Bonjour à tous, je voulais avant tout m'excuser pour le retard de ce chapitre mais la partie correction a été plus longue que prévu ;) et comme j'étais en pleins partiels j'ai eu plus de mal à finir à temps. Désolée encore
Réponses aux reviews anonymes
Justine: Je trouve aussi que la solution de l'île déserte n'est plus assez bien pour tyler, il faut quelque chose de plus cruel et de plus douloureux. Après tout il s'est attaqué à Klaus et on ne s'attaque pas à l'Alpha mâle sans en payer les conséquences. Le passage sur Klaus et sa paralysie m'a perturbé aussi quand j'ai du l'écrire mais c'est pour la bonne cause tu verras. Quant au réveil de Klaus se n'est pas encore pour ce chapitre mais je peux te dire que tu vas beaucoup aimé le prochain ;) *spoilers* et je peux t'annoncer que le Klaroline va avancer dans le chapitre qui viennent. Voilà sinon comme d'habitude merci pour tes reviews qui me font chaud au coeur à chaque fois. C'est plaisant de voir que tu me suis depuis le début et que tu aimes ce que j'ai écris. Gros gros bisous
Lestat: Merci pour ta review :D oui j'agrandi mes chapitres de plus en plus car je me suis rendue compte que c'était plus agréable de lire quelque chose de long on rentre plus dans l'histoire. Et oui tu as raison pour Caroline elle manque cruellement de confiance en elle ( pourtant elle ne devrait pas mais ça ne se contrôle pas ) depuis la saison 1 elle est comme ça et je voulais montrer qu'elle ressentait ça vis à vis de Klaus ce qui est plutôt une bonne chose car ça veut dire qu'elle ne s'en fout pas de ce qu'il pense d'elle. Quant à Klaus il a le droit de s'amuser avec quelqu'un d'autre et de vivre sa vie
Aby: merci pour ton commentaire. La mort de Klaus était trés dure c'est vrai mais dis toi que c'est provisoire quant à Tyler je suis en pleine recherche de "comment le dégommer" à voir bientôt ;)
Gossip: merci pour tes reviews sur deux chapitres ça me fait plaisir. Alors ne me remercie pas pour le Staroline :) j'adore leur amitié, pour Caroline et Stefan je vois leur relation comme une relation fraternelle et j'adore écrire sur eux. La mort de Tyler n'est pas encore pour maintenant mais je te promet qu'il va regretter ce qu'il a fait à Klaus et qu'à cause de ça il va perdre Caroline * attention spoilers à la jplec* quant à Klaus sa "mort"était nécessaire pour deux raisons: déjà ça va amener la nouvelle menace et en plus ça va permettre au Klaroline de prendre une nouvelle direction. Et je peux te rassurer en te disant que Caroline a été perturbé par le regard intense qu'elle a échangé avec Klaus et qu'elle est malheureuse à cause de ça.
Naylaan et Naylaan: merci beaucoup
Rima; merci pour ta review. C'est vrai que j'essaie d'incorporer au mieux le caractère de personnages et ça me fait plaisir de voir que j'ai réussi à le faire.
Chapitre 7: Rupture et remise en question
Point de vue de Caroline
Je me réveillai en sursaut, le front trempé de sueur. Je m'assis sur mon lit, allumai ma lampe de chevet et regardai l'heure : 8H05. Je n'avais donc dormi que quelques heures vu que j'étais rentrée très tard. Mon temps de sommeil avait été malgré tout, perturbé par des cauchemars affreux où je revoyais constamment l'expression sur le visage de Klaus juste avant d'être totalement paralysé. Le regard qu'il m'avait lancé m'avait glacé le sang et par conséquent j'avais du mal à effacer tous ses souvenirs de ma mémoire.
Je me levai donc et je partis dans la cuisine. Je vis, posé sur la table, un mot de ma mère:
« J'ai dû aller travailler très tôt aujourd'hui, je rentrerais sûrement tard. Passe une bonne journée, bisous. Maman.»
Quelle déception ! Je devais passer la matinée avec ma mère et forcément, il fallait qu'elle soit appelée par le travail de telle sorte que j'allais encore une fois me retrouver toute seule ce matin. Je pris un bol de céréales, me servis un verre de jus de fruits et partis m'asseoir dans le canapé pour regarder un peu la télé. Installée confortablement, je pris la télécommande et commençai à zapper dans l'espoir de trouver un programme intéressant. Je tombai sur une série que j'aimais beaucoup, «Teen Wolf» et décidai alors de la regarder.
J'étais captivée par l'intrigue, en train de manger tranquillement mon petit déjeuner mais plus l'épisode avançait, plus je me sentis mal. C''est au bout de quelques minutes supplémentaires que je compris ce qui m'arrivais. Dans cet épisode, il y avait une bagarre entre deux loups-garous et l'Alpha qui était plus fort, plus impressionnant et plus monstrueux qu'eux et il se faisait tuer à la fin...
Je coupai immédiatement cette série, ne pouvant pas regarder un film qui parlait de bagarres de loups, d'Alpha qui mourait car ça me rappelait trop la nuit dernière et ce qui c'était passé avec Klaus.
Je continuai à pianoter d'une chaîne à une autre encore un peu tombant toujours sur des programmes qui me déprimaient comme par exemple, un documentaire sur la ville de Rome... Je me souvins que Klaus m'avait dit qu'un jour il pouvait m'y amener mais c'était trop tard maintenant. Pour éviter de déprimer, je décidai d'arrêter de regarder la télé et montai prendre un bon bain pour me calmer.
Pendant que l'eau coulait, j'allai dans ma chambre choisir ma tenue pour la journée et, pour une fois, je ne mis pas deux heures pour me décider. Je pris un jean noir et un t-shirt gris tout simple. En repartant vers la salle de bain, je vis mon reflet dans le miroir et je me dis à moi-même :
« Hey bien Caroline, je crois que tu as déjà ton déguisement pour le prochain Halloween... »
Mon teint était blafard et blême. J'avais d'affreux cernes sous les yeux de couleurs bleus violacés. On pouvait penser que j'avais été frappée par un boxeur. Mon chignon était dans un triste état lui aussi, il ne tenait presque plus ce qui m'ébouriffait complètement les cheveux.
Je quittai cette vision apocalyptique de moi et me rendis dans la salle de bain. J'allumai la chaîne hifi, ajoutai dans l'eau quelques gouttes d'huiles essentielles relaxantes et plongeai dans l'eau chaude. Je fermai les yeux, me laissant envahir par une sensation de bien-être intense. Les senteurs de mes huiles essentielles me transportèrent dans d'autres contrées. Le fond sonore permettait de m'évader complètement et de ne plus penser à rien. Je me sentais tellement bien, emmitouflée comme dans un cocon dans la mousse de mon bain, entourée par de la vapeur d'eau, que je finis par m'endormir.
