/!\ATTENTION/!\
Je ne ferai pas ça souvent mais il est important que vous lisiez ceci avant l'aller plus loin.
CECI EST UN CHAPITRE DUR
Il fait mention de torture physiques et mentales d'une dépression, d'une tentative de suicide, d'une personne abandonnée par les siens. J'ai spécialement changé le rating de cette histoire pour ce chapitre, qui sera le seul de cet acabit.
J'ai longtemps hésité avant de le mettre et surtout de le mettre sous cette forme, parce que ce que vous allez lire, les pratiques qui sont infligées au personnage existent et ont encore lieu à l'heure actuelle. J'aurais aimé avoir des références à donner et pouvoir m'appuyer sur de réels articles et ouvrages mais j'ai eu un mal de chien à trouver des témoignages.
Pour cité quelques exemples que vous retrouverez plus ou moins facilement, vous pourrez, en ce qui concerne les traitements médicaux, voir ou revoir l'épisode 20 de la 6eme saison de Docteur House. De même, la Série Queer as Folk (US) traite des groupes de paroles ex-gay dans les épisodes 12, 13 et 14 de la saison un. (d'ailleurs, les fans de la série reconnaîtront les deux associations dont il est fait mention à un certain moment.)
La Depo Povera existe et son utilisation est véridique même s'il me semble qu'elle n'est plus (beaucoup) utilisée maintenant. De même pour les anaphrodisiaques.
Je ne sais pas si on a réellement infligé la totalité des traitements que j'ai cité à la même personne, comme je l'ai raconté ici. Et si c'est le cas, je ne sais pas si on peut réellement en sortir indemne. Ce n'était pas vraiment le but de ce chapitre, ni même de cette fic.
Vous l'aurez compris, si j'écris aujourd'hui c'est en partie pour jouer avec l'univers de Glee et le couple de Blaine et Kurt, mais surtout pour militer à ma façon. Heureusement, les gens deviennent de plus en plus tolérants face à la différence mais il y a encore un long chemin à faire. Je regrette qu'on ne sensibilise pas plus les jeunes enfants. Les associations font beaucoup pour ouvrir les yeux des adultes mais il me semble qu'éduqué les jeunes le plus tôt possible serait une solution efficace. Je sais que les gens qui circulent sur les sites de fanfics viennent de milieux très différents et surtout d'âges différents. j'espère qu'à mon échelle je peux intéresser les lecteurs à ce qui se passe dans le monde et leur donner envie de faire bouger les choses.
Ce que je raconte là dessous, n'importe qui pourrait le vivre. Des Kurt Hummel, malmenés parce qu'ils aiment différemment, des Dave Karofsky terrifiés à l'idée de souffrir et de ne pas avoir de vie "normale", des Casey Stevens prêt à tout pour ne pas perdre ce qu'ils ont et ceux qu'ils aiment. Je pense à eux tous quand j'écris et c'est pour eux que je le fais.
Chapitre 8
Casey ne le rappela pas. Clairement, c'était son tour d'agir s'il voulait des réponses. Pas de problème, il pouvait jouer à ça lui aussi.
Dave attendit le cuisinier en bas de son immeuble, appuyé contre le mur à côté de la porte. Lorsque celui-ci l'aperçu, son visage se fendit d'un sourire victorieux et éblouissant.
- Ça fait longtemps que tu attends ?
- Quelques minutes.
- Comment t'as su à quelle heure je finissais de bosser ?
- Moi aussi je peux poser des questions, répliqua-t-il en haussant les épaules.
Ils s'observèrent avec une lueur de défi dans l'œil, souriants. L'un comme l'autre s'amusait. Maintenant que Dave n'agissait plus comme une bête traquée… peut être allaient ils pouvoir jouer un peu.
- Bon maintenant que tu as fait le déplacement, qu'est ce que tu veux ?
- Hé attends, c'est toi qui m'a tenu la jambe pour pouvoir discuter avec moi, débrouille toi !
L'autre éclata de rire, puis sortit ses clefs.
- Allez viens, je t'offre à boire.
oOo
Casey avait eu la chance de trouver un appartement dans ses moyens pourvu d'une petite terrasse. Pas exceptionnellement grande, mais assez pour pouvoir y installer deux fauteuils et une table sans être serré. L'avantage c'était que l'exposition au soleil était délicieuse, la vue du cinquième étage très belle et lorsqu'on recevait des invités un peu spéciaux, ça mettait à l'aise.
