Je suis sincèrement désolée pour ce léger retard, j'ai eu pas mal de problèmes avec mon ordinateur (Word ne fonctionne plus, et je ne sais pas pourquoi).

Reviews, merci à :

Sednareinedeseaux : Oui, je lis les scans, évidemment ! (d'ailleurs, il reste environ deux semaines avant la sortie du prochain chapitre non ?) Sinon, je me suis bien marrée pour le nom de l'école, j'espère pouvoir faire d'autres petits clins d'œil au monde d'Allen !

Kyle53 : Se tomber dans les bras hein…

Iritigri : J'aime les "gamines chiantes" qui laissent des reviews : )

Mira nara : Oh la vache, la première fois, tu vas me sortir un chapitre entier ?! : ) En tout cas, ta proposition de découverte du processus de l'envoi des lettres par Kanda est tout à fait plausible et à mourir de rire !

Sat1 :Réponse ici…


Chapitre 10 : Retrouvailles


- Eh Réveille-toi ! C'est Noël !

Allen se sentit secoué.

Étouffant un bâillement, il se redressa.

- Tu as l'air particulièrement… enthousiaste, fit Anna en éclatant de rire

Nils sourit en constatant que son ami avait peine à garder les yeux ouverts.

En vérité, l'exorciste n'avait pas réussi à trouver le sommeil la veille. Il s'était tourné et retourné dans son lit, ayant sans cesse en tête l'image de son œil gauche qui tournait dans tous les sens pour chercher les akumas.

- Tu n'as pas envie d'ouvrir tes cadeaux ? demanda le blond en désignant du doigt le sapin sous lequel brillait une montagne dorée.

- Bah…

Comment leur dire qu'il n'y aurait rien pour lui ?

Nils et Anna s'assirent près du sapin tandis qu'il restait en tailleur sur son lit, curieux de savoir ce qui leur avait été offert.

- Tiens, qu'est-ce que ça peut bien être ?

Nils retournait un paquet à la forme ronde dans tous les sens.

Finalement, n'y tenant plus, il finit par déchirer le papier cadeau.

BOUM !

Allen et Anna demeurèrent pétrifiés. Au bout de quelques secondes, l'épais nuage de fumée dissimulant leur ami s'estompa.

Celui-ci avait les cheveux en bataille et la figure couverte d'une poussière noire.

- Melly, marmonna-t-il furibond, je vais la tuer…

- Melly ?

- Sa petite sœur.

- Charmant, commenta Allen

- C'est un véritable démon, et moi qui lui ait envoyé un bracelet en dent de botruc…

- Tu ferais mieux d'ouvrir tes cadeaux avant que je ne me jette dessus pour voir qui t'en a envoyé, fit Anna au jeune homme blond tandis qu'elle essayait des bottines en peau de basilic offertes par sa tante

- Euh, c'est-à-dire que…

Il marqua une courte pause puis…

- Je ne pense pas en avoir cette année.

En introduisant le mot « cette année », il espérait pouvoir éviter une réaction trop excessive de ses amis.

Malheureusement, cette subtile introduction nominale n'eut aucun effet.

Anna et Nils se figèrent instantanément.

- Comment ça ?

- Tu veux dire que personne ne t'a rien envoyé ?

- Ça n'a pas d'importance, je me fiche d'en avoir ou non, sincèrement…

- Ni ta famille, ni tes amis ne t'en ont offerts ?

- Non, répondit-il, Tim ! Arrête ça veux-tu ?

Le golem le tirait par la manche.

Voyant que son ma pitre ne voyait pas où il voulait en venir, il abandonna la partie.

- Quand même, bougonna Anna, c'est spécial… heureusement que nous y avons pensé.

Nils et elle brandirent alors deux paquets soigneusement dissimulés jusqu'alors.

Allen fut tellement surpris qu'il ne put articuler un mot de remerciement.

- Allez, ouvres-les !

- Mais… mais comment… ? Quand…?

- Durant une sortie à Pré-au-Lard, répondit Nils avant qu'il ne puisse finir sa phrase, et maintenant, ouvre !

L'exorciste hésita.

- C'est que… je… je n'ai rien pour vous moi…

Ne t'en fais pas, pour tout te dire, on se doutait que tu n'avais pas beaucoup d'argent. Depuis le début de l'année, tu n'as pas dépensé une mornille.

