Une rumeur circulait dans l'école. Cette rumeur faisait peur. Elle rappelait les contes les plus sombres. Un animal traînait dans les couloirs. Cette rumeur avait pris naissance à cause d'une ombre aperçu par hasard et à la peur engendrée par l'attaque des Maudits. Depuis rares étaient ceux qui osaient s'aventurer dans les couloirs le soir tard. Cette rumeur n'était pas démentie pas le corps professorale qui ne pouvait réprimander cette rumeur qui obligeait les élèves à rester dans leur dortoir après le couvre-feu.

Pourtant une fille sortit du dortoir ce soir là. Une jeune fille de cinquième année dont les cheveux étaient si roux que l'on pouvait aisément deviner son nom de famille. Elle était vêtue d'un jean noir et d'un pull noir. Elle tenait dans sa main droite sa baguette et dans la gauche un bout de parchemin. Elle avait oublié une lettre importante dans la classe de botanique. Il fallait la retrouver de suite. Jetant un regard inquiet, elle remarqua une étiquette qui venait dans sa direction. Rusard était de sortie. Elle bifurqua dans une classe. La première chose qu'elle remarqua c'était le désordre qui y régnait. C'était étrange pour une classe qui était utilisée. Les cours d'étude des runes s'y déroulaient. Il fallait que tout soir bien rangé pour permettre aux runes d'exprimer leur magie secrète.

Ginny sentit une présence hostile. Elle percevait dans l'obscurité un regard qui lui était familier et pourtant hostile. Elle se mit en garde prête à toute éventualité. Le peu de lumière qui filtrait à travers les fenêtres montra deux yeux qui luisaient dans le noir. Étrange les yeux des hommes ne luisent pas à la lumière. Ce ne pouvait être qu'un animal. Ginny remarqua que ces lueurs étaient suffisamment grandes pour la dépasser. Un animal qui était aussi grand ne pouvait être que redoutable. Elle recula lentement vers la porte. L'animal bougea. Ginny stoppa sa retraite. Il était tendu prêt à l'attaque. Un grognement résonna dans la pièce. La Gryffondor se demandait comment elle allait pouvoir se sortir de cette situation.

- Tu cherches quelque chose murmura une voix.

- Harry ? C'est toi ? Demanda étonnée Ginny.

L'ombre bougea vers la lumière et la Gryffondor put dévisager son adversaire. Elle sursauta car l'étincelle qui animait son regard n'était pas très amical. Ginny se fit la réflexion qu'il ressemblait à un animal en colère. Elle sentait qu'il fallait qu'elle sorte de la pièce. Lentement elle recula vers la porte.

- Tu fuis ? Demanda amusé l'animal.

Ginny se redressa à la pique.

- Je préfère sortir, je dois récupérer une lettre que j'ai oublié dans la classe de botanique.

Harry sembla ricaner. Ginny fronça légèrement ses sourcils, jamais elle ne soupçonnait cette face de son amour de jeune fille. Si elle reconnaissait physiquement Harry, elle ne savait rien de l'inconnu qui se trouvait devant elle. Etait-ce un sorcier qui avait bu un polynectar ?

- Je vais te la chercher, sinon tu risques de rencontrer Rusard ou Rogue.

Ginny se demanda comment Harry pouvait circuler dans les couloirs sans se faire remarquer. Elle avait la carte. Harry se dirigea vers la porte. Ginny s'y était retrouvée contre. Harry s'approcha d'elle et posa sa main sur la poignée en laiton.

Combien de temps sont-ils restés ainsi, si proche l'un de l'autre mais aussi si loin. Ginny pouvait sentir le regard chargé de désir qui l'embrasait. Elle s'y laisserait prendre si son coeur ne l'avait pas rappelé à l'ordre. La tentation était si forte, qu'elle se redressa. Les yeux dans les yeux, ils imaginaient cet instant si futile et si personnel que rien ne pouvait le briser, excepté le cliquetis de la poignée qui brisa la bulle temporelle qui les avait enveloppée.

- Retourne dans la Salle Commune, je reviendrai avec ta lettre.

Harry sortit de la salle laissant seule Ginny.

Que s'était-il passé ? Que se passait-il ? Ginny avait du mal à reconnaître le garçon timide qu'elle connaissait. Harry était devenu plus sûr de lui, beaucoup plus sûr d'ailleurs. Elle attendit quelques minutes et regardant la carte, elle retourna à la Tour des Gryffondor.

La vieille dame récrimina contre l'heure indue de la nuit. Ginny annonça le mot de passe et entra dans la salle commune. Avisant un siège elle s'y installa et regarda la carte. Elle pouvait voir l'étiquette Harry se déplacer. Qu'est ce qui avait pu arriver à ce dernier pour avoir autant changer ? Il y a trois jours il était allé avec Hermione et Ron à un cours particulier avec le professeur Lycaon. Et depuis il est différent. Même Hermione et Ron ne savent pas ce qu'il a.

