Sisi c'est moi. Et c'est un nouveau chapitre aussi. Je suis désolée si je vous ai fais attendre, mais les trois derniers mois ont été chargés. Je passerais les détails mais en gros, les vacances ont été tuées dans l'oeuf, j'ai déménagé, mon ordinateur est temporairement mort, de même que ma connection internet. Ouais, j'aime bien cumuler les tuiles comme ça, je fais la collec'.
Bon, la plus part de tous ces problèmes sont arrangés, sauf la connection internet que je n'ai que les week end quand je rentre chez mes parents, mais ça devrait aller mieux bientôt. Ah oui et sinon je me suis inscrite en Fac, donc je vais vite avoir du boulot jusque par dessus les oreilles. Mais dans l'absolu ça ne devrait pas trop m'empêcher de publier. Surtout que -réjouissez vous- j'ai eu le temps d'avancer dans l'écriture et j'ai environ deux chapitres d'avance. Enfin bref. Bonne Lecture, j'espère que ça vous plaira.
Chapitre 9
Il l'avait deviné, il l'avait crains et il avait vu juste. Casey Stevens était devenu son enfer personnel. Tant qu'il ne le connaissait pas, il arrivait à faire la sourde oreille à ses envies et évacuer ses brusques montés de stress d'une façon ou d'une autre. Mais en entrant, pardon en s'incrustant dans sa vie, le cuisinier avait ouvert tout un tas de portes à ses démons, rendant l'homosexualité assumée et affichée tentante, le plongeant dans un cercle vicieux et sans fin. Rencontrer un homosexuel libre et viril influençait sa sexualité balbutiante et il en venait à envisager un futur ou il serait gay et où il l'affirmerait. A partir de là, ses pensées déviaient invariablement vers ses parents et ses amis à leurs réactions, à leurs regards. Au dégoût qu'ils éprouveraient, aux humiliations qu'ils lui feraient subir et à la trahison qu'ils allaient forcément éprouver. Cette peine là, celle qu'il allait infliger aux siens, à ses parents surtout, il n'était pas capable de la supporter. Tout comme Casey à ses débuts, la honte s'infiltrait en lui, sourde, acide et le rongeait de l'intérieur.
Il n'avait bien sûr pas recontacté Casey. Mieux valait limiter son influence. Azimio s'étonnait de son comportement soudain devenu si calme et si discret et semblait dubitatif devant sa nouvelle assiduité pendant les cours, mais encore une fois il l'acceptait. D'autres se méfiaient d'un tel revirement, comme les membres du Glee Club par exemple… du moins ceux qui avaient été du côté des persécuteurs avant. Quinn Fabray et Santana Lopez pour ne pas les citer, Puckerman dans une autre mesure et son immense copine, Zizes. Les autres rentraient la tête dans les épaules et espérant que ça durerait le plus longtemps possible.
Seule Santana l'inquiétait réellement, les autres se contentaient de le surveiller. De tous, elle était la plus retorse et la plus têtue. Si elle se mettait en tête de savoir ce qui lui arrivait, alors elle finirait tôt ou tard par y arriver.
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Ce qui était plus angoissant encore que le fait de s'envisager lui-même homosexuel, était certainement le fait d'envisager n'importe quel autre type homosexuel. Ainsi, s'il laissait ses pensées dériver, il imaginait ce que ce serait d'embrasser untel, de le toucher et de se laisser toucher par celui-ci. Ses hormones étaient définitivement en ébullition et quasiment tout ce qui faisait partir de la gente masculine semblait d'un coup potentiellement baisable. Et plus il avait envie de se laisser aller à ses fantasmes, plus il avait la certitude que sa vie serait un enfer s'il le faisait.
Mike Chang essuya son visage avec le bas de son maillot de foot, déclenchant les soupirs énamourés de sa punkette de petite amie, et il se dit que l'année allait être très longue.
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Autant les gesticulations euphoriques du Glee Club pendant ses spectacles l'exaspérait, autant il aimait passionnément la pénombre de l'Auditorium lorsqu'il était vide. De même qu'il aimait s'asseoir dans les gradins dépeuplés du terrain de football, Dave aimait se glisser dans la salle de spectacle quand tout le monde était en cours ou bien le soir avant que les portes ferment. Il aimait l'odeur légère de poussière, le grésillement sourd des derniers spots allumés et la sensation d'espace si plein de vide, si riche de rien comme si l'écho était une promesse en suspend dans l'air.
