Salut! c'est moi! Apres une grande période de flemme aigu je reviens avec ce lonnng chapitre (pour me faire pardonner) Mais que voulez vous, quand ils fait beau comme ça!
(si y'a des fautes je m'excuse mais ma correctrice à décider de prendre ses vacances aussi!)
CHAPITRE 4
Mustang calma les palpitations de son cœur et se reconcentra sur l'article. Il était dit que la menace avait commencé dans une Ville de la frontière de Aerugo. La métropole Danka aurait été détruite en une nuit, elle contait plus de 50 000 habitants et hébergeait le quartier ou siégeait le gouvernement. Rien que ça. Il était aussi dit qu'après une enquête approfondie les responsables du génocide c'étaient avérés être des soldats de l'armée d'Amestris, et que par conséquent la guerre était déclarée entre les deux pays, sans même laisser place à la diplomatie.
Mustang était hors de lui, premièrement le fait de ne pas avoir été averti avant la presse le laissait pantois et surtout l'inconscience des hommes qui l'exaspérait ... Une telle guerre, non un tel massacre avait déjà eu lieu en 1901. Un génocide totalement inhumain sans aucun profit salutaire, juste de la haine, juste le mal, la mort, la souffrance. Sept ans d'horreur dans lesquels Roy Mustang s'était engouffré à en perdre la raison. Et malgré ça, les hommes étaient prêts à recommencer.
Se remettant de sa commotion, il confia le journal à Riza qui eut immédiatement la même réaction que Roy, même si elle essayait de garder son calme, son bouleversement intérieur était plus que palpable. Il aurait bien voulu l'aider, la rassurer, lui promettre encore et encore des paroles auxquelles il ne pouvait se fier lui-même, mais il avait déjà assez de mal à se contenir alors inutile d'essayer.
Ce fut au tour d'Havoc qui s'empara du journal avec appréhension, il s'attendait à un événement incroyable et abracadabrant pour que ses supérieurs se mettent dans un tel état d'émotivité. Mais contre toute attente, l'article ne lui parut pas si extrême que ça. Certes la nouvelle d'une guerre, n'était pas anodine, même tout le contraire puisque le gouvernement se verrait en besoin de faire de grands changements, et le pays sera considérablement affaibli. D'un autre côté, ce n'était pas une si mauvaise nouvelle que ça, c'était une occasion unique pour Mustang de faire un coup d'État et de détrôner Bradley. Pourtant, l'air déconfit de Roy ne semblait pas de cet avis. Havoc se demanda sérieusement s'il n'avait pas loupé un événement. En effet, il avait oublié un détail, et pas des moindres : Il n'avait pas fait Ishbal, à cette époque il était encore une nouvelle jeune recrue et ne connaissait de la guerre que les propagandes et le bourrage de crâne du gouvernement visant à faire l'éloge du pays. Pour des anciens soldats de guerre comme Mustang et Hawkeye, ce génocide avait marqué l'expérience la plus traumatisante de leur vie, et encore aujourd'hui ils n'était pas affranchis de leur culpabilité. Il leur arrivait souvent de cauchemarder, d'entrevoir les réminiscences de ces scènes morbides dont ils étaient les acteurs. Ils luttaient incessamment contre leur passé et se démenaient pour faire le bien, se voilant d'illusions en pensant racheter leurs péchés antérieurs. Et après des années de souffrances et de remords à se repentir et quand enfin ils avaient pu retrouver un semblant d'équilibre, voilà qu'un conflit les menaçait d'une nouvelle horreur.
Riza se leva brusquement de sa chaise et toisa le Généralissime. Il n'était pas de ses habitudes de braver les convenances, mais il ne l'était pas non plus de voir des pareilles aberrations.
-Généralissime vous ne pouvez pas laisser ça se produire ! Si une nouvelle guerre éclate tout le pays va sombrer ! Ishbal n'a mené à rien, ce n'était qu'un génocide immonde qui n'a été profitable à personne et...
Bradley se rembrunit, et retrouva son air effroyable qui justifiait à merveille son statut d'Homonculus incarné de la colère. Il la coupa sans gêne dans son élan.
