Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Chapitre 48

Je marche à côté d'une joie; D'une joie qui n'est pas à moi; D'une joie à moi que je ne puis pas prendre…

Harry prit une grande bouffée d'air frais avant de laisser sa tête retombée entre ses mains. Il avait envie de s'arracher le cerveau; les oreilles; le cœur. Il avait envie de tout oublier afin que tout puisse enfin redevenir comme avant. Il n'avait rien pu répondre à la déclaration de Drago. Il s'était contenté de marmonner des phrases sans queue ni tête avant de s'enfuir en courant. Et maintenant… il se trouvait dans ce stupide parc avec ses stupides pensées. Comment? Pourquoi? Pourquoi est-ce que Drago lui avait dit une chose pareille? Comment était-ce arrivé? Ils étaient amis, bon sang! Ils partageaient bien plus qu'un stupide béguin alors pourquoi Drago avait-il rabaissé leur relation de la sorte? Qu'était-ce l'amour? Une connerie qui durait un temps avant de disparaître. La famille, pour le meilleur comme pour le pire, restait toujours. Alors pourquoi… Il avait envie d'hurler. Encore et encore jusqu'à ce que tout aille pour le mieux.

Il n'était pas gay. Il n'éprouvait pas ce genre de sentiment pour Drago. Comment aurait-il pu comparer un béguin aux sentiments qu'il éprouvait pour le blond? Tout était plus fort, plus solide… tout était plus douloureux. Il pouvait pardonner à Drago ce qu'il n'avait pas réussi à pardonner à Cho auparavant. Il pouvait tout dire à Drago alors qu'il avait à peine parler de ses parents à la Chinoise. Ces deux relations n'avaient rien en commun et pourtant il avait été amoureux de Cho. Il l'avait voulu pour lui et rien que pour lui. Il avait voulu la protéger et rester avec elle jusqu'à la fin de sa vie. Et pourtant… il avait suffi qu'elle le blesse un peu pour qu'il la barricade hors de son cœur. Mais avec Drago… Il ne pouvait pas faire une chose pareille. Il ne pouvait pas rester en colère contre lui. Ne plus être avec lui… Ne plus être avec lui équivalait à s'arracher le cœur et maintenant Drago le mettait dans une telle situation!

N'avait-il pas assez de problème comme ça? Dès que le bonheur semblait à sa portée… il disparaissait aussi vite qu'il était arrivé. Il avait pardonné à Cho. Il avait compris pourquoi il avait battu cet homme inconnu. Il avait compris pourquoi il était si en colère. Et cela lui avait fait un bien fou. Comme s'il était enfin libérer d'une partie de sa douleur. D'une partie de sa colère. Il avait eu l'impression qu'il s'était libéré d'un cancer qui lui bouffait le cœur à petites bouchées sanglantes. Il avait eu l'impression qu'il y avait un espoir pour lui. Et maintenant Drago avait dit cette phrase… cette phrase qui avait tout changé. Amoureux de lui? Comme c'était ridicule. Drago n'était pas amoureux de lui. Le blond ne comprenait rien à l'amour et aux sentiments. Avait-il même déjà éprouvé de l'amour? Avait-il déjà embrassé un autre homme que lui? Alors comment pouvait-il savoir?

Lui savait ses sentiments! Il savait qu'il n'avait jamais regardé un autre homme plus d'une minute. Il n'avait jamais voulu coucher et caresser un autre homme et il n'allait certainement pas commencer soudainement! D'accord, il avait répondu avec un peu trop d'enthousiasme aux baisers de Drago. D'accord, il l'avait touché un peu plus intimement qu'il touchait ses autres amis. Mais, le blond était spécial! Il était… Il était proche de lui. Il avait pénétré son cœur. Il le voyait comme il était vraiment et il n'était pas dégouté. Il ne l'avait pas abandonné. Il… Il était tout ce qu'il voulait. Pourquoi n'était-ce pas suffisant? Pourquoi Drago devait-il se mettre à parler d'amour, de fleurs et de chanson? Ne pouvait-il pas se contenter de ce qu'ils avaient déjà? Leur relation était peut-être compliquée, mais elle le remplissait de joie. Sans cette relation… redeviendrait-il comme avant? Continuerait-il à exploser sans le moindre avertissement?

