Chapitre 4 : Veille de mission…

7 mois plus tôt

Il marchait d'un pas déterminé dans le couloir menant au laboratoire. Arrivé devant les gigantesques panneaux métalliques, il passa sa main devant le panneau de contrôle et la porte s'ouvrit. A son entrée dans la pièce, tous se retournèrent et inclinèrent la tête en guise de salutation.

« Est-ce que tout est prêt ? » demanda-t-il.

L'un des scientifiques répondit

« Oui. Nous pouvons commencer. Il nous manque seulement les échantillons. »

Le plastron noir déposa alors les sacs hermétiques sur la paillasse devant lui.

« Les voilà. Au travail à présent. Je compte sur vous pour garantir le succès de cette entreprise. »

D'un rapide coup d'œil, il inspecta la pièce. Le matériel était prêt. Au fond du laboratoire, les caissons étaient installés. Puis il tourna les talons et sortit de la salle.

Atlantis, aujourd'hui

L'équipe de John Sheppard était installée autour de la table de réunion tandis que Wilson prenait des notes à la droite de Richard Woolsey. Il releva le nez de son carnet et s'adressa directement au dirigeant d'Atlantis.

« Donc, juste après le départ de Mr Clarke et un peu avant mon arrivée ici, vous avez donc reçu un message du SGC. Il semblerait qu'un E2PZ pourrait se trouver sur cette planète ? » résuma-t-il.

« Il semblerait, oui. Si c'est le cas, nous ne pouvons négliger cette éventualité et je souhaite envoyer l'équipe du colonel Sheppard vérifier sur place. Ses rapports privilégiés avec les Travelers, qui ont relayé l'information, vont nous assurer une totale coopération de leur part. »

« Et pourquoi ces Travelers ne souhaiteraient-ils pas conserver l'E2PZ pour leur propre utilisation ? »

« Ils sont conscients qu'un retour d'Atlantis dans la galaxie de Pégase est tout à leur avantage…Sans nous, ils sont plus vulnérables et ont perdu un allié de taille dans la résistance contre les Wraiths. »

« Oui, je comprends… » marmonna Wilson. « Alors quel est votre plan ? »

Sheppard, encouragé par Woolsey, prit la parole

« Teyla, Ronon, Rodney et moi accompagnés de l'équipe du major Lorne, partons demain matin pour le SGC d'où nous pourrons rejoindre P5X449. De là, le Général Hammond nous conduira dans la galaxie de Pégase en deux ou trois jours grâce aux nouveaux moteurs à vortex conçus par le docteur McKay. Une fois arrivés, nous prendrons contact avec les Travelers et nous verrons avec eux ce qu'ils comptent faire : venir explorer la planète avec nous ou se retirer… »

Wilson soupira.

« Et si c'est un piège ? Comme votre expédition dans ce laboratoire où vous avez récupéré de docteur Beckett ? »

« C'est un risque à courir » répliqua McKay.

« Nous aurons deux vaisseaux prêts à nous téléporter si il y a le moindre souci : le Général Hammond et le Dédale… Si ce laboratoire appartient effectivement à Michael, et avec McKay parmi nous afin d'anticiper la mise en route d'éventuels systèmes d'autodestruction, peut-être ferons-nous des découvertes intéressantes en plus de récupérer cet E2PZ… »

« Je vous rappelle que Michael a amélioré le rétrovirus du docteur Beckett afin de créer des hybrides ayant toutes les caractéristiques des Wraiths excepté leur besoin vital de nous déguster comme plat de résistance… Si on trouve de nouvelles données là-dessus dans ce complexe, ce sera très utile pour le docteur Keller et le perfectionnement de sa génothérapie… »

Le représentant du C.I.S posa son stylo et referma son calepin.

« Bien. Je vous souhaite alors bonne chance à tous » lança Wilson en se levant pour quitter la salle.

« Docteur Keller… Le docteur Walter est arrivé au laboratoire de biologie moléculaire… Il vous attend » fit une voix féminine dans l'oreillette de Jennifer.

« J'arrive tout de suite Cynthia… » répondit-elle en refermant le dossier sur son bureau.

