Hey me revoilà ! Je suis vraiment désolée pour cette longue attente, mais j'avais pas mal de travail (scolaire), contrôles, devoirs, bacs blancs… Du coup ce chapitre a été tapé très progressivement en plusieurs semaines, et est assez long, j'espère qu'il vous plaira !
Reviews, merci à :
Kurogane43536 : Harry vient de perdre son parrain donc il est un peu déboussolé… Mais c'est vrai qu'il mérite deux bonnes gifles XD
Elinska : ahAH ! Tu prends carrément parti pour Harry à ce que je vois ! C'est bien : il en faut !
Tyanilisha : Pourquoi pas, je sens qu'un petit « fight » dans le bureau de Dumbledore ne déplairait pas à tout le monde…
Victoria maeda : La voici !
Tango Dancer : Bonne année à toi aussi ! (un peu en retard, certes, mais là tout de même) Ce point de vue nécessiterait une discussion avec Elinska : )
Lulubell Alynn : Bonne année : ) Alors, as-tu bien anticipé sur ce qui va se dérouler dans ce chapitre ?
Naifu-Sasu : Mais ce n'est pas encore la fin (enfin !). La suite, j'essaye de la poster le plus vite possible, mais comme tout le monde peut le constater, ce n'est pas assez :S
Sat1 : L'injustice régit le monde, c'est bien connu…
Lord Makura : L'espoir fait vivre, comme on dit, Kanda reviendra… surement…
Egwene Al'Vere : Contente que tu aies apprécié !
Fuhatsu : Ou… Les pendules à l'heure :P
Mako Take : En conclusion : Harry est un p'tit saligaud. XD
Aiyushan : Merci !
Little akary : J'ai bien un projet avec les Noahs, mais il va falloir attendre un peu. Pour la fin, ce qui m'enchante surtout, c'est de savoir exactement ce que j'ai vais écrire (l'inspiration soudaine, c'est bien, mais quand il faut l'attendre…).
Guikat : Oui, il est gonflé ! XD
Bonne lecture !
Chapitre 32 : Cassure
- Pourquoi as-tu laissé mourir Sirius ?
Comment une simple phrase pouvait-elle avoir un effet aussi dévastateur ?
- Harry, je…
- Tu aurais pu le sauver, je sais que tu aurais pu le sauver, alors pourquoi tu ne l'as pas fait ? Il est mort à cause de toi !
Le Survivant avait presque crié les derniers mots.
Allen savait que son ami parlait sous l'effet de la tristesse et de la colère d'avoir perdu son parrain, mais l'entendre l'accuser d'être responsable de la mort de ce dernier était plutôt dur à encaisser.
- Je ne pouvais pas le sauver, personne ne le pouvait ! Harry, écoute…
- Non ! Tu aurais pu le sauver comme tu m'as sauvé moi mais tu as préféré le laisser se faire tuer ! Tu pensais peut-être qu'il était moins important ? Qu'il méritait moins que moi de vivre ? Parce que je suis le Survivant ? Tu es exactement comme les autres !
Dans sa rage, Harry frappa le bureau de Dumbledore avec son poing.
Un des tableaux étouffa une exclamation indignée tandis que les autres directeurs commençaient à pousser des cris de protestations :
- Jeune homme, veuillez garder votre calme, il y en a qui essayent de dormir ici, tous ces déménagements sont épuisants à la fin !
- Laissez Bedson, c'est Harry Potter, il s'est toujours senti particulièrement incompris et a toujours eu des réactions très disproportionnées. Par exemple, il y a quelque temps, il a appris que…
Phineas remarqua soudain qu'Harry le fusillait du regard et estima préférable de cesser tout commentaire.
Allen en profita pour tenter de calmer son ami :
- Il est normal que tu sois en colère, tu souffres, mais je t'assure que si j'avais pu empêcher d'une quelconque façon que Sirius… Je l'aurais fait. Mais il était trop loin, et les akumas…
- Les akumas ?
L'œil du jeune homme brun se durcit encore, et Allen en oublia ce qu'il voulait dire.
Il allait reprendre quand un bruit sec se fit entendre. Dumbledore et Kanda apparurent auprès d'eux.
- Je vous prie de nous excuser pour cette attente, fit le directeur, le ministre m'a retenu plus que je ne le prévoyais, bien contre mon gré je vous l'assure.