Il ne pouvait pas être sans Drago. Il ne pouvait pas le quitter et s'éloigner de lui. Drago ne comprenait rien. Il mélangeait tout. Bon sang! Son père avait essayé de le violer avant même qu'il ne puisse ressentir le moindre désir pour qui que ce soit. Drago était immature en ce qui concernait les relations amoureuses. Il ne savait rien et pourtant il agissait comme s'il savait tout! Il l'aimait? Il dut retenir un rire hystérique. Non, l'amour ce n'était pas ça. L'amour était quelque chose de brûlant, de fort et surtout d'éphémère. Lui avait la certitude qu'il continuerait à vouloir Drago jusqu'à la fin de sa vie. Les filles qu'il avait désirées ne lui avaient jamais touché le cœur de cette façon. L'amour qu'il avait ressenti pour Cho n'avait rien à voir avec ce qu'il ressentait pour Drago. Il ne pouvait pas mettre un nom sur leur relation… Mais, il pouvait assurer que ce sentiment n'avait rien à voir avec les amourettes stupides qu'il avait déjà éprouvé. Ces amourettes qui ne duraient que quelques temps et après chacun partait de son côté… Il ne pouvait pas quitter Drago de la sorte. Drago était tout. Drago était la personne… la personne dont il avait le plus besoin. Comment pouvait-il comparer leur relation à quelque chose d'aussi… d'aussi éphémère?

Il se redressa soudainement et partit vers sa voiture. Il devait parler à Drago. Il se fichait éperdument qu'il était près de minuit. Il se fichait que son père l'avait regardé comme s'il était fou en le voyant sortir en trompe de la maison. Il ne pouvait qu'espérer qu'il ne l'attendait pas comme un idiot. De quoi parlait-il? Bien évidemment que son père ne l'attendait pas. Il ne l'avait jamais attendu pourquoi commencerait-il maintenant? Son cœur se crispa férocement dans sa poitrine et il se secoua doucement la tête. Il n'avait pas que ça à faire. Il devait parler avec Drago. Voilà la seule chose qui comptait maintenant. Le trajet jusqu'à chez lui se fit si rapidement qu'il eut l'impression d'avoir cligné des yeux et d'être déjà arrivé. Il était prêt. Il n'avait pas le choix d'être prêt. Il fallait que Drago comprenne. Il ouvrit vivement la porte de chez lui et sursauta violemment en voyant son père, l'attendant près de la porte.

-Il est minuit Harry. Fit-il remarquer. Demain tu as de l'école et tu reviens à cette heure?

Oh bordel, il n'avait pas le temps pour ces âneries! Il eut l'envie brusque de foutre un coup de poing à son père et de partir en courant chercher Drago. Il n'avait pas besoin de parler à cet homme qui semblait avoir eu une soudaine illumination qui lui disait de le harceler pour des raisons ridicules.

-Depuis quand as-tu quelque chose à faire? Cracha-t-il.

-Arrête avec ton attitude rebelle. Répliqua son père. Je suis quand même ton père, d'accord! Je m'inquiète pour toi et je veux savoir ce qui se passe dans ta vie!

-Je m'en fiche. Fit remarquer Harry.

Il donna alors un coup de coude à son père et s'apprêtait à monter l'escalier lorsque la main de celui-ci se posa sur son épaule, l'empêchant d'avancer. Il avait besoin de parler avec Drago. Il avait besoin que le blond comprenne. Il avait besoin…

-Harry… Je sais que je t'ai fait du mal. Je suis tellement désolé. Je ne voulais pas t'abandonner. Pas vraiment… Je ne savais plus quoi faire… Je suis…

-Est-ce le moment où je suis censé te tomber dans les bras comme dans les films hollywoodiens et là nous nous serrons dans nos bras en chantant comment nous n'allons plus jamais nous quitter? Demanda glacialement Harry. Comme tu viens si bien de le dire, il est tard et je dois aller à l'école demain. Bonne nuit.

