Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message de l'auteur : Merci à tout ceux qui ont pris le temps de me reviewer, je vous promets de recommencer à répondre aux reviews le plus tôt possible!

Message de l'auteur : Je n'ai jamais été autant touchée de ma vie. Je suis honorée d'avoir lu les histoires que les revieweurs m'ont écrit. Votre douleur me touche plus que vous ne pourriez l'imaginer. Savoir que je ne suis pas la seule dans ce monde à ressentir cette haine, cette solitude, cette tristesse… cela me remplit de joie. Je ne suis pas heureuse de votre souffrance, mais je suis heureuse de savoir que malgré cette souffrance, nous sommes toujours là. Nous avons survécu. Il y a quelques années, j'étais convaincue que j'allais mourir, que ma vie était terminée. Mais, non… la vie continue. D'accord, elle ne sera plus jamais ce qu'elle était auparavant. J'ai perdu, pour toujours, ma naïveté et mon innocence. Jamais je ne pardonnerais complètement à ma famille ce qu'elle m'a fait. Je ne le peux pas. Mais, j'ai appris à vivre avec. À ne pas laisser cette haine me contrôler et gouverner ma vie. Si ma fic a réussi à faire qu'une seule autre personne sache qu'elle n'est pas la seule dans cet univers à avoir peur, à haïr, à être seul… j'en suis tellement reconnaissante.

Je vous aime tous, sérieusement. Vos déclarations m'ont touché au-delà des mots. Ne pensez jamais que d'entendre vos histoires, votre peine, me dérangent. N'oubliez pas jamais une chose. Nous avons survécu.

Chapitre 63

Si c'était à refaire, recommenceriez-vous ? dit la chanson ; jamais on ne recommencerait, à moins d'être gâteux ou d'ignorer le goût de l'expérience.

Drago pouvait vaguement entendre la voix de James dans sa tête. Elle lui disait d'ouvrir la bouche, de prendre la pilule, de simplement ouvrir la bouche et tout irait bien. Son regard se posa sur la petite pilule blanche qui se trouvait au creux de la main de James et il faillit se mettre à vomir. Encore elle. Toujours elle. Il n'arrivait pas à croire qu'il était, de nouveau, réduit à ça. Esclave d'une pilule afin de contrôler sa douleur. Non, afin de masquer sa douleur, de faire comme si elle n'existait pas. Le mettre dans un cocon jusqu'au moment où il pourrait en parler sans exploser, sans tout détruire autour de lui. Il prit d'une main tremblante la pilule et l'avala d'un coup sec. Bientôt, il ne sentirait plus aucune douleur. Bientôt, le souvenir de Tom disparaitrait. Tom… encore Tom… toujours Tom… À jamais dans sa tête, dans son cœur, dans son âme. Il savait que sa psychologue lui avait dit que Tom était une partie de lui. Que ce qu'il lui avait fait resterait à jamais graver dans sa chaire. Il l'avait compris alors… Il l'avait compris intellectuellement, mais dans son cœur… il n'avait jamais accepté cette réalité. Il ne pouvait pas être pour toujours en lui. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas juste. Il était censé partir. Il était censé devenir un mauvais rêve, devenir un souvenir. Il n'était pas censé avoir le moindre pouvoir sur lui. Plus maintenant. Il avait changé. Il avait survécu. Il était censé avoir survécu. Il ne pouvait pas recommencer… pas encore…

Retourner en thérapie… lui qui avait cru que c'était terminé pour de bon, qu'il n'aurait plus à voir le visage de sa psychologue. Il croyait que tout était enfin fini, qu'il ne terminerait pas sa vie comme ces autres victimes d'agression sexuelle. Qu'à 50 ans, il ne serait pas encore dominé par ça. Toute sa vie dominée par cet instant. Un instant dans sa vie. Une seule nuit… toute sa vie serait dominée par une seule maudite nuit. Une nuit qu'il l'avait touché sans son consentement. Une nuit où il lui avait fait confiance. Une nuit où il l'avait invité à la maison, avec un grand sourire en plus.

Il s'agissait de Tom! Il s'agissait de son grand frère Tom! Il était gentil! Il avait toujours été gentil avec lui. Il lui disait qu'il était beau, lui faisait des chatouilles, lui souriait tendrement, puis il était venu dans sa chambre. Il était venu dans sa chambre… Il était venu dans sa… dans sa chambre… et ses mains partout sur son corps… des mains qui n'étaient pas censées être là. Un mauvais rêve. Un simple mauvais rêve. Ce n'était pas la réalité. Il n'avait pas ouvert les yeux au début. Un mauvais rêve… un simple mauvais rêve… Il ne devait pas ouvrir les yeux. Mais, il avait dû les ouvrir quand ces mains invisibles avant commencer à devenir trop insistantes, quand elles lui pétrissaient trop sauvagement la peau, il avait dû ouvrir les yeux et affronter l'horreur.

