Voiiiiiiiilà! Après deux mois de gros stress parce qu'ayant perdu tous mes textes, j'ai le plaisir de vous annoncer que WOUHOU! Mon père, qui est un homme formidable, à réussit à tout sauver. Donc voilà pour ce texte on dit merci popa!Mano. Là. Sinon ma foi, ça avance bien. On approche de la fin, tout doucement. J'espère que ça plait toujours!
Chapitre 16
Les couloirs de McKinley à cette époque de l'année étaient toujours curieusement calmes. Mais ce n'était en rien surprenant étant donné que les conseils de classe et dernières réunions parents-professeurs auraient lieux sous peu. A vrai dire, ce soir là devait accueillir dans le gymnase du lycée quantité de parents conviés exceptionnellement. A l'ordre du jour, la sécurité. Les parents, qui n'avaient pas reçu plus d'informations, s'étaient pressés à l'entré du bâtiment, curieux et vaguement, très vaguement, inquiets pour leur progéniture.
Burt et Carol en tête. Assis à côté d'eux, Finn semblait concentré et Kurt était impassible. Les deux adolescents avaient insisté pour venir et d'autres étudiants, quoique en petit nombre, étaient dispatchés dans les gradins. La salle était pleine et sur une estrade aménagée un groupe de professeurs et de gens étrangers au staff du lycée discutaient de mise en place et d'organisation. Puis il y eut un raclement de gorge et le silence se fit pour laisser la parole et l'attention au directeur Figgins.
- Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, Bonsoir. Nous n'avons pas pour habitude de vous réunir tous pour parler d'un point d'administration mais suite à de récents événements et à la demande de plusieurs personnes, parmi lesquels je compte des parents et des étudiants, il est devenu évident qu'une telle réunion s'avérait nécessaire. Pour mieux vous expliquer la situation, je vous prie d'accueillir un élève de première qui a lui-même demandé à s'exprimer devant vous.
Il y eut un léger brouhaha et puis une silhouette trapue s'avança sur la scène. Carol, Finn et Burt ouvrirent de grands yeux courroucés et se tournèrent vers Kurt qui n'avait pas bougé d'un millimètre et affichait même un minuscule sourire.
- Bonsoir, croassa David en déposant quelques feuillets sur le pupitre devant lui. Je m'appelle… David Karofsky et je suis en première. Vous devez certainement vous demander pourquoi c'est moi, un adolescent, qui suis ici pour vous parler d'un sujet aussi sensible.
La voix de Dave tremblait légèrement et il essuya ses mains moites sur son jean.
- La raison, reprit-t-il, tient principalement dans le fait que j'ai fais parti, cette année et l'année dernière d'un groupe d'étudiants violents, à tendance racistes et homophobes.
Il eut une autre pause et pendant qu'il cherchait ses mots, un murmure se répandit dans la salle.
- Je… je… bégaya-t-il avant de reprendre d'une voix plus forte pour que tout le monde se reconcentre sur lui. Je faisais partit du club de foot. J'étais –je suis- un des élèves le plus grand et le plus fort physiquement de cette école. Je viens d'une famille aisée, cultivée. Je n'ai aucune raison de craindre les autres et à cause de cette situation, j'ai fais l'erreur de croire que j'étais le… le caïd de cet établissement. Comme beaucoup d'autres avant moi sur qui j'ai pris exemple, j'ai bousculé les plus jeunes dans les couloirs, humilier les plus fragiles, ceux qui n'avaient pas autant de chance que moi. Et je trouvais ça normal. Et tout est devenu sujet à ce genre de jeu cruel sur lesquels ont ferme les yeux habituellement parce que c'est… normal.
« Et puis un jour, tout à dérapé. Je suis devenu violent et mauvais, brutal et… et j'ai choisi un élève parmi mes victimes et je l'ai tellement maltraité, tellement menacé que des mesures ont été prises pour qu'il change d'établissement.
Il prit une inspiration tremblante, pénible dans l'atmosphère lourde du gymnase. Les yeux rivés sur sa feuille sans arriver à en lire les mots, il sentait sur lui le poids des regards hostiles et d'une curiosité morbide.
- J'étais une brute, reprit-t-il encore et malgré sa voix cassé, ses mots portaient loin. Une brute qui à harcelé et menacé un élève. Tout ça aujourd'hui est fini. L'autre élève est partit ailleurs, là ou il pourra oublier le mal que je lui ai fais. Je l'ai revu, je lui ai parlé et je lui ai demandé pardon. Et parce que je suis un insupportable veinard, il m'a pardonné. Pourtant le mal est fait.
