Chap 12 : Compte à rebours
Dédale- Hyperespace- Quelque part entre la Voie Lactée et Pégase.
Teyla marchait lentement le long du couloir. Elle tenait Torren par la main et le petit garçon trottinait gaiement à côté d'elle. Sur le seuil de la cafétéria, elle tomba sur le colonel Caldwell.
« Je vois que votre fils a l'air de ce plaire ici ! » lança le militaire, devant la mine réjouie du petit Athosien.
« En effet colonel. Il est infatigable ! Il pourrait parcourir des kilomètres sans s'arrêter ! »
« Je vois ça ! Mais j'ai l'impression que votre dos ne va pas tenir le choc ! » répondit Caldwell en désignant la position inclinée de devait prendre Teyla afin de se mettre à portée de son fils. « Le fait de vous avoir récupérée sur une planète à la limite de la Voie Lactée vous aura épargné quelques jours de voyage supplémentaires ! »
« Merci à vous de me conduire sur la nouvelle Athos. Vous faites beaucoup d'aller et retours en ce moment colonel. » répondit Teyla.
Le militaire soupira.
« Effectivement. Quand Atlantis était encore dans Pégase, notre présence n'était nécessaire que pour l'approvisionnement. A présent, la surveillance des peuples alliés occupe tout notre temps. Et nous ne sommes que deux vaisseaux pour cette mission. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais je ne serais pas contre le fait que la cité reparte pour M35-117 ! Le seul problème, c'est la défense de la Terre… »
En effet, le CIS et les hauts responsables du projet Stargate semblaient penser que depuis la destruction du fauteuil des Anciens de la zone 51, seuls les vaisseaux restants et le dispositif de défense de la cité pouvaient prémunir la planète d'une éventuelle attaque alien. Depuis huit mois qu'ils étaient rentrés sur Terre, les armes lantiennes n'avaient cessé d'être améliorées. La quasi-totalité des jumpers permettaient à présent d'effectuer des téléportations, un nouveau vaisseau de classe Aurora était en construction ainsi que deux vaisseaux BC 304. De plus, le Sun Tzu avait été récupéré et était à nouveau opérationnel. On pouvait également toujours compter sur le Hammond et l'Odyssée et tous les boucliers avaient été renforcés. Restaient les drones… Le stock avait diminué de façon conséquente…
« Beaucoup de peuples de Pégase n'ont pas autant de moyens pour se défendre contre les Wraiths. » répliqua Teyla.
Caldwell acquiesça avec un air désolé.
« Nous arriverons sur la nouvelle Athos demain matin. Ensuite, quand vous aurez fini, vous pourrez nous rejoindre sur le site alpha par la porte des étoiles. Nous vous attendrons là-bas. Nous allons faire le tour des peuples alliés durant votre séjour. »
« Je compte rester environ une semaine. »
« C'est ce qui est prévu. »
« Très bien, merci colonel Caldwell »
« Bonne soirée Teyla. Et toi, ne fatigue pas trop ta mère ! » s'exclama-t-il en s'inclinant vers Torren.
Le petit garçon leva vers lui de grands yeux ronds.
Cité de Shambhala-Himalaya- Frontière Népalo-tibétaine
Le lieutenant colonel Cameron Mitchell avança prudemment sur le sol de pierre du grand hall bordé de colonnes gigantesques. Elles étaient gravées de symboles Anciens, tout comme les murs et une partie du plafond. Le faisceau de sa lampe fixé sur son P90 éclairait en partie l'allée qui s'ouvrait devant lui. Sheppard et Ronon le suivaient de près, Larrin et Vala également. Zelenka, Daniel Jackson et Teal'c fermaient la marche.
Leurs souffles chauds s'échappaient en nuages blancs diaphanes devant leurs bouches.
« Ils auraient pu prévoir le chauffage ici ! » lâcha soudain Vala.
Sa voix résonna longuement contre les parois siliceuses, tandis que ses comparses avaient stoppé leur marche pour se tourner vers elle, l'air sévère.
« Quoi ! » avait-elle rétorqué.
« D'accord avec elle » répliqua Larrin.
« Oh, vous, ça m'aurait étonné que vous ne fassiez pas de commentaires ! » ajouta Sheppard.
