Chap 7 : Frictions…
Vaisseau spatial George S. Hammond
Ronon regardait défiler les milliers de faisceaux azuréens le long de la coque du Hammond, signe que le vaisseau était entré en hyperespace. Alors que tous étaient en effervescence dans la salle de contrôle, il avait préféré s'isoler dans une des pièces de repos disposant d'une énorme baie vitrée donnant sur l'immensité spatiale. Les yeux rivés sur la douce clarté du vortex, il entendit des pas qui ralentirent sur le seuil pour finalement s'arrêter derrière lui.
« C'est Sheppard qui vous envoie ? » demanda-t-il après quelques secondes de silence.
L'Athosienne posa délicatement une main sur son épaule.
« Je peux ? » fit-elle d'une voix douce.
D'un signe de tête, Ronon désigna la place à côté de lui sur le banc. Teyla s'assit et se mit à contempler le spectacle à son tour. Le ronronnement monotone du vaisseau les enveloppa. Doucement, Teyla finit par tourner la tête vers lui.
« Il s'inquiète un peu pour vous. Et je dois avouer que moi aussi. »
Ronon prit une grande inspiration avant de répondre sur un ton mécanique.
« Il n'y a pas à s'inquiéter. Ce sont des clones, rien de plus. Cette femme n'est pas Melena. »
Teyla ne savait pas trop si elle devait continuer sur ce terrain-là et patienta encore quelques instants avant de se lancer.
« Si, tout comme Carson, il s'avère qu'elle a encore tous ses souvenirs de Sateda… de sa vie là-bas avant…l'attaque… des souvenirs de votre vie… ». Elle préféra s'arrêter là.
Ronon fixait toujours le bleu lumineux. Pour l'instant, il ne voulait pas penser à tout ça. Il ne voulait pas se l'avouer, mais il était encore sous le choc.
Des clones… Ces humains n'étaient de des clones… Sa femme était morte dix ans plus tôt.
Alors devant ses yeux apparut le visage souriant d'Amélia.
Amélia….
« Quand ils se réveilleront, je suis sûre qu'ils auront les réponses à nos interrogations.» murmura Teyla.
Ronon demeurait désespérément immobile. L'Athosienne soupira.
« Le docteur Jones les garde encore endormis à l'infirmerie mais quand ils seront réveillés, il faudra peut-être que vous alliez les voir.» ajouta-t-elle. « Samantha Carter a aussi besoin de l'assentiment de Mr Woolsey pour les conduire sur Atlantis. A moins qu'ils ne restent au SGC.»
A ces mots, presqu'imperceptiblement, l'ex-runner tressaillit. La jeune femme perçut son trouble.
« Je ne crois pas que vous puissiez faire comme si de rien n'était, Ronon. Mais si vous avez besoin de parler à quelqu'un de tout ça… John et moi nous sommes là… »
Parler. Si seulement c'était facile pour lui. Pendant de longues années, seuls deux sentiments l'avaient maintenu en vie : la peur et la haine. La peur de tomber entre les mains des Wraiths alors qu'il était runner et la haine qu'il éprouvait envers eux pour avoir détruit sa planète, tué ses amis, tué la seule femme qu'il avait jamais aimé… Puis, sur Atlantis, ces sentiments s'étaient estompés pour laisser place à l'amitié, à la joie parfois, à la reconnaissance envers ces gens qui l'avaient accueilli et qui étaient devenus sa famille… Et puis, depuis peu, il y avait l'amour… Jamais il n'aurait cru retrouver un jour cette chaleur au fond de son ventre… Depuis huit mois, cette chaleur l'apaisait enfin. C'était grâce à elle… Amélia.
Des clones… Ce n'étaient que des clones…
Puis, laissant Ronon muré dans son silence, Teyla se leva lentement et quitta la pièce.
« Voilà, vous connaissez la situation Richard. La décision vous appartient. »
Sur l'écran géant de la salle de contrôle du Hammond, la communication avec Atlantis avait été établie. L'inquiétude se lisait sur le visage de Woolsey alors que Wilson, assis à ses côtés, semblait envahi par une excitation qu'il peinait à dissimuler.
« Colonel Carter » répliqua le dirigeant d'Atlantis, « Il me semble que vous avez un peu forcé cette décision en embarquant ces hommes et cette femme à votre bord sans me consulter avant ! »
« Richard… Vous voulez dire que vous auriez préféré que nous laissions ces gens aux mains des Wraiths ? »
Justin Wilson se permit un raclement de gorge qui en disait long, tandis que Woolsey jetait un œil dans sa direction.
« Bien sûr que non, cela va de soi… Mais il me semble que le risque est bien présent. Chacun d'entre vous a dû évidemment soupçonner un piège. Le fait même de la présence de cette femme, Melena, qui serait la compagne défunte de Ronon, est plus que douteuse. »
« En effet, nous y avons tous pensé.» murmura Sheppard.