« Si j'ai demandé à être ici ce n'est pas tant pour vous parler de moi mais pour vous faire comprendre qu'il suffit d'un rien. Que n'importe qui peut devenir violent et n'importe qui peut en devenir la victime. Il y a d'autres brutes et vos enfants, fille ou garçon, noirs, blancs, juifs, catholiques, homosexuels, handicapés, peut importe leurs faiblesses, il suffira de la trouver pour qu'ils deviennent à leur tour des cibles. Ce n'est pas normal. J'ai mis trop de temps à le comprendre mais ce n'est pas normal.
« Je n'ai pas d'excuse à mon comportement mais je crois qu'il aurait fallut m'arrêter avant. Je ne comprends pas tous les ressorts et les enjeux qui retiennent ou libèrent ceux qui composent l'autorité de McKinley mais je sais que si j'ai eu si peu de limites, c'est parce que personne n'a fermement tapé du poing sur la table en disant « Je refuse que mes enfants soient des victimes. Vous avez carte blanche pour les protéger».
« Cette réunion est là pour ça. Pour que vous puissiez réaliser que même dans ce lycée dit « sans problèmes », il peut y avoir des problèmes. Pour que vous ayez le temps, avant les prochaines élections de délégués parentaux de réfléchir à cette situation et que vous choisissiez, à ce moment là, des gens qui seront capables d'appliquer une véritable tolérance zéro. Parce que puisque n'importe qui peut devenir une victime, il ne faut fermer les yeux devant aucune discrimination même la plus minime.
Il s'arrêta un peu essoufflé, se tordit machinalement les doigts et risqua un œil vers la foule. Les parents étaient curieusement immobiles et avaient pour la plupart le visage dénué d'expression. C'était étrange, se dit Dave, comme les gens oubliaient d'exprimer leurs pensées intérieures quand ils croyaient que personne ne les regardaient. Ou plutôt quand ils étaient concentrés sur quelqu'un d'autre. Il chercha quelque chose à dire pour conclure sur des mots un peu moins abruptes.
- Je… je regrette sincèrement ce que j'ai fais. Je sais que ça me poursuivra toute ma vie et que pire encore, cela poursuivra les personnes à qui j'ai fais du mal. Je… c'est stupide à dire comme ça mais… les choses… la vie… l'équilibre c'est…
Il claqua la langue, agacé de ne pas trouver ses mots.
« Mes parents me racontent souvent leur adolescence avec nostalgie. Leurs souvenirs semblent baignés d'une sorte de joie perpétuelle, comme s'ils n'avaient jamais eu de soucis. Ou comme s'ils n'étaient rien par rapport au reste. J'ai touché du doigt cette félicité et aujourd'hui rien ne me semble aussi loin et aussi inaccessible. J'ai encore une chance de rattraper les choses. Encore une chance de faire en sorte que ceux que j'ai maltraité y aient accès. Je… Aidez moi. S'il vous plait. Aidez-moi. »
Il se tu et recula d'un pas, ne sachant plus que dire ni faire. Il y eut une sorte de mouvement flou comme si la foule sortait de sa torpeur, puis quelques applaudissements éparts, générés entre autre par Kurt. Burt renchérit sous le sourire de son fils et puis d'autres et d'autres, et David se retrouva submergés par une marrée d'applaudissements et de gens qui se levaient pour le saluer. Il n'était pas assez naïf pour croire que c'était lui qu'on acclamait. Il savait que c'était le discours, les idées. Il savait qu'il avait réussit à toucher un point sensible chez tous les pères et les mères des élèves du lycée. Aucun d'entre eux n'ignorait les pratiques qui avaient cours jusque là. Et rare étaient ceux qui ne s'étaient jamais dit qu'il faudrait y mettre un terme.
Quelqu'un lui posa la main sur l'épaule et il reconnut le Directeur de la Dalton Academy qui lui offrit un sourire bienveillant. Dave répondit timidement à son sourire, récupéra ses feuilles et descendit de la scène.
Le directeur se présenta à son tour, expliqua qui il était et la politique de son établissement. Il expliqua aussi que le Directeur Figgins l'avait invité à participer à cette réunion afin de donner des exemples de réussite de la tolérance zéro envers toutes les formes de violences. Après lui, des élèves de la Dalton suivirent pour témoigner de leurs propres histoires ou de leurs fonctions dans l'école. Kurt reconnu entre autre Wes, qui vint expliquer le rôle salvateur de leur club de chant en tant de défouloir et générateur de cohésion et de soutiens entre les élèves. Des professeurs se suivirent ensuite, dont Will Shuester et Sue Silvester eux même, pour proposer des mesures à prendre.
oOo
Au pied de l'estrade, Casey Stevens attendait David et l'accueillit avec un sourire. Dave avança directement vers lui quand il l'aperçut.
