Non vous ne rêvez pas, c'est bien la suite!
Avec en prime... un BÊTA WEEEEEEEE! Merci donc à Booster77 d'avoir eu la patience et la bonté de me corriger. Surtout que j'ai du lui mettre les nerfs en pelotes avec mon chipotage. Bref.
Je en sais honnêtement plus à qui j'ai ou n'ai pas répondu question review. Dès que j'aurai un peu de temps, j'essayerai de reprendre tout ça au calme et de répondre aux oubliés. Je sais seulement que l'une de mes lectrices m'a laissé un review qui m'a franchement perturbée. Comme elle n'avait pas laissé d'adresse, je vais faire une petite entorse à la règle et lui répondre à la fin de ce chapitre surtout parce que c'était intéressant et que peut-être c'est l'avis d'autres personnes.
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 17
"Tu vas y aller ?"
"Où ça ?"
"A ton avis ?"
Il avait profité d'un jour de congé pour venir le voir, au lycée. A ceux qui avaient posé des questions, David avait répondu évasivement qu'ils étaient amis et que leur rencontre était une longue histoire.
En réalité, il ne savait pas très bien ce qu'ils étaient. Ça ne le dérangeait pas plus que ça. Ils n'étaient pas spécialement tactiles, pas spécialement entreprenants non plus. Mais David appréciait sa compagnie, sa présence à ses côtés comme quelque chose qui n'avait pas à être remis en question. Comme quelque chose pour lequel il ne se prenait pas la tête. C'était assez nouveau et c'était un luxe dont il était conscient.
« Ah. Je sais pas. »
« Ça ferait plaisir à Casey tu sais ? »
David haussa les épaules.
« Peut-être. Je suis pas aussi sûr que toi d'y être le bienvenu. »
« A cause de... »
« De tout. »
Seul avec le serveur, tous les deux sur les gradins du terrain de foot, David regardait les footballeurs de McKinley s'entraîner. Malgré les regrets dans sa voix, il ne semblait pas spécialement triste. A vrai dire il avait l'air étrangement contemplatif. Serein. Preste atone.
« Tu ne regrette pas ? »
« D'avoir quitté l'équipe ? Non pas vraiment. C'était plus un passe temps qu'autre chose. »
« Mmh. Mais t'aimais bien jouer quand même. »
David remonta la fermeture de son blouson en jean, fourra les mains dans ses poches et cala les talons sur les bancs devant lui.
« Ouais. C'était fun de faire partie d'un groupe et d'avoir un moment me défouler deux fois par semaine, mais peu importe au fond. »
« Pourquoi t'es parti au juste ? »
« Parce que… » dit-il avec un sourire amer. « Je peux bien faire des discours devant les profs et les parents, ça ne changera pas ce qui se passe en ce moment au lycée. Pas tout de suite. Je suis même pas sûr que ça change quoique ce soit avant que je sois parti. Mais je serais pas une victime. Je préfère me barrer avant que les gars aient commencé à additionner deux et deux et se disent que j'ai des raisons de protéger les… minorités. Et comme j'ai toujours été meilleur bizuteur que bizuté... Je préfère m'éloigner. »
«Tu pourrais rejoindre un autre club...» murmura Jeff.
« Non, j'ai pas envie. Si c'est pour faire du sport, je peux me débrouiller autrement. »
« Et pour faire partie d'un groupe ? »
Dave resta silencieux.
ooo
Quitter l'équipe avait été selon David la meilleure chose à faire, mais certainement pas la plus facile. En particulier parce que ses coéquipiers n'avaient pas compris. Certains lui avaient demandé si c'était parce qu'il avait du mal avec les cours, quelques uns avaient même proposé de l'aider. Mais personne ne l'avait harcelé pour qu'il reste. Il n'était pas si important et à partir du moment ou il avait simplement décrété que ça ne l'intéressait plus, les autres s'étaient résignés.
