Voici un nouveau chapitre !

Reviews, merci à :

Tango Dancer : Finalement, attendre jusqu'au 21 février n'a pas été trop dur ?

Kyle53 : ...Comme quoi le hasard fait bien les choses...

Egwene Al'Vere : frustration achevée !

Sat1 : J'ai arrêté à cet endroit par pure sadisme : )

Mira Nara : Harry a gardé ce petit détail dans un coin de sa mémoire. Hey ! Tes versions ne sont pas mal du tout ! Dommage que je n'y aie pas pensé...

Sednareinedeseaux : J'essaye de ne pas faire avancer l'intrigue trop vite pour donner plus de « corps » à mon histoire (c'est compréhensible ?) car je me suis rendue compte en relisant une de mes anciennes fictions que tout allait beaucoup trop vite. Sinon, c'est aussi parce que j'ai un tas de détails en tête et que je veux tous les mettre. : )

Tyanilisha : Oh oh, une fan de yaoi ? Bienvenue à toi : ) !

Elrond-76 : Je ne voulais justement pas qu'il soit en mode Dark-Allen car à mon goût, ça aurait abaissé le seuil de son inquiétude. Les inclure dans l'histoire tu veux dire les inclure plus ou les faire entrer dans le monde des sorciers ?

BleatchHitsugaya : Je ne dirai que quatre mots : rien n'est définitif...


Chapitre 15 : Passé recomposé


- A...Allen ?

L'exorciste demeura figé devant ses trois amis agenouillés.

- Qu... qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-il en essayant tant bien que mal de ramener la porte de la salle sur Demande vers lui, pour cacher aux autres la salle du quatorzième qu'il avait fait apparaître

- On voulait utiliser la Salle, expliqua Harry en se relevant, imité par Hermione et Ron, et on a vu la cravate de Dobby qui dépassait de la porte.

- Harry Potter aime la cravate de Dobby ? fit l'elfe de maison d'une voix suraiguë en élevant sa cravate vers le jeune homme, s'étranglant presque.

- Beaucoup Dobby...

- Qu'est-ce que tu faisais au juste ? demanda Ron curieux en apercevant un rai de lumière s'échappant de la porte

- Je, euh...

Face aux trois regards inquisiteurs, Allen ne pouvait que maudire intérieurement l'elfe de maison pour avoir coincé sa cravate dans la porte. En réalité, c'était tout aussi bien de sa faute : il avait accepté que Dobby reste pour écouter la berceuse. La créature ne semblait pas s'en lasser. Si seulement il pouvait fermer cette satanée porte sans que son geste paraisse suspect...

Dobby, lui contemplait la scène qui se déroulait devant lui. Ses yeux globuleux se posèrent sur Allen qui poussait doucement la porte vers lui, puis sur Harry, Ron et Hermione qui attendaient la réponse du jeune homme, sans voir que celui-ci s'apprêtait à fermer la porte de la Salle sur Demande.

- Allen Walker ? fit-il interrompant l'exorciste dans son geste, messieurs Harry Potter, Ron Weasley et miss Hermione Granger sont-ils les amis de monsieur ?

- Oui, répondit Allen redoutant la remarque qui allait suivre

Il fallait absolument qu'il réussisse à fermer cette fichue porte avant que...

- Et les amis n'ont pas de secrets les uns pour les autres, n'est-ce pas ?

- Non, c'est vrai.

Alors pourquoi essayez-vous de fermez la porte alors que miss Granger vient de vous demander ce que vous étiez en train de faire ?

Zut.

- Je ne fermais pas la porte, je...

- Tiens ? Alors qu'Allen prévoyait d'entendre le petit « clic » significatif de la porte qui se ferme, et qui le délivrerait de son calvaire avant la fin de sa phrase, aucun son ne lui parvenait.

Baissant les yeux, il vit qu'Harry avait placé son pied contre la porte, de façon à ce que celle-ci reste ouverte.