Je me retrouvai, vêtue d'une magnifique robe en dentelle noire avec une ceinture noire elle aussi. A mes pieds se trouvaient de magnifiques chaussures à talons noirs avec des motifs couleur argent. J'étais dans une sorte de jardin d'Éden, c'était magnifique. Il était parsemé de fleurs de toutes les couleurs laissant dans l'air le sillage d'un délicieux parfum. Je n'avais jamais vu ce jardin avant et cela m'importait peu car je me sentais en sécurité. La nuit était déjà bien avancée, il n'y avait pas de lune mais énormément d'étoiles ce qui donnait à cette endroit un air romantique que j'adorais.
Je continuai à flâner parmi les fleurs et les arbres, observant le moindre recoin de ce jardin quand soudain, je sentis une présence dans mon dos. Je me retournai et découvris Klaus. Il était tellement beau dans son magnifique costume noir comme la nuit et sa chemise blanche comme la lumière. Il me fit un sourire et lorsque je vis qu'il était heureux de me voir je fus envahie de papillons dans le ventre. Il fit quelques pas dans ma direction et je ne bougeai pas d'un millimètre de peur de rompre ce moment.
Une fois à ma hauteur, il mit ma main dans la sienne et ce simple contact me donna des frissons dans toutes les fibres de mon corps. Il dut s'en apercevoir car il me sourit une nouvelle fois et nous avançâmes vers un coin plus reculé du jardin. Nous arrivâmes sur le bord d'une rivière et nous décidâmes de nous poser sur le bord où les vagues venaient ondulées. Entendant le chant d'un colibri dans l'arbre derrière moi, je me levai et décidai d'aller le voir de plus prés sous le regard attendri de Klaus. Je restai là, cachée derrière l'arbre pour pouvoir observer le plus facilement possible ce petit oiseau pendant quelques minutes puis celui-ci s'envola brusquement.
Je repartis en direction de Klaus et m'assis de nouveau à ses côtés, lui prenant la main de mon plein gré. Je le sentis se tendre devant moi, puis son visage devint tout gris, suivit du reste de son corps. Je hurlai, ne sachant pas ce qui se passait et Klaus tomba à la renverse dans un râle de douleur avant de prendre feu. C'est alors que je vis Tyler. Il était couvert de sang et tenait dans sa main le pieu de « chêne blanc.»
Je me réveillai en tremblant et en hurlant. J'étais toujours dans la baignoire où l'eau était devenue très froide. Il me fallut quelques secondes supplémentaires pour me rassurer et me dire que ce n'était qu'un cauchemar. Je sortis précipitamment de mon bain, m'habillai à la même cadence, sans prendre la peine de me sécher les cheveux ou de me maquiller. Je décidai d'aller chez Tyler, je devais d'abord appeler Stefan pour savoir s'il voulait toujours m'accompagner là-bas. Je lui envoyai alors un message sur son téléphone :
« Hey, Stef ! Tu veux toujours venir avec moi chez Tyler ou j'y vais seule ? »
Quelques secondes plus tard, mon portable m'indiqua que j'avais un nouveau message je l'ouvris et lus :
« Bien sûr que je vais t'accompagner, je ne vais pas te laisser seule affronter le loup... J'arrive dans cinq minutes. »
En attendant, j'essayai de mettre en place ma future confrontation avec Tyler. Je devais savoir quoi lui dire avant d'arriver là bas. Malheureusement, je n'avais aucune idée de la façon dont j'allais lui parler de ça. Ce n'était pas moi qui avait l'habitude de quitter les hommes en général, c'était plutôt eux qui se débarrassaient de moi, du coup je ne savais pas trop comment lui annoncer sans risque pour ma sécurité.
Vu son nouveau caractère imprévisible, il était capable de me mordre comme il nous a débarrassé de Klaus ce n'était pas une très bonne idée.
Je n'eus pas l'occasion de réfléchir plus longtemps car je vis la voiture de Stefan se garer devant ma maison. Je mis une veste, pris mon téléphone et allai à sa rencontre. Une fois dans sa voiture, il me demanda gentiment :
« Comment vas tu ? Tu as réussi à dormir cette nuit ?
- Non je n'ai presque pas dormi et j'ai fais énormément de cauchemars. Je suis fatiguée et j'ai l'impression d'être à bout de forces. Et toi ?
- Moi j'ai passé une nuit assez agitée aussi, en plus j'ai oublié qu'Elena dormait à la maison cette nuit et la savoir dans le lit de Damon ça m'a perturbé toute la nuit. Alors je n'ai pas beaucoup d'énergie non plus. » Dit-Stefan d'un ton morne.
Et il démarra tout en me souriant. Pendant le trajet pour nous rendre chez Tyler, Stefan conduisait en sifflotant un air que je ne connaissais pas et moi je regardai par la fenêtre en essayant de canaliser mon angoisse le plus possible. Le chemin jusqu'à chez Tyler passa très vite malheureusement pour moi. Au moment où je m'apprêtai à sortir de la voiture, Stefan me retint par le bras et me dit :
« Tape déjà mon numéro sur ton téléphone comme ça si ça tourne mal tu n'auras qu'à appuyer sur le bouton d'appel et je serais là dans la seconde. Ok ?
- Oui merci Stefan. Lui dis-je en opinant légèrement de la tête.
Je fis ce qu'il me dit tout en me dirigeant vers la maison. Je regardai un peu partout pour voir si la voiture de Carol était dans les parages ce qui voulait alors dire qu'elle était présente elle aussi donc Tyler était obligé de se contrôler peut-être plus facilement devant sa mère. Malheureusement, Carol n'était pas là et c'est le cœur serré et tambourinant dans ma poitrine que je sonnai.
Au bout de la sixième sonnerie, j'allai partir quand soudain la porte s'ouvrit sur Tyler. Il avait le visage fermé, froid et sans émotion. Sa posture m'évoquait celle de quelqu'un de dominant, qui voulait être supérieur aux autres. Il m'invita à entrer dans le salon et me suivit.
« Installe- toi chérie... Tu veux boire quelque chose ? Me demanda t-il.
- Euh... non merci Tyler, je ne suis pas venue pour boire un verre mais pour discuter. Tu es tout seul ?
- Oui, Hayley est partie avec les hybrides mettre le corps de Klaus en lieu sûr.
- Vous allez le mettre où ?
- Ça je ne te le dirais pas, c'est un secret... »
Encore une chose qui me confortait dans mon choix de rompre, Tyler ne me faisait plus assez confiance pour me dire où il allait mettre le corps de Klaus, par contre, il l'accordait à Hayley qu'il connaissait depuis peu, c'était une énorme incohérence ! En même temps, il devait savoir que j'allais libérer Klaus, donc c'était presque normal qu'il ne voulait rien me dire.
