Ça fait maintenant trois heures que je patauge dans la vase. Je hais décidément ce satané de Lycaon. Il semble ne point souffrir des puanteurs de l'eau. Il est devant moi habillé de son jean imbuvable. Il m'a ordonné de me saisir de ma baguette. Je le hais ainsi que Dumbledore pour m'avoir obligé de le suivre. Je serre dans ma poche toutes les potions que nous avons emportées. Régénération sanguine, Brume du matin, anti-poisons. Il m'a confié une potion étrange, il l'appelle la potion du renouveau, je me demande à quoi elle peut bien servir. Je n'en ai jamais entendu parler. Il a pris aussi des potions de diversions comme Brume hivernale. Il m'a recommandé de prendre des branchiflores. Il compte me faire aller sous l'eau ?

Le marécage semblA s'épaissir. Les arbres plongeaient leurs racines dans l'eau verte, donnant une impression d'invisibilité comme si l'eau nous cachait ce qui se trouvait dessous. Des mains descendaient du ciel comme pour se saisir de nous.

- Severus je vais marcher à cinq mètres devant vous, ces marécages peuvent être traîtres et vous engloutir à jamais.

Il venait à peine de dire cela que j'ai marché sur quelque chose et une tête est sortie de l'eau. Je fus saisi un court instant, je n'ai jamais tellement apprécié les têtes de morts.

- Tient ce CHER MacLuid

- Vous le connaissiez ? M'étonnais-je ?

- Oui Merlin l'a poursuivit durant trois mois sans interruption. Son ambition était de devenir encore plus puissante que la sorcière Estampe.

Je suis resté sceptique quand à la puissance de cette sorcière. Il m'a observé durant quelques secondes.

- Merlin était un grand mage n'est-ce pas ?

- Certes, répondis-je ne voyant pas où il voulait en venir.

- Modred était toute aussi puissante ?

- C'est ce que raconte la légende.

- Alors imaginez un seul instant qu'Estampe avait la puissance égale à celle de Merlin et qu'elle avait réussi à atteindre la puissance magique de Merlin et Modred réunis.

Je ne sais pas si c'était la froideur de l'eau mais j'ai légèrement tremblé. Pourquoi n'a-t-on jamais parlé de cette sorcière ?

- Tout simplement par ce qu'il y a des choses qu'il ne vaut mieux ne pas les découvrir… Murmura mon guide.

Alors comment peut-il être au courant ? Est-il un gardien du secret ? Où cherche-t-il à acquérir cette puissance ?

Lycaon s'est retourné pour reprendre la marche.

- Nous devons rechercher l'origine de la résurrection des Immortels, il faut retourner au Dolmen des Anges Désincarnés. Il faut pour cela retrouver la clé qui est en trois morceaux.

On continua d'avancer durant des heures et des heures. Combien de distances on avait parcourue ? Je ne sais pas, mais quand le soleil semblait tomber Lycaon s'est arrêté.

- Nous y sommes…

- Où …

Je n'ai rien pu dire de plus je me suis senti tirer par le fond.

- Mange une branchiflore ! J'ai entendu.

Je n'ai pas hésité, je bénie toutes ces années où j'ai aguerri mes réflexes. J'ai plongé ma main dans ma besace et j'ai pu avaler une de ces plantes. Durant quelques secondes j'ai ressenti comme des douleurs dans mon cou, je n'arrivais plus à respirer. Puis je sentis mes ouïes qui se mirent à fonctionner et je regardais ce qui m'attirait au fond. C'était un animal que je ne connaissais pas. J'ai dirigé ma baguette pour tenter de délivrer ma jambe qui était sous l'étau de son étreinte. Mais j'ai senti une vive douleur dans celle-ci comme une morsure. J'ai regardé ma jambe avec plus d'attention. J'ai vu deux yeux verts qui me fixaient avec colère. Un animal m'avait attrapé avec sa gueule. J'ai vu un éclair blanc et l'étreinte se relâcher. Lycaon s'était métamorphosé en une espèce de crocodile des marais et il attaquait l'animal tout en faisant attention de ne pas se faire mordre. Je me sentais fatigué comme si j'étais lourd. Je ne pouvais qu'assister au combat. Je n'avais plus aucune force pour faire quoique ce soit d'autre.

L'animal avait une grande queue en forme de nageoire qui le propulsait dans l'eau. Il avait quatre pattes trapues équipées d'énormes griffes. Mais le plus étonnant c'était sa tête. Ou plutôt ses têtes, il en avait trois et une qui se terminait par une excroissance qui ressemblait à un buisson.

Le crocodile attrapa la queue de l'animal et tourna sur lui-même durant quelques minutes. L'animal fut étourdi et s'enfuit sans demander son reste. Le crocodile se métamorphosa devant moi et m'amena vers la surface. Ma tête surgit hors de l'eau et la douleur de l'absence de respiration m'assaillit.

- Recrache !

