La Grande Salle était pleine, tous les élèves étaient là. Harry observa attentivement le professeur de DCFM. Il regardait plus particulièrement le front dégagé de ce dernier. Aucune cicatrice ne striait la peau de l'homme. Harry tendit son assiette pour qu'Hermione mette de la purée de céleri. Il ne pouvait détacher son regard de l'homme. Il portait un tee-shirt blanc, une veste en jean usée, un jean en guise de pantalon, jean qui était dans un état pitoyable. Quand à ses basquettes, Harry jurerait qu'elles étaient trouées. La tenue était bien loin de celle qu'arboraient les autres professeurs. Harry imaginait mal qu'une telle personne puisse être un sorcier. Il était un moldu en entier. Harry regarda le professeur de potion. Ce dernier était habillé de sa robe de vampire et jetait son regard vampirique sur le professeur qui occupait la place qu'il voulait.
- Je ne vois aucune cicatrice murmura le Gryffondor en reportant son regard sur le professeur Lycaon.
- C'est impossible de vivre aussi longtemps, annonça avec logique Hermione.
- La magie est parfois remplie de surprise murmura le rouquin.
Hermione regarda son ami avec stupéfaction c'était bien la première fois qu'il disait une telle phrase.
Harry continua son observation tous les soirs depuis un mois il l'observait afin de déceler la moindre coïncidence entre le livre et le professeur.
- Harry arrête de le dévisager ainsi, sinon il va te remarquer, tenta Hermione
- Il le sait déjà, répliqua lentement Harry. Il sait que je l'observe.
Le professeur espionné leva lentement la tête et son regard croisa celui du Gryffondor. Puis son regard monta jusqu'à la cicatrice. Harry sentit une sensation bizarre, comme apaisante. En première année le professeur Rogue lui avait fait mal à sa cicatrice d'un simple regard. Il s'avéra qu'en fait c'était le regard de Voldemort caché sous le turban du professeur Qwirell qui était de dos, qui lui avait fait mal. Harry regarda avec insistance le front du professeur et sous ses yeux ébahis il vit une fine ligne noire en forme d'éclair.
- Je l'ai vu murmura Harry sous le choc.
- Qu'as-tu vu ? Demanda Hermione nerveuse.
- Sa cicatrice, je viens de la voir.
Ron tourna son regard en direction du professeur mais il ne vit rien.
- Etrange car je ne vois rien.
Les yeux d'Harry s'agrandirent sous la surprise. Ce n'était pas possible avait-il une hallucination ? Etait-il victime d'une machination ?
Harry planta sa cuillère dans la purée, énervé. Il en avait marre que l'on se moque de lui. Il n'avait pas oublié le regard de Voldemort durant la simulation. C'était le regard du professeur. Etait-ce un mage noir ? Il avait ressenti à travers ce regard une haine féroce. Harry en avait fait part à ses amis qui étaient aussi impressionnés que lui. Si un tel sorcier pouvait faire une telle illusion, sa puissance devait être impressionnante.
Etait-il un autre Voldemort ?
Harry ne savait pas. Il craignait que Dumbledore se soit trompé. Pourtant il ne le souhaitait pas sinon ce serait passer de Charybde en Scylla.
- Harry ta purée refroidit, murmura Hermione à l'adresse de son ami.
Harry regarda la Gryffondor en fronçant les sourcils. Pourquoi s'intéressait-elle à sa purée ?
Il attrapa sa cuillère et avala une bouchée de la purée tout en pestant contre le sort qui s'acharnait contre lui. Il tourna le visage vers les autres de sa maison. Il voyait Ginny qui discutait avec Dean les yeux dans les yeux. Il sentit la jalousie le gagner. Que lui trouvait-elle ? Harry plongea la cuillère dans la purée et remonta celle-ci jusqu'à sa bouche. Il mâcha machinalement la purée tout en remplissant à nouveau sa cuillère. Il leva la tête et regarda la sœur de son ami. Il observa intensément son visage, ses cheveux descendaient en une cascade de feu sur ses épaule, elle avait passé une mèche derrière son oreille gauche. Elle inclinait légèrement la tête tout en souriant à Dean. Harry remarqua comme une myriade d'étoile bleue dans le regard de Ginny. Harry soupira et détourna la tête de sa contemplation et reposa sa cuillère, dépité. Il avait fermé les yeux et son cœur à la jeune fille. Maintenant il en payait le prix. Las de l'attendre elle était allée voir ailleurs. Harry fronça les sourcils, elle était la sœur de Ron, c'était une gamine qui l'aimait, lui il voulait qu'elle soit plus qu'une gamine, plus qu'une petite fille. Harry attrapa le verre pour boire l'eau comme si elle avait le pouvoir de laver ses pensées et ses sentiments naissants. L'eau avalée, il constata avec humeur que rien n'avait changée. Il serra le verre contrarié. Le verre explosa entre ses doigts dans un bruit sec. Le silence s'installa dans la salle. Tous le regardait, lui regardait ses doigts en sang. Harry leva la tête quand il remarqua que tout le monde l'observait avec un air étrange.