En fait, il aurait été plus exact de dire que le jeune homme ne possédait pas d'argent du tout, pas un seul gallion. Tous ses manuels scolaires avaient été fournis par Poudlard et il ne pouvait absolument rien acheter lorsqu'il se rendait à Pré-au-Lard.

Il sourit :

- Merci.

Anna lui avait acheté un énorme paquet de chocogrenouilles, ainsi qu'une paire de gants en peau de dragon, s'il venait à en manquer un jour, lui qui en portait jour et nuit.

Nils, lui, lui offrit un anneau gravé suspendu à une chaine en argent.

- Anna et moi en avons déjà un, indiqua-t-il, mais nous le portons à notre doigt, étant donné que tu ne peux pas…

- Mais où l'as-tu déniché ? Il a du te coûter une fortune !

Allen ne comprit pas pourquoi Anna regardait tout à coup Nils ne riant.

- Quoi ?

- Allez, fit-elle en donnant un coup de coude à son ami, dis-lui !

Nils soupira :

- C'est bon, je vais le faire. Pour être parfaitement honnête, ça ne m'a pas coûté grand chose. Ma famille forge toute sorte d'objets magiques depuis des générations. Parmi ces objets, certains sont très anciens mais n'appartiennent à personne. Un jour, je suis tombé sur trois anneaux identiques. J'en ai donné un à Anna et j'ai gardé l'autre pour moi.

- On se demandait à qui on donnerait le dernier, poursuivit Anna, et on a attendu des années sans trouver cette personne.

- Finalement, nous avons fait ta connaissance, et la suite, tu la connais.

- Ce qui est important pour nous, ce n'est pas tellement l'anneau, mais plutôt ce qui est inscrit dessus.

Allen plissa les yeux pour déchiffrer l'inscription, en faisant tourner l'anneau entre ses doigts.

- C'est une écriture spéciale non ? Je ne comprends pas ce que ça veut dire, fit-il perplexe au bout de quelques secondes

- "Elienthis Kien Anilyas thorus", fit Nils d'une voix solennelle, c'est de l'ancien gobelin.

- Euh… et ça signifie ?

- Il n'y a pas d'équivalent idéal dans notre langue mais on pourrait le traduire par "L'union ne peut être brisée"… ou "craint la bouse du dragon enragé"…

- Je préfère définitivement la première traduction, fit Allen en passant la chaine à son cou, merci infiniment à vous deux.

- Bah, fit Anna en s'étirant, merci à toi d'être venu à Poudlard, on voulait absolument donner l'anneau à quelqu'un de digne de confiance.

L'exorciste se força à sourire lorsqu'il entendit cette dernière phrase.

Ils le pensaient digne de confiance alors qu'il ne cessait de leur mentir…

Quelle ironie…

- C'était si important que ça ? Trouver la personne en qui placer votre confiance ?

- Ce ne sont pas des anneaux ordinaires. Comme Nils te l'a déjà dit, sa famille forge des objets magiques, anciens mais ceux là ne font justement pas partie des objets ayant été forgés.

- Quand j'ai trouvé ces anneaux, poursuivit Nils, je me suis renseigné sur eux auprès de mes parents. Une légende raconte qu'il y a deux cents ans, lors de la première révolte des gobelins, ils ont appartenu à trois sorciers de sang pur qui étaient frères.

- Sorciers ? s'étonna Allen en s'efforçant d'oublier la mention de "sang pur", je croyais que c'était la révolte des gobelins ?

- Certains sorciers ont aidé les gobelins, expliqua Anna, mais le plus souvent, ceux-ci étaient des sangs de b… sang mêlés.

- Bref, pour s'assurer qu'ils restent liés à jamais, et par la même occasion, liés à jamais à leur cause, les gobelins leur forgèrent trois anneaux d'argent. Dans le livre que j'ai lu, il est écrit que ces anneaux recelaient une puissante propriété magique, mais je n'ai jamais su ce que c'était ni comment on pouvait l'utiliser.

- Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé, hein Nils ! Une fois, on a même essayé de les faire fondre dans l'atelier de ton père mais ça n'a pas marché.

- On ne peut pas les briser, tout comme le dit l'inscription.

- Et les trois frères ? demanda Allen que cette histoire avait captivé, ils s'en sont sortis ?

- Lorsque la révolte a échoué, ils ont tous été exécutés.

- Ah…

Ils restèrent un moment silencieux.

- Dites, reprit le jeune homme blond, maintenant que j'y pense, ça fait combien de temps que vous vous connaissez ?