-Vraiment ? Pourtant Lieutenant Hawkeye, sans cette guerre vous ne serriez pas la en ce moment. Ni vous ni le colonel Mustang. C'est cette ''immondice'' qui vous à apporté le prestige, vous vous permettez de critiquer et de jouer aux utopistes factieux mais ouvrez les yeux, Lieutenant. Sans Ishabal vous ne seriez rien.
Une atmosphère oppressante s'empara de la pièce. Les 3 militaires étaient abasourdis de voir le dictateur d'Amestris tenir de tel propos. Certes, il n'avait pas totalement tort, mais peut-on vraiment faire évoluer un pays avec ce genre d'idéologie ? Surement puisqu'il était tout de même l'homme le plus influent du pays.
Pourtant, Mustang se refusait de devenir si insensible pour accéder au pouvoir, il était là pour faire évoluer les choses en bien, pas pour replacer un monstre. King Bradley était une personne à deux faces. Un côté lumineux et médiatique, une image de bon mari, de père de famille affectueux, de patron accommodant. Un homme idyllique pour diriger un pays. Lors de ses discours, il avait toujours les bons mots, des idées qui faisaient rêver, une image sympathique. Puis il y avait la face sombre. Celle d'un homme consumé par des idées malsaines, en quête de pouvoir, une envie d'étendre toujours plus sa domination, et ce, même s'il devait tremper ses mains dans le sang. Derrière sa fausse face se cachaient un solitaire, un misanthrope et sous un discours démagogique uniquement des mensonges. Un manipulateur hors pair croisé d'un homme malveillant. Bien sûr cette vérité-là, seule une poignée d'individus la connaissait. Et ils s'en tenaient bien de le faire savoir à qui que ce soit.
Riza était enlisée dans un grand conflit intérieur, elle se refusait à le croire et pourtant, la véracité de ses dires ne faisait aucun doute. Même si elle se repentait encore sur ses faits et gestes, son quotidien confortable était le résultat même d'Ishbal. Elle fut envahie de doute, elle ne savait plus, elle avait été sure de bien faire et pourtant...
-Ne contez pas sur nous pour revivre ça, je préfère encore être démis de mes fonctions que de me battre sans raison contre des innocents, intervint Mustang.
King Bradley arbora un sourire qui reflétait toutes les spéculations sadiques qu'il se délecterait de mettre en application.
-Votre mission, et c'est une exigence, sera de vous rentre sur les lieux et de tenter de rétablir la situation avant qu'il soit trop tard. Je vous confis l'avenir Mustang. Vous et vos deux subordonnées partirez dans 3 jours. Si dans un délai d'une semaine l'ordre n'est pas rétabli, la guerre sera enclenchée.
Ils acceptèrent et au moment de disposer, Bradley pria à Mustang de rester.
-Vous êtes très attaché à vos subordonnés hein ?
- Sauf votre respect Généralissime, disons que je ne les prends pas pour des pièces à sacrifier comme vous en avez coutume.
-Oui, ça serait dommage que je doive les sacrifier à votre place n'est-ce pas ?
Roy se rembrunit et prit un ton grave.
-Que voulez-vous dire ?
-C'est simple Mustang...
Dans la salle d'attente, Havoc essayait de tirer des informations à sa subordonnée pour comprendre les raisons de leur réaction. Toujours sur le coup de la violente émotion, elle ne s'attarda pas sur le sujet, mais lui expliqua tout de même qu'elle et Mustang n'avaient pas supporté d'avoir fait Ishbal, que cette guerre avait été une horreur gratuite. Le blond n'insista pas et prit un air évasif en s'immergeant dans ses pensées.
Au bout d'une demi-heure, Mustang sortit à son tour du cabinet du Généralissme, image s'apparentant assez bien au bureau de l'enfer avec le diable personnalisé, prêt à commander le châtiment des pauvres mortelles. Roy arborait un teint livide, les yeux perdus trop loin pour être dans la réalité. Il ignora royalement ses collègues et traça sa route sans un mot ni un regard.
Havoc et Hawkeye échangèrent un regard complice pour exprimer tous deux leurs inquiétudes sur le comportement inhabituel de Mustang.
Ils le suivirent sans oser le questionner. Une fois dans son bureau Mustang s'empara de sa veste et accorda à ses deux subordonnés le droit de partir. Mais il se ravisa en songeant que Riza n'était plus sous ses ordres, mais à la disposition d'un déchet humain. Il serait bien resté par solidarité, mais il ressentait un immense besoin de solitude, aussi il s'excusa et sortit du QG d'un pas rapide.