Alors les rares fois ou il s'y réfugiait rien ne l'énervait plus qu'un ou deux loosers venant brailler sur la scène, comme si l'endroit lui appartenait.
Manque de bol, Rachel Berry était semble t il très inspirée ce jours là. Le pire étant certainement son grand couillon d'ex-petit-ami/ami/meilleur-ami/nouveau-petit-ami (il s'y perdait à force) qui venait l'encourager tout sourire. Il se renfonça dans son siège, espérant que personne ne le remarquerait et pria pour que la pimbêche se contente d'un solo et fiche le camp le plus vite possible. Lorsqu'après un premier morceau elle pépia qu'il lui fallait un raccord maquillage avant la suite, Dave espéra que Finn la suivrait pour qu'il puisse filer en douce.
« Tu n'as pas aimé ? »
Et merde. Repéré.
« Faut vraiment que je réponde ?
- Tu pourrais aimer la musique sans aimer la chanteuse. Ca arrive.
- Non je n'ai pas aimé, soupire-t-il sans trop savoir pourquoi. Ta copine crie trop. C'est pas pour ça qu'on la remarquera plus.
- Qu'est ce que tu suggères ? demande Finn avec un visage étrange. »
Il eu un claquement de langue agacé. Depuis quand on lui demandait des conseils musicaux ? D'un autre côté, il ne voit pas de raison pour ne pas répondre. Et s'il pouvait contribuer à freiner l'autre hystérique dans ses élans lyriques…
« Je sais pas moi, elle pourrait commencer par cesser d'imposer sa présence. Regarde, dit-il en écartant largement les bras, tout l'espace qu'elle a pour elle et personne à l'intérieur pour couvrir sa voix. A quoi bon hurler, quant un murmure suffit à remplir toute la salle ? Cette fille est une agression permanente pour ceux qui aiment le calme !
- Je ne suis pas sûr de comprendre, tu viens chercher le calme dans un lieu de spectacle ?
- Le… le silence aussi c'est une musique, se renfrogna-t-il en enfonçant les mains dans les poches, et jusqu'à présent, c'est dans un auditorium qu'on entend le mieux une musique.
Toujours ce visage étrange avec un drôle de sourire en coin qui le fit se sentir stupide –ce qui face à Finn Hudson était relativement agaçant.
- Ah, grogna-t-il en fourrant ses mains dans les poches de son jean, laisse tomber. Oublie ça.
Ils entendirent au loin les pas précipités de Rachel qui revenait pour la suite de sa prestation et Dave filait déjà vers la porte, peut désireux d'y assister. Dans son dos, l'adolescent le regardait avec un air pensif, puis sourit pour lui-même et partit rejoindre la jeune fille.
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Le soir même, Finn rapportait sa conversation à son frère adoptif. Lequel haussa un sourcil, retint un sourire ironique (alors comme ça, cette grosse brute avait une sensibilité artistique ?) roucoula une vacherie et détourna la conversation.
Mais garda l'idée en tête. Assez même pour qu'il passe la nuit à y penser. Il en parla le lendemain à Blaine sans en mentionner l'auteur.
Blaine se rejeta tranquillement sur sa chaise.
« Le silence est une musique… dit il pensivement. J'aime bien. Et ça me semble assez juste en fait. N'y voit pas d'offense mais c'est vrai que Rachel ou Mercedes ou n'importe quelle diva à tendance à en faire trop. Et je sais bien que moi aussi je le fais. Même toi, ajouta t il avec un sourire.
- Je suis d'accord mais concrètement, comment le rendre sur scène ?
- En modulant plus le ton je pense.
- Moduler le ton, marmonna Kurt en croisant les bras. Je saisis l'idée mais dans une salle pleine ?
- Alors en jouant sur le contraste. Commencer fort et attirer toute l'attention pour mieux murmurer ensuite.
- Et pourquoi pas l'inverse ? Tenir un long silence au début, très long qui intrigue et partir en crescendo. Ou même, silence-éclat-modulation jusqu'au murmure, réfléchit l'adolescent.
- J'imagine que tout ça dépend de la chanson et du message qu'on désir faire passer, dit Blaine en haussant les épaules. Ca pourrait être intéressant d'essayer. Non ?
Kurt sourit. Réfléchir avec Blaine, faire des projets, envisager de travailler ensemble comme de passer du bon temps… Peut-être était-il niais et peut-être qu'il finirait par changer d'avis, mais là tout de suite il ne rêvait que de pouvoir faire ça toute sa vie avec lui.
