Ce fut long et douloureux...

Reviews, merci à:

Kilrane01 : Suivant le conseil de plusieurs personnes, dont toi, j'ai écrit quelques parties intermédiaires, mais vous ne les verrez pas tout de suite...

Sednareinedeseaux : Il est plutôt dur de conserver la méfiance dont tu parles entre les deux clan, je suis contente que ma manière de faire te convienne : )

Kyle53 : Compagnon de galère des TPE ! Ça fait plaisir : ) ! Bonne idée pour le poker, je vais voir si je peux l'intégrer quelque part...

Daphoux : Désolé pour les « à », Word m'a lâchée, je me suis rabattue sur Work, et finalement sur Open Office, et dans la foulée, j'ai perdu tous les « à », les »è » et les « é ». Ça ne se reproduira pas...

Tango Dancer : Merci : ) !

Javelot77 : Tu es également pour le couple Allen/Hermione hein... Je note !

Mira Nara : Nooon ! Ne m'enterrez pas ! Sache que je n'arrêterai jamais d'écrire, je déteste abandonner un projet en cours, et celui-là est loin d'être terminé. Harry sait que la petite sorcière s'appelle Célia parce qu'il a entendu une conversation entre la petite fille et ses parents, au chapitre « Retrouvailles » (mais tu m'as foutu un gros doute quand même...). Comment ça mes chapitres sont trop courts ! Cela dit, j'admets qu'ils sont moins longs qu'avant, mais ça veut dire plus de chapitres dans mon histoire ! Kanda est... SECRET DEFENSE !

SerenePhenix : Contente que cette idée te plaise, et merci pour ta review !

Elrond-76 : C'est vrai que la réaction des témoins était peut-être un peu faible, et en particulier celle d'Harry, mais lui a plutôt été attiré par le manque d'effet du sort sur Allen. J'aime bien le « censé » XD !

Crownclown123 : Merci à toi !

Egwene Al'Vere : Ici s'achève ta frustration, et ici en commence une autre...

Bonne lecture !


Chapitre 14 : Le secret


Le lendemain matin, Harry et Hermione firent part de leur projet de filature à Ron. Celui-ci ne fit aucune objection : il suivrait ses amis, quoi qu'il arrive.

Pourtant, et il ne manqua pas de le leur faire remarquer, l'idée lui semblait plutôt étrange. Si Allen était digne de confiance, comme ils se plaisaient à le lui répéter depuis plusieurs semaines, il ne devait pas leur cacher grand chose, et surtout pas une chose de cette ampleur. Harry rétorqua qu'après tout, cette idée ne faisait que rejoindre leur objectif de départ : découvrir pourquoi le Serpentard était si différents des membres de sa maison, et du « Serpentard » en général.

La filature devait débuter le jour même. Harry était le premier des trois à suivre le Serpentard, lorsque celui-ci ne se trouverait pas avec eux.

A la dérobée, il le vit discuter avec Anna et Nils, se rendre à la bibliothèque pour rendre un livre sur les sept plus grandes découvertes magiques des sept dernières années, et il le vit même en grande discussion avec son zilter, à propos d'un sandwich au jambon.

A la fin de la journée, le bilan était loin d'être concluant.

- Alors ? s'écrièrent Ron et Hermione en se jetant sur lui alors qu'il franchissait la porte du dortoir

- Un étudiant ordinaire, soupira-t-il abattu en se laissant tomber sur un canapé

- Aujourd'hui en tout cas, rectifia Hermione, mais il ne fallait évidemment pas s'attendre à dénicher des éléments étranges dès le premier jour.

- Demain, c'est à mon tour, fit Ron, mais il faudra que l'un de vous me remplace à seize heure trente, j'ai entrainement de Quidditch juste quand il sort du cours de potions.

- Je n'ai rien à cette heure là, dit la rousse, je pourrai le suivre à ta place. Et surtout n'oubliez pas, il ne doit à aucun moment se douter que quelqu'un le suit. S'il nous cache véritablement quelque chose, il finira bien par commettre une erreur qui le trahira.

Le raisonnement de la jeune fille était tout à fait pertinent car au moindre doute, Allen se montrerait soupçonneux et agirait avec beaucoup de précaution. Dans son calcul, elle n'avait cependant pas pris un détail en compte : elle et ses deux amis étaient loin d'être nés espions ou agents-secrets, aucun d'eux n'avait d'expérience dans la filature. Allen, en revanche, mais elle ne pouvait pas s'en douter, avait subit un entrainement dur, long et douloureux, et était capable de repérer le moindre bruit, geste, ou changement d'atmosphère suspect.