- Harry, ça va ? Demanda Hermione.
Harry ne répondit rien et se leva pour sortir de la Grande Salle, il étouffait, il avait besoin d'air. Il regarda Dumbledore d'un air de défi. Ce dernier l'examina. Puis lentement il acquiesça de la tête. Harry se retourna et se dirigea vers la sortie. Hermione et Ron se levèrent à leur tour et s'approchèrent de leur ami. Harry regarda ses amis et s'approcha de la porte. Il était passé à côté d'elle. ELLE qui était à l'origine de son humeur il avait filé droit sans lui porter un seul regard. Il n'était qu'un crétin de sorcier ! Il se faisait violence pour ne pas se retourner et s'approcher d'elle pour l'embrasser à pleine bouche. Mais il préféra la raison à la déraison. C'était trop tard. Il avait perdu ce qui aurait pu être certainement le bonheur d'une vie. Mais que pouvait-il lui offrir en offrande ? Sa vie n'était que massacre et mort. Le trio se trouva près dans la porte quand une voix interrompit leur marche.
- Veuillez m'attendre je vous prie !
Tous les regards se portèrent vers la table des professeurs.
Le professeur Lycaon était debout et regardait le trio Gryffondorien. Il contourna la table et descendit l'allée d'un pas assuré. Certains sourirent à son passage à cause de son allure quelque peu déphasée.
Le professeur s'arrêta.
- La magie ne s'acquiert pas par la tenue ou l'attitude que l'on peut avoir. La magie est inépuisable pour chacun si on sait l'utiliser. La Magie est pleine est entière en chacun de vous. Le pouvoir n'est qu'une partie de cette magie. Notre magie est plus forte que celle d'un rocher, mais savons nous mieux l'utiliser qu'un rocher ?
Le discours était extraordinaire, hors norme. Comment un rocher pouvait-il avoir de la magie ?
Lycaon ferma les yeux et tendit sa main en direction de la table des professeurs. Tous sentirent une magie puissante se dégager de lui, comme si son corps n'était que magie. Les bancs et les chaises se mirent à vivre, des branches feuillus sortirent du bois et enlacèrent les élèves comme les professeurs. Ils ne pouvaient bouger.
- Essayez de vous libérer, le corps n'est qu'une enveloppe charnelle que la magie peut modeler à sa guise.
Le professeur de DCFM étendit ses bras et un mur magique encercla l'ensemble des personnes présentes dans la pièce.
Les élèves commencèrent à râler pour essayer de sortir de ce piège.
Le Directeur semblait amusé d'une telle chose alors que les autres professeurs n'étaient pas très ravis de la tournure des choses.
- Ce mur de magie vous protégera.
- De votre folie ? Récrimina le professeur Rogue.
- Non de ceci…
Un tableau apparut sur le mur de la Grande salle et le visage de la Jeune Fille au Roses Bleues.
- Il y a trois Loups-Garous dans Poudlard ! Duncan le Rouge dit qu'il s'agit des Maudits.
Les élèves crièrent de terreur, car ils étaient prisonniers dans la Grande Salle.
- Du calme, clama la vois du directeur.
Harry se demandait si le professeur savait cette information avant que le tableau n'arrive.
- Vous ne devez quitter en aucun cas cette pièce, il n'y a que moi qui puisse y faire quelque chose.
Harry fut entraîné par le professeur avec Ron et Hermione en dehors de la Grande Salle. Ils ne méritaient aucune protection eux ?
- Professeur… commença Hermione mal à l'aise.
- Tant que vous resterez avec moi et que vous ferez ce que je demanderai tout se passera bien. J'ai besoin de vous. Mais j'ai deux choses à faire avant que l'on aille à leur rencontre.
Il se tourna vers la porte et posa ses mains sur celle-ci. Harry remarqua que la porte rétrécissait et qu'elle était progressivement remplacée par un mur de pierre.
- C'est une illusion professeur demanda Hermione.
Ce dernier sourit.
- Venez poser votre main.
Hermione posa sa main sur la pierre et constata que ce n'était aucunement une illusion.
- Mais comment est-ce possible ?
- J'ai donné au rocher un peu de ma magie. Harry ?
Harry s'approcha du professeur.
- Tend ta main.
Harry s'exécuta de mauvaise grâce. Le professeur planta son regard dans le sien. Harry se sentirent envahi par une sensation si apaisante si agréable. Il sentit un léger picotement au niveau de ses doigts et lentement sa blessure se résorba.
