Chapitre 15
Point de vue : Bree Tanner
Un champ de bataille. Voilà ce qui se déroulait devant mes yeux. Je voyais mes comparses se fondre dans la masse, attaquant aveuglément le clan que nous devions attaquer. Ils étaient 4, 4 vampires ayant l'air tout simplement gentil, surtout le premier, qui avait pris la parole tout à l'heure pour essayer de nous convaincre que se battre n'était pas la meilleure des solutions. Mais rien à faire, quoique ce pacifiste homme puisse tenter, Riley, James et Victoria nous avaient formés, ils nous avaient éduqués comme des chiens de chasse, qui ne pensaient seulement qu'à la nourriture que nous aurions après nous être débarrassés des protecteurs de cette nouvelle terre pleine d'humains. Je ne sais pourquoi ils nous avaient monté contre eux, il n'y avait aucune explication, je crois, si ce n'est que la haine inexplicable qu'éprouvait James à l'encontre du clan ennemi. Nous gagnions avant que les deux mystérieuses personnes n'arrivent, arrêtant toute guerre entre nos deux clans. La première se faisait remarquer plus que l'autre. Elle était vêtue d'une cape noire qui cachait en partie son visage, ce qui faisait que l'on ne voyait que l'or de ses yeux perçants, qui me semblaient tristes et éteints. Elle était forte, se battant avec toute personne réussissant à l'approcher, brulant les autres avec un don incroyable. Ce qui me troubla le plus chez elle fut son odeur, si sucrée, si tentante… Du sang, sans aucun doute. La plus merveilleuse fragrance qu'il m'ait été donné de sentir. N'importe qui aurait pu croire que je me précipiterais vers elle, faux, mes instincts m'interdisaient de bouger, voulant rester en vie le plus longtemps possible. Le garçon semblait plus sage, plus vieux aussi. Mais je ne sais comment, il faisait vivre à mes compagnons le noir total, comme si leurs âmes avaient déserté de leurs corps. Il se battait aussi, très brièvement par contre, concentré sur son mystérieux don. Nous allions perdre, c'était certain. Victoria venait à peine de se faire démembrer par la fille. Celle-ci ne cessait de demander qui abandonnait. C'était perturbant, on pouvait voir ses émotions dans ses yeux or, elle n'avait pas l'air sadique comme Victoria, elle ne prenait pas un malin plaisir à les tuer. On voyait qu'elle fermait les yeux à chaque fois qu'elle démembrait quelqu'un, comme si elle se retenait de pleurer… Au fil du temps, plusieurs de mon clan se retirèrent. Je ne sais pourquoi j'employais sans cesse le mot : nous. Peut-être, car j'étais censé combattre avec eux… Mais je les regardais, du haut d'un arbre… Je venais de réaliser que toutes les promesses de Riley étaient fausses. Et mes bases s'étaient écroulées. Rien à faire. Je cherchais désespérément Diego, sachant inconsciemment par contre qu'il ne serait pas là… Riley a menti jusque-là, pourquoi pas ça aussi? Je devais m'enfuir, pourtant je restais là, cloué sur place. Quand je vis le visage de la fille se matérialiser devant moi. Je sautais d'un bond, ayant peur. Elle me suivit, pas le moins perturbé. Son odeur était irrésistible. J'étais cependant cloué sur place.
- Pourquoi n'as-tu pas participé à cette guerre?
Sa voix ressemblait à un chant d'oiseau. C'était troublant d'apercevoir les deux côtés d'elle-même. On pouvait croire qu'elle était un ange, et quelques secondes plus tard, être sur qu'elle était un diable. Je pris une grande inspiration pour parler, erreur, son sang avait l'air délicieux. Je me mis en position d'attaque.
Elle dut remarquer mon état, car elle se recula un peu.
- Pardon, je n'ai jamais gouté à mon sang, je ne sais pas quelle odeur il a pour vous…
- C'est… C'est vous qui vous excusez?
J'étais troublé… Dans mon clan, nous devions sans arrêt appeler les chefs : maitres, et tout était de notre faute. Ils nous avaient appris que nous devions respecter les plus forts, pourtant, elle, respectait les plus faibles.
- Oui, bien sûr. C'est de ma faute, c'est mon odeur. Tu es une nouveau-née, c'est normal d'être tenté. Allez, tu peux me dire pourquoi?
- Je ne sais pas… Je… Il n'y avait aucune raison de les attaquer, non? Je viens de me rendre compte que Riley nous a tous menti.
- Riley?
- Oui… Un de nos chefs de clan, avec Victoria et James.
Je vis le clan arriver, ainsi que l'homme qui restait plutôt en arrière. Ce fut la femme qui arriva en premier. Elle la serra fort dans ses bras.