C'est ainsi que dès la filature d'Harry, l'exorciste avait dénombré bon nombre de faits et gestes étranges qui l'avaient instantanément mené à une conclusion instinctive, inébranlable et cruelle : il était suivi.

La première question qu'il se posa le soir, après s'être assuré que personne ne l'avait suivi jusque dans son lit, fut de savoir qui le suivait.

Ses pensées s'orientèrent d'abord tout naturellement vers Malefoy, qui avait juré de revenir à la charge le jour où il l'avait attaqué de dos. Pourtant, Malefoy n'était pas accoutumé à agir dans l'ombre : il contrôlait tous les Serpentards. Si son intention était de l'intimider, il s'y serait pris autrement, quoique...

En dehors de lui, il ne voyait personne d'autre. Il aurait bien pensé à Lavi et à ses farces douteuses, mais celui-ci n'était pas dans ce monde.

Alors qui ?

Voyant que ses réflexions ne portaient pas ses fruits, et qu'il avait trop sommeil pour songer plus sérieusement au problème, il résolut de démasquer le mystérieux espion dans les jours qui suivaient.

Il n'eut pas à enquêter bien longtemps. Dès le lendemain, il aperçut une touffe de cheveux roux dépasser d'un pan de mur.

Un Weasley.

Pourquoi donc était-il suivi par un Weasley ?

Une autre fois, il entendit un élève saluer Harry, alors que celui-ci ne se trouvait pas dans son champ de vision.

Il était donc suivi par Ron, Harry, et inévitablement Hermione.

Une deuxième question s'imposait alors :

Pourquoi ?

N'avaient-ils pas confiance en lui ?

Ou peut-être avaient-ils découvert un élément à son sujet qui leur laissait penser qu'il leur cachait quelque chose ?

Il préférait presque la première option, la deuxième signifierait bien trop d'ennuis à venir.

Pourtant, cela ne pouvait être que cette dernière, qui entrainait logiquement la première.

Où avait-il commis une erreur ?

Bien sûr, le jeune homme savait que ses amis découvraient de plus d'éléments étranges émanant de lui, mais de là à la suivre... La situation devenait complexe. Peut-être son absence lors de l'attaque ? Son gant ? Son œil gauche ? Sa cicatrice ? Le clin d'œil ? Il y avait tellement de choix qu'ils n'avaient plus qu'à se servir.

L'affaire était sérieuse, puisque les trois Gryffondors en étaient rendus à le filer. A la moindre erreur de sa part, ils lui tomberaient dessus.

A présent, le mieux était de faire profil bas et de surveiller ses gestes et ses paroles. Mieux : les envoyer sur une fausse piste. Que pouvait-il faire semblant de leur cacher ?

En attendant de trouver une réponse à ces questions, l'exorciste tâcha de ne pas laisser transparaître sa nervosité, et fit comme si de rien était, aussi bien dans les moments où ils étaient ensembles, que dans la solitude.

Après tout, il commençait à devenir un comédien hors pair.

Au bout d'une semaine de comédie réciproque, Hermione, Harry et Ron furent les premiers à fatiguer.

Ils entamèrent une discussion à ce sujet en cours de botanique.

- Soit il sait qu'il est suivi, soit il n'a vraiment rien à cacher, déclara Ron en coupant sauvagement en deux sa mandibule de Draconi.

Un jet jaunâtre et nauséabond se répandit sur son tablier.

- Un peu de douceur Weasley enfin ! s'indigna madame Chourave en passant s'arrêtant à son niveau, c'est une plante, pas un bout de saucisson !

- Elle était coriace...

Une fois que le professeur fut repartie, la conversation reprit :

- Dans les deux cas, ce n'est pas comme ça qu'on découvrira ce qu'il nous cache.

- S'il nous cache quelque chose, rappela Hermione

- Et on sait que c'est sûrement le cas. Il faudrait le piéger d'une façon ou d'une autre mais... Eh ! Attention Ron ça coule partout !

- Je crois qu'elle a explosé, gémit le rouquin

- Ne dis pas de bêtise Ron, tu as juste appuyé un peu trop fort, tiens-là plutôt par l'arrière.

- Parce que cette chose a un sens ?

La jeune fille soupira, lui montra comment effectuer l'étape et reprit :

- Ce n'est pas que je trouve l'idée irréalisable mais comment voudrais-tu qu'on le piège Harry ?

