Chapitre 17

Cela faisait quatre-vingt-sept ans, 6 mois, 2 semaines, vingt-trois heures, 47 minutes et 50 secondes. Quatre-vingt-sept ans, 6 mois, 2 semaines, vingt-trois heures, 47 minutes et 59 secondes que je n'avais pas purent le voir. La situation n'avait guère changé. Le trou lancinant dans ma poitrine me martyrisait toujours de l'intérieur.

Je n'avais d'autre passe-temps que de lire. Je lisais toujours les mêmes livres; à tout jamais et Les Hauts des Hurlevent. Dans ce livre-ci, Cathy est un monstre, elle le demeurera toujours, de même que moi... mais elle a pigé certains trucs. « Si tous les autres partaient, mais que lui restait, je continuerais d'être; si tous les autres restaient, mais que lui disparaissait, l'univers me deviendrait alors étranger » pour elle, le seul, c'est Heatcliff. Pour moi, c'est Edward. Je comprenais parfaitement ce qu'elle voulait décrire. Sans lui, je n'étais rien, je ne suis qu'un trou, dénudé d'âme et de corps. C'est le seul qui m'importe, le seul que je veux voir en me réveillant le matin, le seul que je laisserais m'embrasser, le seul que j'aime.

25 avril 2007

Cher Edward,

Plus jamais je n'aimerais à nouveau. Les flèches de Cupidon m'ont trop cruellement blessé pour que je puisse m'élancer sur ses ailes légères; enchaîné comme je le suis, je ne saurais m'élever au-dessus d'une immuable douceur, je succombe sous l'amour qui m'écrase. Je t'aimerais toujours. J'aurais préféré mille fois mourir, plutôt que de ressentir éternellement ta perte. Bien que tu en aurais été incapable. Bien que le seul moyen de me détruire était que tu ne voulus plus de moi, que tu meurs, j'étais malheureusement une exception. Notre histoire avait été tellement parfaite. Les restes de la flamme de mon amour pour toi refusent de s'éteindre. C'est la seule et l'unique raison pour laquelle j'arrive à me lever le matin. Faut-il que l'amour si doux en apparence, soit si tyrannique et si cruel à l'épreuve? On m'avait toujours décrit l'amour comme un sentiment merveilleux, de laquelle on ne voulait jamais quitter. Mais maintenant, j'ai compris que l'amour peut être brutal, rude, violent. L'amour est une fumée de soupirs; dégagé, c'est une flamme qui étincelle aux yeux des amants; comprimé, c'est une mer qu'alimentent leurs larmes.

Qu'est-ce encore? La folle la plus raisonnable, une suffocante amertume, une vivifiante douceur!... La nuit ne peut qu'empirer mille fois, dès que ta lumière lui manque...

Tu es le seul, alors reviens.

Bella

Ma vie avec lui avait été tellement merveilleuse. Quelque matin, il m'éveillait par un baiser; c'est les plus belles journées que j'ai pu vivre dans mon existence. Il me complimentait, me disait que j'étais belle, même si ce n'était pas le cas. Il m'écrivait des lettres, des poèmes.

1er mai 2007

Cher Edward,

Ma vie sans toi est morne, monotone. Toi qui m'avais dit que tu resterais, tant que je voudrais encore de toi. Jamais je ne pourrais me lasser de ta présence. Bien que tu m'aie abandonné; bien sûr ce n'était pas ta faute, c'était le destin - bien que tu es mort, je t'aime. Ma douleur en est bien la preuve. Je t'aime, pas parce que tu es beau ou riche, parce que tu es le seul homme qui ne m'ai pas laissée indifférente, parce que tu sais, mieux que quiconque, même moi, comment me réconforter, parce que tu lis en moi comme dans un livre, parce que je suis incapable de me détacher de tes yeux, parce que j'ai besoin d'entendre ta voix, parce que je suis dépendante de la décharge électrique qui me parcourait lorsque je te touchais, parce que tu ne quittes jamais mes pensées, parce que, sans toi, je ne suis rien. Parce que je ne veux rien savoir d'un monde où tu n'as pas ta place, parce que je donnerais ma vie pour te voir heureux. Parce que j'ai construit mon monde autour de toi, de tes baisers, autour de tes caresses.

