C'est moi, ou ce chapitre est horriblement court ? -_-' M'enfin bref ! J'ai reçu des messages tellement gentils que je n'ai pas pu résister : J'ai posté la suite. Seulement, j'ai peur d'avoir baclé, parce que j'étais un peu emportée par mon enthousiasme ! Dites moi ce que vous en pensez ! Ah oui ! Dernière chose : Je crois qu'il va y avoir quelques heureux !
Bonne lecture !
Attaque au Palais de la Dent
En criant, j'ai roulé sur le coté en me couvrant le visage pour échapper à l'attaque brutale, les yeux fermés tandis que le sang rugissait à mes oreilles. D'un seul coup, toutes les peurs qui avaient jailli la nuit de mon anniversaire ont refait leur apparition à la surface comme une éruption volcanique.
Mais j'ai entendu un battement d'ailes puissant, senti un souffle d'air sur mon visage et le sable a brusquement disparu. Fée, d'un dernier coup de pied rageur, a renvoyé le nuage noir qui avait le vague forme d'un animal imposant au loin, jusqu'à le faire exploser en une pluie sinistre et scintillante.
J'ai toussé. J'avais un goût de cendre dans la bouche, qui m'a dégoûté et j'ai failli vomir d'un seul coup.
Des bruits stridents, comme des hurlements, mêlés à ceux de hennissements, m'ont fait relever la tête d'un coup, tandis que Beblue venait bourdonner tout près de moi en pépiant avec angoisse. Fée a fait volte face et ses yeux se sont écarquillés lorsque, comme moi, elle a aperçu la vague noire, contrastant si durement avec la clarté de la pierre et la pureté des couleurs du palais, qui fondait droit sur nous.
- « Non… », a-t-elle soufflé, « Pas encore ! »
J'ai senti mon souffle s'étrangler dans ma gorge, avec devant mes yeux les tentacules noirs qui m'avaient agressés et avaient enlevé Laura quelques jours plus tôt.
Cette chose, quelle qu'elle soit, était exactement la même.
En lâchant un cri de rage, Fée m'a soudainement agrippée par le bras et a décollé en s'écriant :
- « Fées ! Dispersez vous et allez aux refuges ! »
Dans un grand bourdonnement, une marée de créatures aux reflets irisés s'est dispersée et a fondu vers les profondeurs ensoleillées de la montagne, rempli d'une eau pure et cristalline coulant au pied de ce qui m'a paru être un immense cerisier en fleurs. Mais Beblue s'est accrochée à mon tee-shirt en gazouillant à toute vitesse tandis que Fée m'emmenait toujours plus vers les hauteurs. Une part de l'immense nuage de sable s'est ruée à la poursuite des fées, tandis qu'une autre s'est mise à nous coller aux basques. J'ai senti un filet de sueur froide couler dans mon dos, me mordant la lèvre pour ne pas regarder en bas. Je n'ai néanmoins pas pu retenir un petit cri lorsque la fumée noire comme de l'encre a pris la forme d'une rangée de chevaux cauchemardesques et de loups monstrueux aux yeux jaunes dont l'un a fait claquer des mâchoires tout près de mon pied. Ce dernier, de même que l'autre, s'est soudainement retrouvé, d'un coup de genou, contre ma poitrine tandis que je commençais à claquer des dents. Ils galopaient dans les airs à une telle vitesse que Fée arrivait à peine à les distancer, et ce détail avait l'air de la mettre de plus en plus en colère.
J'ai hoqueté lorsqu'on a atteint le haut de la montagne creuse où était situé le palais. La femme ailée venait brusquement d'accélérer et a crié dans la tourmente du vent :
- « IL VA FALLOIR QUE TU ME FASSES CONFIANCE ! »
- « QUOI ? »
Qu'est ce qu'elle comptait faire ?!
J'ai eu la réponse très rapidement. D'une traction brusque qui pouvait en étonner plus d'un au vu de la corpulence de la Fée des Dents et aidée par l'accélération, elle m'a tout simplement…
Lancée.
En l'air.
J'ai vu le ciel bleu et gris se rapprocher d'un seul coup et j'ignore si mon hurlement s'est bloqué dans ma gorge ou s'il est réellement sorti avant d'être volé par le vent, mais tout m'a paru être au ralenti, comme dans un film. Je suis montée, je suis restée en l'air pendant ce qui m'a paru être une éternité, puis l'attraction terrestre a fait son œuvre et le sol s'est brusquement rapprochée tandis que je tombais.
