Bonjour tout le monde ! Alors, voici le nouveau chapitre!
Chapitre 42
L'enfant est comme une statuette en verre. Chaque fissure semble le marquer bien plus profondément que n'importe quelle autre statue.
Harry avait l'impression d'être retourné chez lui. Ce qui était stupide, il le savait très bien. Drago ne lui appartenait pas. Il ne lui appartiendrait jamais. Le blond finirait par partir un jour ou l'autre. Ils partaient tous. Mais, pour le moment, il pouvait se donner l'illusion que Drago était sien pour l'éternité. Que ses lèvres qui tremblaient contre les siennes ne lui appartenaient qu'à lui. Que ce corps souple plaqué contre lui était sa possession. Pour le moment, il pouvait croire n'importe quoi. Sa bouche s'entrouvrit légèrement et il passa lentement sa langue contre les lèvres du blond. Il attendit patiemment que Drago ouvre à son tour sa bouche et ne put s'empêcher de pousser un gémissement de plaisir lorsque le blond se laissa aller contre lui. Aussitôt, sa langue partit jouer avec celle du blond. Un frisson inattendu lui parcourut le corps lorsque la langue de Drago se mit de la partie et que les bras du blond s'enroulèrent autour de son cou, le serrant plus fort contre lui. Drago lui répondait.
Cette pensée fit traverser un éclair de passion dans son ventre et il dut se retenir pour ne pas enlacer Drago comme un fou. Il devait être doux, délicat… comme il ne l'avait jamais été avec personne d'autre. Ses mains se posèrent tendrement autour de la taille délicate et il s'obligea à les laisser immobiles. Drago était fragile. Drago n'était pas prêt à plus. Drago était… un léger gémissement s'échappa de sa bouche lorsque Drago ondula faiblement contre son corps. Drago était… Drago avait un de ses corps… Ses mains se crispèrent un peu plus durement autour des hanches du blond et il dégagea sa bouche de celle de Drago. Un seul regard sur le visage du blond fut suffisant pour qu'il laisse sa bouche se glisser contre la nuque gracile. Seigneur, le simple contact de ses lèvres contre la peau du blond et celui-ci était parcouru de chair de poule. Que se passerait-il s'il laissait ses dents le toucher? Sa langue? Chaque partie de son corps?
Ses mains se resserrèrent davantage et, à sa grande surprise, le chandail de Drago remonta suffisamment pour que leurs peaux se touchent. Une décharge électrique lui aurait fait moins d'effet. Douce… La peau de Drago était si douce… Il aurait dut retirer ses mains. Il aurait dut arrêter ce baiser avant qu'il ne perde la raison. Mais, Drago lui appartenait. Pas pour l'éternité. Peut-être même pas pour un jour. Mais, à cette minute, à cette seconde, Drago lui appartenait corps et âme. Et Dieu tout puissant qu'il voulait le toucher… Ses mains remontèrent le long du dos du blond alors que sa bouche s'entrouvrait sur la peau sensible du cou de Drago. Ses dents se refermèrent doucement sur la peau du blond et il dut s'obliger à se calmer, à respirer. Il ne pouvait pas aller plus loin. Il ne pouvait pas le toucher plus. Il devait se calmer. Il devait ignorer le feu qui semblait sur le point de consumer son corps et se calmer. Et il entendit Drago gémir. Ce son le fit redresser brusquement la tête. Ce son n'était pas normal. Un son ordinaire ne lui aurait pas coupé le souffle. Un son ordinaire ne l'aurait pas fait trembler. Et il devait reculer. Reculer avant qu'il ne soit trop tard et qu'il fasse quelque chose qu'il finirait par regretter. Ses mains sortirent immédiatement de sous le chandail de Drago alors qu'il reculait de quelques pas.
-Je…
Il ne savait pas quoi dire. Il ne savait pas par quoi commencer. Et Drago qui se contentait de le regarder, les lèvres et les joues rougies, le rendant encore plus fou. Mais, qu'est-ce qu'il foutait, bon sang! Il devait arrêter de se laisser emporter. D'accord, il n'avait pas eu de relation sexuelle pendant longtemps, mais ce n'était pas une raison pour qu'il agisse de cette manière avec Drago. À sa grande joie, ce fut le blond qui rompit le silence.
