Voilà, la suite. J'ai un petit blocage pour le chapitre suivant qui est genre très très délicat à écrire et je ne veux surtout pas le rater parce qu'il est aussi très très important. D'ailleurs à partir de maintenant on va rentrer dans du lourd. Enfin, par du lourd au sens "angst" hein, du lourd au sens "Mazette toutes les résolutions aux problèmes et de nouveaux problèmes à cause des résolutions!" ou un truc comme ça. Je me comprends. Bref. J'espère que ça vous plait toujours. A bientôt!


Chapitre 14

Quand Casey ouvrit la porte, il tomba sur un David Karofsky à l'air misérable avec deux pizzas dans les mains.

- Dis-moi que t'as pas mangé ?

- J'ai pas mangé soupira-t-il en lui laissant le passage. Alors. Qu'est ce que t'as ?

- Tu connais bien les serveurs du bar ou tu nous as emmenés l'autre fois ? Demanda l'adolescent en posant les pizzas sur le comptoir de la cuisine.

- Plus ou moins…

Il resta planté là, son sac d'étudiant sur l'épaule à se tordre les doigts en regardant le sol. Avant de reprendre en soupirant :

- Jeff, tu vois lequel c'est ?

- Heu ouais je crois… Attends. Tu as… vous avez… ?

- Nan.

- Ah.

Casey croisa les bras sur sa poitrine et reporta son poids sur l'autre jambe. Son jogging tombait sur ses hanches, remarqua Dave. Il inspira et dit rapidement :

- J'y suis retourné hier, on a sympathisé, je me suis bourré la gueule, il m'a ramené chez lui et fais dormir dans son pieu pour pas que je me fasse choper par les flics.

- Ah.

- Il a dormit aussi.

- Oui je me doute.

- Je veux dire… Contre moi.

L'homme haussa légèrement les sourcils et eut un sourire amusé. Quelque chose dans son regard brilla et Dave essaya de me pas interpréter ça comme la confirmation qu'il était définitivement passé de l'autre côté de la barrière.

- Et comment c'était ?

- C'était bien. Enfin pas désagréable. De… d'être avec… quelqu'un.

Casey s'assit sur une chaise en face de lui et le regarda longuement.

- Alors dans ce cas qu'est ce que c'est le problème ?

Le pauvre était muet. Avec un visage désespéré il haussa les épaules, écarta les bras, les laissa retomber et fini par secouer la tête.

- Bon. J'ai rien à faire. Tu veux regarder un film ?

Il accepta. Ils passèrent la soirée comme ça, en regardant un truc donc David ne se souvint même pas du titre et en dégommant les pizzas. Il finit par s'endormir appuyé contre le mur, en tailleur, les bras croisé sur sa poitrine.

- Dave, le réveilla Casey, Dave, ouvre les yeux. Tu devrais rentrer chez tes parents.

- Ouais, croassa-t-il. Merci. Pour m'avoir accueillit et tout.

Ils se levèrent et Casey le raccompagna à la porte.

- De rien, t'as amené les pizzas. Et je suis pas sûr t'avoir pu faire grand-chose pour toi.

- Si… Si. Tu rends tout ça… normal.

- C'est parce que c'est normal.

- Pas pour moi. Pas dans mon monde.

Il lui fit un pauvre sourire auquel Casey répondit par une moue désolée et lui tapota l'épaule. Dave partit, les mains dans les poches et la tête basse.

oOo

Un peu plus tard, Kurt se dit que les choses évoluaient d'une drôle façon parfois. Et qu'en l'occurrence, le changement était spectaculaire et assez remarquable pour qu'il soit très fier d'y avoir assisté.

Pour reprendre les choses là où elles avaient commencé il était sorti relativement tard de Dalton, parce qu'il avait travaillé longtemps à la bibliothèque. Blaine était partit un peu plus tôt pour accueillir ses grands parents en visite. Il pensait que comme les autres soirs, il prendrait sa voiture, rentrerait chez lui, mangerait avec sa famille, ferait son rituel du soir et peut être irait se coucher. Quelque chose comme ça.

Mais garé tout près parmi les quatre-cinq dernières voitures encore sur le parking, l'une d'elle à l'habitacle éclairé gardait sur le siège du conducteur David Karofsky. Kurt se doutait qu'il n'était pas là pour une inscription tardive et toqua sur le pare-brise.

- Salut, dit il quand il baissa la fenêtre. Tu m'attendais ?

- Oui.

- D'accord. Je peux t'aider ?

- Aucune idée. Mais j'aimerais bien qu'on essaye en tout cas. Tu veux bien monter ?

Kurt fit la moue et hésita un peu.

- Je vais pas te kidnapper. Promis.