Comme par hasard le moment même où il mit le pied dehors une grosse averse de pluie s'abattit sur la ville. Il regarda le ciel d'un air si mauvais que même Dieu en aurait eu des frissons.
Encore mieux, il avait justement oublié son parapluie. Une idée effleura son esprit. Je suis maudit c'est ça ? À bien y réfléchir, depuis un mois il enchainait les horreurs...Déjà Hawkeye qui ne lui parle plus, pas de nouvelle pendant près de 3 semaines, puis un Homonculus se pointe chez lui pendant la nuit, géniale d'apprendre que les monstres existent, puis Envy le force à se trouver une copine pour faire souffrir Riza. Sérieusement dérangé la bestiole, ensuite Riza se fait affecter sous les ordres d'un détraqué sexuel qui lui a bien fait comprendre qu'elle était dans le top de son tableau de chasse. Fantastique, ensuite il avait dû avouer des choses qu'il ne s'était même pas avouées lui-même à Havoc, dernière personne recommandable pour ce genre de confidence. Pour finir, une nouvelle guerre à la taille d'Ishbal menaçait le pays, et il était obligé d'y participer s'il voulait garder ses subordonnés en vie, et le généralissime s'avère être le pire des scélérats. Et comme si ça ne suffisait pas, il ne peut toujours pas adresser la parole à la femme qu'il aime.
-Putin ! C'est la pire journée de ma vie ! S'apitoya-t-il
En ce moment le sort ne lui était que très peu favorable, aussi décida-t-il d'en finir au plus vite (et le mieux possible) avec cette pseudo-guerre. Ensuite il devrait se débarrasser de Envy et tout rentrerait dans l'ordre. Il soupira.
-Si seulement c'était aussi simple...
Il fut sorti de sa torpeur en remarquant que la pluie ne s'abattait plus sur lui. Apparition divine ou choix du hasard ?Il se retourna pour apercevoir son sous-lieutenant lui tendant un parapluie d'un air affligé. Sans doute parce qu'il devait lui faire pitier, seul sous l'averse, à attendre on ne sait quoi...Apparition divine, choix du hasard, ou pas, songea Mustang. Refusant de perdre la face devant son subordonné, Roy repris du poil de la bête.
-Lieutenant Havoc, nous partons demain, il n'y a pas de temps à perdre. Je me charge des billets de train et je vous contacte ce soir pour vous communiquer les horaires, vous préviendrez Hawkeye.
-Vous...vous voulez qu'on vienne ?
-Un peu que je le veux, c'est un ordre !
Quitte à devoir leur faire faire la guerre autant qu'il porte leur haine sur le bouc émissaire qui les aura foutus dans ce bourbier, plutôt que de se détruire eux-mêmes se reprochant mille horreurs. Finalement, la soif de vengeance les sauverait des méandres de la culpabilité.
À partir de là, tout était allé très vite. Le lendemain ils s'étaient rejoints à la gare, le voyage jusqu'à destination avait duré près de 9 heures durant lesquelles Mustang avait dormi, chose qu'il n'avait pas pu faire la nuit tant ses spéculations l'accaparaient. Arrivées à bon port (enfin presque, car la gare de Danka avait était détruite et de ce fait il avait du descendre l'arrêt d'avant, ce qui les séparait de 500 kilomètres de leur destination) ils furent accueillis par un lieutenant d'Amestris affecté ici pour garder des liaisons, c'était le même personnage qui avait informé le QG et surtout vendu l'info à la presse à propos des débuts d'hostilité. Pour cette même raison, Mustang le détestait déjà. Mais il lui en fallait peu pour mépriser quelqu'un d'ordinaire. Leur guide de fortune, un jeune gringalet cynique de petite taille, les conduisit jusqu'à une luxueuse voiture, ce qui énerva d'autant plus Roy que dans cet endroit les gents vivaient dans une pauvreté extrême malgré les richesses du pays, et qu'au lieu de payer des voitures ostentatoires pour ces rares occasions ils feraient mieux de payer de quoi manger à ces pauvres gents. Aerugo était réputé pour avoir deux classes sociales apparentes. Les riches qui se gardaient bien de partager leurs richesses tout en les exposant auprès de tous, et les miséreux vivant dans la poussière qui les regardent faire. Cet aspect d'Aerugo était soigneusement dissimulé et on gardait de cette ville que sa réputation économique et ces nombreuses sources de pétrole. Alors que l'auto s'éloignait vers des sillons arides, Mustang jeta un coup d'oeil par la vitre et croisa le regard d'un enfant, écorché de partout et rendu métisse tellement la poussière lui collait à la peau. Cette image le remplit de culpabilité et il préféra détourner le regard.