Pour preuve, l'adolescent qui l'avait suivit dans les étages avec un pointe de méfiance malgré tout se lovait dans la chaleur de fin d'après-midi avec un sourire flou. Il avait abandonné sa veste sur le dossier d'une chaise à l'intérieur et ses bras nu chauffaient doucement pendant qu'il fermait les yeux.
- Tiens, dit Casey en lui tendant une canette de soda et en s'installant à côté de lui. Qu'est ce qui t'as décidé à venir, si ce n'est pas indiscret ?
- Franchement, répondit-il, je sais pas.
Il lui adressa un regard curieux, comme pour lui demander s'il avait eu tord, auquel l'autre répondit par un sourire rassurant. Posant les coudes sur ses genoux, il joua machinalement avec sa canette, sans plus oser regarder son hôte. Le silence s'installa jusqu'à ce qu'il soupire et pose la question qui le rongeait depuis tellement longtemps.
- Comment tu fais pour gérer ça ?
- Le fait que je suis gay ?
- Hum.
- Ça n'a pas été facile. Ca ne l'est pas toujours. J'ai toujours su que j'avais une sexualité « ambigüe ». Quelque part, j'ai été plus chanceux que toi parce que je n'ai eu aucun mal à envisager le fait d'être différent. A mes yeux, le plus dur n'a pas été d'accepter que ce que j'étais, ni même de l'afficher mais ça a été d'arrêter de me considérer comme une victime légitime. D'arrêter de croire qu'on avait le droit de me faire du mal parce que je n'étais pas comme les autres. C'est assez facile d'y croire quand on nous dit qu'on n'est pas normal. D'en arriver à estimer que puisqu'on est différent et puisqu'on le revendique, il est normal qu'on nous agresse dans la rue et qu'on nous rejette. Qu'au fond nous sommes des provocateurs qui méritons ce qui nous arrive.
- Et qu'est ce qui t'as fait changer d'avis ?
- J'ai pas choisis d'être gay. Comme d'autres n'ont pas choisis d'être noirs, juifs ou arabes. Pourquoi est ce que moi, en tant que défenseur des droits de l'homme, je trouverais inadmissible toute forme de racisme envers les autres et que j'acceptais celles qui sont tournées contre moi ? A partir du moment où j'ai cessé de croire que j'avais moins de droits que les autres, je me suis senti libre.
- Et dans la pratique, ça donnait quoi ?
- Beaucoup, beaucoup de démarches judiciaires et politiques. Beaucoup de manifestations, beaucoup de temps à expliquer, discuter, échanger. Beaucoup de temps à casser une image et à en former une autre. Beaucoup d'énergie pour faire valoir les droits qui sont les miens.
- Vaste programme.
- Je te le fais pas dire. C'était épuisant, de se battre tout seul contre le monde entier, surtout que j'avais à peine vingt-et-un ans. C'est pour ça que je me suis inscris dans une association bénévole. Mais j'ai été vite déçu.
- Pourquoi ?
- Cette association avait surtout pour but d'aider les jeunes adolescents de ton âge à se démener avec leur sexualité. Elle fournissait capotes, médecins, psys, mais n'était pas assez développée pour gérer des adultes et leurs… train de vie. Ce que je veux dire, reprit-il sous le regard interrogateur du garçon, c'est que ces gens essayaient désespérément de faire croire aux ados qu'ils pouvaient avoir une vie normale : se marier, avoir des enfants, un chien et une hypothèque…
- Et ce n'est pas le cas ? demanda Dave en s'agitant inconfortablement.
- Si ça l'est. C'est difficile mais ça l'est. Le seul problème c'est que ma façon de vivre donnait une « mauvaise image » de l'homosexualité qui selon eux desservait leur travail. Ils m'ont demandé de changé et quand j'ai refusé, m'ont demandé de partir. Ce que j'ai fais.
Il soupira sous le regard curieux. Evidement, quel pouvait être ce mode de vie gay que même des gays critiquaient ?
- Je ne voulais pas de la vie qu'ils promettaient. Je voulais baiser jusqu'à en perdre la raison, boire comme un trou, danser toutes les nuits. Ca m'est arrivé d'être tellement déchiré que je finissais par dormir dans la rue, je me suis drogué, j'ai couché avec des types dont je ne connaissais même pas le nom… A leurs yeux ça faisait de moi quelqu'un de pas fréquentable.
- Faut reconnaitre que dis comme ça…
- C'est vrai dit comme ça. Mais si je voulais me décrire autrement, je pourrais dire sans mentir que je n'ai jamais raté un jour de boulot et que j'ai toujours payé mes factures en temps et en heure. Que j'ai toujours été poli et respectueux, n'ai jamais frappé personne qui ne m'ait attaqué en premier, ai toujours mis des capotes et fait des tests médicaux régulièrement. Rien volé, ni détruit sous l'effet de substance. Je n'ai jamais violé personne. Mes proches ont toujours pu compter sur moi, peut importe combien j'étais déchiré.
