Comment un simple professeur venu d'une lointaine origine puisse avoir au moins 1000 ans ?

Comment d'un simple geste il peut repousser trois loups-garous déterminé à en découdre ?

Mais surtout pourquoi moi Harry Potter, je me sens si inutile, si insignifiant et si minuscule face à l'étalage plus qu'écœurant des magies unies de mes meilleurs amis ?

Moi que l'on observe, que l'on épie, je me sens tout à coup devenir humain. Mes amis peuvent enfin sentir leur propre puissance et leur propre union, alors que moi je suis seul.

Cette constatation me meurtrit. Je me pose cette question : Suis-je une personne normale, heureuse et suffisamment importante sur le plan humain ?

Normal ? Non je ne le suis pas. Rien qu'à voir les regards que l'on me jette quand on découvre ma cicatrice. Pour sûr je ne laisse pas indifférents. Soit on m'admire on me porte au nues, soit on me méprise et on me haie.

Heureux ? Je ne sais pas, je ne sais plus… Je crois que je ne l'ai jamais été, sauf quand Sirius était vivant.

- Ne laisse pas la tristesse t'envahir, murmura une voix à mon oreille.

Que suis-je aux yeux des autres ?

- Les autres ne t'intéressent pas, excepté tes proches.

Harry se sentit très seul, les autres ils semblaient si loin. Ron et Hermione fusionnaient l'un dans l'autre l'écartant de leur symbiose. Il n'était rien, qu'une coquille vide. Il sentit ses yeux piquer. Cette solitude semblait le happer depuis qu'il était né. Ses parents ont disparu, son parrain est mort. Ginny l'a abandonné ou plutôt il l'a abandonnée.

Harry ouvrit les yeux. Le professeur était devant lui, de dos. Il leva les bras vers le ciel Une spirale se forma devant lui, une spirale lumineuse elle absorbait la noirceur. Comment était-ce possible ? Les loups-garous hurlaient de peur et de colère

- ESPERA UNIVERSALIS ! Cria le professeur.

Harry sentit les effluves de la magie le transpercer provoquant à chaque ondulation une vive douleur à sa cicatrice.

Les loups-garous furent réduits en poussière et éjecté hors des murs de Poudlard. Harry tomba au sol tout en tenant sa cicatrice. Elle lui faisait un mal terrible, plus aigue que lors des liaisons avec Voldemort. Il transpirait de douleur. Mais le gémissement lui fit lever la tête, le professeur gisait au sol recroquevillé sur lui-même. Tout son corps fumait comme si il sortait tout droit de l'enfer. Peut être que c'était l'origine de ce sort. Il n'en avait jamais entendu parler. Harry tourna lentement la tête, Hermione et Ron étaient assis au sol un peu abruti par ce qui venait de ce passer. Ils n'avaient aucunes blessures. Ceci était suffisant pour le rassurer.

Harry se leva lentement tout en tenant sa cicatrice de sa main droite. Le professeur se détendit et tenta de se relever. Mais il toussa et cracha du sang noir qui imprégna la pierre. Harry remarqua que les ongles du professeur avaient une couleur inquiétante. Et ils étaient différents de la normale. Courbés, et pointues, c'était singulier.

Le professeur sembla s'illuminer d'une lueur blanchâtre. Et rapidement il se leva.

- Tout va bien ?

- Qu'est-ce que c'était professeur ? demanda Hermione choquée.

- C'est un sort extrêmement puissant qui peut tuer et la cible et l'incantateur. C'est un sort oublié.

- Et c'est ? Demanda Harry.

- L'Espérance Universelle, il n'y avait que ça pour évincer ces rejets de la nature sans subir une confrontation dont on n'aurait pu gagner.

- Mais ce sont aussi des gens ! S'exclama Ron scandalisé.

- Si seulement c'était le cas, annonça abruptement le professeur. Ces loups garous le seront tous les jours de leur vie au service de celui qui les a réveillés.

- Voldemort ! S'exclama Harry.

- En personne, comment il a pu avoir le médaillon ? Ça je l'ignore. Mais la guerre vient de s'obscurcir. Sachez que contre ses bêtes il n'y a aucun sort qui peut les abattre.

- Et là ? Demanda Hermione.

- Espoir Universel est un sort qui annihile la magie noire. Toute la magie noire. Ce qui c'est passé sous vos yeux c'est notre espérance qui l'a créée.

- Pardon ? Demanda Ron.

- C'est votre union…, commença le professeur un petit sourire au coin des lèvres.

Hermione et Ron devinrent aussi rouge l'un que l'autre.

- … Et de tes propres sentiments, continua le professeur dans la direction d'Harry. Que j'ai puisé la magie nécessaire.