La voiture avançait dans un désert désentravé, le panorama n'offrait que du sable et des dunes de sable. Seules les épaves de ce qui aurait pu être une ancienne voie ferrée troublaient ce paysage quasi inerte.
Une fois la traversée du désert achevée la voiture pénétrait enfin dans ce qui pouvait s'apparenter à des décombres d'une ancienne ville. Ils n'étaient pas encore à Danka et cette désolation semblait plutôt récente, ce qui interpella Mustang. Il se tourna vers le conducteur et lui demanda d'un ton grave.
-Quelle est cette ville ? Enfin cette ancienne ville...
-Tout ce qui reste des affrontements.
-Quels affrontements ! On nous a dit que malgré les tensions rien n'avait commencé !
Le soldat sembla réfléchir un instant. Il avait surement gaffé, et au point ou il en est, autant tout avouer.
-C'est à dire que...une fois Danka détruite, le peuple d'Aerugo nous a accusés et notre QG installé dans ce pays a aussitôt été siégé, pour riposter nous avons reçu l'ordre d'attaquer. Et cette ville était la banlieue de Danka donc une proie facile pour nous.
Mustang sentit son sang bouillir dans ces veines.
-Mais vous être parfaitement idiot dans ce pays ! C'était la meilleur chose à faire pour attiser les hostilités ! C'est la guerre que vous voulez ou quoi !
Le jeune soldat resta interdit. Riza s'en mêla.
-Qui vous a donné l'ordre d'attaquer ?
-Le Généralissime King Bradley.
-Mais c'est insensé ! Il nous envoie pour éviter les hostilités !
-Écoutez, je ne sais rien.
La conversation était close. Roy et Riza observaient les décombres de la ville. Parmi les ruines il y avait quelque cadavre, des cris d'enfant se mêlant aux lamentations de tous. On leur avait tout pris.
Les réminiscences d'Ishbal resurgissaient dans leur esprit et leur voyage se poursuivit sans encombre.
18h30. Celons les dires des journaux, la ville de Danka serait en cendre, mais en réalité il restait encore quelques habitations debout en périphérie, dont un hôtel qui hébergerait les 3 soldats. Ils descendirent de la voiture et retrouvèrent leur chambre. Une seule chambre qu'ils se partageront, car la plupart des autres étaient occupés par des riches qui avaient vu leur luxueuse maison partir en cendre.
Ils déchargèrent leur valise et troquèrent leurs uniformes en habits de civil pour mieux se fondre à la population.
-Hawkeye dites moi, vous...
Avec toute cette agitation, il en avait presque oublié que Riza ne pouvait plus lui parler.
-Non oubliez.
Havoc était le dernier préparé, et pour sur il avait opté pour une tenu assez originale en vertu de la situation. Une chemise à fleurs et un short assorti avec les lunettes de soleil au bout de nez.
Mustang et Hawkeye le regardèrent, septiques.
-Euh...On n'est pas au club Med Havoc .
-Vous pensez que c'est une tenue descente pour une mission à haut risque ! Ajouta Riza
Havoc jeta un coup d'oeil à sa tenue et releva le menton d'un air affligé.
-Bah quoi, il fait chaud !
Roy et Riza se regardèrent et il haussa les épaules tendit qu'elle soupirait de lassitude.
-Bon, comme vous le savez avec deux versions des faits différentes je ne sais plus quoi penser alors nous allons mener notre enquête nous-mêmes. Hawkeye, je veux que vous inspectiez les lieux, et Havoc vous irez interroger la population. Tant qu'à moi, je vais contacter Bradley pour plus d'explication. Compris ?
Ils hochèrent la tête et ils se dispersèrent pour s'atteler à leur tâche.
