que des pirates sont prêts à donner leur vie pour n'en trouver ne serait-ce qu'un seul !

- Mais alors comment as-tu réussi à en dénicher un ? L'interrogea Osamu, intrigué.

Sakaku se contenta de sourire sans ajouter le moindre commentaire.


Sur un grand navire de la Marine accostée près de la plage, un cri mêlant surprise et rage se fit clairement entendre.

- Où est-il ? OU EST-IL PASSE ?

Un homme d'une cinquantaine d'année, aux courts cheveux noirs, portant une longue moustache et couvert de cicatrices fit soudainement son apparition en ouvrant avec fracas la porte menant au pont principal.

- Un problème, colonel Bentoki ? Demanda un soldat en s'approchant de lui.

La main du colonel l'attrapa par le col et le souleva. Le soldat poussa un couinement apeuré et ses yeux s'écarquillèrent. Les autres marines, effrayés, préférèrent se taire pour éviter d'énerver davantage leur chef.

- Qu'une cinquantaine de soldats fouillent l'île de fond en comble ! Ordonna Bentoki en jetant à terre le malheureux soldat qui s'évanouit sous le coup de l'émotion, de la bave s'échappant de sa bouche.

- Mais pour quelle raison cette fouille doit-elle être entreprise ? Le questionna un autre soldat, surpris par cette directive.

- Un coffret contenant un fruit du démon d'une grande valeur m'a été dérobé, voilà ce qui se passe ! Vous n'êtes pas sans savoir que les fruits du démon sont aussi rares que précieux. Cet affront ne doit pas rester impuni !

- Comment allons-nous procéder pour les recherches ? L'île est grande et il peut être caché n'importe où.

- RETROUVEZ-LE ! Hurla le colonel de la Marine avec fureur. Brûlez tout, rasez tout mais retrouvez-le ! C'est un ordre !

- Hai, colonel Bentoki ! S'écrièrent ses soldats en se déployant dans toute l'île.

- Ce maudit voleur ! Fulmina Bentoki entre ses dents en fixant l'île avec colère.


- Ce fruit est vraiment surprenant, admit Osamu en le redonnant à Sakaku. Quels sont ses pouvoirs ?

- Je l'ignore, répondit Sakaku en se grattant la tête. Je chercherai dans mon livre pour voir à quoi il correspond.

- Tu vas le manger ?

- Bien sûr ! Dit celui-ci en le rangeant dans sa besace. Il me conféra une force prodigieuse et je pourrais enfin réaliser mon rêve.

- Lequel ? Lui demanda Osamu, avide d'en savoir plus.

Mais il n'eût jamais la réponse. Sakaku observa le ciel en fronçant les sourcils. Une épaisse fumée grise foncée s'échappait des arbres. Le vent la ramenait vers ici. Elle menait tout droit vers…

- Le village ! S'écria Osamu, paniqué. Oh non !

Il partit en courant en direction du village.

- Attends Osamu ! Lança Sakaku en le rattrapant.

Une fois arrivés sur place, ils constatèrent avec horreur et effarement que le village était en proie des flammes. La plupart des habitations n'étaient plus qu'un tas de cendres et les autres continuaient à se consumer. Les cris et les hurlements étaient terrifiants et laissaient présager le pire. Les marines présents sur place attisaient le feu et enfermaient les habitants dans leurs maisons, les condamnant à périr brûler vif. Dans l'incompréhension la plus totale, Osamu poussa un cri déchirant - de douleur, de colère et de déception - et se précipita vers l'un des marines qui tenait une torche à la main. Sakaku ne parvint pas à le retenir.

- Non, reviens, ils vont te tuer ! Cria-t-il pour le dissuader de s'y rendre. OSAMU !

Mais ce dernier était déjà sur place et tirait le marine par sa veste.

- Pourquoi faîtes-vous ça ? Hurla-t-il. Pourquoi ?

Le marine lui donna un violent coup de coude dans les côtes. Osamu s'effondra à terre. Furieux, Sakaku jeta sa besace à terre, l'ouvrit, prit le fruit dans ses mains, l'éplucha et l'avala en deux fois.

- Beurk, c'est vraiment dégueu… se dit-il pour lui-même.

Aussitôt englouti, il se jeta sur le marine et tenta plusieurs attaques à l'aide de ses mains et de ses pieds qui n'eurent aucun effet. Le marine le gifla et l'envoya valdinguer contre un tonneau en partie détruit.

- Dégage sale gosse ! Cria-t-il, excédé.

- Salaud, tu vas voir ce qu'il en coûte de t'en prendre à mon ami, cria Osamu en lui mordant le bras jusqu'au sang.

Le soldat poussa un cri de douleur et le roua de coups. Alors que Sakaku se relevait, prêt à engager la riposte, d'autres marines arrivèrent et frappèrent violemment Osamu au niveau du torse et du visage. Le petit garçon cracha du sang à de nombreuses reprises.

- OSAMU ! Cria Sakaku horrifié.