Anna parut réfléchir :

- Mm… Environ neuf ans je dirais, nos parents sont amis depuis très longtemps…

- Je ne veux pas vous effrayer, fit soudain Nils après avoir consulté sa montre, mais il nous reste à peine plus de vingt petites minutes pour nous habiller, nous laver, prendre notre petit-déjeuner et descendre en bas.

Sa déclaration fut suivie d'un silence horrifié.

Enfin, les trois Serpentards se levèrent dans un même bond et s'activèrent.

A 9h30, ils étaient fin prêts dans le hall d'entrée, même si Allen avait les bras chargés de toutes sortes de choses comestibles diverses honteusement dérobées à la table de la Grande Salle, et attendaient les Gryffondors.

- C'est étrange que nous ne les ayons pas vus dans la Grande Salle, commenta Anna

- Peut-être que Weas… Ron a insisté pour ne pas venir, suggéra Nils

Cinq minutes plus tard, les trois Gryffondors les rejoignirent.

- Joyeux Noël ! s'écria Allen en manquant de faire tomber deux pains au chocolat

- Joyeux Noël à vous aussi, renchérirent les nouveaux venus

Ils n'eurent pas le temps de trainer plus longtemps, il ne fallait pas qu'Allen soit en retard à son mystérieux rendez-vous.

En chemin, ils se racontèrent les cadeaux qu'ils avaient eus.

A 9h55, ils se tenaient debout devant le lugubre lieu de rendez-vous qui tranchait vivement avec l'euphorie de Noël qui régnait tout autour d'eux.

- Bon, fit Allen en s'apprêtant à pousser la porte de la taverne, à tout à l'heure.

- Si tu te fais attaquer par une folle furieuse amoureuse, appelle-nous, nous viendrons à ta rescousse !

- Merci Anna, j'y songerai…

Il poussa la porte qui s'ouvrit péniblement en émettant un grincement strident, faisant se tourner les sorciers appuyés au bar ou attablés vers lui. Puis, les sorciers reprirent leurs conversations, et il ne resta bientôt plus qu'un bruit sourd de murmures dans l'air enfumé, qui empestait l'alcool.

L'exorciste fit un tour rapide d'horizon pour voir si l'auteur de la lettre le cherchait également, mais il ne vit pas la personne qu'il s'attendait à voir.

Ce n'était peut-être pas elle après tout, tout était possible…

Longeant les rangées de tables, il avisa soudain un objet familier, appartenant à un homme encapuchonné, assis à une table dans un coin sombre de l'auberge.

Il sentit son cœur faire un bond de joie dans sa poitrine, chose qu'il n'aurait jamais imaginée à la Congrégation de l'Ombre.

Il s'avança vers l'homme aussi silencieusement que possible et finit par s'asseoir en face de lui.

L'homme parut agacé.

Avant que celui-ci n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Allen prit la parole :

- Tu peux enlever ta capuche, bakanda.

L'homme tressaillit et ôta sa capuche, révélant une chevelure brune et deux yeux sombres interrogateurs.

- Moyashi ?!

Allen sourit et…

- C'EST ALLEN POUR TOI BAKANDA ! T'AS PAS DE CERVELLE OU QUOI ?

- NON MAIS JE RÊVE ! C'EST TOI QUI A COMMENCE A M'APPELER BAKANDA !

- UNIQUEMENT PARCE QUE JE SAVAIS QUE TU M'APPELLERAIS PAR CE SURNOM STUPIDE !

Ils s'interrompirent, voyant que les conversations avaient cessé, et que tous les regards étaient tournés vers eux.

Au bout de quelques minutes, les chuchotements reprirent de plus belle.

- Tsss, et puis c'est quoi cette apparence ? T'es encore pire qu'avant.

Piqué au vif, Allen répliqua :

- Parce que tu crois que t'as l'air plus malin, enfermé dans ta cape ? Avec mugen qui dépasse ?

Kanda jeta un œil à son katana qui dépassait effectivement de sa cape et le remit en place.

Allen sourit à nouveau.

- Qu'est-ce qu'il y a encore ?

- Rien, c'est juste que, même si je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, ça fait du bien de te revoir.

- C'est si terrible que ça dans cette école ?

- Pas vraiment… Disons que c'est simplement très différent de ce que nous connaissons. J'ai l'impression de mentir à tout le monde, avoua-t-il

Kanda le dévisagea silencieusement.

- Bon, reprit soudain le plus jeune, tu voulais me voir.

