Reviews, merci à :

Tango Dancer : Et hop ! Un chapitre de plus pour récompenser ton attente !

Kyle53 : J'ai une idée en tête pour les Noah... mais pas question d'en dire plus !

Tyanilisha : Je ne sais pas si Mana aurait eu cette réaction pour une telle blessure mais pour moi, c'est un personnage qui pense fortement qu'un échec ou une catastrophe doit être surmonté, d'où le comportement évoqué ! : )

Sednareinedeseaux : Sache que je me suis hâtée pour sortir ce chapitre à temps rien que pour toi, ton anniversaire fut donc profitable aux lecteurs impatients ! Un très joyeux anniversaire !

Lil525 : Non non, Allen a toujours sa fausse apparence, le trio a juste été surpris : ).

Daphoux : Et bien voilà la suite !

Egwene Al'Vere : Réponse à ta question dans ce chapitre...

Sat1 : C'est effectivement le cas !

Elrond-76 : Pour Lavi et Lenalee, j'ai pensé à quelque chose, mais comme pour les Noah, je ne dirai pas un mot là-dessus !

Mira Nara : Pour la verdure dans la salle du quatorzième, je dois avouer que j'ai un peu (entièrement?) baratiné... Je pensais, de tête, avoir eu l'indice de ce qui se cachait derrière la fenêtre dans l'animé, mais je ne suis pas allée vérifier. Kanda... MOUAHAHAH ! J'aime tes suppositions, tes hypothèses, tes réflexions...

Guikat : Mon objectif est avant tout de finir cette histoire en y plaçant tout ce que je projetais d'y mettre avant de la poster : pas question de l'abandonner !

BleachHitsugaya : Une de tes questions va trouver sa réponse ici :) !

Ce chapitre ci est un peu plus court que les précédents car j'ai eu peu de temps pour l'écrire mais je suis fière de vous annoncer... qu'il finit pile au bon moment ! (vous comprendrez à la fin)

Bonne lecture !


Chapitre 16 : Bavure


Génial, songea Allen en examinant sa baguette, c'est ce qui pouvais m'arriver de pire...

Il n'y avait pourtant aucun dommage sur le bout de bois ensorcelé, en tout cas rien qui permettait de dire au jeune homme qu'il avait fait une mauvaise manipulation avec l'objet magique.

Derrière lui, Nils s'impatientait, voulant comparer sa transformation, loin d'être parfaite, avec celle de son ami :

- Bon, ce hérisson : c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

- Minute, la concentration est primordiale, répliqua l'exorciste s'efforçant de gagner du temps

Il devait absolument trouver un moyen d'attirer l'attention du professeur de métamorphoses. Elle seule pourrait lui venir en aide en lui indiquant ce qu'il devait faire. Elle l'enverrait sans doute chez le directeur pour que celui-ci examine sa création et la répare. Malheureusement, Anna et Nils ne lui rendaient pas la tâche facile et ce plan était beaucoup trop risqué. Il lui fallait plutôt trouver une fausse excuse pour sortir de la classe sans attiser les soupçons de ses camarades.

Une idée lui vint alors.

Il leva le bras en l'air :

- Professeur ?

McGonagall tourna la tête vers lui :

- Oui, monsieur Walker ?

- Pourrais-je aller à l'infirmerie ?

La sorcière rajusta ses lunettes en avançant vers lui, tandis qu'Anna et Nils lui jetaient des regards étonnés qu'il tenta de ne pas intercepter.

- Vous ne me semblez pourtant pas souffrant. Quelle est la raison au juste ?

- Je pense que j'ai effectué le mouvement du sortilège trop vite et que je me suis tordu le poignet.

Il ne devait pas avoir l'air très convainquant puisque McGonagall haussa un sourcil, l'air sceptique. L'exorciste n'avait jamais eu la prétention de s'auto-proclamer « acteur professionnel », mais il allait devoir faire mieux que cela pour persuader le professeur de métamorphoses qu'il souffrait réellement.