- Et vous ? Demanda Harry. Qu'avez-vous apporté.

Le professeur Lycaon resta silencieux.

- Je vous laisse tirer les conclusions vous-mêmes.

Harry regarda ses amis, étonné de la réponse de celui qui venait de les débarrasser des Maudits.

- Je pense que l'exécution de ce sort a dû provoquer des vents de paniques pour ceux qui sont resté dans la Grande Salle.

- Pourquoi ?

- Parce que si vous avez ressenti quelques flux de magie noire, c'est que le tourbillon les attire. Ce qui provoque une instabilité magique dans les environs. Et notre sort a été suffisamment puissant pour ébranler toute la contrée.

- Et quels peuvent être les dégâts si le sort avait été plus fort ? Demanda inquiète Hermione.

- Lors d'une bataille, le mage le plus puissant que le monde ait porté a créer une telle chose, une armée entière de sorciers étaient dans le cercle depuis, la Grande Bretagne est devenue une île, des forêts furent détruites, des montagnes s'écroulèrent du feu tomba du ciel. Mais c'était essentiel pour… avoir la victoire. Sûrement que le professeur Binns a dû vous en parler.

- Et …

- Il suffit les questions, simplement Harry, le sort a attiré la magie noire qui était en toi.

Harry porta sa main à sa cicatrice.

- Désormais même si le lien existe toujours tu n'auras plus aucun lien en directe avec lui.

Harry resta ébahi par ce qu'il venait d'apprendre.

Son regard se posa sur le corps inanimé et à moitié dévoré de Duncan le Rouge. Comment cet homme avait il pu combattre tout en étant à moitié mort ?

Le corps sembla s'évaporer sous leurs yeux. Puis il s'embrasa sous les regards ahuris des élèves.

Lentement les flammes s'éteignirent laissant à la place du corps des cendres que le vent éparpilla dans les airs.

-Bien, retournons dans la Grande Salle, annonça le professeur.

Harry se résigna à suivre d'un pas rageur le professeur Lycaon. Plus il en apprenait sur lui plus sa personnalité s'obscurcissait. Il repensa au sort qui aspirait la magie noire, il avait souffert à cause de sa cicatrice, mais lui était complètement terrassé par la douleur. Sa magie serait-elle aussi noire que l'a démontré le sort. Il s'arrêta un instant et regarda le professeur. Etrange personne que ce Lycaon. Il doit posséder plus de magie noire que Voldemort lui-même et pourtant il n'exécutait aucun sort impardonnable ou aucun sort ayant un lien de près ou de loin avec la magie noire si ce n'était pour contrer celle-ci. Le Gryffondor regarda les vêtements du professeur. Etrangement il avait mis une tenue différente pour ce soir. Habituellement il mettait sa robe de moine mais pour ce soir il avait mis des habits qui lui facilitaient le combat. Il savait que le tableau venait annoncer l'attaque, il n'en avait pas été surpris. De même qu'il a fermé la Grande Salle de manière efficace et il avait immobilisé les élèves et les autres professeurs. Il savait ce qui se passait.

- Vous saviez qu'ils allaient venir ! S'écria Harry avec colère.

Le professeur s'arrêta et ne se retourna pas.

- Oui je le savais, je savais qu'ils allaient venir et je savais quoi faire pour les contrer.

- Et vous n'avez pas prévenu Dumbledore.

- Ça aurait changé quoi ? Des professeurs seraient allés les combattre. Ça aurait dramatisé la situation.

- Pourquoi ? Demanda avec véhémence Harry.

- Je ne les ai pas tués, juste repoussé. Les professeurs se seraient fait tués ou ils auraient rejoints les rangs des maudits et l'école serait devenue le théâtre du plus ignoble des massacres.

Harry baissa la tête, honteux.

- Tu n'as pas à avoir honte de tes sentiments. A ton âge j'étais comme toi voir même pire…

- Vous voyez l'avenir ? Demanda Hermione qui était restée silencieuse depuis la fin du combat.

- je ne vois pas l'avenir, il n'y a aucun avenir prédéfini, seulement une multitude de possibilités d'avenir, il suffit de connaître les faits présents pour deviner ce qui peut se passer. Je te prie de me pardonner Harry, mais sans ta cicatrice et ton lien avec Voldemort je serai mort.

Harry fut stupéfié.

- Votre magie est noire ? Demanda hésitant le rouquin.

- Je suis né de la magie noire, conclut le professeur avant de reprendre sa marche. Ils arrivèrent devant le mur qui cachait la porte que le professeur avait enlevé par un tour de magie. Ce dernier reposa ses mains sur le mur et lentement la porte réapparue.