Un haut le cœur brutal lui souleva la poitrine, et il se laissa tomber contre Harry. Il n'avait plus la force d'être en colère. De toute façon, la pilule lui coupait toutes ses forces. La pilule enlevait toutes les émotions négatives, positives, violentes, joyeuses… elle ne laissait que le vide… le vide intérieure. Cette impression d'incompétence. Il n'allait pas assez bien pour se suffire à lui-même. Il avait besoin de l'aide d'une petite pilule blanche pour le rendre insensible à toute douleur. Parce que sa douleur était trop énorme. Parce que son nom n'était plus « Drago Malfoy », mais bien « Victime d'agression sexuelle ». Il n'était plus une identité, il n'était plus qu'un titre…

Le plus drôle là-dedans… oh oui, le plus drôle était que ces personnes qui le regardaient en tant que « Victime d'agression sexuelle » ne savaient même pas ce que c'était. Il n'avait qu'à regarder ces stupides films de merde qui montraient une vision si ridicule de la personne violée. Elle hurlait… elle criait… elle faisait des crises devant tout le monde… devenait complètement folle… refusait d'être touchée. Seigneur! Tout le monde autour d'elle pouvait deviner que quelque chose d'horrible lui était arrivé. Mais, quelle pure connerie. Était-ce si facile de voir qu'une personne avait été agressée? Sérieusement. Il pensait aider en montrant cette imbécilité?

« Appelez à l'aide »

« Nous sommes là »

Oui, oui. Bla, Bla. Pure imbécilité d'un monde qui ignorait complètement de quoi il s'agissait. La douleur n'était pas aussi évidente. Elle était une sournoise petite garce qui se faufilait comme un cancer. Qui hurlait en public lorsqu'il avait vraiment mal? Qui pleurait en plein milieu de la classe et commençait presque à se mutiler devant ses professeurs? Personne! C'était dans l'intimité que la douleur se déchargeait. C'était dans l'intimité qu'il hurlait, détruisait, pleurait.

Oh, et après que la personne agressée soit devenue complètement folle, se droguant, couchant à droite à gauche, ou hurlant au meurtre dès que quelqu'un l'effleurait, que se passait-il? Il le disait aux membres de sa famille. Bien évidemment, les membres de sa famille s'empressaient de l'enlacer en lui promettant monts et merveilles. Tout ce qui restait à la pauvre victime était d'affronter son agresseur. Puis, HAPPY ENDING!

Drago éclata soudainement de rire, et il sentit Harry le soulever de terre, l'entrainant Dieu seul savait où. Bien évidemment que la famille réagissait bien. Il s'agissait de la famille. La télévision n'oserait jamais montrer que la famille était de la merde à l'état pure. La famille? Qu'est-ce qu'était la famille? Ah oui… un groupe de personnes ayant le malheur d'avoir une partie de l'ADN en commun. C'était tout. La famille n'était pas une entité infaillible, bonne et douce. Non, la famille pouvait très abandonner l'un des leur dès que cela dérangeait leur vie.

La télévision croyait vraiment que le seul ennemi de la victime d'agression sexuelle était l'agresseur? Il mourrait de rire! Mon Dieu! Il mourrait de rire! La réaction de la famille était la chose la plus effrayante dans tout cela!

Ceux qui disaient que la victime mentait. Ceux qui disaient que la victime l'avait bien cherché. Ceux qui faisaient comme s'ils n'avaient pas entendu. Ceux qui faisaient comme si un simple tapotement dans le dos était suffisant. Ceux qui essayaient d'aider, mais qui abandonnaient si vite… tellement vite… Ceux qui voulaient aider si fort, mais qui refusaient de laisser la victime respirer. Ceux qui fixaient la victime comme si sa destinée était de finir dans un hôpital psychiatrique.

Peut-être allait-il vraiment finir dans un hôpital psychiatrique. Peut-être allait-il finir comme Lily Potter! Peut-être allait-il prendre pilule sur pilule, s'enfermant dans sa chambre en pleurant sur son destin maudit. Son foutu destin qui refusait de le laisser tranquille. Son destin qui l'obligeait à recommencer encore et encore jusqu'à ce qu'il en aille marre et prenne un couteau pour en finir une bonne fois pour toute.

Il sentit que quelqu'un le couchait sur quelque chose de doux. Un lit de toute évidence. Et cette personne le couvrait d'un drap pour qu'il n'aille pas froid. Comme c'était inutile. Il n'avait pas froid. Il n'avait pas faim. Il ne ressentait plus rien. Oui… il comprenait parfaitement Lily Potter. Pourquoi ne pas devenir comme elle? Elle le souffrait plus après tout. Elle était toujours entourée dans un nuage de drogue. Elle ne pensait plus à Tom, elle au moins. Elle n'avait plus à se souvenir qui il était et ce qu'il avait fait.