Il me frappa violemment dans le dos et je toussais le reste de branchiflore. La première bouffée d'air me fit du bien. Il me hissa jusqu'en haut d'une racine et arracha le bas de mon pantalon.

- Vous avez de la chance le poison n'a pas encore fait effet, ce ne sera rien.

- Qu'est ce que c'était ?

- Une hydre des Marais. Elles sont très rares.

- Mais vous saviez qu'elle était là ! M'indignai-je alors qu'il versait le contenu d'une potion sur la plaie

- Elle gardait la première partie de la clé.

Il fit un petit bandage et me hissa plus haut sur les racines.

- Je reviens.

Il replongea dans l'eau.

Combien de temps je suis resté là à l'attendre ? Je ne sais pas. Une main sortit de l'eau tenant prisonnière une pierre bleue qui jouait avec la lumière. La main était suivie par le reste du corps de Lycaon.

- Le temps nous est compté, nous avons maintenant deux jours pour arrêter la magie destructrice de la pierre.

- Comment ? Demandai-je un peu surpris.

- Il faut retrouver l'autre demain et après demain aller au Dolmen si nous dépassons la limite les pierres exploseront et nous avec. Comment va votre jambe ?

- Je ne sens plus rien.

- Tant mieux après l'humidité de ce marécage il nous faut affronter la chaleur d'un volcan.

Je maudis silencieusement Albus pour m'avoir obligé de participer à cette expédition et je maudis mon destin de me gâcher la vie. Je levais mon regard assassin sur Lycaon, il se concentrait pour faire apparaître une barque. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait depuis le début ? Il souhaitait que je disparaisse ?

- Montez à bord, commanda-t-il

Je m'embarquai sans aucun mot. Je ne tenais pas à lui faire plaisir d'entendre une de mes récriminations. Je m'installais confortablement dans la barque et il grimpa à son tour. Il s'installa avant que la barque n'avance sur l'eau. Le voyage du retour fut beaucoup plus rapide que l'aller. Il ne prononça aucun mot, moi non plus. Je supportais de moins en moins sa présence.

- Je suis perplexe

Je ne rétorquais rien.

- Comment ont-ils pu l'ouvrir ? Uniquement de l'intérieur…

- Pourquoi nous n'avions pas pris la barque ?

Il me regarda et sourit.

- La barque n'a pu apparaître qu'à la sortie du saphir hors de l'eau.

- J'imagine qu'elle représente l'élément eau ?

- Exactement, nous allons chercher le rubis pour l'élément feu.

- Et pour la terre ?

- Une topaze qui se trouve juste au niveau du Dolmen.

Je ne dis rien de plus. Il se pencha sur ma blessure et d'une pression de ses doigts il fit disparaître celle-ci.

- Nous commençons à peine notre périple plus on avancera plus ce sera difficile.

Il semble bien connaître les dangers... Je me suis mis à l'observer pour déceler quelque chose. Il avait toujours le crâne chauve, ses yeux ne montraient aucunement une fièvre suspecte. Il était décontracté comme si rien ne pouvait l'atteindre. C'était peut être ça l'indice ! Il était trop décontracté pour une mission dangereuse. Il connaissait donc les dangers et le parcours ainsi que le moyen de réussir à chaque fois. Étais-je son faire valoir ? L'appât qui fait diversion ?

Je n'aimais pas beaucoup cette situation, je n'avais aucune maîtrise sur ce qui se passait. Est-ce que Dumbledore savait à quoi il m'exposait ?

- Vous lui avez dit les risques au professeur Dumbledore ?

- Il les connaissait d'avances… En ce qui concerne Voldemort et la magie noire il faut s'attendre au pire !

J'ai froncé mon nez au nom maudit. Comment pouvait-il le citer ?

- Vous connaissiez alors la route à suivre !

Il me regarda amusé de mes déductions.

- Effectivement, puisque c'est moi-même qui ait posé tous les pièges.

- Seul ?

- Non j'étais accompagné.

J'ai tourné la tête, les conquêtes du poseur de pièges ne m'intéressaient guère. Le Serpentard qui était en moi s'indignait du manque de perspicacité dont j'avais fait preuve et ma lâcheté à accepter d'accompagner cet illuminé. Comme si il avait pu poser les pièges qui étaient là sûrement depuis des milliers d'années. D'autant qu'à cette époque il devait avoir dix ans d'après ses dires.

La barque se déplaça plus rapidement et les arbres leur passaient à côté avec une vitesse foudroyante. Le brouillard du matin se leva et remplit l'atmosphère Je commençais à avoir du mal à voir le visage de Lycaon. Je me demandais comment ce dernier pouvait diriger la barque dans cette brume. La barque accéléra encore et nous sortimest du brouillard pour se retrouver sur un tout petit étant au milieu d'une forêt épaisse.

- Ce marécage est caché du reste du monde comme l'est Avalon.

- Avalon a existé ?

- Il a existé et il existe toujours, enfin je crois. Mais les sorciers sont devenus aveugles, selon la volonté de Viviane.

Je restais interdit, quelles surprises allons-nous avoir ?