- Oui, je serais revenu avant si j'en avais eu l'opportunité mais…

Il repensa à tous les obstacles ridicules qu'il avait du surmonter avant de pouvoir envoyer une simple et fichue lettre.

- Enfin bref, c'est à propos des akumas.

- Tu les as tous trouvés ? s'étonna Allen

- Justement non, et on dirait qu'ils y en a pas mal dans ce monde finalement.

- Tu sais où ils se trouvent ?

- Pas tous, mais j'en ai déjà éliminé un bon paquet.

- Alors pourquoi m'envoyer une lettre pour qu'on se voie ?

- Parce que ce village ne va pas tarder à être attaqué.

- Q… quoi ? Mais comment tu le sais ?

- Je les ai attirés ici.

- QUOI ?

Allen bondit littéralement de sa chaise à cette annonce :

- Bakanda ! Qu'est-ce qui t'a pris ?!

- On reste calme... Au départ, ce n'était pas mon intention, je savais qu'ils me suivaient et j'avais l'intention de les emmener dans un endroit désert, mais ils sont vite devenus trop nombreux.

- Donc tu m'as fait venir pour que je t'aide à les combattre ?

- Tch, comme si j'avais besoin de ton aide… Il y aurait trop de dégâts si je m'en étais occupé seul. Et je savais qu'ils étaient prêts de m'attaquer.

- Et, à ton avis, quand vont-ils…

Son œil s'activa soudain.

Kanda fronça les sourcils.

- Ils sont là, fit Allen en cachant son œil pour ne pas attirer une fois de plus l'attention sur eux, ils arrivent !

- Combien ?

- Trois niveaux 2 et… Neuf niveaux 3 ?! Mais ça fait combien de temps qu'ils te suivent ?!

- T'occupe, on n'a pas le temps là.

Le japonais se leva.

- Attends !

Le jeune homme blond le rattrapa par la manche.

- Quoi ?

- Comment on fait ? Les rues sont pleines de monde !

- On les attire à l'écart et on les élimine.

- Il faut que je les prévienne.

- Qui ça ? demanda Kanda

Le jeune exorciste lui fila sous le nez sans lui donner de réponse.

- Non mais oh !

Anna, Nils, Hermione, Harry et Ron virent Allen sortir en trombe de la taverne et foncer sur eux, une main plaquée sur l'œil gauche.

- Il faut qu'on s'en aille !

- Elle fait si peur que ça ? fit Harry surpris

- Tu t'es fait mal à l'œil ? demanda Ron curieux

- Oui, euh… non, je crois que j'ai une poussière dans l'œil, répliqua-t-il en bénissant l'inventeur de cette excuse toute faite

- Tu veux que je vérifie ? proposa Anna

- Non ! Il faut partir tout de suite !

Devant l'agitation de leur ami, les deux Serpentards et les trois Gryffondors retrouvèrent leur sérieux.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Hermione

Une violente explosion eut lieu à quelques centaines de mètres d'eux.

- Voilà pourquoi, lui répondit Allen, des akumas arrivent.

Ils se glacèrent en comprenant dans quelle situation ils se trouvaient.

Voyant que des cris commençaient à retentir ici et là, et que les gens commençaient à fuir, ils se résolurent à les imiter et à fuir.

- Des akumas ? cria Hermione pour couvrir le bruit de la cohue, mais comment tu le sais ?

- Hermione, on s'en fiche ! hurla Ron

- Surtout, restons bien groupés, fit Harry, jusqu'à ce qu'on trouve un endroit pour…

Il fut bousculé par une sorcière qui hurlait de terreur.

- Hé, par ici ! s'exclama Nils en leur désignant une rue étroite et humide, encombrée de vieux meubles.

- Mais c'est une impasse ?! dit Harry

- Peut-être, mais on peut toujours s'y cacher.

Ils s'y engouffrèrent donc, et en profitèrent pour souffler un peu, observant les passants défiler en courant, terrifiés.

- Où est Allen ? demanda soudain Hermione en cherchant le jeune homme des yeux

- Il est peut-être resté derrière ?

- Ronald, comment peux-tu rester aussi calme alors qu'il nous a dit lui-même que des akumas arrivaient ?

- Il faut qu'on retourne le chercher, fit Harry d'une voix décidée

- Quoi ? hoqueta Ron

- C'est ton ami oui ou non ?