- Je ne savais pas que tu viendrais.
- Kurt m'a appelé.
Il se pencha un peu vers lui et planta son regard dans le sien.
- Dave, je suis très impressionné. Tu as été superbe.
- Je…
Il n'eut pas le temps de finir que Casey l'attirait dans une grande accolade fraternel. David inspira très fort l'odeur de sa peau et s'autorisa une seconde pour fermer les yeux et en profiter. Puis ils se séparèrent et par-dessus l'épaule du jeune homme, Dave aperçût son père et sa mère qui le regardaient d'un air étrange. Casey suivit son regard et demanda :
- Ce sont tes parents ?
- Yep.
- Ils sont au courant que…
- Yep.
- Ah. Et ça va ?
- C'est très récent. Je crois qu'ils n'ont pas encore trop réalisé… Enfin si, puisqu'ils m'ont aidé à organiser tout ça mais ils n'ont jamais rien vu de…
- OK je vois.
Et puis Ellen et Paul avancèrent jusqu'à eux, en regardant curieusement Casey, un peu incertain.
- Dave, dit son père, je suis fier de toi. Ton discours était vraiment très bien.
L'adolescent eut un petit sourire et hocha la tête, ne sachant que répondre.
- Merci. Je… je vous présente Casey Stevens, un ami. Casey, voici Ellen et Paul Karofsky. Mes parents, ajouta-t-il inutilement.
En faisant les présentations, il avait posé la mais derrière le bras de Casey, sans y penser. Maintenant qu'il venait de le réaliser, il se trouva gauche, ne sachant s'il devait l'enlever ou profiter encore un tout petit peu de la chaleur rassurant de son corps.
Il finit par laisser tomber sa main avant que le geste ne devienne louche et les observa échanger une poignée de main.
- Je suis désolée, dit timidement Ellen, mais David ne nous a jamais parlé de vous…
- Je crois que c'est par ce qu'il avait un peu de mal à vous présenter quelqu'un ouvertement homosexuel, répondit-il franchement. Pour des raisons que nous connaissons tous.
Ellen et Paul eurent un moment d'arrêt, surpris et échangèrent un regard.
- Êtes-vous… demanda prudemment Paul en les désignant successivement du doigt.
- Non, sourit Casey pendant que David devenait cramoisi et ouvrait de grands yeux. Nous ne sommes qu'amis.
Paul se détendit aussitôt et n'insista pas. Il était après tout encore un peu tôt pour que son fils lui présente un compagnon. Surtout un compagnon de cet âge. Ils enchaînèrent sur des sujets plus faciles et plus ordinaires, tels que leurs professions respectives ou depuis combien de temps ils vivaient à Lima.
David tenta de s'intéresser à la conversation mais décrocha totalement quand il reconnut un visage dans l'ombre, un peu plus loin. Il s'excusa brièvement, sachant qu'il ne risquait rien à les laisser ensemble et s'éloigna. Dans un angle, à l'abri derrière la scène, là où personne hormis lui n'aurait pu le voir, Jeff l'attendait.
- Salut, dit-il doucement.
- Qu'est-ce que… comment… ?
- Casey, évidement. Il est venu me prévenir hier.
Dave grogna un peu à propos de téléphone arabe mais finit par sourire.
- Tu n'étais pas obligé de venir.
- J'avais envie. C'était plutôt cool d'ailleurs. C'est toi qui as tout organisé, pas vrai ?
- Oui.
- Comment t'as fait ?
- J'ai… dis à mes parents que j'étais… tu sais… hum, gay et tout et mmh, que je voulais m'amender. Alors je suis allé voir le directeur de mon école et… voilà. Je lui ai expliqué. J'ai eu du mal à le convaincre alors j'ai appelé Kurt… qui a confirmé. Ensuite je suis allé voir le directeur de la Dalton avec lui et je lui ai expliqué aussi et je l'ai mis en contact avec Figgins. Ils étaient plutôt emballés par le sujet alors ils m'ont aidé. Et voilà. Chacun a sélectionné des élèves et des intervenants qui j'ai rencontré et on s'est mis d'accord sur ce qu'on devait aborder ou non. Ce qui me fait le plus plaisir en fait c'est qu'ils m'ont tous les deux gardés au centre du projet du début à la fin.