« Ecoutez, nous sommes avertis.» fit Wilson en prenant le contrôle de la conversation. « J'ai convaincu le SGC d'accueillir ces personnes sur Atlantis le temps d'y voir plus clair... En ce moment, le général Landry a d'autres problèmes à régler et il nous fait entièrement confiance pour gérer cette situation. »
Richard Woolsey serra les poings.
« Je ne suis pas sûr… » commença-t-il.
« Richard, si ces gens ont côtoyé Mickael, ils risquent de nous être très utiles.» rétorqua Justin.
« Wilson, ils ont peut-être été ses cobayes mais souhaitez-vous qu'ils deviennent à présent les nôtres ? » s'échauffa Woolsey.
« Messieurs ! » coupa Sam.
Les deux hommes se turent et se toisèrent. Ce fut finalement Justin qui enchaîna en s'adressant à son voisin.
« Ecoutez Richard, le C.I.S a été très clair. Ils veulent que nous prenions dorénavant toutes les précautions nécessaires pour nous assurer que ces personnes ne seront pas un danger pour nous recherche d'éventuelles balises, scan… Mais il nous les faut sur Atlantis ! Maintenons-les sédatés jusqu'à ce que des examens complets soient réalisés sur le Hammond. Ensuite, nous verrons ici, avec eux, de quoi il en retourne. Ce que nous apprendrons pourrait se révéler capital pour nous ! Pensez aux autres bases de Mickael, à la génothérapie, à tout ce qu'il a peut-être mis au point pour anéantir les Wraiths, pensez aux hybrides !»
Woolsey soutint le regard déterminé de Wilson. Il avait horreur qu'on lui force la main et surtout qu'on lui dicte ce qu'il avait à faire. Ce jeune blanc-bec commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs. Amener ces clones sur Atlantis était risqué. Trop risqué à son goût…
« Pourquoi ne pas les conduire dans une de nos installations. Nous avons établi des camps provisoires sur des planètes inhabitées de la Voie Lactée . Ils pourront bénéficier là-bas de toute l'aide médicale nécessaire sans toutefois mettre en jeu l'intégrité de la cité.» proposa-t-il.
« Ce serait en effet plus prudent.» répliqua Samantha Carter.
Wilson perdit un peu de son flegme coutumier.
« Bon Woolsey, écoutez... Le C.I.S a pris sa décision. Ces quatre individus seront amenés ici. »
« Le C.I.S n'a pas… » s'emporta le dirigeant
« Le C.I.S a tous les droits Woolsey ! Et je vous rappelle que vous êtes sous leur autorité !» trancha Justin.
« Si je peux me permettre Mr Wilson… » attaqua John pour venir en aide à son supérieur.
« On ne vous demande pas votre avis Sheppard ! » le coupa presqu'instantanément le jeune bureaucrate.
Un silence pesant s'installa soudain. Dans la salle de contrôle du Hammond, personne ne pipa mot. Le militaire regarda tour à tour tous les membres de son équipe. Il ne s'était finalement pas trompé à propos de Wilson. Le masque était tombé. Woolsey avait apparemment du souci à se faire. Et eux aussi.
« Très bien… Conduisez-les ici. » lança le dirigeant d'Atlantis à l'adresse de Sam avant de se lever et de quitter son bureau.
Justin Wilson, jubilait. Il était à présent seul à faire face à l'équipage du Hammond. Soudain un petit rire résonna au fond de la salle de contrôle. Tous les yeux se braquèrent vers Larrin. Accoudée à une console, elle observait la scène d'un air détaché.
« Quoi ! » s'exclama-t-elle quand le regard de chacun se fit plus pesant. «Ils sont tellement drôles tous les deux à se chamailler pour savoir lequel sera le chef ! C'est pathétique ! Chez nous les Travelers, un bon duel au sabre et ce serait réglé !»
« Et vous, qu'est-ce que vous voulez au juste ? » lança Wilson sur un ton cassant.
Larrin se redressa et s'approcha de l'écran avec un air de défi. Elle se planta devant le visage furieux du membre du C.I.S.
« Je veux ce qui était convenu. La technologie du moteur à vortex ainsi que tout ce qu'à récupéré McKay. J'ose penser que vous êtes des hommes de parole sur Atlantis.»
« Bien sûr, nous sommes alliés. Vous aurez ce que nous vous avons promis. » rétorqua-t-il sans enthousiasme.
« Bien ! » fit Larrin en se retournant vers Sheppard. « Le temps de mon séjour sur Atlantis, j'espère que vous me réserverez une chambre confortable…et une agréable compagnie !»
Teyla lui lança un regard glacial.
