Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Chapitre 53
Le secret, c'est qu'il n'y a pas de secret. Nous sommes des petits enfants égoïstes et malheureux, pleins de peur et de colère...
Harry ignorait exactement à quoi il s'attendait en ouvrant la porte de la chambre de Drago. Mais, il pouvait assurer qu'il ne s'attendait pas à ce que le blond ne lève même pas les yeux et se contente de continuer à peindre. Est-ce qu'il ne l'avait pas entendu? Ou bien faisait-il semblant de ne pas le voir uniquement pour ne pas avoir à lui parler? Est-ce qu'il ne l'aimait déjà plus? Est-ce qu'il le haïssait? Est-ce qu'il avait décidé qu'il n'en valait pas la peine? Ah, bon sang! Ses insécurités le tuaient! Comment pouvait-il savoir les sentiments de Drago? Comment pouvait-il être sur de ne pas être rejeté? La réponse était qu'il était impossible pour lui de prévoir quoi que ce soit. Il ne pouvait pas deviner les sentiments de Drago comme il ne pouvait pas deviner combien de temps ses sentiments dureraient. Alors qu'était-il censé faire à présent?
-Que fais-tu ici? Demanda glacialement le blond sans lever les yeux dans sa direction.
Était-il censé faire un long discours expliquant ses sentiments? Devait-il tout simplement hurler à Drago qu'il l'aimait à la folie et qu'il était désolé de sa propre stupidité? Il ne savait même pas par où commencer. Il s'agissait d'une mauvaise idée. Mieux valait qu'il parte. Pourquoi était-il venu déjà? Il ne voulait pas être ici. Son cœur battait trop vite et il n'arrivait pas à respirer convenablement. Il n'aurait pas dû être ici. Il s'agissait d'une idée stupide. Complètement stupide.
-J'ai peur. Murmura-t-il.
Il vit la main de Drago se figer sur sa toile, mais celui-ci ne leva toujours pas le regard dans sa direction. Il l'écoutait vraiment à présent. N'était-ce pas la seule chose qui comptait? Il avait peur. Oui, il avait vraiment peur, mais il ne pouvait pas laisser sa peur diriger sa vie, n'est-ce pas? Pourtant, c'était si tentant… de dire une connerie et partir. Mais, ce n'était pas ce qu'il voulait. Pourquoi est-ce qu'obtenir ce qu'il désirait était aussi difficile?
-J'ai peur que tu me quittes.
-Pourquoi est-ce que tu reviens toujours sur ça? S'énerva le blond. Je n'ai rien fait pour que tu doutes de moi sans arrêt! Je ne vais pas te quitter parce que tu ne veux pas être mon petit-ami. Je ne ferais jamais une chose pareille.
-Et si… et si je devenais ton petit-ami.
Cette fois-ci, Drago releva brusquement la tête dans sa direction, les yeux écarquillés. Harry aurait normalement rit d'une telle réaction, mais rien n'était drôle pour le moment. Tout semblait même loin d'être drôle.
-Je deviens ton petit-ami… et je fais quelque chose qui va te dégoûter ou te faire me quitter. Qu'est-ce qui se passe alors? Qu'est-ce que je deviens?
Drago se leva lentement de derrière sa toile et s'approcha doucement de lui, le fixant d'un regard indéchiffrable qui le mettait très mal à l'aise. Le blond s'arrêta alors à quelques centimètres de son corps, continuant à le dévisager.
-Si tu arrêtes de m'aimer, tu vas me quitter. Mais, si nous sommes une famille… Tu ne pourras pas partir. Tu ne pourras pas m'abandonner. Même si tu ne m'aimes plus, tu resteras toujours proche de moi.
Ce qui était suffisant. Il ne supporterait pas que Drago s'en aille pour toujours. Ne plus jamais le revoir… ne plus jamais lui parler… Il ne pourrait pas le supporter. La famille, bonne ou mauvaise, était toujours là. Même si tous les membres se détestaient, elle était toujours là. C'était un lien bien plus sur que celui « d'amoureux ».
-Je ne peux pas te promettre de t'aimer pour toujours, Harry. Mais, je sais que c'est ce que je ressens.
-De quoi est-ce que tu parles?
-Je ne peux pas prédire l'avenir, mais maintenant ce que je ressens c'est que l'amour que je ressens pour toi va durer pour toujours.
-Parce que je suis le premier homme à qui tu fais confiance. Répliqua Harry.
-Parce que j'aime tes qualités et tes défauts.