Pendant ce temps dans le quartier général de Centrale :
-Envy je ne comprends plus rien explique moi ou tu veux en venir !
-Ah mais t'es gâteux Wrath ! C'est pas compliqué !
Père m'a demandé de tester les humains, alors j'en ai pris deux au pif, parce que deux...c'est mieux qu'un.
-Le colonel Mustang et sa subordonnée.
-Exactement, bref je leur ai fait un chantage odieux, mais contre toute attente ils n'en ont rien à foutre. Et j'ai une sainte horreur qu'on se fiche de moi, donc en me renseignant j'ai appris que ce qui avait le plus marqué ces deux la, et ce qu'ils ont aussi en commun c'était Ishbal.
-Tu veux dire que tu me fais faire une guerre qui a des répercussions très influentes pour le monde entier, à cause de deux gus qui se foutent de toi et de ton chantage étrange ?
-Voilà !
-...
Bradley soupira en se rendant conte de l'absurdité de la situation. Envy n'y connaissait rien de rien en politique et il était en train de faire n'importe quoi pour s'amuser.
-Mais tu ne peux pas juste les tuer !
-Non je dois les tester. Et puis Mustang est un candidat au sacrifice donc pas touche.
-Bon écoute fait comme tu veux, mais préviens-moi avant de tout chambouler et surtout laisse-moi faire.
Leur conversation fut interrompue par la sonnerie du téléphone, en général c'était à l'assistante de Bradley de se charger des appels, mais elle n'était pas là. Alors Envy décrocha.
-Oui halooooooo ! Clama-t-il avec emphase. Si Si je suis le généralissime. Oh c'est bon pas la pêne d'hausser la voix ! Mais puisque je vous dis que c'est moi ! Quoi ! Non je...
Bradley lui arracha le combiné de la main et le toisa d'un regard méprisant.
-Généralissime King Bradley à l'appareil. Oh Colonel Mustang, ça se passe bien ? Comment ça deux versions différentes ? Je n'ai jamais donné de tels ordres. Bien sûr que non ! Je vous ai dit de restituer la paix pas de comploter contre moi ! Du renfort ?
Wrath et Envy se regardèrent et il poursuivit devant l'insistance du regard d'Envy.
-Le général de brigade Lawrence est sur les lieux, c'est à lui dont vous ferez vos rapports.
Mustang hurla dans l'appareil et Bradley décolla le combiné de son oreille.
-Je vous souhaite bonne channnce Mustang ! Finit-il avec un ton enjoué. Puis il raccrocha ignorant les tentatives désespérées de Mustang.
Roy raccrocha violemment le téléphone de l'hôtel ce qui lui valut une réprimande qu'il ignora royalement.
-Je hais ce type ! Hurla-t-il dans l'enceinte du hall.
N'ayant d'autre choix, il dut se présenter devant Lawrence, mais il lui fit bien comprendre que ce soit par son ton ou son regard, qu'il le haïssait au plus haut point. Le Général de Brigade s'en amusa plus qu'autre chose et quand Mustang lui raconta où ils en étaient et lui demanda des renforts Lawrence afficha un rictus moqueur.
-Oh vous avez besoin de mon aide ? Comme c'est intéressant !
-Ce n'est pas moi qui ai besoin d'aide, c'est ce pays !
-Et vous n'êtes tout de même pas venu seul ? Où sont vos subordonnés ?
-Le sous-lieutenant Havoc est en train d'interroger la population et le...Lieutenant Hawkeye se charge de la reconnaissance des lieux.
Lawrence détacha son regard de ses ongles et sembla soudain intéressé au discours de Mustang.
-Oooh ! Vous m'avez emmené Riza ! Intéressant ! Mais elle est sous mes ordres, vous n'avez aucun droit de l'affecter en mission et...
-C'est le Généralissime qui l'a mise sous mes ordres. Ne le frappe pas, ne le tue pas, ne sort pas tes gants, calme-toi...
-Oh...très bien...Quoi qu'il en soi je suis tenu responsable de toutes les décisions vis a vis des agitations dans ce pays, et vous devez me tenir informé de toute nouvelle.
-Contes-y mon gars... murmura-t-il
-Je vous demande pardon !
-Rien !
Au moment où mustang s'apprêtait à franchir le seuil de la porte Lawrence le rappela.