Jennifer soupira et peina un peu à se relever de son fauteuil. Son ventre rebondi était à présent devenu plutôt encombrant.

Bon… Allons voir qui est donc ce charmant monsieur…

Quand elle arriva dans le laboratoire, James Walter était déjà installé devant l'ordinateur et semblait absorbé par ce qu'il découvrait sur l'écran. Jennifer s'approcha de lui.

« Docteur Walter… » fit-elle en lui tendant la main. « Je suis le docteur Jennifer Keller… Ravie de vous accueillir sur Atlantis. »

L'homme d'une cinquantaine d'année ne prit pas la peine de se lever et serra mollement la main de la doctoresse.

« Oh… Docteur Keller…» fit-il un peu surpris. « Je… ne pensais pas que vous étiez si… ». Il laissa volontairement sa phrase en suspend.

Jennifer s'amusa à le fixer sans faillir.

« Si enceinte ? » répliqua-t-elle sur un ton sarcastique.

Walter soutint son regard.

« Si jeune… » corrigea-t-il. « Et vos travaux n'en sont que plus admirables, docteur… ».

Jennifer se releva pas sa remarque. D'emblée, cet homme ne lui inspirait pas confiance. Il avait un visage reptilien et froid. Ses cheveux gris coupés à ras et ses yeux noirs étriqués achevaient de lui donner un air peu accommodant.

« Bien… » enchaina la jeune femme, « Je vois que vous avez déjà pris la peine de consulter mon travail ? »

« Oui, en effet, ne m'en voulez pas docteur, j'étais assez impatient de commencer… »

« Mais je vous en prie… Ce laboratoire est aussi à présent le votre apparemment. Est-ce que je peux vous éclairer sur quoi que ce soit ?

« A ce que je vois ici, votre problème, semble-t-il, concerne l'atteinte de gènes entrainant une déficience du système immunitaire… »

« En effet, les Wraiths traités jusqu'à présents ont tous développé une sorte de cancer bien que le processus ait correctement fonctionné quand au rétablissement de leurs fonctions de nutritions classiques. »

« Bien, j'ai ma petite idée pour corriger vos erreurs… Il est vrai que si j'avais été informé du problème plus tôt, j'aurais pu sans doute vous éviter nombre de désagréments… Hélas, la communication entre Atlantis et le pôle scientifique du C.I.S ne semble pas toujours optimale…» répliqua Walter, les yeux toujours braqués sur l'écran.

Jennifer tiqua mais prit sur elle.

« J'étais moi aussi en train de trouver comment pallier à cet inconvénient… » fit-elle « J'ai prévu d'utiliser une séquence d'ADN régulatrice… »

« Oui, je vois… » la coupa Walter « J'ai déjà tenté cette approche dans de nombreuses génothérapies sur Terre… Vous auriez dû lire les articles que j'ai publiés sur le sujet… »

Les doigts de Jennifer se crispèrent sur le dossier de la chaise. Ce type commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs.

« Les résultats ne sont pas probants avec cette méthode. Le protocole utilisant un inhibiteur est plus efficace. » continua-t-il sur un ton désinvolte.

La jeune femme inspira profondément.

« Fantastique docteur ! Il me tarde de voir le résultat ! » préféra-t-elle ajouter sur un ton trop enthousiaste pour être vrai. « Où sont les données que vous avez rapportées du C.I.S ? » demanda-t-elle en tirant la chaise pour s'installer près de lui.

Alors James Walter daigna enfin relever la tête de son portable et d'une main, arrêta le geste de la jeune femme.

« Excusez-moi, docteur Keller, mais je souhaiterais examiner d'abord tous vos résultats avant de vous faire part de mes conclusions et en règle générale, je travaille mieux lorsque mon espace vital n'est pas… envahi… Vous comprenez, n'est-ce pas ? » lança le scientifique en affichant un sourire crispé et perfide.

Espace vital ! Je t'en foutrais moi de l'espace vital ! Quel pauvre type ! De quel droit se permettait-il de débarquer dans SON labo, critiquer SON travail et la traiter comme une sous-fifre alors qu'elle avait quasiment fait tout le boulot ! Cette fois, s'en était trop !