-Je n'ai pas l'intention de t'abandonner. Arrête de m'entrainer dans tes délires émotionnels.
-Je suppose qu'il s'agit de ta façon de me dire de ne pas m'inquiéter.
-Prend-le comme tu veux, mais arrête de t'enfermer dans ta bulle. Si tu penses des choses étranges, viens m'en parler. Je suis là.
-Oui, pour le moment.
-Pour aussi longtemps que tu le voudras. Répliqua Drago.
Il dut se retenir pour ne pas prendre le blond dans ses bras. Il ignorait comment cela se terminerait. Il ne pouvait pas toucher Drago pour le moment. Pas quand tout lui rappelait la douceur de sa peau. Sur ses lèvres, sur ses mains. Tellement de douceur… Bordel! Le blond se dirigea soudainement vers la porte, lui faisant un vague signe de tête.
-Je te reverrais demain. Fais de beaux rêves.
Et il le quitta là sans un seul mot de plus. Harry n'était pas convaincu de vouloir savoir le contenu de ses rêves de cette nuit. Il se laissa choir sur son lit et retira précipitamment son chandail. Il mourrait de chaud. La peau de Drago était chaude… douce et chaude… Ses hanches étaient fines, mais il y avait tout de même de légères courbes qui le rendaient cinglé. Et sa peau… Et sa langue… Et son cou… Et… Il devait aller dormir. Il devait aller dormir et oublier ça. Il était allé trop loin. Il n'aurait pas du toucher Drago de cette façon, il le savait pertinemment. Il avait vraiment de graves problèmes psychologiques. Il se coucha violemment sur son lit et poussa un grognement sonore tout en fermant les yeux. Il espérait une nuit sans rêve. Il était incapable de supporter de rêver pour le moment.
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Harry en avait marre d'écouter ce fichu cours. Il aurait tout donné pour enfin pouvoir manger. Manger de la nourriture. Pas Drago. Il s'efforça de ne pas grogner. Drago… Drago… Drago… Il devenait fou voilà ce qui lui arrivait. Était-ce possible de penser autant à une personne? Il pouvait le sentir dans ses rêves. Il avait sentit l'odeur de sa peau. Il avait sentit la chaleur de son corps. Il avait sentit la douceur de son être. Et il devait se trouver un fusil pour se tirer une balle dans la tête et en finir avec toutes ses souffrances. Il avait l'impression que sa libido était encore plus dingue que d'habitude. Une main puissante s'abattant sur son dos le fit brusquement cligner des yeux. Il s'empressa de lancer un regard meurtrier à Ron.
-Qu'ai-je fait pour mériter un tel regard? Geignit son meilleur ami. Ce n'est pas moi qui ai délibérément perdu un PlayStation.
-Bon, remet-toi en.
-Jamais, il s'agit d'une cicatrice très profonde dans mon pauvre petit cœur d'enfant. Rétorqua Ron.
-Qu'est-ce qui se passe avec ton cœur d'enfant? Interrompit soudainement Blaise.
Harry vit aussitôt l'attention de Ron se détourner de lui pour se poser sur le mulâtre qui finissait son meilleur ami avec perplexité. Le bras du roux se posa vivement sur sa tête, frottant vigoureusement le cuir chevelu de Blaise.
-Mon cœur ne bat que pour toi. Tu le sais déjà. Fit remarquer Ron.
-Tu devrais en parler avec Jordan. Je ne pense pas qu'il apprécierait.
Le sourire de Ron disparut immédiatement.
-Tu le revois bientôt? Demanda-t-il calmement.
-Oui.
-C'est un Jamaïcain? Un Haïtien? Un Africain?
-Essaye donc un Anglais. Siffla Blaise.
-Tu sais ce que je veux dire.
-Ses grands parents sont d'origine jamaïcaine il me semble…
-Excellent. Il doit être ton homme idéal. Quel est sa couleur préférée?