-Oh ! Et dites à Riza qu'elle vienne me voir après son inspection des lieux !
Le regard de Roy traduisait la négation plus que n'importe quelle parole, alors Lawrence insista.
-C'est un ordre.
Roy bougonna et claqua la porte avec véhémence. Puis la rouvrit :
-Oups, excusez-moi Générale de Brigade ! Déclama-t-il avec emphase.
Puis il la referma encore plus violemment faisant trembler la pièce tout entière et renversant le café posé sur le bureau de Lawrence. Se rendant conte que son geste pouvait amplement relever de la cour mariale il prit ces jambes à son coup et sortit du bâtiment. Comme le QG avait été détruit, le nouveau quartier général s'était installé à la place de la Mairie, plus loin sur la frontière de Danka. La nuit commençait à se montrer et il lui restait une bonne demi-heure de marche pour rejoindre l'hôtel. Il soupira et emboita le pas, en fulminant tout le long du trajet maudissant un coup Lawrence, puis maudissant le généralissime d'avait affecté Lawrence ici puis se maudissant d'avait emmené Riza, puis maudissant tout ce qui lui passait par la tête, divaguant complètement dans ses idées. Quand il arriva au pied de l'hôtel, la nuit était totalement tombée et la fatigue s'abattit sur lui d'un seul coup. Il ne songeait plus a rien si ce n'est qu'a son lit et son oreiller. Il retrouva miraculeusement sa chambre du premier coup – sans doute l'appel du sommeil – puis se retrouva face à sa subordonnée. Ah oui, une chambre pour trois. Il bâilla et salua Riza avant de s'étaler sur le lit. Un grand lit. Un lit double. Mustang releva brusquement la tête et balaya la sale du regard. Il y aurait donc deux personnes qui se partageraient le lit double. La bonne humeur le submergea à nouveau et un rictus pervers se dessina sur ses lèvres. Riza s'empara d'un stylo et d'une feuille de papier qu'elle plia en trois. Elle y écrivit une phrase et tendit le bout de papier à Mustang qui abandonna ses spéculations perverses.
Colonel, vous ne me demandez pas mon rapport ?
-Oh non, demain.
Riza le dévisagea d'un air dubitatif, mais il était trop lassé pour lui fournir des explications. Néanmoins, les paroles de Lawrence lui revinrent en mémoire.
-Je...euh..Lawrence veut vous voir...euh...demain.
Il essayait de masquer au mieux sa colère, mais il aurait défoncé le mur de rage si elle n'était pas là.
Riza déglutit, mais tenta de poursuivre la conversation, elle faillit répliquer à voix haute, mais se ravisa aussitôt. Elle se ressaisit du morceau de papier qui lui servait d'interprète et y inscrivit :
Vous...savez ce qu'il me veut ?
Surement rien de bon. Mustang sentit son sang se glacer en voyant l'air anxieux de son Lieutenant. Elle était intelligente et devait avoir deviné depuis longtemps les intentions de son nouveau supérieur. Et l'idée qu'il ait pu lui faire ou dire des choses dont il n'ait pas été témoin le rendait fou de rage. Aussi il oublia la demande de son lieutenant et répliqua :
-C'est un sale type.
Riza parut surpris de cette réponse, mais ne put qu'acquiescer tristement. Mustang mourrait d'envie de la prendre dans ces bras, et il l'aurait sans doute fait si Havoc n'avait pas choisi ce moment pour faire son entrée.
-Waah c'était trop cool ! Les gents ici sont vachement sympa, et très courageux. Y'a pas à dire ils tiennent le coup ! Oh et puis les filles ! et...
Il s'étonna de voir Mustang aussi proche de sa subordonnée, et jura intérieurement à l'idée d'avoir interrompu quelque chose. Il pencha la tête et les dévisagea longuement.
-Un problème Havoc ? L'interrogea sèchement Roy.
Havoc sursauta.
-Non non, euh...moi je suis crevé je vais dormir.
-Oui bonne idée. Vas dormir.
L'entrée fracassante de Havoc lui restait entre la gorge et il lui faisait durement ressentir.
-Bon je prends le prend lit avec Hawkeye et vous dormez là-bas Colonel ?
-C'est cela oui ! Je dors avec Hawkeye et vous dormez là-bas !
