Merci à Fuon pour sa review en invité (le concerné se reconnaitra ! ^^) et à Flash Unique ! Bon allez ! Zou pour le quatrième chapitre ! N'hésitez pas à laisser des reviews ! J'ai vraiment besoin de savoir ce que vous pensez de mon histoire et c'est stimulant pour un écrivain d'avoir l'avis des autres concernant son travail ! Merci sinon aux lecteurs ! ^^
En terrain inconnu
J'ai rouvert brusquement les yeux, ébahie autant que terrifiée.
Des tentacules noirs étaient soudainement pris dans une épaisse gangue de glace étincelante. Certains rescapés ont reculé devant une menace que je n'arrivais pas à discerner de ma position, tandis que de la neige se mettait à tomber au dessus de moi.
Dans ma chambre !
Enfin bon, j'avais déjà le monstre cauchemardesque qui était sorti de l'armoire, alors pourquoi pas la neige dans ma chambre, maintenant ?
L'emprise de l'obscurité sur moi avait faibli, aussi ai-je réussi à me retourner sur le ventre et à ramper plus loin de l'armoire, essayant de retrouver la porte de ma chambre dans tout ce chaos. Malgré la menace que cette étrange glace faisait peser sur eux, les tentacules se défendaient furieusement, sifflant et claquant dans l'air comme des fouets infernaux. En voyant un spécimen particulièrement gros fondre sur moi, je me suis protégée la tête sous les bras en la rentrant dans mes épaules et j'ai senti un souffle d'air froid ébouriffer mes cheveux.
Mais les ténèbres n'avaient visiblement pas l'air d'en avoir fini avec moi. J'ai lâché un cri de surprise et de terreur lorsque je me suis sentie de nouveau trainée en arrière par quelque chose enroulé autour de ma cheville, ce qui a eu pour conséquence de me faire heurter le sol du menton. Ignorant la douleur, griffant le sol de mes doigts et le cœur au bord des lèvres, j'ai entraperçu de nouveau l'armoire qui m'attendait toujours et semblait se rapprocher, prête à m'engloutir…
Puis quelque chose d'autre a claqué autour de mon poignet, ce qui m'a de nouveau fait crier en tournant la tête.
Encore du sable.
Sauf que celui là était doré.
Et je me suis retrouvée à être écartelée, par du sable noir agrippé à ma cheville comme un chien à son os d'un coté, et du sable or collé à ma peau tel de la glue extraforte à mon poignet de l'autre. J'ai grimacé de douleur en serrant les dents, tendant tous mes muscles en avant pour supporter le fouet doré, qui semblait sortir de nulle part dans la tourmente de noirceur. A tout prendre, je préférais que ce soit celui là qui gagne le duel de force, même si j'espérais ne pas finir démembrée…
Pourtant, j'ai senti avec horreur que d'autres tentacules noirs s'attaquaient également à moi en s'accrochant à mes jambes. Le sable doré a commencé à perdre du terrain, je le voyais s'effilocher peu à peu tandis que mon corps reculait vers l'armoire infernale.
- « Non, non, non, non… ! »
Dans un craquement cristallin et une seconde lumière éblouissante, une gigantesque onde de glace s'est alors propagée sur ma gauche en courant sur le sable noir pour le figer malgré sa résistance. En l'espace d'un instant, des tentacules massifs et des nuages de fumée obscure se sont retrouvés à l'état de sculptures gelées, dans des postures sauvages et féroces. Le froid que j'ai senti d'un coup autour de mes jambes étouffées par les ténèbres n'a jamais été aussi agréable.
Mais j'avais oublié un détail.
Comme plus rien ne me tirait en arrière, la force qui m'entraînait en avant s'est retrouvée sans contrepoids. J'ai à nouveau crié de surprise lorsqu'un mur de glace noire s'est soudainement dressé devant moi et j'ai à peine eu le temps de fermer les yeux avant que le choc entre la masse et mon corps ne se fasse… plutôt brutalement.