Il s'adressa aux deux exorcistes :
- Allen, Kanda, je vous suis très reconnaissant d'avoir protégé mes élèves, et je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous devez être épuisés. Toutefois j'aimerais que tu passes à l'infirmerie avant Allen, tu es blessé.
L'exorciste jeta un regard sur la tâche de sang sur son épaule gauche. Il avait complètement oublié ce détail.
- De plus, continua Dumbledore, je souhaiterais m'entretenir avec Harry. Cependant, au vu des derniers évènements ayant suivi mon absence, il me parait plus que nécessaire d'envisager les mesures les plus judicieuses à prendre afin de rétablir la situation. Je vous attends donc demain matin dans mon bureau jeunes gens.
Kanda hocha simplement la tête avant de se diriger vers la porte. Arrivé à celle-ci, il s'immobilisa. Allen mit quelques secondes avant de comprendre qu'il était attendu.
Sans un mot, l'exorciste aux cheveux blancs rejoignit son compagnon
- Oh, et Allen, ajouta soudain Dumbledore, j'ai ajouté un lit dans la chambre du professeur Engerlus, et y ai fait transférer toutes tes affaires, si tu veux disons… Passer une nuit moins agitée que celle qui t'attend dans ta salle commune.
Allen se força à plaquer un sourire de remerciement sur son visage, puis suivit Kanda.
Tandis qu'ils quittaient la pièce, il ne put s'empêcher de frissonner en sentant le regard froid d'Harry sur sa nuque.
- Cheeeeeef !
La porte du bureau s'ouvrit si brusquement que Komui faillit en laisser tomber sa tasse de café. Ce fut pourtant ce qui arriva lorsqu'un flot de feuilles se déversa sur le superviseur.
- Arrrrrg ! Reever…la porte… appel d'air !
- Alerte ! Alerte ! Etouffement !
Johnny ainsi que d'autres scientifiques aidèrent le chef de la Congrégation à s'extirper de la masse blanche qui le clouait au sol.
- Désolé chef, s'excusa Reever, c'est urgent.
- C'est toujours urgent, rétorqua Komui en époussetant ses vêtements, mais passons, de quoi s'agit-il ?
- La tête géante du directeur de l'école de magie sollicite un entretien.
La déclaration du scientifique fut suivie d'un silence général. Depuis le départ d'Allen et de Kanda, le directeur n'avait jamais repris contact avec la Congrégation. Ça ne pouvait signifier que deux choses : soit il était arrivé quelque chose de grave à l'un des deux exorcistes, soit la mission de ces derniers dans l'autre monde avait été remplie.
Komui quitta son bureau à la hâte suivi de la plupart des scientifiques, curieux de voir la « tête géante », et plus encore de savoir ce qui se passait et comment allaient Kanda et Allen.
Marchant dans un couloir pour regagner sa chambre, Lavi faillit se faire piétiner par la horde de scientifiques.
- Non mais oh ! Y'a des limites à pas franchir quand on vit en communauté !
L'exorciste interpela Johnny :
- Hey, où est-ce que vous courez tous comme ça ?
- Le directeur de l'école de magie est là ! Enfin… Sa tête… Bref, on va enfin avoir des nouvelles !
- C'est pas trop tôt ! Je vous suis ! On ira chercher Lenalee quand on passera devant la cafétéria !
La rumeur du retour prochain des deux exorcistes courut si vite dans la Congrégation que Dumbledore, en grande conversation avec Hevlaska, vit bientôt arriver une foule de scientifiques et de traqueurs, mêlés aux exorcistes revenus de mission.
- Eh bien, dit-il après être revenu de sa surprise, on peut dire que vos systèmes de communication sont bien plus performants que les nôtres ! Monsieur Lee, il faudra que vous me dévoiliez votre secret à l'occasion, cela pourrait m'être utile pour rassembler les élèves…
- Content de vous revoir Dumbledore, fit Komui tout sourire en ôtant son béret
- Moi de même. Bien, forts de notre première expérience, nous savons vous et moi que le temps dont nous disposons est limité, vingt-cinq minutes aux dires de Minerva. Il nous en reste actuellement dix-neuf. C'est au sujet de Kanda et Allen.
