La nuit était calme, une ombre déambulait dans la lande de Cornouaille. L'ombre était pressée. Elle portait un sac sur le dos. Il semblait si lourd que l'ombre penchait régulièrement soit d'un côté soit de l'autre. Une lampe jaune éclairait le chemin devant alors qu'une lampe rouge éclairait l'arrière. Mais le plus étrange c'était le bruit qui accompagnait la déambulation plus hasardeuse de l'ombre.
- Par tous ...les... Cheveux... de la ... Mère... Machic !
Un bruit de chute accompagna les dernières parole qui s'envolèrent vers le ciel étoilé en ce début de mois de Novembre.
- Satané de vélo de malheur !
L'ombre se releva dans le faisceau lumineux du vélo incriminé. Une casquette noire ornait la tête du garçon. Il portait une veste de survêtement blanc où une virgule bleu se dessinait. Sur son dos un sac de sport portant le même emblème avait une excroissance en forme de manche de raquette. Il portait un jogging noir sur des basquettes rouges.
- J'en ai marre ! Pourquoi ma mère ne veut-elle pas m'offrir un scooter !
Le garçon envoya valser son vélo dans le ravin. La colère s'insinuait en lui. Ses yeux habituellement marron tiraient sur le noir quand la colère le saisissait. Son visage émacié lui donnait un air terrible, on le surnommait Yank sans peur. Il ne craignait ni rien ni personne.
Il laissa tomber son sac et releva son vélo pour le poser contre la bute herbeuse qui bordait la route.
- Quel pari stupide ! Dire qu'elle est hantée !
Il se baissa et attrapa les anses du sac pour les passer sur son dos.
- C'est un pari si facile !
Il éclata d'un rire à faire glacer le sang.
La route n'était plus empruntée depuis fort longtemps durant la nuit suite à des rumeurs prétextant des apparitions étranges.
Tout le monde dans le coin évite de cheminer sur la F7. Le nombre d'histoires de rencontre avec des revenants était si grand que cela aurait pu remplir une bibliothèque à elles seules.
Yank avait parié que ce n'était que des contes à dormir debout et qu'il rentrerait chez lui par cette route.
La F7 était une route qui traversait les landes. Mais il y avait une zone qui concentrait les marécages. Elle était plus petite que la fameuse zone 51 au États-Unis et le nombre de choses incroyables en seraient le double de la zone 51.
Yank continua son chemin en marchant à côté de son vélo. Le temps était clair et aucun revenant ne venaient le visiter. Un sourire moqueur et fier apparut sur ses lèvres au fur et à mesure qu'il avançait. Les bruits de la nuit étaient rassurant.
Une rumeurs s'éleva de la lande et s'éteignit rapidement. Yank s'arrêta et regarda autour de lui, il n'y avait rien. Il haussa les épaule et il reprit sa marche. Un chant plaintif se fit entendre dans le lointain. Ce chant semblait exalter la mort. Yank fronça les sourcils et avança de deux pas quand il entendit une rumeur.
Il se retourna et ne remarqua rien. Il fit quelques pas quand il se rendit compte que la lande était silencieuse. Ce silence était pesant et lourd. Un silence qu'il comparait à ceux des cimetières.
Yank se raisonna. Dans toute l'Angleterre il y avait eu des guerres avec leur lot de morts. Alors il était normal que ce silence soit si lourd. Fort de son argumentation positive il continua sa route au plus profond de la lande. Mais un bruit régulier l'interpella. Cela venait de derrière lui. Lentement il se retourna et resta transis de frayeur. Une monture blanche sauta au-dessus de lui. Il bascula en arrière se fracassant contre son vélo. La monture récupéra son saut pour continuer son galop fou. Yank se retourna.
- Le Cavalier Sans Tête... murmura-t-il.
Il sentit d'autres ombres arriver, c'était des cavaliers par centaines ils allaient tous dans la même direction. Yank regarda plus loin il vit des centaines de lances qui avançaient en courant lance en avant comme s'ils allaient faire une percée. Les hommes étaient soit sans tête soit le ventre à l'air où une épée ou une dague à travers le corps. Yank tourna la tête de l'autre côté et il vit des femmes et des hommes en robes. A leur têtes une femme très digne portant une tunique richement décorée. Un détail attira le regard du garçon. Une profonde entaille marquait l'épaule de la femme.
- La Dame Blanche...
Des lueurs bleues apparurent dans la brume naissante. Elle commençait à cacher la clarté de la nuit.
Une quatrième colonne avança. Des hommes peu vêtus et gigantesques avancèrent armes aux poings. Ils étaient talonnés par des silhouettes si fines et si souple que Yank avait du mal à les apercevoir. Cependant il remarqua les arcs et les carquois remplis de flèches qu'ils portaient.
Une plainte gémissante surgit de la brume. Le chant glaça le sang de Yank. Il jeta un regard à sa gauche et il vit une masse qui s'avançait vers les autres. Ils portaient des jupes. Le garçon regarda la tête de la masse. Un fantôme jouait d'un instrument. C'était la plainte.
D'où venaient tous ces fantômes ? Où allaient-ils ?