- Bella… Je ne sais comment te remercier. Tu m'as sauvé la vie et en plus, tu me fais un merveilleux cadeau, te revoir. Ça fait longtemps que je n'ai pas eu de nouvelles de toi, je commençais à m'inquiéter.
- Ne t'en fais pas, Maman. Tout va bien, du moins, autant bien que possible vu ma condition. Je suis désolé de ne pas t'avoir donné de nouvelle. Et ce n'est rien… Ils n'ont pas le droit de te toucher.
L'homme la prit dans ses bras à son tour. Ça me frappa. Ils ne se conduisaient pas comme un clan, c'était plutôt une famille. Ils prenaient soin les uns des autres. D'autant plus que la fille ressemblait au père, on aurait dit qu'elle voulait qu'il soit fier d'elle. Ils étaient tous deux de grand pacifiste, même si tout à l'heure, ils se battaient… C'était troublant de voir les deux contraires.
- Tout va bien? Tu es sur? Aucune blessure?
- Rien. Rien de physique, papa. Je tiens à te parler, par contre.
Elle lui sourit. Il la serra plus fort dans ses bras.
- Tu m'as manqué...
Elle finit par tourner le regard vers les deux autres, restant plutôt à l'écart. Elle s'approcha d'eux.
- Bonjour, je suis Bella. À qui ais-je l'honneur?
- Démétri et Carmen. Tu dois être l'ange des ténèbres. On nous a beaucoup parlé de toi.
- Enchanté de vous rencontrer. Je tiens à vous remercier du fond du cœur d'avoir aidé Carlisle et Esmée. Sans vous, je ne sais pas si je serais arrivé à temps.
- Pas de problème, nous étions de passage chez eux de toute façon.
Elle se retourna alors, et s'approcha de moi. Elle s'agenouilla alors pour être à ma hauteur.
- Qu'est-ce qu'on va faire de toi?
Je ne lui répondis pas, troublé par ses yeux or qui me scandaient.
- Il est hors de question que tu meures. Je ne crois pas que cela te conviendrait de partir seule. D'autant plus que tu n'es qu'une nouveau-née. Et je ne crois pas qu'Aro t'accepte dans son clan. Tu as des amis?
- Non.
- Que souhaites-tu alors?
- Nous pouvons la prendre en charge, Bella.
Elle se retourna vers eux, surprise.
- Vous êtes sur? Vous feriez ça?
- Bien sûr ma chérie. Nous t'avons élevé, on peut bien l'élever, elle.
Elle me scruta.
- Tu accepterais?
Je ne m'étais jamais posé la question… Ils étaient si gentils, pourquoi vouloir me prendre en charge, moi, un vampire de fraiche date?… Pourtant, je le désirais.
- Oui.
Elle me sourit, me proposant sa main pour me relever. Timidement, je la pris… Elle était si… chaude… Je la regardais… Elle souleva ses sourcils, signe d'une profonde curiosité.
- C'est… Votre main est chaude.
Elle sourit.
- Et si tu cessais de me vouvoyer? Moi, je vais tranquillement me dégager de ta main…
Elle me sourit timidement, comme si elle était effrayée, se dégageant de mon emprise. Carlisle éclata de rire, prenant Bella par les épaules.
- Tes yeux sont noirs, m'expliqua-t-il. Elle tient à son humanité.
Point de vue : Bella
Nous rentrâmes chez Carlisle, Alec rentrait chez nous. Il me conduit tranquillement à son bureau. Je m'y assis, tandis qu'il s'assit devant moi sur son bureau. Il prit ma main.
- Qu'y a-t-il?
Je le regardais dans les yeux.
- Il s'est passé quelque chose de bizarre, aujourd'hui.
Il leva un sourcil, j'expliquais.
J'étais au château, à Volterra, quand ce vampire, Félix, m'a embrassé. Je ne pouvais pas bouger, comme si j'étais pétrifié sur place pendant qu'il me… Je ne voyais rien, je ne faisais que sentir ses mains sur mon corps.
- Il t'a violé, Bella?
Je levais les yeux vers lui.
- Non… Quelque chose lui en a empêché, comme s'il y avait quelqu'un… il l'a projeté à l'autre bout de la pièce. Mais il n'y avait personne d'autre, aucune odeur.
- Tu as pensé que ça pouvait être toi?
- Si, mais c'est impossible… Je suis allé dans ma chambre, pour lui écrire, comme toujours, quand quelque chose s'est écrit de lui-même sur la feuille. C'était Edward… Je ne sais pas comment, mais j'ai conversé avec lui, sur papier.