Les yeux de Blaise se plissèrent dangereusement avant qu'il ne leur tourne le dos et parte sans un mot de plus. Harry vit le regard de Ron suive intensément Blaise avant que le mulâtre ne disparaisse de leurs vues. Il ignorait ce qu'il était censé dire à Ron. Il était nul dans ce genre de situation. Mais, Ron avait l'air déprimé et lui était censé être son meilleur ami alors…
-Ils vont surement rompre bientôt. Essaya-t-il.
-Ce n'est pas ça le problème.
Malheureusement, il ne comprenait rien du problème. Il ne parlait pas vraiment à Blaise. Il ne comprenait pas quel était le problème du mulâtre. S'il n'aimait pas Ron, pourquoi ne se contentait-il pas de lui dire au lieu de le garder dans cette étrange zone entre l'amitié et l'amour? Ce fut à ce moment qu'il sentit une main douce se poser sur la sienne et, à sa grande horreur, il sentit son corps se tendre.
-J'ai faim. Déclara d'emblée Drago.
Lui aussi mourrait de faim. Il se donna une claque mentale en entendant ses pensées. Non, il avait vraiment faim. De nourriture. Uniquement de nourriture. Beaucoup de nourriture. Toute la nuit. Il se serait volontiers arraché les yeux si cela lui permettait d'arrêter d'avoir des pensées aussi… aussi… Il n'y avait pas de mot pour décrire ses pensées.
-Alors, allons à la cafétéria. Répondit d'une voix faussement nonchalante Harry.
-Qu'attends-tu? Dépêche-toi.
-Pardon votre majesté. Répliqua le brun en roulant des paupières.
Ce fut à ce moment qu'il vit les yeux de Ron s'écarquiller alors que Drago se figeait comme une statue. Que se passait-il? Il se tourna légèrement et sentit son cœur se crisper dans sa poitrine. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas possible.
-Harry…
-Cho, que fais-tu ici? Demanda-t-il glacialement.
La Chinoise se mordit férocement la lèvre inférieure alors qu'elle serrait désespérément ses mains l'une contre l'autre. Il ne voulait pas la voir. Il ne voulait pas lui parler. Pourquoi était-elle là? Pourquoi ne partait-elle pas?
-Je croyais que tu devais partir aujourd'hui. Poursuivit-il. Bon voyage.
Et qu'elle ne revienne plus jamais. Il s'agissait du passé. Pourquoi est-ce que le passé revenait maintenant alors qu'il avançait vers l'avenir?
-J'ai convaincu mon père de rester une semaine de plus.
-Pourquoi? Cracha Harry.
-Pour te parler. J'ai besoin de te parler.
-Tristement, je suis vraiment occupé. Désolé.
Il se saisit alors du bras de Drago et commença à marcher rapidement vers la porter. Partir en courant. S'enfuir… S'enfuir de l'odeur du sang… S'enfuir de la couleur rouge… S'enfuir des larmes… Toujours plus loin, toujours plus vite…
-Tu peux peut-être t'enfuir de moi, mais tu ne peux pas t'enfuir de notre histoire.
-Je ne m'enfuis pas. Répliqua Harry, n'osant pas la regarder.
-Oui, tu t'enfuis. Mais, notre histoire est arrivée Harry. Peu importe ce qui est arrivé, l'important est que c'est arrivé.
-C'est de l'histoire ancienne.
-Non! Ça ne l'est pas! Ça ne s'est jamais terminé… cette histoire… J'ai besoin de te parler… Je t'attendrais…
-Tu vas attendre longtemps.
La main de Cho s'enroula autour de son poignet et il dut s'empêcher à ne pas partir en courant.
-Je t'attendrais chaque jour à notre fontaine… Chaque jour… Pour que cette histoire ait véritablement une fin… Pour que nos vies puissent recommencer à avancer.
Harry ne voulait pas en entendre davantage et se mit à courir tout en tenant fermement Drago par le bras. S'enfuir de tout… s'enfuir de cette nuit… s'enfuir de ce souvenir…
À suivre…