Harry ne savait que penser d'un tel pouvoir, jamais il n'avait imaginé une telle chose. Comment les pierres pouvaient-elles faire l'objet d'une magie. Il pouvait métamorphoser une pierre en autre chose. Le Gryffondor avait du mal à concevoir que les choses inanimées puissent avoir une magie qui leur été propre. Alors quand il faisait une métamorphose il utilisait la magie de l'objet ou la sienne ? De même que pour sa baguette ? Les sorts provenaient ils de la magie interne à la baguette ou de la modulation de sa propre magie ?

- Professeur ? Quand je jette un sortilège à quelle magie je fais appelle ?

Le professeur sourit.

- La baguette utilise sa magie interne pour concentrer la tienne et créer un sortilège. Je n'ai pas besoin de baguette car je n'ai jamais appris à m'en servir.

- Vous connaissiez les baguettes ?

- Non, elles n'existaient pas. Certains se servaient de bâton de mage, d'autres utilisaient leur magie à l'aide de leurs mains. En fait il y avait deux catégories.

- C'est-à-dire ? Demanda Harry.

- Tout simplement il y avait ceux qui avaient suffisamment de capacité magique et de concentration pour modéliser leur magie, alors que d'autre avaient besoins d'un catalyseur.

- Et vous êtes je suppose dans la première catégorie ? Demanda sournoisement Harry

- Non j'ai eu beaucoup de mal à utiliser ma magie à cause de ma nature, mais patience et rigueur font plus que force et rage. Ma nature m'empêchait d'utiliser de manière innée ma magie mais elle me donnait une autre puissance plus destructrice et plus meurtrière.

Harry fronça son nez il sentait les émanations de magie noire qui provenait du professeur.

- Donc de votre temps il existait deux catégories de magiciens.

- Oui, ceux qui avait la capacité de moduler leur magie de manière innée se prirent à rêver qu'ils étaient plus nobles, plus méritants mais surtout plus puissant. Alors le ministère a imposé l'utilisation de la baguette de manière à égaliser la population magique.

- Mais l'orgueil est apparu sous une autre forme annonça Hermione amère

- Mlle Granger, il n'existe qu'un seul sorcier de noble lignée qui ait le sang pur. Tous les autres ont une origine moldue, même les quatre fondateurs. Le seul qui peut prétendre être un sorcier au sang pur est Merlin.

- Ainsi nous nous serions affaiblis avec l'utilisation de notre baguette ? Demanda Ron tout en regardant avec une moue dubitative sa propre baguette

- Non, elle vous permet une meilleure efficacité dans vos sortilèges. Et si vous la jetiez je doute que vous réussissiez à faire ce qu'on a appelé depuis de la « magie sans baguette ».

- Vous-mêmes vous n'avez pas besoin de baguette ce qui dénote une certaine puissance magique.

Le professeur se tut. Harry fut surpris de ce silence. Il rajusta ses lunettes et fixa le professeur.

- Par ce que j'ai appris à la contrôler et Merlin sait que ce n'était pas une tâche facile.

Harry ne posa pas la question qui lui brûlait les lèvres il pensait que ses amis et lui étaient allés trop loin dans l'indiscrétion et que le silence devait être un avertissement sur les limites que le professeur avait posé.

La porte s'agrandit à vue d'œil et le professeur lycaon poussa de la main les deux lourdes portes.

- Tout danger est écarté professeur Lycaon ? Demanda un Albus Dumbledore inquiet.

Harry regarda derrière le directeur, seule MacGonagall avait réussit à s'extirper de la prison de branche. Les élèves étaient toujours prisonniers, ils n'avaient pas réussi à se libérer. Les trois Gryffondor sourirent quand ils virent certains de leurs ennemis. Le Professeur Rogue était dans une position inconfortable. Harry regarda la table des Gryffondor. Il jubilait à voir Dean et Ginny se tordre dans tous les sens pour sortir de l'étreinte des branches.

- Monsieur le directeur, je n'ai fait que repousser l'inévitable. Mais je suis beaucoup plus inquiet et une angoisse me saisie. Si mon hypothèse se vérifie alors les heures les plus noires que vous aviez pu connaître seront rien face à celles qui viennent.

Une chape de plomb tomba dans la pièce. Personne ne pouvait imaginer que les jours avenir puissent être plus noirs qu'ils ne le sont actuellement.

Harry vit la mâchoire de sa directrice de maison se crisper.

- Professeur Lycaon, commença la directrice adjointe. Comment cela est-il possible ?

- Professeur Binns !

Le professeur Fantôme se leva à son nom.