Seul Hudson lui avait jeté un regard triste. Il avait voulu lui parler en privé, mais Dave l'avait coupé immédiatement. « Te fatigue pas. Je sais ce que tu vas dire. Je suppose que c'est gentil et que ça part d'une bonne intention mais franchement, j'ai pas envie de l'entendre. Laisse tomber. Mais merci. »
Hudson avait hoché la tête avec un pauvre sourire et était parti. David avait rangé ses affaires et quitté le vestiaire sans hésiter. Il n'était pas très adepte des mélodrames.
Le fait est que se séparer de l'équipe avait considérablement réduit les sujets de conversations entre lui et ses amis. Si bien que très naturellement, ils s'étaient peu à peu éloignés. Les autres adolescents estimaient que David devenait bizarre, plus bosseur, plus solitaire et comme dans un cercle vicieux, David se retrouva plus seul que jamais. Finalement, la rumeur se répandit selon laquelle il était puni par ses parents pour ses multiples dérapages au lycée.
Azimio aussi s'était éloigné. Sans un mot. Sans une plainte. Il avait juste décidé que ça n'avait plus d'intérêt de traîner avec lui. David n'avait plus de violence interne alors ils n'avaient plus rien a faire ensemble. David s'en étonna mais ne le regretta pas, se sentant étrangement détaché de tout ce qui se passait.
ooo
Bien décidé à -se- prouver qu'il n'avait pas vraiment besoin de faire partie d'un club pour se sentir bien dans sa peau, Dave s'obligea à aller courir deux fois par semaines. Il s'inscrivit dans une salle de sport, se mit aussi à lire, beaucoup, et à enchaîner les vieux films. Juste pour oublier qu'il était très seul.
Il aurait pu appeler Jeff et Casey, mais ils travaillaient énormément tous les deux et avaient des horaires trop complexes pour qu'ils aient la possibilité de se voir souvent. De même, la Dalton Academy était loin, Kurt et Blaine avaient beaucoup de travail à fournir pour rester au niveau et de toute façon, leur nouvelle amitié n'était pas assez solide pour que Dave se sente de les appeler.
Point positif, ses notes augmentèrent et avec encore un peu d'effort, il pourrait peut être décrocher une petite bourse d'étude. Mais c'était une compensation un peu maigre, comparé au sentiment amer qu'en étant devenu gay, il avait perdu beaucoup.
ooo
Le jour où Casey fêtait l'ouverture de son restaurant, David était garé à quelques dizaines de mètres de l'entrée et se demandait encore s'il allait entrer ou repartir. Il voyait les gens affluer, foule compacte et bigarrée qui s'engouffrait joyeusement dans l'établissement, et toute cette agitation le mettait mal à l'aise. Il avait trop longtemps fuit les communauté gay-friendly pour aujourd'hui courir les rejoindre.
Il tendit le cou, tentant d'apercevoir une bonne raison de sortir de là et de s'y rendre. Il avait envie d'y aller. Et il avait peur d'entrer.
Un peu plus loin, Jeff descendit de sa voiture et marcha d'un pas décidé vers la file d'attente. Pendant qu'il s'y glissait et patientait, Dave le vit cherche avidement quelque chose des yeux et il sut que c'était lui qu'il attendait. Casey surgit dans le dos du serveur et lui posa la main sur l'épaule en prononçant quelques mots d'un air bienveillant. Jeff lui fit un petit sourire contrit, le salua d'une brève accolade et le suivit à l'intérieur.
Cela suffit à David. Il sortit de la voiture, rajusta sa veste, verrouilla le véhicule puis-
« Excusez moi ? »
Il se retourna et son cœur rata un battement.
« Oui ? » Demanda-t-il d'une voix un peu pâle.
« Je... Excusez moi de vous déranger mais... ce restaurant... »
Le type qui s'adressait à lui sortit un prospectus chiffonné de sa poche. David lui jeta un coup d'oeil, sachant déjà pertinemment ce qu'il voulait savoir.