Qu'avait-il fait déjà? Il lui donnait envie de vomir, voilà ce qu'il avait fait…

-Je vais appeler son père. Souffla soudainement une voix, près de lui.

Son père? Pourquoi appeler son père? Qui était son père? Ah oui… ce type qui ne voulait pas bouleverser sa petite vie tranquille. Pourquoi la bouleverserait-il d'ailleurs? Drago avait été stupide de croire qu'il comptait à ce point pour lui. Qu'il lui devait quelque chose. Pourquoi Lucius Malfoy sortirait-il de sa zone de confort pour lui? Qui était-il exactement? Pourquoi était-il en colère? De quel droit se mettait-il en colère? Croyait-il qu'il était si important? Pour qui se prenait-il donc?

Crétin… crétin… crétin… Il n'était pas important, il était même insignifiant. Oh oui, comme il devait être insignifiant pour que son père refuse de lui accorder la moindre attention… préférant l'envoyer balader plutôt que de le réconforter. Et Tom… oh oui comme il devait être insignifiant pour avoir été réduit à l'état d'objet sexuel. Ses sentiments n'avaient pas la moindre importance pour qui que ce soit. Il était vraiment pathétique. Il n'arrivait pas à croire qu'il ressortait les mêmes vieilles rengaines.

N'était-il pas censé se dire qu'il était important? Que des personnes l'aimaient? Il n'avait pas mérité ce que Tom lui avait fait, son père aurait dû être là pour lui. Oui, oui. Etc. etc. Il était mort de fatigue. Peut-être même était-il déjà mort? Non, il n'était pas mort. Il était drogué au-delà des mots, mais il n'était pas mort. Pas encore. Il n'avait pas le droit de mourir tant que Tom n'aurait pas fini le travail. Ça y est. Il riait encore. Ha, ha, ha. Finir le travail. Finir son viol. Une bonne fois pour toute. Ensuite… il ne serait plus qu'une poupée gonflable, pas vrai? Qu'est-ce que son père lui dirait après ça?

« Ce n'était qu'une fois, pas besoin d'en faire toute une histoire. »

Qu'est-ce que ses tantes, ses oncles et ses cousins lui diraient? Ils ne lui avaient rien dit la première fois… après tout, il n'avait été qu'agressé sexuellement. Peut-être daigneraient-ils lui accorder une seconde d'attention cette fois-ci. Ou peut-être pas.

Qu'est-ce que sa mère dirait? Elle le regarderait certainement avec désespoir… elle le regarderait avec cette tristesse étouffante qui lui hurlait d'arrêter d'agir comme ça. D'arrêter de penser comme il pensait. Il sentirait encore cette pression d'aller mieux. De sourire. De ne pas pleurer. De ne pas hurler. Parce que cela la rendait si triste… si malheureuse… Il était tellement fatigué.

-Je t'aime Drago. S'il te plait ne l'oublie pas.

À suivre…

Bon, normalement je ne partage pas mes poèmes parce que c'est vraiment quelque chose de personnel, mais avec toutes les confessions que j'ai eu… j'ai envie de partager pour une des rares fois de ma vie.

Espoir

L'espoir

Ce mot qui apparait si souvent

Dans les chansons

Dans les histoires

Dans les contes de fées

Même dans les rancœurs et les chagrins

L'espoir

Notion abstraite

Qui ne semble rien vouloir dire

Définition étrange

Promettant de nouveaux horizons

En échange de quoi?

De son âme?

De sa haine?

De sa vengeance?

De sa solitude?

L'espoir

De quoi?

De qui?

D'un jour nouveau?

D'un nouveau toi?

D'un nouveau moi?

D'un nouveau nous?

L'espoir

Des gens meurent pour ce concept

Que je n'arrive pas à saisir

Que je n'arrive pas à accepter

Que je n'arrive pas à oublier

L'espoir

Ce mot qui roule comme du vin sur la langue

Qui promets monts et merveilles

Et qui ne veut rien dire à mes oreilles

L'espoir

Et pourtant, je rêve de lui

Priant avec désespoir

Les bras ouverts en signe de croix

L'espoir

Comme le goût du péché interdit

Comme un rêve trop beau pour être atteint

Comme la joie, la haine, le renouveau et le pardon

Tous réunis en même temps

Espoir fou?

Espoir modeste?

Espoir doux?

Espoir sauvage?

Je ne comprends pas

Je ne veux pas comprendre

Je veux que l'espoir m'embrasse

M'embrase

Me brûle

Me consume

Je t'en prie

Ne m'abandonne pas

Même si je me trouve

Au plus profond de la noirceur

Au plus profond de la douleur

L'espoir

Même si je ne te comprends pas

Même si je ne crois pas en toi

Ne m'abandonne pas