Sa poitrine allait éclater, il avait envie d'aller se cacher. Il avait envie de s'enfuir. C'était une mauvaise idée. Il n'aurait pas dû venir ici. Une relation? Lui? Quelle bonne blague. Il n'arrivait même pas à se faire aimer de ses propres parents, alors d'un autre être humain… excellente blague, vraiment. Aimer ses qualités et ses défauts?
-J'aime tout de toi, Harry.
-Menteur.
-J'aime le fait que tu essayes vraiment de me faire sentir confortable. J'aime le fait que tu penses à moi-même lorsque tu devrais penser à toi. J'aime le fait que tu te moques de moi-même quand je te frappe.
Le blond posa alors ses mains sur ses joues, l'obligeant à le regarder droit dans les yeux.
-Je sais que tu as une carapace autour de toi. Je sais que beaucoup de personnes t'ont fait du mal. Je sais que tu as énormément de haine en toi. Je sais que tu es égoïste et que tu as peur de tes véritables sentiments. Je sais aussi que je peux compter sur toi, que si j'ai besoin de toi, tu viendras.
Harry sentit une boule amère se former dans sa gorge alors qu'une larme silencieuse roulait sur sa joue. Les yeux de Drago étaient emplis de larmes. Il ne voulait pas que le blond pleure. Il ne voulait pas qu'il souffre. Il avait peur, voilà tout. Tellement peur. Il était même terrifié. Il ne savait pas comment réagir à tout cela. L'avenir semblait incertain, bien trop incertain.
-Je ne sais pas quoi faire… Je ne sais pas quoi faire pour que tu arrêtes d'avoir peur de moi. Souffla Drago d'une voix tremblante.
Ses mains se crispèrent sur son visage alors qu'il se secouait doucement la tête.
-Je t'ai donné mon cœur… Poursuivit-il. C'est la seule garantie que je peux te donner. Si ce n'est pas suffisant alors ça veut dire que je ne te suffis pas.
Les bras d'Harry s'enroulèrent alors fermement autour de la taille délicate, le plaquant contre son torse avant de poser ses lèvres sur son oreille.
-J'ai tellement peur Drago. Murmura-t-il. J'ai tellement peur.
-Je le sais.
-Tout le monde part. Personne ne reste jamais. Je fais toujours quelque chose pour qu'ils s'en aillent. Je ne veux pas être avec toi parce que… parce que j'ai tellement peur que tu t'en ailles. Si je m'habitue à ton amour et que tu t'en vas… Je vais mourir, Drago. Je vais vraiment mourir.
La peur lui coupait le souffle, lui broyait l'estomac et menaçait même de lui enlever la vie. Il avait peur. Il avait peur. Il savait ce qu'était l'abandon… un abandon qu'il n'avait pas soupçonné… qui l'avait pris par surprise. Son père refusant de l'enlacer le soir, lui lançant un regard dégoûté avant de partir travailler… Il avait fait quelque chose de mal, il avait vraiment fait quelque chose de mal. Sa mère refusant de parler et même de manger… Sa mère dans un bain de sang. Elle était partie, elle aussi. Tout le monde partait toujours. Pourquoi rester avec lui? Seigneur, pourquoi rester avec lui?
-Ne me quitte pas. Ordonna-t-il. Ne me quitte jamais.
-Je ne veux pas te quitter. Je veux rester ici, avec toi. Crois-en-moi, s'il te plait. Arrête de me briser le cœur. Arrête de jouer avec moi. Arrête de me tester.
-Je le savais. Je savais que tu m'aimais.
Bien évidemment qu'il savait, comment aurait-il fait pour ne pas savoir? Il avait joué à l'idiot, ignorant délibérément les sentiments de Drago. Il avait fait comme s'il ne voyait rien, comme s'il ne ressentait rien.
-Je savais… je savais que je t'aimais. Que j'étais amoureux de toi.
Il se dégagea alors faiblement de Drago et le regarda droit dans les yeux.
-Je t'aime, Drago. Je suis amoureux de toi.
Le blond plongea alors sa tête contre son torse et éclata en sanglot bruyant. Était-ce normal qu'ils pleuraient alors qu'ils venaient de s'avouer leur amour mutuel? Pourquoi était-ce si douloureux? Pourquoi est-ce que tout était douloureux avec lui? Ses bras étaient enroulés fermement autour de Drago et il ne l'aurait laissé s'échapper pour rien au monde.