- Ils vont bien ? demanda Lenalee d'un air inquiet
- En pleine forme miss, et leur mission semble avoir été parfaitement menée à bien.
Des soupirs de soulagements fusèrent un peu partout dans l'assemblée.
- Ça signifie dire qu'ils vont revenir bientôt ? Quand ? Demain ? demanda Lavi d'une voix surexcitée
Dumbledore se mit à rire :
- Ils sont très attendus à ce que je vois. Et bien j'ai moi-même posé la question à Kanda. Vous comprenez, il était le plus à même de me dire s'il restait des akumas dans notre monde. Apparemment toute menace est désormais écartée mais votre ami souhaite, ce qui est très professionnel je dois l'avouer, demeurer une semaine de plus avec nous pour s'assurer que nous ne courons plus aucun danger.
- Ça a été plutôt rapide, fit remarquer le bookman junior, je pensais que ça leur prendrait au moins six bons mois.
Le sorcier eut une expression de surprise :
- Mais cela fait tout juste neuf mois qu'ils sont dans notre monde.
Cette fois-ci, la foule fut parcourue d'un murmure de stupéfaction.
- Mais c'est impossible, objecta l'un des scientifiques, ils sont partis il y a environ trois mois ! Enfin… dans ce monde en tout cas.
- Vous mettez en évidence un point important, admit Dumbledore, dans ce monde. Lors de ma première visite, le temps passé dans votre monde s'était avéré être le même que celui qui s'était écoulé dans le mien. J'en avais logiquement conclu que nos deux mondes ne possédaient aucune dissidence temporelle. J'aurais dû me douter que c'était loin d'être aussi simple…
Reever s'avança :
- Vous voulez dire que… Qu'il est possible que lorsqu'Allen et Kanda seront de retour, il est possible que cette différence de temps ait encore évolué dans une autre direction ? Par exemple un an chez nous équivaudrait à deux jours dans votre monde ?
- Cette possibilité existe, mais je doute que ça soit le cas, il n'y aurait aucun équilibre, or c'est justement cette notion clé qui régit l'Univers.
La figure de Dumbledore commençait à s'estomper.
- Comme vous pouvez le constater, je suis un peu pressé par le temps. Je vous recontacterai dans une semaine, de mon monde cela va sans dire, avant de procéder au transfert d'Allen et de Kanda.
Après un dernier sourire courtois, il disparut.
De retour dans son bureau, le mage consulta sa montre à douze aiguilles : vingt-cinq minutes s'étaient écoulées depuis son départ.
- Hum, fit-il songeur, il est plus que probable qu'à chaque liaison de nos deux mondes, ceux-ci se mettent en synchronisation. Cela voudrait dire que la divergence de temps ne se met en place que lorsque cette liaison est rompue...
Il s'installa à son bureau en soupirant, se remémorant les évènements de la veille. Et plus précisément, la conversation qu'il avait eue avec Harry après le départ des deux exorcistes. Le jeune homme était dans une colère effroyable, mais c'était compréhensible. Il avait perdu une personne chère à ses yeux, son parrain, puis il avait appris que ses parents avaient été tués à cause d'une prophétie, et enfin qu'il était l'élu qui devrait mettre un terme à l'existence de Voldemort.
Deux coups discrets retentirent soudain.
- Entrez, dit Dumbledore en se redressant sur sa chaise
Les figures d'Allen et de Kanda apparurent, et les deux jeunes hommes entrèrent. Le directeur les invita à s'asseoir.
- Je vous remercie d'être venu de si bon matin, alors même que la nuit a été courte.
En disant cela, il fixait Allen avec intensité.
Ce dernier savait qu'il avait une mine horrible : il n'avait pas pu trouver le sommeil, hanté par les accusations d'Harry.
- Si je vous ai fait venir si tôt, c'est pour discuter du déroulement de la semaine. Vous devez bien vous douter que, la raison de votre départ à tous les deux étant demeurée inexpliquée, les élèves ont inventé les rumeurs les plus folles à votre sujet. La plus remarquable qu'il m'ait été donné l'occasion d'entendre affirmait que vous vous étiez échappés de Ste Mangouste pour prendre le contrôle de l'école. Bien évidemment, le ministère de la Magie est à présent au courant de votre présence à Poudlard.
