Merci à tous les Reviewers ! Ca fait très plaisir de lire vos encouragements ! Du coup, j'ai peur de décevoir, maintenant ! Ouin...

Bref ! Bon, ce chapitre n'est pas super actif, ni très long, mais il annonce les Gardiens. La suite devrait arriver bientôt...Bon, bah je vous laisse lire, hein !


Fées à gogo et mise au point

Un grand silence est tombé entre nous, seulement troublé par le son du vent qui s'acharnait sur la large fenêtre. Je me suis fugacement demandée si j'avais dis quelque chose qu'il n'aurait pas fallu prononcer en ces lieux, avant de me rappeler bêtement que je venais seulement de dire au Père Noël en personne que je ne croyais plus en lui.

- « … Et tu me voies ? Comme tu as vu Sab et Jack ? »

Je me suis mordue la lèvre. Mais où voulait-il en venir ?

- « Euh… Je vous vois comme tout le monde. Pourquoi ? Je ne devrais pas ? »

Nord a marmonné dans sa barbe en me fixant encore quelques secondes, puis a lâché un grand cri en levant les bras au ciel, ce qui m'a fait sursauter.

- « Bah ! On parlera de ça plus tard ! As-tu mangé les cookies qui étaient posés à coté de toi dans la chambre avant de prendre la poudre d'escampette, au moins ? »

On passait complètement du coq à l'âne, ma parole ! J'avais le sentiment qu'on me cachait quelque chose. Je ne serais pas censée voir le Père Noël, ni le dénommé Jack et le Marchand de Sable, puisque cette identité pour le petit personnage rond de mes souvenirs était la seule qui me venait à l'esprit ? Alors la question essentielle était : Pourquoi je pouvais les voir ?

Avant que je n'aie pu lui répondre que je n'avais pas touché aux cookies dont il avait l'air si friand, la porte s'est brusquement ouverte…

Pour laisser passer une créature étrange… Et magnifique.

C'était une femme, indéniablement, mais son corps était couvert de plumes aux couleurs vives dans les tons bleus, verts jaunes et roses qui chatoyaient sous la lueur tremblotante des torches et des globes. Sous les plumes plus grandes et élégantes de son front, de grands yeux violets étincelaient d'une énergie et d'une joie de vivre apparemment sans bornes. Elle voletait dans les airs grâce à une paire d'ailes ressemblant à celle d'une libellule qui vrombissait à toute vitesse.

Lorsque j'ai croisé son regard, la femme s'est arrêtée de justesse devant moi en souriant à pleines dents.

- « Oh ! Ca y est, tu es debout ! Quel bonheur ! Je connais tes dents par cœur ! Fais moi voir les nouvelles, maintenant ! Je veux voir si elles sont aussi belles que celles que tu as perdu ! Allez, hop hop hop, on ouvre la bouche ! »

Et avant que je ne puisse faire autre chose, comme l'esquiver, elle m'a ouvert la bouche, sans brutalité, et s'est mise à soupirer en voyant ma dentition qui était tout ce qu'il y avait de plus normal.

- « Qu'elles sont belles ! Oh ! Joli coup de brosse sur la prémolaire latérale gauche… »

- « Fée… », est intervenu Nord, « Pas les doigts dans la bouche. ».

Fée (elle portait bien son nom !) a eu l'air de quelqu'un pris sur le fait, puis un sourire d'excuse a illuminé son visage.

- « Oh, pardon ! Elles sont magnifiques », a-t-elle ajouté à mon égard, « Félicitations ! »

J'étais un peu éberluée. En moins de deux minutes, une femme couverte de plumes et ailée m'avait littéralement bondi dessus pour regarder… Mes dents ? Et elle avait gardé « celles que j'avais perdu » ?

Bon, d'accord. Après le Marchand de Sable et le Père Noël, j'avais à présent droit à…

- « Vous êtes la Fée des Dents », ai-je soufflé.

Fée m'a offert un de ses grands sourires dont elle avait le secret en penchant la tête sur le coté, comme attendrie par ma réponse. Ses ailes produisaient un souffle d'air qui m'a fait frissonner.