Je le fixai et d'un ton presque assuré je lui expliquai la raison de ma venue :
« Écoute, si je suis venue ici ce matin c'est pour te dire quelque chose... »
Tyler me regarda l'air hagard, il pencha la tête légèrement et me fit un petit sourire narquois.
« Tu es venue t'excuser pour ce que tu m'as fait et dit hier soir ? Ne t'inquiètes pas Caro c'est de l'histoire ancienne.» Lança-Tyler tout en s'approchant de moi.
Non mais quel culot ! C'était lui le goujat qui me menaçait, devenait même violent avec moi et c'était à moi de demander pardon. Je sentis monter en moi une colère qui pouvait être comparable à de la lave. Elle montait et brûlait tout sur son passage, me faisant trembler et accélérer le cœur. Il fallait que je garde mon calme tout pouvait chavirer à n'importe quel moment, je levai le menton pour montrer mon assurance et lui lançai :
« Non pas du tout Tyler. Je suis venue pour parler de toi et de ton comportement de minable que tu as envers moi depuis quelques temps ! Je n'en peux plus de tes crises de jalousie, de tes insultes, de tes menaces. J'en ai marre de ta violence à mon égard et de ton manque de confiance en moi. Ce n'est pas comme ça que je vois une relation de couple. Tu as trop changé ces derniers temps… »
Je n'eus pas le temps de finir ma phrase, Tyler me coupa sec :
« Ça a du bon de changer Caroline, il n'y a que les imbéciles qui restent comme ils sont. Dit-il.
Je repris alors ma tirade voulant la conduire jusqu'au bout.
« Ça peut être bénéfique de changer c'est sûr, sauf quand la personne que tu deviens n'est plus qu'un homme égocentrique, prêt à tout pour arriver à ses fins et à se venger. Tu étais même prêt à nous tuer tous juste pour avoir le plaisir de tuer Klaus. »Lui rétorquai-je.
« Et alors ? Pourquoi tu râles au juste ? Il est hors d'état de nuire et nous sommes vivants alors arrête de te plaindre et viens. On va aller dans ma chambre pour oublier les évènements récents. » Me dis-Tyler les yeux emplis de luxure, j'étais stupéfaite par ces derniers mots, il fallait que Tyler ramène toujours tout au sexe.
« Tu me proposes du sexe pour me calmer alors que je veux discuter, j'ai envie d'une conversation adulte et mature pour changer. J'en ai marre qu'on ne parle jamais, qu'on passe notre temps à faire l'amour pour régler les conflits », m'énervai-je.
Tyler me toisa du regard, il semblait irrité mais se ravisa.
« Mais si on parle Bébé qu'est ce que tu racontes?
- Tu te trompes. Tu te rappelles quand on était seulement amis, là c'était des vraies conversations. On pouvait passer des heures au Mystic Grill à discuter de tout et de rien, à rire et à s'amuser. On se comportait comme des enfants tous les deux mais depuis quelques temps, je ne ressens plus cette complicité qu'on avait, je ne sens plus cette petite étincelle qu'il y avait entre nous. Maintenant, on ne parle presque plus sauf pour se disputer et pour régler ces conflits on ne communique plus mais on couche ensemble. Pendant un moment ça m'allait parce qu'on n'avait pas beaucoup de querelles mais en ce moment ce n'est plus du tout comme avant et je crains que le sexe n'arrange pas tout.
- Qu'est ce que tu veux dire par là ?, dit-il d'un air subitement inquiet.
« Je pense qu'il serait sûrement mieux pour nous d'en rester là. Je veux dire, on ne peut plus continuer comme ça. Tu n'es plus l'homme dont je suis tombée amoureuse et je ne dois plus être celle que tu aimes vu la façon dont tu me traites. Quand on est amoureux de quelqu'un on lui fait confiance, on ne la critique et ne n'insulte pas et surtout on n'est pas violent avec elle. » Expliquai-je.
« Tu ne peux pas me quitter Caroline, tu n'as pas le droit. » Répondit-Tyler la voix vacillante.
« Je viens de le faire Tyler, je suis désolée mais remets toi un peu en question. C'est de ta faute ce qui nous arrive, je t'avais prévenu que j'allais finir par en avoir marre de tes sautes d'humeur mais tu as continué. Tu as voulu jouer, tu m'as perdu c'est aussi simple que ça. Au revoir Tyler. » Je tournai les talons, laissant un Tyler sans voix.
Je quittai la maison de Tyler sans me retourner et m'installai dans la voiture de Stefan qui me regardait l'air inquiet. Aucun son ne sortit de ma bouche pendant quelques secondes puis, je me retournai vers lui et dit :
« Ne t'inquiètes pas Stefan, ça va. J'ai fait ce que j'avais à faire. Maintenant roule. »
Je lui fis un dernier sourire qu'il me rendit, il démarra la voiture et se mit en route.
« Je te dépose chez toi ? Ou veux-tu aller ailleurs ?
- Au Mystic Grill s'il te plaît. Elena y sera sûrement et j'ai besoin de parler à ma meilleure amie.
- D'accord ! Pas de soucis. »
Après cinq minutes de route, Stefan se gara et je descendis de la voiture. Je me retournai vers mon ami et lui demandai :
« Tu ne viens pas avec moi ?
- Ce n'est pas une bonne idée, Caro. Elena sera là et je ne suis pas encore prêt à la voir.
- Ah oui c'est vrai excuse moi.. On se voit plus tard ?
- Oui ne t'inquiètes pas, on s'appelle, me dit il avec un clin d'œil avant de démarrer, me laissant seule sur le parking.
Je rentrai dans le Mystic Grill et vis Elena assise sur la table près du bar. Je m'avançai vers elle et quand elle me vit, un sourire illumina son visage et elle me fit un grand signe de la main. Je me sentis alors mieux car je me rendis compte que, malgré nos différences, elle était sincèrement contente de me voir et c'est pour ça que je l'aimais autant. C'était vraiment ma meilleure amie, il n'y avait aucun doute.
J'arrivai à son niveau, l'embrassai puis je m'assis à sa table.
« Comment vas-tu ? » Lui demandais-je
- Très très bien. Par contre, j'ai appris que ça n'allait pas de ton côté. » Que se passe-t-il ? Me dit-Elena inquiète.
« Comment sais-tu que je ne vais pas très bien ? » J'étais surprise de voir qu'elle était au courant alors que j'avais choisi de ne pas lui en parler.
« J'ai croisé ta mère ce matin et elle m'a expliqué dans quel état tu étais rentrée cette nuit. Et maintenant que je te vois, toute blanche et cernée et surtout pas maquillée ce qui n'est pas dans tes habitudes, je vois qu'il y a vraiment un problème et je suis déçue que tu ne m'aies pas parlé de ça toi-même.