Daniel ne savait plus ou regarder tant cet endroit était magique. Des centaines de stalactites ornaient la voûte du bâtiment. Soudain, il abaissa sa capuche et pointa son doigt vers le fond de la pièce.
« Là ! Une porte ! »
L'équipe se dirigea vers le pan de mur désigné par Jackson.
« J'en reviens pas qu'on ait pu entrer. » murmura Mitchell.
« Rappellez-moi où vous avez eu ce médaillon ? » lui demanda Sheppard.
« Euh… Le CIS, il me semble… » répondit le colonel, pas très sûr de lui.
John demeurait toutefois perplexe. Il ressemblait quand même étrangement à celui d'Ernest.
« En tous cas, ça a fonctionné. Daniel avait raison. Ces médaillons sont des clés pour tous les sanctuaires dyloniens. »
« Ce sont aussi des moyens de communications » ajouta Sheppard. « Ils marchent par deux. Ils permettent aux porteurs d'établir une sorte de lien psychique. Chacun voit et entend ce que l'autre voit et entend. »
« Pratique » lança Teal'c.
Daniel alla se planter devant l'immense porte close.
« Bon ! Je ne vois aucun système d'ouverture à part cette niche sur le côté…Laissez-moi une minute pour lire ces inscriptions gravées ici… »
Vala soupira bruyamment et alla s'asseoir sur les marches non loin de la porte, aussitôt imitée par Larrin.
« C'est quand même dingue ! » râla-t-elle. « Ils pouvaient pas construire leurs sanctuaires dans des endroits plus sympas ? Je sais pas moi ! Près d'une plage, avec des cocotiers, du sable blanc, un bar à cocktails pas loin… »
« Un lagon bleu et des cours de jet-ski… » continua la Traveller.
Tous les regards se tournèrent vers elle. La jeune femme afficha une mine étonnée.
« Il y avait un prospectus sur des voyages organisés dans un endroit appelé Seychelles qui trainait sur une table au mess ! »
Vala regarda soudain sa voisine avec bienveillance.
« Dites, on a pas vraiment eu le temps de se présenter. Je suis Vala. Négociante en objets rares et depuis quelques temps déjà membre de SG1 ! » fit-elle en tendant la main vers la Traveller.
« Larrin. Nomade, également dans le commerce intergalactique et depuis peu invitée pour un petit séjour sur Atlantis.» répondit la jeune femme blonde en serrant chaleureusement la main de Vala.
« Bon vous avez fini de papoter vous deux ? » gronda Mitchell.
« Oh ça va ! On peut bien passer le temps pendant que Monsieur « » fait son boulot ! »
« Ok, j'y suis ! » coupa Daniel en se retournant vers le reste de l'équipe. « Cette cavité, ici, semble fonctionner comme un lecteur d'empreintes digitales. John, vous voulez bien ? Ça fonctionne avec le gène des Anciens. »
Sheppard s'approcha du trou sombre creusé dans la pierre. Il était juste assez grand pour y plonger le bras.
« Euh… Vous êtes sûr qu'il ne va pas m'arriver un truc désagréable si je mets ma main là-dedans ? Du style… me retrouver avec un superbe moignon ? »
« Non, pas d'après ce que j'ai pu lire ici… » répondit Daniel, la voix pas aussi assurée que Sheppard l'aurait souhaité. « Allez John… » ajouta l'archéologue avec un grand sourire d'encouragement.
Le militaire leva les yeux au ciel et se tourna vers le reste de l'équipe sur les visages desquels il put lire « heureusement que ce n'est pas à moi de le faire ! ». Il soupira alors un bon coup, se plaça face à la cavité et plongea sa main à l'intérieur en fermant les yeux. Il sentit alors contre la pierre humide et gelée une partie polie qui représentait sans doute un emplacement pour y déposer sa paume. Ce qu'il fit.
Soudain, le porche sur lequel ils attendaient s'illumina d'une lueur bleutée et le pan métallique qui constituait la porte s'ouvrit devant eux. Un air sec et chargé de poussière les prit à la gorge. Une douce chaleur vint les frapper de plein fouet contrastant étrangement avec le froid glacial du hall.
Pendant quelques secondes, tous regardèrent l'intérieur de la nouvelle salle, l'air ébahi. Mitchell, qui était à la tête de l'expédition, se décida enfin à bouger. Il s'avança de quelques pas avant de se retourner vers Zelenka.