- « …Nord, tu peux aller voir les garçons, je pense », a-t-elle déclaré ensuite en se tournant vers le géant, « Je crois que Jack a recommencé à geler les oreilles de Bunny. Ca bardait quand je suis partie. Oh ! Et pourrais tu faire en sorte que Quenotte ne finisse pas congelée ? Comme elle est constamment collée à Jack, j'ai peur qu'un jour… »

Nord a levé les mains pour arrêter le flot intarissable de paroles de la part de Fée.

- « Oui, oui, ne t'inquiète pas ! Jack est déjà sur la liste des enfants pas sages, de toutes façons… »

Jack ? Ca me disait quelque chose… Mais quoi ?

Avant que je n'aie pu poser la question, Fée m'a poussé avec gentillesse vers le chemin qui reconduisait à ma chambre en voletant. Nord m'a fait un signe de la main, puis a disparu derrière la porte et on l'a clairement entendu beugler de sa voix de stentor :

- « JAAAAAAAAAAAAAACKKK ! »

Fée s'est crispée à peu près autant que moi avant de se mettre à rire, tandis que j'avais l'impression d'avoir des blocs de glace à la place des épaules tellement j'étais tendue.

- « Ah la là… Ils ne changeront jamais ! », A-t-elle soupiré avec une drôle de nostalgie dans la voix, « Oh, mais ça me fait penser ! Mesdemoiselles, venez ! »

Il y a eu un soudain bourdonnement, puis cinq minuscules créatures ont surgi du détour d'un couloir. Ca gazouillait et gloussait en voltigeant dans tous les sens. Subjuguée, je me suis rendue compte qu'elles étaient comme Fée. En fait, elles étaient presque son portrait craché, sauf pour un nez très pointu qui rappelait le bec d'un oiseau, leur donnant un air de ressemblance avec un colibri ou un martin pécheur. Toutes en couleurs chatoyantes, elles étaient adorables. Mais visiblement, il n'y avait pas que le physique qu'elles partageaient avec leur mère, maîtresse ou que sais-je. Elles se sont approchées de moi en couinant, certaines portant leurs minuscules mains à leur visage en souriant et en pépiant tout en montrant ma bouche du doigt.

- « Mesdemoiselles, s'il vous plait, un peu de tenue ! », a gentiment rabroué Fée, « On ne disgrâce pas l'uniforme, voyons ! »

Les fées miniatures se sont alors éloignées pour rejoindre leur mère (je préférais ce terme) … sauf pour une.

Celle-ci s'est posée sur mon épaule en m'observant avec de grands yeux interrogateurs. Bizarrement, elle était complètement bleue, contrairement à ses sœurs et paraissait aussi plus petite.

- « Tu as de la chance », a déclaré Fée avec un regard attendri, « Les plus jeunes sont les plus timides. Elle te considère comme une amie, si elle s'approche de toi aussi vite… »

Je n'ai rien répondu, prenant tout délicatement cette petite chose dans ma main qui s'est mise à trembler. Je n'avais même pas l'air de me rendre parfaitement compte que ce c'était bien une fée qui s'était accroupie sur ma paume tout en continuant à me fixer avec ce sourire comme seuls des enfants peuvent en avoir le secret.

Une amie.

J'avais une amie, oui, mais elle était en danger… Et je ne savais même pas où elle pouvait bien être ! Je me retrouvais, en l'espace de 24 heures, de chez moi, dans ma chambre hantée par des ombres qui m'avaient toujours effrayées et qui m'avaient finalement attaquée, à la demeure apparente du Père Noël, en compagnie du Marchand de sable et de la Fée des Dents, avec des elfes, des bêtes poilues et des fées lilliputiennes tandis que Laura était introuvable… A cause de moi.

Et je ne savais même pas pourquoi.

Il a fallu que Fée vienne me serrer dans ses bras menus avec l'étreinte qui se voulait celle d'une mère avant de me rendre compte que je pleurais en silence. Mais les sanglots ont fini par sortir et j'ai enfin réussi à évacuer toute la pression et l'angoisse qui étaient restées coincées dans ma poitrine depuis deux jours.

Enfin… Pour le moment.