Percluse de douleurs, je me suis retrouvée quasiment étalée sur un petit personnage tout en rondeurs, au visage intelligent et bon, dont les cheveux étaient curieusement coiffés. Il avait l'air entièrement vêtu… de sable.
Doré.
C'était lui qui m'avait sauvé.
Je devais avoir un air particulièrement ahuri, parce qu'il m'a souri avec douceur avant de me faire signe de ses petits bras de me pousser. Je me suis laissée tomber sur le coté, trop choquée pour dire quoi que ce soit, ou même essuyer le sang qui coulait des coupures sur mon visage, me contentant de le regarder se lever avec vivacité pour fixer quelque chose dans mon dos.
Lorsque je me suis retournée à mon tour, j'ai étouffé une exclamation.
La glace qui m'avait sauvé la mise recouvrait à présent une masse imposante d'une couleur bleutée, noire veinée de blanc. Hérissée de piques et de formes aux contours durs, elle englobait une partie du mur du fond de ma chambre, l'armoire de mon arrière grand-mère et un bon quart de mon lit recouvert de poussière noirâtre. Elle luisait sous les lumières désormais stables de la pièce de manière sinistre.
La chose qui m'a le plus frappé par la suite, c'était le silence. Jusqu'alors, mon univers paraissait s'être restreint à un vent hurlant sous les ténèbres que cette chose désormais prisonnière du froid avait été, le fracas produit par ses gestes violents et la peur terrible qui me faisait encore trembler comme une feuille. Désormais, plus rien ne meublait l'espace, l'air même, et la chambre me paraissait… vide.
Un mouvement sur le coté m'a fait sursauter, cherchant instinctivement le petit bonhomme à la mine sympathique qui m'avait aidé. Il était juste à coté de moi, et je me suis rapprochée de lui en glissant sur mes fesses.
Mais ce n'était rien d'aussi effrayant que ce à quoi je venais d'échapper.
Le garçon devait avoir quelques années à peine de plus que moi. La peau pale, il avait des cheveux blancs comme la neige qui lui tombaient dans les yeux, d'une couleur bleu roi. Vêtu d'un pull à capuche recouvert de ce que j'ai d'abord pris pour des motifs incrustés dans le tissu avant de me rendre compte que c'était vraiment du givre, et d'un pantalon brun resserré aux mollets par des cordons de cuir, il allait pieds nus et serrait dans sa main, comme si c'était une extension de son bras, un long bâton givré dont le bout était tordu en forme de faucille.
Son visage était de ceux qu'on qualifierait volontiers de souriant, sauf que ce n'était pas le cas en ce moment. Ses sourcils froncés formaient une barre au dessus de ses yeux et il donnait des coups réguliers à la masse de glace du bout de son bâton.
Et comment ne pas réagir lorsqu'on s'aperçoit que des corolles de givre apparaissent là ou le bois touche quelque chose ?
Lorsque le garçon s'est approché de nous, je me suis faite toute petite en me recroquevillant sur place, cherchant à être n'importe où ailleurs qu'ici.
- « Tu vois, Sab ? Je vous avais dis que quelque chose clochait ici ! Il faut voir le résultat, maintenant ! »
Le dénommé Sab a froncé les sourcils, mais n'a rien dit, bien que sa bouche se soit ouverte. A la place, des images sont apparues au dessus de sa tête, trop rapidement pour que je comprenne quoi que ce soit, si ne n'est qu'elles étaient faites de sable et que je commençais à avoir mal aux yeux à force de les écarquiller à ce point.
« Ah non ! Ne me fais pas la morale sur ce point ! », a protesté le mystérieux garçon qui contrôlait la glace, « Bunny n'avait qu'à pas se ficher de moi lorsque j'ai émis cette hypothèse ! »
Nouvelles images de sable, qui disparaissaient et apparaissaient à la même vitesse que lorsque quelqu'un utilise des arguments pour enguirlander une autre personne. Je me contentais de cligner des yeux et de les regarder tous les deux comme si c'était parfaitement normal, mais en réalité, je crois bien que je m'étais déconnectée. Je n'analysais plus rien.