« Si vous voulez de la compagnie, on vous installera à côté de Zelenka. Vous verrez, si vous n'arrivez pas à dormir, demandez-lui de vous expliquer sa théorie sur l'énergie sombre ou de vous réciter un poème en tchèque. C'est radical !» persifla Rodney, pour qui le fait de devoir céder aux Travelers un processus qu'il avait mis au point, lui restait encore en travers de la gorge.
Sheppard réprima un sourire. Larrin se retourna pour faire face à McKay.
« Ou peut-être que pour me détendre, je pourrais me balader dans la cité, trouver votre chambre et vous rendre une petite visite nocturne…» souffla-t-elle si près de son visage que le scientifique dut reculer d'un pas. « Manière de vous étouffer avec votre oreiller… » chuchota-t-elle à son oreille avant de lui tapoter la joue. « Bon, prévenez-moi quand on arrivera, je vais aller faire un petit somme ! Messieurs… » salua-t-elle avant de s'éclipser sous les yeux médusés de l'assistance.
« Cette femme est malade ! » s'exclama Rodney en jetant un regard implorant vers John.
« Comme si en plus on avait besoin de ça !» soupira Sheppard.
Cité d'Atlantis- 2 jours plus tard-
« Je ne peux pas les maintenir endormis plus longtemps » lança Jennifer. «Ils ont été entièrement scannés. Rien d'anormal. La femme portait un petit pendentif avec quelques inscriptions dessus mais rien qui ne présente un quelconque danger. Aucune balise subspatiale qui permettrait de nous localiser, aucun problème physique.»
« Mais ce sont bien des clones.» fit Woolsey.
« Effectivement. » répliqua la jeune femme.
L'équipe au complet avait rejoint la cité quelques heures auparavant. Les occupants du caisson avaient été conduits à l'infirmerie de la cité et placés sous bonne garde tandis que le docteur Keller avait réalisé sur eux des examens complémentaires. Profitant d'une absence inespérée de Wilson, l'équipe de Sheppard et Richard Woolsey étaient en grande discussion dans « l'aquarium », petite pièce vitrée en hauteur et donnant sur la salle médicalisée où reposaient les clones. Jennifer Keller leur exposait ses premières conclusions. Hélas pour eux, ils n'avaient pas pu se débarrasser de Larrin qui suivait Sheppard comme son ombre.
« Présentent-ils la même défaillance que Carson au début? » demanda John.
« Etrangement non. Comme si le problème avait été supprimé. Ces clones-là ne dégénèrent pas. »
« Mis à part la jeune femme, peut-on savoir si les autres sont aussi de Sateda ? » fit Woolsey.
« Ils sembleraient qu'ils le soient… » ajouta Jennifer.
Tous la regardèrent avec des yeux étonnés. La doctoresse tourna à son tour la tête vers l'ex-runner.
« J'ai trouvé dans leur ADN un gène caractéristique du peuple satédien. Ce qui veut dire… »
Jennifer soupira.
« Poursuivez docteur… » l'encouragea le dirigeant.
« …Que celui qui a crée ces clones est allé sur Sateda et a récupéré l'ADN originel de ces personnes : des cheveux, peut-être des os… » fit-elle, un peu mal à l'aise d'employer ses derniers mots devant Ronon.
Ce dernier gardait la tête baissé. Ses amis ne pouvaient s'empêcher de lui jeter des regards à la fois compatissants ou inquiets. Et il avait horreur de ça. Il aurait voulu se lever et partir mais il avait besoin de savoir.
« Soyons réalistes » lança soudain la voix de Larrin « Ce Mickael avait quelque chose en tête en les cré -être des espions… »
« Mickael est mort à présent » trancha la voix de Teyla.
« C'est vrai. Alors si ces clo…euh…gens avaient pour mission de nous espionner ou je ne sais quoi, à qui iraient-ils faire leur rapport à présent ? » enchaîna Rodney.
Le mystère demeurait entier.
« Moi, ce que je me demande c'est comment il a pu être au courant pour Melena ? » demanda Sheppard. « Vous ne lui avez jamais raconté votre vie que je sache ! Vous avez plutôt passé votre temps à lui taper dessus.» lança-t-il à Ronon.
Le Satédien leva les yeux vers lui.
« Il a dû sonder mon esprit. »
« Quand ça ? » fit le militaire.
« Quand il a attaqué la cité et voulu enlever Teyla et Torren. Je suis passé par-dessus la balustrade de la salle de la porte. J'étais inconscient. Qui sait ce qu'il a pu me faire pendant ce temps-là…»
« Moi, à sa place, j'en aurais profité pour vous achever !» ajouta Larrin en tapotant sur la table avec ses ongles.
Ronon lui jeta un regard assassin qu'elle accueillit avec un grand sourire narquois.
Quelle garce celle-là ! pensèrent en cœur une bonne partie des membres de l'équipe présents.
« Je ne vois que ça. » enchaîna l'ex-runner.