OOOO

Je pense que cela a également du vous arriver, mais lorsque vous finissez par craquer après un évènement particulièrement dur, violent ou que sais-je, vous avez souvent du mal à récupérer après. Le bain que j'ai pris après que Fée m'ait quelque peu calmée une fois de retour dans la chambre m'a fait un bien fou, surtout avec la vapeur qui montait de l'eau recouverte d'une épaisse couche de mousse parfumée. J'avais la tête émergée jusqu'au menton, me frottant de temps à autre les yeux encore piquants du sel de mes larmes d'un revers de poignet.

Mon autre passe temps, c'était de regarder la petite fée qui se penchait parfois un peu trop loin en avant pour attraper les bulles qui s'échappaient de la baignoire et qui montaient vers le plafond bas de bois clair. Elle était si petite ! Encore plus que ses sœurs, qui n'étaient déjà pas grosses… J'étais fascinée de voir que la nature, ou peu importe qui était responsable de ce monde totalement nouveau, était capable de créer des choses et des être si délicats. On aurait pu la briser comme une brindille, et pourtant, elle était là, à froncer ce qui lui tenait lieu de sourcils en tendant un bras plus petit que mon petit doigt pour tenter de percer la bulle la plus proche d'elle. Même cette dernière était plus grosse qu'elle. Sans m'en rendre compte tout d'abord, j'ai eu un petit sourire attendri, qu'elle m'a rendu avant de se mettre à voler après la bulle qui venait de lui échapper.

J'entendais Fée qui disait des choses inaudibles en parlant à ses petites de l'autre coté de la cloison. La salle de bains était séparée par une porte, en bois elle aussi, du reste de la chambre où l'on m'avait installé. Fée m'avait dit de prendre mon temps lorsque je m'étais calmée, après avoir mouillé consciencieusement les plumes de ses bras et de sa poitrine à cause de mes larmes, et paraissait avoir vraiment pensé ce qu'elle disait. Pas une fois m'a-t-elle demandé si je pouvais me dépêcher, et lorsque j'avais essayé de le faire, la minuscule fée qui me suivait partout sans que je sache pourquoi avait gesticulé en gazouillant et en secouant la tête, indiquant que ce n'était pas la peine. Elle avait beau être très jeune d'après Fée, elle n'en restait pas moins alerte et compréhensive de l'univers qui l'entourait.

Mais elle n'en restait pas moins un bébé. Songeuse, je l'ai regardée voler après les bulles, jusqu'à ce que l'une d'entre elles éclate brusquement, envoyant directement la fée dans l'eau de mon bain avec un petit « plouf » fluet. Ca devait arriver… Craignant qu'elle ne se noie, je me suis empressée de la repêcher, puis j'ai eu un sourire rassuré en la voyant recracher une gorgée d'eau à la manière d'une fontaine avec un air ronchon tout simplement adorable, tremblant tellement que tout son petit corps vibrait. J'ai tendu le bras pour attraper une serviette éponge et je l'ai enroulée dedans. La fée s'est retrouvée au sommet d'un immense cône de tissu, avec sa tête dépassant du tout. Mais au moins ne tremblait-elle plus.

- « Ca va mieux…Beblue ? »

Oh, je sais ce que certains vont dire ! C'est nul, ce nom ! Ca veut dire quoi, encore ? C'est juste venu comme ça. Comme c'était un bébé même parmi les fées et qu'elle est toute bleue, j'ai trouvé que l'appeler tout simplement lui allait comme un gant, puisque le « Be » serait un diminutif de « Bébé ».

En tout cas, ses joues ont rosi et elle s'est mise à pépier avec allégresse. Apparemment, le surnom lui plaisait !

J'ai continué à m'amuser quelque peu avec elle jusqu'à ce que le bon sens me dise de sortir de l'eau. Je me sentais beaucoup mieux qu'avant. Fée avait eu raison de me dire de prendre mon temps, et Beblue avait été d'une aide particulièrement inattendue. Par ses gazouillis et des bêtises, elle m'avait changé les idées en me faisant oublier mes idées noires le temps que je me remette les idées en place.

Bon. Premièrement :

- Quelque chose était sorti de mon armoire la veille (ou la dernière fois que j'étais réveillée, puisque je n'avais encore demandé à personne combien de temps j'avais dormi…) et nous avait attaqué, Laura et moi.