« Oui. C'est celui là. »
« Ah merci. »
David ne releva pas le fait que le titre du restaurant, écrit en grandes lettres d'or sur la devanture aurait pu répondre à sa question sans qu'il ait besoin de demander à qui que ce soit. Il était visiblement nerveux et cherchait, comme David quelques minutes plus tôt, un bonne raison d'entrer à l'intérieur.
« Vous cherchez Casey Stevens. Vous êtes son frère, n'est ce pas ?»
Le type haussa des sourcils surpris. « Heu oui. Comment … ? »
« Vous lui ressemblez. »
Assez pour le reconnaître en tout cas. Il n'était pas aussi séduisant que lui, même s'il avait un certain charme. La différence la plus flagrante était encore l'absence du charisme écrasant qui émanait de son frère. David en était un peu déçu. Quelque part, il s'était dit que Casey ne pouvait adorer qu'une personne aussi extraordinaire que lui. Mais devant lui, ce n'était qu'un type un peu banal, grand, l'air d'avoir plus de la trentaire alors qu'il était à peine plus vieux que Casey. Son visage était crispé, cerné et barré d'épais sourcils noirs.
« Je m'appelle Douglas, » se présenta-t-il.
« David, » répondit-il en lui serrant la main « Vous venez lui parler j'imagine. »
« C'est... oui. C'était dans mes projets en venant ici en tout cas. »
« Je veux pas être désagréable, mais je sais pas comment il va vous accueillir. »
« Oui... Je... C'est juste que ça fait six ans que je ne l'ai pas vu alors... »
« Mmh. Je ne sais pas exactement comme il était il y a six ans, mais vous êtes conscient qu'il aura sûrement changé ? »
« J'espère qu'il a changé, » répondit-il d'un ton fervent. « Qu'il va mieux, je veux dire, » ajouta-t-il devant l'ambiguïté de sa phrase.
Ils échangèrent une regard entendu. Chacun savait parfaitement dans quel état Casey était quand il avait coupé les ponts six ans auparavant.
« Bon. Allons-y alors. »
Douglas lui lança un regard indescriptible, tendu, reconnaissant, en se demandant qui était cet adolescent qui en savait autant sur eux et en se demandant aussi pourquoi il venait en quelques mots de lui redonner un peu de courage.
David passa devant lui, d'un pas plus décidé qu'il ne l'aurait cru et avant même d'avoir eut le temps d'y réfléchir, franchit le seuil de l'Amalthée.
« Une table pour deux ? » Demanda le maître d'hôte à l'entrée.
« Nous rejoignons quelqu'un, » répondit David directement.
Sans que Douglas n'ait pu dire ou faire quoique ce soit, Dave le saisit fermement par le poignet et l'entraîna à sa suite.
« Venez. Ce serait de mauvais goût de demander à le voir maintenant. Il doit y avoir une représentation pour fêter l'ouverture, laissez le savourer sa réussite où vous risqueriez de tout gâcher. »
Le restaurant était déjà plein à craquer. David, mut par une assurance qu'il ne se connaissait pas - ou plus- slaloma entre les tables avant de rejoindre le seul visage qui l'intéressait pour l'instant.
« Salut. »
Jeff sursauta et tourna les yeux vers lui. Son sourire s'agrandit en le reconnaissant.
« Je commençais à me persuader que tu ne viendrais pas. »
« J'étais à deux doigts de penser comme toi. »
« Qu'est ce qui t'as fait changer d'avis ? »
David se contenta de répondre par un sourire. Ce n'est qu'à ce moment là que Jeff aperçue qu'il n'était pas tout seul.
« Tu as amené quelqu'un ? »
« On s'est croisé dehors. Il n'osait pas rentrer. »
« Oh. »
Sans rien ajouter d'autre, David se glissa à côté de lui et désigna la chaise en face à Douglas. Lequel s'y assit délicatement, presque par erreur.
« Bonjour. Je... m'appelle Douglas. Répéta-t-il pour la seconde fois de la journée.