Après avoir laissé à ses interlocuteurs le temps de digérer l'information, Dumbledore reprit :
- Il n'y a donc plus aucune raison de dissimuler votre identité, ni aux yeux des professeurs, ni aux yeux des élèves, ni aux yeux du Ministère. Au terme d'un longu et pénible marchandage, j'ai obtenu de Cornelius Fudge que vous restiez à Poudlard jusqu'à la fin de notre contrat, c'est-à-dire dans une semaine. Néanmoins, Fudge a envoyé deux de ses ministres au château, ministres qui sont arrivés à précisément sept heures trente-trois ce matin. Il m'a été demandé de vous présenter, de façon officielle et bien réelle cette fois.
- Nous présenter ? répéta Kanda en fronçant les sourcils
- Aux ministres, mais j'avais dans l'idée de le faire devant les élèves, afin de vous éviter une série d'interrogatoires, spécialement toi Allen, de la part de tes amis. J'ai installé deux chaises supplémentaires à la table des professeurs.
L'exorciste aux cheveux blancs sentit une boule d'angoisse se former dans sa gorge.
- Pour éviter toute inquiétude du ministère concernant votre présence ici, je souhaiterais que vous portiez vos uniformes d'exorcistes, afin que votre rôle ici soit clairement défini.
Allen et Kanda hochèrent la tête.
- Bien, je vous attends dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner.
Et c'est ainsi que la conversation prit fin.
De retour dans la chambre qu'ils partageaient, bien contre leur gré, les deux exorcistes purent sortir leurs uniformes, soigneusement pliés parmi leurs affaires.
Allen ressentit une bouffée de joie lorsque ses mains entrèrent en contact avec l'étoffe. Il réalisa alors combien son « habit de travail » lui avait manqué. Il effleura presque solennellement du doigt la croix de rosaire.
- Moyashi, t'as toujours pas fini ? On n'a pas toute la journée je te signale. Je t'attends dehors.
Le jeune homme se vêtit rapidement de son uniforme, et enfila ses bottes. Si cela ne lui ôta pas le nœud qu'il avait à l'estomac, cela lui permit de se sentir un peu plus détendu. Après tout, ce n'était qu'une mission comme les autres.
Traversant les couloirs pour se rendre dans la Grande Salle, Kanda et Allen ne croisèrent aucun élève. Tous devaient certainement déjà être en train de prendre leur petit-déjeuner.
Finalement, ils arrivèrent devant la lourde porte en bois qui était grande ouverte, et s'arrêtèrent dans le hall.
Devant eux, les élèves étaient attablés comme chaque matin, et discutaient des évènements de la veille avec excitation, entre deux livraisons de courrier par les hiboux.
Allen constata avec soulagement que Luna, Ron, Neville, Ginny, Hermione et Harry étaient présents à leur table. Leur aventure de la veille n'avait pas causé trop de séquelles physiques. Nils et Anna eux, étaient isolés des autres Serpentards, et arboraient une mine défaite.
Il n'eut pas le temps de s'attarder davantage sur la physionomie des uns et des autres. Kanda le poussa pur le faire entrer dans la Grande Salle.
Toutes les conversations cessèrent immédiatement dès que leur présence fut remarquée.
Mal à l'aise, Allen s'efforça de ne croiser aucun regard connu, se forçant à focaliser toute son attention sur son objectif : les deux chaises placées près des membres du ministère qui les scrutaient avec un respect mêlé d'inquiétude.
Dumbledore leur fitt un grand sourire et, lorsqu'ils eurent atteint l'estrade, il se leva pour aller à leur rencontre.
- Chers élèves et professeurs, puisque le mystère doit être dévoilé, je vous dois des explications. Comme vous le savez notre monde a été ébranlé par l'apparition de créatures tueuses et indestructibles connues sous le nom d'akumas. Leur présence était le fruit d'une collision entre notre monde et un autre. Cette situation s'était déjà produite par le passé. A l'époque, l'affaire avait fait beaucoup moins de bruit. On avait fait appel à certaines personnes de l'autre monde spécialisées dans l'éradication des akumas, les exorcistes.