- Je ne voulais pas t'inquiéter ou te gâcher ton bonheur. Je sais que tu es heureuse avec Damon et je n'ai pas envie de t'encombrer avec mes problèmes. » Lui répondis-je tristement.
« Caro ! Combien de fois je suis venue chez toi en pleurant et en te racontant tous mes problèmes et mes doutes ? Je ne peux même pas te dire le nombre de fois où j'ai fais ça alors que tu étais heureuse avec Tyler. Donc maintenant, si tu as des soucis tu as intérêt à venir m'en parler sinon je débarque chez toi et je te harcèle jusqu'à ce que tu parles. » Me rétorqua-t-elle arborant un sourire sur son visage.
Les larmes menaçaient de couler de nouveau et je me contrôlais au maximum ne voulant pas de nouveau m'épuiser sous les sanglots. Je ne pouvais pas me montrer aussi faible devant Elena, je ne devais pas laisser mes sentiments prendre le dessus et me faire sombrer. Je lui dis donc dans un murmure :
« J'ai rompu avec Tyler ce matin... J'ai préféré arrêter tout de suite avant que ça dégénère mais j'ai mal au cœur quand même et j'ai l'impression qu'il s'en fiche. Il n'a même pas cherché à se défendre, à se justifier, il a juste voulu qu'on couche ensemble pour régler le problème et quand je lui ai annoncé que je le quittais il n'a rien répondu et m'a laissée partir sans un regard... Je sais que c'est la meilleure chose à faire mais je voulais qu'il montre que ça lui faisait un peu de peine. Après tout, on est resté un an ensemble et ce n'est pas rien pour moi...
- Je suis sincèrement désolée ma chérie, je sais que tu l'aimais et que tu aurais voulu que ça marche. Mais je me souviens de toutes les fois où tu m'as appelée, envoyée des sms pour me dire que Tyler t'avait encore une fois maltraitée... Tu as pris la bonne décision en le quittant et je peux te dire qu'il s'en mordra les doigts. Il vient de laisser partir une fille en or. »
Elena me pris la main dans les siennes et me la caressa doucement pour me rassurer, elle avait toujours été très douce dans ses rapports avec les autres, et parvenait toujours à réconforter même dans les pires moments. Je me sentis rassérénée de voir tant de douceur et lui murmurai alors :
« Merci Elena. Mais dis-moi ce que ma mère t'a raconté exactement ?
- Elle m'a dit que tu étais rentrée chez toi complètement sous le choc, tremblante en pleurant, alors j'en ai déduit que ça avait un rapport avec Tyler et qu'il t'avait encore fait quelque chose.
- En fait, à la base ça n'avait rien à voir avec Tyler. C'était plus par rapport à... »
A ce moment là, Bonnie arriva et vint s'asseoir à son tour, en soupirant, je le remarquai immédiatement. Je lui dis alors :
« Un problème ?
- Oui Jérémy est encore en train de discuter avec April qui a l'air de bien l'aimer, Toi tu es avec Tyler, Elena avec Damon. Enfin voilà, vous êtes tous en couple ou bientôt en couple et moi je suis toujours toute seule.
- Si ça peut te rassurer », lui dis-je, » je ne suis plus avec Tyler depuis tout a l'heure donc tu n'es plus la seule célibataire. »
«Oh je suis navrée Caroline. Je ne savais pas sinon je n'aurais pas commencé à parler de mes problèmes de couple.
- Sinon Caro», me dit-Elena, « tu n'as pas fini de me raconter. Tu me disais que ton état d'hier soir n'avait rien à voir avec Tyler. Mais alors c'était par rapport à qui ? »
Je ne savais pas comment lui annoncer que mon état de choc était surtout dû à la façon dont ils avaient traité Klaus et que depuis je n'arrêtais pas de penser à lui ou de rêver de lui et que ça en devenait inquiétant. Je me décidai alors à répondre et pris un air interdit.
« A Klaus... J'étais mal à propos de Klaus !
- Pourquoi ? » Me demanda-Elena.
« Il a été paralysé, traité comme un chien... C'était affreux je vous jure et depuis j'en suis traumatisée.
- Comment ça paralysé ? » Me demanda Bonnie complètement éberluée, je me mis alors à relater cette horrible scène.
« Ils ont fait venir une sorcière qui a réussi à bloquer son système nerveux donc à le paralyser.
- Et alors ? Il n'a eu que ce qu'il méritait Caro. Tu ne vas quand même pas le plaindre après ce qu'il nous a fait.» S'énerva Elena.
« Il ne méritait pas forcément ça. Il a payé pour tous le mal qu'il nous a fait quand il a été desséché mais depuis son retour, il était plus calme, il ne s'en prenait plus à nous alors non la réaction de Tyler est démesurée et inutile et Klaus ne méritait pas ça. » Scandai-je d'un ton offusqué par les dires d'Elena.
Elena et moi nous fixâmes pendant quelques minutes, les yeux dans les yeux avec colère. Je comprenais son point de vue bien sûr, je n'étais pas un monstre, mais il fallait qu'elle se rende compte qu'il avait quand même changé. Il ne s'en prenait plus à elle et ne la calculait même plus depuis sa transformation.
La tension finit par se calmer quand Elena vit Damon arriver. Il se mit à genoux à côté d'elle et l'embrassa avec passion et désir, posant sa main sur ses reins. Je finis par détourner la tête de ce spectacle et me tourna vers le bar. Je vis deux hommes assis sur des tabourets et cela me rappela alors Klaus et Kol à l'époque où Damon m'avait demandé de distraire le premier le temps que le second se fasse daguer. Je le revis me demander si je voulais un verre et je me vis lui dire «Je préférerais mourir avant mais merci» En fait, j'adorais lui lancer des piques et voir sa réaction. Malgré tout ce que j'avais pu lui dire, il continuait de me tourner autour.
Je fus sortie de mes souvenirs par la voix de Damon qui me dit :
« Caroline, tu as intérêt de dire à ton idiot de copain de se cacher et de m'éviter le plus possible parce que si je le croise je le tue cet espèce d'hybride débile !
Il a osé me briser la nuque comme ça, il a foutu un bazar pas possible dans ma chambre et il m'a volé le pieu de chêne blanc. Sérieux, ce mec est fou et il me le payera.»
Damon était rouge pivoine de colère, et quelque part je le comprenais un vampire de cent cinquante ans tombé face à un hybride d'un an était je l'imaginais très frustrant. Je le fixai et lui lançai :
« Je ne lui dirais rien du tout étant donné que je suis à nouveau célibataire mais je te demande de ne rien lui faire de mal, s'il te plaît Damon !
- Je le fais pour toi parce que j'aime bien quand tu me supplies comme ça. Je ne le tuerais pas mais si je le croise, il va regretter d'être venu au monde je te le garantis. Je ne veux pas qu'il croit qu'il peut briser la nuque de Damon Salvatore sans conséquence.