- Maintenant en tout cas, tu ne peux plus la fermer, observa le survivant

Allen nota que son ami avait plus l'air de constater les faits que d'être en colère.

- Allen, qu'est-ce que tu nous caches ? demanda doucement Hermione en s'avançant pour poser sa main sur la poignée

Il ne répondit rien, pas plus qu'il ne la stoppa dans son geste lorsqu'il la vit appuyer sur la poignée et pousser la porte.

Il n'avait d'excuse à donner cette fois, ou peut-être était-il simplement las de devoir en chercher une en permanence.

Il vit le mur du couloir être inondé de lumière, sentit Harry et Hermione passer près de lui et vit Ron les rejoindre.

Ils étaient à présent tous les trois dans la Salle, et lui était seul à l'extérieur.

Seul ?

Pas tout à fait.

Dobby avait sa petite tête si étrange levée vers lui.

- Monsieur va bien ?

L'exorciste soupira.

Les yeux de l'elfe se remplirent de larmes.

- Dobby est désolé monsieur ! Il s'est mêlé de choses qui ne le regardaient pas ! Dobby doit se punir !

A la stupéfaction du jeune homme, il prit son élan et... fonça sur le mur ! Allen eut juste le temps de le rattraper avant qu'il ne le heurte.

- Lâchez-moi monsieur, Dobby a été méchant !

- Mais pas du tout ! C'est moi qui devrait me punir !

- Que... comment ?

Dobby cessa de se débattre.

- J'aurais du parler de cette salle à mes amis bien avant.

- C'est vrai ?

- Oui, ce que vous disiez tout à l'heure est vrai : des amis ne devraient jamais avoir à se dissimuler des choses entre eux.

A moins qu'ils n'y soient contraints, ajouta mentalement le jeune homme

- Allen ? fit la voix de Ron de l'intérieur de la pièce, tu peux venir ?

- Dobby va venir avec vous monsieur, Dobby va expliquer pourquoi monsieur Allen Walker n'a parlé de sa pièce à personne !

- Mais vous n'en connaissez même pas la raison, répliqua Allen en souriant, et puis, je suppose que vous avez des choses à faire vous aussi.

- Oh oui monsieur ! Dobby a énormément de travail depuis que monsieur Dumbledore l'a embauché !

- Et bien je ne vais pas vous retenir plus longtemps, à bientôt alors !

Il lui serra la main, et, lorsque l'elfe fut retourné en cuisine, il entra dans la salle du musicien.

Harry, Ron et Hermione se tenaient au milieu de celle-ci, et l'attendaient.

- Où est Dobby ? demanda Harry

- Reparti en cuisine.

Ils se tournèrent tous les trois vers lui.

- Bon, fit Hermione en croisant les bras, tu nous expliques ? Pourquoi voulais-tu absolument nous cacher cette pièce ? Et d'ailleurs, c'est une pièce de chez toi ?

- Pas du tout c'est juste euh... une pièce de mon ancienne école.

Avec un sofa et un piano...

- Et ben, siffla Ron, elle n'était pas mal ton ancienne école... Tiens, qu'est-ce que c'est que ça ?

Le rouquin partit vers un coin de la pièce.

- Ça ne répond pas entièrement à ma question il me semble, rétorqua Hermione, tu nous avait déjà dit que tu faisais apparaître le hall de ton école, mais pourquoi nous dissimuler cette partie ?

Allen jeta un œil à la fenêtre grâce à laquelle il voyait l'ombre lui tenant lieu de reflet. Elle ne lui était pas d'une grande aide en cet instant...

- Écoutez, j'ai...

- Un piano ! l'interrompit Ron avec un cri surexcité

- Quoi ? dirent Harry et Hermione en se tournant vers leur ami

- Ils n'avaient pas eu le temps de le voir, mais Ron disait vrai : il y avait un piano.