- Que savez-vous sur la bataille des Sacrifiés ? Demanda lentement le professeur de défense contre les forces du mal.

Le professeur regarda le directeur.

- Cette bataille n'a jamais fait parti de mon programme scolaire car le ministère de l'an mille a interdit à ce qu'on l'enseigne.

- Mais que pouvez-vous nous en dire ? Insista le professeur Lycaon.

- J'ai fait beaucoup de recherche, les informations, que j'ai recueilli, sont vraiment infimes mais suffisamment éloquentes pour démontrer l'atrocité du combat. Sur les milliers de combattants qui se sont engagés dans le combat il n'en est resté à peine cent.

Harry fixa le professeur fantôme dont le regard se focalisa sur le professeur Lycaon. Le fantôme en savait bien plus qu'il ne voulait dire.

Dumbledore fixa avec attention Lycaon.

- Nous continuerons cette conversation dans mon bureau.

Lycaon acquiesça de la tête.

- Pouvez-vous nous indiquer comment libérer les élèves ? Demanda avec malice le directeur.

Lycaon sourit.

- le moyen de vous sortir de ce pièce c'est d'employer votre magie corporelle. La métamorphose de son propre corps en est la solution.

MacGonagall fronça les sourcils.

- Pourtant j'ai eu beaucoup de mal à m'extirper des branches, le professeur Dumbledore aussi. Nous y avions réussit que grâce à nos compétences en métamorphose.

Lycaon sourit et ferma les yeux. Lentement son corps devint plus flou et translucide. Puis les contours reprirent contenance sous la forme d'un liquide. Harry s'étonna d'une telle chose. Il ne pensait que c'était possible uniquement dans les films de science-fiction qu'affectionnait son cousin. La forme liquide reprit contenance et le professeur reprit sa forme humaine. Le Gryffondor se demandait finalement quelle pouvait être la véritable forme du professeur.

- La métamorphose repoussée dans ses moindres retranchements peut réserver de grandes surprises, annonça le professeur Lycaon.

- Mais pas autant que la magie elle-même argua le directeur.

Le professeur Lycaon se tourna vers ce dernier et sourit. Puis il ferma les yeux et lentement les branches libérèrent les prisonniers.

- La magie n'a-t-elle pas pour origine la vie ?

- La mort n'en est pas pour autant sa fin.

- La mort pourra réclamer son dû si on ne réagit point à ce que l'avenir a programmé pour notre présent.

Le directeur regarda le professeur d'un air attentif puis il ordonna que les préfets conduisent les élèves dans leurs salles communes. Les cours de la journée étaient annulées pour question de sécurité et que les professeurs directeurs de maison aillent dans son bureau.

Harry se préparait à retourner dans sa maison quand le professeur Lycaon posa sa main sur son épaule.

- Harry, peux-tu me donner la pierre ? J'en ai besoin encore une fois puis je te la rendrai.

Harry regarda le regard marron d'où émanait une lueur malveillante. Il hésita un instant puis il sortit de sa poche le morceau de soie qui cachait la Pierre de Lune.

- Merci Harry, tu la reverras très bientôt.

Le Gryffondor sourit à son professeur. Cette lueur machiavélique lui plaisait, il trouvait qu'ils se ressemblaient à la fois si mystérieux, si seuls et si maléfiques. Oui, il se reconnaissait maléfique parfois. Ce trait de caractère provenait sans aucun doute du caractère de son père. Mais cette partie de lui-même était suffisamment infime pour passer presque inaperçu. Harry rejoignit la cohorte de ses condisciples rouge et or. Il se mit en quête de ses deux amis. Il les trouva quand ils arrivèrent à la salle commune. Ses deux amis s'étaient assis l'un en face de l'autre et ils discutaient calmement, comme si toutes les choses qui étaient autour d'eux n'existaient plus. Harry s'arrêta à quelques mètres. Il ne pouvait sciemment couper leur discussion. Il sentait qu'elle était la conséquence du sort du professeur Lycaon. Harry ne put réfréner ce sentiment de solitude qui coupait un peu plus les liens qui le liaient à ses amis. Depuis la disparition de son parrain, il se sentait plus vulnérable plus faible. Il se sentait plus misérable aussi. Il n'avait accumulé que des échecs. Ses amis l'écartaient inconsciemment de leur rayonnement. Ginny s'était trouvé un Charmant. Lui, il ne pouvait que ruminer sa colère et sa culpabilité. Pourtant il ne pouvait haïr ses amis. Jamais ils ne l'avaient laissés tombés. Alors jamais il ne les laisserait tomber. Ils sont comme lui aux premières loges de la bataille qui obscurcissait le ciel de leur jeunesse.