Et puis dans ce monde, il avait beaucoup appris sur la manière de jouer la comédie...

Il feignit une grimace en désignant sa main gauche :

- C'est que ma main est fragile depuis l'accident, mais je pense que madame Pomfresh pourra m'arranger ça en un clin d'œil.

Le professeur fixa la main désignée, un peu perdue. Elle avait appris par Dumbledore que Sirius et Allen avaient inventé tout un passé au jeune homme, mais elle n'en savait pas plus à ce sujet.

Tout le problème était de savoir si le jeune homme souffrait réellement ou s'il avait besoin de sortir de la classe pour régler un problème venant de son "personnage" d'élève.

...Ou jouait-il tout simplement la comédie pour sortir du cours et aller vagabonder dans l'école, comme tentaient de le faire tant d'autres ?

Elle n'avait pourtant rien à lui reprocher depuis le début de l'année : il était attentif, sérieux, il n'avait jamais manqué un cours, et malgré le fait qu'il possède une baguette plus puissante que celles de la majeure partie des élèves, il s'entrainait du mieux qu'il le pouvait pour pouvoir effectuer parfaitement les sorts.

Après mûres réflexions, elle décida qu'il ne pouvait s'agir que d'une des deux premières raisons.

- Et bien allez-y, répondit-elle en soupirant, mais revenez dès que vous le pourrez.

- Merci madame, la remercia-t-il avec un sourire qu'il s'efforça de faire paraître le plus crispé possible, à cause de la douleur qu'il simulait.

Il se leva et quitta la salle d'un pas vif, ne prêtant aucune attention aux murmures qui commençaient à circuler dans la salle de classe.

Arrivé dans le couloir, il se mit à presser le pas, puis à courir, pour se rendre jusqu'au bureau du directeur.

Par chance, Dumbledore sortait justement de celui-ci.

- Monsieur ! s'écria-t-il pour l'arrêter

En le voyant, le directeur eut un sourire ravi :

- Allen, quelle bonne surprise !

Le jeune homme brandit la baguette défectueuse en s'arrêtant devant lui et la lui tendit :

- Elle ne marche plus !

- Vraiment ?

- Plus du tout !

Curieusement, le mage ne semblait ni s'en formaliser, ni s'en étonner. Il la prit des mains de l'exorciste, la tourna et retourna dans tous les sens, avant de l'agiter légèrement en murmurant des formules magiques dans sa barbe. Les formulent n'eurent aucun effet apparent.

- C'est irréversible ?

Il leva la tête :

- Assurément non, mais si tu le veux bien, allons dans mon bureau, nous y serons plus à l'aise. Ce n'est pas que je déteste discuter dans un couloir mais enfin, il faut admettre que l'on réfléchit mieux confortablement installé dans un bon fauteuil.

Il fit un demi-tour sur lui même pour venir se positionner face à la gargouille qui gardait l'entrée de son bureau :

- Dragibus !

La gargouille s'écarta docilement, laissant place à un escalier en colimaçon qu'ils empruntèrent.

Dans le bureau, Dumbledore désigna un fauteuil à Allen :

- Prends place je te prie.

Le jeune homme s'exécuta.

Sans un mot, le directeur posa la baguette sur une petite table, occupée en majorité par des livres, et disparut dans une pièce voisine.

Allen entendit des bruissements de papier, des tintements d'objets en verre, agrémentés de « Ah non », « c'est peut-être cela », ou encore de « par ma barbe ! ».

Au bout de ce qui lui sembla être une éternité, le mage revint, un sourire aux lèvres, une boîte rectangulaire en main :

- C'est bien ce que je pensais !

Il reprit la baguette posée sur la petite table et s'installa à son bureau.

Vois-tu Allen, commença-t-il, il me faut commencer par le commencement.

L'exorciste acquiesça poliment.