Alors, reviens.

Bella

C'est ainsi, après des mois et des mois d'acharnement, qu'après des tonnes et des tonnes de lettres que j'avais enfin réussies a placés ce masque sur mon visage, ce masque de bonheur, de réussite, de confiance, ne l'enlevant qu'en étant seul.

Je composais des chansons : When I look at you, Only hope, The climb, Going under, ainsi que plusieurs autres, composant style et thème différent, y allant avec mon humeur. Je modifiais aussi mes anciennes compositions : Perfect, Sweater song, Old school, Set fire o the third bar (en collaboration avec Edward)…

Tout à Volterra me faisait penser à lui, tout me faisait penser à sa perte.

Pourquoi?

Pourquoi a t'il fallut qu'il meure?

Pourquoi étais-je aussi faible?

Pourquoi mon cœur est t'il partie avec lui?

Pourquoi est-ce que je ressens tout autant sa perte, après un an? Deux ans? Plus encore?

Les gouttes recommençaient à couler comme je m'en doutais... Le vide qui m'entourait était bien trop pesant. Je suffoquais. Je cherchais un endroit calme pour exploser, rien… Il y avait des gens partout. C'est en désespoir de cause que j'entrais dans une des prisons…

Ma peine ne pouvait se calmer… Nombre de fois, j'avais tenté de ne plus y penser… Il n'y avait rien à faire… À chaque seconde de mon existence, je voyais son visage me souriant, m'empêchant ainsi de continuer mon chemin. Certes, je ne voulais pas l'oublier, mais je ne pouvais vivre avec cette douleur en moi. Je devais essayer de vivre sans lui… Il serait injuste que je ne profite pas de ma vie, alors que lui n'a pas eu le droit à la sienne.

Foutaise.

Une vie n'est pas une vie, sans lui.

C'est une mort, une fin, une perte.

Comment pourrais-je construire une vie sans pilier?

C'est comme faire un livre, sans histoire; terne, vide,

bâtir un toit, sans maison; inaccessible... irréaliste,

avoir un enfant, alors qu'il n'a pas de parent; insensée... insupportable.

Un jour, peut-être pourrais-je ouvrir les yeux, quitter cette vie où tout est noir. Je ne vois rien ici. Il a traversé mon ciel, et l'a quitté, aussi vite qu'une étoile filante. Une étoile si belle, lumineuse. J'avais pu la voir, la toucher, la serrer fort contre moi pour qu'elle ne parte jamais, je m'étais attaché à elle. J'aurais aimé serrer Allie contre moi, lui dire à quel point je suis désemparée, à quel point j'ai rêvé de lui, qu'il revenait, à quel point cette souffrance est extrême, comment elle me brisait de l'intérieur, me martyrisait. J'aurais aimé qu'elle me serre dans ses bras, qu'elle me réconforte, qu'elle me dise que j'en trouverais un autre, qu'il reviendra, même si je sais pertinemment que c'est faux. Les hybrides comme moi n'ont qu'un seul amour. Je suis tombé dessus, je lui ai trébuché dessus, mais lui, cet « obstacle » est devenu bien plus qu'une dalle mal fixée. Cet obstacle est devenu de l'oxygène, une nécessité. Mais je l'avais perdue. Je n'avais plus d'air pour respirer, je n'avais plus rien pour me soutenir. Je chutais, dans ce trou noir, cherchant une main tendue vers moi, le cherchant, mais il ne venait pas, il ne reviendra jamais. Il ne me réconforterait jamais comme il l'a fait lorsque j'ai appris que ma sœur était peut-être bien morte.

Je pleurais silencieusement pendant quelques minutes avant d'être interrompu.