- Et si je te demande de ne rien faire du tout pour moi ?», demanda Elena avec son sourire tendre.
Damon la regarda et essaya de se montrer le plus fort possible, de ne pas céder, d'autant plus qu'il ne voulait pas nous montrer qu'il était prêt à tout pour Elena. Damon regarda Elena tendrement et se ravisa.
« D'accord je vais essayer de ne rien faire à Tyler mais en échange je veux que tu viennes dormir à la maison ce soir, j'ai envie de passer ma nuit dans tes bras. »
Elena se mit à rougir, ses joues devinrent pourpres et elle pencha alors la tête sur le côté et dit :
« Oui, mais j'arriverai sûrement tard, j'ai promis que je dînerais avec Jérémy ce soir.
- Pas de problème tu n'auras qu'à me réveiller en arrivant, lui dit-Damon tout en lui souriant et lui lançant un sourire et un regard coquin qui voulait tout dire.
« Bon ce n'est pas que votre présence n'est désagréable mais je dois tout préparer pour ma soirée en amoureux avec ma chérie. A plus tard les filles et a tout à l'heure Elena. »
Et il partit, nous laissant une nouvelle fois entre filles. Elena était toujours rouge et se cachait le visage derrière sa serviette. Je la regardai alors essayant de la réconforter de la même manière qu'elle l'avait fait quelques minutes auparavant.
« Tu n'as pas à avoir honte Elena », lui dit-je, « vous êtes amoureux et vous êtes bien ensemble alors ce n'est pas la peine de te cacher. Bon je vous laisse aussi. On s'appelle et on se fait une autre journée entre filles comme la dernière fois. Bisous. »
Je partis hors du Mystic Grill. Une fois dehors, je traversai la rue et m'assis sur le banc où Klaus et moi étions il y a quelques temps. Je devais à tout prix arrêter de penser à lui ou j'allais finir par devenir folle.
Je le voyais partout, j'entendais sa voix dans ma tête, je n'arrivai pas à comprendre ce qui m'arrivais.
Lorsque subitement, je vis Stefan se diriger vers le Mystic Grill, je le hélai et il vint s'asseoir à mes côtés.
« Tu étais passé où ? Lui demandais-je.
- J'avais besoin de prendre l'air, de me balader donc je suis parti dans les bois. Et maintenant que je me sens mieux, je vais aller boire un verre.
- Tu ne devrais peut être pas…
- Pourquoi ? demanda-Stefan interloqué. Je lui expliquai alors :
« Elena est là-bas et je sais que tu as encore du mal quand elle est dans les parages mais je vais te dire quelque chose Stefan. Elle est heureuse avec Damon et elle ne reviendra pas vers toi alors tu devrais passer à autre chose et rencontrer quelqu'un d'autre.
- Tu as raison mais c'est dur de me dire que c'est fini entre elle et moi. En plus, m'imaginer avec une autre c'est trop tôt pour moi. Je pense encore trop souvent à elle, elle a fait partie de ma vie pendant tellement longtemps qu'il me faudra sûrement du temps.
- C'est vrai mais ça ne t'empêche pas de t'amuser et de profiter de la vie et tu verras bien ce que ça donne.
- C'est ce que tu vas faire toi maintenant que tu n'es plus avec Tyler ?
- Peut-être », lui dis je en me mettant à rire, « et un jour je rencontrerai l'homme idéal qui m'aimera sincèrement et avec qui je voyagerais et je serais heureuse. »
Ma dernière phrase me fit résonner la voix de Klaus dans ma tête et je l'entendis me dire qu'il pouvait m'emmener où je voulais, Paris, Rome, Tokyo. Je me rendis alors compte que je devais cesser immédiatement ! Je ne pouvais pas penser à de telles choses.
« Stefan, je peux te parler de quelque chose ? J'aimerais que tu ne te moques pas et que tu ne me juges pas s'il te plaît. » Dis-je à Stefan d'un ton cérémonieux.
« Oui bien sûr tu sais que tu peux tout me dire Caro.
- Depuis que Klaus est «mort» », dis-je en mimant les guillemets avec mes doigts,
« je n'arrête pas de le revoir et de l'entendre quoi que je fasse. Ça devient même inquiétant et stressant. Je me remémore des souvenirs que j'ai eus avec lui, j'entends sa voix et je ne sais pas à quoi c'est dû, ni ce que je dois faire pour que ça cesse. »
Stefan me fixa pendant quelques minutes, un silence sépulcral se fit et cela commença à me peser et me stresser. J'eus envie de le torturer pour le forcer à me dire ce qu'il en pensait. Stefan me fixai du regard puis se mit à sourire et me rassura en me répondant :
« C'est sûrement parce que tu as été choquée de le voir se faire paralyser comme ça. En plus, tu te rends compte que tu ne le reverras plus jamais donc ton subconscient se remémore certains moments que vous avez passé ensemble pour que tu ne l'oublies pas. Tu as eu la chance de voir qu'il avait encore une part d'humanité en lui et c'est peut-être ça que tu ne dois surtout pas oublier.
- Tu as peut-être raison, dis-je à Stefan en me levant, « bon je dois y aller. A plus ! »
J'étais rentrée de bonne heure chez moi, ma mère n'étant pas encore rentrée, je n'avais pas forcément envie de manger alors je pris une poche de sang, me servis un verre de Vodka que je bus cul-sec. Je savais que c'était mal de commencer à boire alors que je n'étais pas en forme mais je ne pus m'en empêcher, c'était la meilleure méthode car j'avais besoin de me détendre. J'avais passé ma journée à penser à Klaus et c'était très éprouvant et fatiguant, je n'arrivais pas à me le sortir de la tête.
Je me dirigeai vers ma chambre mon verre et ma bouteille à la main, en slalomant légèrement, les effets de l'alcool avaient eu raison de moi. Je m'installai confortablement dans mon lit, sans prendre la peine de me déshabiller, et commençai à me servir un nouveau verre puis encore un autre lorsque inéluctablement le sommeil s'emparât de moi.
Je me trouvai dans un cimetière, il faisait nuit et un vent frais me faisait trembler. J'avançai au milieu des pierres tombales et autres monuments sans savoir ce que je faisais ici. Je regardai le nom de toutes les personnes qui reposaient ici et scanna du regard toutes ses pierres couvertes de fleurs.
Je commençai à ressentir une profonde angoisse et je me mis à accélérer le pas afin de trouver la sortie plus vite.
La nuit était noire et je ne voyais presque rien. Lorsque subitement, je vis une magnifique lumière blanche illuminer une bonne partie du cimetière. Elle provenait d'un monument au fond à gauche du cimetière. Je ne savais pas pourquoi mais je me sentais dans l'obligation d'aller voir ce qui se passait là-bas. Je ressentis alors une espèce de lien entre ce caveau et moi.