- Il te faut tout d'abord savoir que je n'ai réussi à créer une telle baguette qu'à partir de sortilèges infiniment complexes dont peu de sorciers connaissent les mécanismes. Ses mécanismes m'ont permis de rendre un bout de bois capable d'accepter la magie, d'accepter la magie, pas d'en produire, saisis-tu la nuance ?

- Je pense.

- Sans cette étape primordiale, aucun bâton ordinaire n'aurait été capable de lancer des sorts, peut importe la manière dont on s'y serait pris d'ailleurs. La deuxième étape de... et bien de fabrication était d'estimer la quantité de sorts dont tu aurais besoin cette année. Une fois la chose faite, il a suffit d'exécuter plusieurs sorts puissants avec ma propre baguette et de les faire rentrer dans la baguette de fabrication, pour que celle-ci possède ainsi un certain potentiel de magie. Comprends-tu à présent d'où vient ton problème ?

Allen commençait effectivement à comprendre pourquoi sa baguette n'émettait plus la moindre étincelle.

- Donc, ça voudrait dire que lorsque toute la puissance magique que contient la baguette est utilisée... Celle-ci redevient un simple bout de bois ?

Un grand sourire vint illuminer la figure du directeur :

- Je suis enchanté de constater une nouvelle fois que tu as l'esprit vif : c'est exactement ce qui s'est produit pour ta baguette, elle ne contient plus aucune magie et tu es donc dans l'incapacité totale d'en user.

Comme c'était rassurant...

- Mais n'existe-t-il pas un sort pour rendre une baguette définitivement magique ? questionna le jeune homme qui se demandait comment il lui faudrait réagir la prochaine fois que sa baguette le lâcherait en plein cours

- Tu pointes du doigt un élément essentiel : il n'en existe absolument aucun.

- Personne n'en a jamais inventé ?

- Personne n'a jamais voulu en inventer ou en trouver, corrigea Dumbledore, et je crois que la raison est assez claire : qui voudrait d'une baguette permettant de faire de la magie sans posséder de pouvoir magique à part les Cracmols et les moldus ?

- Alors c'est intentionnel ? Les sorciers ont trouvé un moyen seulement temporaire pour ne pas que ceux qui n'ont pas d'aptitude magique puissent faire de la magie ?

- Que veux-tu Allen, la plupart d'entre nous sont fiers d'avoir été « choisis ». Créer un tel sort serait vu comme une trahison pour notre communauté. Naturellement, je comprends que cela te semble assez peu tolérant vis-à-vis des autres communautés, mais la logique est : « ce qui ne peut pas produire de magie n'en produira jamais ». Enfin, pour le moment, ce n'est pas vraiment ce qui nous intéresse. Je suppose que tu as dû trouver une excuse pour quitter la salle de classe. Tu étais en... ?

- Métamorphoses, répondit Allen

- Ah, Minerva a dû comprendre que quelque chose n'allait pas, elle ne laisse sortir un élève que lorsqu'elle a la preuve que celui-ci est malade ou blessé.

Il fixa des yeux la voute du plafond, songeur :

- Je crois qu'on ne peux pas lui en vouloir au fond, la jeunesse peut user de stratagèmes ingénieux de nos jours...

Il revint à Allen :

- Et bien l'heure tourne mon garçon, il serait temps de retourner en cours.

- Mais la baguette ? fit l'exorciste interloqué

- Par Merlin tu as raison, j'allais oublier. Créer une baguette comme la tienne nécessite un long temps de préparation, trois jours environ.

- Ça veut dire que je ne pourrai pas faire de magie pendant trois jours ? s'écria Allen catastrophé

Le mage se mit à rire :

- Rassure-toi, j'avais préparé une autre baguette, juste au cas où. Je ne pouvais pas prévoir que tu allais utiliser autant de magie en si peu de temps, tu t'es beaucoup entrainé n'est-ce pas ?