« Jeff. Vous connaissez David... ? »
« Heu... non. Pas du tout. »
Le serveur haussa les sourcils et David haussa les épaules. « Longue histoire. » marmonna-t-il.
Un silence mi-gêné mi-curieux se fit une place entre eux, interrompu par une jeune femme en uniforme qui leur servait à tous une coupe de champagne, offerte par la maison. Rapidement après son départ, un chœur de voix masculines s'éleva progressivement dans la salle.
Les convives se turent et une petite armée de jeunes hommes en blazer bleu et rouge se dispersèrent dans la salle. Mais ce qui sidéra David c'est que ici et là, des membres des New Directions se levèrent en même temps et le visage couvert d'un sourire à la limite de la niaiserie, entamèrent les premières notes de Dreaming on a world de Tracy Chapman. D'une voix douce et vibrante, Blaine Anderson émmergea de la foule et entonna les paroles, les yeux brillants.
Avec un sourire amusé, David l'observa déambuler au milieu des clients, posant une main chaleureuse sur les épaules des uns et des autres, ébourrifant les cheveux des quelques enfants. En quelques secondes, ils étaient évidemment tous conquis. Lorsqu'il se tu, la salle explosa en applaudissements et il salua avant de s'écarter.
Casey monta sur la petite estrade, au fond de la pièce et quelques lumières se braquèrent sur lui comme s'il en avait eut besoin pour attirer les regards. David sentit son coeur se serrer.
Il était beau. Brutalement beau, d'une façon dévorante et fascinante. Grave et heureux, dans son impeccable chemise de cuisinier noire, les jambes longues prisonnières d'un pantalon tout aussi noir. Il avait coupé ses cheveux. Juste ce qu'il fallait pour qu'il ait l'air propre et professionnel en conservant ce négligé sensuel qui lui appartenait. David aurait défilé en tête de la gay pride, juste pour que ces yeux là le regardent, maintenant.
"Bonjour, merci à tous d'être venu ici aujourd'hui. Je ne suis pas très fort sur les discours alors je ne vais pas m'attarder longtemps. Je ne sais pas comment vous dire à quel point cet important à mes yeux de voir tant de gens différents dans cette pièce, tant de gens qui revendiquent un monde différent. Je veux juste faire un voeux ici, parce que j'ai l'impression que les choses sont réunies pour qu'il se réalise. Je souhaite que chaque jours, chaque heure pendant lesquelles ce restaurant sera ouvert, tout ceux qui se sentent à part, seuls, décalés par rapport à une normalité qui ne leur correspond pas puissent venir ici, et pendant le temps d'un repas ou d'un café, se sentir chez eux et entourés d'amis. Et pour longtemps." Acheva-t-il en levant son verre.
D'un même geste plein d'émotion, tous levèrent leurs verres et trinquèrent avec lui. Dans son dos, une voix très pure et immédiatement reconnaissable se mit a chanter la Philadelphia de Neil Young.
Et pendant que Kurt racontait à voix lente et paisible qu'il connaissait l'amour et l'amitié, la lumière et la chaleur et qu'il n'était pas seul, qu'il n'aurait jamais honte d'aimer, David sentit les larmes lui monter stupidement aux yeux.
Il ferma les paupières très fort et refusa longtemps de les ouvrir, même quand il sentit la main de Jeff s'accrocher à la sienne sous la table.
Dave applaudit avec les autres, sincèrement, quand Kurt se tut, et il apperçut Finn Hudson qui lui faisait un clin d'oeil à l'autre bout de la salle. Pour la première fois, Dave lui rendit son sourire et hocha la tête.
Pendant tous le repas, il y eut une version un peu stridente aux oreilles de David d'I Won't Give Up de Jason Mraz que chanta Rachel Berry, une autre étonnament vive et punchy d'Hair de Lady Gaga, chanté par Kurt et Blaine. Sans gel, ni l'un ni l'autre pour l'occasion. David en rit beaucoup, surtout quand Blaine agita ses bloucles folles et que Kurt fit mine de s'évanouir dans les bras des New Direction. Santana se lança dans It gets Better, reprise osée et sexy de Rebecca Drysdale, et le type en fauteuil roulant des New Direction -Arthur ou quelque soit son nom- chanta une très bonne version de Talking About A Revolution encore une fois de Tracy Chapman.