- Je ne sais pas, je te signale que de nous trois, c'est toi qui possède le cerveau le plus évolué.

- Merci Harry...

- Désolé Ron, mais il faut reconnaître que c'est elle qui nous explique toujours tout, et c'est aussi elle qui nous aide pour nos devoirs... quand elle ne le fait pas à notre place. Elle est aussi...

- Stop ! C'est bon j'ai compris, Hermione est la plus intelligente de nous trois. Je ne remets pas en question ton affirmation mais tu aurais pu la formuler un peu moins cruellement.

Leur amie leva une nouvelle fois les yeux au ciel, mais ses joues se colorèrent légèrement.

- On peut faire semblant de tout savoir ? proposa Ron

- De tout savoir quoi ? On se sait même pas ce qu'on cherche précisément.

- Mais si, on fait semblant de savoir qu'il a un moyen de tuer les akumas. Évidemment, on reste assez flous, mais on agit comme si on avait tout découvert.

- Il n'est pas stupide, fit Hermione en haussant les épaules, il voudra que nous lui montrions des preuves de ce que nous avançons.

- Ce n'est pas bientôt fini vous trois ? les interrompit madame Chourave, vous voulez du thé et de la tarte à la citrouille peut-être ?

Les trois amis se turent et firent mine de se concentrer sur leur travail.

Une fois que leur professeur eut le dos tourné, ils reprirent de plus belle :

- J'ai une idée de piège, murmura Hermione

- Une idée de piège ! s'exclama le jeune homme roux un peu trop fort

- Ron !

- Désolé, une idée de piège ?

Elle remplit une moitié de sa mandibule de terre avant de la recouvrir avec la deuxième moitié.

- S'il peut sauver les gens des akumas, il agira pendant une attaque, donc...

- … donc on peut lui faire croire qu'il y a une attaque, acheva Harry, à Pré-au-Lard

- Il y a justement une sortie à Pré-au-Lard dans deux jours, indiqua Ron, on pourrait... Outch !

Madame Chourave venait de lui envoyez un radis rongeant sur la tête :

- Mon cours... n'est pas un salon de thé ! TAISEZ-VOUS !

Ron baissa tristement le regard sur ce qui restait de sa mandibule :

- Madame, je crois que de toute façon, c'est fini pour elle.


- Lavi, tu m'écoutes ?

Le jeune homme roux sortit de ses pensées pour regarder son interlocutrice :

- Désolé Lenalee, je pensais à autre chose.

- La chinoise eut un sourire :

- Laisse-moi deviner, à Allen et Kanda ?

- C... comment tu le sais ?

- Ça m'arrive souvent à moi aussi, de me demander où ils sont, ce qu'ils font... Ah, nous sommes arrivés.

Ils se levèrent, prirent leur valise et descendirent du train.

- Lenalee, tu crois qu'ils seront bientôt de retour ? Demanda Lavi une fois qu'ils furent sur les quais

- Difficile à dire, on ne sait même pas exactement où ils sont, ni combien il reste d'akumas dans le monde magique.

- Le vieux directeur ne s'est pas manifesté depuis la dernière fois ?

- Je ne crois pas, Nii-san m'en aurait parlé.

- Ils continuèrent à marcher silencieusement.

- En tout cas, reprit le bookman junior, ça n'arrange pas la situation d'Allen, l'administration centrale désapprouvait son départ.

- Moi je pense que c'est une bonne chose pour lui, déclara la jeune fille brune, au moins là-bas, il n'a pas quelqu'un collé à lui en permanence.

- Peut-être mais quand il reviendra, il y a de fortes chances pour que Lubérier lui tombe dessus comme une enclume...


- Regardez par ici, ils vendent des Hupagolls !

- Des Hupagolls ?

Allen, Nils, Hermione, Harry et Ron s'approchèrent de l'étagère de la boutique de friandises désignée par Anna.

- Je pensais que c'était illégal, fit remarquer Hermione avec une moue désapprobatrice

- Qu'est-ce que c'est exactement ? demanda Harry en contemplant les bâtonnets scintillants d'où sortait une fine fumée blanche.

- C'est une sorte de drogue qui a été interdite à la ente il y a trois mois.

- Quoi ?

- Pas du tout Hermione ! s'insurgea Ron, c'est juste un moyen de euh... décompresser...