Je m'approchai tout doucement en vacillant, craintive, j'ouvris finalement la porte. Je ressentais le besoin d'entrer plus profondément à l'intérieur, ne sachant même pas ce que je recherchais. J'avançai toujours très prudemment en tendant les bras devant moi pour me permettre de me déplacer dans cette pénombre. Soudain, je sentis sous mes doigts une surface froide, lisse et assez longue. Je m'approchai et reconnus un cercueil. Je voulus m'en aller et ne plus jamais remettre les pieds ici mais mes jambes refusèrent d'avancer.
Je sortis mon portable de la poche arrière de mon jean, en priant pour avoir assez de batterie, et illuminai la pièce. Je finis par soulever le couvercle et éclairer l'intérieur. Mon cœur mort se brisa alors lorsque je vis qu'il contenait le corps de Klaus.
Il était dans un tel état qui me rendit immédiatement malade, mon souffle se saccada à cette sinistre vision. Il avait malgré tout le visage serein, comme s'il dormait. Je m'approchai un peu plus de lui et lui caressai le visage et les cheveux puis je me mordis le poignet et le portai à sa bouche. Je restai comme ça, sans bouger pendant quelques minutes, en attendant qu'il se nourrisse.
Je ressentis une vive douleur due à la morsure, je le sentis boire mon sang, de grandes quantités quittèrent mon corps pour aller nourrir le sien qui retrouvait peu à peu ses couleurs. Après quelques minutes, il lâcha enfin mon poignet, se redressa et se tourna vers moi. Le sourire qu'il affichait me fit chaud au cœur, il était sincère et heureux et pas, comme à son habitude, moqueur ou hautain.
Il leva sa main, la posa sur ma joue qu'il caressa. Je me laissai aller sans pouvoir me contrôler. Quand soudain, sans que je puisse l'en empêcher, il approcha son visage du mien, lentement. Je tremblai d'anticipation et fermai les yeux. Tout doucement, il posa ses lèvres sur les miennes…
Et c'était justement à ce moment là que mon cerveau, imbibé d'alcool, décida de me réveiller. Je me retrouvai donc assise sur mon lit, les cheveux en bataille et une grosse migraine me donnant l'impression d'avoir un éléphant posé sur ma tête. Je me retournai avec difficulté pour regarder l'heure sur mon réveil, je vis afficher : 5H30.
Je savais que je ne pouvais sûrement pas me rendormir, je décidai alors d'aller courir un petit peu pour me défouler. Je mis mon survêtement noir, ma veste grise et mes baskets. J'attachai mes cheveux en faisant une queue de cheval lâche, pris mon lecteur mp3 et quittai ma chambre en passant par la fenêtre.
Je pris la route sans vraiment savoir où j'allais, la seule chose qui m'intéressait c'était le bruit de mes pas sur le macadam, le contrôle de ma respiration et la musique qui passait dans mes oreilles. Je courrai tranquillement, en profitant du calme de la ville à cette heure. Il n'y avait personne dans les rues et c'était apaisant.
Point de vue externe
Depuis toujours, Kol Mikaelson avait fait croire qu'il était indifférent à sa famille, qu'il ne vivait que pour lui et pour les filles. Il n'avait jamais montré ses sentiments à l'égard de ses frères ou même de sa petite sœur, c'était quelque chose qu'il ne faisait pas. Seulement, il se sentait coupable aujourd'hui car il venait d'apprendre que son frère aîné était paralysé et que son corps avait été emmené par Tyler. Quand Stefan lui avait appris la nouvelle quelques heures après le drame, Kol avait ressenti une douleur atroce au niveau de son cœur, comme un coup de poignard. Il savait que la douleur n'était pas physique mais psychologique. On lui avait enlevé son frère alors qu'ils commençaient tout juste à rattraper le temps perdu et à avoir une vraie relation fraternelle. Ils avaient passé tellement de temps à s'en vouloir, à se détester ou à se mettre des bâtons dans les roues et Klaus avait fini par le daguer et le mettre dans un cercueil. Quand il était revenu à la vie, Kol avait eu envie de détruire son frère, de lui faire payer tout ceci mais les liens du sang étant plus fort que la haine, il avait appris avec le temps à lui pardonner. Leur relation n'était pas toujours au beau fixe, ils avaient encore des coups de colère et de l'amertume mais ils essayaient de régler ça sans se battre et ils devenaient au fil des mois de plus en plus proches.
Kol était assis dans le canapé du salon, en train de finir sa troisième bouteille de whisky. Il était en colère contre Tyler pour avoir fait du mal à son frère et il se jura de lui faire payer cette erreur. Néanmoins, c'était surtout contre lui qu'il était le plus fâché car il aurait dû écouter son instinct et aller avec Klaus à la clairière. Il aurait dû savoir que c'était un piège et insister pour le suivre au lieu de rester sans rien faire.
Depuis que la nouvelle avait été annoncée, Kol se sentait encore plus seul que d'habitude. Elijah n'était pas là, il devait sûrement se trouver en Inde ou en Chine et Reb était toujours injoignable, il ne savait d'ailleurs même pas où elle était partie. Il contempla l'immense manoir et soupira. Cette maison était devenu bien trop grande pour lui tout seul, elle paraissait vide sans sa famille.
Il se mit à repenser aux bons vieux temps, quand ils vivaient tous ensemble. Il se souvint des après-midi complètes où Reb chantait - faux bien sûr – ils étaient alors obligés de l'écouter et de l'applaudir sinon elle le prenait très mal. Il repensa à Elijah, toujours perdu dans ses bouquins, il sortait toujours des phrases savantes que personne ne comprenait. Il se mit à sourire lorsqu'il se rappela Klaus en train de peindre ou dessiner.
Quand à lui, il avait toujours été le farceur de la famille, le petit clown qui se moquait de tous le monde. Il repensa à leur phrase «Always and Forever» dont il s'était moqué si souvent mais qui, aujourd'hui, prenait tout son sens.
Il avait enfin compris que la famille était le plus important, qu'il n'y avait que ça de vrai dans la vie et que le reste était des babioles. Il se mit en tête de venger son frère coûte que coûte et de ne pas laisser Tyler Lockwood s'en tirer aussi facilement.
Point de vue de Caroline
Je courrai de plus en plus vite et toujours plus loin. Tellement loin que je finis par arriver sur un sentier que je ne connaissais que trop bien car celui-ci menait au manoir des Mikaelson.
Je ne savais pas pourquoi mais j'étais tentée, je voulais aller voir ce qui se passait là-bas depuis que Klaus avait disparu.
Je m'avançai timidement vers la grande porte, le cœur battant la chamade dans ma poitrine, et frappai alors doucement.