Le rouge monta aux joues de Jennifer qui commença à ouvrir la bouche afin de révéler à cette espèce d'abruti narcissique le fond de sa pensée…

« Bonjour à tous ! » s'exclama Wilson qui fit une entrée tonitruante dans le laboratoire, coupant la jeune femme dans son élan. « Alors, comment se passe la collaboration ? » demanda-t-il sur un ton joyeux en rejoignant les deux scientifiques.

« Très bien Justin, Le docteur Keller et moi allons faire de l'excellent travail, n'est-ce pas ? » répondit le quinquagénaire d'une voix mielleuse.

Devant le visage hypocrite et tout sourire du scientifique, Jennifer demeura bouche bée.

« Parfait ! » répondit Wilson en lançant un regard complice à l'attention de son collègue.

Soudain, l'oreillette de Jennifer grésilla : « Docteur Keller… Docteur Keller… Une urgence à l'infirmerie… »

« Excusez-moi… » fit alors la jeune femme, en s'élançant hors du laboratoire.

Cet appel tombait à point nommé. Encore quelques secondes passées avec Walter et elle lui aurait fait avaler sa clé USB…

Le soleil était en train de se coucher sur Atlantis. Amélia se dirigeait vers ses quartiers, quand, au détour d'un couloir, elle tomba nez à nez avec Justin Wilson.

« Tu m'évites ? » demanda-t-il en lui barrant la route.

Oui, elle l'évitait. Et il était bien la seule personne avec qui elle n'avait pas envie de parler après trois longues heures passées derrière sa console à effectuer les derniers réglages de la Porte pour la mission du lendemain.

« Excuse-moi… Mais je suis crevée, je n'ai pas trop envie de discuter, là, tu vois… » répliqua-t-elle en tentant de le contourner.

« Donc, tu m'évites… » répéta-t-il avec un sourire charmeur.

La jeune femme releva la tête et le regarda droit dans les yeux.

« Depuis quand travailles-tu pour le C.I.S ? » demanda-t-elle finalement.

« Depuis 3 mois seulement… Et moi aussi, je suis ravi de te revoir Amy… Tu n'as pas changé… »

« Si, j'ai changé depuis quatre ans Justin… Je suis beaucoup moins naïve qu'avant… »

« Je sens comme un ton de reproche dans ta voix… »

« Pense ce que tu veux… A présent j'aimerais aller prendre une bonne douche et retrouver mon petit-ami, si tu n'y vois pas d'inconvénients. » fit Amelia en poursuivant son chemin.

« Ah oui… Monsieur Dex ? C'est ça ? » lança-t-il avec un petit rire équivoque.

Amélia stoppa net et se retourna en direction de son ex-mari.

« Ronon Dex, c'est ça… Bonne nuit Justin » fit-elle avant de s'éloigner d'un pas rapide.

Immobile au milieu du couloir, Justin Walter la regarda disparaitre derrière les portes du transporteur. Il avait un léger sourire au coin des lèvres.

Elle serrait sa tasse de thé chaud au creux de ses mains. Ses cheveux humides et détachés rafraichissaient son dos tandis que chaque gorgée de liquide brûlant lui procurait une douce sensation de réconfort. Par la petite fenêtre ouverte, elle admirait le reflet de la lune sur les dunes. Une petite brise venait caresser son visage et ses épaules nues. La voix d'Otis Redding résonnait en bruit de fond. Elle ferma les yeux et inspira lentement l'air du soir. Soudain, la brise laissa place aux doigts tièdes de Ronon.

« Je ne t'ai pas entendu entrer… » fit Amélia en déposant sa tasse de thé sur la commode.

Ronon passa à présent ses bras autour d'elle. Il sentait la cannelle et la menthe.

« Je reviens du mess…Une petite faim… » murmura-t-il en embrassant le cou de la jeune femme.

Pendant quelques minutes, ils restèrent enlacés à profiter du silence et du ciel étoilé.