- T'as des preuves ? Répondit Kurt en haussant un sourcil, plus pour la forme que parce qu'il était réellement inquiet pour sa sécurité.

- Je serais le premier suspect si c'était le cas. Et j'aurais du mal à draguer ton protecteur si je te faisais du mal, ajouta-t-il avec une petit sourire devant son air peut convaincu.

Kurt hocha la tête et monta dans la voiture.

- On t'a dis que tu ferais une tafiole sympathique si tu t'assumais ? S'amusa-t-il.

- Arrête, tu vas me faire rougir, répondit l'autre en démarrant.

oOo

Dave avait regardé ses chaussures, lui avait demandé si elles étaient neuves et s'il y tenait beaucoup.

- Je tiens beaucoup à quasiment toutes mes fringues mais celles là sont loin d'être neuves. Pourquoi, tu veux refaire ta garde robe ?

- Nope. Je voulais te proposer d'aller marcher un peu au parc et je tenais pas à ce que tu râles parce que t'as mis de la terre sur tes godasses où que t'as mal aux pieds.

Kurt le considéra un instant.

- Santana à raison. T'es un type prévoyant.

- Parce que tu parles de moi avec elle ?

-T'as été le sujet de conversation de pas mal de monde tu sais, et assez régulièrement en plus.

Il eu une sorte de ricanement un peu amer mais n'ajouta rien.

- On peut aller au parc, finit par dire son compagnon de route. Mes chaussures et moi supporteront un peu de terre.

oOo

Le parc en question était plus un immense jardin public qu'autre chose. Divisé en « quartiers » réservés à des animaux, des plantes plus ou moins rares et exotiques et ainsi de suite, Dave avait dans l'idée qu'ils pourraient se promener dans la partie publique à toute heure, dévolues aux serres et au petits commerces. L'avantage du lieu était d'être à la fois chaleureux et animé dans les échoppes et les restaurants et en même temps, paisible et joliment éclairé dans les serres.

Le parc faisait régulièrement l'objet de sorties scolaires et tous les enfants de la région avaient eut l'occasion de le visiter au moins une ou deux fois. Dans le cas de Kurt, il y était allé il y a longtemps de cela mais, du fait qu'il était à l'extérieur de la ville, n'y était jamais retourné.

- Pourquoi ici ? S'étonna-t-il.

- Parce que c'est discret, agréable, loin de Lima et des rencontres que ni toi ni moi ne voulons faire et parce que je viens souvent ici.

- Ah bon ?

- Oui. C'était notre sortie dominicale préférée avec ma famille quand j'étais plus petit et dès que j'ai eu une voiture, j'ai pu venir courir et traîner ici les après midis. J'ai révisé la plupart de mes examens dans ce parc.

Ils marchèrent à un rythme lent et confortable, jusqu'à ce que Kurt rompe le silence.

- Tu voulais qu'on discute ? J'ai une vague idée du sujet mais il faudrait que tu m'éclaire quand même un peu.

- Disons que j'ai pris de bonnes résolutions.

- Te revendiquer ? Hasarda Kurt avec un sourire.

- Pas tout à fait.

- Explique-toi, alors.

- J'essaye de « normaliser » tout ça.

- Qu'est ce que tu veux dire ?

- Ben… Appelle ça de la lâcheté si tu veux mais je suis pas près à revendiquer quoique ce soit dans le climat pourrit actuel- auquel j'ai largement participé, je sais. Déjà j'en ai pas le courage et d'autre part, je trouve ça un peu facile de… comment dire… de passer du stade homophobe radical à soudain « défenseur de l'égalité » sous prétexte que je suis moi-même… enfin que j'y ai un intérêt.

- Mh. Et donc ?

- Et donc, pour commencer je voudrais… Rendre ça… normal.

- … Normal, répéta-t-il d'un air dubitatif.

- Oui. Et ça commence par des excuses en bonne et due forme. Alors…

Il s'arrêta, se tourna vers lui et s'obligea à le regarder dans les yeux.

- Kurt Hummel, j'ai été un type épouvantable avec toi. Profondément stupide, raciste, injurieux, violent et dangereux. Si ça n'avait eu d'impacte que sur moi, ça aurait déjà été grave mais j'ai influé dramatiquement sur ta vie et sur ton intégrité au point que tu as du fuir, loin de tes amis et de la vie que tu avais pour te protéger. Et je suis… je suis… Je m'en veux terriblement. Je… je t'ai fais du mal, beaucoup trop de mal et je n'ai aucune excuse et je suis tellement désolé je… Je te demande pardon. Et je vais faire des efforts pour te prouver et pour me prouver à par la même occasion que je vaux mieux que ça. Parce que… Parce que je n'étais pas quelqu'un de violent avant. Je n'étais pas ça. Je ne veux pas me chercher d'excuse pour ce que j'ai fais, trouver de raisons sur le pourquoi, seulement… Seulement prouver que je peux faire des choses bien, aussi. Je veux que les choses changent, au moins un peu. Je veux que la situation s'améliore que tu ais moins à craindre que… que tu ais la possibilité, si tu le désire, de revenir à McKinley sereinement. Je ne pourrais sûrement pas changer les mentalités en quelques jours, ni en quelques semaines. Mais je pourrais peut être agir suffisamment sur les gens pour que les choses se calmes. Un peu.