- Surtout pendant une période en particulier, répondit Allen en songeant à la période noire de solitude heureusement révolue qu'il avait dû traverser

Dumbledore ouvrit la boîte qu'il avait été chercher quelques minutes auparavant. A l'intérieur de celle-ci se trouvait une nouvelle baguette magique.

Il la tendit au jeune homme qui la prit puis l'examina :

- Elle est exactement comme celle d'avant, remarqua-t-il en la faisant tourner entre ses doigts

- Les baguettes de bois étaient vendus en lot... Mais je pense que pour plus de précaution, je vais t'en préparer d'autres, s'il te vient d'autres périodes d'inspiration magique...

Il se leva et raccompagna Allen à la porte :

- J'espère que tu deviens plus familier avec notre monde à présent.

- C'est mieux, reconnut le jeune homme, mais j'en apprends chaque jour un peu plus sur la magie, et sur vos... coutumes.

- Cela va te paraître étrange mais c'est exactement la même chose pour moi, encore aujourd'hui, fit la directeur en souriant

L'exorcise s'apprêtait à sortir quand une question lui vint à l'esprit :

- Monsieur, avez-vous eu des nouvelles de Kanda depuis le mois dernier ?

- Je crains que non.

- Aucune importance...

Il quitta le directeur et revint en cours.

McGonagall l'accueillit avec son regard bleu perçant :

- Vous allez mieux monsieur Walker ?

- Beaucoup mieux, annonça Allen en s'asseyant

Le professeur de métamorphoses continua de le fixer du regard jusqu'à ce que Pansy Parkinson l'appelle au secours après avoir fait tripler son hérisson de volume.

- Tu n'as vraiment plus rien ? demanda Anna inquiète après qu'il se fut assis à sa table

- Rassure-toi, c'est complètement arrangé.

Comme pour prouver ses paroles, il agita le poignet de sa main gauche dans tous les sens.

- D'accord, maintenant : le hérisson, décréta Nils après s'être assuré que son ami allait bien

Allen eut un sourire, s'excusa mentalement auprès du hérisson qui n'avait étrangement pas bougé d'un poil depuis son départ et lança le sort.

Une pelote marron parfaite se tenait devant lui.

- Pfff, c'est tout sauf juste, maugréa le brun, ça fait une demi-heure que j'essaie et j'obtiens toujours le même résultat désolant, toi tu essaies une fois et ça marche, du premier coup.

- C'est qu'il a une puissance magique infiniment supérieure à la tienne, rétorqua Anna en riant

- Et Allen dut admettre que sur ce point, elle n'avait pas tout à fait tort...


De retour dans sa salle commune après une journée harassante, Allen vit que Malefoy, assis dans la canapé, était entouré d'une quinzaine de Serpentards, et semblait passablement énervé.

Il s'approcha sans un bruit.

Malefoy tenant un exemplaire du Chicaneur en main, faisait des commentaires sur l'interview d'Harry.

- Il va me le payer, rugissait-il en tournant rageusement les pages, il va me le payer.

Allen se demanda s'il était dans un tel état pour l'ensemble de l'article ou juste pour la ligne dans laquelle son père était mentionné comme étant un mangemort.

- Mais Drago, dit Goyle, on ne peut rien faire, personne n'est supposé avoir lu le Chicaneur, c'est interdit par...

- Je sais parfaitement que personne ici n'est supposé l'avoir lu pauvre imbécile ! hurla Malefoy, pourquoi crois-tu que je suis furieux ?

En voyant la chevelure blonde de Malefoy d'ordinaire si bien arrangée en désordre, les gestes saccadés de celui-ci, et sa figure habituellement pâle rouge de colère, l'exorciste ne put s'empêcher de sourire : le tableau était tellement ridicule et la réaction tellement démesurée...

Et c'est ce moment que choisit Malefoy pour le remarquer.

- Tu trouves ça drôle Walker ? fit-il d'une voix étranglée en se levant

Les Serpentards qui l'entouraient s'écartèrent pour le laisser passer.

