Hermione regarda la classe les bureaux étaient contre les murs. Elle avançait avec crainte dans cette classe. Le professeur était assis au centre de la pièce dos à la porte il semblait méditer. C'était étrange, la gryffondor ressentait une présence si imposante agressive et si accueillante. Hermione avait beaucoup de mal à cerner le professeur. Habituellement elle arrivait à comprendre l'enseignant, mais là c'était déroutant.

- Entrez donc, de toute manière ce que j'allais dire à Harry est tout aussi important pour vous deux.

Hermione pénétra dans la pièce, elle eut une sensation de fraîcheur et d'humidité. Comme si elle marchait dans une clairière où serpentait un cours d'eau. Était-ce une illusion ? La gryffondor se retourna la porte avait disparu dans le paysage. Ils se trouvaient dans une clairière bordée d'une épaisse forêt, pourtant ce n'était pas un milieu qui existait en Angleterre. La forme des arbres ne laissa aucun doute à la Gryffondor.

- Serions-nous dans l'Hymalaya ?

-Exactement, répondit le professeur. Je ne me souviens plus très bien des forêt anglaises.

Le professeur se leva et se tourna vers eux.

- Bien, cette séance vise à entraîner Harry pour une mission que lui seul pourra atteindre.

Le regard du professeur se posa sur Harry. Quelle était cette mission ? Pourquoi ils ne pouvaient pas l'aider ?

- Ces entraînements visent à une connaissance parfaite de vos capacités magiques. A Noël j'emmènerai Harry voir un grand personnage, mais il faudra qu'il se connaisse parfaitement pour éviter les pièges du voyage. Moi-même je ne pourrai pas lui venir en aide.

Hermione fronça ses sourcils quelle pouvait être la situation à laquelle le professeur était impuissant ?

- Première question pour débuter l'entraînement qu'est ce que pour vous la magie ?

Hermione réfléchit intensément à la question. La magie ? C'est un fluide qui parcours le corps du sorciers. La baguette sert uniquement à canaliser ces flux pour catalyser des sortilèges. C'était ce qu'elle avait lu dans un livre. Mais elle n'était pas tout à fait d'accord avec cette définition.

- Un fluide qui parcours notre corps ? Répondit Ron.

Le professeur secoua négativement la tête.

- Vous n'auriez alors aucune action possible sur votre magie.

- Pourtant la baguette ne canalise-t-elle pas cette magie ? Demanda Hermione.

Le professeur tourna sa tête vers elle.

- Mlle Granger il ne faut jamais prendre tout ce qui est écris dans les livres comme vérité. Il y a des choses que même la magie ignore ou qu'elle cache à la vision des sorciers.

Hermione se mit à rougir de confusion face à la remontrance amicale du professeur.

- Peut-on considérer la magie comme une énergie ? Demanda Harry hésitant.

- Non plus. La magie est quelque chose qui a son existence propre.

- Pourtant elle a besoin d'un corps pour s'exprimer, contra Hermione.

Le professeur sourit.

- Non, elle n'a pas besoin de corps pour agir. Je pense que Monsieur Potter peut en dire quelque chose.

Harry leva les yeux. Il fixa le professeur d'un regard noir.

- Voldemort pouvait vivre sans corps, mais il avait quand même besoin d'un corps pour persister, de même qu'il nous faut une baguette pour lancer un sortilège, continua-t-il un sourire de victoire sur les lèvres.

- Alors comment expliques-tu, ce que vous appeler la magie sans baguette ?

- Le corps sert ... commença Hermione sûre de la véracité de leurs raisonnement.

- Et les fantômes ? Demanda le professeur.

Un silence plana.

- Ils sont magiques et ils n'ont aucun corps.

- Mais c'est leur âme, s'étonna Ron.

Hermione était entièrement d'accord avec Ron.

Le professeur accentua son sourire.

Ce pourrait-il que la magie serait l'âme ? C'était inattendu... Hermione ne parvenait pas à comprendre la logique du professeur.

- La magie siège non pas dans le corps mais dans l'âme. Avez-vous déjà vu un objet inanimé faire de la magie ? La pierre n'est pas magique. La pierre ne fait la magie uniquement parce qu'on l'a enchantée. On lui crée une âme imaginaire. C'est en faite l'extension de la magie de l'enchanteur. N'oubliez jamais ça car partant de cette base, on peut se métamorphoser en chose différente, la magie module le corps qui est inanimé. La conscience, l'intelligence, les sentiments tout cela ne sont qu'une partie de cette magie.