- « Mais puisque je te dis que oui ! »
Le petit bonhomme de sable m'a d'un coup montré du doigt. Le garçon a alors paru se rappeler que j'étais là et s'est aussitôt accroupi devant moi, recevant de ma part un regard apeuré.
- « Hey… Ca va ? »
Je n'ai pu que hocher la tête. Je ne me rappelle pas si c'était pour dire oui, ou non, mais je me suis crispée lorsqu'il a posé une main qui se voulait sans doute rassurante sur mon épaule.
- « Ne t'inquiète pas, c'est fini maintenant », m'a-t-il dit, « Tu n'as rien à craindre de nous, on ne te fera rien. »
J'aurais tellement voulu le croire, mais après ce que je venais de vivre… J'avais la gorge si sèche que ce qui est sorti de mes lèvres n'a été qu'un croassement rauque quasi inaudible :
- « Lau… Laura… ? »
Sab et le garçon ont échangé un regard que je n'ai pas pu déchiffrer.
- « … Elle… », ai-je continué avant d'abandonner.
J'ai entrevu Sab créer de nouvelles images au dessus de sa tête, toutes aussi rapides qu'avant, puis le garçon a hoché la tête avant de me regarder à nouveau.
- « Tu as raison, je ne pense pas qu'elle puisse rester ici… On devrait la ramener avec nous… »
M'emmener ? Où ça ? Je me suis remise à trembler en serrant les poings contre ma gorge. Ils avaient dit qu'ils ne me feraient rien ! Alors pourquoi ?...
Mais la seule réponse que j'ai eue, ce fut une poussière dorée soufflée sur mon visage avec une telle douceur que j'ai cru à une brise estivale. Un parfum délicieux, mélange d'orange et de cannelle, a empli mon nez, puis j'ai senti mes paupières se fermer toutes seules et j'ai sombré dans un sommeil bienvenu…
OOOO
Si doux…
Si chaud…
Je me suis sentie sourire, encore à moitié endormie, et je me suis recroquevillée davantage sur moi-même, cherchant à garder cette délicieuse chaleur qui me faisait tant de bien. Ca faisait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi, et que mes rêves n'avaient été aussi beaux ! J'avais volé sur le dos d'un oiseau gigantesque et doré, flottant sous l'œil d'une lune énorme qui caressait mon dos de ses rayons réconfortants tandis qu'un vent vif et froid, appelant l'hiver et la neige, nous poussait jusqu'aux confins de ce monde…
Cela avait été si… parfait, que j'ai commencé à me demander d'où pouvait bien provenir un songe pareil, avant d'abandonner l'idée pour profiter pleinement de la chaleur de mon lit, qui était si douillet…
Une minute…
JAMAIS, mon lit n'avait été si confortable, pour la simple et bonne raison que ce n'était PAS mon lit.
J'ai ouvert brusquement les yeux et je me suis redressée en sursaut.
J'étais dans un lit si grand qu'il aurait pu accueillir ma classe toute entière et qu'on aurait eu la place de prendre quelques personnes supplémentaires sans s'y sentir à l'étroit, rehaussé d'un amoncellement de duvet, d'édredons et de couvertures de toutes sortes, dans les tons verts, argentés et rouges, sans parler de la collection d'oreillers. Sa structure massive et franche était faite d'un bois clair et vernis.
Et la pièce !
Les murs faits d'une pierre grise à l'air épais étaient couverts d'étagères remplies de livres reliés de cuir. De toutes tailles, de tous formats, il y en avait bien une centaine. Un énorme tapis de fourrure duveteuse recouvrait une grande majorité du sol et un coté de la chambre était occupé par un bon feu de cheminée ronflant et crépitant, non loin d'une fenêtre à demi- obscurcie par des rideaux rouges qui laissaient entrevoir un paysage enneigé de pics acérés et de glace grandiose. Le plafond, quant à lui, supportait une dizaine de jouets suspendus, pour la plupart des avions et des oiseaux de bois articulés par des ficelles et peints de couleurs pétillantes.
