Chapitre 2

Kurt avait eu raison bien sûr. Du moins il aurait raison, bientôt. Blaine n'avait sans doute même pas conscience de ce qu'il renvoyait mais son corps réclamait une intimité plus étendue que celle qu'ils avaient déjà. Il était de ce genre de personnes qui devenaient tactiles dès lors que leurs sentiments étaient révélés et acceptés. C'était discret. Léger. Tentant. Et parce que c'était ainsi, parce que c'était agréable et parce que c'était Blaine, Kurt se surprenait à céder aux petits attouchements qu'il lui réservait. Ca ne tenait à pas grand-chose se dit il tandis que son ami posait une main sur son genoux pour attirer son attention. C'était des caresses à peines appuyées sur ses mains, ses bras, ses épaules ou bien la main, qu'il plaçait avant entre ses omoplates pour le guider, qui avait migré vers le creux de ses reins. Parfois il effleurait sa nuque du bout des doigts quand il l'embrassait ou il frôlait ses pommettes et ses cils des lèvres. Pour être honnête, Kurt adorait ça. Mais il voyait tellement en ces gestes les prémisses de demandes plus prononcées qui lui feraient peur qu'il ne pouvait s'empêcher d'appréhender.

Un jour, alors qu'ils discutaient tranquillement, assis sur un des canapés de Dalton, Blaine passa son bras autour de ses épaules et l'attira contre lui. Touché et heureux, il se lova dans son étreinte et continua la conversation comme si de rien était, secrètement ravi que son compagnon ne relève pas les rougeurs sur ses joues. Plus tard pendant un baiser, Kurt sentit une main se glisser dans le col de sa chemise et défaire un bouton. Il ne pu retenir un sursaut et se crispa un peu. Blaine eu peur de l'avoir choqué, et bien qu'il lui ait assuré avoir juste été surpris, l'ambiance resta tendue et gênée.

De nouveau, il eut besoin de se retrouver un peu seul. Il partit en ville se promener, regardant distraitement les vitrines des magasins. En passant devant un vendeur de motos, il repensa au motard si beau et si gay qu'il avait vu. Bêtement, il piétina devant la boutique et déambulant parmi les véhicules espérant secrètement que l'homme passerait la porte à un moment ou un autre. Mais il ne vient pas bien sûr et Kurt rentra chez lui frustré et triste.

La chance frappa quelques jours plus tard devant le café ou il l'avait vu la première fois. Pour être tout à fait franc, il avait sciemment trainé dans les alentours pendant deux jours dès qu'il avait du temps libre afin de le revoir. Quant il l'aperçut il prit son courage à deux mains, se disant que c'était trop bête de rater cette occasion. Il ne savait même pas ce qu'il allait dire mais il avait besoin de parler à quelqu'un d'autre. Et peut être cet homme pourrait il au moins lui parler d'un groupe, ou d'une association qui pourrait l'aider.

Marchant d'un pas presque décidé vers lui, il l'interpela alors qu'il descendait de sa moto.

- Ex… excusez moi ! Je… heu… je vous ai vu il y a quelques jours et mhhh… vous étiez avec votre… votre ami… votre petit ami enfin je ne sais pas… l'homme que vous avez embrassé…

Le type se tourna franchement vers lui, les mains sur les hanches et l'air sincèrement curieux.

- Oui … ?

Oh mon dieu il était déjà séduisant de loin mais il était terriblement hot de près.

- Je… Excusez moi de vous dérangez mais…

- Bon, dit il en souriant, avec une voix si grave et si profonde que Kurt senti ses genoux flancher, je m'appuie peut être sur des clichés stupides mais vu ton allure et la façon dont tu m'as abordé je suis tenté de croire que tu es gay, n'est ce pas ?

Rougissant et gêné, Kurt se contenta d'hocher la tête.

- Et apparemment tu aurais… des questions à poser ?

Nouvel hochement.

- Okay. Je m'appelle Casey, dit le motard en tendant une main.

- Kurt, répondit il en la serrant.

Il avait une main chaude, sèche, légèrement calleuse et couverte de petites cicatrices plus ou moins vieilles.

- Bon Kurt, je ne peux pas m'attarder pour le moment mais, si tu n'as rien à faire, on pourrait déjeuner ensemble demain ?

Voilà qui était direct. A en juger par l'attitude naturelle et souriante de ce Casey, il avait l'habitude de ce genre de situation. Soulagé, Kurt lui offrit son plus beau sourire et accepta d'échanger leurs numéros de téléphone. Il rentra chez lui parcouru d'une énergie nouvelle et eu du mal à s'endormir. Le lendemain il mit un temps infini à choisir ses vêtements et fila à son rendez vous. C'était un samedi et il n'avait pas cours aussi était il libre de disposer de sa journée.

Comme les autres fois, Casey déboula sur sa moto rutilante et l'accueillit avec un sourire qui aurait remué Finn lui-même. Il le guida jusqu'à la terrasse d'un petit restaurant et le temps qu'on les serve, assura une conversation agréable et enjouée. Il le fit parler de lui, de la Dalton Academy et de McKinley (mais n'insista pas sur les raisons de son départ) de ses aspirations pour sa carrière. A son tour, il lui raconta revenir de deux ans d'études de cuisine en France et de trois années de pratiques dans divers établissements et vouloir ouvrir son propre restaurant. Quand les plats arrivèrent, il laissa à Kurt le temps d'avaler la moitié de son assiette avant de s'appuyer contre le dossier de sa chaise et de croiser les jambes, un coude négligemment appuyé sur la table.

