Voilà, on se penche un peu plus sur les pensées de Dave. J'ai bien aimé écrire cette partie, vraiment. J'espère que ça vous semblera coller au personnage et ne pas trahir la série (ce qui me contrarierait très beaucoup. Quand même.) Enjoy!


Chapitre 7

A peine rentré chez lui, Dave jeta la carte dans la corbeille de sa chambre et se précipita dans la salle de bain pour prendre une longue douche. Ainsi, il pouvait se lover dans la chaleur, laisser les gouttes frapper son visage crispé, oublier le son de sa respiration chevrotante dans le martèlement de l'eau sur les parois de verre.

Doucement, il se détendit. Assis par terre, il leva les yeux au plafond, respirant l'atmosphère lourde et repensa à la rencontre un brin surréaliste qu'il venait de faire.

Casey Stevens. Ce type n'avait pas l'air réel. Trop beau, trop sûr, trop solide. Attirant. Inaccessible. Dave sentit une pointe de jalousie enfler dans sa poitrine. De la jalousie et, plus loin, plus profondément, une minuscule dose d'espoir. Il affirmait être homo. Le revendiquait de toute sa hauteur, de toute sa classe. Et pourtant, impossible de le traiter de folle. Impossible de douter de sa virilité ni de sa force.

C'était la première fois qu'il rencontrait une telle image de l'homosexualité. Lui, tout ce qu'il avait toujours connu, c'était les drag-queens, les folles et Kurt Hummel. Des êtres adeptes de paillettes et de satin, de Gloria Gaynor et d'Autant en Emporte le Vent. Des gens exubérants et efféminés d'une façon ou d'une autre.

Il ne pouvait pas être gay, parce qu'il ne pouvait pas être comme ça. Parce que ces gens là ne jouaient pas de rôle, pas vrai ? Ils se contentaient d'assumer ce qu'ils étaient. Or lui était différent d'eux. Il aimait les jeans et les vêtements sobres, le sport, AC/DC et les Rolling Stone. Il aimait être discret sur sa vie privé. Il détestait quand ses amis s'invitaient à l'improviste chez lui, comment pourrait il supporter d'étaler sa vie sexuelle en public ? Alors si pour être gay, il fallait être fana de mode et agir comme… une nana, il ne pouvait pas être gay. Il n'était pas une fille manquée merde !

Et être comme ce Warbler n'était pas envisageable non plus. Certes, il était plus sobre que les autres, mais non, ils n'avaient rien en commun. Anderson était en quelques sortes protégé par le fait qu'il plaisait. Concrètement il cumulait assez de « bons points » pour s'en sortir : il était intelligent, séduisant, héritier d'une famille aisée, sociable, drôle et appelé à faire partit d'une certaine élite une fois entré dans la vie active. Il était de ce genre de personnes à qui on « pardonnait » d'être homosexuelles parce qu'elles étaient utiles à la communauté.

Dave n'avait rien de tout ça. Certes il était un joueur de foot relativement doué. Dans une petite sphère pas très importante comme celle du lycée il faisait partit du haut du panier mais il ne se faisait pas d'illusions sur son avenir. Ses notes n'avaient rien d'exceptionnelles par exemple, hormis des facilités dans les langues étrangères. Il n'était pas laid mais pas séduisant non plus, pas plus intelligent ni ambitieux qu'un autre. Sa famille, sans être pauvres, n'était pas particulièrement riche, ni noble et il ne faisait en aucun cas partit de la haute société. De toute façon, il n'était pas sociable et n'aspirait pas à l'être. Il était même plutôt renfermé. Il ne désirait qu'une petite vie tranquille, avec un métier correcte, quelques amis sincères et une famille plus souvent heureuse que malheureuse.

Surtout une famille. Il voulait des enfants. Quelqu'un qui l'aime, qu'il pourrait épouser. A qui il pourrait tenir la main dans la rue, emmener danser ou au restaurant. Et d'après ses sources on ne pouvait pas vivre ça avec un homme.

Alors ce Stevens cassait tous ses repères, toutes ses certitudes. Est-ce que c'était possible ? D'être gay et virile ? D'être gay et discret ?

D'être gay et heureux ?

oOo

A table, il bouda son assiette, préoccupé. Sa mère, petite femme ronde et toujours calme posa sur lui le même regard inquiet qu'elle lui adressait maintenant depuis plusieurs mois. Son père avait sensiblement le même et ils éprouvaient tous deux le sentiment d'être égarés et de ne savoir que faire pour comprendre et aider leur fils. Ni l'un ni l'autre n'avait comprit pourquoi il était devenu si violent et colérique il y a quelques mois. Encore qu'à la maison, il se contentait de brusques accès de colère ou d'impatience permanente. Ils savaient que c'était les signes d'une souffrance intérieure mais ils n'arrivaient pas à savoir quoi et ça les torturaient d'être si impuissants face à leur fils qui avaient pourtant été si joyeux et si a affectueux un peu auparavant. Maintenant, Dave s'en prenait aux plus faibles que lui, était agressif et de plus ne plus solitaire.

Ils avaient bien sûr essayé de lui parler, mais il avait feint de ne pas comprendre et avait fini par s'énerver face à leur insistance.

Chagrinés, ils le laissèrent quitter la table et filer s'enfermer dans sa chambre.

oOo

Dave rêva de Casey et de cette parodie de baiser qu'il avait infligé à Hummel. De toutes les erreurs qu'il avait fait, c'était celle qu'il regrettait le plus. Il n'était même pas réellement attiré par lui. C'était juste… Comme si le chanteur lui avait prit tous les mots qui auraient pu exprimer sa souffrance et qu'il ne lui avait plus resté que ça pour dire, dire combien il avait mal et comme il avait peur.