« En fait » conclut il en buvant une gorgée « Je suis un type bien plus fiable que certains hétéros et gays bien pensants. »
oOo
- Et maintenant ? Tu vis toujours la même vie ?
- Je me suis assagi. Je bois moins, je sors moins en boite et je ne me drogue plus.
- Et… pour tes…
- Amants ? Ils sont moins nombreux mais bien présents. Toujours pas de compagnon fixe, si c'est la question que tu te pose. Ni de chien d'ailleurs et certainement pas d'enfants. Et surtout pas de maison.
- Qu'est ce qui te rebute tellement à l'idée d'avoir une vie…
- Normale ?
- Conventionnelle.
Silence. Il tenta de dissimuler l'éclat de peine qui hanta son regard et aurait presque réussit si sa bouche ne s'était pas tordue en un pli infime mais amer et si sa voix ne s'était pas un peu voilée.
- Ce n'est pas pour moi. J'ai eu un enfant que j'ai perdu, aimé sans jamais qu'on m'aime et je ne vois pas ce que je ferais d'une maison.
Il sembla se rappeler à qui il parlait et il ajouae avec une lueur d'excuse et une touche d'auto dérision :
- Et puis, je suis allergique aux chiens.
oOo
Dave s'était attendu à ce que Casey soit une créature mystérieuse, qu'il colle à son allure si cool de grand brun ténébreux.
Pas du tout. Il était même plutôt bavard et s'il restait pudique sur ses sentiments, il n'avait honte d'aucun moment de sa vie. Il lui raconta volontiers tout son parcours.
Il avait une famille. Un père, une mère, un frère d'un an plus vieux. Ils l'aimaient et ils s'aimaient. Tous les ans, ils partaient en vacance tous les quatre en Louisiane, chez ses grands parents maternels et à douze ans, on lui offrit une gerbille, faute d'un chien. Il adorait son frère, littéralement. Lui vouait une admiration féroce et trainait dans ses jambes à longueur de temps. Ils aimaient tous les deux les sports de combats, surtout ceux avec des épées. Son père était aimant et jovial, sa mère drôle et têtue. Il avait vécu auprès d'eux une vie très heureuse. Quand à dix-sept ans, une fille de sa classe avait qui il avait couché était tombée enceinte et lui avait confié l'enfant, ils l'avaient tous soutenu et l'avaient beaucoup aidés quand l'enfant était mort huit mois plus tard, dans son accident de voiture.
Et puis un peu avant d'avoir vingt ans il leur avait annoncé qu'il était gay.
D'abord, ils s'étaient tous rebellés contre l'idée, cherchant des excuses, des explications, affirmant que c'était une passade. Et s'étaient tous résignés. Et au bout de quelques mois, son père le premier lui avait avoué qu'il ne pouvait pas le supporter. Qu'il aimait son fils oui, mais qu'il ne pouvait pas aimer un déviant. C'était au dessus de ses forces, de ses convictions. Avec douceur et affection, il lui avait proposé de rencontrer des médecins pour le soigner. Casey qui avait été si fier, si orgueilleux, accepta, par amour pour sa famille.
Au début, Je n'avais que des réunions, tous les deux jours, avec des groupes de paroles « ex-gay » et un médecin-psychologue. Pour eux tous, le fais que j'ai déjà eu des relations sexuelles avec des femmes prouvaient que j'étais un véritable hétéro. Ils disaient que ma « déviance » était due à la grossesse cachée d'une de mes ex et à la mort de l'enfant ensuite, comme un traumatisme qui m'aurait fait rejeter toute forme d'hétérosexualité et adopter une sorte de castration volontaire.
Dans son attitude toute entière semblait résonner un fond de révolte à ces propos. Elle était d'ailleurs communicative puisque l'indignation grondait également dans les veines de Dave, lequel en était plus que surprit. Une part de lui espérait vraiment qu'il y ait un moyen de « guérir » de l'homosexualité. Une autre souffrait qu'on catalogue si vite et si facilement des penchants sexuels. Il n'arrivait pas à se l'expliquer mais rien que l'idée de faire partit de ce genre de groupe lui contractait les entrailles.