« Vous détectez quelque chose ? » lui demanda-t-il.
Le scientifique, littéralement soufflé par la majestuosité des lieux, avait du mal à revenir à la réalité.
« Eh oh ! Radek ! On vous cause ! » s'exclama Sheppard.
« Oh…euh… désolé… Je… »
Le tchèque pianota sur sa tablette et leva bientôt les yeux vers les deux militaires.
« Je ne détecte aucun signe de vie. La signature énergétique correspond à celle d'un E2PZ. »
« YES ! » jubila Sheppard.
« On entre. » ordonna Mitchell.
Ils pénétrèrent dans la salle baignée de lumière artificielle. Au centre se trouvait une console similaire à celle de la grotte du Mont Black Tusk. Chacun alla examiner un coin de la pièce.
« Cette porte est fermée » annonça Teal'c.
« Celle-là aussi » enchaina Ronon.
« Si on allumait ce truc ? » proposa Vala, prête à appuyer sur une touche du clavier de commande de la console.
« Ne touchez à rien ! » pesta Daniel en lui tapant sur les doigts.
« Rabat-joie… » bougonna-t-elle en reculant.
Sheppard s'approcha à son tour de la console et plaça le médaillon à l'endroit prévu à cet effet. Le tableau de commande se mit en marche.
« L'E2PZ est dessous. C'est lui qui alimente le complexe. »
Le militaire commença à pianoter sur les différents écrans avant que Jackson ait eu le temps d'ouvrir à nouveau la bouche. Vala s'insurgea.
« Et lui, on le laisse faire ! » lança-t-elle en prenant Teal'c à témoin.
« En effet… » répondit le Jaffa.
« J'ai déjà, en quelque sorte, eu affaire à ce genre d'engin Melle Mal Doran… Pas de panique… » rétorqua-t-il avec un sourire charmeur.
Dents blanches et « mademoiselle »…Vala le fixait avec envie quand Larrin s'approcha d'elle par derrière.
« Sans vous offenser, j'étais là avant vous… » murmura la Traveller.
Vala lui répondit par un sourire complice.
Soudain, un hologramme apparut, ce qui eut pour effet de faire reculer tout le monde d'un pas.
C'était un homme habillé avec une grande toge blanche. Sa peau était couleur miel et ses cheveux d'un blanc immaculé.
« Bonjour étrangers. Bienvenue dans le temple de la cité de Shambhala. Je me nomme Amesh et je suis là pour répondre à toutes les questions que vous vous posez. »
-Cité d'Atlantis-
« Amélia, je peux te parler une seconde ? »
Wilson se tenait debout devant le poste de commande de la porte. La technicienne, assise près de Chuck, se leva sans enthousiasme, sous le regard intrigué de son collègue. Elle suivit Justin jusque dans son bureau et se vit proposer un siège.
« Bien… Je voulais m'entretenir avec toi de certaines choses. »
Amélia attendit la suite sans broncher.
« Voilà. Tu sais que j'ai toujours beaucoup d'affection pour toi Amy et ce qui t'arrive en ce moment me chagrine vraiment comme je te l'ai dit l'autre jour. Est-ce que tu vas bien ? »
La jeune femme se redressa sur sa chaise.
« Venons-en au fait Justin. Qu'est-ce que tu voulais me dire ? »
Le bureaucrate afficha un petit sourire effronté.
« Soit ! Maintenant que ton petit ami a retrouvé sa femme, je suppose que la situation est très compliquée entre vous et te connaissant, cela va vite devenir intolérable pour toi…Sortir avec une personne mariée n'a jamais été ton truc… »
« Contrairement à toi. » lâcha Amélia d'un ton sec.
La jeune femme n'avait pu s'empêcher de serrer les points à l'évocation de son histoire avec Ronon. Mais de quel droit osait-il aborder ce sujet avec elle !
« De toutes façons, ça ne te regarde pas Justin. »
« Certes ! Mais vois-tu, comme je me soucie de ton bien-être, j'ai une proposition à te faire. » répondit Wilson en glissant devant elle un dossier rouge.
D'un signe de la tête, il encouragea la technicienne à prendre connaissance de son contenu. Elle s'exécuta. Elle ouvrit la pochette et parcourut des yeux la première page.
Demande de mutation. Washington. Bureaux du CIS.
