Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message de l'auteur : Merci à tout ceux qui ont pris le temps de me reviewer, je vous promets de recommencer à répondre aux reviews le plus tôt possible!
Chapitre 60
Qu'est-ce que la vérité ? Il y a la tienne, la mienne et celle de tous les autres. Toute vérité n'est que la vérité de celui qui l'a dite. Il y a autant de vérité que d'individus.
-Pourquoi est-ce que tu penses que je vais te mettre dehors? C'est quoi cette foutue histoire? S'énerva son père.
Harry n'arrivait pas à ouvrir la bouche. En fait, il avait l'impression que son cerveau venait d'avoir un court-circuit. Comment son père osait-il lui demander la raison pour laquelle il croyait qu'il allait le mettre dehors? N'était-ce pas évident? Il avait mis son frère à la porte uniquement à cause de son orientation! Croyait-il donc qu'il ne l'avait pas entendu?
-Bien évidemment qu'il l'avait entendu? Il l'avait vu… il l'avait écouté… et il avait pleuré pendant des jours. Seigneur, la douleur… Ses mains se crispèrent à ses côtés alors qu'il montrait les dents.
-Tu as mis Tom à la porte! Cracha Harry.
Le visage de son père se ferma d'un coup, mais Harry eut le temps de voir une grimace de dégoût et de douleur se former sur son visage. Alors, son père acceptait son homosexualité, mais pas celle de Tom? Parce que Tom était plus important? Parce que lui n'était qu'un cas perdu de toute façon? Il allait vraiment commettre un meurtre.
-Je ne veux pas parler de ton frère. Siffla James. Son nom ne doit pas être mentionné dans cette maison.
-Ah bon? Hé bien je mentionne son foutu nom pour que je puisse enfin comprendre cette foutue histoire! Alors, lui tu le mets à la porte à cause de son orientation, mais moi, puisque je n'ai pas d'importance, tu t'en fiches! Tu n'en as jamais rien eu à faire de moi! Depuis que Tom est parti, tu t'en fous! Et maintenant, tu oses revenir dans ma vie et tu essayes d'agir comme un père? Mais, va te faire foutre! Comment oses-tu agir comme si tu étais mon père hein? De quel droit!
Sa voix était complètement hystérique. Seigneur, il avait besoin d'aide. Il ne pouvait pas empêcher sa bouche de bouger. Il ne pouvait qu'entendre ses lèvres crachées leur venin alors que son père le fixait comme s'il ne l'avait jamais vu. Il ne voulait pas être mis dehors. Enfin, peut-être voulait-il être mis dehors. Il voulait être… Il voulait être important.
Son père haïssait Tom, mais la haine n'était pas le contraire de l'amour. L'indifférence était son contraire et il en avait marre… tellement marre que tout le monde soit indifférent à son existence. Il avait cru avoir changé, mais peut-être était-il toujours ce même garçon enragé et furieux contre le monde entier. Merde… il ne voulait plus être cette personne! Était-ce trop demandé? Ne pouvait-il pas être heureux? Ne pouvait-il pas…
-Tu n'as jamais été là pour moi! Je pouvais passer deux semaines sans te voir! Tu me laissais avec Maman! Tu me laissais avec elle, et elle ne me voyait même pas! Et j'ai dû la trouver couverte de sang! J'ai dû appeler l'ambulance parce que tu n'étais pas là! Comment oses-tu revenir dans ma vie comme ça! Qu'est-ce qui t'as donné le droit de revenir! Qu'est-ce qui t'as donné le droit de partir!
Il ne voulait pas voir le regard de son père couvert de larmes. Il ne voulait pas lutter contre ses propres pleurs. Il était hors de question qu'il éclate en sanglot. Pas pour cet homme. Plus jamais pour cet homme.