- Quelle est cet enchantement ? Demanda Harry.
- Chacun de nous possède une ressource inépuisable de magie. C'est pourquoi j'ai pu vivre longtemps, au fur et à mesure du temps j'ai annihilé l'effet du temps sur mon corps, je n'ai jamais consulté un médicomage, j'ai tout simplement utilisé ma magie. Le corps n'est qu'une enveloppe que la magie façonne selon notre propre envie. C'est là la clé.
- Pour être animagus c'est la même chose ? Demanda avidement Ron.
- Oui.
Un silence plein de promesse s'installa entre eux.
- Mais nous avons trois maudits à anéantir, annonça le professeur.
Ils se mirent en marche et ils se dirigèrent vers un couloir. Harry songeait aux dernières paroles du professeur.
- Vous connaissiez les Maudits ? Demanda-t-il.
Le professeur se tourna vers eux.
- Effectivement je les ai déjà combattus.
- Vous saviez alors qu'ils étaient ici ? Accusa Hermione
Le professeur sourit à la Gryffondor.
- Votre perspicacité est vérifiée Mlle Granger, répondit nonchalant Lycaon. Oui je le savais, je savais au moment où ils ont posé leurs pattes dans l'enceinte du château. Je le savais car tôt ou tard Voldemort aurait envoyé ses légions contre vous. J'ai profité de cette occasion pour vous former à la combattre. ET puis seul je ne peux arriver à vaincre trois Maudits.
Harry regard les yeux du professeur, il sentait qu'il n'avait pas dit toute la vérité. Il y avait encore des zones d'ombre… D'où pouvait-il les connaître ? Mais le professeur coupa la conversation en reprenant la marche. Harry resta avec ses questions. Il stoppa sa marche.
- J'en ai assez des questions sans réponse explosa-t-il.
Le professeur se tourna vers lui. Harry sentit son estomac se retourner.
- IL SUFFIT ! Tant que tu n'auras pas appris à grandir, tu n'auras que le silence comme réponse.
Harry avait sentit une énergie de colère sortir de son interlocuteur. Il ne se démonta pas et se mit lui aussi dans une colère sourde.
- JE VEUX DES REPONSES !
- HARRY JAMES POTTER VEUILLEZ LA FERMER !
Harry se figea, jamais il n'avait pu voir un homme dans une telle colère. Il ne connaissait que son Oncle qui devenait violacé quand il ne contrôlait plus ses lèvres. Harry se souvenait aussi de la colère de Dumbledore à la fin de sa quatrième année. Une colère froide qui rendait son aura électrique.
Mais pour le professeur Lycaon c'était quelque chose d'inimaginable. Ses yeux s'injectaient de sang, la pupille devenait jaune. Les muscles de son visage étaient crispés. Les trois élèves s'apercevaient que l'homme qui leur faisait face pouvait être capable du pire. L'aura était devenu bestiale et démoniaque. Pire que l'effet des détraqueurs, son aura procurait l'envie aux Gryffondor de rentrer sous terre. Harry perçut un tremblement qui le parcourait. Il regarda ses amis. Ron n'en menait pas large mais il avait eu un geste qui ne passa pas inaperçu aux autres. Il avait fermé sa main sur les doigts d'Hermione et il s'était décalé légèrement devant elle. La peur se rajouta à sa colère et instinctivement il leva sa baguette.
- DOLORIS !
Un rayon jaune sortit tel un éclair et se dirigea vers le professeur. Ce dernier ferma les yeux et ramenant les mains au niveau de son torse il les ouvrit lentement. Une fleur poussa entre ses doigts et s'éleva dans les airs. Cette fleur était une énergie pure, d'un blanc éclatant avec des reflets bleutés. Le rayon jaune fut absorbé par la fleur et cette dernière disparut.
Le silence balaya le couloir.
- Oh mon Dieu ! S'exclama Harry en lâchant sa baguette qui tomba au sol dans un bruit mat.
Hermione était trop choquée pour dire quoique ce soit. Ron pinçait ses lèvres, perplexe. Harry recula de sa baguette comme si cette dernière était devenue quelque chose de dangereux. Il regardait ses mains. Il avait osé envoyer un sort impardonnable sur quelqu'un. Il était aussi malfaisant que Voldemort. Comment avait-il pu aller jusqu'ici ? Lui qui se devait être un mage blanc, il avait faillit devenir un mage noir. Comment avait-il pu être capable d'une telle chose ? Comment aurait-il réagi si ça avait été quelqu'un d'innocent ? Harry leva les yeux sur le professeur qui se baissait pour ramasser la baguette.
- Reprenez-la, vous allez en avoir besoin.
- Je suis vraiment désolé, je… je ne pensais pas…
- De quoi êtes vous désolé ? Demanda le professeur. Il ne s'est rien passé, à par que vous venez de mûrir.