« Qu'est-ce que ça veux dire ? » lança-t-elle les yeux écarquillés.
Wilson la regarda d'un air satisfait.
« ça veux dire que je t'offre la possibilité de partir d'ici, de mettre un terme à ton histoire d'amour bancale, de venir travailler pour le CIS dans un de nos centres de recherches où tu auras sous tes ordres des dizaines de techniciens qui travaillent sur les découvertes les plus extraordinaires de la technologie Ancienne qu'on ait pu faire jusqu'à ce jour… »
Amélia mit un certain temps avant de pouvoir détacher ses yeux du document où son nom était inscrit en toutes lettres en en-tête. Finalement, elle leva les yeux et fixa Wilson avec dédain. Le bureaucrate effaça rapidement le petit air suffisant qu'il arborait depuis qu'il avait lâché la nouvelle.
« Je vois… » fit-elle en refermant le dossier et en le poussant vers lui.
« Tu vois quoi ? » demanda-t-il un peu surpris.
« Tu veux m'éloigner d'ici ? Tu veux prendre une sorte de revanche sur moi ? Tu veux que j'abandonne mon travail que j'adore, Ronon, mes amis ? »
« Mais c'est un boulot en or ! Je fais ça pour toi et pas pour me venger de je ne sais quoi ! Je ne te comprends pas ! Pourquoi tu crois que je veux toujours te faire du mal ! Tu n'as pas encore compris ? »
Amélia se leva.
« Si, je crois que j'ai compris hélas… Tu ne supportes pas de me voir heureuse… Tu ne l'as jamais supporté. »
En quelques secondes, Wilson fit le tour du bureau, se retrouva face à Amélia et la saisit brusquement par le bras.
« Enfin Amy ! Tu ne vois pas que je tiens encore à toi ! Tu mérites mieux que ce boulot minable ici à faire le larbin pour Woolsey ! Tu mérites mieux que cet homme des cavernes inculte que tu mets dans ton lit ! Bon sang ! Ouvre les yeux ! Je t'offre Washington ! Je t'offre la vie dont nous avions rêvé tous les deux… Je vais bientôt être à la tête du CIS et tous ces idiots vont me manger dans la main. Je peux t'assurer un avenir merveilleux.»
« Lâche-moi… » rétorqua Amy en reculant.
« Amélia, réfléchis… »
Wilson s'était avancé vers elle. Il commença à caresser le visage de la jeune femme qui ne bougeait pas d'un pouce.
« J'ai dis lâche-moi, Justin… » répéta-t-elle, le regard menaçant.
Wilson continua à se pencher vers elle, rapprochant sa bouche de la sienne. Comme il sentait que la jeune femme allait se dégager, il resserra violemment son étreinte. Amélia grimaça et alors que le bureaucrate allait toucher au but, elle le repoussa brusquement.
« Tu as perdu la tête ! » lança-t-elle avec véhémence.
Justin la regardait à présent avec des yeux brûlants de rage. Il revint à l'assaut et réussit à la faire reculer contre le mur sur lequel il la plaqua sans ménagement. Wilson la dépassait d'une bonne tête et était beaucoup plus musclé qu'il en avait l'air. Sous l'impact contre la cloison, Amélia eut un peu le souffle coupé. Mais déjà, elle sentait le visage de son ex-mari s'insinuer dans son cou et ses mains enlacer fiévreusement sa taille, monter jusque sur sa poitrine.
« Justin ! » hurla-t-elle en tentant de le repousser encore une fois.
Il ne semblait rien entendre. Cette fois s'en était trop. Elle lui envoya son poing dans les côtes et enchaîna par une clé de bras. De ce fait, c'est lui qui se retrouva plaqué face au mur, Amélia maintenant fermement sa prise. La torsion de son bras gauche arracha à Justin un petit cri de douleur. Au même moment, on frappa à la porte. La technicienne s'écarta brusquement de lui et alla ouvrir. Elle tomba nez à nez avec Chuck et faillit le percuter en se précipitant dehors sans un mot. Sur le seuil, le technicien attendit sans bouger face à un Wilson échevelé, la cravate de travers et qui se massait l'épaule en regagnant son bureau. Il tenta rapidement de se recoiffer, rajusta son costume et s'assit lentement, le visage à nouveau impassible. Chuck lui jeta un regard empli d'animosité.