J'ai entrevu Fée se débarrasser d'au moins trois animaux ténébreux, mais ce qui me tétanisait, c'était les roches qui semblaient tendre leurs doigts de pierre déchirés vers moi, comme pour mieux me réduire en charpie. Les ombres dans le coin de mon champ de vision embué de larmes m'ont appris que des cauchemars (autant les appeler ainsi) m'avaient pris en chasse, mais le bruit du sable, suivi par le vrombissement des ailes de Fée qui plongeait après moi m'a (un tout petit peu !) rassurée.
Seulement, je tombais toujours, et apparemment plus vite que la vitesse à laquelle Fée pouvait aller. J'ai cru que mon cœur allait remonter dans ma poitrine, comme s'il était resté là haut. Beblue a attrapé mon col et a essayé de me ralentir en battant des ailes, sans aucun succès, au vu de sa taille. J'étais précipitée vers ce que je voyais comme une marée noirâtre qui pulsait de manière rageuse, au fond de la montagne. J'ai fugacement espéré que les fées allaient bien, mais j'avais aussi d'autres problèmes, maintenant !
Je venais de dépasser les premiers toits du palais lorsque mon souffle s'est soudainement coupé par quelque chose tirant sur mon col. Une chose était sure, ce n'était pas Beblue !
Fée m'a ralenti juste assez pour m'envoyer sur la plus proche plateforme disponible. En voyant le sol se précipiter ainsi vers moi, j'ai fermé les yeux et j'ai rentré la tête dans les épaules. Le choc, violent, m'a fait faire des tonneaux jusqu'à ce que je m'arrête finalement. Comme si j'avais trouvé le bouton de marche, je me suis soudainement mise à souffler, les yeux écarquillés fixant le ciel innocent. Puis j'ai pensé à embrasser le sol sous mon dos. Plus jamais je ne vole de ma vie !
- « Elenor ! Va dans la salle à coté de toi ! Trouve le bouton rouge et allume le ! VITE ! »
Puis elle a fondu, inépuisable, vers les ténèbres qui faisaient un boucan d'enfer au pied du palais. De ma position, j'ai vu des ombres glisser le long des parois vers les tours et les plateformes comme celle sur laquelle je me tenais, comme des serpents ou des insectes. Fée les avait vu, elle aussi, mais certaines lui ont échappé malgré ses efforts.
OK ! J'ai compris !
J'ai tourné sur moi-même et j'ai foncé, les jambes flageolantes, vers l'arche ouvragée qui se présentait à moi. Fée avait parlé d'une salle, mais on ne pouvait pas vraiment qualifier de salle ces pièces dépourvues de murs.
Elle était vide. Beblue a surgi et a foncé vers ce qui m'a d'abord paru être une pierre rouge marbrée, se mettant à sauter dessus avec force de ses deux petits pieds. Sans hésiter, je l'ai rejointe, je l'ai attrapé et j'ai frappé la pierre de ma paume de toutes mes forces.
Dans un éclat de lumière, des aurores boréales se sont d'un coup dispersées à travers les murs et ont ondulé dans le ciel, parfaitement visibles malgré la clarté du jour. Beblue m'a incitée à sortir immédiatement de la pièce à grands renforts de pépiements énervés.
En bas, Fée était toujours occupée avec les cauchemars qui paraissaient à chaque fois prêts à la submerger. La peur au ventre, j'ai mis du temps avant de me rendre compte que Beblue avait foncé vers une statue représentant un oiseau de bronze en d'or. L'objet devait bien faire deux fois ma taille et possédait la même pierre, quoique plus petite, que celle sur laquelle j'avais appuyé sur le torse. Cette fois, la petite fée s'est contentée de l'effleurer…
Et la statue s'est animée.