- Tu sais en jouer Allen ? demanda Ron admiratif en appuyant sur trois touches, produisant ainsi un son discordant

- Je sais juste jouer un morceau, admit l'exorciste

- Attends, c'est toi qui jouait la dernière fois non ?

- La dernière fois ?

- On passait dans le couloir et on a entendu du piano, expliqua Hermione, et comme très peu de sorciers savent en jouer... C'est pour ça que tu nous le cachais ? Tu ne voulais pas qu'on sache qu'un Serpentard sache jouer d'un instrument moldu ?

Sans le savoir, elle venait de lui fournir une excuse parfaitement valable pour ses cachotteries, excuse qu'il s'empressa de saisir.

- C'est vrai que je ne savais pas qu'elle serait votre réaction.

- Mais enfin nous sommes des Gryffondors ! s'écria Ron, ça nous fait plaisir de savoir qu'un Serpentard apprécie les inventions moldues ! Bon, joue-nous ton morceau.

- Euh...

- Allez ! Ne fais pas ton timide, on ne jugera pas ta performance.

Ron avait dit cela d'un ton si sérieux qu'Allen en sourit :

- Dans ce cas...

Il s'installa au piano. D'un regard, il fit comprendre à Tim qu'il n'avait pas besoin de la partition de Mana, cela éviterait un nouveau flot de questions.

Il inspira doucement, prêt à jouer la chanson du quatorzième, lorsqu'il sentit que quelque chose manquait.

Ou plus précisément, était de trop.

Ses gants.

Il ne pouvait pas décemment jouer avec : comment articuler sinon ?

- Il y a un problème ? demanda Harry en fronçant les sourcils lorsqu'il vit Allen se figer

- Je ne peux pas jouer avec des gants, indiqua celui-ci

- Dans ce cas, enlève-l...

Hermione mit une main devant sa bouche pour s'empêcher d'achever la phrase qu'elle s'apprêtait à dire, et ainsi éviter de commettre une gaffe.

Mais tous le monde avait compris ce qu'elle avait voulu dire.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle, je n'avais pas pensé à... à ta main gauche.

- Aucun problème, fit Allen en lui faisant un grand sourire

- Tu vas les enlever alors ? fit Ron d'un ton mal assuré, comme s'il craignait de découvrir se qui se cachait sous le gant de la main gauche

- Vous ne voudriez pas vous tourner plutôt ? proposa le pianiste

- Personnellement, ça ne me dérange pas de voir ta main blessée.

- Je suis sûr que non Harry, mais c'est moi que ça embarrasse. Ce n'est vraiment pas un spectacle réjouissant à voir.

- Tu n'as pas à t'en faire, intervint Hermione, tout ce que nous voulons, c'est écouter de la musique, le reste n'est pas important.

- Mais j'ai besoin de ma main pour jouer, et vu son état, vos regards seront inévitablement attirés par elle plutôt que vos oreilles pour le morceau de piano. Faites-moi confiance, il vaut mieux que vous ne la voyiez pas. S'il vous plait...

Harry, Hermione et Ron étaient tous les trois en train de se représenter l'aspect de la main de leur ami, qui était si terrible qu'il tenait absolument à la cacher.

C'était compréhensible après tout, une mutilation comme celle qu'il avait subie ne devait pas être facile à montrer.

Ils se tournèrent donc, face au mur blanc.

Allen hésitait : il voulait avoir confiance en ses amis mais avait peur que l'un d'entre eux, dans une trop grande curiosité, ne se retourne pendant qu'il jouerait. Il verrait alors la main étrange, mais pas mutilée, et comprendrait qu'il leur avait menti depuis le début.

Pourtant, il se décida à leur faire confiance et après s'être assuré d'un coup d'œil rapide qu'ils étaient bien retournés, il ôta ses gants et se mit à jouer.

La douce mélodie emplit la pièce.

Hermione retint un frisson : c'était vraiment beau.