- Les gens non-magique peuvent faire de la magie alors ? Demanda Harry.

- Pas vraiment, c'est plus complexe, soit la magie est bloquée dans son utilisation soit elle peut être exprimée. Le blocage concerne sa propre existence. C'est un processus complexe qui permet à l'âme d'interagir avec l'existence de chacun. Pour simplifier, un moldu c'est quelqu'un qui ne peut faire de la magie parce que cette dernière ne prend pas conscience de sa propre existence en tant que magie. Alors que l'âme d'un sorcier reconnaît sa propre existence. Malheureusement cette non-croyance de l'existence de la magie ne fait pas partie de la conscience.

Les paroles pénétrèrent Hermione. C'était étrange complètement insensé.

- Comment être sûr de cet état ?

- On ne peut en être sûr que par soi-même, il faut chercher au fond de soi, explorer sa propre âme pour en être convaincu. C'est par cette intermédiaire que l'on peut devenir Agromagus et Animagus.

Que pouvait bien être un Agromagus ? Hermione ne connaissait pas ce mot c'était la première fois qu'elle en entendait parler. La signification étymologique du mot était le magicien végétal. Est-ce que le professeur pouvait se transformer en une plante ? C'était impossible quoique si il y a bien une chose qu'elle avait assimilée c'était que tout est possible à la magie.

- Donc pour pouvoir devenir animagus il faut rechercher en soi ? Demanda Hermione.

- Pas entièrement, rétorqua le professeur amusé. Un sorcier animagus ne possède pas plus de pouvoir qu'un autre sorcier. Il faut tenir compte de deux choses. La première c'est que bien souvent on pense se transformer en un animal mais il n'en est rien. Chez le sorcier il existe deux sortes de personnalités, celle de l'homme et celle de l'animal. Le premier réflexe pour rechercher son animagus c'est de faire la liste de ses qualités et de ses défauts. L'animal que l'on trouvera alors ne nous correspondra pas. Car l'animal est déjà en chacun de nous, mais comme il nous est plus facile de s'inventer une vie que de vivre la sienne, il est plus facile de s'identifier à un animal qui reflétera les qualités que l'on veut mettre en avant que celui qui se cache en nous. L'animagus est alors mal à l'aise, c'est beaucoup plus difficile d'assimiler l'animal.

Hermione buvait ces paroles. C'était vraiment extraordinaire, avoir autant de connaissances et être aussi jeune !

- Êtes-vous un animagus ? Demanda sans scrupule Ron.

Hermione donna un coup de coude dans les côtes de son petit ami. Si il y avait bien une chose qu'elle adorait c'était le sans-gêne de Ron, au moins il disait tout haut ce que chacun pensait.

Le professeur éclata de rire.

- Question intéressante... Cependant, reprit le professeur en levant la tête.

Hermione remarqua le regard rouge que le professeur affichait.

-... Pour moi se pose celle-ci de question, Suis-je un sorcier animagus ou un animagus sorcier ? Je dois vous avouer que parfois l'animal qui est en moi prend le pas sur l'homme. Il y a des animagus qu'il ne vaut mieux ne pas découvrir.

- Si je comprends bien votre raisonnement, coupa Harry. Mon père était animagus Cerf argenté, il serait possible qu'il ne soit pas réellement animagus.

- C'est fortement possible, confirma le professeur.

- Pourtant je ne crois pas que vouloir être un animagus rat soit enviable.

- J'ai connu des gens qui auraient voulu être un lapin. Au contraire un rat peut se dissimuler et circuler librement, alors qu'un cerf argenté ne passe pas inaperçu.

- Il est vrai que les Maraudeurs étaient devenus animagus pour certaines raisons.

Hermione se demandait si Harry allait tout révéler.

Le professeur sourit.

- Il est extrêmement difficile de devenir Animagus. Il faut faire une vraie recherche de son moi intérieur. Faire une liste de ses qualités et de ses défauts ne fera que changer la question.

Hermione afficha une moue déçue. Elle avait toujours été très curieuse de ces sorciers qui pouvaient se métamorphoser en un animal.