Les plats qui leurs étaient servis étaient parfaits. Juste parfaits. Evidemment, c'était de la cuisine française, exotique aux yeux d'américains. Mais c'était surtout des plats simple, et chaleureux. Les gens étaient souriants, agréables, presque familiers et il émanait de tout une ambiance confortable, comme si vous étiez effectivement entourés d'amis. David était persuadé que Casey allait prospérer.
Il reporta les yeux sur le frère de celui-ci qui touchait à peine son assiette. Ses yeux voguaient de ci de là, observant les gens. Il était resté silencieux pendant longtemps, enveloppé par l'ambiance et l'aura tranquille de Jeff qui n'était pas insistant. Ils avaient un peu discuté, mais les réponses brêves et sybillines de l'inconnu avaient vite fait retomber la conversation. Jeff ne s'en offusquait pas, il en avait l'habitude au bar. Il avait bien saisit que Douglas était de la famille de Casey, même s'il ne connaissait pas leur histoire. Mais il ne comprenait pas pourquoi il était aussi nerveux. Et puis Casey était apparu : il avait été à deux doigts de partir en courant. Ou de lui sauter dessus. Ou de pleurer.
Il arriva fatalement que les assiettes à dessert vides soient renvoyées et qu'on leur apporte un café chacun. Et comme David s'en était douté, Casey vint saluer en personne ses clients à la fin du repas. Il le vit passer entre les tables, demander si ça s'était bien passé, recevoir des compliments, discuter tranquillement avec un peu tout le monde. Et puis Casey se retourna.
Douglas se tendit, les doigts crispés sur la table. Les yeux de Casey balayèrent la table, s'arrêtèrent. Son sourire retomba. Immobile, il dévisageait Douglas, les lèvres pincées et le visage un peu pâle. Le tout dura quelques secondes avant qu'il secoue la tête et reprenne un visage neutre.
"Salut."
Il s'adressait à tout le monde, mais ses yeux fixaient son frère.
"Salut," fit Douglas. "Je voulais t'appeler mais j'avais peur que tu me raccroches à la figure."
"Tu aurais probablement eu raison. Mais maintenant tu es là... Comment vas tu ?"
"Bien. Toi aussi on dirait."
"Oui. Plutôt."
Ils se dévisagèrent en silence et David aurait aimé savoir ce qui se passait dans leurs têtes à tous les deux. Mais Jeff finit par les interrompre.
"C'était génial, Casey. Tout était excellent et l'ambiance est d'enfer."
Casey détourna les yeux et lui adressa un sourire chaleureux. "Merci. J'espère que ça va marcher aussi bien par la suite."
"J'en ai aucun doute. D'ailleurs, j'vais peut-être te proposer un CV."
"Tu serais le bienvenu."
Jeff haussa les sourcils, comme s'il n'était pas sûr de savoir si c'était sincère ou pour rire.
Casey se tourna vers David et posa une main chaude derrière son épaule. "Je suis content de te voir."
"Ouais. Je suis pas déçu d'être venu non plus."
"J'espère que tu reviendras souvent."
David lui fit un sourire. Il avait envie de dire qu'il viendrait tous les jours s'il le pouvait, mais se refusa à le faire parce que ce n'était pas vrai. Ils le savaient tous les deux.
"J'essaierai."
C'était la meilleure promesse qu'il pouvait faire. Casey hocha la tête et effleura légèrement sa nuque. "Je vais vous laisser, j'ai d'autres clients à voir. Doug... Je... On peut se voir, après ?"
"Oui. Bien sûr. Quand tu veux."
"Tu loges dans le coin ?"