- Impressionnant, dit Jeff avec un drôle d'air. T'es du genre à obtenir ce que tu veux hein ?
- Je… Je sais pas. Je crois que oui, dans la mesure du possible.
Soudain David, qui avait été pris dans son explication, se rendit compte que Jeff s'était rapproché. Près. Très près.
Ils faisaient sensiblement la même taille. Jeff était juste un petit peu plus grand et a peine moins large. Il avait la peau d'un abricot foncé qui en été, devait brunir facilement sous le soleil. Son visage commençait à marquer de cette maturité d'homme qui imprégnait le visage de ceux qui s'assument et vivent seuls. Jeff n'était pas une gravure de mode. Mais il était diablement attirant. Et Jeff était en train de l'embrasser. Les yeux grands ouverts. Bouche contre bouche. David voyait en gros plan ses yeux flous et dédoublés, d'un vert pâle un peu jaune, rieurs, impressionnants, affectueux. Dave bougea les lèvres voulant prendre une inspiration et Jeff pencha la tête. Et ce qui était un contact devint un baiser. Avec tendresse il embrassait sa lèvre, ses lèvres, doucement, légèrement. David papillonna des yeux, puis les ferma.
Embrasser un homme ça n'avait rien à voir avec embrasser une fille se dit-il. D'abord parce qu'il y avait un goût d'étrange. Un goût d'unique, d'embrasser quelqu'un qui avait quelque chose de commun dans l'histoire, dans l'être un truc indéfinissable. Et puis les filles qu'il avait embrassé, qu'elles soient amoureuses ou désintéressées, avaient toutes quelque chose de trop… doux. De trop différent. David se surprit à aimer l'idée qu'il embrassait un égal. Quelqu'un qui avait un peu comme la même… position sociale que lui. Plutôt quelqu'un qui avait les mêmes attentes le même mode de vie. Quelqu'un comme lui.
Il se laissa faire. Pressa même un peu les lèvres. Jeff avait posé la main dans son cou, sous son oreille. Il avait attrapé son poignet sans s'en rendre compte. Dans l'ombre de l'estrade, pendant que les intervenants continuaient à parler, Jeff caressa tranquillement sa langue de la sienne. Dave sentit des décharges électriques courir sur son visage et cascader à toute allure sur sa colonne vertébrale avant d'exploser dans son ventre.
Le bras du serveur entoura ses épaules, sa main s'accrocha à sa nuque. David enroula les bras autour de sa taille. Le baiser s'éternisait, sans rien perdre de son merveilleux. Lorsqu'ils se séparèrent, Jeff murmura un « définitivement très cool » qui acheva de convaincre le jeune homme qu'il avait bien fait. Il sourit et s'écarta un peu en reprenant contenance. Au-dessus d'eux, la salle venait d'applaudir le dernier intervenant et les gens se levaient pour commencer à sortir. Ils émergèrent de sous la scène, à une distance honnête l'un de l'autre, échangeant un sourire complice, les mains dans les poches.
Jeff salua Casey et David fut intercepté par Kurt par Blaine qui l'avait rejoint. Ce dernier n'était pas censé témoigner, d'où sa tenue de ville, mais Dave ne fut pas surprit de le voir. Ils le félicitèrent tous les deux avec enthousiasme et le footballeur eut l'impression assez agréable qu'ils étaient amis. Jusqu'à ce qu'un raclement de gorge se fasse entendre dans son dos.
Burt Hummel, suivit de Carole et Finn Hudson, désirait lui parler. Avec l'air sympathique d'un pitbull hésitant à dépecer une saucisse avant de la dévorer.
Ils se regardèrent en chiens de faïence, Dave plus craintif que Burt, pendant un long moment. Le père de famille finit par soupirer et dit l'air de rien :
- C'était plutôt un joli discours. Je suis impressionné.
- Ca veut dire que vous n'allez pas me taper dessus avec une chaise ?
- Je le garde en option, répondit-il pince sans rire. Mais je suis sérieux. Ce revirement était remarquable et bien tourné. La question est de savoir si c'est sincère.
Dave était toujours immobile, légèrement ramassé sur lui-même avec l'air d'un lapin prit dans les phares d'une voiture. Les yeux fixes, plantés dans ceux de Burt, seul le froncement enfantin de son nez trahi comiquement le fond de sa pensée. Il finit par se retourner pour regarder par-dessus sa propre épaule.
- Ben… vous voyez le gars qui discute avec Casey Stevens là-bas, dit-il un peu gêné en le pointant du pouce.