« Oui ? Qu'est-ce que vous voulez ! » lança Wilson sur un ton irrité.
« Vous aviez demandé à établir une liaison vidéo avec le bureau du CIS de Washington.C'est votre poste.»
« Très bien. » fit Wilson en récupérant le dossier rouge et en le rangeant dans son tiroir.
Chuck tourna les talons sans demander son reste. Il regagna son poste de travail et ne put que constater l'absence d'Amélia sur la chaise à côté de la sienne.
Cité de Shambhala-Himalaya- Frontière Népalo-tibétaine
Cela faisait à présent deux heures que Daniel était assis à discuter tranquillement avec l'hologramme sous les yeux médusés de Vala et Larrin.
« Vous avez déjà vu ça ? » demanda la Traveller en chuchotant à l'oreille de sa voisine
« Si je vous racontais le coup des Oris, la possession par un Goa'Uld et tout le reste, vous ne me croiriez pas… »
Pendant ce temps, Radek était accroupi sous la console afin d'examiner l'E2PZ. Sheppard, Mitchell Teal'c et Ronon étaient partis en expédition. Le temple était beaucoup plus vaste que celui du Mont Black Tusk. Après avoir réussi à ouvrir les différentes portes de la salle principale, ils étaient tombés sur d'autres couloirs qui menaient à plusieurs autres pièces. Des chambres, une sorte de salle à manger, et en ouvrant une énième porte, ils restèrent sans voix devant leur découverte. Sheppard se saisit de sa radio.
« Radek ? »
« Oui ? »
« On va avoir besoin de vos lumières ici… Et amenez le docteur Jackson aussi…»
Quelques minutes plus tard, le reste de l'équipe pénétrait dans une petite pièce ronde où trônait en son centre un imposant fauteuil minéral.
« C'est un… » balbutia Zelenka les yeux écarquillés.
« On dirait. » répondit Sheppard en faisant lentement le tour de l'objet. « En fait, il ne ressemble pas trop à celui que nous avons sur Atlantis, ni à celui qu'on avait dans l'Antarctique. Sur les autres, il n'y a pas ces…bidules, là… » fit-il en désignant deux barres latérales qui semblaient faites pour s'appliquer sur les tempes de la personne assise.
« Il ressemble plus à celui présent sur le Destiny. » décréta Daniel. « Il contient une base de données prête à être téléchargée dans un esprit compatible… »
« Par compatible, vous voulez dire, capable de résister à la lobotomie c'est ça ? » ironisa Mitchell.
Daniel acquiesça d'un signe de tête. Soudain, Ronon, qui avait continué son exploration, revint en courant.
« J'ai trouvé une salle pleine de drones ! »
Tout le monde se retourna vers lui.
« Alors, il se pourrait bien que ce soit une chaise de contrôle finalement ? » fit Sheppard.
« Le seul moyen de savoir c'est de s'asseoir dessus… » ajouta Mitchell. « Et ce n'est pas au programme pour l'instant ! Retournons là-bas.»
Sur le chemin du retour vers la salle de l'hologramme, Vala et Larrin étaient vingt bons mètres en arrière, en train de poursuivre leur discussion entre filles. Soudain, la Traveller se figea et barra de son bras la route à sa nouvelle amie. Elle lui intima aussi l'ordre de se taire en posant un droit sur sa bouche. Vala leva les yeux et là, elle la vit.
Accrochée au plafond, aussi grosse qu'un lion, une créature metallique, moitié araignée, moitié cafard semblait les regarder en agitant ses mandibules.
« Joli bestiole ? » murmura Larrin en reculant lentement.
La créature géante les suivit du regard. Délicatement, Vala porta la main à sa radio et l'alluma.
« Cameron ? » fit-elle, le plus bas possible.
« Qu'est-ce que vous fichez ! Vous êtes où ? »
« En fait, on est encore dans le couloir et on a un léger souci… »
L'araignée-cafard émit une sorte de sifflement peu rassurant alors que les deux femmes armaient leurs P90.
-Cité d'Atlantis-
« Je suis passé voir si vous alliez bien » fit Richard Woolsey en s'asseyant en face de Melena.