Il ne voulait plus passer des nuits couché dans son lit à se demander ce qu'il y avait de mal en lui. Il ne voulait plus se demander pourquoi ses parents ne l'aimaient pas; pourquoi il n'était pas là. Il ne voulait plus… Il ferma péniblement les yeux et essaya vainement de se calmer.
-Je sais que tu ne m'aimes pas... Commença-t-il d'une voix éteinte. Alors, fiche-moi la paix.
La main de son père s'enroula fermement autour de son bras, l'empêchant efficacement de partir.
-Tu crois que je ne t'aime pas? Demanda-t-il d'une voix tremblante. Mais, je t'aime.
-Menteur! Hurla Harry.
Déjà… déjà il avait perdu le calme pour lequel il s'était tant battu. Déjà il avait envie de casser quelque chose… de tout détruire autour de lui… Il ne voulait pas être comme ça. Il ne voulait plus jamais être comme ça.
Pourquoi est-ce qu'il devait revenir dans sa vie? Il aimait Drago, il avait appris à aimer ses amis, mais pourquoi son père devait-il venir tout gâcher? Pourquoi devait-il lui mentir comme ça? Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire pour mériter cela.
-Je suis tellement désolé Harry. Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi. Je suis désolé de t'avoir repoussé. J'étais un lâche. Je n'étais qu'un lâche…
-Je m'en fiche. Je veux que tu me laisses tranquille. Je ne veux pas entendre tes explications. Je ne veux rien savoir de toi!
La main de son père se durcit autour de son bras. Il n'allait pas le laisser partir. Combien de fois avait-il souhaité que son père ne le laisse jamais partir? Combien de fois avait-il voulu lui demander s'il allait l'abandonner? Combien de fois… mais, c'était trop tard. Il ne voulait plus rien savoir.
-J'ai été violé dans mon enfance. Déclara soudainement son père, le faisant sursauter.
Cette confession fut suffisante pour qu'il arrête de se débattre. De quoi est-ce qu'il…
-Par mon père. Poursuivit James. Toute mon enfance… il venait dans ma chambre, et ma mère ne faisait rien. Elle fermait les yeux et me laissait… elle me laissait…
Qu'était-il censé dire exactement? Il n'arrivait même plus à respirer. De quoi est-ce qu'il parlait? Pourquoi lui disait-il ça? Pourquoi le fixait-il avec des larmes dans les yeux? Son père avait été violé? Comment ça son père avait été violé?
Il ne pouvait pas l'imaginer. Il avait l'air si grand et si fort. Comment son père avait-il bien pu être violé? Son père avait été… Mon Dieu, il ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait plus respirer.
-Ça m'a pris des années pour aller en thérapie, pour accepter ce qui m'était arrivé. Et c'est là que j'ai rencontré ta mère. Dans un groupe pour les victimes d'agression sexuelles. Elle aussi s'était faite violée, mais elle s'était par ses deux grands frères. Nous nous sommes trouvé Harry. Quelqu'un qui pouvait comprendre la douleur que nous ressentions… Est-ce que tu comprendre ce que ça fait?
Oui, il comprenait qu'est-ce que cela faisait de trouver quelqu'un qui comprenait vraiment… qui ne jugeait pas… qui était passé par les mêmes choses que lui… Il allait vomir. Il allait sincèrement vomir. Sa mère aussi? Ses deux parents? C'était quoi cette merde? Oh bordel! C'était quoi cette merde? Il avait envie de secouer la tête et de dire à son père de se la fermer. Il ne voulait pas entendre tout ça. Il ne voulait rien savoir. Il était trop tard. Il ne voulait pas savoir. Alors, pourquoi restait-il silencieux?
-Nous étions tellement heureux… et nous nous sommes mariés… et nous avons eu des bébés…
Un sanglot s'échappa de la bouche de son père, et Harry fut convaincu qu'il allait vraiment vomir. Très bientôt. Il ne voulait pas entendre ça. Il ne voulait pas savoir la suite.