Kol vint m'ouvrir et me détailla de la tête aux pieds, me faisant un peu peur. Il avait l'air triste et il donnait l'impression qu'il n'avait pas dormi de la nuit. Il me sourit et me dit :
« Hey, Beauté, que fais tu ici ? »
- Je... Je ne sais pas en fait, je me suis mise à courir et me suis retrouvée ici. Je vais te laisser tranquille et rentrer chez moi.
- Non attends ! », Me stoppa Kol, « tu veux entrer boire un verre. Je me sens seul ici depuis que Klaus n'est plus là.
- Ok », dis-je timidement, je n'étais pas très rassurée, il s'agissait de Kol et il pouvait se montrer imprévisible, ce qui était vraisemblablement inhérent à la famille Mickaelson. J'entrais alors lui arborant un petit sourire, Kol me suivit et je me rendis alors compte qu'il avait raison, la maison était silencieuse et triste.
On ressentait l'absence de la plupart des membres de cette famille. Klaus avait construit cette maison pour pouvoir accueillir toute sa famille afin de vivre tous ensemble mais en outre, Rebecka, Elijah et Klaus venait de disparaître à son tour et tout ceci rendait cette immense maison mélancolique.
Kol m'invita à m'asseoir dans l'un des fauteuils du salon et me demanda :
« Que veux-tu boire ? Il y a du champagne, du whisky, de la Vodka, du vin...
- Et quelque chose sans alcool ? » Lui suggérai-je gentiment, en effet, mon cerveau n'était pas encore prêt à supporter une nouvelle arrivée d'alcool dans mon corps.
« Euh... de l'eau, du coca, du jus de fruits. » Proposa-Kol.
« Un jus de fruits ça sera parfait. »
Il nous servit tous les deux et vint s'asseoir dans le fauteuil en face de moi. Il y avait quelque chose de bizarre dans son regard, comme un mal-être et une lassitude. Nous bûmes notre verre en silence, tranquillement, chacun perdu dans ses pensées. Soudain, Kol commença à taper du pied sur le sol comme un signe de nervosité et me dit la voix tremblante :
« Est ce que Klaus... Est ce que mon frère a souffert ?» Souffla-t-il, sa respiration se fit plus lente, il appréhendait d'avance ma réponse.
« Je ne sais pas du tout Kol, il n'a rien dit et n'a rien fait qui montrait qu'il souffrait... »
C'est une fois que ces mots furent sortis de ma bouche que je me rendis compte que j'avais menti. Klaus avait eu les larmes aux yeux avant de s'éteindre et je n'arrivais pas à savoir si c'était de tristesse ou de douleur.
« Ça a duré longtemps ? Tu crois qu'il s'est rendu compte de ce qu'il lui arrivait ? »
Dis-moi la vérité Caroline s'il te plaît, reprit-Kol.
« En fait, ça n'a pas duré très longtemps, quelques minutes maximum mais c'était tellement dur que ça donnait l'impression d'avoir commencé depuis une éternité. Et oui, je pense que Klaus s'est rendu compte de tout, il a du se sentir partir mais je n'en suis pas sûre. » Lui dis-je d'un ton morne, Kol me fixa alors, son regard était si profond qu'on pouvait y lire la tristesse.
« Il a regardé la sorcière, Hayley ou Tyler avant de mourir ? C'est quoi la dernière chose qu'il ait faite ? »
Il semblait vraiment complètement perdu et mal au point. Je pense qu'il voulait essayer de se rassurer et de se dire que son frère était resté fort et digne jusqu'au bout. Je m'approchai de lui et lui transperçai son regard en lui annonçant le plus calmement possible :
« Non, Kol ! Il ne les a pas regardés eux… » Je baissai alors la tête, les larmes commencèrent à humecter mes yeux, je relevai la tête et repris : » En fait Klaus a passé ses derniers instants à me regarder dans les yeux... »
Ma voix se brisa en disant cette phrase, un long silence se profila dans la pièce, je devais me reprendre, je ne voulais pas me montrer ainsi devant Kol. Il était capable de faire des conclusions hâtives. Malheureusement pour moi, il n'était pas si crédule qu'il en avait l'air et me dit, la voix pleine de compassion :
« Ça a dû être dur pour toi de sentir son regard jusqu'à la fin mais je te remercie de l'avoir fait. Au moins, mon frère est parti en regardant la personne qui lui fait tourner la tête une dernière fois. Il a dû partir heureux et je t'en suis reconnaissant.
- De rien », dis-je, cette fois-ci des larmes se mirent à dévalées mes joues, je ne pouvais rien contrôler.
Entendre Kol me dire que son frère était parti heureux rien qu'en me regardant me perturbait plus que je ne voulais.
Après toutes mes distractions et toutes mes réflexions, il tenait encore assez à moi pour être bien en ma présence. Je me torturais l'esprit à force de penser, il avait voulu qu'on fasse connaissance et voulait être avec moi.
Je n'avais fait que le repousser et maintenant il n'était plus là. Je devais changer de sujet et parler d'autre chose sinon je risquai de pleurer toutes les larmes de mon corps.
Je me rappelai alors de Nina, celle qui était venue avec Klaus, piquée par ma curiosité et voulant changer de conversation, je questionnai Kol:
« Où est la jeune femme avec qui il est venu au bal ?
- Nina est partie quand Stefan est venu nous annoncer que mon frère n'était plus là. Elle se sentait coupable de ne pas l'avoir retenu ou au moins suivi et elle a préféré quitter la ville définitivement », m'annonça-Kol en baissant les yeux.
- Ce n'est pas de sa faute ! Si elle avait suivi Klaus elle se serait fait tuer par les hybrides. » Apostrophai-je, faisant mine de me soucier d'elle, alors qu'au fond de moi j'étais heureuse que Nina ait enfin quitté la ville, à vrai dire je ne savais pas pourquoi j'avais de telles pensées.
« Moi j'aurais pu y aller. Je voulais y aller en plus mais Nik n'a pas voulu mais depuis quand j'obéis à mon frère ? Depuis quand j'écoute ce qu'il me dit ? J'en ai toujours fait qu'à ma tête et c'est justement le jour où mon frère est en danger que je décide d'être gentil et obéissant. J'aurai du aller avec lui pour l'aider, il serait peut être encore parmi nous. » Dit-Kol, l'air abattu, il culpabilisait de ne pas avoir empêché le triste sort réservé à son frère.
Je voyais qu'il se sentait coupable, si mal, j'étais touchée par les propos de Kol. Je pouvais sentir ce lien si fort qui l'unit à son frère. Je n'avais pas de frères et sœurs, cela me manquait par moment.
Finalement, Klaus disait toujours qu'il n'était aimé de personne mais ce soir j'avais la preuve que si, Kol aimait son frère et le montrait à cet instant précis.
« Tu te sens si coupable que ça ? » Lui dis-je.