- Oui. Et alors ?
- Eh ben…
- Eh ben …?
- Eeeeeeeeehh beeeeeeen…
- Oh.
Dave hocha la tête et d'un geste du pouce il se relia lui-même à Jeff sous le rire silencieux de Kurt.
- Sacré revirement, finit par dire Burt.
- En réalité c'est plus ancien que les actes déplorables que j'ai eu contre votre fils. Les tendances je veux dire. Pas la relation avec ce type en particulier.
- Des tendances que tu acceptais mal j'imagine.
- Très, très mal, acquiesça David. Et, associées à beaucoup de stupidité et … je ne sais pas… peut-être une tendance à vouloir évacuer physiquement la frustration et la colère qui m'a poussé à faire des choses horribles.
Burt accepta l'explication. Il était en colère évidement, pour toutes les souffrances qu'avait subi son fils, mais il n'était pas obtus au point de ne pas comprendre ce qui s'était passé dans la tête du garçon. Même si ça ne l'excusait pas.
- Pourquoi ne pas en avoir parlé tout à l'heure devant tout le monde ?
- Parce que-
- David estimait que cela aurait desservit l'idée qu'il voulait faire passer, le coupa Kurt en attrapant son bras d'un geste familier. Ce en quoi je suis d'accord avec lui.
Burt haussa les sourcils et se tourna vers David pour avoir plus d'explications.
Lequel loucha, un peu surprit, sur son bras croisé avec celui de Kurt avant de secouer la tête et de revenir à la conversation.
- Ce soir je voulais parler de sécurité, du droit qu'on tous les élèves d'un établissement d'aller étudier en sécurité, sans craindre d'être martyrisé par les professeurs ou les élèves. Je ne suis pas complètement stupide, je sais que ce n'est pas avec quelques bonnes paroles que je pourrais faire changer les gens sur le sujet de l'homosexualité en quelques bonnes paroles. C'est une attaque trop directe contre leur conception de la religion, de la bienséance, de la moralité. J'en sais quelque chose. Tandis que parler de la sécurité de leurs enfants, ça oui. Ca les concerne tous. Et chacun se sent assez différent, particulier et vulnérable pour qu'il puisse imaginer qu'un jour son enfant puisse devenir une victime pour une raison ou pour une autre. Je voulais que chacun puisse se sentir touché par le problème et qu'en conséquence ils soient unanimes sur ce point. Si elle est renforcée et égale pour tout le monde, c'est le meilleur moyen que leurs enfants soient protégés. J'espérais que ce serait l'idée qu'ils en retireraient.
- D'accord… C'est intelligent. Mais pourquoi t'adresser à tous les parents ? Pourquoi cette réunion exceptionnelle ? Tu aurais pu t'adresser directement au conseil du lycée.
- J'avais peur que ça ne soit pas assez efficaces et que les plus réactionnaires les pousse à contre sens en ramenant le sujet sur l'homosexualité. Tandis qu'en faisait vibrer une corde commune à tous les parents, ils pouvaient faire pression sur le conseil d'éducation et indirectement faire voter un règlement plus sévère, plus proche de celui de la Dalton Academy.
- Raison pour laquelle sont invités le Directeur et la Directrice-Adjointe.
- Ainsi que quelques élèves témoins, oui. J'espère que ça marchera.
- J'espère aussi.
Burt hocha la tête et lui tendit la main. Timidement, prudemment, David la serra.
- J't'ai quand même à l'œil, grogna l'homme, un sourire démentant la dureté de ses mots.
-Papaaaaaaaaaaaaaa… soupira Kurt.
Ils s'éloignèrent vers la sortie et juste avant qu'ils disparaissent, Finn se retourna pour lui adresser un autre de ses sourires étranges, comme fier et soulagé, et comme s'il découvrait son co-équipier sous un autre jour. Ce qui était probablement le cas, réalisa le jeune homme quand il s'aperçut qu'il avait révélé son homosexualité devant lui. Il reçut un deuxième coup de massue quand il constata qu'il se désignait lui-même comme définitivement homosexuel. Un peu blanc il se retourna. Jeff et Casey se tournèrent vers lui avec de grands sourires et un peu plus loin ses parents discutaient avec des amis.
« Okay. » Se dit-il. « D'accord. Puisque c'est ainsi, jouons-la comme ça. »
Et voilà. Le premier baiser de David. Bon, c'est pas encore finit hein, c'est pas tout de se rouler des patins mais y'a encore à l'assumer pour de vrai.