Mon regard a dérivé sur la petite table de chevet, à coté de moi. Il y avait une assiette surchargée de cookies encore chauds, accompagné d'un grand verre de lait.
Voir un tel spectacle m'a donné faim, mais je voulais avant tout savoir ce que je faisais là, et surtout, où je me trouvais. J'avais des souvenirs flous dans ma tête, flous mais terrifiants, à propos d'évènements qui se seraient déroulés dans ma chambre, et mon cœur à brusquement accéléré lorsque je me suis rappelée un peu mieux ce qui était arrivé.
- « Laura ! »
D'un bond, je me suis laissée glisser jusqu'au sol, manquant de m'enfoncer jusqu'aux chevilles dans le tapis tellement il était moelleux. J'ignorais où j'étais, mais ceux qui m'avaient amené ici pourraient me le dire, à moins que je ne trouve par mes propres moyens. M'aideraient-ils seulement à retrouver Laura ? Et que me voulaient-ils, d'abord ?
Tant de questions, et une seule manière d'y répondre : Sortir de cette pièce.
Ce n'est qu'une fois debout que j'ai remarqué que, non content de m'avoir amené ici, on m'avait changée. Mes vêtements avaient disparu, et j'étais habillée d'une chemise de nuit toute simple qui semblait être un peu trop grande pour moi.
Peu importait. Ce n'était pas le plus grave ! Sans plus m'en préoccuper, je me suis dirigée vers la grosse porte en bois brut au fond de la pièce, priant pour qu'elle ne soit pas fermée à clef.
Ce n'était pas le cas.
Je l'ai poussée avec difficulté tellement elle était lourde, tout en me demandant fugacement qui pouvait bien construire des portes aussi peu pratiques à ouvrir, pour déboucher sur un couloir, au sol de pierre froide, éclairé par une succession de fenêtre immenses retenant une averse de neige et de vent. Malgré la lumière du jour apparente, il régnait dehors une sorte de clair-obscur troublant, comme si la personne en charge du temps hésitait continuellement entre jour et nuit. On se serait cru au crépuscule, avec les torches accrochées aux murs à l'intérieur qui diffusaient plus de luminosité que le très pale soleil de l'extérieur, de même que les globes lumineux et élégants suspendus au plafond…
Il faisait aussi beaucoup plus froid que dans la chambre, et je me suis frottée les bras pour essayer de me réchauffer, cherchant à savoir quel coté emprunter pour pouvoir trouver quelque chose qui pourrait m'aider. Finalement, j'ai choisi le hasard et j'ai pris à droite. Le bruit de mes pieds nus et glacés sur la pierre était assourdissant dans un tel silence, seulement troublé par le bruit étouffé du vent contre le verre, sur ma gauche. Je rasais les murs, guettant la prochaine intersection qui me permettrait d'approcher de mon but. Le couloir tournait légèrement et régulièrement sur la droite, comme si le bâtiment tout entier épousait une forme courbe.
Enfin, j'ai fini par arriver à un croisement qui s'enfonçait dans le mur le plus proche de moi. Sans hésiter, j'ai tourné plutôt que de continuer tout droit…
Et j'ai failli me casser la figure.
Je m'étais prise les pieds dans quelque chose pas plus grand que mon mollet, qui gigotait en produisant un étrange son de clochette. Je me suis retournée en sautillant pour retrouver mon équilibre, avant de me figer, les yeux écarquillés de stupeur.
Ce n'était pas un objet. C'était…
Un elfe.