- De plus il ne faut pas confondre métamorphose et animagus.

- C'est à dire ? Demanda avide Ron.

- N'importe quel sorcier est capable de se métamorphoser, alors que l'animagus ne se métamorphose pas en un animal, il l'est.

Hermione ne perdait aucune miette du discours du professeur. Au fond quel était le but de ce cours ?

- Professeur seriez-vous en train de dire que nous devrions devenir des animagus ?

- Pas vraiment Mlle Granger. J'essaie de vous faire comprendre l'importance de bien se connaître et de bien connaître sa magie. Quand à devenir animagus, tout dépend de la volonté du sorcier. De plus il est strictement interdit de devenir un animagus non déclaré, alors qu'un agromagus, on ne peut vous l'interdire puisque le ministère ignore jusqu'à l'existence même de cette magie. Et si vous arrivez par accident à devenir animagus ce sera que par pur hasard...

Un sourire effleura les lèvres d'Hermione.

- Bien, reprit le professeur. Allongez-vous sur le dos et faite le vide en vous.

Hermione se coucha sur le dos.

- Fermez les yeux, ne pensez plus à rien, laisser votre esprit au repos, détendez-vous, vous n'avez pas cours avec le professeur Rogue, vous vous trouvez dans une forêt où personne ne peut venir vous déranger, pas même Dumbledore ou Voldemort. Vous êtes seuls il fait bon, le vent s'est levé faisant danser les herbes sur votre visage. Ne pensez pas à devenir animagus cherchez simplement à être vous même il n'y a aucun danger il n'y a personne d'autre que vous.

Hermione se détendit, plus de préoccupation, même plus de devoir à faire. Des devoirs ? Elle avait oublié de faire des recherches sur la rune du temps.

- Calmez-vous Mlle Granger, la rune n'est que pour dans quatre semaines, reposez vous. Monsieur Weasley calmez-vous il n'y a pas d'araignées ici.

Hermione se demanda si les premières choses que l'on éprouvait ce n'était pas les peurs. Pourtant Harry ne semblait pas en proie à une peur quelconque.

- Monsieur Potter veuillez vous rassurer vous y arriverez.

Étrange qu'est ce qui pouvait bien faire peur à Harry.

Combien de temps cela dura ? Hermione ne le sut jamais. Elle avait l'impression qu'il s'était écoulé des siècles. Des siècles de calme et de silence apaisant. Elle se sentait reposée, prête à abattre les obstacles qui se dresseraient sur son chemin.

- Ce premier cours vous prépare à la suite, pour que la découverte de son moi soit rapide et surtout vrai, il faut être en paix avec soi.

- Combien de temps cela va-t-il prendre ? Demanda Harry

- Tout dépend de vous, pour moi ça a pris une année entière rien que pour être en paix avec moi-même et je n'avais que dix ans.

Hermione resta bouche bée. Comment était-ce possible ? Combien de temps allaient-ils mettre ?

- Je pense que vous aurez beaucoup moins de difficulté que moi.

La cloche magique résonna dan le château, marquant la demi matinée qui venait de s'écouler.

- Détendez-vous, vous ne risquez absolument rien. Recommençons voulez-vous ? A la fin de cette épreuve rien ne sera dit, rien ne sera commenté, vous partirez dans le silence.

Hermione s'adossa sur l'herbe de la clairière. Elle pouvait sentir l'odeur des cèdres qui les entouraient. Cette fraîcheur lui faisait tourner ses sens. Elle se laissa glisser dans cette volupté de sensations. Elle ne risquait rien et rien ne semblait vouloir l'atteindre. Se laissant porter par la voix du professeur elle se détendit complètement. Elle ne sentait plus aucun de ses muscles. Comme si son âme s'était détachée de son corps. C'était vraiment autre chose. Elle se sentait libre de toute contrainte. Fermant les yeux la Gryffondor se laissa porter par ce qu'elle ressentait.

Au bout d'un moment elle ouvrit les yeux elle pouvait voir des fleurs pousser. Aussi étrange que cela pouvait paraître elle ressentait en elle cette floraison. Puis elle tenta de se relever, elle ressentit un vent froid la transpercer de part en part. Elle se retourna et remarqua qu'elle flottait au-dessus du sol. Mais elle remarqua un corps au sol. S'approchant de celui-ci elle hurla de terreur c'était son propre corps. Comment était-ce possible ? Était-elle morte ?