Ron et Harry, eux, eurent la même idée. Ils voulurent se retourner discrètement pour voir la main de leur ami, et enfin assouvir leur curiosité. Mais ils furent bientôt à leur tour happé par la musique et leurs pensées se tournèrent alors entièrement vers elle.

Lorsque le piano se tut, et que le silence revint, ils restèrent un instant sans réaction, rêveurs.

Allen en profita pour remettre rapidement ses gants.

- Voilà, fit-il en se tournant vers eux

- C'était magnifique, le complimenta Hermione, je n'ai jamais rien entendu de tel. Qui t'a appris à jouer ce morceau ?

- Mon père, en quelque sorte...

Voyant le regard interrogateur de la jeune fille, l'exorciste poursuivit :

- Je dis « en quelque sorte » parce qu'il m'a donné la partition et que j'ai appris à jouer le morceau seul.

- Alors ton père aussi aime les inventions moldues ? C'est vraiment étrange pour une famille ancienne de sorciers. Et ta mère ? Elle sait en jouer ?

- Hermione ! Laisse-lui le temps de respirer entre deux phrases ! fit Harry amusé en s'asseyant sur le canapé blanc

Allen eut un rire joyeux :

- Les questions ne me dérangent pas, mais seulement lorsqu'elles ne sont pas posées comme dans un interrogatoire.

- Désolée, fit la jeune fille penaude

Elle alla à son tour s'asseoir sur le canapé. Allen resta sur le tabouret de piano, leur faisant face.

- Ce que je trouve étrange, dit-il en souriant, c'est qu'une personne de Gryffondor s'intéresse autant à un Serpentard.

- On est amis oui ou non ?

- Oui, mais pourquoi ma famille t'intéresse-t-elle autant ? Tu ne penses pas que mes parents sont d'affreux sorciers à l'air supérieur et condescendant qui détestent les moldus ?

- Dans ce cas, ce qui serait étrange serait ta conduite, fit remarquer Harry, tu aurais eu celle d'un vrai Serpentard.

- Ça fait beaucoup de choses « étranges » pour moi, fit Ron en baillant, moi ce qui me chiffonne, et que personne n'a mentionné c'est la fenêtre.

Toutes les têtes se tournèrent vers lui.

- Vous trouvez que ça ressemble à l'Amazonie vous ? demanda-t-il en tournant son regard vers la fenêtre

La fenêtre donnait en effet sur un jardin paisible et ensoleillé, qui faisait plus penser à un coin de verdure dans une quelconque plaine d'Europe qu'à une partie de la terrible et sauvage jungle de la forêt amazonienne.

- C'est ensorcelé, expliqua calmement Allen, à Poudlard, c'est la Grande Salle, à Komui, c'était les alentours de l'école. Aucun parent sensé ne voudrait que son enfant soit confronté aux créatures et aux plantes d'Amazonie.

- Qu'est-ce qui a poussé tes parents à t'inscrire à Komui ? Même avec les sortilèges, c'était dangereux : tu as été blessé.

- Ils pensaient que c'était la meilleure école de magie qui existait, et puis, mon père aurait été obligé de s'établir en Amérique du sud de toute manière, à cause de son métier.

Harry posa la question qui lui était soudainement venue quelques minutes plus tôt :

- Au fait, je pensais à quelque chose, tu nous as dit que ton école avait fermé parce qu'elle était trop petite, c'est bien ça qui t'a fait venir à Poudlard ?

- Euh, oui, répondit Allen curieux de savoir où le jeune homme voulait en venir.

- Et ta blessure paraît assez ancienne.

- Et alors, quel rapport ? fit Ron

- Cela voudrait dire que malgré ton accident, tes parents ont tenu à ce que tu restes à Komui ?

Ah effectivement, songea l'exorciste, il y a comme un hic dans mon histoire.

Il lui fallait rectifier le tir.