Il se dégagea violemment et se précipita jusqu'à l'escalier. Il avait envie de vomir. Encore et encore. Drago était amoureux de lui et maintenant son père était désolé? Cette journée devenait de plus en plus merdique. Il n'avait rien à dire à son père. En fait, cela faisait des années qu'il n'avait plus rien à dire à son père. Pourquoi celui-ci ne le laissait pas respirer? Il ne voulait pas lui parler. Il voulait retourner à l'époque bénie où leurs seules interactions étaient de se dire « bonjour » chaque matin. Enfin, la plupart des matins. Il s'arrêta devant la porte du blond et prit une profonde respiration. Voilà. Il allait parler à Drago et lui faire comprendre. Lui faire tout comprendre. Il en était capable. Il essuya vivement ses mains moites sur son pantalon et ouvrit brusquement la porte du blond. À sa grande surprise, celui-ci se trouvait assis devant un tableau, le regardant avec un étrange regard. Dès qu'il ferma la porte, Drago leva lentement les yeux, le dévisageant avec une expression stoïque et fragile.

-Tu n'es pas amoureux de moi. Déclara d'emblée Harry.

Les yeux gris s'écarquillèrent avant que Drago ne se déplace dans sa direction et s'arrête à quelques mètres de lui tout en croisant ses bras sur sa poitrine. Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes et le brun se racla bruyamment la gorge. Il s'attendait à ce que Drago dise quelque chose. N'importe quoi. Mais celui-ci se contentait de le regarder avec son expression indéchiffrable.

-Tu n'es pas amoureux de moi. Répéta le brun. Tu crois l'être, mais tu ne l'es pas. Tu n'as jamais été proche d'aucun autre homme que moi. Tu viens de découvrir ton orientation sexuelle et tu viens de découvrir le désir. C'est normal que tu aies pensé être amoureux de moi. Mais, tu ne l'es pas. Nous sommes proches. Extraordinairement proches. Mais, notre lien n'est pas amoureux.

Pourquoi est-ce que Drago continuait à le fixer de la sorte? Pourquoi ne disait-il rien? Ne pouvait-il pas argumenter ou encore acquiescer? Pourquoi restait-il parfaitement de glace alors que lui essayait désespérément de réparer leur relation!

-Je ne suis pas gay. J'ai déjà eu des petites-amies. J'ai déjà couché avec des filles. Je suis désolé de t'avoir embrassé de la sorte. Mon comportement était ambigu, j'imagine. Mais, je ne suis pas gay. Vraiment pas. Mais, je t'aime Drago. Je t'aime plus que je n'aime personne d'autre. Tu es ma famille. S'il te plait… S'il te plait dis quelque chose.

Il aurait voulu pouvoir s'approcher de lui et se mettre à genoux pour le supplier de lui pardonner. Lui pardonner quoi? Il n'aurait su le dire. Il voulait simplement que tout redevienne comme auparavant. Il voulait pouvoir prendre Drago dans ses bras et respirer l'odeur de ses cheveux. Il ne voulait plus ressentir cette douleur à la poitrine comme si con cœur allait exploser d'une minute à l'autre. Il voulait retrouver son Drago. Il voulait… Il voulait tellement de chose et il avait l'impression d'avoir tout perdu.

-Drago. Supplia-t-il.

-Je comprends.

Il poussa un soupir de soulagement tout en posant vivement sa main sur son cœur. Drago comprenait. Bien évidemment que le blond comprenait. Celui-ci le connaissait mieux que quiconque. Drago était la personne qu'il ne voulait pas quitter. L'unique personne qu'il avait laissé pénétrer dans son monde. Il s'approcha alors de lui et s'apprêtait à le prendre dans ses bras lorsque le blond se dégagea brusquement, lui lançant un regard indifférent.

-Ton comportement redevient ambigu. Déclara-t-il calmement. Je suis inexpérimenté. Attention. Je pourrais croire que tu n'es pas si hétéro que ça.

Il aurait voulu croire qu'il s'agissait d'une blague. Il aurait voulu pouvoir dire une réplique acerbe et voir Drago rougir tout en lui donnant un coup de poing sur le bras. Mais, la voix de Drago n'était pas sarcastique et moqueuse. Elle était neutre. Comme si le blond s'était éloigné de lui. Plus loin. Trop loin.

-Drago…

-Je suis fatigué. L'interrompit le blond. Nous nous verrons demain à l'école.

Harry ravala difficilement sa salive alors que Drago continuait à le fixer avec son regard clair et vide. À la fin, il ne put que s'exécuter tout en évitant d'hurler.

À suivre…