Le jeune homme roux hésita avant de répondre :

- C'est peut-être mon ami, mais de là à aller risquer ma peau pour lui…

- On a assez attendu !

Anna se précipita dehors, finalement suivie par tout le monde, vers l'endroit d'où provenaient les explosions.

Alors qu'ils couraient dans le sens inverse du mouvement de la foule, Hermione se rendit soudain compte qu'un enfant restait immobile au milieu de la cohue.

- Hé, fit-elle en s'arrêtant et en se mettant à son niveau tandis que ses amis s'arrêtaient également, tu es perdu ?

L'enfant la dévisagea un instant, impassible, puis tourna la tête vers le lieu où se trouvaient les akumas.

- Ca n'a aucun intérêt de tuer les gens ici, fit-il

- Pardon ?

- Je dois aller tuer les exorcistes.

A ces mots, son visage se fendit d'un sourire de démence, et avant que les cinq amis aient eu le temps de dire quoi que ce soit, son enveloppe humaine se déchira.

L'akuma fendit ensuite la foule pour se rendre vers le lieu qu'il avait repéré, laissant les adolescents pétrifiés.

Pendant ce temps, Allen avait repris son apparence et lui et Kanda avaient invoqué leur Innocence.

Ils avaient déjà éliminés deux niveaux 2 et deux niveaux 3.

- Pourquoi tu ne sors pas ton épée ? lui cria Kanda alors qu'il tranchait un niveau 3ça nous éviterait de perdre du temps !

- Komui m'a déconseillé de le faire dans ce monde !

L'exorciste se remémora la conversation qu'il avait eue avec le chef de la Congrégation avant son départ.

- … Et évite d'utiliser le potentiel maximal de ton Innocence.

- Pourquoi ?

Komui s'était assis à son bureau :

- Vois-tu, lorsque tu te synchronises totalement avec ton Innocence, ton taux de résonance est tellement élevé que nous ne pouvons pas prévoir ce qui se passerait dans l'autre monde.

- C'est-à-dire ?

- Cela pourrait engendrer des dégâts…

Alors qu'il se battait avec un niveau 3, Allen entendit des sanglots. Tournant la tête, il se rendit compte avec horreur qu'une petite fille était cachée derrière une poubelle.

Malheureusement, un autre akuma s'en était également rendu compte, alerté par les pleurs de l'enfant.

- Oh, une sucrerie ! Viens ici ma mignonne !

Il se jeta sur elle.

- NON ! hurla l'exorciste ! Crown belt !

Délaissant son adversaire, il se propulsa vers l'akuma qui allait se saisir de la fillette apeurée avant d'utiliser ses griffes pour le neutraliser.

Puis, il s'accroupit devant la petite sorcière qui tremblait.

- Là, tout va bien, tu n'as rien ?

La petite fille s'essuya les yeux en faisant non de la tête.

- Tu sais où sont tes parents ?

Elle hocha la tête.

- Et tu penses pouvoir les retrouver toute seule ?

Après un nouveau hochement de tête, la fillette fit un sourire timide.

- Vous êtes un ange ?

- Pas vraiment, mais il faut que tu y ailles maintenant d'accord ?

La jeune sorcière acquiesça docilement avant de s'enfuir pour aller retrouver sa famille.

- Besoin d'une petite pause ?

Allen n'eut pas le temps de se retourner assez vite éviter le coup de l'akuma qui le propulsa contre un mur à pleine vitesse. Sous le coup de l'impact, le mur se fissura.

- Moyashi !

Malgré le violent choc, l'exorciste reprit vite ses esprits pour parer l'attaque suivante. Il purifia l'akuma et se tourna vers les deux derniers restants.

Kanda et lui s'interrogèrent du regard avant de bondir sur eux.

Il y eut une explosion, puis le silence revint.

- Bon, déclara Kanda en essuyant son katana, j'y vais.

Allen désactiva son Innocence :

- Où ça ?

- Plus au nord, il doit y avoir des akumas par-là bas. Je te recontacterai au besoin..

Le plus jeune faillit rétorquer qu'il ne serait pas forcément tout entier à sa disposition quand ça lui chanterait mais préféra tenir sa langue.

Alors que Kanda allait quitter la rue dans laquelle ils se trouvaient…

- Kanda ?

- Quoi ?

Allen esquissa un sourire triste en songeant qu'il ne reverrait sans doute pas son aîné avant de longues semaines :

- Joyeux Noël…

Le jeune homme brun était de dos, et demeurait silencieux.