Qu'est-ce que Mana aurait fait si nous avions été confrontés à une telle situation ?

Il se remémora les paroles qui l'avait porté toutes ces années.

Ces paroles l'aidaient, encore et toujours, quelle que soit la situation.

Pourquoi ne l'aideraient-elles pas une fois encore ?

- Allen ? Ça va ? ne put s'empêcher de demander Hermione en voyant que le jeune homme était ailleurs

Celui-ci cligna des yeux en secouant la tête.

- Tu sais tu n'es pas obligé de nous raconter si ça te rappelle de trop mauvais souvenirs, fit-elle

- Ah non, ce n'est pas ça du tout, je pensais juste à ce qui s'était passé lorsque mon père avait appris ma mésaventure.

Mésaventure ? pensa Harry, c'est un terme un peu léger...

- Il a bien sûr été en colère juste après qu'on l'ait prévenu. Ensuite, je suis rentré à la maison pendant plus d'un mois et il n'a pas cessé de me dire à quel point il était désolé, à quel point il s'en voulait. Il a même arrêté de travailler pendant trois semaines pour rester près de moi. Lorsque j'ai été guéri, et prêt à reprendre les cours, il m'a demandé si ça me dérangeait de retourner à Komui.

- Et qu'as-tu répondu ? demanda avidement Ron

- Je lui ai dit que non, en repensant à ce qu'il me disait tout le temps.

Ses amis ne disaient pas un mot.

Sûrement s'attendait-il à une formule magique qui aurait eu le pouvoir d'effacer toutes les peurs, tous les doutes, et tous les regrets. Une phrase qui aurait donné tout son sens aux épreuves, et le courage d'en affronter d'autres. Une phrase infiniment puissante et sage.

Et c'était le cas, c'était tout ce que cette phrase représentait pour Allen, ainsi que beaucoup d'autres choses, beaucoup d'autres mots, beaucoup d'autres expressions auxquels il ne songeait pas en cet instant, mais auxquels il pensait en permanence.

Ces choses qui dansaient dans sa tête et dans son cœur, tout comme la mélodie du quatorzième.

Ces choses qui lui permettaient chaque jour, après chaque combat, de se remettre debout.

- Continue d'avancer, jusqu'à ton dernier souffle. Ne t'arrête jamais, fit-il

Après un silence, Ron prit la parole :

- C'est tout ?

- C'est déjà pas mal, répliqua l'exorciste en souriant

Timcampy se posa sur ses genoux.

- Ta mère ne s'est pas opposée à ta décision ? demanda Harry

- Je ne l'ai pas connue, elle est morte peu après ma naissance, répondit-il en caressant Timcampy

- D... désolé.

Le jeune homme brun s'attendait à tout sauf à ça, et ses deux compagnons ne s'y attendaient visiblement pas non plus. Hermione avait les yeux baissés sur ses genoux tandis que Ron avait la bouche entrouverte.

En voyant leur mine déconfite, Allen les rassura :

- Il n'y a pas vraiment pas de quoi être mal à l'aise. Mon père a toujours très bien assuré les deux rôles, et je n'ai jamais ressenti de peine.

- Quand même, tu aurais pu nous le dire avant que nous fassions la gaffe, bougonna Ron

- Crois-moi, à voir la tête que vous avez faite, je suis content de ne pas vous l'avoir dit sciemment ! Bon !

Il sauta sur ses pieds :

- Ce n'est pas tout ça mais il se fait tard.

Ses amis se levèrent.

Ils sortirent tous de la salle sur Demande et continuèrent de discuter.

- Au fait Ron, lança Allen, tu n'es pas trop angoissé pour demain ?

Le jeune homme roux marmonna quelque chose d'incompréhensible.

- Il n'est pas très sûr de lui, fit Hermione, mais nous sommes certains qu'il n'y aura pas de problème.

Un match de Quidditch aurait en effet lieu le lendemain.