Le directeur étendit la main pour désigner Allen et Kanda :
- De la même façon, j'ai fait appel aux deux exorcistes ici présents, et je crois qu'une nouvelle présentation s'impose : Allen Walker n'est pas un sorcier, il s'est fait passer pour un élève afin de protéger Poudlard, et Kanda Yu a parcouru notre monde pendant neuf longs mois afin de traquer les akumas qui s'y étaient dispersés avant de revenir parmi nous sous les traits du professeur Engerlus.
Un murmure de stupéfaction se répandit dans les rangs, puis s'éteignit.
Dumbledore parcourut l'assemblée de son regard électrique :
- Il est bien évident que la seule personne qui est à blâmer pour les avoir forcé à dissimuler leur identité est moi et moi seul. Aussi, je vous demanderais de dépasser votre surprise ou votre incompréhension afin que leur dernière semaine à nos côtés se déroule le plus agréablement possible.
Son discours achevé, le directeur s'assit, et les deux exorcistes firent de même.
Les conversations reprirent progressivement dans la salle, mais elles s'articulaient à présent autour de l'annonce qui avait été faite par le directeur.
Assis à la table des professeurs, Allen essayait de ne pas tenir compte des nombreux regards rivés sur lui. Le petit ministre trapu assis à ses côtés engagea la conversation.
De leur table, le trio observait silencieusement les deux exorcistes.
- Si tous les exorcistes sont comme eux, je veux bien aller faire un tour dans leur monde ! confia Parvati à sa sœur
Et apparemment, Parvati n'était pas la seule à avoir eu cette pensée. La majorité de la population féminine de Poudlard avait rougi à l'apparition de Kanda et d'Allen, et leur jetaient à présent des regards furtifs en gloussant.
Hermione elle aussi était fascinée par les deux êtres venus de l'autre monde. Elle les avait côtoyés toute la soirée d'hier mais ce n'est qu'en les voyant réuni tous les deux, dans leurs curieux uniformes, qu'elle réalisait la puissante aura qu'ils dégageaient. Allen avait cependant l'air nerveux, et ne cessait de triturer ses mèches de cheveux blancs.
- Tu ne vas pas t'y mettre non plus… grogna Ron en se resservant un verre de jus de citrouille, tu le crois ça Harry ? Harry ?
Hermione posa ses yeux sur le Survivant. Celui-ci, les sourcils froncés et l'air profondément morose, semblait perdu dans ses pensées.
Tôt le matin, les trois amis s'étaient retrouvés dans leur salle commune. Ron avait eu le malheur de demander où étaient passés Allen et « l'autre malade au sabre ». Harry avait haussé les épaules puis, devant le regard inquisiteur d'Hermione, il avait haussé la voix et déclaré qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec Allen. Le Survivant avait ensuite quitté la salle commune d'un pas furieux.
Depuis, ni Ron ni Hermione n'avait osé l'interroger.
La salle se vida peu à peu.
Durant le long interrogatoire qu'avaient dû subir Allen et Kanda, l'exorciste aux cheveux blancs avait jeté des coups d'œil fréquents dans la direction de ses amis dispersés dans trois maisons.
Neville, Ginny, Luna et Hermione l'avaient abreuvé de sourires tandis que Ron lui avait fait un signe de tête en guise de salut, entre deux bouchées de tarte aux pommes. En revanche, Harry n'avait même pas daigné lui accorder un regard, tout comme Anna et Nils qui n'avaient pas levé le nez de leur assiette.
Lorsque ces derniers quittèrent la table des Serpentards, Allen s'excusa auprès du membre du ministère et descendit de l'estrade.
Il devait avoir une explication avec eux.
Il les rattrapa alors qu'ils atteignaient la porte.
- Hé, attendez !
Les deux Serpentards se retournèrent d'un même mouvement.
Ils promenèrent longuement leur regard sur l'exorciste, s'attardant sur les détails de l'uniforme rouge et noir.
- Qu'est-ce que tu nous veux ? demanda finalement Nils la mine sombre
- Je voulais juste… vous dire que j'étais désolé.
- Tu es désolé ? répéta lentement Anna, désolé ?
Elle fit un pas vers le jeune homme :
- Ecoute bien, parce que je ne te le dirai pas une seconde fois. Tu nous as menti, trompés une année entière, nous étions face à un parfait inconnu à qui nous avions accordé notre confiance !