Engoncé dans un bonnet pointu rouge orné d'un grelot d'argent qui tintait allègrement, si grand qu'il lui couvrait tout le corps, il avait un visage tout rond, avec de grands yeux orangés et des oreilles pointues de part et d'autre de sa tête. L'air un peu sonné, il était assis sur les fesses et secouait son grelot en tentant de reprendre contenance. A coté de lui, il y avait ce qui ressemblait à une guirlande lumineuse qu'il devait être en train de transporter lorsqu'on s'était rentré dedans.
Il a finalement tourné la tête vers moi, et je crois bien qu'on a eu la même tête. On a du rester quelques secondes comme ça, à se regarder comme deux idiots, puis il s'est remis sur ses pieds d'un bond et il a filé à toute vitesse, le tintement de son grelot accompagnant sa course à travers les couloirs.
- « Attends ! Reviens ! »
Pour une fois que je trouvais quelqu'un, il fallait que je lui fasse peur ! Je me suis mise à lui courir après, ce qui a du encore plus le paniquer, car le bruit de son grelot s'est accentué. Et il courait vite, le bougre ! Je n'ai pas réussi à le rattraper avant trois bonnes centaines de mètres, alors qu'il essayait d'ouvrir une autre de ses portes abominablement lourdes. Lorsque je l'ai attrapé par le bout du bonnet, il s'est mis à gigoter et à essayer de me donner des coups de pieds.
- « S'il te plait, arrête ! Je veux juste savoir comment on sort d'ici… »
Il a soudainement arrêté de bouger, suspendu en l'air par le bonnet que je tenais pincé entre mon pouce et mon index. Puis il a froncé les sourcils, a tendu un bras maigrichon et s'est mis à faire des gestes vifs en le bougeant dans tout les sens, montrant le haut, puis le bas, puis la droite, la gauche, à nouveau le bas et j'en passe. S'il cherchait à m'expliquer où se trouvait l'entrée, ca n'a pas réussi du tout. Il a ensuite recommencé à gigoter comme un asticot, donnant des coups de pied dans le vide, et j'ai fini par le reposer. Une fois au sol, il m'a foudroyé du regard et s'apprêtait à partir de nouveau en courant lorsqu'une ombre immense nous a englouti. Je me suis retournée d'un bond et je me suis mise à hurler.
Il y avait au dessus de nous une énorme masse de poils trapue qui devait bien faire deux fois ma taille, occupé à nous fixer avec les poings sur les hanches. Lorsque mon cri est parti, le monstre s'est plaqué les mains sur ce qui devait lui tenir d'oreilles en lâchant un grognement de surprise. Tant pis pour la sortie ! Je suis partie dans le sens inverse en prenant les jambes à mon cou. J'étais dans une maison de fous !
Bien sur, comme pour l'elfe, le rapport de proportions ne s'explique plus dans ces cas là. Sauf que le monstre m'a rattrapé en moins de cinq secondes, alors que j'avais mis beaucoup plus de temps à attraper mon petit ami au chapeau pointu. Je me suis retrouvée à pédaler dans le vide, retenue par la peau du cou par une bestiole poilue et grognant je ne savais quoi.
- « Lachemoilachemoilachemoilach emoiLACHEMOOIIIII ! »
- « Mais qu'est ce qui se passe ici ? »
Après la bête, l'accent russe ! Le monstre s'est figé, arrêtant de me regarder pour se tourner vers un homme massif et imposant qui venait de pousser la porte que l'elfe essayait d'ouvrir tout à l'heure. Il arborait une épaisse barbe blanche qui s'étalait sur sa poitrine recouverte d'une chemise rouge au dessus d'un pantalon rentré dans de grosses bottes de cuir. Ses avants bras étaient noirs de tatouages que je n'arrivais pas à distinguer clairement d'ici.
Les yeux bleus du nouveau venu se sont écarquillés en nous voyant.
- « Phil, veux tu bien la lâcher ? Tu vas finir par l'étrangler, voyons ! », a-t-il protesté avec un fort accent russe.
La chose avait un nom, en plus ?