Kurt Hummel affichait ses choix et ses goûts, sa personnalité avec tant de naturel, tant de facilité, tant de bravoure… que Dave en avait été écœuré de jalousie. Kurt Hummel était libre, quoiqu'on lui dise, parce qu'il savait ce qu'il était et qu'il en était fier. Le voir était devenu une torture, parce que Dave ne serait jamais comme ça et il s'était vengé en le faisant souffrir autant qu'il souffrait. Bêtement.

Si seulement il ne l'avait pas suivit ce jour là dans les vestiaires ! En se rebellant, il l'avait acculé et il ne savait plus comment lui dire qu'il n'était pas la grosse brute qu'il avait décrite. Que ce n'était pas lui.

« Je suis comme toi. Je suis comme toi et j'ai peur et j'ai besoin de quelqu'un qui me comprenne. Ne m'en veut pas. Ne me déteste pas, je le fais bien assez pour deux. »

Il n'avait pas trouvé les mots et sur un coup de tête l'avait embrassé. Parce que ça se résumait à ça non ? La source de tous ses problèmes, de tous leurs problèmes c'était cette envie dévorante d'embrasser des lèvres d'homme.

Evidemment, Kurt avait été choqué et n'avait pas comprit. Et maintenant Dave avait deux fois plus peur et se sentait deux fois plus seul. Parce que le seul ami potentiel qui aurait pu le comprendre, il l'avait brutalisé une fois de trop.

Alors quitte à se faire détester… Après ce qu'il avait fait, le seul moyen pour qu'Hummel ne se venge pas en criant partout qu'il l'avait embrassé, c'était de lui faire assez peur pour qu'il se taise.

oOo

Le lendemain à McKinley, Azimio le salua avec un grand sourire et brandit ce qui s'avéra être un test d'anglais.

- B+ mon pote ! Avec ça je vais l'avoir, ma bourse d'étude pour l'année prochaine !

On pouvait lui reprocher plein de chose, mais pas d'être un crétin profond. Enfin, pas scolairement parlant en tout cas. Et mis à part son homophobie viscérale et sa tendance à sauter à la gorge de tout le monde, il était plutôt sympa comme type.

Ce qui les avait lié et c'était malheureux à dire, c'est qu'il était le seul à avoir accepté pleinement la violence interne de Dave. Sans broncher, sans l'interroger, sans compromis. Il ne l'avait jamais obligé à dire quoique ce soit. Et quand il sentait que pour une raison ou une autre, Dave était à deux doigts de craquer, il le trainait jusqu'à une salle de sport, n'importe laquelle pourvu qu'ils s'épuisent tous les deux. Ou, quand ils n'avaient ni le temps ni les moyens il détournait son attention, souvent au détriment du Glee Club. Il n'était pas un type très tolérant mais il savait gérer les situations de crises. Et Dave était perpétuellement en crise. Azimio était sa soupape de décompression en quelques sortes.

Ils marchèrent ensemble jusqu'aux prochains cours et croisèrent les membres du Glee Club qui étaient tous en train de s'agiter autour de partitions comme une volée de moineaux sur des miettes de pain. Azimio grogna mais Dave le tira par le coude.

« Laisse. C'est juste de la musique. »

Il tenta d'ignorer le sourcil haut levé de son ami et fila tête baissée jusqu'à sa classe. Pas grave. Ils avaient sport avec les bizuts l'heure suivante, ça le distraira.

Balle au prisonnier.

oOo

En revenant de son cours de sport, dans les vestiaires, il se surprit à faire deux choses : lorgner la silhouette de Sam Evans et tenter de la comparer à celle de Casey Stevens.

Et il ne savait pas ce qui était le plus embarrassant des deux.

Stevens l'obsédait. Sa présence, ses mots, son attitude. Il avait été le premier et l'unique jusqu'à maintenant à le regarder sans aversion tout en sachant son secret.

Non c'est vrai, il y avait eu le petit ami de Kurt Hummel aussi. Mais la situation… comme ça en public… Alors que Casey avait respecté ses angoisses, réalisa-t-il. Ils s'étaient rencontrés en public aussi, et il savait déjà qui il était et quelle catastrophe cela serait pour lui si ça se savait. Et il avait quand même choisit de le confronter au téléphone ou en privé. Il se sentit d'un coup tellement léger et joyeux qu'il aurait pu se mettre à chanter.

Dave s'était préparé à tout faire pour pouvoir garder son secret. Il pensait qu'on le ferait chanter, qu'on le menacerait. Que le nouvel ami de Kurt pousserait celui-ci à se venger. Il n'en était rien. L'un comme l'autre le laisseraient en paix, malgré tout ce qu'il avait fait. Et si ce n'était pas pour lui faire payer alors pourquoi Casey tenait il a se point à lui parler… ?

Peut être allait il récupérer cette carte finalement.


Le chapitre suivant portera beaucoup sur Casey. Son parcours, sa vie, sa famille... Et sera plus long que ceux que vous avez eu jusqu'à maintenant. Il est en grande partie écrit mais il a besoin d'une sérieuse mise en forme et d'une correction attentive parce que y'a tellement d'éléments que ça peut être confus. C'est pour ça que je vais sans doute mettre un peu de temps à poster surtout compte tenu du fait que je n'ai toujours pas de bêta. D'ailleurs, si y'a un volontaire dans la salle... Ne serait ce que pour me pointer les endroits ou ce n'est pas très clair, ça ne serait pas du luxe. Bref.

A bientôt!