- Je… si j'avais pu j'aurais…
Anna eut un rire amer :
- Oh, mais tu avais le choix, "on a toujours le choix", ce n'est pas ce que tu nous as dit ? Et tu as choisi de tout nous dissimuler.
- Mais c'est toujours moi, objecta doucement Allen, je n'ai pas pu changer ce que je suis, et mon amitié a toujours été sincère.
- Tu parles, siffla Anna les yeux pleins de rancoeur, cette amitié dont tu parles était bâtie sur un mensonge dès le départ, il n'y a jamais rien eu de sincère dans ton attitude, et tu n'as rien d'un ami.
Allen tourna son regard vers Nils qui n'avait pas encore pris la parole. Allait-il lui aussi lui tourner le dos ?
Finalement, le Serpentard dit très calmement :
- Celui à qui j'ai donné l'anneau est Allen Walker, Serpentard en cinquième année qui a été mon ami pendant huit mois. La personne que j'ai devant moi, l'exorciste venant d'un autre monde, je ne la connais pas.
Le jugement avait été rendu de façon définitive, et Allen n'avait plus qu'à l'accepter.
- C'était pour vous protéger, murmura-t-il
- Les protéger comme tu as protégé Sirius ? fit une voix ironique derrière eux
Harry rejoignit la conversation, suivi d'Hermione et de Ron.
- Harry, fit Hermione croyant avoir mal entendu, qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Exactement ce que tu as entendu Hermione, Allen aurait pu sauver Sirius mais il a préféré le regarder mourir.
Allen commençait à sentir une colère sourde monter en lui :
- Pour la dernière fois Harry je combattais les akumas, dit-il
- Et vous vous en sortiez vraiment très facilement toi et ton ami de l'autre monde, tellement facilement qu'un seul de vous deux aurait suffi, l'autre aurait pu… Je ne sais pas moi, empêcher que Bellatrix ne jette le sort.
- Euh, Harry, intervint Ron en s'éclaircissant la gorge, mon vieux tu…
- Ils étaient nombreux, dit Allen en serrant les poings
- C'est vrai, d'ailleurs le combat a dû être acharné, vu les nombreuses blessures que vous arboriez après avoir combattu les akumas.
Alors que le ton montait, Anna, Nils, Hermione et Ron n'osaient pas intervenir. C'est à cet instant que Kanda fit son apparition.
- Moyashi, qu'est-ce qui se passe ici ? On vous entend crier depuis le fond de la salle…
Ignorant la remarque de l'épéiste, Allen continua la discussion :
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Ce que je veux dire ? Si la vie est tellement facile dans votre monde, je veux bien aller y faire un tour et y devenir exorciste.
- Pardon ? gronda Kanda
- Tu ne sais absolument pas de quoi tu parles, rétorqua Allen
Non, Harry ne savait pas de quoi il parlait, mais tout comme les autres il avait vu le regard du jeune exorciste s'assombrir à la fin de sa déclaration. Poussé par la rage, il continua :
- Vous détruisez les akumas comme vous balayeriez une poussière un peu gênante. Je veux bien croire que votre monde soit peuplé de ces créatures mais vous pouvez les détruire sans être blessé. Ici on est en guerre, ce n'est pas un jeu, des gens meurent.
Un long silence s'ensuivit.
- Crétin, siffla Kanda la main sur son katana, t'as intérêt à retirer ce que tu viens de dire sinon…
- Laisse, s'interposa Allen d'une voix posée, une main brandie sur le côté pour stopper son ainé.
Malgré son air serein, il était évident que la remarque du Survivant l'avait beaucoup touché.
- Quoi qu'on lui dise, il ne changera pas d'avis. S'il pense que c'est aussi amusant qu'un jeu...
Puis se tournant vers l'ensemble :
- Je suis content d'avoir été votre ami, et je comprends le fait qu'il ne puisse plus en être ainsi, j'ai commis trop d'erreurs, j'ai gardé trop de secrets. J'aurais dû rester à l'écart dès le début. Nous partons dans une semaine et dorénavant, je me contenterai d'assurer mon rôle d'exorciste.
Il s'inclina respectueusement devant eux puis, invitant Kanda à la suivre, il quitta le Hall.
Tandis qu'ils s'éloignaient, l'exorciste songea le cœur serré qu'il en était peut-être mieux ainsi : cela rendrait sans doute le départ plus facile.