Il avait haussé le ton comme si le fait de dormir seul dans un lit rien que pour lui était la pire des ingratitudes, ce qui interloqua les deux militaires. En se remémorant ses paroles et se mis à rougir naïvement. Et il était tellement gêné qu'il prétexta devoir aller pendre sa douche. Havoc et Hawkeye se lancèrent un regard incrédule. Et c'est finalement Havoc qui posa la question.
-Il ne serait pas un peu jaloux le colonel ?
-...
Elle piqua un fard malgré elle, puis décréta vouloir se coucher, détournant maladroitement la conversation.
Havoc fit de même et s'installa dans son lit, non mécontent de ne pas avoir à le partager et surtout amusé de voir comment ces deux collègues se prenaient la tête pour des broutilles. Roy rejoignit Riza peu après, mais elle fit mine de dormir pour éviter toute confrontation gênante. Instinctivement, il se colla à elle et après être à son tour tombé dans les bras de Morphée, il l'enlaça. Elle aurait dû le repousser, mais elle se surprit à ne pas en voir envie. Pire encore, elle se colla un peu plus à lui, et à présent elle sentait son souffle dans son cou. Elle soupira de contentement sans imaginer que cette situation mériterait des représailles au réveil, mais qu'importe, elle était trop contente de se retrouver pour une fois dans ses bras. De toute façon, elle était bien trop fatiguée pour avoir pleinement conscience de ce qu'elle faisait. Alors, elle se laissa tomber dans le sommeil à son tour.
Le lendemain ce fut Roy qui se réveilla le premier, car la chaleur lui transcendait la peau, il mourrait littéralement de chaud. Il ouvrit les yeux dans un extrême effort. L'aube pointait à peine, il devait être dans les alentours de 5 h. Il constata avec surprise que la source de chaleur qui l'envahissait n'était pas tout à fait due au climat torride de la ville mais plutôt à la présence féminine enlacée dans ses bras. N'ayant pas encore repris toute sa lucidité et vaguant entre le rêve et la réalité il s'imagina qu'il était chez lui, dans son lit, avec une femme qu'il aurait ramené la veille. Mais au fur et à mesure qu'il reprenait ses esprits cette version des faits lui semblait improbable. Déjà il n'était pas chez lui, puis ce parfum il le reconnaîtrait entre mille. Il laissa son esprit calculer toutes ces informations puis il ouvrit brusquement les paupières. Riza !
Il déglutit et baissa les yeux avec appréhensions, si elle voyait qu'il l'avait collé comme ça pendant son sommeil, il mourrait immédiatement d'une balle entre les deux yeux. Sauf que ce n'était pas vraiment lui qui l'enlaçait, mais plutôt elle qui se pelotonnait dans ses bras. Il tenta de se redresser sur ses coudes, mais elle passa un bras sur son torse et se rapprocha encore de telle façon qu'elle avait à présent sa tête sur lui. Il calma les palpitations de son cœur et esquissa un sourire amusé. Il l'observa un long moment, elle avait les cheveux détachés qui lui entouraient le visage, affichait un air serein et mieux encore : elle souriait. En faite, son lieutenant et la femme dans ces bras était deux personnes différentes, pourtant toutes les deux aussi attractive et insaisissable. La tentation étant trop forte il tendit sa main vers le visage de Riza et repoussa délicatement une mèche de cheveux, bien que ce ne soit qu'un prétexte pour caresser son visage. Elle frémit à son contact et il ne put réfuter un sourire satisfait. Il renouvela l'expérience en effleurant ses lèvres du bout des doigts. S'il ne l'embrassait pas ici et maintenant il resterait frustré pour le restant de son existence. Mais d'un autre côté jamais il n'oserait lui dérober un baiser comme ça, pendant son sommeil, ce serait...
-Malsain...
Il renonça à ces idées incongrues, mais se permit une dernière fois d'effleurer son visage. Fatale décision : elle ouvrit vivement les yeux et ils restèrent un lourd instant à se fixer sans un mot.
Roy avait arrêté de penser, de respirer et de bouger. Il eut néanmoins la velléité de se justifier.
-...Je...euh...
-...
-...