- Laura avait disparu dans ladite armoire (ce souvenir là m'a bien fait frissonner, ce qui a attiré sur moi un regard interrogateur de la part de ) et j'avais failli y passer moi aussi. Je ne savais pas si mon amie était vivante, morte, ni même où elle se trouvait (ce qui n'était pas forcément une bonne nouvelle…)

- J'avais été sauvée par le Marchand de Sable et un dénommé Jack. Tous deux avaient décidé de m'emmener, je ne sais pas encore pourquoi, et m'avaient fait dormir pour le voyage.

- J'étais actuellement dans la maison du Père Noël, j'avais discuté avec la Fée des Dents après avoir couru après un elfe et avoir été poursuivie par une bestiole poilue de deux mètres (« Un Yéti ! », m'avait dit Fée) et j'étais amie avec l'une des subalternes/filles de la Fée des Dents, que j'avais surnommée Beblue parce qu'elle me paraissait très jeune.

- …Et dernier point : Je ne croyais plus ni au Père Noël, ni à la Fée des Dents, ni au Marchand de Sable ou que sais-je d'autre depuis que j'avais presque 9 ans… Ils n'allaient quand même pas me sortir que le Lapin de Pâques était un proche cousin de Panpan dans « Bambi », quand même ! Et puis qui était ce Jack, d'abord ? Parce que cela me disait quelque chose…

Tout en m'habillant (J'avais trouvé les vêtements que je portais à mon arrivée propres et réparés là où le tissu avait été déchiré par les ombres et la glace…), je me suis tournée vers Beblue qui regardait l'eau de la baignoire se faire aspirer par le siphon, visiblement fascinée par le processus. J'ai fugacement craint que sa curiosité insatiable ne l'incite à aller jeter un coup d'œil de plus près, au risque de tomber dedans, d'autant plus qu'elle était assez petite pour passer sans trop de problèmes !

« Dis moi, Beblue… », Ai-je demandé, « Qui est ce Jack dont tout le monde parle ? ».

Et là, j'ai vu la fée bondir au plafond pour se tourner vers moi, les yeux brillants. Ma question la mettait dans un drôle d'état, visiblement. Elle a commencé à pépier à toute vitesse, excitée comme la puce qu'elle était, en portant ses petites mains à son visage avec un air d'adoration, les yeux rêveurs. Je crois bien qu'elle me faisait l'éloge de ce Jack, et plus précisément celle de ses dents, mais à part ça, je n'ai rien compris.

Sauf qu'il avait l'air d'être un tombeur aux yeux des fées…

Enfin, chez les fées, ca pouvait être « dentiquement » parlant !

Quelqu'un frappant à la porte a interrompu le monologue de .

« Tu as fini, Elenor ? Les autres Gardiens nous attendent… », a demandé Fée à travers la porte.

Les Gardiens ?

« Euh… Oui, presque, j'arrive ! »

Je me suis dépêchée de finir, sautillant sur place pour enfiler mon jean sous les rires de Beblue qui me regardait faire depuis la chaise où elle s'était posée. Elle me faisait penser au gazouillement d'un oisillon, à pouffer comme ça…

Finalement, j'ai été fin prête et j'ai ouvert la porte… Pour voir Fée et les autres minuscules êtres de légendes occupées à discuter d'un sujet apparemment important.

« Trois dans le quartier Nord de Hong Kong… Vous en trouverez douze à Bordeaux, en France… Et… »

Elle s'est interrompue lorsque je suis rentrée dans la chambre avec timidité. J'espérais vivement que je ne dérangeais pas. Mais Fée a eu un grand sourire et a frappé dans ses mains avec énergie avant de me pousser vers la sortie avec ses petites fées, Beblue parmi elles.

« Allons-y ! On n'attendait plus que toi ! Tu vas pouvoir nous raconter ton histoire… »


N'oubliez pas les Reviews ! Le prochain chapitre ne devrait pas tarder... J'espère ! ^^'

Au fait, Beblue se prononce comme en anglais. A l'origine, ce ne devait être qu'un "B" avec un point suivi par le "blue", mais le site ne l'a pas accepté... Alors j'ai du trouver autre chose... T.T