- Je voulais vraiment changer, reprit-il. J'étais près à tout pour ma famille tu sais ? Mourir, donner un rein, un poumon, n'importe quoi. Alors je pouvais bien devenir hétéro si ça les rendait heureux. Sauf que j'y arrivais pas. J'étais amoureux en plus, d'un type qui ne voulait pas de moi –en partie parce que j'essayais de changer d'ailleurs. Ca commençait à me bouffer : d'un côté le désir de rendre les miens fiers, de l'autre ma tendance naturelle à aimer les hommes. Mon groupe de parole, en accord avec mon médecins, m'a fait prendre des médicaments pour me faire vomir pendant que je regardais des pornos gays. Puis, voyant que ça ne fonctionnait toujours pas, ils sont passés aux électrochocs qui n'ont pas non plus fonctionné. J'en devais fou. Plus j'essayais de me battre contre mon homosexualité, plus j'avais envie des hommes. Je fantasmais sur le garçon que j'aimais, sur des amis, sur des membres de mon groupe de parole même sur des inconnus dans la rue. J'ai commencé à faire une dépression qu'ils ont immédiatement tenté de bloquer grâce à des antidépresseurs, des calmants pour mes crises d'angoisses et pour finir de la Depo Povera et des anaphrodisiaques.
- Qu'est ce que c'est ?
- La Depo Povera est un castrateur chimique. Certains Etats américains le préconisent pour contenir les pulsions sexuelles des pédophiles récidivistes. Et les anaphrodisiaques sont des médicaments qui réduisent, voir en ce qui me concerne, suppriment totalement la libido. Normalement on n'est pas sensé coupler les deux mais j'étais clairement un obsédé sexuel sévère. A côté de ça mon organisme avait de plus en plus de mal à supporter tout cet afflux de produits chimiques qui déréglait ma production d'hormones donc je prenais de plus en plus de « compléments » qui devaient rééquilibrer tout ça.
Horrifié, l'adolescent l'observa avec de grands yeux. Il n'était pas médecin mais il savait que ce type de médication violente valait un empoisonnement volontaire. Que c'était douloureux et aussi épuisant moralement que physiquement. Il se laissa aller dans le fauteuil, blême et se passa une main sur le visage, l'air nauséeux. Mais il savait, sans trop s'expliquer comment que ce n'était pas fini. C'était logique après tout. Les gens qui lui avaient infligés ce traitement avaient surfé sur l'amour sans bornes que Casey portait à sa famille. S'il avait voulu changer pour lui-même, il aurait stoppé ces tortures bien plus tôt, parce qu'il était du genre à s'aimer assez pour ne pas s'automutiler de cette façon. Seulement il est plus « facile » d'endurer ces horreurs pour protéger les siens que pour se protéger soit même. Ses bourreaux le savaient et n'avaient plus aucune limite.
- Et après ? demanda-t-il d'une voix inégale.
- J'ai essayé de me suicider.
Il remonta son t-shirt pour exposer son flanc droit à la lumière. Au niveau des côtes, et remontant vers la poitrine, la peau semblait se tordre, se froisser autour d'une ligne épaisse et livide.
- Je me suis jeté d'une fenêtre. Du cinquième étage. Une femme m'a aperçue au moment ou je sautais et a immédiatement appeler les secours. J'avais cinq côtes cassées dont l'une d'elles avait perforé un poumon. Un traumatisme crânien aussi… mais au fond, je suis un miraculé. Les médecins disent que j'étais totalement détendu quand j'ai touché le sol, donc que mon corps a mieux encaissé l'impacte. Je suis resté deux mois à l'hôpital pendant lequel en plus de guérir, on a purgé mon corps de tous les produits chimiques que j'avais ingurgité.
- Comment tu as fais en suite ?
- J'ai été pris en charge par le type dont j'étais amoureux et ses amis. Ils ont attaqués ma famille, mon toubib et mon groupe de parole en justice pour harcèlement moral, tortures et tentative d'homicide involontaire.
- Ils ont gagné ?
- Contre mon psy, oui pour les trois chefs d'accusation. Le groupe de parole a été dissous.
- Et pour ta famille ?
- J'ai demandé qu'on retire la plainte contre eux. Ils ne voulaient que m'aider au fond.
- Qu'est ce qu'ils on dit quand tu les as revus ?
- Je ne les ai pas revus. J'ai refusé leurs visites à l'hôpital et quand j'en suis sortis j'ai tout fais pour les éviter. Je les ai eus quelques fois au téléphone mais je coupais presque instantanément les communications et j'ai reçu des lettres que je n'ai jamais voulu lire. J'ai très vite coupé tous les ponts.
- Tu leur en voulais ?