"Je sais pas encore, je suis arrivé ce matin."
"Ah. Heu... On va fermer tard, tu sais avec tout ce qu'i faire aujourd'hui alors..."
" Je peux attendre."
"Oui... Tu pourrais..." Hésita-t-il en se massant la nuque "tu pourrais aller chez moi. Si tu veux."
" Je ne sais pas où tu habites..."
" Je peux vous y emmener si vous voulez," intervint Dave.
Casey lui adressa un regard éperdu de reconnaissance. Douglas hésita mais finit par accepter.
Le chef les raccompagna jusqu'à l'entrée, leur offrant tout le repas. Quand Jeff et David lui serrèrent la main pour lui dire au revoir, Casey tint un peu plus longtemps la main du second et lui murmura un "merci" chancelant à voix basse. David lui fit un sourire, heureux pour une fois, de pouvoir faire quelque chose de bien.
Il avait demandé à Douglas de le suivre en voiture après avoir embrassé discrètement Jeff. Arrivé devant l'immeuble de Casey, il se servit des clefs que celui ci lui avait laissé et le fit entrer dans le studio.
Mal à l'aise, Douglas déposa au sol un sac à dos épais qu'il avait dans la main et regarda autour de lui.
« Vous connaissez bien mon frère ? » demanda-t-il distraitement.
« Un peu. »
« Vous n'êtes pas... »
« Ensemble ? Non. »
« D'accord. »
David le regarda marcher à pas léger dans la pièce, comme s'il voulait se faire discret.
« Pourquoi, êtes vous là ? Vraiment ? » Finit-t-il par demander d'une voix un peu brusque.
Douglas se tourna vers lui, le visage fatigué et raide, rappelant soudain à David que cet homme là avait plus de dix ans de plus que lui, qu'ils ne se connaissaient pas et qu'il n'avait pas de compte à rendre à un adolescent. Mais Douglas, plutôt que de l'envoyer sèchement paître, baissa la tête.
« Ben... je voulais voir mon frère. »
« J'avais compris. Mais vous voulez seulement le voir maintenant ou vous voulez le voir régulièrement, souvent, jusqu'à la fin de vos jours ? »
Il était plus brutal qu'il ne l'aurait voulu. Mais il était un peu inquiet aussi de l'avoir guidé jusqu'à Casey alors qu'il pourrait le faire affreusement souffrir. Et en dehors du fait qu'il éprouvait le besoin impérieux de rendre le cuisinier heureux, Casey était certainement l'une des personnes qu'il connaissait qui méritait le plus de ne pas souffrir.
Douglas avait l'air de comprendre le cheminement de pensée de l'adolescent et se laissa faire. La culpabilité, se dit Dave.
« Souvent. Je veux revenir dans sa vie. »
David tira un des tabourets haut à côté du comptoir de la cuisine et s'assit. « Vous regrettez de l'avoir chassé de la vôtre ? »
« Jour après jour. Je l'ai regretté dès le début. »
Douglas Stevens avait l'air d'être un homme malheureux et fatigué. Un homme qui avait fait sa vie en étant écrasé par un poids trop lourd pour lui. Dave avait beau savoir combien son indifférence avait brisé Casey, des années plus tôt, il ne pouvait que compatir.
Il savait, après tout, ce que c'était que d'être un bourreau.
« Il va bien maintenant, » dit-il lentement. « Du moins, c'est devenu un type vraiment bien. »
« Ah oui ? »
« Ça ne fait pas très longtemps qu'il est ici mais il a fait beaucoup de bien autour de lui. »
« A vous ? »
« Entre autre. Il vous racontera mieux que moi je pense. Vous lui avez manqué. »
« Il vous a parlé de moi ? »
« Une fois oui. Pas longtemps mais c'était suffisant. »
Ils ne discutèrent pas longtemps, David ne voulait pas rester. Il souhaita bon courage à Douglas et sortit.
ooo
Jeff ouvrit immédiatement quand Dave toqua à la porte. « Je t'attendais. »
« Comment t'as su ? »
« Je sais pas. Je m'en doutais, » répondit-il en s'écartant.