Son regard se déplaça vers Ron et Harry. Ils semblaient dans le même état qu'elle. Le professeur Lycaon s'approcha de son corps, il semblait parler.

Hermione s'approcha pour entendre les paroles du professeur. Elle se sentait rassurer mais elle ne parvenait pas à comprendre ce qu'il disait. Elle tenta de crier pour attirer son attention, mais il ne réagit pas.

Le professeur s'assit un peu plus loin derrière un petit tas de branches. Il passa la main gauche au-dessus et le tas de bois prit feu. De sa main droite il créa une boule d'eau qu'il plaça au-dessus de l'eau. La boule claire sembla frémir, et trois feuilles apparurent dans le liquide pour lui donner une teinte ambre. Hermione s'approcha du foyer. Comment pouvait-elle attirer son attention ? Elle passa ses doigts dans la boule ambre, mais le professeur ne réagit pas.

- Il ne t'entend pas et il ne te voit pas, annonça une voix.

Hermione se retourna pour regarder qui avait prononcé ces paroles.

- Ron !

Le Gryffondor était comme transparent.

- J'ai essayé de l'appeler aussi mais je n'ai eu aucun résultat. Nous sommes... morts.

Hermione nota que Ron cachait sa peur.

- Comment cela ce peut-il ?

- Je ne sais pas, nous sommes tous les trois dans ce cas là, mais je ne vois pas Harry.

Hermione se rapprocha de Ron, malgré cette peur qui les angoissait ils sentaient de nouveau ce lien qui les unissait. Elle savait que Ron éprouvait la même chose qu'elle. Comment le prouver ? Qu'importe, il y a des choses qu'il faut prouver, et d'autres qui n'ont pas besoin d'être vérifiées on sait qu'elles sont là et qu'elles existent.

Etait-ce de l'amour ? Hermione ne le savait pas. Savait-elle seulement ce que pouvait être l'amour ? Non c'était plus intime et plus profond, comme si son existence ne pouvait devenir vie qu'à travers lui et que réciproquement elle était le chemin de sa vérité. Il était là et c'était tout ce qui importait.

Ces sentiments auraient pu devenir plus profonds si l'ambiance du moment ne devint plus froide, plus austère. Comme si une nuée de frustration de colère et d'avidité avait obscurci la lumière. Cette sensation était si forte qu'elle en donnait la nausée. Hermione pouvait sentir du sadisme et quelque chose de morbide. C'était Harry, Hermione en était persuadée mais comment le distinguer dans cette colonne de feu noir qui l'entourait. Instinctivement elle se rapprocha de Ron.

La colonne s'effaça pour laisser apparaître une silhouette portant une cicatrice en forme d'éclair. Ses yeux jaunes étaient fendus d'une pupille noire. Son nez avait disparut pour ne laisser que deux fentes. C'était et ce n'était pas Harry.

- Harry ?

Ce dernier éclata d'un ricanement.

- Alors la Sang de bourbe !

Ron était complètement perdu

- Harry c'est nous ! Hermione et Ron !

Harry éclata d'un rire démoniaque.

- Je suis Harry...

Hermione ne savait pas quoi penser, puis la sombre silhouette sembla vaciller et lentement tout ce qui assombrissait l'ambiance disparut. Hermione regarda la transformation. Elle soupira en voyant le visage du Harry qu'elle avait toujours connu. Les trois Gryffondor se regardèrent sans dire quoique ce soit. Un certain malaise s'installa entre eux.

Tout à coup Hermione se sentit comme aspirée vers son corps. Elle reprit possession de son corps. Elle entendit une porte que l'on claquait. Se relevant elle remarqua la présence de Ron et l'absence d'Harry. Seule le professeur était là méditant sans doute sur ce qui venait de ce passer.

- Que c'est il passé ? Demanda Ron

- Harry vient de découvrir son côté sombre, la présence de Voldemort dans son esprit l'a marqué pour toute sa vie comme la cicatrice. Il faudra qu'il apprenne à maîtriser ce côté de sa personnalité. La route est encore longue.

Le professeur Lycaon se tut. Hermione sentit que l'entretient était clos, le silence répondait à leurs questions. La porte grande ouverte indiquait le chemin à suivre.