Les Satédiens s'étaient retrouvés au mess autour d'une tasse de café. Leurs « garde du corps » attitrés n'était bien sûr pas très loin. Le dirigeant d'Atlantis était un peu mal à l'aise mais aussi touché par la détresse évidente de ces rescapés.
« Ça peut aller, compte tenu des circonstances, merci de vous en inquiéter. » répondit Melena.
« Vous avez discuté un peu avec notre psychologue ? »
« Oui, mais je doute que cet entretien ait été d'une quelconque utilité. »
Les quatre hommes, également présents autour de la table, approuvèrent du regard.
« Nous allons être surveillés encore longtemps ? » demanda le petit brun aux cheveux bouclés.
Woolsey jeta un œil aux cinq soldats assis un peu plus loin.
« Vous devrez être encore un peu patients. »
Les visages se rembrunirent.
« Je…Euh… Avez-vous réfléchis au sujet des prénoms ? » lança Woolsey afin de changer rapidement de sujet.
« En fait, à l'infirmerie, je suis tombé sur un livre plutôt intéressant qui parlait d'un territoire présent sur votre planète appelé Ecosse. »
« Oui, il doit appartenir au docteur Beckett. Il est originaire de ce pays. » expliqua Woolsey.
« Nous avons choisi nos futurs noms en parcourant ce livre. » fit l'homme brun plutôt content de lui. « Ce « pays » comme vous dites, compte beaucoup de personnes de grande qualité à ce que j'ai pu lire ! »
Woolsey afficha un visage à la fois circonspect et curieux d'en apprendre davantage.
« C'est-à-dire ? Quel nom avez-vous choisi pour vous par exemple ? » demanda-t-il avec appréhension.
Le grand Satédien blond répondit à sa place.
«Moi j'ai choisi Rob Roy ! »
« Rob Roy ! » répéta le dirigeant d'Atlantis un peu stupéfait.
« Dans le livre, ils disent que c'était un grand combattant pour la liberté de son peuple ! »
« Oui, c'est certain, c'est… »
« Et moi, j'ai décidé que je m'appellerai William Wallace ! Un grand guerrier aussi ! Par contre, dans le livre ils ont parlé d'un film avec un certain Mel Gibson, j'ai pas tout compris…» ajouta son comparse.
« Oui…Euh…William Wallace, Braveheart, bien sûr…Vous savez qu'il a fini éventré et écartelé ? » balbutia Woolsey.
Le dirigeant leva les yeux vers le troisième militaire satédien.
« Moi, ce sera Duncan McLeod ! Il parait qu'il était immortel et qu'il passait son temps à couper les têtes de ses ennemis !».
Mais quel était donc ce bouquin qu'avait laissé trainer Beckett ! La réponse vint à lui quand l'homme brun aux cheveux bouclés fouilla dans la petite sacoche posée près de lui et en tira l'ouvrage pour le poser sur la table avec le plus grand soin, tel un précieux trésor. « L'Ecosse pour les nuls… ». Woolsey se passa la main sur le visage, dépité.
« Et vous ? Comment doit-on vous appeler à présent ? » demanda-t-il.
« McDonald » répondit le petit brun.
« Pitié, dites-moi que votre prénom ne sera pas Ronald… » ajouta Woolsey avec prudence.
« Non, je pense que je me contenterai de… Ben. »
« Parfait ! » souffla Richard Woolsey avec soulagement.
« Et moi ? »
La voix féminine tira le dirigeant d'Atlantis de ses réflexions. La jeune femme serra son poing sur la table en fixant intensément son interlocuteur.
« Est-ce que je me nomme toujours Melena Dex ? ».
Richard Woolsey baissa les yeux.
Cité de Shambhala-Himalaya- Frontière Népalo-tibétaine
« Ces deux là, je vous jure… » lança Mitchell en levant les yeux au ciel.
Soudain, des coups de feu retentirent derrière eux immédiatement suivis par des bruits de course.
« Non ! » hurla Sheppard qui tourna brusquement la tête vers la salle principale.
Les murs se mirent à trembler. L'hologramme disparut. Une alarme résonna dans le temple entier.
« Qu'est-ce que c'est ? » s'affola Daniel.
« L'auto-destruction ! » hurla Sheppard en se précipitant vers la console et en retirant le médaillon. « C'est comme ça qu'a fini le sanctuaire sur le Mont Black Tusk. Apparemment, le temple est programmé pour s'écrouler au moindre coup de feu tiré à l'intérieur ! »
« Ben voyons ! » ricana Mitchell penché sur son épaule.