Riza ne savait pas non plus quoi faire ou quoi dire. La décence aurait voulu qu'elle lui balance son verre d'eau à la tronche, mais d'un autre côté ça ne la dérangeait pas plus que ça. Après tout c'est elle qui s'était risquée à se lover contre lui. Autant dire que c'était un...malheureux concoure de circonstances. Elle effaça sa mine catastrophée et s'amusa de voir son supérieur tirer un fard comme un enfant pris en faute, avec sa mine offusquée et le drap remonté jusqu'au menton. Il déglutit difficilement et elle étouffa un rire. Il la suivit du regard d'un air ébahi pendant qu'elle se dirigeait vers la salle de bain.
-Bon, et maintenant ?
Il jeta un coup d'oeil à l'heure : 6h01.
-Trop tôt pour enquêter et trop tard pour se rendormir, se murmura-t-il à lui-même.
Il opta donc pour faire comme sa subordonnée et se préparer. Après tout, avec une guerre qui menace on n'a pas de temps à perdre en grâce mâtinée. Il sauta du lit enfila une chemise puis balança son oreiller sur Havoc avec une violence extrême.
-GYAAAAAAAAAAAAAAAH...Que...qu'est-ce qui se passe ?
-Debout Havoc on n'est pas au club med, mais en mission.
-Oui, on m'a déjà dit ça.
Havoc jeta un œil au réveil et sentit tout à coup le sommeil lui sillonner le corps.
-Aller bouge-toi !
Il maugréa en silence, mais s'exécuta.
-Alors Colonel, vous avez bien dormi...avec Hawkeye ? Une petite vengeance personnelle s'impose...
-Hum ouais, répliqua-t-il d'un air détaché, non sans se douter du sous-entendu qu'évoquait la question.
Un court silence s'empara des lieux, mais Havoc ne manqua pas de le dissiper avec un sourire empli de malice et un ton tout aussi horripilant.
-Si vous voulez, je peux prendre le grand lit ce soir ?
-Vous voulez dormir avec moi Havoc ? Oh, je suis sincèrement touché...
-...Tout bien réfléchi ça ira.
Riza sortit de la salle de bain à ce moment, ce qui permit de mettre fin à cette conversation sans but. Roy lui jeta un regard furtif. Elle était déjà prête à partir en mission, uniforme bouclé et air professionnel retrouvé. Elle se dirigea vers sa valise tout en séchant hâtivement ses longs cheveux blonds à l'aide d'une serviette de bain. Elle se saisit d'une sorte de calepin ou elle notait les avancé de la mission ou deux trois informations à ne pas oublier. Notamment une qui l'interpela. Elle se retourna vers son supérieur puis vers Havoc et lui expliqua avec tout son calme :
-Havoc dites au colonel que je suis désolée, mais je dois me présenter au Général de brigade Lawrence ce matin. Vous devrez vous passer de mes services pour ce matin.
Havoc acquiesça tandis que Mustang se renfrogna et jura à voix basse.
Quelque minute plus tard, Roy rejoignit sa subordonnée attablée au self de l'Hotel. Il s'étonna de la voir encore ici alors qu'elle devrait déjà être en route pour le nouveau quartier général, ou Lawrence devait l'attendre avec son sourire carnassier et ses allusions perverses. Il prit place en face d'elle et lui demanda :
-Vous faites quoi ?
Elle sortit son stylo et sa feuille de la veille et écrivit : Je mange.
-Comment ça, vous mangez ?
Action d'avaler des aliments dans le but de se nourrir.
-Hum hum...
Elle entama le dernier morceau de son croissant et se leva de table.
-Une seconde lieutenant ! Vous n'étiez pas censé aller voir Lawrence ?
Elle se rassit aussitôt pour se servir de la table comme support pour écrire.
Je n'avais pas franchement hâte d'y aller, comme vous le dites « c'est un sale type » mais maintenant j'y vais sinon je risque d'avoir des problèmes.
Cette fois elle appuya sur le bout de son stylo pour ranger la mine et fourra le tout sans sa poche d'uniforme pour clore définitivement la conversation. Elle salua Mustang d'un salut militaire et s'engagea vers la sortie. Roy se leva de sa chaise et l'arrêta en lui enserrant le poignet.
-Non, attendez. Je viens avec vous !
Voilà pour ce 4em chapitre, le 5em devrait pas tarder à moins que j'ai encore une crise de flemme...
Enfin ça se soigne bien avec des reviews donc...