-Et puis, Tom a touché ce garçon… Je ne sais pas jusqu'où il est allé. Juste un garçon… un petit garçon… un petit garçon… mon fils a violé quelqu'un…
Des larmes se mirent alors à couler sur les joues d'Harry alors qu'il fermait péniblement les yeux. Non. Non. Non. Non. Non! Il ne voulait pas entendre la voix emplie de douleur de son père. Il ne voulait pas entendre ce qu'il avait à dire. Toute sa vie, il avait cru… toute sa vie… et maintenant… tout était mensonge? Pourquoi était-ce comme ça?
-Je n'aurais jamais imaginé… jamais… Je me suis toujours dit que si quelqu'un touchait à mes enfants… je le tuerais. Oh oui je le tuerais. Je me suis même demandé qu'est-ce que je ferais si je touchais à mes propres enfants. Qu'est-ce que j'allais faire si je devenais un violeur? Et je me suis dit que j'allais me tuer. J'allais me tuer avant de faire du mal à mes bébés. Mais, qu'est-ce que je suis censé faire quand c'est mon bébé qui a violé quelqu'un? Qu'est-ce que je dois faire? Oh Seigneur… qu'est-ce que je dois faire?
Contre sa volonté, des sanglots amers sortirent de la bouche d'Harry au même rythme que ceux de son père.
-Ce n'était pas supposé arriver. J'étais censé être heureux. J'étais censé avoir réussi. Je devais être sorti de ce cauchemar. Je devais protéger mes bébés, pas protéger quelqu'un d'eux. Mon bébé a violé quelqu'un. Est-ce que c'est de ma faute? Est-ce que c'est mon sang? Est-ce que ça vient de moi?
Les mains de son père se posèrent alors sur ses joues, l'obligeant à ouvrir les yeux.
-Si tu savais combien nous t'aimons ta mère et moi. Nous t'aimons tellement fort. Mon bébé… Mon dernier bébé… Mais, j'étais tellement lâche. C'était trop pour moi. Je savais que j'étais censé être là pour toi, mais je n'arrête pas de me dire… que c'était peut-être de ma faute. Que peut-être que toi aussi tu allais… tu allais… je ne pouvais pas le supporter… je ne pouvais pas l'accepter. Et ta mère… Nous avons, elle et moi, fuit la réalité. Nous avons fuit nos responsabilités, et je m'en veux tellement Harry. Je suis désolé. Je ne savais pas quoi faire. Je me disais toujours que plus tard… plus tard je reviendrais… et quand j'ai vraiment voulu revenir, tu étais déjà tellement loin…
Harry courba alors le dos tout en continuant à sangloter. Il avait l'impression de porter le poids du monde sur ses épaules et que la douleur lui grignotait férocement le ventre, le forçant à se courber. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas possible. Tom n'avait pas pu lui mentir comme ça. Son père et sa mère n'avaient pas pu se faire violer. Est-ce que cela voulait dire que Tom avait vraiment essayé de violer Drago? Non. Non. Non. Les bras de son père s'enroulèrent alors soudainement autour de lui, le ramenant contre son torse.
-Pardonne-moi. Je t'en pris, pardonne-moi. Supplia son père. Je suis désolé. Je suis désolé. Je t'aime. Pardonne-moi. Je ne voulais tout te dire comme ça. Tu ne mérites pas d'avoir à supporter ce fardeau.
Il avait l'impression d'avoir reçu un couteau dans le cœur. Était-ce vraiment la vérité? Il ne savait plus rien. Il ne comprenait plus rien. Et son père… son père, à qui il n'avait presque pas adressé la parole pendant dix ans, était entrain de l'enlacer. Et la douleur dans sa poitrine menaçait de lui faire perdre… de lui faire tout perdre… S'il s'agissait de la vérité… s'il s'agissait de la vérité… Il se laissa tomber à genoux et son père le suivit tout en lui caressant les cheveux.
-Mon bébé… mon bébé…
Il ne savait plus quoi penser.
À suivre…