Il agita ses mains mais rien ne se produisit. Celui-ci ne comprenait pas. Pourquoi son fruit du démon ne fonctionnait-il pas ? Pourquoi ne pouvait-il pas utiliser ses pouvoirs aussi facilement après avoir mangé ce fruit ? Quelques instants plus tard, les marines abandonnèrent Osamu sur le sol et se rassemblèrent.

- Alors ? Vous l'avez retrouvé ?

- Bien sûr que non. Tu crois que c'est faisable de retrouver un fruit du démon sur une île, toi ? Répliqua froidement un marine.

- Le colonel Bentoki va hurler si on ne lui ramène pas ! Paniqua un soldat de petite taille.

- C'est déjà fait, soupira l'un d'eux en croisant les bras. Venez, nous n'avons plus rien à faire ici.

Une fois la Marine partie et le village entièrement calciné - seuls quelques flammes surgissaient encore par endroits - Sakaku se précipita vers lui et se mit à genoux. Ce dernier ne bougeait plus.

- Osamu, dis-moi quelque chose, dit-il en le secouant comme un prunier.

Cependant, Osamu demeurait toujours immobile. Plus aucun souffle de vie ne l'animait. Les yeux fermés, son visage semblait anxieux, tourmenté.

Sakaku s'enfuit en courant. Des larmes coulaient sur ses joues.

- Les ordures… pour un fruit du démon, ils ont… ils ont…

Ses pleurs redoublèrent d'intensité. Tout était de sa faute.

- Je hais les fruits du démon. Je hais la Marine. Je les hais. (5)

Fin des flash-back.


- Ha ha ha, l'ère de ma suprématie approche ! Cria Sakaku en levant les bras, un sourire de dément déformant ses traits. Quelle douce revanche ! La main du diable sera mon couronnement, mon prestige ! Une fois acquise, je détruirai un à un ces mangeurs de fruits du démon ! Morgonnes renaîtra de ses cendres !


Sur la plage de l'île de Fort-Bravent : Robin VS Melle Reijin.

- Mmmh, essaya d'articuler Melle Reijin, une main plaquée contre sa bouche et deux autres lui maintenant solidement les poignets.

Son fouet était aux pieds de Robin. Celle-ci ne souriait plus et demeurait concentrée. Grâce à son fruit du démon, elle jeta son adversaire sur le sable et lui colla une série de claques. Impuissante, la jeune fille gesticulait en vain pour se libérer. Sa réputation de « dompteuse » était en jeu.

- Garce ! Cracha-t-elle, les cheveux emmêlés et sablonneux. Si tu crois que je vais me laisser faire par une…

Sa tête fut profondément enfoncée dans le sable avant qu'elle n'ait pu dire le fond de sa pensée. Robin se tourna vers Usopp qui se rapprochait d'elle et lui demanda :

- Long-nez, aurais-tu une corde à me donner ?

- Euh… je lui avais donné pour l'occuper mais si tu en as besoin, je vais lui reprendre, dit-il en désignant Tokbaz assis près du rivage, faisant tourner sa nouvelle corde comme un lasso.

- Perte de la raison ?

- Non, perte de la mémoire, rectifia Usopp. Bien que je pencherais également pour une perte de l'intelligence.

Une fois sa corde récupérée - ce qui ne fut guère facile, Tokbaz s'en était paré comme d'un foulard - il la tendit à Robin qui saucissonna son ennemi. Elle profita pour la bâillonner également, fatiguée par ses cris incessants.

Un peu plus loin, Chopper VS Yudoku.

- Fascinante créature, observa Yudoku en plissant les poils de sa barbe. Je ne savais pas que les ragondins pouvaient apprendre le langage humain.

- La ferme, je suis un renne ! S'écria Chopper. Pourquoi faut-il que tout le monde se trompe à ce sujet ?

- Oh, il a l'air plus intelligent qu'un simple perroquet. Et plus vif qu'une fouine. Et plus expressif qu'un…

- Pas la peine de me faire tout le répertoire animalier ! S'exclama le petit renne, exaspéré.

Yudoku attrapa sa canne et lui flanqua un violent coup en pleine poitrine. Chopper poussa une exclamation de douleur et effectua un roulé-boulé jusqu'à la falaise.

- Voyons, les animaux ne sont pas là pour contester les humains, lui reprocha Yudoku en effectuant un moulinet vigoureux avec sa canne puis en la reposant au sol.

Chopper se releva difficilement. Il ne s'attendait pas à ce que son agresseur le frappe aussi fort.

- Tu as beau dire ce que tu veux, je suis aussi un homme et, de surcroît, le médecin du Thousand Sunny ! Je ne me laisserai pas faire.

Une lueur d'intérêt passa dans le regard de Yudoku.

- Tiens, tu es aussi médecin ? Hum, une bestiole qui parle et qui pratique la médecine, ce n'est pas commun…

Yudoku se tut un instant puis reprit :

- J'ai bien du mal à imaginer un « confrère » soignant les gens à l'aide de sabots à la place de deux mains. Un animal qui joue les docteurs, on aura vraiment tout vu. Ton capitaine est vraiment le roi des imbéciles, tu le sais ça ? S'il croit que s'entourer de bestioles de ton acabit va l'aider à dompter les mers, il se fourre le doigt dans l'œil jusqu'au coude.