- Et cette chanson stupide tu en fais quoi ? la questionna Ron faisant référence à la chanson spécialement créée par les Serpentards en son honneur

- Tu es la seule personne qui fasse réellement attention à ces paroles, intervint Harry, ça te déconcentre et c'est exactement ce que veut Malefoy.

Ils poursuivirent leur conversation jusqu'au dortoir des Gryffondors.

- A demain ! leur fit l'exorciste

- A demain, renchérirent ses amis

- Et Allen ? Commença Hermione

- Oui ?

- Promets-nous de ne plus nous cacher de choses comme celles-ci, si tu ne tiens pas à parler de ton passé, dis-le nous mais ne nous ment pas.

Le jeune homme blond se força à sourire, et s'entendit répondre :

- Plus jamais, c'est promis.

Sur le chemin de son dortoir, l'exorciste songea sombrement que, bien que ses amis pensent le contraire, il avait encore passé sa journée à mentir.

Si par malheur, un jour, ceux-ci découvraient que la personne qu'ils croyaient connaître était un mensonge à lui seul, lui pardonneraient-ils ?


Le lundi matin, quelques jours après la victoire de l'équipe rouge et or, malgré la piteuse performance de son gardien, Allen vit avec étonnement pendant le petit-déjeuner qu'Harry recevait un flot de lettres.

- Ça doit le changer, railla Malefoy un brin agacé, lui qui n'en reçoit qu'une tous les deux ans.

Personne ne fit d'autre commentaire.

Plus tard dans la matinée, de nombreux écriteaux avaient été placardés un peu partout dans le château.

Allen s'approcha de l'un deux, accompagné d'Anna et de Nils.

Ils lurent :

PAR ORDRE DE LA GRANDE

INQUISITRICE DE POUDLARD

TOUT ELEVE SURPRIS EN POSSESSION

DU MAGAZINE LE CHICANEUR

SERA RENVOYE

CONFORMEMENT AU DECRET

D'EDUCATION NUMERO VINGT-SEPT

C'était signé : Dolores Ombrage, grande inquisitrice.

- De toute manière, personne ne lit le chicaneur, s'étonna Nils, c'est un ramassis de bêtises.

- Alors qu'est-ce qu'il y aurait de mal à le lire ? demanda Allen

- Aucune idée, fit Anna, le mieux serait s'en doute de s'en procurer un pour le savoir... Attendez moi à la volière, je vous y rejoindrai.

Une demi-heure plus tard, elle les y rejoint tout sourire.

- Tada ! s'écria-t-elle en brandissant un exemplaire du Chicaneur en l'air

- Rapide et efficace, commenta Allen amusé

- Ouvre-le !

Anna ouvrit le journal et Allen et Nils se penchèrent pardessus son épaule pour lire ce que celui-ci contenait de si important pour qu'Ombrage interdise aux élèves de le lire.

Après quelques minutes de lecture silencieuse du sujet épineux en question, Nils fut le premier à prendre la parole.

- Sincèrement, si je ne t'avais pas connu Allen, et par conséquent si je n'avais pas connu Harry, jamais je n'aurai cru à cette histoire de retour du Seigneur des Ténèbres.

- Idem pour moi, fit Anna, mais comme il n'est pas du genre à raconter n'importe quoi...

- Il faut en déduire que ce qui est écrit est vrai, acheva Allen, vous connaissiez Cédric Diggory ?

- Pas personnellement, de vue seulement, il était assez populaire ici.

Allen s'assit sur une marche.

Quelque chose le turlupinait :

- Ça signifie que vous allez devoir le servir ?

- Qui ?

- Voldemort.

Les deux Serpentards tressaillirent.

- Allen ! On ne prononce pas son nom !

- Ah oui, désolé, mais pour la question ?

Anna et Nils échangèrent un regard, et pour il sembla à l'exorciste que celui-ci ne présageait rien de bon.