La réponse s'imposa devant les yeux la brume s'épaississait au bout de la lande et toutes ce formes blanchâtres se dirigeaient vers elle.
Yank leva les yeux et la brume devint noire et en son milieu se dessina une tête diabolique de loup. La brume sembla vouloir envelopper les lieux. Les fantômes semblèrent lever leur armes prêts à frapper. Une silhouette se dessina de la brume noire. Yank crut que c'était un homme, mais la forme bougea pour s'allonger. La brume écarta les voiles qui enlaçait la forme pour montrer une forme que Yank connaissait bien puisque qu'une légende parcourait le pays.
- Un Loup-Garou... murmura-t-il apeuré.
La légende racontait qu'au début du temps il y eut un combat si meurtrier que le sang coula à flot teintant la lande qui depuis garda cette teinte rouge sang. Cette guerre opposaient des loups-garous à des hommes. Personne ne dit qui avait remporté cette bataille. Ce devait être les hommes puisqu'ils étaient toujours de ce monde contrairement aux loups-garous. Mais ce qu'il avait sous les yeux contredisait la légende d'où venait-il ? Il devait bien faire dans les trois mètres il portait des griffes si grosse que s'en était terrifiant. De sa gueule brillaient des dents jaunes, il observait les alentours de ses yeux noirs.
Les fantômes se jetèrent sur lui dans une rage à peine contenue. Yank n'entendait pas les clameurs de colère, mais il les sentait qui vibraient en lui comme s'il était au milieu de la bataille !
Un Hurlement le tira de sa réflexion le loup commença par combattre puis il poussa un hurlement qui dressa tous les poils du corps du garçon. Un cri inhumain,inimaginable, si féroce, si machiavélique que l'air devint nauséabond comme si la présence du loup avait le pouvoir de rendre l'air vicié. Yank toussa sous l'odeur aride de putréfaction qu'il respirait. Il leva les yeux. Le loup était bien plus grand, plus robuste. Il émanait de lui une sensation de mal être à vomir. De sa gueule suintait un liquide gluant et rouge noirâtre : Sûrement du sang !
Les yeux étaient rouges. Le pelage rouge et noir évoquait l'enfer. Il portait la marque de l'infamie sur son épaule gauche. Un cercle dans lequel se déroulait trois spirales noires.
- Sainte Vierge venez à mon aide glapit, Yank devant l'horreur.
Les ombres intensifièrent leur attaque, le loup-garou se démenait pour contrer l'attaque, de fines lignes rouge sombre semblèrent couler sur la fourrure de l'animal. Il se défendait en gesticulant et en poussant des hurlement de terreur qui faisait trembler le sol.
Yank ne savait plus où se mettre, il se sentait si vulnérable. Il avisa un groupement de rocher et il s'y réfugia.
Le loup-garou frappa du pied et une onde maléfique rouge et noire s'échappa de son corps pour mettre à bas ses ennemis. Puis un son de cloche retentit. Yank ne perdait rien du spectacle qui s'offrait à lui. Il avait vu tous les films d'horreur poussant l'horreur au delà le la limite supportable, il y avait forgé son surnom de Yank Sans Peur. Mais ce qu'il voyait dépassait tout ce qu'il avait pu voir.
Au son de cloche la brume s'éclaircit et les fantômes disparurent dans la nuit. Une voix cria.
« QUI ES TU ? »
Le loup-garou étendit ses bras et dévoila son corps en entier.
Une autre voix cria.
« EN EST IL DIGNE ? »
D'autre voix criaient de toutes part...
« IL PORTE LA MARQUE »
« IL DOIT MOURIR »
« ON DOIT LE DETRUIRE »
« IL EST L'ORIGINE DE NOTRE FIN »
« LA GUERRE NE S'EST JAMAIS FINIE »
Yank était assourdi par ces hurlement de colère ou de détresse.
« IL EST LA HONTE »
« A MORT »
« A MORT »
« TU EN CONNAIS LE PRIX ! »
Yank se demandait ce qu'il se passait alors qu'une lumière sembla se répandre sur la lande. Il regarda le loup-garou s'ouvrir les veines et laisser couler son sang tout en décrivant des cercles complexes. Que cherchait-il à faire ?
« LE PRIX EST PAYE LA VENGEANCE PEUT S'ACCOMPLIR ! »
Les ombres disparurent par enchantement. Il ne resta que le loup-garou dans la lande. La lune montra son disque argenté et le loup hurla un chant de victoire. Yank se cacha derrière le roche et souffla. Il tenta de voir le loup-garou mais il avait disparu de son champ de vision. Il essaya de voir si il ne s'était pas déplacé et tomba nez à museau avec l'animal. Ses lèvres commencèrent par trembler. La puanteur qui se dégageait de la gueule du loup-garou déboussola les sens du garçon. La tête trembla sous forme de spasmes. Des gouttes de sueurs perlaient sur le front de Yank. Le regard du loup le pénétra et lentement il se vit mourir. Le loup-garou poussa un hurlement terrifiant alors que le garçon criait de terreur. La salive mélangé au sang gluant qui suintait de la mâchoire du loup furent projeté sur le visage de Yank. Le loup attrapa le rocher et le souleva prêt à le jeter sur le garçon.