Ses grands yeux verts se sont illuminés et l'animal de métal a jailli de sa niche en lâchant un cri muet. Puis il a ouvert ses ailes et plongé dans le gouffre. En me penchant, je me suis rendue compte que d'autres statues, disséminées ça et là à travers les dédales du palais, prenaient elles aussi vie. Des oiseaux qui ressemblaient à un croisement entre martin pêcheur et colibri prenaient leur envol et allaient au secours de Fée. Au total, une quinzaine de statues ont rejoint la bataille. Et elles avaient beau être en métal, elles n'en étaient pas moins rapides, traquant les cauchemars qu'elles prenaient pour cible avec souplesse et agilité jusqu'à ce qu'il n'en reste que du sable.
- «…Ce serait les protections dont parlait Fée ? Pour les cartouches ? », ai-je murmuré.
Beblue a acquiescé avec vivacité.
Mais les ténèbres vivantes ne se laissaient pas faire, loin de là. J'ai entendu Beblue gémir en concert avec moi lorsqu'un groupe de loups noirs s'est jeté sur un oiseau isolé. Le métal doré a commencé à rouiller et à se piqueter sous leurs morsures sauvages, perdant de son éclat. Puis l'oiseau a disparu dans la tourmente ténébreuse toujours aussi désespérément grosse dans un cri muet. Deux autres n'ont pas tardé à subir le même sort.
Puis dans un sifflement ou un cri strident (impossible de dire avec précision) le nuage de sable noir a paru exploser, envoyant des gerbes de poudre noire vers les hauteurs. J'ai aperçu Fée bouler jusqu'à une plateforme en criant, les oiseaux de métal volant, eux, de manière désordonnée, déroutés par ce changement soudain.
- « FEE ! »
Elle avait besoin d'aide ! Mais j'avais beau chercher, je ne trouvais aucun moyen de descendre autrement qu'en sautant sur la plateforme inférieure, quelques trois mètres plus bas. Beblue a d'un coup émis un « quiiiiik ! » paniqué et s'est mise à me tirer les cheveux, m'incitant à me retourner.
Oh… Merde !
J'avais oublié ces ombres qui étaient montées le long de la paroi, tout à l'heure, et les deux chevaux noirs aux yeux incandescents qui me fixaient en s'approchant, l'encolure basse et l'air menaçant, ne m'avaient pas l'air là par hasard. J'ai bien reculé un peu, mais bientôt, c'est le vide qui s'est imposé à moi. Alors j'ai écouté Beblue… et accessoirement ma peur.
J'ai sauté.
Bizarrement, le choc n'a pas été aussi dur que je le pensais. Et visiblement, les chevaux ne s'attendaient pas à ce geste de ma part. Ce qui me laissait un peu d'avance.
Un tout petit peu d'avance.
Et heureusement que j'avais un guide.
Beblue, dès que je me suis relevée précipitamment, m'a tirée par sa mèche de cheveux favorite jusqu'à une entrée en haut d'une tour. Sans hésiter, je l'ai suivie, accélérant encore davantage en entendant les hennissements rageurs des deux bêtes de cauchemars qui me talonnaient. Mais la peur me donnait des ailes, et j'ai plus d'une fois réussi à en envoyer un buter contre un mur pendant un dérapage au tournant d'un couloir. Sauf qu'une chose m'inquiétait particulièrement : Je n'étais pas du tout endurante, et mon souffle commençait déjà à me faire défaut. Les poumons et la gorge en feu, je me suis forcée à me concentrer sur le petit point bleu zonzonnant qu'était Beblue pour oublier ma fatigue, mes muscles crispés et un peu, mais en vain, ma peur.
Et puis soudain, alors que je me disais qu'ils n'abandonneraient jamais, les deux chevaux se sont arrêtés d'un seul coup en freinant des quatre sabots.
Cool.
Mais pourquoi s'étaient-ils… ?
J'ai lâché un cri de surprise lorsque j'ai trébuché brutalement, ce qui m'a fait bouler au sol, emportée par mon élan. J'ai senti quelque chose de chaud couler sous mon jean, au niveau de mon genou, et j'ai grimacé de douleur avant de me retourner sur les fesses en fronçant les sourcils.
Quelque chose m'avait bien fait tomber, pourtant il n'y avait rien sur le sol zébré par les ombres contrastant avec la lumière du soleil qui…
…
Les ombres… ?
J'ai lentement levé les yeux à mesure que le bouillonnement des ténèbres s'élevait en hauteur, mon cœur semblable à un oiseau paniqué cherchant à sortir de ma poitrine qui lui servait de cage.