- S'il nous appelle, nous seront obligés de venir, mais tant qu'il ne le fait pas, nous pouvons rester ici.

- Je vois...

Espérons pour eux que le jour où Voldemort aura besoin d'eux n'arrive jamais, pensa l'exorciste

Après le déjeuner, les trois amis allèrent en cours de métamorphoses.

- Aujourd'hui, commença le professeur lorsque tous les Serpentards se furent assis, nous allons apprendre à transformer un hérisson en pelote de laine. Cette métamorphoses est la plus complexe que nous ayons apprise jusqu'à présent, je vous demanderais donc une certaine rigueur tout le long de ce cours. Comme vous le savez, plus la taille d'un objet ou animal est importante, plus il est difficile à métamorphoser. Aux épreuves pratiques du BUSE, le niveau des métamorphose demandées n'excéderons pas celui de ce cours-ci, mais ça ne m'empêchera pas d'exiger de vous un niveau encore supérieur à celui demandé. Bien, voici la manière de procéder...

Après les explications, Allen contempla son hérisson qui le regardait avec un air désolé.

- Dis-toi que ce sera sans doute plus douloureux pour moi que pour toi, lui dit-il pour le consoler.

- Tu parles aux animaux maintenant ? lui glissa Anna moqueuse à côté de lui

- Je les rassure, nuance.

- Oups, s'écria Nils derrière lui, je ne sais pas si vous obtenez le même résultat que moi, mais on dirait qu'il va y avoir du boulot.

Allen et Anna se retournèrent vers leur ami.

Celui-ci était à présent face à un hérisson bleu et pelucheux.

Ils éclatèrent tous trois de rire.

- Attention, prévint le brun, Malefoy regarde dans notre direction !

Ils revinrent à leur hérisson.

- Puis-je savoir où est votre hérisson monsieur Goyle ? demanda McGonagall en s'approchant du Serpentard qui suait à grosses gouttes

- Je crois qu'il a disparu...

- Et bien tâchez de le retrouver, la disparition n'est pas au programme de cette année il me semble.

Allen étouffa un fou-rire. Il fut rappelé à l'ordre par Anna, toute aussi hilare :

- Allez Allen, j'essaye, et ensuite c'est à ton tour.

- Marché conclu.

Elle brandit sa baguette, effectua les mouvements nécessaires, fit son incantation...

… Et se retrouva avec une pelote de laine.

- Waou, je m'impressionne moi-même ! s'étonna-t-elle les yeux écarquillés

- C'est injuste, s'exclama Nils qui se retrouvait avec un hérisson en peluche, certaines personnes sont avantagées par la nature !

- Ne te réjouit pas trop vite Nils, intervint Allen, sa pelote respire.

- Quoi ? Mais pas du tout, elle est euh... Ah ?

Anna tapota la pelote de laine du bout de sa baguette.

Celle-ci se mit soudain à s'agiter dans tous les sens.

- Mince alors, je crois que mon hérisson est à l'intérieur.

Elle posa sa baguette et entreprit d'aider le pauvre animal, manuellement cette fois.

- J'essaye, annonça Allen

Il se concentra, s'excusa une nouvelle fois auprès du hérisson et appliqua la formule.

- Alors ? demanda Nils curieux

- Attends un peu, il ne l'a pas encore fait, dit Anna qui était enfin parvenue à libérer son hérisson

- Si en fait, indiqua Allen les sourcils froncés en contemplant son hérisson qui n'avait subit aucune modification.

- Comment ça, mais il ne s'est rien passé du tout si ?

Allen aurait préféré qu'Anna se trompe, mais elle disait la vérité.

Il ne s'était absolument rien passé, pas de transformation même minime, pas la moindre petite étincelle.

Soit il avait lancé le sort extrêmement mal.

Soit la baguette créée par Dumbledore ne fonctionnait plus.


Prochain chapitre : dimanche 7 mars