Le militaire essaya d'appuyer sur tous les boutons.
« Zelenka ! » hurla-t-il alors que le tchèque se jeta littéralement sous la console.
Vala et Larrin arrivèrent, essoufflées, dans la pièce, suivie de près par Ronon et Teal'c.
« Bravo! On avait dis aucun coup de feu !» cria Mitchell pour couvrir le vacarme assourdissant.
« Y'avait une espèce de créature-robot grosse comme un éléphant qui s'est jetée sur nous ! On n'a réussi à la neutraliser qu'après avoir vidé un chargeur chacune ! » répliqua Vala.
Teal'c confirma du regard.
« Bon, tout le monde se calme ! » ordonna Mitchell. « Ça donne quoi Zelenka ? » demanda-t-il.
« Impossible d'ôter l'E2PZ. Une sorte de coque en naquadah s'est déployée autour de lui. Et je n'arrive pas à casser les codes d'autodestruction. D'après le compte à rebours, il reste une minute… »
Les visages de figèrent. Sheppard passa sa main sur son front. L'alarme continuait à résonner sans discontinuer tandis que tous se regardaient avec effroi.
« OK, on sort d'ici. » lança Mitchell.
« A mon avis, ça va être dur… » fit la voix sourde de Ronon montrant la porte d'entrée définitivement close. « Et d'après ce qu'on a vu, il n'y a pas d'autre issue. »
La poisse. La situation devenait critique. La porte était en naquadah pur. Le C4 serait inutile. De même que sur la coque protectrice de l'E2PZ.
« On est dans la panade. » décréta Sheppard.
« En effet » répondit Teal'c.
« Y'a vraiment pas moyen d'arrêter ce truc ? » fit Larrin en observant Radek en train de s'affoler sur son clavier. « Je pensais pas dire ça un jour, mais j'ai l'impression que si McKay était là, lui… »
« LA FERME ! » hurla Zelenka en venant se planter devant la Traveller.
L'effet de surprise fut total. Nez à nez avec la jeune femme, le visage cramoisi, le scientifique écumait à présent de rage. Cette fois, c'était le mot de trop. Non, mais !
« Rodney ne pourrait rien y faire non plus ! Il n'a pas de pouvoirs magiques que je sache ! On est faits comme des rats par votre faute ! » continua le tchèque devant une Larrin, médusée.
« Bon, on récapitule : il reste….40 secondes… » balbutia Mitchell. « On ne peut pas se faire téléporter à cause du champ de force, on ne peut pas retirer l'E2PZ et on ne peut pas sortir à moins de faire exploser la porte et on ne peut pas arrêter l'autodestruction… »
« En fait si… » fit Zelenka qui avait retrouvé un semblant de calme. « Je pense qu'on peut arrêter l'autodestruction. »
Toutes les têtes se tournèrent une fois encore vers lui.
« Trente secondes. » lança Ronon les yeux rivés sur le compte à rebours qui défilait sur la console.
« Je pense qu'il faut utiliser le…fauteuil. »
Sans perdre une minute ils se ruèrent tous dans le couloir. Une fois arrivés devant le siège, Sheppard serra instinctivement le médaillon qu'il avait gardé dans sa main droite.
« Vous êtes sûr Radek ? »
« Vu qu'il doit nous rester environ 20 secondes là, je vous répondrais non, mais nous n'avons pas vraiment le choix. »
« John… » commença Larrin, l'air affolé, tout comme le reste de l'équipe d'ailleurs.
Le militaire lança un dernier regard vers Cameron Mitchell qui hocha la tête avec gravité.
« Dix secondes… »
John déposa son P90 au sol et sans hésiter, il prit place dans le fauteuil. A l'instant où ses bras entrèrent en contact avec les accoudoirs, les dispositifs qui entouraient sa tête se refermèrent sur ses tempes et le siège s'illumina. Le militaire ferma les yeux et inspira profondément.
« Cinq secondes ».
L'alarme résonnait toujours.
« Sheppard, vous êtes toujours avec nous ? » demanda Mitchell.
Pas de réponse.
« Trois secondes ».
« Sheppard ! » hurla Ronon.
« Deux, un… »