« On n'a pas eu l'occasion de parler de ce qui s'est passé ce matin… » enchaîna Amélia, un peu mal à l'aise.

Sans un mot, Ronon resserra un peu plus son étreinte. La technicienne savoura le contact chaud de la paume du satédien sur sa propre main. Elle prit une profonde inspiration et se lança.

« Je ne savais pas qu'il devait venir sur Atlantis. Je ne savais même pas qu'il faisait partie du C.I.S. Quand nous avons divorcé il y a quatre ans, il faisait des études de droit… »

« Amy… ».

« Non… Laisse-moi continuer s'il te plait… » le coupa la jeune femme. « Voilà, je voulais juste que tu saches que je suis aussi surprise que vous tous concernant sa présence ici… Quand je t'ai parlé de mon mariage avec lui, je t'ai dit que ça n'avait pas vraiment été la plus belle période de ma vie – mis à part peut-être les deux premiers mois, et encore…- Bref, je lui ai dit que toi et moi étions ensemble à présent et je ne sais pas encore pourquoi il est là, mais… Je le connais bien, il faut se méfier de lui…»

« Amy… » Cette fois, ce fut autour de Ronon d'interrompre la technicienne.

Il l'invita à se retourner pour lui faire face. Il passa sa main sur la joue de la jeune femme et en dessina le contour.

« Le C.I.S l'a peut-être envoyé contrôler ce qui se passe ici mais j'ai l'impression qu'il a autre chose en tête… » ajouta-t-il.

Amélia afficha un air perplexe.

« J'ai vu sa façon de te regarder.».

La technicienne pouffa de rire avant de constater que Ronon n'avait pas l'air de plaisanter.

« Tu n'es pas sérieux. Il est… Nous deux c'est fini depuis longtemps ! Et on peut même se demander si ça a vraiment commencé un jour ! »

« Tu l'as quitté. »

« Il avait d'autres préoccupations que moi à l'époque. D'autres centres d'intérêts. En talons aiguilles. Si tu vois de quoi je parle. » répliqua la jeune femme avec véhémence. « C'est un crétin ! Et c'est toujours un crétin ! Et je vis ma vie à présent ! Je suis bien ici ! J'aime mon travail ! Et je t'aime toi ! Alors s'il veut… »

Amélia n'eut pas le temps d'achever sa phrase que Ronon avait posé ses lèvres sur les siennes pour la réduire au silence. Il l'embrassa langoureusement en l'attirant à lui. Les premières notes du piano résonnèrent doucement dans la chambre alors qu'ils se dirigeaient vers le lit. « Cut »* et sa mélodie mélancolique les accompagna quand Ronon s'allongea sur le corps frémissant d'Amélia.

« Je pars demain.» souffla Ronon entre deux baisers sur la peau brûlante de sa partenaire.

« Alors profitons de cette nuit.» répondit la jeune femme.

A présent débarrassés de leurs vêtements, leurs langues se mêlèrent avec douceur. Cannelle et menthe. Leurs peaux se goutèrent, toujours plus avides.

Sur sa peau à elle, un parfum sucré... Assis sur le lit, il la souleva soudain afin qu'elle se retrouve à califourchon sur ses cuisses. Les mains puissantes de Ronon caressèrent le dos de la jeune femme et descendirent jusqu'à ses fesses. Elle frissonna et fit glisser sa main sur le torse du satédien jusqu'à son bas-ventre. D'une main, elle l'introduisit en elle et une décharge électrique parcourut sa moelle épinière. Les yeux rivés aux prunelles vertes de Ronon, elle caressa du bout de sa langue les lèvres de l'ex-runner. Les mains agrippées sur ses hanches, Ronon commença à la faire aller et venir contre lui tandis que sa bouche s'attardait sur la courbe des seins d'Amélia. Elle s'accrocha à ses épaules, sentant le plaisir monter en elle, de plus en plus violent… Elle resserra l'étreinte autour du cou de Ronon et ferma les yeux alors que les bras puissants du satédien la maintenaient plaquée contre lui.

« Je t'aime… » murmura-t-elle contre sa bouche alors qu'ils basculaient tous les deux.