Il avait dit ça si franchement, si clairement, avec tellement de volonté que Kurt y croyait. Et les dernières réticentes avaient disparues. Si la douleur du traitement qu'il avait reçu ne l'avait pas encore totalement quitté, s'il restait malgré tout un peu méfiant, s'il estimait que David lui devait encore quelque chose, il ne put s'empêcher de croire sincèrement ce qu'il disait. Il voulait y croire, comme il avait voulu croire en la bonne volonté de Casey. Ne sachant que dire, il posa la main sur son bras, juste au dessus du coude.

- T'es en train de te mettre une sacrée pression, non ?

- C'est le minimum que je puisse faire. Appel ça des travaux d'intérêt général, dit il avec un tout petit sourire.

- C'est une option… Je suis curieux de voir ce que tu comptes faire.

- J'ai… peut être une idée… mais je voudrais la mettre un peu plus en forme avant d'en parler à qui que ce soit.

- D'accord…

Ils débouchèrent dans une des serres, presque déserte et observèrent le spectacle en silence. Le temps était clair, l'air tiède, la pénombre de la nuit presque tombée percée par les quelques lumières bleutées disséminées entre les plantes. Un petit chemin de terre blanche luisait et le silence était froissé par des cris d'oiseaux et les mouvements d'écureuils dans les arbres.

Kurt se rappela combien il avait aimé ce parc.

- Est-ce que je peux te demandé ce qui t'as convaincu de prendre ces bonnes résolutions ?

Il hésita un peu puis finit par dire en enfonçant les mains dans ses poches.

- J'ai rencontré quelqu'un.

- Casey ? Demanda Kurt en haussant légèrement les sourcils.

- Non. Enfin si mais pas seulement.

Il semblait ne pas vouloir en dire plus mais Kurt eu un sourire malicieux et dévia légèrement de sa trajectoire pour lui donner un coup de coude.

- N'essaye pas de te débiner Karofsky. J'estime que tu m'es encore sacrément redevable et je vais pas te lâcher jusqu'à ce que j'ai obtenu entière satisfaction.

Dave fit une grimace à travers laquelle pointait un petit sourire mal retenu.

- Un type, le type du bar. Celui qui… ah non tu n'étais plus là. Il m'a offert un verre.

- Et tu l'as accepté ?

- Disons qu'il me l'a offert plus par pitié que par envie de me draguer.

Dave prit son temps pour raconter ce qui s'était passé entre Jeff et lui. Kurt l'avait écouté patiemment, intéressé, et David du reconnaitre que c'était agréable de se confier à lui. A la fin de son récit, Dave se tu et Kurt le regardait avec une expression entre la bienveillance et l'amusement.

- Eh ben. Quel revirement. Qu'est ce que tu comptes faire ?

- Aucune idée, soupira-t-il. Je vais sans doute laisser les choses se faire, prendre ce qu'i prendre en essayant de ne pas penser aux conséquences - je suis très doué à ça- jusqu'à ce qu'il se lasse.

- C'est triste, se contenta de dire Kurt.

- Peut-être. Mais pour l'instant c'est la seule solution qui ménage mes nerfs et fasse un compromis équitable entre mes désirs et mes angoisses.

Ils maintinrent un long silence pendant lequel Kurt mourrait d'envie de poser la question qui le taraudait depuis si longtemps.

- Tes parents prendraient si mal que ça le fait que tu sois gay ? dit en craquant enfin.

L'autre réfléchit un moment avant de répondre.

- Je crois qu'ils pourraient encaisser assez bien de me savoir préférer les hommes, dit-il lentement. Après tout ils sont assez tolérants sur le sujet même s'ils ont du mal à comprendre ce qu'on peut bien aimer là dedans. Je crois qu'ils vivraient beaucoup plus mal l'impacte que ça aurait sur ma vie sociale ou sur la leur. Je crois qu'ils passeraient leur vie à se demander si je ne suis pas en train d'agoniser dans un caniveau, ou si je n'ai pas attraper une horrible maladie mortelle. Pour le reste… ils sont assez forts pour gérer le reste de la famille –bien que je ne connaisse pas de gens profondément opposés à ça mais… Tu sais… C'est quand même mieux si ça arrive aux autres. Je suppose qu'ils pourraient éviter de nous adresser la parole par la suite. Parce que, sait-on jamais, ça pourrait être contagieux. Et qu'on n'est pas comme ça chez nous.