Pendant encore près d'une heure les interrogations fusèrent. Comment fallait-il les traiter ? Hors de question de les laisser arpenter librement les couloirs d'Atlantis. Le temps de leur séjour à l'infirmerie, ils seraient affublés d'un garde armé. Puis on les interrogerait à tour de rôle avant de décider de leur sort. Ronon fit part de son désir de ne pas se montrer à eux pour l'instant. Tous sortirent finalement de la salle à l'exception de Woolsey et de John. Le dirigeant n'arrivait plus à cacher son air abattu.
« Si vous m'autorisez à vous donner un conseil, à l'avenir, ne laissez plus jamais tomber devant Wilson comme vous l'avez fait ce matin dans votre bureau.»
Woolsey leva les yeux vers le militaire.
« Vous savez Sheppard, je ne suis pas d'un naturel violent… » commença le dirigeant.
Le militaire le gratifia d'un sourire complice.
« … mais tout à l'heure, dans ce bureau, face à cet espèce de sale arrogant, j'ai eu soudain une vision bien nette de stylo à bille planté entre les deux yeux. Alors, comme je suis censé être diplomate et afin que mon rêve ne devienne pas réalité, tout à l'heure, j'ai préféré « laisser tomber » comme vous ne vous en faites pas Sheppard. Ce n'est que partie remise.»
Le militaire hocha la tête en signe de soutien et se dirigea vers la sortie. Puis, arrivé sur le seuil, il se retourna ver son supérieur.
« Entre les deux yeux, hein ? » lança-t-il sur un ton ironique avant de quitter la salle.
Amélia était assise sur le lit, les mains jointes, le visage fermé. Ronon était installé sur une chaise, en face d'elle. Il scrutait avec anxiété la moindre de ses réactions. Mais bizarrement, la jeune femme n'en avait aucune. Elle restait immobile, les yeux perdus dans le vide.
« Amy ? » s'aventura le Satédien.
« Oh. » fit-elle enfin.
Silence. Encore.
« Oh ».Voilà.C'est tout ce qu'elle était capable de répondre pour l'instant. Il faut dire que ce que venait de lui apprendre Ronon avait eu sur elle l'effet d'une bombe. Voilà huit mois qu'elle sortait avec cet homme qu'elle pensait veuf, et voilà que sa femme décédée réapparaissait subitement, ici, sur Atlantis, sous l'apparence d'un clone. A l'annonce de la nouvelle, elle était passé par toute une série de sentiments différents : l'incompréhension tout d'abord, puis la stupéfaction et à présent une légère sensation de panique… La panique… Elle regardait à présent le visage de Ronon et elle pouvait y lire exactement la même chose…De la panique…
Et c'est à ce moment précis qu'elle s'en rendit compte. Elle comprit à quel point elle en avait besoin à présent. Besoin de ces trois mots tout simples. Trois mots qu'elle attendait depuis presque le premier jour où elle avait posé ses lèvres sur les siennes. Trois mots qu'il tardait à lui dire… Et là encore, alors que ces trois mots auraient été les seuls à pouvoir briser ce flot d'angoisse qui venait la submerger, elle ne les entendit pas.
« C'est un clone Amy. Ce n'est pas réellement elle. »
Mais si c'était elle. Techniquement, c'était elle. Physiquement, c'était elle.
Amélia fixa Ronon droit dans les yeux. Le Satédien se mit à caresser sa joue. Il était perdu. Elle le voyait bien. Elle comprenait. Et pour l'instant, elle aussi ne savait pas trop comment réagir.
« Ronon, je suis désolée… » finit-elle par dire en se levant « Je crois qu'il me faut du temps pour digérer la nouvelle.»
Le Satédien se leva à son tour et fit deux pas vers elle.
Trois mots…
Ronon lui prit la main et se pencha pour l'embrasser.
Juste trois mots…
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Amélia tenta de se recomposer un visage serein avec difficulté.
« D'après ce que tu m'as dit, on ne sait rien pour l'instant. Attendons de voir comment les choses vont évoluer.» fit-elle en s'écartant, dégageant doucement ses doigts de la main de Ronon.
Puis la technicienne se dirigea vers la porte.
« J'ai du travail à finir » fit-elle d'une voix tremblante. « On se voit tout à l'heure ».
La porte se referma derrière elle.
Ronon resta quelques instants debout, seul au milieu de la pièce. Il sentait la frustation monter inexorablement. Soudain, il saisit la chaise et la projeta de toutes ses forces contre la cloison face à lui.
A ce moment là, alors qu'il tentait de calmer sa respiration, les poings serrés, une voix résonna dans son oreillette. La voix de Jennifer.
/« A toute l'équipe du colonel Sheppard… Pouvez-vous venir sans tarder dans l'aquarium… Ils se réveillent… »/
Ronon sortit en trombe de la chambre.