« Évidemment que je me sens coupable. Même si mon frère et moi n'avons pas toujours eu une relation parfaite et qu'il m'a dagué et laissé dans un cercueil ça reste quand même mon frère de sang et je ne supporte pas qu'on s'en prenne à lui. Le seul qui a le droit de se battre avec lui c'est moi », me répondit-il en souriant.
« Est ce que je peux te demander un service Kol ? » lui demandai-je timidement.
Je venais d'avoir une idée un peu spéciale mais il fallait absolument que je la fasse si je voulais comprendre ce qui m'arrivais, pourquoi je pensais autant à Klaus.
« Oui tout ce que tu veux », me répondit-il visage soudain illuminé par la curiosité.
« Je voudrais que tu me laisses aller quelques minutes dans la chambre et l'atelier de ton frère. Je sais que ça peut paraître bizarre et irrespectueux pour lui mais je te jure que je n'en ai pas pour longtemps. Depuis sa disparition, je me sens mal et je me dis que je comprendrais mieux pourquoi si je me retrouvais dans son univers.
- Si tu veux. Sa chambre est au premier étage au fond du couloir à droite et son atelier est juste à côté.
-Je sais où il est, il m'y avait déjà emmené lors de votre bal. Merci Kol ! »
Je quittai le canapé et me dirigeai vers les escaliers qui menaient au premier. En chemin, je revis la salle de réception et un flash-back de ma première soirée avec Klaus passa dans ma tête. Je nous revis en train de danser avec son regard qu'il posait tout le temps sur moi. Je le revis me tendre une coupe de champagne et trinquer avec moi. Je secouai ma tête de gauche à droite comme pour chasser ses pensées et montai les marches. Je marchai jusque sa chambre et, arrivée à la porte, j'eus une pointe d'appréhension et de nervosité à l'idée de pénétrer dans ce lieu aussi intime.
Finalement, je tournai la poignée, ouvris la porte et pénétrai dans la pièce. Cette chambre était immense, elle faisait au moins le rez-de-chaussée de ma maison et était agréablement meublée.
D'un côté se trouvait un gigantesque lit noir habillé de draps blancs. Je m'approchai et posai ma main sur ceux-ci pour sentir leur texture. Ils étaient tellement doux et soyeux qu'ils donnaient envie de plonger dedans et de ne plus jamais bouger. Je m'assis un peu sur le lit pour apprécier le moelleux du matelas. En faisant bouger les draps, le parfum de Klaus m'arriva en pleine figure. Je ne pus dire quel était ce parfum mais une chose était sûre c'est qu'il m'enivrait.
Je continuai ma visite de sa chambre en allant de l'autre côté où se trouvait un mini-coin salon avec deux fauteuils, une table, un écran plasma ainsi qu'un lecteur DVD. Il y avait aussi une immense cheminée qui devait être parfaite pour les hivers au coin du feu.
Sur l'un des murs se trouvait une grande étagère remplie d'un nombre incroyable de films, une panoplie cinématographique pour tous les goûts : des films romantiques, d'aventures, des documentaires, des comédies, des films historiques...
J'en étais émerveillée. Je m'approchai de la baie vitrée qui donnait sur un balcon, l'ouvris et sortis pour admirer la vue. C'était absolument magnifique, sa chambre donnait droit sur un immense jardin couvert de fleurs, d'arbres et de fontaines.
Je revins à l'intérieur et me dirigeai vers la double porte en bois qui, si je me souvenais bien, menait à l'atelier. Je pénétrai dans la pièce et une forte odeur de bois et de peinture chatouillaient mes narines. Revenir ici et revoir cet endroit me ramenèrent à l'époque du bal que sa famille avait organisé et de la dispute qu'on avait eue.
Je me souvins que je lui avais balancé son bracelet avant de m'en aller et il était resté pantois. Je m'approchai des différentes toiles, des tableaux et fus encore une fois éblouie par la qualité de ses peintures. Il avait vraiment beaucoup de talent, il arrivait à faire ressentir des émotions et des sensations avec son art. Je touchai certaines de ses peintures, appréciant la sensation sous mes doigts. Je me dirigeai vers le bureau de Klaus, où je vis entasser des dizaines et des dizaines de feuilles de papier couvertes de dessins.
J'en pris quelques unes dans les mains et commençai à les détailler et quelle surprise j'eus lorsque je vis qu'une grande partie de ses feuilles contenaient des portraits de moi, tous aussi beaux les uns que les autres.
Il avait vraiment réussi à me cerner dans les moindres détails et j'en fus extrêmement flattée.
Je refis demi-tour et m'attardai sur les objets qui ornaient les murs et les meubles. C'était beaucoup de bibelots anciens, qu'il avait du conserver depuis des siècles. Des vases, des épées, des statuettes qui provenaient sûrement de différents siècles et de contrées lointaines. J'étais éblouie par toutes ces choses, il avait dû voyager énormément pour avoir d'aussi jolies choses.
Mon regard s'attarda sur un portoir rempli de colliers. J'avais déjà remarqué que Klaus en portait souvent mais il y en avait des magnifiques ici. J'en vu un qui me plaisait beaucoup, il était composé de perles noires et blanches et d'un petit pendentif en argent.
Je le pris dans mes mains et regardai la lumière se refléter dessus. Soudain, je fus sortie de ma contemplation par la voix de Kol qui me dit :
« Prends-le, je suis sûr que Niklaus aurait voulu que tu le portes.
- Non Kol je ne peux pas accepter
- S'il te plaît prends le. On va dire que c'est un cadeau de remerciement pour avoir donné quelques secondes de bonheur à mon frère avant qu'il parte. »
J'étais vraiment émue et surprise que Kol disait cela de moi. Je le remerciai avec un sourire et mis le collier dans ma poche. Puis je lui dis :
« Faut que je parte, ma mère va s'inquiéter. Merci pour le verre et pour le collier.
-De rien. A bientôt Caroline ! »
Et je partis du manoir. En chemin pour rentrer chez moi, je n'arrêtais pas de penser à ce que je venais de faire, j'étais allée dans la chambre de Klaus afin de découvrir son univers. Ça m'avait permis d'apprendre des choses sur lui, de le voir d'un œil différent et je me sentais coupable de ne m'en être rendue compte que maintenant. J'aurai dû faire l'effort de le connaître avant, de lui laisser une chance au lieu de toujours le repousser et me servir de lui.
Si seulement je pouvais retourner en arrière, je ferais les choses différemment mais, malheureusement, c'était trop tard.
J'arrivai chez moi, montai directement dans ma chambre et mis mon pyjama. Une fois bien installée dans mon lit, emmitouflée sous ma couette, je sortis le collier de ma poche et le posai à côté de moi, sous mon oreiller, et m'endormis en espérant passer une nuit correcte et sans cauchemars.