- Bella?

Je sursautais… Cette voix était familière. Elle venait de la même pièce dans laquelle je me tenais. Mais elle était, souffrante… J'ouvris les yeux, essuyant les larmes afin de pouvoir voir. Je distinguais à peine de la noirceur une petite silhouette, recroquevillé sur elle-même, me regardant intensément, de ses yeux bleu clair. Ses yeux.

- Oh mon dieu... Ce n'est pas toi? Je t'ai cherché jusqu'au bout du monde et tu étais juste là? À quelques mètres de moi? Kiwi, c'est toi? Je ne rêve pas?

- Dans un rêve, j'aurais été dans un château. Je suis dans une prison, ya rien d'un rêve là-dedans.

Je me précipitais vers elle, la serrant dans mes bras. Elle appuya sa tête sur mon épaule. J'inspirais profondément son odeur, si proche de la mienne.

- Tu es là depuis combien de temps? Que t'es-il arrivé?

- J'étais allé prendre une marche quand ils sont venus. Je crois qu'ils s'appelaient Félix, Démétri et Caius. Ils voulaient que je retourne avec eux. Je savais ce qu'il était et ils semblaient savoir qui j'étais. Ils ne me regardaient jamais dans les yeux, comme s'ils avaient été avertis de mon pouvoir. Ils m'ont kidnappé. Ils m'ont fait vivre dans un sous-sol, ou je ne pouvais sortir pendant des années. Je n'avais pas de nourriture. Ils m'ont battu. Puis, un jour, un certain Aro est venu me chercher. Il me disait qu'il allait me sortir de là, je l'ai cru, quelle idiote! Il m'a enfermé ici. Et après, il ne s'est rien produit, jusqu'à toi.

- Je suis tellement désolé. J'ai fait des recherches, tu sais… Emmett aussi en a fait. Mais je n'aurais jamais pensé que tu aurais pu être juste là.

- Comment va Emmett?

- Il s'est imprégné… Elle s'appelait Rosalie. Elle était parfaite pour lui, gentille, douce, attentionnée. Ils se sont mariés après quelques années. Rose a eu une petite fille, elle l'a nommé Andréanne, je crois. Ils sont morts il y a plusieurs années, à peine quelques années après que je ne devienne un vampire.

- Pauvre eux…

- Ouais… On dirait que ça finit mal pour chacun d'entre nous.

- Pourquoi? Que t'es-t-il arrivé, à toi? Pourquoi depuis je ne sais combien de temps – je ressens une douleur fulgurante au cœur?

- Désolé, c'est de ma faute. Je me suis imprégné de quelqu'un aussi… Il s'appelait Edward. C'est... l'être le plus gentil qu'il m'ait été donné de rencontrer… Nous vivions l'amour parfait, même s'il vivait en Italie et moi aux États-Unis. Je suis tombée enceinte à peine quelque jour avant qu'il ne meure, lui ainsi qu'Alice, sa sœur, ma meilleure amie. C'est pour ça que je suis resté en vie… J'avais toujours une partie de lui en moi… Mais quelqu'un me l'a enlevé en me transformant. Je ne suis devenu une Volturi que pour pouvoir te retrouver et pour tuer ce vampire…

- Je suis désolé pour toi, sœurette. J'aurais aimé être là pour te supporter. Ça a dû être horrible.

- Tu n'as pas à être désolé. Toi, tu ne la jamais rencontré, étant confiné dans cette pièce. Moi, j'ai eu la chance d'être à ses côtés pendant deux ans. Ce n'est pas de ta faute. C'est les Volturi.

Chaque seconde, ma colère envers eux s'intensifiait. J'étais surprise de pouvoir encore serrer Dakota dans mes bras sans me précipiter pour leur arracher la tête… Je le ferais plus tard.

- Quant dirais-tu si, on pensait à nous pour une fois?

- Que veux-tu dire par là?

Elle m'expliqua alors son plan…


ALLOoOORRSSssSS ? :D