Anna et Nils, tous deux présents parmi lesdits Serpentards se crispèrent en voyant Malefoy avancer vers Allen, d'un air menaçant.

- Ah pas du tout, répliqua celui-ci, tes histoires de famille ne me sont pas d'un grand intérêt.

Et il s'éclipsa dans la dortoir.


Le lendemain, Allen retrouva ses cinq amis dans la Salle sur Demande.

- Malefoy est furieux, lui indiqua Nils lorsqu'il entra, il va falloir que tu fasses attention, il cherche un moyen de se venger.

- Ça ne changera donc pas mes habitudes, rétorqua joyeusement le jeune homme blond

- Ils nous ont raconté, fit Ron assis près de la fenêtre, c'était brillant !

- Ça n'avait rien de brillant Ron, dit Hermione, c'était juste incroyablement stupide, Malefoy était déjà suffisamment en colère comme ça.

- N'empêche que c'était brillant...

L'exorciste s'installa dans un fauteuil :

- Sinon, des nouvelles intéressantes en vue ?

- Pas vraiment, fit Harry qui posa le livre de l'histoire du Quidditch qu'il lisait amèrement comme pour oublier que son Eclair de Feu était détenu par Ombrage, Seamus a provoqué une mini-explosion en Histoire de la magie...

- … Pour "passer le temps", ajouta Ron

- … Un groupe de Serdaigle est ressorti du bureau d'Ombrage avec des inscriptions rouges sur la main, reprit Harry et...ah, Neville t'as vu courir dans les couloir hier, qu'est-ce qui se passait ?

- Il allait à l'infirmerie, indiqua Anna, il s'est tordu la main en cours de métamorphoses.

Ron fronça les sourcils :

- Neville a dit qu'il t'avait vu au premier étage, l'infirmerie est au cinquième, la salle de classe de métamorphoses au sixième, je suis vraiment le seul à penser qu'il y a un problème quelque part ?

Allen sentit son sang se glacer.

C'était mauvais, très mauvais. Tellement mauvais qu'Hermione avait même sorti la tête de son manuel de sortilèges.

- Je sais, fit-il avec un rire forcé, mais j'étais persuadé que c'était au premier, je n'y suis allé qu'une fois après tout. Et puis il faut dire que j'ai un très mauvais sens de l'orientation.

Au moins, la dernière partie était vraie...

- A ce point ? demanda Nilsd'un ton qui ne trompait personne

- Oui, et la douleur liée à mon poignet n'a rien arrangé.

- Il faut que tu m'expliques alors, fit Harry

- Que je t'explique quoi ?

- Et bien que tu m'expliques comment on peut sentir qu'on a mal au poignet et ne pas sentir qu'on s'est ouvert le bras.

L'exorciste tritura son gant :

- Je euh... Je suis plus sensible de la main gauche, ça ne me paraît pas anormal après tout, elle a été blessée par le passé.

Un grand silence régnait à présent dans la pièce.

Il s'éternisait...

… Et s'éternisait...

… Jusqu'à ce qu'il soit interrompu par Anna.

- C'est juste moi où ça transpire les cachotteries ?

- Quoi ? Non ! Je vous ai toujours dit la vérité, et c'est toujours le cas.

- Alors parlons de la salle que tu faisais apparaître et que nous avons découverte récemment uniquement parce qu'un elfe de maison avait coincé son écharpe dans la porte, proposa innocemment Hermione

- QUOI ? s'exclamèrent Anna et Nils en chœur

- Je n'ai jamais volontairement menti sur ce point, corrigea Allen en fronçant les sourcils, je l'ai volontairement omis.

Le trio des Gryffondors dut reconnaître que ce qu'il disait était la stricte vérité, on ne pouvait pas appeler cet événement un mensonge.