- « Je dois admettre, fillette, que tu peux être difficile à trouver. »
Un homme est sorti de l'ombre. Un homme comme je n'en avait jamais vu.
Il était grand, me dépassant de plusieurs têtes, vêtu comme si les ombres elles mêmes s'étaient collées à lui pour créer un vêtement qui lui faisait comme une tunique longe et obscure, avec une peau qui avait la couleur d'un clair de lune en plein hiver, lorsque l'astre peine à percer le voile de nuages qui l'entoure. Ses cheveux noirs dressés à l'arrière de sa tête contrastaient avec ses yeux, d'une étrange couleur mêlant le gris acier et le doré empoisonné.
Mais plus que tout, c'était ce qui émanait de ses yeux qui m'a le plus tétanisée. Ils brillaient d'une telle malveillance, d'une telle cruauté, que j'ai bien cru être en face du diable en personne.
Quoique, on en était peut être pas loin, non ?
Quand il est sorti des ombres aussi silencieusement que ces dernières, j'ai reculé brusquement jusqu'à me cogner durement la tête contre le mur. Mais bien que je reçoive les signaux de douleur, je ne les assimilais pas. Ma peur engloutissait tout, jusqu'à bloquer mon souffle dans ma gorge serrée.
Face à ma réaction, l'homme a éclaté de rire, ce qui m'a encore plus tétanisée. Ce rire, je l'avais déjà entendu…
Dans mes rêves.
Ou plutôt mes cauchemars.
- « Alors dis moi, Elenor, est ce que ces chers Gardiens t'ont parlé de moi ? A voir ta tête, j'imagine que oui… Mais je t'ai également bercé de délicieux cauchemars, alors comment savoir ? »
J'ai miraculeusement trouvé la force de déglutir, mais ç'à a été dur. Le goût de cendre est revenu sur ma langue, et ce n'est que là que j'ai compris que c'était le goût même de la Peur.
Car c'était l'incarnation même de cette Peur que j'avais face à moi, souriant d'un air dangereux et prometteur de mille cauchemars. Je me refusais à formuler son nom dans ma tête, mais c'est bien lui qui a franchi mes lèvres instinctivement, comme si cela pouvait me protéger.
- « …Pitch Black… Le Croquemitaine. »
Le sourire de Pitch s'est accentué et il a applaudi avec un air presque aimable comme pour me féliciter d'avoir trouvé la bonne réponse, me faisant sursauter.
- « Nerveuse ? », a-t-il demandé, « C'est bien… »
Son sourire a soudainement disparu et son ombre a paru s'agrandir d'un seul coup pour m'engloutir dans son étreinte ténébreuse. Jamais il n'avait eu l'air aussi menaçant.
- « Parce que quand j'envoie une invitation, j'aimerais qu'on y répondes ! »
Je me suis recroquevillée face à la menace. L'allusion était limpide. Ainsi, c'était bien lui le responsable de l'attaque dans ma chambre…
Mais il s'est redressé presque immédiatement en retrouvant son sourire dissimulateur. En fait, il paraissait satisfait de m'avoir trouvé, et ca m'a donné la nausée tellement la poigne de la peur me dévorait les entrailles. Comment quelqu'un pouvait-il inspirer tant de terreur par sa seule présence ? Ou n'était-ce que moi ? Peu importait sur le moment. J'étais franchement dans le pétrin !
Quelque chose est soudainement apparu dans sa main élégante et il me l'a jeté en secouant la tête, faussement désapprobateur.
- « Tu sais que j'ai été très déçu que tu ne viennes pas me voir ? », a-t-il déclaré sur le ton d'une simple conversation, « J'ai du me contenter de ta chère Laura… Au moins, elle a été une consolation et une cible d'entraînement pour mes chers cauchemars ! »
- « Quoi ? »
Le mot était sorti tout seul, mais j'ai eu la réponse à ma question lorsque, en baissant les yeux, j'ai finalement enregistré ce qu'il venait de me lancer avec désinvolture.
Une mèche de cheveux blonds.
Nan, sérieusement, dites moi ! C'est trop rapide ? Trop évident ? Les oiseaux de métal, c'était nul comme idée ? Raah ! C'est horrible ! J'ai trop peur de décevoir ! Laissez quand même des reviews ! Soyez miséricordieux ! ^^'