- Oui. Non. Pas vraiment. Un peu, parce qu'ils n'ont pas su m'accepter tel que j'étais. J'étais près à tout pour eux, parce que mon amour était inconditionnel mais eux visiblement, ne m'aimaient pas assez pour passer outre. En ça, je leur en veux. Sinon, non. Ils m'aimaient quand même assez pour vouloir m'aider. L'homosexualité est une maladie bien triste à leurs yeux et ils n'ont rien contre les homos tant qu'ils ne contaminent pas leur famille. Pour moi, ils voulaient juste une vie normale, avec une femme des enfants et plein de gerbilles. Je n'arrive pas à leur en vouloir de m'avoir aimé comme ça.
Dave savait que l'amour pouvait pousser à faire des choses terribles pour quelqu'un. Mais il n'aurait jamais cru qu'on pouvait torturer son propre enfant à ce point. Il pensa à ses propres parents, si doux, si aimants. Il se demanda ou était leur limite à eux. S'il s'avérait qu'il était définitivement gay, est ce que son père et sa mère l'accepterait ? Le jetteraient-ils dehors ? Voudraient-ils le soigner, lui aussi ?
Il observa son hôte en silence qui se laissait étudier sans bouger. Etait ce pour ça qu'il les avait si facilement prit sous son aile, Kurt et lui ? Pour ne pas voir son histoire se répéter ? Certainement oui. Peut être qu'il voulait rattraper les autres avant qu'ils sautent.
- Pourquoi ne pas les revoir alors ?
- Parce que je ne pouvais pas. J'avais honte de moi. Honte de ce que j'étais, honte de me pas avoir réussi à être celui qu'ils voulaient, honte d'avoir voulu mourir et honte aussi de n'y avoir pas réussi. Et puis j'étais en colère, terriblement. Je m'en voulais d'être gay, je m'en voulais d'en avoir honte, je détestais le reste du monde pour être ce qu'il était… Et puis, quelque part, je savais que j'étais trop fragile pour les affronter. Il fallait que je m'en sorte et pour ça il fallait que je prenne les problèmes un part un. Alors j'ai mis une part de ce qui me faisait souffrir de côté, le temps de terminer ma convalescence.
- Et maintenant que tu es guéri, tu les as revus ?
- Qui a dit que j'étais guéri ?
oOo
Discuter avec Casey ne l'avait pas beaucoup rassuré. Il priait encore plus fort pour ne pas être gay, pour que ses attirances actuelles ne soient que passagères. L'idée d'être aussi brisé que lui… L'idée surtout de perdre tout ce qui comptait à ses yeux… Comment pouvait on souffrir ainsi juste parce qu'on aime ? Est-ce que ça en vaut tellement la peine ?
- Qui que tu sois, avait-il dit, gay, hétéro ou bi et quoique tu choisisses d'en faire, ne laisse personne te faire autant de mal qu'on m'a fait. Jamais. Tu me le promets ?
Il avait promis. Jamais et pour personne.
Voilà. Je le répète ce chapitre sera sûrement le seul aussi dramatique. Je sais que ça peut étonner certains parce que des fics nettement plus violentes circulent sur . Personnellement je n'ai rien contre et j'en lis à l'occasion. Si j'écris avec un style plus "soft" c'est pour des raisons bien précises. D'abord trop de violence tue la violence. Vu le but de cette fic, j'ai besoin que les potentiels lecteurs puissent s'identifier à cet univers et la plupart d'entre eux viennent de milieux "normaux" et relativement "calmes". Si l'ambiance de cette fic avait été plus lourde (hantée par des pédophiles, des violeurs, des casseurs de pédés et autres joyeuseté) elle aurait tout de suite été classée dans le type "imaginaire" et serait moins percutante. Ce qui aurait faussé tout le message. De plus je fais état d'une certaine réalité ici. Autant celle qu'on retrouve dans la série que dans celle de chacun. Je voulais vraiment rester fidèle aux deux. Et puis je n'aime pas banaliser la violence. Trop souvent elle devient prétexte au tout et au n'importe quoi et détruit des films, romans, BD, jeux qui pourraient être formidables. Il me parait plus intéressant de travailler avec un peu plus de subtilité afin de laisser au lecteur le choix d'en explorer tous les niveaux.
Bref. J'espère que ça vous aura plu :D
Autre sujet qui n'a rien à voir : je pars en Thaïlande avec ma famille pour deux ou trois semaines. Du coup je ne pourrais ni écrire ni poster. Je m'efforcerais d'écrire le plus possible en rentrant mais les chapitres sont pour le moment à peine esquissé donc il faudra prendre votre mal en patience.