- Je vous ai envoyé un doloris ! S'indigna-t-il.
Le professeur tendit la baguette.
- Reprenez-la.
Harry se saisit de sa baguette avec précaution comme si elle lui brûlait les doigts.
- Harry, personne n'est blanc ou noir. Nous portons en nous nos erreurs nos fautes et nos faiblesses. Ce sont nos choix qui nous conduisent d'un côté ou de l'autre.
- Comment distinguer le bon et le mauvais côté ?
Le professeur sortit une boîte rouge et d'un mouvement sûr l'ouvrit dans un déclic. Il sortit un morceau de soie et l'ouvrit devant les trois élèves. Elle brillait d'une blancheur laiteuse avec quelques reflets bleutés.
- Sais-tu ce que c'est ?
- Une Pierre de Lune ! S'exclama avec ravissement Hermione.
Harry ne pouvait détacher ses yeux de la pierre.
- Effectivement Hermione. Mais contrairement aux idées reçues, elle ne donne pas la puissance, je dirai personnellement qu'elle ne donne accès qu'à la puissance qui est en nous.
- Comment-ça ? Demanda Harry.
- Si tu es vraiment confronter à un dilemme, que ton cœur n'arrive pas à répondre à tes choix, elle te guidera.
- Comment ?
- Si elle est en accord avec toi elle se mettra à briller de manière très particulière et si elle est en désaccord alors son éclat sera terni. Mais tu ne peux l'utiliser si les évènements sont incertains, notamment pour Voldemort.
Harry regarda le regard du professeur, il devait être au courant ! Ce n'était pas possible ! Pour qu'il lui dise cela c'est qu'il est au courant pour la prophétie.
- Je te la donne.
- A… moi ?
- Oui tu en as plus besoin que moi maintenant.
Harry recueillit la pierre dans le creux de ses mains. Le professeur se tourna vers le couloir et s'éloigna.
- Professeur ?
- Oui Harry.
- Vous vous en êtes déjà servi ?
- Une seule fois Harry.
Harry la rangea soigneusement dans sa poche. Il y avait trois « Maudits » qui se promenaient dans les couloirs.
Le professeur se dirigea vers la serre. Il s'arrêta avant et bifurqua dans un petit couloir qui déboucha sur une scène d'horreur.
Un corps était au sol en train de baigner dans son sang, trois loups-garous mangeaient la chair du corps agonisant.
Hermione mit sa main devant la bouche. Harry sentit la nausée monter en lui. Il remarqua à peine le professeur qui s'entaillait le doigt pour marquer au sol des signes qu'il ne reconnaissait pas. Le sang laissait une marque rouge sur la pierre comme si cette pierre aspirait le sang comme le font les vampires. Harry regarda Hermione qui était restée figée devant le spectacle. Le Gryffondor haussa les épaules l'horreur, la souffrance et la douleur étaient devenues banales. Le professeur avait dessiné sur le sol un grand cercle. Il marqua les quatre points cardinaux. Puis il dessina un triangle dont un angle désignait les Maudits. Puis à l'opposé il représenta un cercle ainsi que de par et d'autre de la ligne qui reliait à présent le triangle.
Les maudits observaient la scène avec curiosité. Harry était étonné qu'ils n'aient pas encore attaqué. Le professeur dessina des signes cabalistiques autour de chaque figure. Les Maudits avaient dû deviner son plan car ils se jetèrent sur le professeur avec un cri de rage et sous les hurlements d'Hermione. Le professeur Lycaon les repoussa avec facilité.
- Hermione ici ! Ronald Là ! Harry derrière moi !
Harry se plaça derrière le professeur, alors qu'Hermione se mettait à sa droite et Ron à sa gauche.
- Et surtout quoi qu'il arrive ne bougez sous aucun prétexte !
L'un des Maudits bondit sur Harry. Il hésita à sortir du cercle quand ce dernier s'activa et le loup-garou fut projeté contre le mur avec un bruit mat et il tomba au sol complètement désarticulé. Les cercles qui se trouvaient autour de ses amis s'activèrent et des lignes courbes s'illuminèrent traçant un chemin lumineux qui allait de l'un à l'autre pour se rejoindre au triangle. Harry se sentit bizarre puis il se rendit compte qu'il n'était pas seul, il sentait la magie d'Hermione et de Ron en lui. Comment était-ce possible ? Leurs magies fusionnèrent, il se sentait si bien entouré de ses amis, mais il se sentait aussi tellement seul, alors que ses amis semblaient s'unir plus fortement comme si la magie d'Hermione et celle de Ron se complétaient pour en faire plus qu'une.
Il y a des choses que l'on peut comprendre et d'autre non.
Comment un fantôme peut il revenir à la vie ?