-Je suis désolé. Je t'aime. Je t'aime. Je suis désolé. Je t'ai fait tellement de mal. Je suis désolé. J'avais peur de toi. Peur de moi. Peur de nous. Si tu me quittes maintenant, je survivrai. Mais, la douleur que je vais ressentir… je ne veux plus jamais revivre cette douleur. Je ne veux pas être heureux pour ensuite retomber dans le malheur. Ça fait beaucoup plus mal que de rester malheureux en permanence.
Son chandail était humide de larmes, il savait que ses propres joues étaient mouillées de ses pleurs. Dans les émissions ou les livres, le moment où les protagonistes déclaraient leurs sentiments mutuels était censé être le moment heureux de l'histoire… Pourtant, il se sentait nauséeux, presque malade. Il avait si peur que cela le rendait malade. Le blond releva brusquement la tête dans sa direction et essuya vivement ses joues.
-Redis-le-moi. Ordonna-t-il.
-Quoi? Tu plaisantes?
-Non, je ne plaisante pas. J'ai dû te le dire une bonne vingtaine de fois.
-Tu exagères.
-Et tu me l'as dit une seule fois. Répète Potter ou je vais te faire répéter.
Les nausées s'interrompirent brusquement en voyant Drago lui lancer un regard impitoyable. C'était Drago. Il était encore Drago. Il ne le regardait pas comme s'il était un monstre. Il ne le regardait pas comme s'il n'était pas Harry. Il était Drago. Il était encore…
-Je t'aime et je ne le redirai pas.
Le blond pencha légèrement la tête de côté avant de poser un léger baiser sur sa mâchoire, le faisant frissonner.
-Tu ne vas pas répéter? Demanda-t-il.
-Je t'aime.
Les lèvres du blond se posèrent alors sur le coin de sa bouche et il dut s'obliger à ne pas pousser un grognement sonore. Pourquoi est-ce que Drago prenait autant de temps? Désirait-il le rendre cinglé?
-Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Embrasse-moi, merde!
Il se saisit alors des hanches du blond et posa vivement sa bouche sur la sienne. Il embrassait Drago. Pas en tant qu'ami… Pas en tant que membre de sa famille… Mais bien en tant que petit-ami. Drago se dégagea alors doucement de sa poigne, le fixant d'un regard pénétrant.
-Je ne veux pas te faire de mal, tu le sais? Murmura Drago.
-Je ne veux pas te faire de mal, moi aussi.
-Je veux rester avec toi… Je n'arrive pas à croire que nous sortons ensemble!
L'immense sourire qui se forma alors sur les lèvres du blond, le fit sourire à son tour. Sa bonne humeur était contagieuse de toute évidence.
-Techniquement, cela fait près de six mois que nous sortons ensemble selon Blaise.
-Blaise?
-C'est une longue histoire, je t'expliquerai tout plus tard. Pour le moment, j'ai des choses bien plus importantes à faire.
Et il balança Drago sur le lit, lui envoyant un petit sourire prédateur. Le blond haussa un sourcil avant qu'un léger sourire ne se forme sur ses lèvres.
-Qu'est-ce que tu penses qu'il va se passer exactement? Fit remarquer avec amusement Drago.
-Hé, ça fait six mois que je n'ai eu que ma main droite pour seule compagnie. À présent, je comprends mieux pourquoi je n'arrivais pas à coucher avec une fille.
-De quoi est-ce que tu parles? Siffla Drago, les yeux plissés.
-Ah, tu es jaloux! Que c'est mignon!
Il se laissa choir à son tour sur le lit et reçut aussitôt un coup de poing dans l'estomac. Il eut une légère grimace tout en se rapprochant de Drago le plus qu'il le pouvait.
-Puisque, théoriquement, je sors avec toi depuis six mois, je ne pouvais coucher avec personne d'autre, car cela aurait été comme te tromper.
-Tu es un idiot.
-Quoi? Alors, tu veux que nous ayons une relation ouverte? Cela ne me cause pas le moindre problème, j'ai une très longue liste de plusieurs personnes avec qui je pourrais…
Le blond le poussa alors sur son dos et se plaça à quatre pattes sur lui tout en lui envoyant un petit rictus sauvage. Merde… était-ce normal qu'il soit aussi excité? Drago et lui ne s'étaient même pas encore touchés!
-Crois-moi… quand j'en aurais fini avec toi… tu ne voudras plus personne d'autre.
-Encore jaloux? Comme c'est mi…
Sa phrase fut violemment interrompue par les lèvres de Drago se posant sur les siennes.
À suivre…