- … tout en se grillant les neurones, ajouta Hermione

- De la drogue donc, conclut Harry

Ron marmonna dans sa barbe tandis que ses amis souriaient.

- J'ai besoin de nouveaux gants en peau de dragon pour la botanique, fit soudain Hermione, tu m'accompagnes Ron ?

- C'est loin ?

- A deux pas d'ici, chez Reizel.

- On vous accompagne ? proposa Allen

- Pas la peine, on en a pour cinq minutes.

Les deux Gryffondors s'éclipsèrent.

Resté seul avec les trois Serpentards, Harry devait accomplir sa part du plan : les occuper, et en particulier occuper Allen.

- En attendant, on peut aller voir les balais, c'est juste à côté.

- Mais Allen n'aime pas trop les balais, fit Anna

- Je n'aime pas trop voler, rectifia le jeune homme blond, mais je n'ai rien contre les balais.

Les quatre amis se rendirent ainsi dans une boutique d'articles pour Quidditch.

- Quel est le meilleur balai ? demanda Allen avec curiosité en reposant un Nimbus 2003

- L'Eclair de feu, répondit Nils, d'ailleurs il me semble qu'Harry en a un.

- C'est vrai ?

- On me l'a offert, expliqua le Survivant, du rayon « entretien des balais »

- Tu as de généreux donateurs ! s'exclama Anna, moi j'ai toujours voulu faire partie de l'équipe de Quidditch de Poudlard, mais je ne suis malheureusement pas assez douée sur un balai.

- Rassure-toi Anna, ça ne peut pas être pire que moi.

- Ah mais ça, il faudrait que tu nous le prouves Allen, nous avons beaucoup entendu parler de ta médiocrité en vol, mais nous ne t'avons jamais vu à l'œuvre.

- Crois-moi, vous ne voulez pas me voir à l'œuvre.

Les trois Serpentards échangèrent un regard complice.

- Je ne voudrais pas vous choquer...

- Tu es si mauvais que ça ? fit Harry en riant

- Tu n'as pas idée.

La porte de la boutique s'ouvrit brusquement, laissant apparaître Ron, essoufflé.

- On a un problème, venez vite !

Sans leur laisser le temps de rétorquer quoi que ce soit, il repartit en courant.

Après s'être regardé avec étonnement, Allen, Anna, Nils et Harry quittèrent la boutique et rattrapèrent leur ami qui courait.

- Où est Hermione ? Demanda Allen tandis qu'ils couraient

- Je ne sais pas, je l'ai perdue.

- Comment ça tu l'as perdue ? Et où va-t-on ? s'écria Anna

- On était en train de vous rejoindre, et on a entendu des cris... C'était un akuma ! Il faut... partir !

- Un a...kuma ?

Allen ralentit sa course pour finalement s'arrêter.

- Qu'est-ce que tu fais Allen, cria Nils, il faut courir, que... quoi ?

Ils s'arrêtèrent tous.

L'exorciste avait les sourcils froncés.

- Un akuma ?

- Euh oui.

Ron et Harry évitèrent de se regarder : leur plan allait-il marcher ?

Allen, lui, savaient que ses amis mentaient. S'il y avait réellement eu un akuma dans les parages, il l'aurait senti instantanément : son œil se serait activé. S'ils avaient voulu lui tendre un piège de ce type, ça ne pouvait signifier qu'une chose : ils pensaient qu'il avait quelque chose à voir avec le fait que les akumas puissent être éliminés.

Pour le moment, il sentait le regard insistant de Ron et d'Harry. Ils attendaient sûrement une certaine réaction de sa part.

Et bien ils allaient être servis, leur plan allait se retourner contre eux et il se demandait comme ils allaient s'y prendre pour que leur petite manigance ne soient pas démasquée.

Il opta, non sans une certaine malice, pour ce qui lui serait tout bonnement venu à l'esprit s'il n'avait pas été un exorciste.

- Mais pourquoi ne va-t-on pas retrouver Hermione ?

- Que... quoi ? fit Harry

- Si elle est là-bas, et qu'il y a un akuma dans les parages, elle est en danger. Il faut qu'on aille la chercher et qu'on la ramène ici !

- Tous... ensemble ?

- Bien sûr, celui qui irait seul risquerait de se faire tuer !

Allen retint un sourire en voyant la mine effarée, ou plutôt effondrée, qu'affichaient à présent les deux Gryffondors.

Ils avaient sûrement pensé qu'il trouverait un prétexte pour se retrouver seul et aller secourir Hermione.