« J'avais... J'avais pas envie d'être tout seul. »
Jeff lui fit un sourire compréhensif. « Tu me raconteras pour Douglas ? »
« Plus tard. »
David s'approcha et l'embrassa. C'était devenu facile ça, surtout dans l'intimité. A vrai dire, tout était facile avec Jeff. Il accueillait la tendresse avec plaisir, ne la réclamait que rarement. Il ne posait pas de questions, ne voulait pas plus, pas moins. Il le laissait choisir avec une bienveillance relaxante.
Dans un bruissement feutré, il fit descendre la veste de David sur ses bras et la laissa choir par terre. David sentait son cœur battre contre sa poitrine, son bras se glisser autour de ses reins, une main caresser l'angle de sa mâchoire. Tout ça avec langueur et cette façon de bouger masculine, virile, assurée sans être pressante, qui lui plaisait tellement.
Il le sentit sourire quand il posa maladroitement les lèvres sur son cou.
Et tout de suite, la réponse à la review perturbante :
C'est donc Leeloo qui me disait qu'elle ne trouvait pas réaliste qu'un mec homophobe hier devienne militant LGBT le lendemain. Elle disait que dans la vraie vie ça ne marchait pas comme ça et qu'à ses yeux, Dave était un personnage lâche qui devait certes des excuses mais qui n'était pas le genre à en faire en public.
Je suis tout à fait d'accord sur la première partie. Un véritable homophobe ne risque pas de devenir militant LGBT et surtout pas en quelques jours. Mais je ne suis pas d'accord avec le reste. Tout d'abord le personnage de David n'est pas homophobe pour moi.
C'est un gamin très seul, qui a besoin de se sentir entouré pour être heureux et qui a désespérément besoin de faire partie d'un groupe. Il est persuadé de faire, d'être quelque chose de mauvais et c'est pour ça qu'il réagit très mal. Ce qui ne rend pas ce qu'il a fait à Kurt excusable, on est d'accord. Mais si on se fie à ce qui se passe dans la série, à partir du moment ou Santana le prend sous son aile, il protège Kurt. Il s'excuse quand il est entouré de personnes qui ne vont pas le lyncher pour ça. Et -aussi horrifiant que je trouve ça- il va jusqu'à se déguisé en singe géant et envoyer publiquement des déclarations d'amours. Franchement. J'ai beau avoir détesté cette partie, ça prouve bien une chose : à partir du moment ou il n'est plus seul, il fait ce qu'il a envie de faire et il a moins peur. Et je crois qu'il faut une sacré dose de courage pour arriver à faire ça.
Il n'est donc pas homophobe, ni lâche. Il a peur des homophobes, ça oui et n'importe quelle bonne histoire dira que le courage ce n'est pas l'absence de peur mais le fait de dépasser sa peur (regardez le Roi Lion tiens). Son courage est tardif, d'accord, mais il est là quand même.
Quand à ma fic, eh bien il ne devient pas militant LGBT. Je pensais avoir été claire sur ce point : son discours ne défendait pas les homos, il revendiquait le droit pour tous d'étudier et de se déplacer en sécurité dans le lycée. Il me semble qu'il y a une grande différence entre les deux. Et ce changement n'est pas anodin : il se contente juste de passer le plus vite possible d'un groupe -homophobe- à l'autre -ultra tolérant- parce que encore une fois, la véritable solitude lui fait peur.
J'espère que ma ligne d'écriture et de développement de David vous parait plus claire comme ça.
J'ajouterai juste que j'ai été très déçue par la suite de Glee. La saison 3 m'avait laissée mitigée, la 4 m'afflige. Honnêtement, la seule raison pour laquelle je regarde encore, c'est pour les reprises.
Et parce que j'ai bon espoir de revoir Darren Chris tout luisant de sueur un de ces quatre.