Mais les deux Serpentards, eux, voulaient des explications :

- Comment ça Allen, tu nous as caché quelque chose d'important ? s'indigna Anna

- Ça n'a rien « d'important », rectifia leur ami, c'est même loin d'être important.

- Et je ne comprends rien à cette histoire d'elfe de maison, ajouta Nils, je ne savais même pas qu'il y en avait dans le château : ils font le ménage ?

Hermione fit claquer son livre d'un coup sec :

- Pourquoi, tu penses que c'est leur rôle principal ?

- Et bien oui, c'est leur rôle, tout le monde sait que les elfes de maison sont faits pour... euh...

Le jeune homme brun s'interrompit lorsqu'il vit la rousse le regarder froidement.

- Qu... Qu'est-ce que j'ai dit ?

Allen soupira, pour éviter une dispute qu'il sentait venir et se sortir de cette situation inconfortable, il n'y avait qu'une chose à faire : diversion.

- Bon, je vous la montre cette salle ?

Harry salua intérieurement la manœuvre habile de son ami, tandis que tous acquiesçaient silencieusement.

Ils sortirent de la Salle sur Demande.

Dans le couloir, Allen se concentra et pensa à la pièce du quatorzième.

La porte apparut, ils entrèrent.

Le calme de la pièce calma instantanément tous les esprits et toutes les questions que chacun se posait.

Et, tandis qu'Anna et Nils découvraient la pièce pour la première fois, Hermione demanda à Allen de leur jouer son morceau de piano.

Celui-ci accepta, à la seule et même condition que ses amis se retournent pour ne pas voir sa main gauche.

Puis il commença à jouer.

Même si le cœur n'y était pas.

Il savait que le moment où il devrait tout dire et tout avouer à ses amis était proche.

Car en s'embourbant un peu plus chaque jour dans ses explications et ses mensonges, il sentait la confiance que ses amis portaient en lui diminuer.

Harry et Hermione savaient qu'il leur cachait quelque chose de bien plus gros qu'une salle.

Ron, même s'il aurait préféré en douter, commençait lui aussi à en avoir la certitude.

Quant à Anna et Nils...

… Leur confiance avait commencé à s'effriter à la minute où il leur avait expliqué qu'il pensait que l'infirmerie était située au premier étage.

Oui, la seule chose qu'il lui restait à faire était de tout leur avouer : qu'il était un exorciste engagé par Dumbledore, et que pas un mot de ce qu'il leur avait dit sur lui n'était vrai.

Au même moment, Harry commença à caresser l'idée qu'il était plus que temps de se retourner pour voir la main du pianiste, et ainsi apercevoir la terrible cicatrice...

… si elle existait bel et bien.

Il fit pivoter sa tête de quelques centimètres.

Le temps d'un accord, Allen, lui, se mit à songer qu'il n'avait pas vraiment besoin de tout avouer à ses amis. Ou plutôt, il n'en avait pas envie. Il voulait profiter encore un peu de leur amitié.

Hermione vit qu'Harry hésitait à se retourner, sans doute pour voir la main d'Allen, mais tiraillé par le doute.

Elle savait que c'était ce qu'il convenait de faire, ne serait-ce que pour voir si le jeune homme blond ne leur mentait pas à propos de sa mystérieuse blessure.

Mais pourquoi l'aurait-il fait ? Il avait bien une balafre au visage, donc sa main devait bien être blessée, selon ce qu'il leur avait raconté dans son histoire.

Préférait-elle vraiment savoir s'il disait la vérité ?

Elle croisa le regard de Ron, et vit qu'il avait également remarqué le geste de leur ami. Et il n'avait apparemment pas l'intention de l'arrêter.

L'exorciste avait à présent en tête le plus gros mensonge qu'il allait dire à ses amis depuis leur rencontre. C'était un mensonge risqué mais tout à fait plausible, et qui expliquerait tous ses précédents mensonges.

Harry se retourna.


Prochain chapitre : dimanche 14 mars