Mais le dénommé Phil a obéi en me reposant délicatement sur le sol. J'étais surprise d'une telle douceur de sa part, mais cela ne m'a certainement pas empêchée de m'éloigner de lui fissa.
Ce qui, du coup, m'a rapproché du bonhomme en rouge.
Quand il a posé une grosse main sur mon épaule, j'ai sursauté si fort qu'il l'a retirée aussitôt pour me regarder bizarrement.
Tout comme moi, en fait.
Non parce que je ne sais pas pour vous, mais il m'avait l'air foutrement familier…
- « Tu vas mieux, on dirait », a-t-il observé en penchant la tête et en se passant une main dans la barbe.
Mieux ? Comment ça, « mieux » ? Je n'allais pas bien du tout ! On s'est regardé quelques secondes, moi tremblante comme une feuille (je ne le contrôlais absolument pas, d'ailleurs…) et lui en fronçant les sourcils comme si j'avais été désobéissante.
- « Ding ding ! », a soudainement beuglé le géant, ce qui m'a fait encore plus sauter au plafond.
Avec un son de grelot, le lutin, elfe ou que sais-je, s'est approché avec un grand sourire niais qui découvrait ses dents en se pointant du doigt.
- « Accompagne Phil, et allez chercher Fée… Je pense qu'elle sera mieux pour parler avec une jeune fille que moi. »
L'elfe a hoché la tête avec ferveur et a disparu, suivi par Phil, le monstre poilu qui me regardait comme s'il était… désolé de m'avoir fait peur.
Euh, moi, pour l'instant, j'étais à l'extrême limite de la crise nerveuse, là… J'aurais aimé une explication !
Mais malgré le fait que l'homme devant moi était impressionnant, quelque chose, chez lui, me poussait à cesser de trembler et de lui faire confiance, contrairement à mon bon sens qui me hurlait de me carapater sans un regard en arrière.
Un bon sens que je n'ai pas écouté, d'ailleurs… Où serais-je donc allée, après tout ?
L'homme ne s'est pas approché, n'a pas tenté de me toucher ou quoi que ce soit. On aurait dit qu'il attendait que ce soit moi qui parle la première. Petit à petit, j'ai commencé à me détendre légèrement.
Très légèrement.
- « Vous… Vous pourriez me dire… », ai-je finalement réussi à balbutier, « Où est ce que je… ? »
Puis tout m'a finalement percuté.
La neige.
Les jouets.
Les couleurs à dominance de rouge.
Le lutin.
Le monstre.
Et lui.
J'ai écarquillé les yeux en plaquant une main sur ma bouche.
- « Vous… Vous êtes le Père Noël ? »
J'ai alors vu un grand sourire illuminer son visage aux traits rudes. Le changement était saisissant.
- « Je t'en prie, appelle moi Nord. »
Le… Le Père Noël ! Mais pourquoi j'avais sorti ça, moi ? Je ne croyais sincèrement plus au Père Noël depuis que j'avais neuf ans, et encore, beaucoup avaient considéré que c'était un âge tardif pour arrêter de croire… Et voilà qu'il se tenait devant moi, en chair et en os !
Je me suis plaquée une main sur le front. Puis je me suis pincée.
Fort.
Aïe.
-« Je rêve. Ce n'est pas possible, je dois rêver ! »
Nord a froncé ses sourcils broussailleux, les mains sur les hanches.
-« Tu es réveillée, c'est donc que tu ne rêves pas ! »
Je l'ai fixé avec un regard blasé, tandis qu'il se repassait une main dans la barbe d'un air apparemment songeur.
-« Attends une seconde », a-t-il déclaré ensuite en haussant les sourcils (il avait des sourcils très expressifs, je trouve. Oui, je sais, j'ai tendance à remarquer des détails inutiles en situation de stress), « Tu… Tu ne crois pas en moi ? »
J'ai répondu tout bêtement.
-« Eh bien…non. Plus depuis longtemps. »
Oubliez pas les reviews, please ! ^^ Don't forget the Reviews, please ! ^^