- J'ai du mal à te croire, ma puce… Mmm… Je peux voir la feuille?
Je la téléportais dans ses mains. Il la lut en quelques secondes.
- Je… Vous vous aimez tant, c'est incroyable… Tu pourrais essayer de le faire revenir?
- Je peux toujours essayer.
Il me tendit un crayon. J'écrivis...
« Tu es là? »
« Oui, bien sûr… je suis toujours là, je te l'ai dit. Tu n'es pas démente, ma Bella. C'est peut-être fou, mais c'est bien réel… Qui est cet homme qui lit derrière ton dos? »
Je le regardais… Il fronçait les sourcils, surpris.
- C'est incroyable… c'est bien la preuve qu'il y a bien un au-delà. Comment fait-il?
« Il s'appelle Carlisle, je le considère comme mon père… Je t'en ai déjà parlé, tu te souviens? Il voudrait savoir comment tu arrives à faire ça. »
Nous attendîmes.
« Oui, je m'en souviens… Je suis ravi de faire enfin votre connaissance, monsieur. Mmm, je ne sais pas… D'habitude, je surveille Bella de là-haut, mais quelquefois, lorsqu'elle a besoin de moi, je suis comme, projeté dans votre monde… c'est assez difficile à expliquer, je peux alors faire bouger des choses, sans qu'eux ne me sentent. »
- Je… je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi surprenant. Il doit avoir une espèce de don pour pouvoir converser à quelqu'un d'un autre monde. Ou alors, votre amour est tellement fort que même le destin ne peut vous séparer. Je suis désolé, mais je ne peux pas t'aider là-dessus.
- Merci quand même.
Il me sourit.
- Je te laisse, Bella. Je dois aller travailler.
Il sortit de la pièce.
« Merci, mon ange. »
« Ce n'est rien. Je dois y aller maintenant. J'espère te revoir bientôt. »
« Je t'aime Edward. »
Chapitre 16
30 octobre 1980
Cher Edward,
Mon monde tournait autour d'un seul être, un être merveilleusement gentil, beau, décent, passionné, amoureux, adorable, intelligent, drôle, souriant… C'est être, c'est toi. Mais tu es mort.
Je n'ai plus de repère, je n'ai plus de mur en qui m'accrocher... Je n'ai rien pour m'aider à survivre dans cet enfer...
Alors, reviens-moi.
Bella
Lorsque je rêvais, je le regardais chaque fois partir, au loin, et moi, je ne pouvais rien y faire, étant paralysée par le martyr, la tristesse. J'approchais, je courrais pour le retrouver, mais chaque pas que je faisais allongeait la distance qui nous séparait. Je m'éveillais chaque fois en sueur, en criant que je voulais aller le rejoindre, que je l'aimais. Je me souvenais de tous ces moments passés avec lui, notre première rencontre, notre premier baiser, nos nombreuses retrouvailles… notre première fois… notre dernier au revoir. C'était celle-là la plus pire. La dernière fois où j'ai pu le toucher, le voir respirer, l'embrasser. J'aurais dû le supplier, l'implorer de rester près de moi.
J'avais essayé de nombreuses fois de le faire revenir, rien à faire. Il m'avait pourtant prévenu qu'il ne contrôle pas ce… don.
La question n'était plus de vivre, j'étais déjà morte, mais bien de survivre, de survivre à cette interminable torture. Je me voyais déjà à errer sur cette terre, telle une morte, attendant désespérément ma fin.
2 novembre 1990
Cher Edward,
Ou es-tu? Plus jamais, plus jamais je ne vais te revoir… Mon âme sœur. Pourquoi? Pourquoi c'en prenait-on à nous? Pourquoi vouloir me faire vivre tous ces moments avec toi pour me les arracher ensuite, me laissant seule avec ma souffrance?
Bella
J'étais vide. Personne ne pouvait lire mes pensées, personne ne pouvait lire ou même, ressentir la torture que je vis à chaque instant de ma vie. J'étais insensible au don de Jane, Alec, Aro… Je n'étais sensible à rien, à rien qui ne soit pas lui.
19 avril 2008
Cher Edward,
Le temps passe, y compris quand cela semble impossible, y compris lorsque chaque tic-tac de la grande aiguille est aussi douloureux que les pulsations du sang sous un hématome. Il s'écoule d'une manière inégale, rythmée par des embarcadères étranges et des répits soporifiques. Mais il passe. Même sans toi.
Bella
Désolé d'avoir été en retard, j'ai décidément une terrible malchance concernant les ordinateurs, devinez quoi?... Elle a encore planté...
Bref, j'ai bien hate d'avoir vos avis sur mon chapitre ;)