Kurt hocha la tête.

- Les gens sont relativement pareils chez moi. Enfin, ils sont plus souples peut être, surtout parce que mon père joue un remake de Hulk à chaque fois qu'on dit un mot de travers à mon sujet –et je vois à la tête que tu fais que tu t'en souviens- mais dans l'ensemble c'est plus… Enfin c'est rangé sur l'étagère des malformations congénitales ou physiques quoi.

- Ouais. Voilà.

Ils laissèrent encore le temps s'écouler, tranquillement, flânant entre les bosquets de fleurs closes. Kurt se fit la réflexion qu'ici, le silence avait presque une matière et cela lui rappela une conversation qu'il avait eut un peu auparavant.

- Ce n'était pas toi qui avais dit à Finn que le silence aussi était une musique ? Demanda-t-il en connaissant parfaitement la réponse.

- Si, répondit l'autre surprit. Il t'en a parlé ?

- Oui, le soir même. Et j'en ai moi-même discuté avec Blaine. On a trouvé ta théorie très intéressante.

- Ah…

- Tu sais… J'ai discuté avec Casey et… tu es au courant pour son restaurant ?

- Heu oui, il va ouvrir bientôt, murmura confusément Dave, ne sachant ou cela allait les mener.

- Oui. Il a demandé aux Warblers, via notre intermédiaire, de bien vouloir donner un concert ce soir là. Le sujet est encore en délibération puis qu'il faut que Blaine et moi présentions une liste de chansons approuvées par Casey que les autres Warblers doivent accepter eux aussi, mais je suis certain que ce n'est qu'une formalité.

- Heu… D'accord…

- Je me demandais si tu avais des idées qui suivent ta logique ?

- Oh ! Heu… franchement non. C'est un avis que j'ai mais je n'ai jamais retenu de chanson qui me serve d'exemple.

- Dommage…

Oui dommage. Ils n'en dirent pas plus, résolvant tacitement de garder l'idée dans un coin de leur tête pour en reparler plus tard. La promenade s'acheva, David ramena Kurt à sa voiture.

- Merci, de m'avoir écouté, dit-il.

- Je t'en pris. Je ne sais pas ce qui t'as fais changer, de ta rencontre avec Casey ou celle avec Jeff mais je ne te cache pas que le type que tu es en train de devenir –ou que tu étais déjà et que tu as décidé de laisser sortir- est un type… bien. Sympathique même.

David accusa silencieusement le compliment, visiblement plus touché que Kurt ne l'aurait supposé.

- J'ai bien peur que ce soit ma rencontre avec toi qui ait été la source des premiers changements. Même si ça c'est mal passé.

- D'après ce que je peux voir, tu t'améliores.

De nouveau, Kurt eu ce sourire, moitié bienveillant moitié amusé, et se pencha dans la voiture en secouant la tête. Attrapant le téléphone de David sur le siège arrière, il pianota quelques secondes avant de lui rendre.

- j'ai du mal à croire que je viens de faire ça, mais tiens, j'ai mis mon numéro dans ton répertoire. A l'occasion, si tu as besoin… Je sais pas, de discuter ou autre chose, appelle moi. Et…, ajouta-t-il en lui attrapant le poignet, pour tes parents… Je n'ai vu que ton père et pas très longtemps. Mais pour ce que j'en ai vu c'est un bon père qui t'aime vraiment. Tu es celui qui le connait le mieux et si tu dis qu'il accepterait alors je suis sûr que c'est vrai. Et… Enfin… un jour, il faudra que tu en parles avec lui et avec ta mère. Ne serait-ce que par le secret finira par t'épuiser et qu'il sera découvert d'une mauvaise façon. Tu as encore la possibilité de faire les choses bien. Profites-en.

Le garçon acquiesça avec un drôle de visage, douloureux et ému puis ils se séparèrent. Il attendit que Kurt monte dans sa voiture et partit.


S'ils sont pas mignons ces deux là.

C'est curieux, j'ai commencé à écrire cette fic depuis que j'ai vu la saison deux, soit bien avant que la saison trois ne sorte avec tous ses rebondissements. J'ai tout de suite su les grandes lignes de l'histoire et je me suis aperçue en regardant la saison 3 que j'abordais les mêmes sujets que la série sous un angle complètement différent. La sortie dans un bar, la rencontre avec un séducteur, la façon dont David gère ses préférences et ses relations avec sa famille... La seule différence est que je ne m'intéresse qu'à Kurt, Blaine et lui (et Satana dans une moindre mesure. D'ailleurs, ça vous plairait que je développe un peu sur elle ?) ... Je devrais peut être leur proposer un CV ? XD