- Bien, dis-moi Kurt, maintenant si tu m'expliquais ce qui t'as poussé à venir me voir hier ?

Le nez baissé, l'adolescent tritura machinalement sa nourriture. C'était très gênant de parler de sa situation mais en même temps il était venu le voir spécialement pour ça. Et puis, Casey émanait une sorte de charisme tranquille, d'assurance mâtiné d'élégance qui donnait le sentiment que quelque soit le secret qu'on pouvait lui confier, il le garderait pour lui et s'abstiendrait de tout jugement. Alors il prit une inspiration et se lança.

- Je suis amoureux. D'un garçon de ma classe. Il m'aime aussi et je… enfin je suis bien avec lui. Heureux.

- D'accord… Et en quoi puis-je t'aider ?

- Je… comment dire… Je suis quelqu'un de … mh romantique. Très romantique. Limite niais et… ahum… innocent.

Pivoine, il risqua un œil vers son vis-à-vis essayant de lui faire comprendre ce qu'il voulait dire. Casey le regardait dans les yeux avec un sourire encourageant et attendait calmement la suite. Kurt soupira et finit par lâcher, embarrassé.

- Je ne sais pas comment fonctionne une relation « charnelle » avec un homme. Enfin si, un peu, et pour ce que j'en sais ça en me fait pas envie. Je veux dire, je sais que je suis homo, j'en suis certain mais j'ai… peur de ce qu'implique une relation plus poussée. Pour le moment, Blaine, mon petite ami, se satisfait de baisers et de câlins mais viendra un moment où il voudra plus et… Je suis romantique, j'aime les comédies musicales et les romans à l'eau de rose et les histoires d'amour sur fond de soleil couchant et –

- Et tu as juste la trouille.

Il ne se moquait pas. Son sourire était simplement compatissant et compréhensif (et terriblement séduisant aussi) et Kurt se sentit un peu moins mal.

- Je t'ai vu l'autre jour. J'étais au Starbuck et tu es arrivé sur ta moto et ton compagnon t'as rejoins… Et tu avais l'air tellement… heureux et tellement libre et… à l'aise avec ta sexualité… Avec le fais d'en avoir une…

- Mmmh… Je ne suis pas sûr de comprendre… Tu veux que je te donne de bonnes raisons de faire plaisir à ton copain ? Parce que dans ce cas je ne pense pas avoir de solution.

Il releva brusquement la tête.

- Comprends moi bien, je ne demande pas mieux que de pouvoir t'aider mais personne n'a à choisir à ta place ce que tu veux faire. Même pour ton amoureux, c'est ton corps et tes sentiments et si le sexe ne t'intéresse pas, alors ce n'est certainement pas moi qui vais te dire quoi penser et quoi faire de ta vie.

Il soupire puis continue.

- Allons Kurt regarde toi. Tu as clairement choisis d'être qui tu voulais et de ne pas céder à la pression de ceux qui voudraient que tu sois aussi hétéro qu'eux… Ne commence pas maintenant à laisser les autres choisir à ta place.

Kurt posa les coudes sur la table et appuya lourdement son visage dans les mains.

- Cependant… Si tu as juste peur de faire l'amour avec quelqu'un je peux t'aider. Te rassurer. T'informer.

Il écarta un peu les doigts et lança un long regard au motard.

- C'est joli ce que tu dis Casey. Mais dans la pratique je n'y crois pas trop. Personnes n'acceptera de vivre avec quelqu'un qui se contente de bisous. Et une chose est certaine je ne veux pas finir seul. Surtout pas. Viendra un moment où il faudra que je saute le pas… Autant pour garder la personne que j'aime près de moi que parce que… parce que… j'en aurais envie.

Ils laissèrent passer un long silence et se regardèrent mutuellement.

- Mais pour le moment tu n'as pas envie.

- Pour le moment je veux surtout ne pas avoir aussi peur. Après, c'est pas parce que j'en parle que je vais le faire tout de suite.

- Certes. Pour ça je peux sûrement t'aider à pointer ce qui t'inquiète tellement et te rassurer.

- Alors tu veux bien m'aider ?

- Evidement. Ca me paraissait clair.

Kurt échappa un soupire de soulagement et se détendit enfin.

Ils finirent leur repas tranquillement et Casey insista pour payer à la fin. Ils s'arrêtèrent boire un café et passèrent encore un peu de temps à discuter puis Casey dû partir. Kurt rentra chez lui guilleret et ne réalisa ce qui venait de se passer que le soir même.

Il avait accosté un homme qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam pour qu'il lui parle de sexe. Mmh. Il se demanda pour la première fois s'il n'avait pas fait une erreur. Pour ce qu'il en savait, Casey pouvait très bien être un pervers manipulateur et lui faire du mal.

Il revit le sourire séduisant, sentit à nouveau cette main chaude dans la sienne et se rappela son élégante discrétion dès que Kurt se sentait mal. Non. Un type pareil ne pouvait pas être un pervers.


Mouahaha. Je suis en train de me taper (ooouh, quel joli choix de mot.) la saison 1 de Queer as Folk (US). Etant donné que j'ai déjà écris les 5 premiers chapitres, pour l'instant ça ne m'influence pas trop mais... il est possible que le ton change un tantinet au bout d'un moment. bisous!

ps: Caseeeeey 3