Ginny trouvait aussi que son frère et son amie avaient eux même des comportements un peu bizarres. Ils se tenaient eux aussi à une certaine distance d'Harry. Que c'était-il passé ?

Ginny reprit la carte et observa Harry. Il venait juste d'entrer dans la salle de botanique. Il arriva au milieu de la classe et il repartit rapidement. Ginny remarqua que l'étiquette Rusard arrivait sur lui. Il bifurqua et disparu de la carte. Comment cela ce peut-il ?

Vraiment Harry était, restait et serait une énigme. La gryffondor reconnaissait qu'il avait une certaine emprise sur elle. Tout à l'heure s'il avait essayé de l'embrasser elle lui aurait tout donné. Il n'était pas aussi craquant que Malefoy comme on le racontait dans tous les dortoirs de filles de l'école. Non sa séduction pour autant qu'il en joue était plus subtile. Ce n'était pas celle du mauvais garçon, ni du simplet qui attire soi-disant la sympathie des filles.

Son charme venait de ce qu'il était, tout simplement Harry, pas le Harry Potter qui était hors de portée.

Quelqu'un entra dans la pièce.

- J'ai ta lettre, annonça la voix d'Harry.

Ginny sursauta.

Harry se tenait près du fauteuil il tenait dans sa main l'enveloppe qui contenait la lettre. Ginny se leva lentement, elle sentait que quelque chose restait en suspend dans l'air comme si une chose venait à peine de commencer et qu'elle n'était pas finie. Lentement elle s'approcha du Gryffondor qui lui tenait l'enveloppe. Quelque chose dans ses yeux quémandait. Ginny savait ce qu'il voulait. Elle n'arrivait pas à se l'expliquer, elle le sentait, même elle la voulait cette chose en suspend, son corps était irrésistiblement attiré par le regard d'Harry. Avait-il exercé un sortilège d'envoûtement ? Ginny ne le savait pas et finalement elle s'en fichait. Pour une fois elle retrouvait en arrière du temps où elle attendait le moindre mouvement d'Harry pour se réfugier dans ses bras. Il n'y avait plus de Mickaël Corner, plus de Dean, plus aucun de ses anciens petits amis, il n'y avait que lui et elle.

Cette attirance était plus que voulu elle avait été conspirée. La main de Ginny se saisit de l'enveloppe, mais Harry ne la lâcha. Le lien venait de s'établir. Lentement Ginny s'approcha, elle avait tant espéré ce moment, se rapprocher de lui était l'équivalent de toucher l'écorce de l'arbre défendu.

Oui Harry était le fruit défendu. Son visage était à quelques millimètres de ses baisers, mais son coeur la trahit de cruelle manière. Elle ne pouvait pas, Son corps entier aspirait à cette fusion interdite, son coeur l'avait lâché au dernier moment. Dean, elle ne pouvait l'oublier. Elle l'aimait de tout son coeur, il avait toujours été là quand elle avait eu des soucis. Harry l'avait certes sauvé du Journal de Jedusort, mais il lui était inaccessible. Même quand elle était au plus près de lui comme elle ne l'avait jamais été et qu'elle ne le serai plus jamais.

Harry lâcha lentement la lettre, l'instant était brisé à jamais. Les morceaux éparpillés au quatre coins du monde par le destin ne pourraient jamais se recoller. Ginny maudit ce destin qui se jouait d'eux et de leur bonheur. Harry était une passion, on ne peut rester indifférent face à lui. Elle se retourna et s'assit dans le fauteuil. Son coeur s'était suicidé. Elle porta ses mains à son visage pour cacher les larmes de la honte.

Honte d'avoir voulu toucher au fruit défendu.

Honte d'avoir trahi Dean.

Harry s'avança et posa sa main réconfortante sur l'épaule de la gryffondor. Les hoquets de Ginny se calmèrent, elle leva la tête les larmes s'écoulant lentement sur ses joues. Harry lui sourit. Ce sourire était si réconfortant elle avait l'impression de retrouver Harry, le vrai Harry, celui qu'elle avait toujours aimé. Il tourna les talons et s'avança vers l'escalier.

- Harry ?

Ce dernier se retourna sur la première marche.

- Merci, continua Ginny en baissant le regard.

Harry sourit et monta à l'étage.

Ginny regardait ses mains froisser l'enveloppe humide. Elle ouvrit l'enveloppe et sortit la lettre. Ses yeux se mirent à lire la lettre

« Je t'aime

Dean »

Quatre mots, simplement quatre mots qui la réconfortaient maintenant. Oui vraiment Dean était un garçon chanceux.