Et bien non.

- Mais si nous y allons tous ensemble, nous risquons de tous nous faire tuer, fit remarquer Nils

- Ô, joie de l'optimisme, ironisa Anna

- Néanmoins, c'est juste.

- Ron, où étiez-vous quand tu l'as perdue de vue ?

- Ben euh... en fait... par là... plus ou moins...

Il désigna vaguement une direction.

- Allons-y ! lança Allen en s'élançant vers cette direction

- Attend-nous !

Tandis qu'ils suivaient le Serpentard, Harry et Ron se lançaient des coups d'œil affolés. Hermione devait être cachée. Comment allaient-ils se sortir de ce pétrin ?

- Cachée derrière un mur, Hermione vit la troupe arriver en courant dans sa direction.

Apparemment, tout n'avait pas fonctionné exactement comme prévu.

- Ça n'était pas aujourd'hui qu'ils perceraient le secret du Serpentard.

Le plus urgent maintenant était de trouver un plan de secours, ce qu'elle et ses amis avaient eu la bêtise d'oublier.

Réfléchis Hermione, réfléchis vite !

Une idée lui vint à l'esprit.

Entendant les pas précipités de ses camarades, elle se tapit contre le mur et attendit qu'ils passent devant elle.

Une fois que ce fut fait, elle attendit encore un peu, puis s'ébouriffa les cheveux, noircit légèrement son visage avec la poussière qui s'était déposée sur le mur, déchira un pan de sa cape grâce à un sort et enfin décida à contre-cœur de laisser son écharpe sur place, bien qu'il fasse encore très froid malgré le fait que la fin de l'hiver soit bientôt là.

Elle s'élança ensuite à leur suite, et finit par les voir courir devant elle.

- Je suis là ! cria-t-elle

Ils se retournèrent aussitôt, et cessèrent de courir en la voyant.

- Que t'est-il arrivé ? demanda Anna en la voyant couverte de poussière

La jeune fille rousse fit mine de reprendre son souffle :

- L'akuma... J'ai réussi à m'échapper.

- Tu n'es pas blessée ? fit Allen en saluant intérieurement les efforts qu'avait fait son amie pour avoir l'air crédible

- Non, je n'ai rien.

- Et où est parti l'akuma ? demanda Nils en regardant autour de lui

- Aucune idée, je pensais qu'il était parti dans votre direction.

- Voyant qu'elle n'avait pas plus son écharpe, Allen s'approcha d'elle, déroula celle qu'il avait au cou et la lui tendit :

- Euh... pourquoi... commença-t-elle

- Il fait froid, fit-il simplement en guise d'explication, mais si tu ne veux pas la porter parce qu'elle est aux couleurs des Serpentards je...

- Non non, se défendit la jeune fille, ce n'est pas pour ça. C'est toi qui va avoir froid si tu me la donnes.

- Je suis loin d'être frileux.

Il l'enroula lui même autour de son cou et lui fit un sourire :

- Ce qui compte c'est que tu sois saine et sauve.

Hermione rougit et détourna le regard :

- Merci.

- Rentrons, fit Ron


Quelques heures plus tard, les six amis s'étaient séparés et Hermione, Harry et Ron étaient de retour dans leur salle commune.

- C'était un fiasco total, déclara Harry en s'étirant

- De quoi Harry ? fit Neville qui passait par là à ce moment

- T'occupes Neville, fit Ron en baillant

- Bon, dans ce cas je vais me coucher, répliqua Neville vexé, bonne nuit.

- Bonne nuit Neville, firent les trois amis en chœur

Lorsque ce dernier fut monté au dortoir, Hermione soupira.

Ron et Harry se tournèrent vers elle :

- Quoi ?

- C'est juste que... J'aimerais qu'on arrête tout.

Harry fronça les sourcils :

- Tu veux qu'on arrête de suivre Allen ?

- Oui.

- Mais c'est toi qui...

- Je sais que c'était mon idée au départ mais... Ça m'a mis mal à l'aise quand il m'a donné son écharpe. Il m'a regardé droit dans les yeux en me souriant et je n'osais pas lui sourire. Lui nous fait confiance.

Elle contempla les flammes de la cheminée, et reprit :

- De plus, je ne pense pas que ça soit la meilleure solution.

- Et qu'elle serait la meilleure solution alors ? marmonna Ron, vous changez d'avis en permanence vous deux.

- Attendre.

- Attendre ? C'est ça ta solution miracle ?