- Tu ferais mieux de te rechanger en supposé élève si tu ne veux pas que tout le monde te dévisage à cause de tes cheveux de vieux.

L'exorciste aux cheveux blancs hésita entre le fait de le traiter de tous les noms ou de simplement se jeter sur lui et de lui raser la tête.

- Et Joyeux Noël.

Le kendoka disparut entre les ruelles.

Allen demeura interdit, avant d'émettre un soupir : jamais il ne comprendrait la façon de penser de cet être tout bonnement…incompréhensible.

Il tâtonna dans le fond de sa poche jusqu'à ce que sa main entre en contact avec une surface lisse et dure.

Il sortit le flacon de potion et le vida d'un trait.

Il attendit encore quelques minutes puis, lorsqu'il eut senti les changements opérer sur son visage, il sortit rejoindre ses amis…

… Qui se trouvèrent soudain juste devant lui.

- Ah, fit-il surpris, ça va ?

Nils, Anna, Hermione, Harry et Ron le dévisagèrent comme s'il venait d'une autre planète.

Anna inspira une bouffée d'air frais, mit les mains sur les hanches et…

- Non mais comment ça « ça va ? » ! Tu nous abandonnes sans explications et tu reviens en nous demandant si ça va ? Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

- Waouh, glissa Ron dans l'oreille de son meilleur ami, on dirait ma mère !

- D… désolé, je vous ai perdus de vue dans la foule, je n'avais pas l'intention de vous abandonner.

- Mais si tu nous as perdus de vue comme tu le dis, que faisais-tu à l'opposé de l'endroit où nous avons commencé à courir ? interrogea Nils

- Sans compter c'est d'ici que venaient les explosions !

- Euh, à vrai dire je…

- Je rêve ou tu nous caches quelque chose ? s'insurgea Anna, Tu n'as pas idée de…

Elle s'interrompit brusquement.

Tous les autres suivirent son regard qui s'était arrêté sur un élément.

- Quoi ? demanda l'accusé perplexe

- Ben… mince alors… murmura Ron

- Allen, fit Hermione d'une voix tremblante, tu… tu saignes.

Et zut…

Il regarda à son tour ce qui n'allait pas.

Un long filet de sang parcourait son gant droit.

- Retire ton gant et relève ta manche, ordonna Nils d'une voix étranglée

L'exorciste se gifla mentalement pour ne pas avoir remarqué une bourde pareille : lorsqu'il s'était cogné au mur projeté par l'akuma, il avait tenté d'amortir le coup avec sa main droite.

- Ah, ça ne doit être qu'une petite coupure, j'ai du me faire ça quand j'ai été projeté par l'explosion.

- Projeté par l'explosion ? répéta lentement Harry

- Relève. Ta. Manche, siffla Anna

Il soupira : face aux regards inquisiteurs de ses amis, avait-il vraiment le choix ?

Il commença à retrousser sa manche droite.

- Ca ne va peut-être pas être très beau à voir, les prévint-il doucement

Et en effet, ça ne l'était pas.

Il avait une longue entaille ensanglantée sur l'avant du bras.

- Une petite coupure, dit Nils d'une voix blanche, tu t'es carrément ouvert le bras !

- Mais je ne sens rien du tout !

A vrai dire, maintenant qu'on en parlait, le jeune homme sentait des picotements le long de sa blessure, mais tout cela était très supportable, indolore.

Malgré ses protestations, ils le firent retourner au château de toute urgence pour aller à l'infirmerie.

En chemin, l'attention d'Harry fut attirée par des éclats de voix :

- Ne t'enfuis plus jamais comme ça Célia, tu aurais pu être tuée !

Un homme et une femme étaient en train de réprimander une petite fille, probablement la leur.

- Mais un ange m'a protégée !

- Un ange ? Tu te moques de nous ?

- Mais non ! Il avait une grande cape blanche et des griffes !

- T'as pas fini de nous raconter des bobards ? Allez, rentre à l'intérieur !

Sur ce, la petite sorcière fut poussé sans ménagement à l'intérieur de la maison dont la porte se referma avec un claquement sec.


Normalement, prochain chapitre : dimanche 22 novembre.

Je dis « normalement » car je suis un peu embêtée avec la suite de l'histoire. J'ai un tas d'idées, mais j'ai envie que celles-ci coïncident avec le livre de J.K Rowling et il est absolument hors de question que je bâcle mon histoire juste pour sortir un chapitre à temps.