- Luffy ne m'a pas pris dans l'équipage pour cette raison ! Rétorqua vivement Chopper. Je suis un médecin consciencieux ! Je suis un pirate ! Je suis son ami !

- Arrête, tu vas me faire pleurer, ironisa Yudoku en un sourire mauvais. Tu crois que ton misérable capitaine t'a ramené pour faire de toi un médecin ? Non mais regarde-toi ! Qui pourrait nommer médecin un animal aussi grotesque que toi ?

- Vous ne vous êtes pas regardé, vieux débris ! Lança fortement Chopper, les sourcils froncés.

- De plus, déclara Yudoku ne prêtant pas attention à la remarque de Chopper, ces idées sur une médecine universelle, capable de soigner n'importe qui, sont dépassées. Personne n'est assez idiot pour croire à ce genre d'inepties. Ce sont les expériences, les dissections et le pacte passé avec le capitaine qui font l'intérêt de la médecine. Le reste sert de raison aux plus faibles, voilà tout.

- Guérir est notre devoir de docteur ! Le contesta violemment Chopper. Pourquoi l'êtes-vous devenu dans ce cas ?

- Parce que l'expérimentation m'intéresse, lui répondit calmement Yudoku. Au départ, je n'étais qu'un petit médecin de campagne, sans réels talents, sans ambition. Lorsque j'ai rencontré Sakaku pour la première fois, j'ai compris que ma vie n'avait été jusqu'à ce jour qu'un poncif. Il m'a accepté à son bord à condition que je fasse mes preuves à la fois en tant que médecin chercheur et en tant que pirate. Tuer fait partie de mon quotidien et je ne le regrette absolument pas. Quelle vie palpitante ! Désormais, je peux étudier à loisir les cadavres de nos ennemis ou mieux, faire plusieurs expérimentations sur des prisonniers… vivants, cela va de soit…

- Vous êtes un être immonde ! S'écria Chopper, profondément dégoûté.

- Tu me navres, se lamenta Yudoku faussement déçu.

Il leva un de ses doigts vers le petit renne.

- Adieu, ragondin. Yamai yamai no body.


Notes :

(1) Mieru, akumate : viens à moi, main du diable (démon).

(2) Oui, le rêve de Sir Amami est de manger toutes les sucreries et chocolateries qui peuvent exister. C'est un bec sucré, quoi. Mais attention, l'abus de sucres peut être dangereux pour la… « Tais-toi ! »

(3) Et oui, le pouvoir de l'illusion est un pouvoir bien pénible... mais ça nous permettra de voir, cette fois, la pire crainte de Luffy après avoir vu dans les premiers chapitres celle de Nami.

(4) Kuzo = gamin

(5) Plus tard, Sakaku s'intéressera aux objets annihilant les pouvoirs des fruits du démon. Outre le granit marin, c'est « la main du diable » qui va attirer son attention. Grâce à la lecture de plusieurs ouvrages et à une étude minutieuse de son « possible » emplacement (son existence est mentionnée sous forme de légende) il va se lancer à sa recherche.


Auteur : Voilà pour ce chapitre. Malheureusement, je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment. J'espère vous donner le prochain chapitre avant les vacances de Noël.

Usopp, soupirant : Eh bien, c'est pas gagné. Quatorze chapitre pour nous mettre dans des situations grotesques, fallait oser. Et en plus, il faut attendre pour savoir dans quel pétrin il va nous fourrer.

Sanji, renchérissant : En terme de cuisine, on appelle ça « faire mijoter » le lecteur.

Nami, très sérieuse : De plus, « le temps, c'est de l'argent ». As-tu pensé à la façon de nous rembourser de tes attentes interminables ?

Auteur, -_-': C'est un plaisir de se sentir soutenu... Vous rembourser ? Comment ça ?

Nami, accentuant bien ses mots : Une compensation financière m'aiderait à fermer les yeux sur certaines parties du scénario.

Sanji, en mode love-love : Peut-on rajouter un autre passage de Nami dans les bains publics ? Je suis sûr que ça serait du meilleur effet.

Nami, le frappant durement : Le titre de cette fanfiction « Le roi de l'illusion » te correspond parfaitement, Sanji.

Zoro : Et mon combat, tu comptes le finaliser ou pas ?

Franky, se plaignant : Eh, c'est aussi mon combat ! Et pourquoi ne pas faire un gros plan sur mon…

Auteur, coupant : Normalement, cette rubrique ne fait pas office de bureau des plaintes. Bon, c'est une compensation que tu souhaites, n'est-ce pas Nami ? Luffy !

Luffy : Ouais, qui y a-t-il ?

Auteur, se tournant innocemment vers Nami : Tiens, j'ai l'impression que tu as mangé de la viande, tes lèvres sont plus rouges que d'ordinaire.

Nami, rouge de gêne, face à un Luffy empressé de vérifier tout cela en détails : Tu t'en sors bien, pour l'instant. Tu as intérêt à réaliser un superbe lem… je veux dire un chapitre qui tienne la route la prochaine fois.

Auteur, souriant largement : Bien évidemment. Sur ce, très bon week-end à tous et à la prochaine.