Harry intervint :

- Je suis d'accord, pour le moment, mieux vaut attendre. On trouvera bien un moyen pour qu'il se confie à nous.

- Oui mais quand ?

- Je ne sais pas.

- Je ne sais pas non plus, Ron, dit Hermione découragée, et je ne sais même plus s'il nous cache quelque chose ou si c'est moi qui ait envie qu'il ait un secret.

- Attendre, c'est tout ce que nous pouvons faire, décréta le brun


Les trois Gryffondors cessèrent donc toute filature, et préférèrent attendre que les réponses à leurs questions s'imposent d'elles-mêmes.

Ils furent récompensés de leur patience trois jours plus tard.

Après un cours de potion durant lequel Rogue avait été particulièrement odieux, Harry, Hermione et Ron voulurent se rendre dans la Salle sur Demande dans laquelle ils avaient pris plaisir à aller régulièrement depuis qu'ils voyaient Allen, Anna et Nils.

Arrivés dans le couloir du septième étage, ils eurent la surprise de constater...

… que la porte de la salle était déjà apparue.

- Quelqu'un m'explique comment ça se fait ? demanda Ron abasourdi avant de se tourner vers Hermione comme si elle connaissait la réponse

- Arrête de me dévisager comme ça Ron, je n'en ai pas la moindre idée. Je pensais que la porte disparaissait dès que quelqu'un se trouvait à l'intérieur.

- Oui, dit Harry en prenant son menton entre ses doigts, moi aussi je pensais que c'était le cas et à vrai dire, je suis plutôt inquiet. Si la porte peut apparaître lorsqu'il y a quelqu'un à l'intérieur, ça veut dire que si nous nous entrainons pour l'A. D et qu'Ombrage passe par là au mauvais moment...

- Ça serait catastrophique, fit sombrement Ron, on serait renvoyés.

- Ou pire...

Ils demeurèrent devant la porte sans un mot pendant quelques minutes.

Ron brisa finalement le silence :

- Bon, on entre ?

- Ron ! s'exclama Hermione indignée, il y a quelqu'un à l'intérieur !

- Et alors ? Si la porte est apparue, ça veut bien dire qu'on a le droit d'entrer non ?

- Attendez ! fit soudain Harry, il y a quelque chose ici.

Il se pencha doucement et leur désigna quelque chose du doigt.

Un bout de tissu vert bouteille était coincé dans entre le mur et la porte.

- Qu'est-ce que c'est ? fit le jeune homme roux en se penchant à son tour

Harry effleura le bout de tissu du bout des doigts.

- On dirait... de la soie.

- C'est peut-être pour ça que la porte est coincée, fit remarquer Hermione

- Alors on ouvre et on décoince après.

- Certainement pas Ronald, on décoince, la porte disparaît, et on laisse la personne à l'intérieur tranquille.

- Quoi ? Non mais... Eh ! Attends ! Non, ne...

La jeune fille s'était avancée, et avait tiré d'un cou sec sur le bout de tissu, mais celui-ci n'avait pas bougé d'un pouce.

Ron poussa un soupir de soulagement.

- Je crois que ça a couiné, fit lentement Harry

- Couiné ?

- Recommence pour voir.

Elle s'exécuta.

- Attends, tu ne tires pas assez fort, laisse-moi faire.

Ron prit la place d'Hermione, saisit le bout de tissu et... la porte s'ouvrit.

- Merci monsieur, Dobby avait mal au...

-Harry et Ron se retrouvèrent nez à nez avec l'elfe de maison.

- Harry... Potter ? Monsieur ! Monsieur Harry Potter ! Dobby est tellement heureux de vous revoir ! Mais est-ce que l'ami de monsieur pourrait lâcher la cravate de Dobby s'il vous plait ?

- Désolé, s'excusa Ron en lâchant le bout de tissu vert relié au cou de l'elfe de maison, je n'avais pas l'intention de... Hé attends, comment se fait-il que tu aies réussi à ouvrir la porte, tu n'es pas assez grand !

- C'est monsieur qui a ouvert la porte à Dobby quand Dobby lui a dit que sa cravate était coincée dans la porte.

- Hein ? Mais nous n'avons pas ouvert la porte !

- Ron, je ne crois pas qu'il parle de nous, fit Hermione

C'est à ce moment que la porte s'ouvrit totalement et que les trois Gryffondors se retrouvèrent face à...

- A... Allen ?


Prochain chapitre : Dimanche 21 février